La Péninsule de Mizen Head

CARNET IRLANDAIS

Les roches plissées de Mizen Head
Les roches plissées de Mizen Head

La dame du Musée de Skibbereen nous a conseillé d’attendre le beau temps pour 15aller à  Mizen Head. « dans le brouillard vus ne verrez rien ! »

Elle nous recommande plutôt deux villages sur la route Ballydehob et Schull, deux villages-rues aux boutiques et pubs colorés et vitrines gaies.

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Deux curiosités à Ballydehob : un pont ferroviaire à 12 arches enjambant la rivière et la statue d’un boxeur à l’entrée du village. Vite vus ! Le village est sympathique, nous sommes très bien accueillie par le monsieur du Charity Shop (boutique d’occasion, vêtements, livres DVD, vaisselle…) J’achète 4 timbres à la Poste qui ressemble plutôt à un magasin où je pourrais même faire l’emplette de chaussettes de laine de très belle qualité.

Schull a un petit port d’où partent les excursions pour le phare de Fastnet, plus de restaurants et de boutiques touristiques. Les vêtements sont de très belle qualité (très chères aussi). Nous achetons un pique-nique au supermarché.

Pique-nique

Difficile comme toujours de trouver le coin-pique-nique idéal avec une place pour la voiture, une belle vue sur la mer. Par des routes étroites qui tortillent nous nous installons au bord d’un estuaire à marée basse. Dans une flaque, des mouettes prennent des bains puis font des moulinets énergiques de leurs ailes. Je n’avais jamais observé ce manège. Steak and kidney pie : menu peu adapté au pique-nique. Il faudrait une assiette et des couverts. La salade de lentilles est un meilleur choix.

le pont de Mizen Head
le pont de Mizen Head

La route longe la péninsule de Mizen Head dans un paysage de rocaille et de lande, végétation rase, fougères et bruyères. On passe sans les voir Goleen et Crookhaven. A nos pieds nous découvrons les belles plages de sable. Celle de Barley Cove est immense, traversée par un ruisseau qui forme une petite lagune. Malheureusement un village de vacances aux maisons toutes identiques n’améliore pas le paysage.

A notre arrivée au Centre d’Interprétation de Mizen Head le brouillard revient. Ce centre est intéressant. La géologie de la Pointe est expliquée par des vitrines qui mntrent la sédimentation à l’ère primaire, le plissement lors de l’orogénèse hercynienne, l’érosion au Trias puis à l’Holocène et les glaciations. A l’étage on montre le fonctionnement d’un phare.

Je fais la course avec le brouillard espérant quand même une vue spectaculaire. Le Guide Vert promettait des frissons sur la passerelle par gros temps, 45m au dessus des vagues… Le parcours est très sécurisé : le sentier est cimenté, très facile, des grillages à hauteur d’homme me donnent l’impression d’être prisonnière. Trop de sécurité tue l’aventurer et la poésie. Les plissements spectaculaires, les arches brisées, le rugissement des vagues et l’écume offrent tout de même un spectacle de choix.

Dès que je retourne à la voiture, la brume se lève et le soleil brille.

la brume se lève sur Three Castle
la brume se lève sur Three Castle Head

Sous un très bel éclairage et le ciel bleu nous traversons une campagne très verte quadrillée de murettes. Dans les prés, les moutons tondus de frais portent des marques rose violine. Une vieille maison de pierre rappelle les chaumières représentées au musée de la Famine. Des routes très étroites encadrées de murettes nous conduisent à l’autre pointe de la péninsule : Three Castle Head sauvage, intouchée, spectaculaire sous le soleil.

Dernier arrêt à la plage de Barley Cove

la plage de Barley Cove et son ponton flottant
la plage de Barley Cove et son ponton flottant

Je marche pieds nus sur le chemin de planche qui traverse la dune et la lagune sur un pont flottant. Drapeau rouge, pas de baignade mais les promeneurs, pieds dans l’eau sont nombreux.

 

 

 

 

 

Parc National du Connemara – Letterfrack – Clifden

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Le Parc est situé à Letterfrack sur la Wild Atlantic Way à une quinzaine de km au nord de Clifden.  Le Centre des Visituers est installé dans une belle maison blanche. On y est très bien accueilli. A l’étage il y a une exposition. Une petite salle obscure avec des vitrines éclairée raconte 10.000ans d’histoire du Connemara : de la fin de la dernière glaciation lorsqu’une végétation rase de prairie portait seulement des buissons de genévriers et de saules nains(analogue à ce que nous avons vu au Quebec en montagne). Il y a 7000ans, la forêt de chênes et de pins couvrait le Connemara ainsi que les houx et les bouleaux. L’Homme est arrivé il y a 5000ans au Néolithique. Avec lui, le début des cultures de céréales et l’élevage. Il y a 2500ans, la tourbière a remplacé la forêt. Deux hypothèses expliqueraient la formation de la tourbière. Selon certains spécialistes son origine serait anthropique, les hommes auraient brûlé la forêt, la production d’une grande quantité de charbon aurait imperméabilisé le sol et empêché son drainage. L’autr.e cause serait climatique : la pluviosité en Irlande est telle qu’elle excède largement l’évaporation. (il tombe en moyenne 1650mm d’eau et ne s’en évapore que 550mm). Cet excédent et les conditions anoxiques forment un milieu très acide contribuant à la formation de la tourbe.

Dans une salle du musée consacrée à la tourbière, on a construit une haute colonne figurant une coupe stratigraphique de 10.000ans. la conservation des pollens permet d’établir avec certitude les environnements végétaux. En plus de ces expositions, un audiovisuel de 17 minutes présente le parc.Belles images. Ce qui m’a étonnée c’est d’apprendre que les rhododendrons sont considérés comme  invasifs et nuisibles pour la biodiversité. Trop touffus, ils ne laissent pas les autres végétaux se développer. On les « élimine » dans le Parc.

A 11h, j’ai la chance de participer à une promenade guidée. Carol, la guide, munie d’un bâton de marche, harnachée avec des guêtres, observe avec sévérité nos chaussures. « Nous allons dans des endroits très humides, vous allez être trempés ! « . Elle décourage deux jeunes couples qui feront la promenade du Mount Diamond(445m) qui est gravillonnée.. Les Allemands protestent. Ils ont du rechange dans la voiture. Je proteste : mes Columbia toutes neuves ont du Gortex ! Trop basses !

