Vallée de la Boyne : Bru na Boinne

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Newgrange
Newgrange

La vallée de la Boyne recèle de nombreux sites touristiques. Située à une cinquantaine de km au nord de Dublin. J’ai composé un circuit chargé : 3 tumulus aux environs de Newgrange, deux châteaux Slane et Trim.

Le GPS nous pilote sur l’autoroute M1 jusqu’à Drogheda où nous enjambons la Boyne sur un élégant pont haubané. La N51 passe tout près des sites mégalithiques d’après la carte. Pourtant les panneaux touristiques indiquent « Newgrange par Slane » qui parait illogique d’autant que cela fait longtemps que madame GPS a claironné « vous êtes arrivé » . A défaut de Newgrange, nous trouvons le panneau.  Dowth

 

Nous roulons dans un véritable tunnel de verdure. Un camion de foin a cassé des branches qui jonchent la route. revanche, un panneau indique le mémorial John Boyle O’Reilly qui est un poète (1844-1890), révolutionnaire irlandais,  mort aux Etats Unis. On voit le buste. Derrière le grand château la petite église en ruines entourée par le cimetière est sauvegardée par le curé qui lève une donation pour la restauration du site ,

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Dowth

 

Le tumulus est difficile à voir dans le paysage. En C’est une des tombes de passages de la région de Newgrange du Néolithique (-5000ans). Le tumulus est couvert d’herbe, il est creusé d’une sorte de cratère. L’entrée des tombes est protégé par un grillage. Les fouilles ont été commencées en 1847, on n’y a trouvé que peu de choses, elles ont été visitées peut être au temps des Vikings. Il y a  peu d’explications, cette légende m’a enchantée :

Entrée du tumulus de Dowth
Entrée du tumulus de Dowth

« Tous les hommes d’Irlande commandés par un roi vinrent construire une tour s’élevant jusqu’au ciel. La sœur du roi  fit arrêter secrètement la course du soleil pour que le jour soit sans fin. Comme le temps passait, les Irlandais se rendirent compte qu’ils avaient été trompés. Le sort fut brisé quand le roi et sa sœur couchèrent ensemble. Le travail cessa quand l’obscurité tomba. On dit que Dubdd (obscurité) serait le nom de cette place. «

Des pierres décorées de pétroglyphes entouraient le tumulus. Je suis contente d’avoir trouvé celle qui porte sept soleils. Les pétroglyphes sont souvent décevants et difficile à trouver.

Cette visite solitaire et un peu inattendue me remplit de joie.

Comment mettre en scène la Préhistoire ?

Les sites sont souvent peu spectaculaires et peu lisibles par le profane. Je serais complètement passée à côté du tumulus de Dowth sans les explications. La mise en scène à Newgrange est maximale. Tout d’abord, le site est introuvable, il devrait se trouver avant Slane, près de la rivière non loin de Dowth alors que les panneaux routiers nous dirigent vers Slane puis sur une grande route. Le GPS n’y comprend rien et recalcule. Nous roulons depuis  vingt minutes. Arrivés à proximité du Centre des Visiteurs de  Brú na Bóinne, les sites sont invisibles !

Et pour cause, les trois tombes de passage Newgrange, Knowth et Dowth sont dans la campagne. Il faut prendre son billet et prendre rendez vous pur les navettes qui nous y conduisent. Le miens est à 13h15 alors que ne me suis présentée à 10h30 à la caisse.

Le Centre des Visiteurs est imaginé sur un plan circulaire : deux galettes de ciment et de verre légèrement décalées. Celle du niveau supérieur contient la billetterie, une salle de projection et les salles d’exposition, elles aussi rondes, sombres et aveugles. Celle du niveau inférieur contient la cafétéria, les toilettes et autres utilités.

Les vitrines illustrent les différents aspects de la vie au Néolithique et le travail des archéologues.

Petite Chronologie de la Préhistoire en Irlande

  • Les hommes ont colonisé l’Irlande il y a 8000 ans .av. JC
  • le début de l’agriculture (Néolithique est daté -4000 av JC -3800 av J.C)
  • . l’âge de bronze 2500 – 700av JC.
  • Les Celtes s’y installèrent autour de 600av JC.

Une salle s’attache au culte solaire (présumé) et aux figures et symboles des pétroglyphes : spirales, cercles avec ou sans rayons, triangles, diamants, zigzags. Ils sont variés et sophistiqués.

L’édification d’une Tombe de passage est figurée : une énorme pierre glisse sur des rondins tirée par de nombreux hommes.

On explique aussi les méthodes des archéologues : datations au C14confirmée par la dendrochronologie, palynologie, observation des squelettes. Des lésions aux chevilles et aux genoux peuvent être interprétées comme décrivant des postures (accroupi ou assis sur les talons), l’usure des dents, des minuscules particules montrent le régime alimentaire ; Un cas très curieux de trépanation  (l’orifice circulaire dans le crâne permettait aux esprits maléfiques de l’échapper), si l’os a repoussé c’est une preuve que la trépanation a été effectuée du vivant du sujet. La plupart des défunts ayant été incinérés, on a retrouvé très peu de squelettes. Les statistiques montrent que l’âge moyen des décès était entre 30 et 35 ans, personne ne dépassait 50ans. Peu de vêtements sont été mis à jour, les preuves indirectes (aiguilles) montrent que les hommes se vêtaient de peaux de bêtes.

