STENDHAL : Chroniques italiennes


J’avais cru trouver une relation de voyage.  Ces chroniques sont des traductions de manuscrits anciens relatant des « faits divers » arrivés à diverses périodes de l’histoire italienne. Véritables manuscrits ? Traductions fidèles ? Nouvelles écrites dans un style italianisant relatant des histoires de couvents, de bandits, d’amour voire d’inceste. Extrême violence de ces meurtres parfois d’honneur, parfois gratuits. Curieuse vie de couvents où les nobles jeunes filles enfermées par leurs familles ne voulaient renoncer ni à leur vie mondaine, ni à leurs amants. Chaque voyage est prétexte à une rencontre littéraire avec un grand écrivain. Stendhal sera- t il celui de ce voyage ?

Ferrare, les dames des temps jadis : Isabelle d’Este et Beatriz de Luna, Lucrèce Borgia

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ISABELLE D’ESTE de Christiane Gil – Pygmalion


A Ferrare, j’ai entendu l’écho des pas de dames illustres.

Isabelle d’Este, (1474-1539), fille d’Ercole 1er d’Este, après une éducation humaniste de la Renaissance, fut mariée au Marquis de Mantoue, François Gonzague, condottière au service de la Sérénissime. pendant que Gonzague guerroyait Isabelle décorait son château de Mantoue en attirant les meilleurs artistes de Vinci ,Mantegna, Bellini, dans sa jeunesse à Raphaël et au Titien..

.Belle-sœur de Ludovic Sforza, elle rayonnait à la cour de Milan. Mécène, Prima Dona del mondo, elle mit tous ses tatlent au service de la diplomatie. Mantoue, comme Ferrare n’étaient pas des puissances de premier plan, mais elles se trouvaient à la croisée des intrigues entre les puissances, Milan et États du Pape, rivalités entre Autrichiens et Français qui guerroyaient en Italie.

Isabelle d’Este a donc croisé deux rois de France, Louis XII et François 1er, les papes Borgia, Jules II, Clément VII…toute l’histoire de l’Europe est racontée dans la biographie d’Isabelle d’Este de Christiane Gil.

Roman historique ou livre d’histoire? Je penche plutôt pour la seconde alternative; histoire très bien documentée, très précise d’une vie combien romanesque!

La SENORA de Catherine Clément


j’avais lu cet ouvrage il y a 20 ans. Dans la via della Vittoria un panneau placardé dans le petit restaurant du ghetto racontait que Beatriz de Luna avait vécu là. Et j’ai relu la Senora.

Le narrateur, Joseph Nasi, conte les pérégrinations des marranes portugais des quais de Lisbonne au temps des Grandes Découvertes, en passant par Anvers des Habsbourg, Venise, Ferrare, Istanbul de Soliman le Magnifique jusqu’à Safed en Palestine. De persécutions de l’Inquisition ou des papes en intrigues avec les rois qui convoitaient les richesses de la banque des Mendes, la Senora organisait les réseaux qui permettaient de sauver les Juifs Portugais tandis que le  futur Duc de Naxos, son cousin, était le familier des rois et des sultans. Compagnon de Maximilien  Habsbourg, ami de Sélim le sultan, il était mêlé à toute l’histoire du 16ème siècle historie qui s’achève à la bataille de Lépante.

C’est aussi une belle histoire d’amour impossible entre les deux cousins, une recherche spirituelle pour ces marranes qui judaïsaient en secret mais qui ne furent instruits qu’au passage à Ferrare dans la communauté florissante protégée par les duc d’Este.

quand à Lucrèce Borgia, il me faudra trouver sa biographie!

 

Une Séparation, film Iranien d’Asghar Farhadi

TOILES NOMADES


Le film commence chez le juge qui doit prononcer le divorce à la demande de la femme qui souhaite s’expatrier tandis que son mari refuse de la suivre. Couple moderne, bourgeois, cultivé. Si la femme ne portait pas une écharpe négligemment nouée on pourrait être partout en Occident. La femme veut échapper à « la situation », nos préjugés traduisent à la situation politique, à la situation faite aux femmes – préjugés?ne cherche-t-elle pas à échapper plutôt à l’atmosphère pesante de la maison où vit son beau-père atteint d’ Alzheimer?

Leur fille, grave et silencieuse,enjeu du divorce, s’efforce de faire face.

En miroir, un autre couple entre en scène : la femme de ménage qui doit s’occuper de l’octogénaire, son mari chômeur, et encore une petite fille silencieuse, aux grands yeux ouverts sur la tragédie. Cette femme est très pieuse. Elle téléphonera à je ne sais quel conseil pour savoir si elle peut changer le vieillard incontinent. Elle porte le voile traditionnel. Le travail est dur, sous-payé. Elle ne s’en sort pas.