Première pause à l’aplomb du village : histoire de Letterfrack : Des Quakers anglais, James et Mary Ellis s’installèrent en 1849 pour aider les Irlandais frappés par la Famine.Ils louèrent 1000 acres de terre qu’ils bonifièrent, plantèrent des arbres, construisirent une école, un Tempérance hôtel. Depuis, le village est connu comme « village Quaker » alors que tous sont catholiques et qu’il n’y a plus de quakers. Aujourd’hui, Letterfrack abrite une antenne de l’Université de Galway, on y enseigne le design des meubles, l’ébénisterie. Un bâtiment est consacré à la restauration de meubles anciens des chantiers plus importants sont aussi exécutés . Letterfrack s’enorgueillit de sa radio locale, importante pour les personnes isolées dans la campagne.

Après avoir traversé une prairie bien mouillée (il vient de pleuvoir) deux cerfs se détachent sur l’arête d’une colline. Jolie apparition, assez rare selon la guide. Ce n’est qu’à la période du brame qu’ils se rapprochent du parking.   Carol nous montre les fleurs de la prairie : les Casse-lunettes (Euphrasia officinalis pratensis) dont on faisait bouillir els racines pour soulager la conjonctivite. Il y a plusieurs espèces d’orchidées et plusieurs espèces de bruyères : la « crossleaved heath » Erica tetralix en français Bruyère tétragone ou bruyère des marais, est l’emblème du parc. Certaines plantes font partie de la flore lusitanienne, endémiques au Portugal et en Espagne Atlantique. Une plante m’a étonnée Bog Asphodel(narthecium ossifragum) n’a rien en commun avec les asphodèles que je connais, c’est un e petite plante de 10 à 15 cm aux fleurs jaunes étoilées. Les Linaigrettes sont nommées  Bog Cotton . Carol leur a cherché une utilité : la seule qu’elle a trouvée est de servir de bourre pour des boutons.

Dans un endroit encore plus humide, nous trouvons les plantes carnivores Drosera intermedia  Sundew qui pallie la pauvreté en nutriments de la tourbière en piégeant les insectes. La plante la plus importante, celle qui va  être transformée en tourbe, c’est la sphaigne. Carol en saisit une poignée, l’essore, une énorme quantité sort, et il en reste ! Il en existe différentes espèces. Ces sphaignes furent utilisées comme pansement pour les blessés, leurs propriétés antibiotiques prévenaient les infections. Les Indiens d’Amériques les utilisaient comme couche pour les bébés.

Plus loin dans la montagne, on voit des carrés plus verts et des tas de pierre. Là vivaient des gens avant la Famine. Les villages abandonnés se remarquent à peine. A nos pieds, des blocs de granite recouverts de lichens parmi les fougères : une tombe préhistorique. Quand Carol nous la montre, je reconnais bien les deux blocs levés comme à l’entrée d’un dolmen. La grosse dalle du toit a glissé. Ce devait être la tombe d’un homme important, dit-elle.

De retour dans le milieu humide, Carl nous parle de l’exploitation de la tourbe , combustible traditionnel pour le chauffage mais aussi pour la cuisson des aliments. Il existe même une centrale électrique fonctionnant à la tourbe. Autrefois, on creusait à la pelle. Il fallait déblayer la végétation, puis creuser en découpant des briques de tourbe. Aujourd’hui, des machines débitent des sortes de « saucisses ». le travail n’est pas terminé avec la découpe. Il y a le séchage au soleil, dans un  pays où il pleut autant. La tourbe contient énormément d’eau qu’il faut éliminer. Il faut retourner, mettre debout les briques et enfin les rassembler en tas. D’après ce que j’ai compris, les gens obtiennent une concession pour aller creuser, on en confie une pour 6. La tourbe réserve parfois des surprises : les objets sont très bien conservés dans ce milieu anoxique où la décomposition ne s’opère pas. On a retrouvé des cadavres en parfait état ; de l’état manucuré des mains, on a pu déduire  que l’homme retrouvé était le fils d’un noble assassiné. Telle jeune fille morte il y a des siècles a été retrouvée avec ses cheveux, mais éviscérée : mort étrange qui pourrait inspirer des romans policiers.

On a également retrouvé des mottes de beurre. La tourbière fut utilisée comme réfrigérateur. Le beurre était conservé dans un sac, puis oublié, il pouvait se conserver éternellement. Il s’imprègne malgré tout de l’odeur de la tourbe.

Ce soir, une conférence a pour sujet La boue, les fossiles et les pollens. J’aurais bien aimé l’écouter si nous avions été logées à proximité.

Pour piqueniquer nous retournons à la petite route au dessus de Ballybakill harbour, la vue est merveilleuse.

Letterfrack a aussi organisé un parcours poétique au départ du Centre des visiteurs. Le sentier descend dans le bois profond, passe une chapelle, un petit pont, sur un panneau, un poème qui me plait bien. Le sentier serpente dans le bois et revient au bassin et à la cascade. Il sort du domaine pour rejoindre le cimetière des enfants : sur la pelouse des cœurs en marbre noir poli, un prénom, 12ans, 13 ans, 14 ans au plus< ; Dans le bâtiment du Centre des Visiteurs, il y avait autrefois une école réputée très sévère, les enfants sont morts pendant leur scolarité.

La suite de la promenade se fait dans le village mais je découvre une série de maisonnettes de teintes pastels. Au rebord es fenêtres, des corbeilles de fleurette bleue, bégonias rouge orangé. Les poèmes sont introuvables, je m’arrête là.

Nous sommes à Clifden depuis 6 jours et nous n’avons pas encore visité son musée. Il est temps de réparer cet lacune ! La Musée est installé dans l’ancienne gare (avec un hôtel et un restaurant). A la place des noms de rue, on a conservé les plaques des quais. Les rails courent encore sur la chaussée . Pour renforcer l’illusion, l’odeur de la tourbe ressemble à celle des anciennes gares du temps des locomotives à vapeur.

