La Figurante – Avraham B Yehoshua

LITTÉRATURE ISRAÉLIENNE

la figurante

Je me suis attachée à l’héroïne du roman : Noga, la harpiste, qui vient pour trois mois occuper l’appartement de son enfance à Jerusalem tandis que sa mère fait un essai dans une maison de retraite à Tel Aviv. L’univers de AB Yehoshua, m’est un peu familier, je suis ses romans toujours avec plaisir.

Plusieurs thèmes traversent le livre. La musique, bien sûr puisque le personnage principal est une musicienne. Jolie interprétation de la Mer de Debussy avec des variations inattendues, la musique comme exorcisme du tsunami, la mer/la mère…Evocation agréable de la vie d’un orchestre, la vie quotidienne, les déplacements, aussi les temps morts des interprètes d’instruments qui ne sont que rarement sollicités comme la harpe.

Le désir d’enfant ou le refus d’en porter joue un rôle croissant à mesure qu’on progresse dans la lecture. Noga, femme libre, la quarantaine, n’a jamais voulu avoir d’enfant. Au début cela paraît très simple, il s’avère que la question est plus complexe…

Le quartier où Noga a grandi, se « noircit » se peuple de plus en plus de juifs orthodoxes, la coexistence entre les laïques et les religieux est-elle impossible? Cette question se pose à Jérusalem. La réponse de la mère de Noga est d’une grande tolérance. Ses voisins orthodoxes sont finalement plus ouverts qu’on ne l’imagine.

Noga, pour meubler les trois mois sans activité, fait de la figuration dans des films. Les épisodes des tournages montrent le milieu du cinéma sans prétention artistique, sans égo des acteurs ni exigences des metteurs en scène. Parmi ses collègues-figurants, une amitié  pourrait  se nouer. Rien n’est vraiment important : Noga dans cette parenthèse provisoire est figurante dans les films tournés mais aussi dans sa vie.

 

Barcelo au Musée Picasso à Paris

A LA VEILLE DU VOYAGE EN ESPAGNE

Atelier avec 6 taureaux
Atelier avec 6 taureaux

La peinture moderne espagnole est très riche, mais et j’aimerais beaucoup la connaître davantage. Sans parler des illustrissimes Picasso, Miro ou Dali, j’avais été bluffée l’an passé à la fondation Manrique à Lanzarote des collections de Manrique, bien sûr, mais aussi Tapies, Manuel Valdes.…et bien d’autres.

L‘exposition Barcelo au  Musée Picasso : Sol y Sombra est l’occasion de faire la connaissance d’un autre plasticien : Miquel Barcelo. J’y ai couru en urgence puisque l’exposition prend fin le 1er octobre, et j’ai raté l’autre partie de l’exposition à la Grande Bibliothèque. 

L’exposition s’intitule Sol y Sombra en référence aux places de l’arène – allusion à la tauromachie – thème cher à Picasso . 

Arène
Arène

Un singe hirsute accueille le visiteur en haut de l’escalier qui mène au sous-sol où se trouvent les salles de l’exposition. Dans la première salle sont accrochés deux grands tableaux, plutôt clairs (sol plutôt que sombra,).

 Atelier avec 6 taureaux :

Atelier avec 6 taureaux : détail d'un taureau
Atelier avec 6 taureaux : détail d’un taureau

Un cercle jaune en à-plat, occupe le centre de la toile : sable de l’arène, peut être? entouré par des masses irrégulières, empâtements, encroûtements, accumulations de matière – plâtre ou peinture . je cherche longuement les taureaux. Un seul apparaît au premier regard, j’en découvre ensuite un gros, noir qui occupe le coin gauche en bas. Des personnages à peine esquissés, de dos, blanchâtres, fantomatiques émerge à l’observation plus prolongée. Je découvre enfin à droite une autre arène où se déroule une corrida. plutôt ombre que lumière, l’opposition est à-plat/masse de matière parfois charbonnée.