Des vitrines mettent en scène la vie quotidienne : dans l’une d’elle on voit les arcs avec pointes de silex et pennes de corbeaux. Dans une autre, on a reconstitué avec les bruitages la vie dans une hutte. Une maquette représente le village et  la Boyne qui a attiré les hommes sur ses berges. Sur la maquette en vue aérienne on voit les nombreuses structures circulaires : tumulus en relief mais aussi traces des pieux des cabanes et enclos des animaux. L’agriculteur néolithique semble être un homme proche de nous (ou plutôt de la génération de nos grands parents, encore proche de la terre.

Vidéo

Pas de reconstitution redondante, c’est un document astronomique qui tente de démontrer le rôle du ciel dans l’orientation des tombes de passage. Les observations astronomiques d’époque seraient très précises : ils ont été capables d’orienter la chambre de telle façon que le soleil pénètre précisément dans le couloir pour illuminer les chambres. On imagine un culte solaire. On suppose que la lumière pouvait régénérer l’âme des défunts. On imagine aussi des processions aux équinoxes et aux solstices, des feux allumés, peut être ? Le solstice d’hiver est l’occasion de visites exceptionnelles à Newgrange pour voir le phénomène d’illumination de la chambre.

Visite de Newgrange

Pétroglyphes à l'entrée du tumulus de Newgrange
Pétroglyphes à l’entrée du tumulus de Newgrange

Les navettes partent de l’autre côté de la Boyne qu’on passe sans s’en rendre compte. Le parcours est sinueux, il semble qu’on ingénie à égarer le touriste (pour qu’il ne revienne pas seul ?ou pour le désorienter afin qu’il perde conscience du temps et de l’espace et se trouve en conditions pour un parcours initiatique ?). Les petits autobus à allure de jeep roulent sur des routes tout à fait ordinaires le modèle « aventure » fait-il partie de la mise en scène ? Les moins pressés peuvent rentrer à pied – 3 ou 4 km séparent les tumuli du Centre des Visiteurs.

Le tumulus semble tout neuf avec sa pelouse aussi bien tondue qu’un green, son parement de quartz blanc piqueté de gris, son revêtement de pierres grises alignées tout autour de la base. Tellement propre que suis incrédule. J’aimais mieux le monticule de Dowth qui se fondait dans le paysage. Souvenirs de Gavrinis et de Barnenez.

Le site a été découvert par hasard, intact. Il a été cartographié par Petrie en 1840. Au 20ème siècle deux campagnes de fouilles ont permis de le protéger des visiteurs indélicats qui avaient gravé leur nom et de l’étudier à nouveau. Une restauration trop complète par O’Kelly, donne une impression étrange d’un monument tout neuf, un peu comme celle d’Evans à Cnossos. Il a reconstitué son idée d’une tombe de passage.

Devant l’entrée, un mégalithe est abondamment décoré : 4 spirales d’un côté, 4 de l’autre et des ornements triangulaires ou carrés de part et d’autre d’une ligne arrondie en bas. La conférencière interprète ces symbole comme un plan du site, les ronds seraient les tumulus, les carrés les champs, les vagues en bas, la rivière Boyne.

Interdit de photographier l’intérieur. L’éclairage électrique rassure les claustrophobes mais il est trop intense à mon goût. L’éclairage d’une torche aurait suffi et aurait été plus mystérieux. La mise en scène du rayon lumineux tel qu’il éclaire au solstice d’hiver est impressionnante. Cela tient du miracle : attendre un an un rayon de soleil pour quelques minutes dans un pays si pluvieux que l’Irlande ! A Abou Simbel, cela a plus de chance de se reproduire ! Le couloir est bas mais la chambre ressemble aux tholos mycéniennes et aux maisons beehive de Dingle. Plan cruciforme : sur une dalle un bassin, y déposait-on les cendres d’un seul défunt ou exposait-on les cendres des morts de l’année avant de les inhumer ailleurs ? Beaucoup d’hypothèses, d’incertitudes, de rêve ?

Retour au centre à 15h30. Nous aurions dû arriver à l’ouverture pour visiter aussi Knowth.

 

Montagnes de Wicklow (2) Glendalough, Wicklow

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Glendalough

3* sur nos Guides Evasion et Guide Vert. Incontournable.

Les parkings saturés modèrent notre enthousiasme. Nous aurions sans doute dû éviter le  dimanche. Glendalough est cher aux Irlandais parce que c’est le monastère de St Kevin, fondé au 6ème siècle. C’est un lieu empreint de religiosité : 7 églises, de nombreuses tombes, un pèlerinage…Le site est aussi d’une grande beauté avec ses deux lacs et son torrent dans une vallée encaissée entre des montagnes boisées.