Joli cadre, mais exposition sans intérêt sauf si on est passionné de chevaux. Le rez de chaussée est consacré au Poneys du Connemara.  Palmarès de récompenses, rosettes, diplômes décernés aux éleveurs, ne m’intéressent nullement. En mezzanine une petite histoire de Clifden. Fondée en 1812 par John d’Arcy dont nous avons vu le château. L’arrivée du train à la fin du 19ème siècle devait favoriser le développement de la « capitale du Connemara » avec l’essor du tourisme. Des paysans l’empruntèrent pour leur départ vers l’Amérique. Quelques objets rappellent cette époque : une balance pour peser la laine, une machine à écrire…rien de passionnant.

Derrimlagh :

Retour pour terminer la promenade sur les lieux de la Station Radio de Marconi. Je marche sur une vraie route goudronnée puis par des chemins de cailloutis dans une tourbière exploitée actuellement, un peu plus de 5 km sous un ciel menaçant, d’un bon pas. « Archéologie » du début du 20ème siècle. Des bâtiments, il ne reste que de vagues fondations (un peu comme dans les ruines antiques de Crète). Sur des socles artistiquement rouillés (ils sont neufs) on a planté des explications, des photos anciennes : ici, le condensateur qui vibrait avec un bruit infernal, là la centrale électrique fonctionnant à la tourbe, là le bungalow du contremaître… Au début, c’est amusant, ensuite je passe rapidement (il pleut) devant l’étang où les employés pêchaient la truite. Parcours plus sportif que culturel ! Quelques jours plus tard, je verrai à la télévision l’inauguration de cette attraction qui vient tout juste d’être réalisée.

Après dîner j’ai le projet d’aller au Pub. Tous les restaurants, tous les pubs de Clifden affichent de la musique live. Lequel choisir ? Tous sont peints de couleurs vives et avenantes. Je ne connais rien à la musique celtique (que je préfèrerais) ni au rock irlandais. Le « Griffins » en bas de chez nous peint en bleu me semble plus attirant. Nous garons la voiture devant. Les autres font plus « restaurant pour touristes » avec leurs menus en français, ou trop chic comme celui d’en face. A neuf heures je descend vêtue de mon Sweatshirt neuf  habillée « pour sortir ». Déception, la salle est  presque vide. Seules deux tables sont occupées. L’une par une famille française  avec deux petites filles sirotant un coca avec une paille. L’autre avec des touristes regardant les photos prises pendant la journée. Deux échalas coiffés de stetson sont perchés sur les tabourets du bar, ils grattent une guitare sans conviction sur des airs du farwest. Je m’assieds seule à une troisième table. Personne ne vient prendre la commande, il aurait peut être fallu que j’aille au bar me servir… Dans cette ambiance morose, je ramasse mon sac et me tire. Je suis venue trop tôt, sans doute, et pas le bon jour, ni à la bonne adresse…piège à touristes.

 

Dear old Skibbereen et Lough Hyne

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lough hyne
Lough Hyne tel que nous aurions aimé le voir!

Réveil sous la tempête, pluie battante, les arbres se secouent à grand bruit. Les gouttes tambourinent sur le vasistas du puits de lumière de la cuisine. Que faire sous la pluie ? Le musée de Skibbereen n’ouvre qu’à 10h.

Lough Hyne

On essaie de faire en voiture le tour de Lough Hyne. Une petite route dans la forêt et les fougères descend sur les rapides qui font communiquer Lough Hyme avec l’océan. De l’autre côté la route s’arrête devant une propriété privée. Lough Hyne, tant vanté par nos guide n’est que partiellement accessible. Encore une fois je me félicite de la Loi Littoral en France qui garantie l’accès aux sentiers côtiers.

Skibbereen

Un marché s’est installé sur le parking de Skibbereen. Des maraîchers bio proposent carottes, choux et betteraves ainsi que des pommes de terre rondes. D’autres vendent dees produits laitiers. Sympa la « station-service » des produits d’entretien : dans un panier des bouteilles d’eau minérales vides serviront de contenant pour les produits d’entretien écologiques, le vinaigre de malt…on remplit soi-même. Derrière le parking l’église a deux cours carrées. Il y a une autre église dans la grande rue et une troisième occupée maintenant par un restaurant.

Au musée de Skibbereen, trois départements : l’un d’eux est consacré à Lough Hyne, le second à la Famine, le troisième à la généalogie. L’hôtesse de la caisse nous branche l’audiovisuel en français. Il raconte la recherche scientifique autour de Lough Hyne, présentant ceux qui se sont consacré à l’étude de ce lac salé très particulier relié à la mer par un étroit chenal « les rapides ». on ne sait pas ce qui a permis cette relation, un mouvement tectonique ou les glaciations. Le courant des rapides induit un curieux phénomène : les marées asymétriques. La marée montante dure 4 heures descendante 8h. Dans ces eau claires plus chaudes que celles de l’océan vivent des organismes tropicaux : cnidaires, éponges…malheureusement la vidéo n’est pas très bavarde sur ce sujet. En revanche elle raconte des légendes locales comme l’histoire Finen O’Driscoll  (1630) qui finit ses jours dans le château sur une île du Lough. Et la légende du roi Labhra O’Loinseagh qui avait des oreilles d’âne et qui fait exécuter les coiffeurs au courant de son secret. L’un d’eux le confia à un roseau qui devint pipeau et qui le divulgua à toute la forêt. Je connaissais cette histoire, mais c’était un roi grec Midas.

La Famine 1845-1856

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Elle fut causée par une maladie de la pomme de terre Phytophtora infestans (le Mildiou) qui fut détectée en Irlande en 1845 causant dans le seul district de Skibbereen la mort ou l’émigration de 105 000 habitants. A la famine se conjuguèrent les maladies : typhus ou dysenterie. La population irlandaise était devenue totalement dépendante de la culture des pommes de terre. Une famille de 6 enfants en mangeait 25kg par jour. On en nourrissait aussi les animaux . Un homme pouvaiat en manger 6.4kg p       ar jour. Non seulement les gens mourraient de faim mais ils étaient incapables de rembourser leurs dettes après les mauvaises récoltes. Ils étaient expulsés de leurs chaumières dont on brûlait les tits pour qu’il ne puisse pas revenir. La chanson Dear Old Skibbereen

qu’on peut écouter est très émouvante.