Table aux têtes

Encore un grand tableau où règne la confusion qu’il faut examiner avec attention! La table rouge est figurée par un trait un peu de travers (champ?) et un pied contourné. les têtes sont celles d’animaux, des têtes humaines sont aussi schématisée dans un coin.

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Dans la salle suivante, sur une véritable table sont posées des têtes en plâtre avec des animaux fantomatiques qui ont peuplé les deux tableaux.

Dans un couloir des céramiques ressemblant à des assiettes sont accrochées au mur : assiettes de terre brute, colorées de noir, blanc, craquelées, je reconnais des motifs marins: poissons verts et crevettes jaunes. Ces assiettes  sont peut être un clin d’œil aux céramiques de Picasso qui sont accrochées plus haut dans le Musée.

Taulera
Taulera

Taulera II et Taulera II : 3 tableaux marrons sales  représentent une pièce avec des tables grisâtres.

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Des fragments de terre cuites pour la Cathédrale de Palma de Majorque sont un peu étranges, terre craquelée où surgissent des poissons noirs ou gris de la paroi.

mur de brique
mur de brique

Cette exposition fait vraiment la part belle à la terre malgré son titre évoquant la lumière. Une salle voûtée est divisée d’un mur de briques déformées, coulées, écrasées ou étirées, briques de construction industrielle ou têtes en brique avec toujours les mêmes couleurs rouge brique, blanc, terre brute, noir. On entre dans une salle dédiées aux urnes, amphores, pots ou gargoulettes comme la poterie usuelle traditionnelle posées sur une grande table de contreplaqué et sur une étagère ordinaire.

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Dans l’exposition Picasso trois tableaux gris et blancs sont dans une pièce lambrissée.

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La confrontation Barcelo/Picasso est naturelle : les thèmes de la tauromachie et les tons terre-blanc-noir se retrouvent. La céramique aussi. On comprend la parenté. Mais cette confrontation est au désavantage de Barcelo. Le génie de Picasso éteint  l’inspiration de Barcelo. La pureté du dessin, l’invention est celle du maître.

Picasso : guitare
Picasso : guitare
Picasso
Picasso

Un cheval entre dans un bar – David Grossman

LITTÉRATURE ISRAÉLIENNE

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Le titre un peu bizarre fait allusion à une blague (mauvaise) que Dovelé raconte dans son spectacle. Le roman relate un « stand up » dans une boîte de Netanya. Pas plus que le narrateur – Avishaï, un ancien juge, ami d’enfance de Dovelé – je ne prise ce genre de spectacle. Je suis entrée sans enthousiasme dans le récit.

Au début Dovelé, se pliant au genre, en fait des tonnes, interpelle des spectateurs, les provoque , gesticule, trépigne, gigote  sur le mode grivois, même vulgaire

« Dis-moi, poupée, ça te paraît normal? je suis là à me casser le cul à te faire marrer et tu envoies des textos »

Alors qu’il s’acharne sur une petite dame au maquillage trop rouge et à la coiffure un peu ridicule, il découvre (?) que cette dame était sa voisine du temps de son enfance

« tu es l’enfant qui marchait sur les mains »

« le public fasciné par ce qui se déroule devant lui : le tissu de la vie qui se métamorphose en une bonne blague »

Des blagues, c’est cela que le public vient chercher!

« merci d’être là, on va passer une soirée d’enfer! »

Et là, il en fait des tonnes, « Minute qui est resté à la maison pour cogner sur les Arabes? Comme cela, au débouté, vous venez rigoler avec nous, vos dédommagements pour l’évacuation des implantation, c’est maintenant! »

C’est trop! Dovelé continue sur cette veine démagogique et me met mal à l’aise. Heureusement que je connais Grossman et que je lui fait entière confiance! « Cela vous dit de boucher les puits palestiniens pour le petit déjeuner, braves gens? » le public le suit avec enthousiasme. Mais la bonne fée est lunatique « C’est nous qui allons chanter Biladi, biladi…« Le public cogne sur les table, siffle.

L’humoriste change de registre, il sait reconquérir son public, raconte des blagues. C’est ce que les spectateurs attendent….