Nous arrivons à l’heure du déjeuner : des cars attendent moteur tournant, des foules se pressent. Nous n’avons rien pour le pique-nique « C’est dimanche, on s’offrira le restaurant ! ». Dans la plupart des sites touristiques, il y a de jolie cafétéria. Ici, non ! Il y a bien un bel hôtel avec un bar. Trop loin pour Dominique qui préfère se contenter de chips. Je m’installe à la table la plus proche du bar et de la caisse, pensant être servie plus vite. Deux Italiennes viennent se joindre à moi, elles sont bavardes comme des pies. Ma soupe n’arrive pas. Quand elle vient, je l’avale brûlante. Ces soupes sont une bénédiction : 5€, servies avec de grosses tartines de beurre, elles réchauffent et calent bien.

la double arche où passaient les pélerins
la double arche où passaient les pélerins

Au Centre des Visiteurs, projection d’une vidéo sur les monastères et les moines depuis Saint Patrick, jusqu’à l’installation des Normands au 12ème siècle. Les  ermitages  étaient installés dans des lieux isolés, comme les îles ou  les montagnes.  Les  monastères les plus anciens, très frustes, ressemblaient aux villages fortifiés des Celtes : un enclos protégeant des maisons de pierre ou de bois. Les invasions des Vikings poussèrent les moines à construire ces très hautes tours rondes, tours de guet qui m’avaient étonnée à notre arrivée en Irlande. L’arrivée des Normands changea le style des monastères avec la construction des églises romanes puis gothiques comme dans le reste de l’Europe.

Après le film, toute l’assistance est conviée à une visite guidée. Fiona, la guide, nous conduit avec beaucoup de conviction sur les pas des pèlerins, passant sous la double arche de granite. Nous marchons parmi les tombes vers la haute tour (33m de haut) .  La porte d’entrée s’ouvrait à 3m du sol. Cette bizarrerie était un stratagème de défense mais peut être, selon Fiona, un moyen d’alléger la tour. Les moines guettaient les envahisseurs au loin. Ils avaient encore le temps de cacher ou d’enterrer leurs précieux manuscrits. Le cimetière étant encore en fonction, les archéologues n’ont pas encore entrepris de fouilles. Peut être des trésors gisent-ils encore sous nos pieds ?

St Kevin's kitchen
St Kevin’s kitchen

La Cathédrale est bien ruinée. En 1214, la création du diocèse Glendalough/Dublin a signé le déclin de Glendalough en faveur de la nouvelle capitale de l’Irlande.

La plus jolie église – la mieux préservée – est celle qu’on appelle Saint Kevin’s kitchen. Son nom provient de l’ouverture d’une trappe qui fait penser à une cheminée. Par association cheminée/cuisine….

Une averse s’est abattue lorsque nous étions dans St Kevin. La promenade au lac est compromise. Je retourne en courant au Centre des Visiteurs m’abriter et regarder l’exposition sur Saint Kevin, les manuscrits médiévaux et la maquette du monastère du temps de sa splendeur.

Les plages de sables de Buttas bay à Wicklow

Le parking de Buttas Bay est à l’arrière de la dune. La plage de sable et petits graviers s’étend sur des kilomètres. En face du container jaune et rouge des maîtres-nageurs, il y a quelques baigneurs hardis en maillot de bain. Il fait très beau mais la plupart des familles venues pour le dimanche à la plage sont restés en jeans et manches longues. La construction de château de sable est plus conseillée que la baignade.

Wicklow ruines de la forteresse normande
Wicklow ruines de la forteresse normande

Près de Wicklow, les plu beaux points de vue sur la falaise sont occupés par les greens d’un golf qui a quand même consenti à installer un petit parking pour que les non-golfeurs puissent voir la mer. Un discret escalier descend à une crique de galets et d’eau cristalline. J’éprouve une furieuse envie de me baigner, oubliant la fraîcheur.

Un château normand a été édifié sur une place-forte viking à l’entrée de Wicklow. Détruit en 1640. Quelques pans de murs restent de l’ancienne forteresse. Des canons beaucoup plus récents gardent la place.

Wiclow
Wiclow

Le port de pêche de Wicklow est abrité dans l’estuaire de la petite rivière  enjambée par un pont de pierre.

 

 

Montagnes de Wicklow – Powerscourt

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Powerscourt : terrasse face au Sugar Loaf
Powerscourt : terrasse face au Sugar Loaf

Autoroute jusqu’à Enniskerry  on arrive à un village très touristique (beaucoup de B&B). Le château de Powerscourt est bien indiqué. On passe d’abord devant un golf magnifique et on arrive au château gris 17ème siècle ayant appartenu à la famille Wingfield de 1603 à 1961. Château gris par jour gris, un peu sévère, ennuyeux ? Le parc est un enchantement. Le site  est exceptionnel : relief escarpé face à une montagne pittoresque Great Sugar Loaf (504m) au sommet pointu, présence d’eau vive ou captée dans des ruisseaux, bassins et jets d’eau.

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Sur la terrasse,  une roseraie voisine avec le « jardin dans les murs » où une allée fleurie est « la plus grand platebande d’Irlande (déjà celle de Kylemore Abbey avait cette prétention). Dans les serres proches du parking, on vend les semences et les plants de l’allée fleurie. Les noms figurent sur des étiquettes pour que les visiteurs intéressés puissent les acheter.

lysimachia-punctata- J’ai enfin pu identifier Lysimachia punctata dont les fleurs jaunes m’avaient intriguée. L’eupatoire trouve sa place auprès des fleurs plus aristocratiques.