O, Father dear, I oft times here, you speak of Erin’s Isle,
Her lofty scenes, her valleys green, her mountains rude and wild
They say it tis a lovely place, wherein in a saint might dwell,
so why did you abandon it, the reason to me tell?

Oh son I loved my native land, with energy and pride
‘Til a blight came over on my prats, my sheep and cattle died,
The rent and taxes were so high, I could not them redeem,
And that’s the cruel reason why, I left old Skibbereen.

Oh, It’s well I do remember, that bleak December day,
The landlord and the sheriff came, to drive us all away
They set my roof on fire, with their cursed English spleen
And that’s another reason why, I left old Skibbereen.

Your mother too, God rest her soul, fell on the snowy ground,
She fainted in her anguish, seeing the desolation all round.
She never rose, but passed away, from life to immortal dream,
She found a quiet grave, my boy, in dear old Skibbereen.

And you were only two years old, and feeble was your frame,
I could not leave you with your friends, you bore your father’s name,
I wrapped you in my cota mior, in the dead of night unseen
I heaved a sigh, and said goodbye, to dear old Skibbereen

O’ father dear, the day will come, when answer to the call
all Irish men of Freedom Stern, will rally one and all
I’ll be the man to lead the band, beneath the flag of green
loud and clear, we’ll raise a cheer , remember Skibbereen

DSCN7042 - CopieDes panneaux très fournis illustrent par des gravures ou des fac-similés de journaux d’époque, des documents  audiovisuels. Comment remédier à cette situation dramatique ? La Poor lawddont j’avais entendu parler dans la biographie de Florence Nightingale par Sinoué, n‘est pas comparable à la Sécurité sociale ; elle évitait seulement que les gens ne meurent pas de faim sur les bords des routes. Des workshops devaient occuper les chômeurs. La soupe populaire nourrissait plusieurs millier d’affamés (8600 à Skibberen). Des campagnes de dons furent organisées. En tête de liste des donateurs les plus généreux, la Reine Victoria mais – je le découvre avec amusement le diocèse de Strasbourg et le Sultan turc Abdelmecid.

La société irlandaise fut bouleversée après la Famine et l’émigration vers l’Amérique. Les petites fermes et les cultures disparurent avec pour conséquence l’augmentation de l’élevage.

Phoques, dauphins, fous et baleines….

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9heures , les deux petits catamarans Voyager et Liscannor attendent que le ferry de Cape Clear appareille pour embarquer. Un couple de Suédois arrive, vêtu de ciré des pieds à la tête,  bonnets de jacquard scandinave, mitaines et  bottes en caoutchouc. La dame me propose des chaussettes en voyant mes pieds nus dans les sandales. N’ayant pas envie de les porter « à l’allemande » je décline son offre. Question mode allemande, les autres passagers sont justement un groupe de randonneurs allemands en magnifiques chaussures à hautes tiges, pantalons souples et parkas.

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Nick fait l’appel des passagers, accueille chacun chaleureusement et les répartit dans les deux embarcations. Il faut revêtir des gilets de sauvetage avec harnais et baudrier. En attendant le départ, deux phoques font leur apparition. On les appelle familièrement George. Ils suivent les bateaux des pêcheurs sachant qu’ils jettent du poisson par-dessus bord.

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Tout d’abord, discours de Nick en deux points : premier point, sécurité. Si quelque’un tombe à l’eau, lancer la bouée de secours appeler et ne pas quitter l’homme des yeux en pointant du doigt sa direction. En cas de naufrage les gilets se gonflent automatiquement si on tirer la petite boule (comme dans les avions).

 

Deuxième point : les animaux. Nous ne sommes pas dans un parc d’attraction. Les mammifères marins se montreront, ou non. Dans les régions où ils s’accouplent, ils se rassemblent, la densité et forte, dans les régions où ils recherchent leur nourriture (c’est le cas) ils sont peu nombreux,  répartis sur une surface très vaste. Ce sont des animaux sauvages qui vont où bon leur semble.

Le ciel s’est couvert. Le temps est brumeux mais sec. Il fait très frais sur le bateau. A l’arrière  la cabine fait écran au vent. Nous passons à l’avant en s’accrochant au bastingage, avec l’impression de mieux observer. Réflexion idiote, rien ne dit que les animaux n’arriverons pas par derrière.

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Les joies de la navigation suffisent au début. Le port de Baltimore s’éloigne, nous passons entre le Beacon et l’île Sherkin. On se rend compte qu’on est en haute mer quand le catamaran bouge beaucoup. On dirait même qu’il laboure une terre offrant de la résistance. La surface apparaît presque noire, les creux sont variables. Parfois l’eau tape d’un gros coup sous nos pieds (Nick nous avait prévu dans son discours).Selon lui, la visibilité pour observer les animaux n’est que de 80 mètres : l’eau grise a la même teinte que le dos des baleines. Pour les trouver dans la vastitude de l’océan, les oiseaux donneront des indices.Comme les mammifères, ils pêchent –leur activité est signe d’abondance de poisson.

La brume se déchire. L’eau devient bleue. Brandon, le capitaine  du Liscannor – revient vers nous. Tous les passagers sont massés à l’avant et prennent des photos. La jeune Américaine pousse un hurlement « O my God ! »Les dauphins accompagnent le catamaran bleu. Ils bondissent tout près. Ils ont l’air de surgir du creux dessous la coque . Deux, trois, ils doivent être beaucoup plus nombreux. Gracieux, bondissants, joyeux, leur animation est communicative. Chaque apparition tire de notre part des acclamations, comme au feu d’artifice ou comme à Guignol (il n’y a que des adultes sur le bateau et ils ont dépassé la soixantaine sauf le jeune couple américain).Ils sont  proches de nous.  Une mère est accompagnée de son petit qui reste au contact. Après quelques minutes, l’observation devient plus facile. On distingue dans l’eau cristalline leur ventre blanc, les taches. On essaie de les filmer ; impossible de les photographier, ils sont trop rapides. Ils nous accompagnent, puis nous abandonnent. Brandon et le Liscannor s’éloignent. Le Voyager continue son labour dans les creux. Le voyage se prolonge. Il est près de 11heures, je croyais qu’on avait pris une croisière de 2h, nous sommes loin de Baltimore. Nick nous avait parlé de « a cup of tea » sur l’île de Cape Clear. Je lui demande l’heure de retour : 2 pm  – ce sera plus cher que prévu.