Un stand up comme une psychanalyse. C’est aussi cela le spectacle : du sentiment, des émotions. Là encore, Dovelé en fait beaucoup. Il livre en pâture son enfance, son père, le coiffeur qui recyclait aussi des textiles, sa Maman qui a passé la Guerre cachée dans un wagon en Pologne….les berceuses en yiddish…Il en arrive à l’épisode le plus intime : son premier enterrement. Peut on faire rire avec un enterrement? Apparemment oui, même si c’est difficile et risqué. Le public suit encore « ap-plau-dis-sez la mort! » « Et presque toute « l’assistance hurle et bat des mains en rythme« .

La deuxième partie du livre prend une nouvelle tournure. On oublie le comique, le récit est poignant. Une partie de l’assistance déserte la salle. On suit l’enfant – « l’orphelin » – dans la camionnette qui l’emmène à l’enterrement  sans qu’il ne sache lequel de ses parents est décédé. Les blagues sont pathétiques. Pourquoi l’humoriste se livre-t-il ainsi?

J’ai préféré Une femme fuyant l’annonce qui est un livre magnifique mais Un cheval entre dans un bar m’a scotchée.

 

 

Meurtre à Tombouctou- Moussa Konaté

POLAR AFRICAIN

meurtre à tombouctou

pour s’y retrouver , une petite chronologie.

Moussa Konaté est décédé en 2013.  Meurtre à Tombouctou, paru en avril 2014, est donc un livre posthume.

avril 2012, l’armée malienne perd le contrôle de Tombouctou qui sera reprise courant 2013

décembre 2014 : sortie du film d’Abderrhamane Sissoko : Timbuktu

TIMBUKTU AFFICHE

Meurtre à Tombouctou n’est donc pas un livre d’actualité, seulement un polar  se déroulant avant la prise de la ville par les islamistes. D’ailleurs, l’agent français conclut son rapport « pas de terroriste du tout« . Cependant, Moussa Konaté campe l’ intrigue dans le contexte de la ville, il situe l’enquête en tenant compte des traditions des Touaregs, nous raconte leur mode de vie, essaie de décrypter leur mode de pensée. Il démonte aussi les forces en présence, les pesanteurs et les interventions des notables et des imams qui entravent l’enquête, l’influence de la France qui envoie un « spécialiste du terrorisme ».

J’avais beaucoup aimé L’Empreinte du renard qui m’avait fait découvrir les Dogons et leurs traditions.J’ai été très intéressée par ce Meurtre à Tombouctou, que je vous laisse découvrir. (j’ai horreur de ces critiques qui racontent l’action par le menu)

 

 

 

CRANFORD – A tale by MRS GASKELL

LITTÉRATURE ANGLAISE

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Elizabeth Gaskell (1810-1865)est moins connue que les Soeurs Brontë  ou que Jane Austen. C’est ma maman qui m’a confié le joli petit livre entoilé vert des éditions Collins quo’n lui avait offert en 1936. 305 pages d’un petit format illustré de quelques gravures….

Dans la préface, il est écrit que Cranford « nécessite un fauteuil confortable, un feu de bois, des rideaux tirés et une lampe douce ».

 Ambiance feutrée qui était celle des réunions des dames de Cranford, se réunissant pour boire le thé, jouer au cartes, et distiller des ragots. Il semble que la couleur des rubans de leurs coiffures, leurs broches, et la préséance dans la hiérarchie de la bonne société du village. Société essentiellement féminine, les hommes en sont bannis, à de rares exceptions.

Lecteurs de thrillers, de turn-pages, de sagas ou pavés, passez votre chemin. Cranford se déguste lentement, il ne se passe pratiquement rien dans ce village tranquille.  Les jeunes filles ont vieilli sans même s’en apercevoir. Un mariage semble une incongruité. Des souvenirs des disparus,  l’arrivée d’une Lady, d’un magicien, un vol de pomme ou d’un gigot d’agneau déclenchent des réactions disproportionnées. Et pourtant, c’est une lecture délicieuse. L’humour et l’ironie d’Elizabeth  Gaskell se savourent lentement. Les pointes anti-françaises, peu de temps après les guerres napoléoniennes, sont particulièrement acérées.