Un premier drame survient, puis un second, engrenage qui amène les deux couples chez le juge. Qui dit la vérité? qui ment?

Le réalisateur met en scène un véritable thriller, les rebondissements nous font prendre partie tantôt pour l’un, tantôt pour l’autre. La vie est ici dépeinte dans toute sa complexité. Est-ce un drame social, employés contre bourgeois? Opposition hommes/femmes? qui manipule qui?

Si l’empathie naturelle va au couple bourgeois auquel on s’identifie plus facilement, le doute nous envahit. La tension monte. Continuels dérapages….

Du grand cinéma sans aucun artifice.




http://www.dailymotion.com/swf/video/xij1c0
UNE SÉPARATION : BANDE-ANNONCE VOST HD par baryla

A propos d’Elly d’Ashgar Fahradi


TOILES NOMADES


je ne sais pas si j’aimerais actuellement visiter l’Iran, me voiler…le cinéma iranien m’y transporte toujours avec un bonheur qui n’égale que ma curiosité.

A propos d’Elly montre des jeunes couples, en 4X4 ou en BMW, plein d’entrain, passant d’insouciantes vacances sur le bord de la Caspienne. Finalement si proches de nous!
Puis, le drame: la disparition d’Elly.

Et le film bascule. Des préjugés ressurgissent, les hommes font bloc, les femmes aussi, les tensions et la violence s’exacerbent. Un suspens se noue. S’est elle noyée? Est elle partie? qui est elle?Le rythme s’accélère, jusqu’au dénouement…

 

http://www.dailymotion.com/swf/video/xa2mw7
A propos d’Elly – Bande annonce Vost FR par _Caprice_

Dominique FERNANDEZ – Le dernier des Médicis

Fin d’une dynastie, fin de règne, le dernier des Médicis, Gian Gastone, est un personnage décadent. Comme le Caravage, il vit son homosexualité de manière tragique cherchant plus la déchéance que le plaisir. Dans la Florence des Médicis, l’amour des garçons est presqu’aussi admis qu’aux temps des Grecs. Il plonge dans l’ivrognerie, la goinfrerie et l’abjection pour déchoir encore. Il en résulte une fin pénible et une lecture assez pénible. J’ai terminé avec peine ce livre pourtant intéressant.

Les jours brillants de la Renaissance sont terminés, l’histoire se termine au milieu du 18ème siècle .L’Italie est dominée par l’impérialisme des Habsbourg,  d’où un déferlement de touristes allemands sur Florence. Les Médicis se sont alliés aux Bourbons, influences françaises donc, et toujours celle de l’Espagne .

Florence est la ville des peintres. Gian Gaston, le dernier des Médicis  a une préférence pour Andrea del Sarto. Je fais donc la connaissance de ce peintre

villa petraia

.Description de la vie dans les villas médicéenes et au Palais Pitti.

Clin d’œil à Stendhal : le livre se présente comme la traduction d’un manuscrit écrit par le médecin de Cosimo III et de Gian Gaston. Ce parti pris médical autorise une analyse d’un « fléau », épidémie vénérienne,  qui ressemble au développement du Sida. Autre anachronisme, une « analyse viennoise » de l’homosexualité. Une description assez plaisante du tourisme : ces touristes allemands étrangement contemporains, qui auraient pu être drôles dans un contexte plus léger.

 

Un an déjà, adieu voix- nomades….

Sal, cap vert

28700 visites, 844 articles…. 3 essais de mise en page, 3 bogues importants!

je n’ai pas encore transféré tous les carnets Voix-Nomades sur le Blog Le Monde….loin s’en faut, un petit quart

Plutôt qu’un transfert, une ré-écriture. Plaisir de voyager à nouveau avec les textes, de les relire, élaguer (merci au compteur de mots que la nouvelle version WordPress a ajouté). Plaisir de chercher les photos, certaines se sont perdues…recadrages…

Des regrets pour la petite communauté Voix-Nomades qui s’est dispersée: où est Simon et son oasis du sud marocain, a-t-il continué sa rénovation des systèmes d’irrigation? et la jeune routarde qui nous avait fait partager sas découverte de l’Amérique Latine. L’Oeil africain d’Akwaba a migré vers d’autres blogs

De nouveaux correspondants m’ont laissé des commentaires sympathiques…

En route vers l’ Italie par le Mont Blanc

CARNET TOSCAN


6h55 départ par L’A5, vide.   Pause croissants à Nitry sur l’A6. Mâcon,  Bourg en Bresse, Pont d’Ain, Nantua. C’est un vrai plaisir de rouler sur cette autoroute bordée de sapins que nous ne connaissons pas.