 

 

 

DSCN7656 - Copie Passant les grilles dorées se mêlent les motifs de roses, de chardons, de trèfles symbolisant l’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande, on trouve un bassin entouré d’arbres magnifiques. Une introduction à la promenade dans une zone plus escarpée plantée d’azalées et de rhododendrons. Pour que la promenade soit fleurie en toute saison, ici et là, on a mis des massifs de rosiers odorants. On arrive ensuite au cimetière des animaux. Les stèles ont été érigées du début du 20ème siècle jusqu’à récemment. Le Lac du Triton s’inspirant de la fontaine Barberini de Rome, est dans l’axe de l’escalier majestueux qui descend de la terrasse du château. Je remonte sur l’autre versant  en passant par le Jardin japonais et la Vallée de la Tour.

Depuis le début du séjour en Irlande, nous avons visité plusieurs jardins remarquables. Powerscourt n’est donc pas une surprise. Ce qui le distingue, c’est sa situation géographique et la taille de ses arbres qui sont des géants. Peut être est-ce parce qu’il est le plus ancien ?

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On termine par la boutique – un véritable supermarché de luxe. Le rayon alimentation est très appétissant. Les tissages d’Avoca sont très beaux mais les prix inabordables. Il y a aussi un superbe salon de thé. Dans les toilettes, une affiche propose des cours de yoga dans les jardins. Il semble que Powerscourt ait une vocation commerciale très développée. Un hôtel de luxe grand standing se cache un peu plus loin. A Dublin, une annexe de la boutique vend les mêmes produits.

roseraie
roseraie

La route traverse des collines particulièrement  vallonnée – les montagnes de Wicklow culminant à 945m, protégées par un parc National. C’est le domaine des vélos de montagne. Aujourd’hui, dimanche, il y a beaucoup de monde. Personne n’a été découragé par la pluie, ni les golfeurs, ni les cyclistes, ni les randonneurs ou piqueniqueurs. Les nuages accumulés sur les sommets nous font renoncer à un détour par le point de vue de Sally Gap. Des écriteaux signalent des trails cinématographiques : les tournages d’Excalibur et de Michael Collins ont eu lieu non loin.

 

Dublin – balade dans les rues

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Monument Daniel O'Connell
Monument Daniel O’Connell

Balade dans les rues

A l’ Office de Tourisme, en face de Trinity College, je prends un plan.

La Banque d’Irlande occupe un angle, encore une colonnade !

Je traverse la Liffey pour voir le Monument de Daniel O’Connell  et remonte la grande rue O’Connell.

Arrêt à la Poste : on célèbre cette année le centenaire du soulèvement de 1916 qui débuta précisément à cette Poste centrale. Une exposition célèbre les révolutionnaires de 1916. Je suis trop ignorante pour m’y intéresser dans le détail.

Au milieu de cette rue, une sorte d’aiguille est plantée : cône très haut, très fin, très moderne, froid dont je ne saisis pas la symbolique.

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Je traverse la rue pour buter dans James Joyce de bronze, sortant de son pub favori. Ulysses est dans ma liseuse, il faudra que je me décide à le lire. Une Librairie a pour enseigne ce titre : Ulysses, rare books, et en vitrine, un exemplaire d’époque et de très beaux livres anciens.

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Je parcours la Talbot St. bordée de commerces variés peu touristiques, coupe sans m’en rendre compte James Joyce St. et arrive à Connolly Station. Des ponts ferroviaires enjambent les rues. A un carrefour, un globe de fils barbelés entourant un cylindre comme une bougie, est le Amnesty Candle.

Vers les Docks
Vers les Docks

J’arrive à la Liffey non loin de la grande maison des douanes (1781) . Lui tournant le dos j’ai une vision très contemporaine des Docks. Les passerelles élégantes sont 21ème siècle(sur mon plan les dates de construction sont 2005 et 2009. Encadré par des immeubles de verre un peu bizarres, je devine les mâts de Jeanie Johnston Famine ship. Plus près Le Monument de la Famine (1997) par Rowan Gillespie est installé sur le lieu d’où est parti le premier voyage de la Perseverance en 1846.

Monument de la Famine
Monument de la Famine

De l’autre côté de la rivière, sur Moss str., puis Shaw Str. Je voulais continuer le pèlerinage littéraire au 21 Westland Row chez Oscar Wilde. Mais je m’égare, me retrouve sur Grafton str. piétonnière avec boutiques et cafés pour enfin trouver Kildare Str. Où se trouve le Musée d’Archéologie.

 

Dublin : Trinity College – Book of Kells

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Bus direct pour Dublin
Bus direct pour Dublin

Voyage sur l’impériale du 66b vers Dublin

Alensgrove est situé en face des installations de Hewlett Packard : le bus 66b relie le centre de Dublin toutes les heures. Le smartphone, décidément très efficace, m’indique en plus de la météo les heures de passage de l’autobus. Malheureusement sans Wifi cela ne marchera pas pour le retour.

7h55 le bus est ponctuel (forcément puisque c’est le terminus), le chauffeur très cordial. Le ticket 3€30 mais il faut faire l’appoint. Je m’installe sur l’impériale pour profiter du paysage. L’autobus traverse de jolis villages pimpants : Leixlip, jolie église avec un clocher carré et pubs fleuris, Lucan, puis il suit la Vallée de la Liffey .

8h40, je descends à Merrion Square : le jardin est fermé mais Merrion Square est construit de sévères maisons de briques géorgiennes avec les portes laquées que tout le monde connait. Par Clare St. et Nassau, je trouve Trinity College.