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J’ai d’abord eu l’impression qu’il n’y aurait pas ni intrigue, ni d’histoire. Lentement, l’auteur a présenté ses personnages, puis des personnages secondaires (masculins) sont arrivés  par effraction. On a vu revenir un ancien prétendant de Matty, qui a presque pris le deuil à son décès. La narratrice, l’amie de Matty, découvre l’existence de Peter, le frère disparu. L’auteur distille les indices, sans s’y attarder.

A la fin, la tragédie se noue. la naïve Matty se retrouve ruinée par la banqueroute de la banque. On est loin des tergiversations sur la couleur d’un turban ou d’un ruban. On a le cœur serré. Comment va-t-elle s’en sortir?

le passé est une terre étrangère – Gianrico Carofiglio

LE MOIS ITALIEN D’EIMELLE

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Le mois Italien est l’occasion d’un voyage en Italie. Ici, nous partons pour Bari , une ville que je connais mal, contournée à l’occasion de vacances dans les Pouilles, traversée à deux reprises avant d’embarquer pour le Ferry vers la Grèce.

Ce n’est pas tant la ville que je vais explorer que les milieux très exotiques des tables de poker, poker snob chez les riches, poker miteux des salles clandestines. Fièvre des jeux, addiction et triche. Quand le jeu ne suffira plus pour déclencher l’adrénaline, le héros basculera dans des contrées encore plus interlopes.

Polar? oui, il y a une enquête : on cherche le violeur en série qui sévit dans la ville.

Comment les deux histoires, celle de l’étudiant qui se laisse entraîner par un ami manipulateur (à tous les sens du terme, puisqu’il est un peu prestidigitateur) et celle de l’enquête, comment vont elles converger. Il faudra attendre les dernières pages pour le savoir – même si on s’en doute un peu.

Polar très noir, sordide, même. Mais c’est la loi du genre. Chapitres courts, personnages attachants, ce livre se lit bien, même si il est loin d’être inoubliable.J’avais préféré de loin la Raison du doute du même auteur.

 

 

Castletown House

CARNET IRLANDAIS  

Castletown
Castletown

Bryan, notre logeur,  nous a recommandé Castletown House à Ceilbridge accessible à 20 minutes à pied du gîte, mais au moins autant en voiture puisqu’on ne peut pas traverser Hewlett Packard et qu’il faut prendre l’autoroute à la sortie 5 et sortir à la Sortie 6.

Construit en 1722, pour le Parlementaire William Conolly (1662-1729) réputé l’homme le plus riche d’Irlande qui a fait fortune sur des terres des partisans de Jacques II. Deux architectes sont dessiné le château, l’Italien Galilei et Pearce qui introduisit les style palladien en Grande Bretagne.

C’est un grand château gris, sobre, régulier allégé de chaque côté par une galerie à colonnes incurvée. Plutôt que de s’étendre sur Conolly, la conférencière fait le portrait de deux femmes Katherine, la femme de Conolly et lady Louisa après elle, deux femmes qui restèrent sans enfants et consacrèrent l’essentiel de leur temps à leur intérieur et au parc, ainsi qu’aux bonnes œuvres auprès de la population environnante. De nombreux portraits de famille illustrent les propos.

Blanche entrée (18ème) avec des stucs et un escalier extravagant (si aérien qu’on préfère ne plus y monter de crainte qu’il ne s’écroule). Puis nous traversons des pièces plus ou moins meublées.

L’histoire de cette famille n’est pas l’aspect le plus intéressant de la visite. La conférencière explique les rénovations. La Chambre rouge toute tapissée de soie mérite bien les soins qu’on lui prodigue. Des sachets transparents contiennent la poussière extraite de l’aspirateur, de petites éponges pour maquillage servent à tamponner la tapisserie, une gaze aérienne rose panse les déchirures. Des échantillons de soie tissés spécialement à Lyon reproduisant les motifs d’époque seront utilisés our les rideaux assortis.