« Whales ! » hurle Nick qui arrête le bateau. Le Liscannor arrive droit sur nous. On croit deviner le dos d’une baleine(avec les yeux de la foi). Peut être sortira-t-elle ou nous montrera-t-elle sa queue ? Rien ne se passe ; les passagers du Liscannor regardent dans une autre direction. Il y aurait une deuxième baleine ? Tout aussi discrète que la nôtre. Nick s’inquiète « est-ce que tout le monde est OK ? Il peut arriver que certains soient malades quand le bateau s’immobilise. Brandon remonte à plusieurs reprises un seau pour lessiver l’arrière de son catamaran bleu. Au bout d’un quart d’heure, on se lasse. La baleine ne donne plus aucun signe de sa présence. Le ciel s’est couvert sans qu’on n’y prenne garde. La mer est grise comme la baleine. L’île de Cape Clear est noyée dans le brouillard, on ne voit que la frange des vagues qui viennent battre la falaise. En longeant sa côte on peut distinguer les petits champs cultivés et les maisons dans les creux. Les cormorans nous amusent avec leur silhouette bizarre, leu grand cou sinueux et leurs ailes étalées. Plus loin, je crois voir des cormorans alignés, ce sont les dauphins qui ont prévu une chorégraphie d’accueil à Cape Clear. Ils sont nombreux. Les oiseaux continuent le ballet : petits trapus à la tête noire : puffins ou guillemots.

Cape  clear dans le brouillard
Cape
clear dans le brouillard

Dans la brume, le port de Cape Clear est irréel avec  ses maisons colorées sur la pente. Deux ferries orange se succèdent. Le port est minuscule. Dans la rade : deux vieux bateaux de pêche à la coque peinte en rouge. Un peu plus loin, un curieux monument une jeune fille est à genoux en corsage bleu, jupe bleu marine, voile bleu et blanc devant la Vierge habille de blanc, mains joints ; Dédoublement de la Vierge ? Ce monument naïf fait sourire mais on comprend la religiosité des gens de mer surtout sur cette île désolée.

Cape Clear est un bastion pour la langue gaélique qu’on enseigne ici. Les festivals de musique celtique et de contes irlandais animent l’île en saison.

Le minuscule restaurant fait aussi fonction d’épicerie, de dépôt de journaux, de bureau de tabac…Deux jeune filles e demandent le prénom en prenant la commande puis la serveuse appelle le destinataire du plat qui se fera connaître. Je choisi une soupe de légumes (pommes de terre, carottes, poivron rouge)moulinée 4€, servie très chaude dans un bol accompagnée de deux épaisses tranches de pain brun délicieux et de deux petites plaquettes de beurre. C’est délicieux et cela tient au corps. Au menu également des filets de poisson frit avec des pommes de terres frites, des spaghetti au saumon et épinards, chouwder (soupe de poisson) apple-pie et scones avec l’inévitable cup-of-tea pour ceux qui ne veulent pas déjeuner.

Sur la route du retour, un curieux phénomène : de l’eau semble s’élever en fontaines verticales. Une baleine ? Pas du tout ! Ces jets sont les éclaboussures provoquées par le plongeon des Fous de Bassan qui se laissent tomber le bec en avant, les ailes écartées du corps à la verticale en soulevant l’écume. Ils déclenchent les mêmes « O my God ! » de l’Américaine et diverses exclamations germaniques. Ces fous sont vraiment de gros oiseaux spectaculaires.

Cape Clear
Cape Clear

En se rapprochant des rochers on s’exclame « des phoques ! ». Les grosses masses rebondies sont posées sur les rochers. Comment se sont ils hissés si hauts ? – sans doute à marée haute – D’’autres agent à proximité tranquillement. Le bateau ne semble pas les impressionner.

Le brouillard était déjà pénétrant,  maintenant la pluie tombe dru. Je me réfugie dans la cabine. J’en profite pour me faire expliquer par Nick les instruments de navigation : l’écran où le symbole du bateau se déplace entre les îles et les roches (comme le GPS) le gros compas sphérique dans son liquide. Nick rectifie la direction. Dans le brouillard il est attentif aux images de l’écran.

A Baltimore, la pluie a cessé et je vais prendre un café pour la Wifi. Nous rentrons au gite passé 3h. Douche et shampooing  pour se réchauffer ?

 

 

 

 

 

les environs de Baltimore : Lough Hyne – Tragumna

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Lough Hyne

Ce lac a la particularité d’être salé et de contenir une faune étonnante d’anémones de mer et d’oursins tropicaux. C’est une réserve étudiée par les scientifiques depuis le 19ème siècle.

Encaissé dans une forêt de feuillus – très beaux hêtres – et conifères.

A la sortie du gîte je prends la petite route balisée N°2 à l’intention des cyclistes (deux VTT sont à notre disposition au gîte mais ils sont grands et lourds et les pentes sont raides, je n’imagine pas les grimper sans entrainement préalable). Elle s’élève à flanc de colline dans des prairies à vaches où sont dispersées des fermes. De très belles vues s’étendent sur les falaises et la mer. J’en viens à douter de l’itinéraire. Deux jeunes à bord d’une auto rouge me confirment que j’arriverai bien au lac « mais c’est loin ». Enfin une boucle en descente arrive à des maisons. Le lac brille au loin. A une fourchette je doute. La route s’engage alors en sous-bois très touffu. Le lac est à mes pieds, une dizaine de mètres plus bas – inaccessible – Retour au bercail après une heure et demie d’une très belle promenade

Tregumna

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Tregumna au bord de l’eau n’est pas répertoriée dans les guides et dépliants. Sur la carte elle semble très proche 7km dit Madame  GPS – qui connait – 20 minutes selon elle, par des chemins creux bordés de fuchsias en montagnes russes. Impossible de croiser un autre véhicule ! A l’aller on ne rencontre personne, au retour vers 17h30 il faut faire assaut de politesse. La règle « priorité au véhicule montant » ne s’applique pas. C’est celle – également écossaise – du passing place qu’on utilisera. Le véhicule le plus proche d’un endroit élargi, recule. Les locaux connaissent les emplacements,   pour nous c’est moins évident. Le problème survient quand se présente un 4×4 vraiment large ou une camionnette. A très petite vitesse, nous atteignons Tregumna qui a une très petite plage de sable surveillée par deux maîtres-nageuses avec des drapeaux jaune/rouge qui permettent la baignade (pas de drapeau vert comme chez nous). Un peu plus loin, sous des maisons de vacances il y a une autre crique (accès délicat) où il n’y a personne. La route continue en corniche (coupant le cap de Toe Head – jusqu’à Castletownhend. Nous admirons, les falaises les îlots, arrivons sur une grande plage où – enfin je me déchausse pour un premier bain de pieds en pensant par moi-même que c’était plus agréable au Sénégal !