Book of Kells

Chi Rho
Chi Rho

Pressée d’arriver à l’exposition du Book of Kells avant la foule (on recommande de s’inscrire par Internet, mais c’est beaucoup plus cher). Cette exposition « Turning Darkness into Light » est construite autour des manuscrits précieux, le Book of Kells, Book of Dima, Book of Mullings, et Book of Armagh. De grands panneaux lumineux magnifient les enluminures, les expliquent. Des sacoches de cuir éthiopiennes trouvées au Monastère Souriani en Egypte en 1837 servaient à transporter des évangiles, ou psautiers portatifs. Les pierres oghamiques sont présentées avec les correspondances entre l’alphabet latin et les 20 lettres gravées par des séries d’encoches (consonnes) et points (voyelles). La salle suivante est dédiée aux techniques de calligraphie : dessins des lettrines ou des expressions récurrentes comme « dicebat ». On signalait une erreur de copie par des croix rouges. Dans des coupelles on peut voir les pigments utilisés alors. Pour le  noir, la galle de feuilles de chêne, le noir de fumée ou le charbon liés avec de la résine de gomme d’acacia. La couleur la plus rare, l’azurite venait d’Afghanistan.  On s’intéresse aussi au travail du scribe. Deux poèmes composés par un mine irlandais à Sankt Gallen en Suisse  au 9ème siècle, peu de temps après la copie des livres présentés ici.

pangur-ban-4I and Pangur Ban my cat,
‘Tis a like task we are at:
Hunting mice is his delight,
Hunting words I sit all night.

Better far than praise of men
‘Tis to sit with book and pen;
Pangur bears me no ill-will,
He too plies his simple skill.

‘Tis a merry task to see
At our tasks how glad are we,
When at home we sit and find
Entertainment to our mind.

Oftentimes a mouse will stray
In the hero Pangur’s way;
Oftentimes my keen thought set
Takes a meaning in its net.

‘Gainst the wall he sets his eye
Full and fierce and sharp and sly;
‘Gainst the wall of knowledge I
All my little wisdom try.

When a mouse darts from its den,
O how glad is Pangur then!
O what gladness do I prove
When I solve the doubts I love!

So in peace our task we ply,
Pangur Ban, my cat, and I;
In our arts we find our bliss,
I have mine and he has his.

Practice every day has made
Pangur perfect in his trade;
I get wisdom day and night
Turning darkness into light.

I and Pangur Ban my cat, 


‘Tis a like task we are at:
Hunting mice is his delight,
Hunting words I sit all night.

Better far than praise of men
‘Tis to sit with book and pen;
Pangur bears me no ill-will,
He too plies his simple skill.

‘Tis a merry task to see
At our tasks how glad are we,
When at home we sit and find
Entertainment to our mind.

Oftentimes a mouse will stray
In the hero Pangur’s way;
Oftentimes my keen thought set
Takes a meaning in its net.

‘Gainst the wall he sets his eye
Full and fierce and sharp and sly;
‘Gainst the wall of knowledge I
All my little wisdom try.

When a mouse darts from its den,
O how glad is Pangur then!
O what gladness do I prove
When I solve the doubts I love!

So in peace our task we ply,
Pangur Ban, my cat, and I;
In our arts we find our bliss,
I have mine and he has his.

Practice every day has made
Pangur perfect in his trade;
I get wisdom day and night
Turning darkness into light.

 

The scribe

A hedge of trees surrounds me

A blackbird sings sweetly

Above my well-ruled book

The birds sing far and wide

 

En green cloak of leafy branches

The cuckoo sings her lovely chant

Protect me, Lord, on Judgment Day

Happily I write beneath the trees

Kells saint Jean

Au milieu de la salle, deux pages agrandies : le Portrait de Saint Jean, et page Chi Ro, présentées dans le détail. Cette dernière fourmille de détails animaliers amusants : deux souris se partage nt une hostie sous la surveillance de deux chat, un rat tient un poisson (symbole christique) dans sa guele, des serpents enlacés…

Après cette introduction, j’entre dans la salle obscure où le Book of Kells est ouvert dans une vitrine. Les motifs sont petits, les textes difficiles à déchiffrer.

La vieille Librairie

la vieille Librairie
la vieille Librairie

J’arrive dans la vieille librairie The Long Room. Jusqu’en 1801, d’après le Copyright Act, tout livre publié dans les deux îles devait avoir un exemplaire déposé ici. Les livres sont rangés sur deux étages selon un curieux classement : les gros et lourds dans les étagères du bas, les petits en haut. Je reconnais Platon, Démosthène, Cicéron mais aussi Swift, Locke, Bacon Milton et Newton parmi les bustes de marbre alignés.

Trinity College

La première cour, assez moderne, communique avec une grande cour pavée bordée de trois bâtiments de pierre grise symétriques, précédés chacun d’une colonnade corinthienne soutenant un fronton triangulaire. Au milieu de la cour, un clocheton évidé comme une arche de triomphe. Qui est donc ce Lecky assis sur un trône ? Un historien, me répond wikipedia.