Print room
Print room

Une pièce est surprenante : la Print room tapissée de gravures, un peu comme les posters actuels, suggère la guide.

Salle de réception style pompéien
Salle de réception style pompéien

La grande salle de réception de style pompéien, mais dans des tonalités de bleu est de O’Reilly (1770).

Bryan nous a parlé trop tard de Castletown, tous les dimanches on y donne des concerts. Nous aurions été ravies d’y assister.

Dernier soir, on boucle tôt les valises. Demain,25 réveil à 4h50 !

 

 

 

 

Dublin : Château – Christchurch – National Gallery

CARNET IRLANDAIS  

Chateau de Dublin : tour médiévale
Chateau de Dublin : tour médiévale

Je descends du 66b sur les quais de la Liffey dès que j’aperçois les toits du château.

On visite individuellement les cours et jardin ainsi que les appartements d’Etat. La visite guidée est tout à fait recommandée, elle permet d’accéder aux fondations médiévales – même vikings – et d’entrer dans la chapelle. Le château est un ensemble assez hétéroclite : une grande cour géorgienne (18ème siècle) pavée entourée de bâtiments symétriques avec fronton et colonnes, un clocheton élégant. Dans la cours du bas, il y a la d’un côté, la tour médiévale et la chapelle néogothique, en face un bâtiment géorgien, un immeuble moderne ferme la quadrilatère.

Chateau de Dublin : cour géorgienne
Chateau de Dublin : cour géorgienne

En attendant l’heure de la visite, je découvre seule les jardins contemporains. Le parterre central est circulaire et décoré d’entrelacs à dessin celtique. Là, se trouvait un étang noir Dubh Linn qui a donné son nom à Dublin. Dans un coin se trouve un mémorial aux victimes des guerres civiles. De l’autre côté du jardin, j’entre dans la Chester Beaty Library où on garde des livres anciens précieux. En ce moment se tient une exposition de Corans précieux. Accueil sympathique, entrée gratuite, mais je n’aurai pas le temps de la voir.

La visite est menée rondement. Patricia, la guide, marche vite, parle vite, elle a beaucoup de choses à raconter. De la forteresse construite en 1204 par Jean D’Angleterre (Jean Sans Terre 1167-1216), il ne reste que la Tour ronde et les fondations d’une poudrière que l’on découvre dans les sous-sols. Les archéologues découvrirent même des vestiges vikings, ces derniers construisaient de bois et ont laissé peu de traces, des peignes et des pinces à épiler. Les fondations sont entourées d’une eau verdâtre qui provient de la rivière Poodle maintenant enterrée.

Château de Dublin : chapelle néo-gothique
Château de Dublin : chapelle néo-gothique

Depuis Jean Sans Terres, le château fut le siège du pouvoir anglais délégué à des vice-rois. En 1535, le Parlement Irlandais reconnu Henry VIII comme chef de l’Eglise Irlandaise. La chapelle néogothique (début 1800) rénovée récemment est passée du rite anglican au rite catholique pur être dé- consacrée pour restauration finalement. Elle est utilisée maintenant pour des concerts, expositions et même événements plus frivoles. Les boiseries de chênes sont magnifiquement sculptées, aux armes des différents vice-rois.

Dans un coin de la cour, un panneau signale que Bram Stoker a travaillé dans les bureaux situé dans le bâtiment géorgien.

Appartements d'Etat : salle
Appartements d’Etat : St Patrick’s Hall

Les appartements d’Etat s’ouvrent dans la cour supérieure. Cette cour occupe l’espace du château médiéval qui a été détruit lors d’un incendie. Le Château de Dublin est un « working castle », encore en fonction ; c’est le lieu des réceptions officielles. La semaine dernière François Hollande y est venu. Avant lui, Nelson Mandela, Kennedy, et la Reine Elisabeth.