Au B&B proche du gîte, le jardin Rosewood est ouvert à la visite (payante). Il est ravissant avec sse petites serres fleuries, ses tables pour le thé et ses allées bordées de buis. Il n’y a personne. Un chien aboie à l’intérieur de la maison et on n’ose pas poursuivre la visite.

Alors qu’on se préparait à diner d’eggs and bacon – bacon artisanal pas rose vif comme chez nous plutôt beige avec une jolie bordure de gras et de pain au raisins , il me revient que nous avons oublié de payer le péage de M50, le périphérique de Dublin. Il ne nous reste que 30 minutes pour nous acquitter de ce devoir à la payzone la plus proche. Retour dare dare à Skibbereen. J’entre dans un pub, tout le monde paie par téléphone sur eflow (mais il n’y a pas de wifi au gite) à la station service il y a une payzone. 7h55, à 5 minutes près je m’acquitte de la grosse somme de 3€10. Mission accomplie à temps !

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Baltimore – le Beacon – le château et son histoire

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La brume, au réveil, n’incite pas à se lever tôt. A 8 heures nous sommes déjà impatientes de découvrir le village distant de 6km. La petite route de campagne passe devant des cottages, tous différents, tous fleuris. Le plus grand, le plus pittoresque, est une belle maison de pierre précédée d’une entrée de trois chevrons d’ardoise soulignés de tuiles, deux hortensias et un chien de pierre.

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Un gros buisson de roses à l’entrée d’un chemin d’herbe nous invite à une pause-photos. A l’arrière, la mer, lisse comme un miroir s’insinue dans la terre, baie étroite ou langue de mer entre continent et îles ? Un bateau de bois renversé. Plus loin, le bâtiment blanc des secours en mer.

Baltimore compte deux cents habitants permanents mais de nombreux vacanciers. Seuls les pubs et restaurants ont des façades colorées et soignées. Les maisons de vacances sont cachées dans des jardins fleuries.

Un départ se prépare pour une excursion dauphins et baleines. La météo est idéale (ciel voilé, très bonne visibilité). Les deux catamarans sont complets. Pour le week -end les prévisions sont mauvaises. Je nous inscris donc pour demain sans demander ni le prix ni la durée de l’expédition.

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Après la marina, dans une baie toute calme avec quelques barques est limitée par un petit cap boisé desservi par une route étroite « cul de sac »(en français dans le texte). De chaque côté des roses (rosa canina) embaument. Le chèvrefeuille grimpe aux branches des arbres. Les fuchsias rouge semblent sauvages. Les maisons luxueuses sont tapies derrière les massifs fleuris. Chacune possède un accès à la mer. C’est un endroit splendide – pour privilégiés.

La route de Beacon part de la petite baie., dépasse un groupe de maisons plus traditionnelles toujours aussi fleuries. Devant l’une d’elle un artichaut a des dimensions impressionnantes. La route s’élève ensuite dans la colline entre fougères-aigles et bruyère. L es prairies sont remplacées par de la lande. Je remarque le curieux manège d’une grive qui tient dans soon bec une boule que je prends pour une graine de la taille d’un gland. Elle la lâche, puis la reprend. Elle sautille sur la chaussée en lançant la boule qui tombe sur le bitume, la reprend, la relance à nouveau. Quand l’objet se brise je découvre qu’il s’agissait d’un escargot dont elle cassait la coquille.

Le Beacon

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Le Beacon est une construction curieuse dont j’avais vu l’image sur les murs de l’aéroport de Dublin ; Il ressemble à une fusée blanche. C’est un amer – repère pour les marins – répertoriés dès 1788 – marquant la passe entre l’île de Sherkin et Baltimore. En mer flotte une énorme bouée verte. Après une courte montée sur un chemin escarpé, je découvre la mer ouverte beaucoup plus agitée qu’autour du village, les hautes falaises battues par les vagues. Le schiste se détache par plaques lisses et brillantes donnant une surface nette et brillante, une découpe précise. Les passants  sont nombreux, souvent promenant des chiens.

Le Centre-ville de Baltimore

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Le centre du village se résume à une place au dessus du port avec 4 ou 5 pubs, un minuscule supermarché, deux restaurants chics  « chez Jaouen » et un hôtel « la jolie brise » (en français dans le texte) et une rue au pied du château de O’Driscoll avec encore 4 pubs. Le bleu a pour enseigne « Algiers Inn » en souvenir du sac de Baltimore en 1631. Dans le livret sur Baltimore que Liam a laissé au gîte se trouve le poème de Thomas Davis 1844.

Dun na Sead

Le château a été réhabilité en 1977. Depuis que les troupes de Cromwell ont installé une garnison il est tombé en ruine. C’est un haut bâtiment rectangulaire perché sur un rocher Il a été meublé, un perroquet gris dans sa cage donne une touche d’originalité ? de nombreux panneau racontent l’histoire du château. Pendant près de 800 ans, il fut aux mains de deux familles O’Driscoll et Mac Carthy .

Dun na Sead fut bâti en 1215. L’Irlande était dominée par les clans qui élisaient leurs chefs. Munster (ma partie Sud Ouest de l’île) était sous le contrôle des O‘Brien et des Mac Carthy. En 1166, Dermott Mac Murrough – roi de Leinster – banni de son royaume demanda l’aide de Henry II d’Angleterre qui avait étendu son pouvoir sur le Pays de Galles et qui avait des plans pour la conquête de l’île. En 1169, les Normands arrivent en Irlande. Par la suite, ils adoptèrent les coutumes celtiques et modifièrent leurs noms. En 1261, la bataille de Callan empêcha la destruction du système des clans sur Munster.