Entre Pont d’Ain et Bellegarde, l’autoroute franchit d’impressionnants viaducs. A la sortie d’un tunnel nous découvrons le Genevois. Le jet d’eau de Genève se déploie comme une voile.
McDo de Sallanches

Le film Supersize Me , mettant en cause la malbouffe et MC Do, est sorti cette semaine. Réaction  immédiate : promotion sur les salades. Des prospectus énoncent des principes diététiques – pour la galerie- les salades sont plus chères que le reste. Et surtout, personne n’en commande.
Une dame :
–  « Deux menus enfants »
– « Pour une fille ou un garçon ? »
?????

Mont Blanc

Les Houches, jolis chalets, charmante église à bulbe vert. Pique-nique à 13h sur le bord d’un torrent au pied du Mont Blanc.
Les névés sont encore bien présents à faible altitude mais le sommet est dans les nuages. J’avais imaginé que nous nous arrêterions à Chamonix et que nous irions nous promener au Mont Blanc !

Juste à l’entrée du Tunnel, nous voyons de très près deux glaciers des Pèlerins et des Bossons. Je suis impressionnée par l’épaisseur de la glace grise parfois bleutée et surtout étonnée par l’aspect de la surface hérissée de blocs de glace aux angles aigus.

Tunnel du Mont Blanc

Péage : 29 €pour 11km.

Depuis l’accident, les poids lourds passent un test de rayonnement infrarouge, les consignes de sécurité sont relayées sur 9 fréquences radio italiennes et françaises. De jolis éclairages bleus matérialisent les distances de sécurité de 150m entre les véhicules et la vitesse est contrôlée.

Il fait beau en Italie!

A la sortie, il fait un temps magnifique. L’autoroute s’engage dans une succession de longs tunnels si bien qu’on profite à peine du paysage splendide. La route effleure Courmayeur et ses beaux chalets de bois aux toits de lauzes, pas une faute de goût.

Des forteresses du 14ème siècle, tours carrées massives plantées sur des pitons rocheux dominent l’entrée des étroites vallées. Quelles guerres se déroulaient donc dans les Alpes ? Le seigneur marquait- il ainsi sa domination sur son fief ?Les forts faisaient- ils partie d’un dispositif d’ensemble interdisant le passage aux Français ?

le lac de Vivarone

Près d ’Ivréa, le lac de Vivarone est allongé entre des coteaux plantés de vignes et de villages aux toits rouges. Au loin, la lige des crêtes se découpe de plus en plus nettement à mesure que le soleil descend et que les couleurs s’avivent.

La plage est encadrée par des pontons de bois.  La baignade  rafraîchit du voyage. Allongées sur les transats, regardons le ski nautique et les bouées qui se balancent. L’une d’elles jaune, ressemble à un haut de forme et sautille à la Satie. Une autre, à moitié grise à moitié rouge brique, en forme de coupole  byzantine avec des côtes. Vers 19h  les autres baigneurs plient bagage et nous restons seules à passer une douce soirée.

En route vers Florence en passant par Lucques

CARNET  TOSCAN


Le soleil éclaire le Val D’Aoste et un sommet massif enneigé.
L’autoroute traverse d’immenses rizières dans une ambiance tropicale, champs verts fluo petits canaux, nombreuses aigrettes, température douce mais nuages gris. On se croirait à Cuba. Les rares villages de brique ont d’élégants clochers.
Entre Alessandria et Gènes, sous un ciel tout à fait couvert, nous retrouvons les montagnes et les tunnels. A l’approche de Gênes, le trafic se ralentit et même bouchonne. Sur la mer le ciel devient bleu, le soleil chauffe. L’autoroute est censée longer la Méditerranée de Gènes jusqu’à la Marina de Carrare. Je me réjouissais de cet itinéraire le long de la Riviera Ligure passant près des Cinque Terre près de la Spezia. C’est un spectacle tout à fait intermittent. La côte est si escarpée que l’essentiel du trajet est souterrain. On sort d’une galerie parfois longue d’un bon kilomètre et déjà 100 mètres plus loin s’ouvre un autre tunnel. Il faut se dépêcher de regarder la mer et par chance on découvre un petit port ou un village perché au sommet d’une colline. Le meilleur moyen d’explorer cette côte est sûrement le bateau !

11h30, nous entrons en Toscane : montagne découpée par les carrières de Carrare. Le marbre blanc brille comme de la neige. De l’autre côté de l’autoroute, des gros blocs taillés attendent.

Lucques est une jolie petite ville encerclée de fortifications de brique rose très bien conservées. Sur les remparts, une belle promenade ombragée par des platanes géants et des tilleuls en fleur, est aménagée pour les piétons et les cyclistes. De là, on découvre les tours, les campaniles et les toits. Les fossés sont plantés d’un gazon vert.

La sortie de la ville est pénible, la campagne très urbanisée.15h,  dans un petit bois, nous dévorons les trois œufs durs avant de prendre l’autoroute à Pistoia.