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Derrière le clocheton la cour est plantée de pelouses portant des arbres magnifiques, les plus grands et les plus beaux érables d’Europe selon l’étudiant qui guide un groupe de touristes. Avant que la pelouse ne soit installée, il y avait un cimetière monastique qui a enrichi en nutriment la terre. La proximité de la Liffey fournit l’humidité nécessaire. Les bâtiments, en abritant les arbres, leur donnent un microclimat favorable contribuant à leur croissance. Ces derniers pompent l’humidité qui serait néfaste à la conservation des livres précieux. L’architecte qui a conçu la bibliothèque a eu l’idée de l’installer à l’étage. Les rez de chaussée ayant a fonction de l’isoler de l’humidité.

Les bâtiments de briques rouges, 16ème siècle, sont restés en l’état. Les étudiants qui l’occupent n’ont pas l’eau courante. L’étudiant qui sert de guide, est en short mais il pote une « mini-toge », un pan court lui descend dans le dos tandis que deux bandes de satin noir flottent sur la poitrine.

 

Anna – Niccolo Ammaniti

LE MOIS ITALIEN D’EIMELLE

Anna ammaniti

Quand Babelio a proposé de « lire toute la rentrée littéraire 2016 », j’ai choisi Anna qui cadrait avec le thème du Mois Italien d’Eimelle du 1er Octobre : un livre paru en 2016 et aussi parce qu’il se passait en Sicile. Je ne me suis pas inquiétée du thème post-apocalyptique. les romans apocalyptiques, ou la science-fiction ne sont guère à mon goût (sauf chef-d’oeuvre, on ne sait jamais). J’ai lu deux ouvrages de Niccolo Ammaniti : Emmène moi que j’ai bien aimé et La Fête du siècle, moyennement.

Anna raconte la survie des enfants après qu’une épidémie – La Rouge – ait éradiqué tous les adultes. Pour des raisons hormonales,  les enfants en sont indemnes, la maladie ne se déclarera qu’à la puberté.  La mère d’Anna lui a laissé un Cahier des Choses Importantes, sorte de manuel de survie et la responsabilité de son petit frère à qui elle devra apprendre à lire et léguer le Cahier en espérant que d’ici -là, un vaccin ou un remède leur permettra de survivre.

La Sicile se trouve donc peuplée uniquement d’enfants plus ou moins sauvages, de chiens en bandes. Les enfants trouvent leur survie dans des centres commerciaux ravagés et pillés. Ils se nourrissent de boîtes de conserves. Ils s’organisent  en bandes, inventent des rituels étranges pour conjurer la menace. Omniprésence de la mort, ossements, cadavres, charognes. Meme dans la Préhistoire la plus anciennes, les humains enterraient leurs morts. Pas ici. On trouve des cadavres dans des voitures abandonnées, dans des maisons.

Atmosphère de violences, de destructions, de brutalités, affrontement entre les enfants, affrontement entre enfants et chiens.

J’ai failli abandonner très vite cette lecture. Puis je me suis attachée à Anna, à son énergie de vivre, même dans cet enfer, à son projet de sauver son petit frère, à son désir de vivre pleinement le temps court qu’il lui est imparti de vivre, à vivre un amour…vivre malgré tout.

Lord Arthur Savile’s Crime and Other Stories – Oscar wilde

PRÉPARONS L’EXPO OSCAR WILDE AU PETIT PALAIS!

oscar wilde sur le rocherLecture numérique d’un recueil de 5 récits : le Crime de Lord Savile, le Fantôme des Canterville, Le sphinx sans secret, le Millionnaire modèle et le Portrait de Mr W.H.

Lecture délicieuse, limpide, charmante, au style limpide, tellement clair qu’il ne m’a causé aucune difficulté. J’ai goûté son humour inimitable. Provocation amorale et tellement amusante que ce crime que Lord Savile se sent forcé d’exécuter avec une élégance rare. J’ai adoré le ratage de la pendule explosive! Un crime, oui, mais en dandy!

C’est le Fantôme des Canterville que j’ai préféré. Tellement drôle!

Le portrait de Mr W.H. m’a posé plus de problèmes. Il suppose une connaissance (et une compréhension des sonnets de Shakespeare que la non-anglophone ne possède pas). Il me faudra étudier ces sonnets et y revenir>.

Ensemble séparés/ Tanglewood – Dermot Bolger

LIRE POUR L’IRLANDE

tangelwood

Oubliez le folklore, l’Irlande rurale avec ses vaches et ses moutons, ses pubs de campagne, les feu de tourbe….

Oubliez : « L’histoire de  ce pays se résumait aux anciennes querelles sporadiques que de vieux barbus ressassaient dans les pubs, escarmouches engagées dans des bureaux de poste et tirs visant lâchement les crânes des policiers ne se doutant de rien comme si ces minables assassinats avaient été des batailles devant l’intéresser. Les buveurs irlandais se délecter de révéler ces pépites de leur récit national, semblables aux petits enfants qui montrent les crottes dans leur pot de chambre »….

C’est un roman contemporain (il sort pour la rentrée littéraire 2016, l’action se déroule de 2007 à 2009). Roman urbain, ou plutôt de la banlieue chic de Dublin, là où le terrain vaut de l’or et où on se doit d’avoir sa maison. D’ailleurs, c’est le sujet du livre : la spéculation immobilière et la bulle immobilière pendant les années précédant l’explosion de cette bulle, en 2008 quand l’Irlande était le « tigre celtique » et que les Irlandais pensaient qu’il était facile de s’enrichir.