L’histoire de Baltimore fut marquée par les actes de piraterie du clan O’Dricoll et leur rivalité avec les hommes de Waterford.

1368, raid des O’Driscoll sur Waterford,

1413 les hommes de Waterford firent prisonnier toute la famille O’Driscoll,

1537 arraisonnement d’un navire portugais apportant du vin à Waterford.

Les O’Driscoll furent d’abord les alliés des Espagnols avant d’obtenir le pardon d’Elisabeth en ravitaillant les navires anglais.

1613 installation des colons anglais provenant de Cornouailles

1637 Le sac de Baltimore fut mené par le pirate hollandais Jan Jensen, converti à l’Islam sous le nom de Murat Reis. Il  avait auparavant razzié en Islande 400 prisonniers. 107 habitants de Baltimore furent emmenés en esclavage à Alger.

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arrivée au gîte de Baltimore

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Baltimore vu de la terrasse du gîte
Baltimore vu de la terrasse du gîte

L’autoroute traverse des prairies  vertes occupées par des vaches souvent noires et blanches dans un bocage vallonné. Les nuages passent. De temps en temps, une éclaircie ravive les couleurs. Nous contournons Cork sans la voir, sur une rocade.

Clonakilty : halte pour voir la mer. Marée basse, l’estran est couvert d’algues, la mer a déserté. Entre Castelfreke et Leap, une flèche « strand » conduit plutôt à un golf qu’à la plage de sable . Il y a beaucoup plus de monde au golf qu’à la plage. Deux fillettes en combinaison de surf construisent un château de sable. Je ne me déchausse même pas. On est pourtant en Juillet !

Plage près de Leap
Plage près de Leap

Skibbereen  est une petite ville animée (2500ha) avec des maisons colorées, des pubs dans la rue principale et une couronne de supermarchés en périphérie. Pour arriver au gîte il faut dépasser le golf prendre Lough Hyne, après le lac au B&B tourner à gauche…On loupe la route et on se retrouve à Baltimore. Deuxième tentative, tout va bien jusqu’au B&B.

Dominique est épuisée avec la conduite à gauche. Sur la grande route, c’est facile on suit les autres, sur les petites on se retrouve à droite.

fuchsias et chèvrefeuilles sur les bords des rutes
fuchsias et chèvrefeuilles sur les bords des rutes

Le cottage est perché sur une terrasse boisée. C’est une maison grise au toit pentu. La salle est très claire, très vaste avec des ouvertures sur toutes les orientations et même un puits de lumière au dessus de la cuisine américaine très bien équipée. Dans une corbeille, nous trouvons une miche de pain aux raisins, dans le frigo, des rillettes de poisson et du bacon. Le grand canapé en skaï noir a un air « années 60 » (nous en retrouverons des semblables dans tous nos gîtes). Au sol, carrelage de grands carreaux beiges. Frisette de pin au plafond. Meubles en pin, très lourds.Dans un buffet est exposé la vaisselle. La chambre est aussi grande avec deux fenêtres. Sur le lit une literie bleu à rayures blanches. Belle salle de bain.

Nous serons très bien.

La vue est somptueuse : du côté de Baltimore, au lin les îles bordent l’horizon. Plus près un paysage de collines, une petite ferme avec des vaches. Dans des poteries de beaux lupins violets, des fleurs rouges délicates et des hortensias aux couleurs variées.

Seul problème : les prises électriques britanniques à trois fentes ; nous avons oublié l’adaptateur.

 

première matinée en Irlande : Rock of Cashell

CARNET IRLANDAIS

Rock of Cashell dans la brume
Rock of Cashell dans la brume

Vol

Transavia  Orly:Dublin  6h30 – 7h25.

Survol grandiose de Versailles, le ciel s’embrume ensuite. La lecture du paysage devient difficile. Une plage bordée d’une frange d’écume, les côtes françaises ou déjà anglaises ? Nous ne découvrons Dublin qu’au dernier moment.

On rejoint en  navette les parkings des locations de voiture. Notre Polo est bleu vif. Le GPS  nous guide vers l’autoroute M8 pour Cork. Dès la sortie Dublin, j’appelle Liam, le propriétaire du gîte de Baltimore qui enverra les indications sur mon téléphone.

Cashell

« Vous vous arrêterez à Cashell . » suggère Liam – excellent conseil !

Hore Abbey
Hore Abbey

L’ imposant château se détache dans la brume grise,posé sur l’herbe vert fluo. Ruine irréelle d’un univers de légende. La haute tour ronde au chapeau pointu domine le château et la cathédrale. Malheureusement la chapelle romane de Cormac, décorée de fresques, est en restauration sous un échafaudage disgracieux.  Pour avoir une vue d’ensemble j’emprunte un chemin qui part dans la campagne vers Hore Abbey – abbaye cistercienne complètement ruinée.

Cashell : la cathédrale et la haute tour
Cashell : la cathédrale et la haute tour

Le 1er mercredi du mois, l’entrée et les visites guidées sont gratuites. Je rejoins une visite déjà commencée, j’ai du mal à suivre . Tout est nouveau pour moi : les rois de Munster, Brian Boru qui fut couronné roi d’Irlande au 11ème siècle. Il eut l’intelligence de céder son château de Cashell à l’Eglise coupant court aux rivalités et jalousies tandis que l’Eglise lui décernait le titre d’évêque, il récupérait ainsi son château. Un  siècle plus tard (1172), Henry 2 d’Angleterre força l’Eglise d’Irlande à passer sous l’autorité de l’Eglise catholique et romaine mettant fin aux pratiques originales celtiques.

la Croix de Saint Patrick dans la cour du châeau de Cashell
la Croix de Saint Patrick dans la cour du châeau de Cashell

Le guide nous montre la Croix de Saint Patrick et raconte le baptême du roi celte Aenghus en 450. Saint Patrick planta malencontreusement la crosse dans le  pied du roi qui ne protesta pas croyant que cette épreuve faisait partie du cérémonial. La Croix de Saint Patrick est curieuse, c’est une croix latine (les croix celtiques sont cerclées d’un rond). Elle est soutenue par deux piliers représentant peut être les deux larrons.   Elle repose sur un support. La croix de la cour est une réplique. La vraie en grès friable est à l’abri dans la crypte.