St Patrick’s Hall : grande salle de balle tendue de bleu et or ; pavoisée de drapeaux. Patricia nous montre  La Harpe celtique – symbole officiel de l’Irlande . Le trèfle irlandais est le symbole de Saint Patrick. Guinness qui est une institution à Dublin a aussi choisi la harpe mais inversée.

Dans la salle à manger, la table est dressée comme pour un dîner officiel avec la « porcelaine d’Etat », blanche, très fine très sobre avec pour seul décor une harpe. Le vice-roi ne présidait pas en bout de table mais au milieu avec le dos à la cheminée pour mieux participer aux conversations.

Appartemetns d'Etat : drawing room
Appartemetns d’Etat : drawing room

Dans la Salle du trône, les dimensions du trône sont imposantes, construit pour le roi George IV qui avait une stature hors norme. Pour Victoria on a imaginé une sorte de tabouret rembourré pour lui permettre d’y grimper et de trôner en majesté ;

La Drawing Room, pièce des dames est la plus élégante. J’ai longtemps été étonnée par cette appellation ; « Drawing » m’évoquer des dessins. Pas du tout cela vient de withdraw = se retirer. A la fin du dîner, les hommes restaient fumer, boire, discuter politique et affaires, les dames se consacraient à des activités plus frivoles. L’histoire du château de Dublin se confond avec celle des rois et reines d’Angleterre, entre Stuart et Orange, succession des George, règne victorien…

Il faut aussi imaginer que le château fut transformé en hôpital pendant la Première Guerre Mondiale.

On commémore cette année le centenaire de la Révolution de 1916. Une exposition occupe plusieurs salles du château avec des panneaux illustrés. Patricia nous explique que la dernière exécution, le 12 mai 1916 de James Connolly retourna l’opinion publique qui, au début du soulèvement était tiède : de nombreux soldats irlandais se battaient dans l’armée britannique en guerre.

Le Château est un lieu symbolique de l’Indépendance Irlandaise : deux photos sur le mêm bureau se font face celle de Michael Collins qui reçu les clés du château des mains de Lord Fitzallen, dernier vice-roi. Cette semaine Theresa May vient à Dublin parler du Brexit. Les Irlandais se sentent très concernés par la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne : la frontière avec l’Irlande du nord va-t-elle être rétablie ?

Christchurch

Christchurch
Christchurch

Christchurch se trouve à proximité du château. Après la longue visite guidée, je n’ai pas très envie de faire une visite exhaustive. Le prêtre est en chaire, ce n’est pas l’heur pour le tourisme. L’office se termine. Le Pasteur serre la main de ses ouilles et celles des visiteurs. Encore une église commencé avec le style roman terminée gothique, beaucoup remaniée au 19ème siècle. La crypte est impressionnante avec ses gros piliers. Elle est transformée en musée fourre-tout. Costumes d’époque. Audiovisuel racontant l’histoire de l’église (intéressant), un panneau détaillé racontant la Bataille de la Boyne (je commence à mieux comprendre). Comme le château, siège de la vice-royauté, Christchurch est la Cathédrale anglicane. Je devrais visiter Saint Patrick !

Déjeuner fish&chips

Fish & chips
Fish & chips

Pour déjeuner, sur Dame str., Il y a l’embarras du choix, pubs traditionnels, fast food, restaurants exotiques du monde entier. J’entre chez Beshoff : à Howth j’avais remarqué les dizaines de personnes mangeant dans le jardin des frites dans de jolie barquettes ou se promenant avec des sacs Beshoff. Il sert des Fish&chips mais également des moules ou des fruits de mer à la place du poisson. Beshoff de dame st. fonctionne comme dans la restauration rapide : on commande au comptoir mais on n’attend pas debout ; on emporte un numéro, on choisit sa table et la serveuse arrive avec les couverts et un plateau de bis rappelant une caisse à poissons. Les frites sont artisanales, grosse, irrégulières, savoureuses. Le cabillaud est délicieux et la friture légère.