Il sera beaucoup question de maisons, de celles qu’on achète dans des ventes au enchères survoltées, véritables joutes où l’enjeu est plus une affirmation de virilité qu’un projet de logement. Maisons que l’on construit, au mépris des règlements de l’inspection du travail. Demeures anciennes que l’on brûle, faute de pouvoir les démolir pour construire des immeubles moderne. Crédits, dettes, emprunts qui gonflent la fameuse bulle spéculative. Vertiges, la chute en sera plus dure.

Roman choral, construction habile, récit de Ronan, Chris, deux amis d’école, Alice, la femme de Chris et Sophie leur fille. Histoire de quinquagénaires, à l’approche de la ménopause pour Alice, et de la difficulté de bander pour Ronan et Chris. Histoire de couples qui s’enlisent, de virilité mal placée :

« Combien de secrets fallait-il détenir pour devenir un vrai mec. quels autres tests de virilité fallait-il passer? Savoir contourner les règles, tricher sur ses impôts, ruser avec les représentants de la loi, gérer des affaires et – le plus important – atteindre un niveau d’amnésie où vous vous absolviez de tous vos péchés antérieurs?

Cet aspect du roman  m’a un peu agacée, dans leur banlieue chic, les personnages font un peu « série télévisée ». Comment le gentil Chris pourra prouver à Alice qu’il a des couilles, tandis que Ronan, le voisin, l’a séduite et abandonnée à 17 ans….Alice qui aime son mari mais ferme à clé la chambre conjugale…

Le personnage d’Alice, complexe, m’a plus intéressée, Alice qui a rêvé du Canada, Alice la fille terne, la bonne fille, la frustrée aussi, mais qui décide de vivre….

Alice introduit le thème de l’émigration. Emigration des Irlandais en Amérique, un classique, mais aussi immigration moderne des travailleurs du bâtiments qui construisent la maison qui doit leur apporter la fortune . En dehors de Jiri, le contremaître, si fiable, si ingénieux, si peu exigeant…Chris et Ronan n’ont guère de relations avec les ouvriers qui viennent chaque jour au fond du jardin. Seule Alice, de sa fenêtre voit en eux des êtres humains. Seule Alice? Non, il y a aussi Kim, la Philippine, la femme de Ronan,  émigrée mais belle, si belle, dont on découvre la personnalité. On retrouve « le plâtrier » mort, au pied de l’échafaudage défectueux. Le « plâtrier » a-t-il un nom? Clandestin, il sera facile de le faire disparaître….mais je ne vais pas vous raconter tout le roman.

C’est l’empathie avec ces travailleurs étrangers qui m’a rendu ce livre sympathique après mon agacement précédent.

Autre qualité qui m’a séduite : l’ironie et l’humour de l’auteur. Humour à la limite du blasphème qui m’a bien amusée :

« Dans l’anonymat du cyberspace, le monde entier se transformait en voisin indiscret; A la place des photos encadrées de pèlerinage diocésain à Lourdes, des orgasmes surjoués… »  quel raccourci! entre les vidéos pornos  que Ronan visionne sur sn ordinateur et les pèlerinages. Le texte est émaillé d’allusions à la culture catholique irlandaise comme cette comparaison hasardeuse entre le Christ et un joueur de rugby.

Street-Art dans le 13ème arrondissement de Paris

TOURISTE DANS MA VILLE

Boulevard Vincent Auriol
Boulevard Vincent Auriol

J’aime bien les jeux de piste.

La Mairie du 13ème propose un circuit de découverte des fresques murales. Par une belle après-midi d’Automne, j’ai mis mes baskets, imprimé le plan, sans oublier l’Olympus bleu ni le Pass Navigo. 

Le tram t 3a, sur son tapis de gazon a un air de vacances.

Bld Massena halle Geoge Carpentier
Bld Massena halle Geoge Carpentier

Descendue Porte de Choisy, j’ai cherché la première peinture au Stade Georges Carpentier, une femme porte un chapeau orné d’arbres qui perdent leurs feuilles (normal, c’est l’automne) malheureusement des taggers sont intervenus et ont apposé leur trace en bas de l’oeuvre. Question existentielle : où commence une oeuvre d’art? taguer un mur, est-ce permis? taguer un graf?

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Un poisson sur un transformateur n’est pas répertorié sur le plan. Il est pourtant joli, tout dégoulinant de peinture.

Boulevard Massena les hautes tours ne m’auraient jamais attirée pour une promenade. Je goûte l’exotisme des boutiques asiatiques. Une agence de voyage a affiché des promotions pour des destinations mystérieuses, écrites en chinois.

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Seconde étape: Porte d’Italie, entre les maréchaux et le périf. Je ne trouve pas, j’arrive au périf et ce n’est que quand je me retourne que je découvre la fresque immense, une femme sur une balançoire porte un lapin blanc sur les genoux et un oiseau sur la tête. Elle me plait bien. Elle occupe tout un mur aveugle sur 5 étages. Les proportions sont bizarres quand on se tient à ses pieds qui sont énormes.