Plantant la visite guidée je me promène dans la grande cathédrale gothique aux ruines romantiques, puis parmi les tombes qui entourent le monument. Gravées de noms connus comme Kennedy. Sur d’autres stèles on voit les enfants morts en bas-âge du temps de la Famine.

High cross : croix celtique du cimetière
High cross : croix celtique du cimetière

Me voici projetée dans l’Histoire irlandaise. L’étape de Cashell, inattendue et pas préparée m’offre une introduction sous forme de raccourci historique.

La petite ville de Cashell, très jolie est aussi très touristique.

Nous faisons nos courses dans un supermarché. Les prix nous surprennent. Tout est au moins une fois et demie plus cher que chez nous. Ici, dépaysement au rayon des pains. Je choisis un pain artisanal aux raisins sec.  Je laisse les charcuteries pour le petit déjeuner : boudin en tranches, roulés multicolores. Le rayon fruits et légume est le plus pauvre. On peut acheter pour 5€ deux petits paquets de fraises, framboises ou myrtilles sinon des poires misérables et des pommes rouges (en provenance du Chili).

 

The Black Snow/ La neige noire- Paul Lynch

LECTURES IRLANDAISES

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Donegal, 1945. Barnabas, Eskra et leur fils Billy sont revenus des Etats Unis pour exploiter une petite ferme. Ils vivent dans une relative aisance : voiture, piano…et vivent en bonne intelligence avec leurs voisins. L’incendie de l’étable va ruiner leur bonheur tranquille.

Si tous les voisins sont accourus pour éteindre le feu, la solidarité villageoise va, au fil des mois, se déliter. Eskra se rendre compte que son mari a résilié le contrat d’assurances c’est  la ruine de la famille Kane. Barnabas sombre le premier dans la dépression et l’alcoolisme. Quand il réagit et frappe à la porte des voisins, personne ne l’aide à reconstruire son étable. Une sourde méfiance s’installe. Est-il coupable de la mort de son ouvrier qui a péri en cherchant à libérer les vaches prisonnières? Cela se murmure dans les pubs du village…De son côté, Barnabas, impuissant et désoeuvré, cherche les raisons de l’incendie. Le soupçon empoisonne les relations de voisinages. d’autant plus que les terres des Kane font bien des envieux. S’il vendait ses champs, il retrouverait des capitaux pour reconstruire. Et puis, ils ne sont pas d’ici. Irlandais, certes, mais ils sont revenus d’Amérique, cela fait d’eux des étrangers.

Billy, son côté a d’autres soupçons. Il a suivi de mauvaises fréquentations et n’ose en parler à ses parents.

Quand on trouvera le chien égorgé, quand les abeilles qu’Eskra soignait avec tendresse seront décimées, elle ne supportera plus le malheur qui s’abat sur eux.

Après le départ d’Eskra, la catastrophe s’emballe…la fin est très noire.

Drame rural. La campagne peut devenir un enfer.

J’ai beaucoup aimé l’évocation poétique de la campagne irlandaise. Rythme très lent. L’auteur prend son temps pour décrire les nuages et le vent qui les apporte, les silhouettes décharnées des arbres. Il fait aussi des portraits saisissant des paysans, leur vie quotidienne, la vie sous la pluie et les vêtements trempés.   Il raconte aussi la tourbière. Évoque la famine, cent ans plus tard personne n’ose toucher aux ruines des maisons abandonnées. Quand Barnabas le fait c’est un sacrilège que personne ne lui pardonne.

Un livre parfait pour un retour de vacances irlandaises!

 

 

 

Dead I well may be Adrian Mc Kinty

ROMAN IRLANDAIS ?

 

 

À l’automne, je serai peut-être mort

 

adrian mc kinty

« What kind of an emotion is revenge? « 

A la veille de notre départ pour l’Irlande, j’ai téléchargé (en VO), sans trop me poser de questions cet ouvrage.
Pas de verte Erin! En prologue, « Belfast Confetti » notre héros décharge des camions de vitres après une explosion à Belfast, il perd ses allocations-chômage et ses retrouve de l’autre côté de l’Atlantique dès le deuxième chapitre. Il ne retournera pas dans son pays natal….

Je ne suis pas adepte des romans noirs ni des histoires de gangsters. J’ai donc failli interrompre cette lecture qui ne correspondait pas à mes attentes.

Pourtant je n’ai plus voulu le lâcher.

Je me suis surtout attachée au style particulier. Grâce au dictionnaire intégré dans ma liseuse, j’ai enrichi mon vocabulaire de tournures spécifiquement irlandaises (dixit le dico), petits mots de 4 ou 5 lettres qu’on n’apprend pas à l’école. J’ai aussi appris à distinguer les différentes bières des pubs irlandais de New York, appris à cuisiner un petit déjeuner Irlandais. Michael, le héros vit dans la nostalgie de l’Irlande, il en parle donc souvent.

Ce serait plutôt à l’occasion d’une visite à New York que cette lecture serait adaptée. Occasion de marcher avec le héros à travers Manhattan, Harlem et les environs.

« The cycle of violence that spreads itself out from West Belfast and the bogside an southe Armagh. Tit for tat and eye for eye; didn’t someone say that these rules leave us blind? »

Gangsters Irlandais, narcotrafiquants dominicains se livrent une bataille de territoires. C’est au Mexique que se déroule la partie la plus fascinante du récit, traversée presque onirique de la jungle .

« you are in rags caked with blood and filth. But you are a holy fool. Enthused. The Lord is in you. You are St Anthony in the demon-filled desert. You are Diogenes mired in grime. You are Buddha at Bodhgaya. You are  a Jain priest, naked, with a broom before you sweep away any living being….You are holy because you are possessed by a vision…. »

Roman très violent : violence des gangs, mais aussi violence de la vengeance. Jusqu’aux dernières pages les victimes seront nombreuses.