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J’ai envie de voir la peinture irlandaise de la National Gallery. Bâtiment moderne très clair, ouvert à tous. Je suis encore surprise de ne trouver ni contrôles de sécurité ni billetterie. Dans le hall Bernard Shaw en pied (et en bronze) nous accueille. Malheureusement les salles de peintures irlandaises ne sont pas accessibles aujourd’hui. Je ne découvrirai pas les peintures de l’autre Yeats (le peintre, frère du poéte). En revanche il y a un Picasso à côté d’un Braque, plus loin Seurat etc…la peinture française est bien représentée ?

Retour par le 66b sous la pluie battante.

Candido – Sciascia

LE MOIS ITALIEN D’EIMELLE

Sciascia raconte la Sicile de 1943 aux années 70. Il s’inspire du Candide, recherche l’esprit de Voltaire. Il avoue dans une note :

« cette alacrité, cette légèreté, impossible de les retrouver : moi-même qui crois n’avoir jamais ennuyé mes lecteurs…Sinon du résultat, que l’on veuille bien tenir compte du propos : j’ai cherché à être vif, à être léger. mais notre temps est pesant, très pesant. »

Candido , dépourvu de parents, et de tout préjugé, cherche des réponses simples, des évidences dans un monde compliqué. Né à la fin du fascisme dans les bombardements américains il évolue dans une Sicile partagée entre la Démocratie Chrétienne et le Parti Communiste. Son grand père, général fasciste, choisit la Démocratie chrétienne et le confie à un précepteur l’archiprêtre Lepanto – son Panglosse, prêtre fasciné par la psychanalyse tout d’abord qui se défroquera et deviendra communiste. Le Parti, comme une Eglise!

Candido a la chance d’être un élève brillant et d’avoir des terres qui lui procurent le bien être matériel. Il a aussi la chance d’être aimé de Paola (sa Cunégonde?) et tout devrait bien marcher dans le meilleur des mondes possibles….mais il n’en est pas ainsi. Le Parti n’aime pas les esprits trop libres, et finira par l’exclure. Sa famille cherchera, et réussira à mettre la main sur les terres…

Mais dans le meilleur des mondes possibles, il partira en voyage et finira ses errances à Paris, la patrie de Voltaire et celle de Mai 68!

Vallée de la Boyne (2) Trim Castle

CARNET IRLANDAIS 

Trim castle
Trim castle

Trim est une petite ville plutôt qu’un village. Une haute tour dont il ne reste qu’un pan se détache, dominant le centre-ville. Mais ce n’est pas le château : imposant donjon entouré de remparts, il a servi de décor au film Braveheart.

_ »voulez-vous la visite libre des extérieurs ou la visite de la tour ? »

La visite guidée étant à 17h, je me contenterai des extérieurs à regrets puisque je n’apprendrai presque rien sur l’histoire du château ?

Le donjon a une architecture passablement compliquée avec un plan cruciforme, il est entouré de multiples dépendances, remparts, tours, barbacane. A son pied coule la rivière Boyne Le chevalier  normand Hugues de Lacy commença sa construction en 1170, il fut détruit et reconstruit au 13ème siècle et servit pendant les guerres de Cromwell ?

la Boyne et le château
la Boyne et le château

Le long de la Boyne partent 4 itinéraires de promenades. Le château est encore plus photogénique vu d’en face avec les roseaux qui ploient sous le vent et le courant ;

Verte promenade, instructive aussi : on a placé des panneaux illustrés racontant la vie du villages au temps médiévaux. Je passe au pied de la haute tour ruinée, près d’une arche de pierre, traverDSCN7730se un grand pré séparant Trim du village de Newtown( détruit depuis)autour de l’Abbaye dont il reste encore de hauts murs percés d’ogives gothiques. Je presse le pas, coupant à travers le pré. A peine suis-je de retour à la voiture qu’un déluge s’abat sur nous. Nous étions habituées au crachin irlandais, aux brèves averses mais pas à une telle violence.

 

Le retour par Summerhill et Kilcock est court, nous arrivons par l’ouest sur la M4 qui passe tout à côté d’Alensgrove.

 

 

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