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Je remonte l’avenue d’Italie, les restaurants turcs font concurrence aux chinois. En face du Métro Maison Blanche, un immeuble de 14 étages est décoré : sur un fond jaune trois personnages sont superposés, le plus haut, un homme coiffé d’un chapeau, une femme porte aussi un feutre un peu comme les indiennes d’Amérique du sud  avec fichu, collier de piment et épi de maïs dans la poche, un petit homme tête nue complète le tableau. En lettres capitales : OUR UTOPIA IS YOUR FUTURE. Intention sympathique mais pas terrible du point de vue esthétique.

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En face de la fresque, il y a un joli jardin qui m’attire. Je laisse l’avenue d’Italie bruyante et laide pour emprunter des petites rues tranquilles : la rue Bourgon et la Rue de l’Industrie qui a gardé ses pavés d’antan. Elles sont bordée de maisons basses de deux ou trois étages, les bars de quartiers sont un peu désuets. La poursuite du Street Art m’intéresse moins que la découverte de ces quartiers qui font penser à des villages, rue Damesme et rue Dieulafoy, les maisons colorées dans de petits jardins sont toutes ornées d’un pignon trapézoïdal au dessus de fenêtres à l’arrondi art-déco. L’enseigne de la pharmacie est Le village des Peupliers . La place de l’Abbé Hénoque est tout à fait charmante avec son jardin rond bordé d’un cercle de platanes avec de beaux bâtiments de brique : Hôpital des Peupliers et Mutuelle des chemin de fer. 

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Une fresque est signalée rue Bobillot. Est-ce la devanture de l’épicerie italienne(à céder) ou plutôt un mur très coloré avec un personnage à abondante chevelure noire, lèvres épaisses et quatre yeux qui tient un crâne blanc. sur une table des fruits colorés, des gâteaux, un sablier. Sur un livre posé à l’envers, je déchiffre VANITAS VANITATUM ET OMNIA VANITAS et bizarrement, sur une bouteille NIKI DE ST PHALLE et en dessous 2015WOMEN’S FORUM!

Remontant la rue Bobillot, j’arrive à la piscine de la Butte aux Cailles, des femmes remplissent des gourdes à la fontaine du square (nappe de l’Albien, eau très pure)

Après la Place d’Italie, le boulevard Vincent Auriol est riche d’oeuvres de street art (doit on appeler ainsi ces fresques immenses?) Un chat, une vignette républicaine, un homme noir et blanc…Une école maternelle a été complètement peinte en bleu blanc rouge (elle va être démolie et remplacée par un modèle d’écotruc avec façade en bois brut, toit végétalisé…)

Bld Vincent Auriol
Bld Vincent Auriol

Je prends par erreur la Rue du Chateau des Rentiers (ce nom m’a toujours fait rigole) puis suis la rue du Chevaleret qui conduit à la Grande Bibliothèque, je ne reconnais pas la Rue Dunois, le théâtre Dunois existe encore, mais c’est partout le chantier.

Rue Chevaleret
Rue Chevaleret

Encore des fresques monumentales sur des immeubles « anciens » (années 60 ou 80). Le 21ème siècle est métallisé doré ou vert, façade de verre occultée par une improbable moucharabieh de « bâtons » ou étages décalés. Le quartier de la Grande Bibliothèque mériterait à lui-seul une balade-photos!

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Enfin je reprends le tram, le podomètre marque pres de 10km et deux heures de marche

 

 

 

Oscar Wilde et le mystère de Reading – Gyles Brandreth

LECTURES IRLANDAISES

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Après mon passage à Dublin, retrouver Wilde est une évidence.

Le 28 septembre, au Petit Palais l’Expo Oscar Wilde L’impertinent absolu  va se tenir et je compte bien y aller!

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Relire Wilde? Sûrement.

Gyles Brandeth est l’auteur d’une série de romans policiers (?), dont 6 sont publiés en 10/18 Grands Détectives , où l’énigme est résolue par Wilde, avec ou sans l’aide de Conan Doyle. Du beau monde! 

J’avais lu auparavant Oscar Wilde et le Jeu de la Mort qui n’avait pas soulevé mon enthousiasme, fin,  pétillant, un brin snob (très snob). J’avais trouvé l’énigme si tenue que ne ne m’étais pas laissée prendre au Jeu. Grand plaisir cependant que de croiser toute l’élite intellectuelle qui gravitait autour de Wilde : Conan Doyle, Stoker…

Oscar Wilde et le Mystère de Reading est d’une autre veine, surtout le sujet est tragique. Reading est la prison où l’auteur a été incarcéré deux ans pour homosexualité. L’auteur y décrit les conditions de détention à l’époque victorienne à: l’isolement en  système « séparé » sans aucun contact avec les autres prisonniers. Il décrit aussi l’exécution par pendaison. Wilde est reconnu comme auteur à succès par les directeurs de prison, le chirurgien qui l’admirent mais il est la victime des gardiens Braddle (une véritable dynastie) avec tous les préjugés de l’homophobie. Ce témoignage, seul justifierait la lecture. Bien sûr, la personnalité de Wilde, l’érudition de l’auteur enrichit le récit, avec même les citations poétiques ou shakespeariennes que tout angliciste apprécie.

Mais ce n’est pas tout! Le Mystère de Reading est un vrai polar avec deux meurtres, une véritable énigme, des rebondissements, des personnages secondaires exotiques bien campés. J’ai pris beaucoup de plaisir et je l’ai lu d’un trait.