Florence : Signoria, Palazzo Vecchio

CARNET TOSCAN

Ponte vecchio sur l'Arno

A 8h30, nous traversons l’Arno et arrivons en zone piétonnière. La ville dort, la circulation est facile. Mais que faire de la voiture? Nous la garons dans un parking privé (3€/h) cher, mais bien situé.
Sur le  Ponte Vecchio, les échoppes de bois sont relevées. La lumière du matin fait ressortir les crépis colorés des maisons. Nous suivons le « corridor » de Vasari qui nous conduit aux Offices, deux galeries à arcades solennelles se faisant face. Nous parvenons au Palazzo Vecchio et à la Loggia de la Signoria sur la Plazza della Signoria.

Piazza della Signoria

Persée de Cellini

La Loggia della Signoria est un musée de sculptures. Le chef d’œuvre le plus célèbre est le Persée de Cellini en bronze. Beaucoup de statues sont antiques. La confrontation des œuvres du XVI ème siècle et des antiques qu’on vient de retrouver à la Renaissance, est particulièrement intéressante. Mais je ne trouve pas d’autre piste d’analyse.

La place de la Signoria est ornée d’une curieuse fontaine de Neptune et de statues géantes. On voit l’emplacement où Savonarole a été pendu. Je suis ravie d’avoir préparé ce voyage en lisant l’histoire des Médicis. Même si je ne connais rien en sculpture je suis heureuse de mettre des visages sous les noms des différents Cosimo.

Palazzo Vecchio

palazzo vecchio vu du haut de la coupole du Duomo

Le Palazzo Vecchio est emballé par des bâches de ravalement. Heureusement nos guides sont bien illustrés ! La cour décorée par Vasari est  un peu encombrée par le ravalement. Encore ! La visite du Palazzo est libre. De nombreux panneaux et des écrans multimédia fournissent d’abondantes explications. Deux axes : l’Histoire de Florence qui se confond avec celle des Médicis (parenthèse de Savonarole à la fin du XVème), autre thème : la Mythologie.
Mythologie
Depuis plusieurs années nous avons appris à décrypter les fresques et mosaïques byzantines et romanes à sujet exclusivement religieux ou les mosaïques romaines. Avec la Renaissance, tout change, la mythologie fournit les thèmes des peintures. Mais il ne faut pas les regarder naïvement. La mythologie n‘est que prétexte à la glorification des maîtres de Florence. Je suis déroutée quand Cérès, déesse des récoltes figure un Médicis. A l’époque tout le monde savait reconnaître le sens caché de ces allégories. Pour nous c’est plus difficile.

Les objets décoratifs sont plus faciles à apprécier : je tombe en arrêt devant un secrétaire aux nombreux tiroirs ornés de marqueterie de pierres dures.
La salle des cartes de géographie nous plaît beaucoup.
Nous avons passé deux heures dans le palais et ne sommes pas prêtes à entreprendre une autre visite sérieuse. Nous parcourons les ruelles à la recherche du Duomo et du Baptistère. De la Terrasse de Saturne, en haut du Palais, ils semblaient tout proches.

Duomo et Baptistère

Les grandes places sont maintenant occupées par la foule. Le soleil tape. Il fait meilleur dans les petites rues. Je ne sais pas très bien où porter mon regard : boutiques de luxe très raffinées, architecture des palais florentins… Ici, chaque immeuble est un palais. Les églises sont ornées d’abondantes sculptures. Tant de luxe, tant d’ornements finissent par nous étourdir et nous blaser. Difficile de garder longtemps la disponibilité et la capacité de s’émerveiller. Nous passons donc devant des merveilles sans nous étonner plus que cela.

En face du Baptistère et de la Cathédrale, nous lisons les guides assises sur un banc à l’ombre. Les belles incrustations de marbre blanc et vert, les dentelles de pierre du fronton, le campanile ajouré, nous éblouissent au point de rendre un peu idiotes. Je fais le tour du Baptistère pour admirer les portes ouvragées. Celle de Pisano me rappelle Monréale, celle du Paradis est finement ciselée. Nous nous dépêchons de rejoindre le parking avant que n’expire la 4ème heure.

Florence : San Miniato al monte

CARNET TOSCAN

façade romane de San miniato

De la terrasse de Neptune du Palazzo Vecchio, une façade blanche se détache des collines : San Miniato. Ce sera le but de notre promenade.

Le trajet de la Villa à San Miniato est facile et très agréable. La large avenue Galilée ondule aux flancs de la colline, entre des villas magnifiques précédées d’imposants jardins. D’immenses pins parasols font de l’ombre, toute la colline est boisée.

San Miniato est perchée sur des escaliers blancs. La façade de marbre éblouissant est extrêmement décorée : motifs, bandes et incrustations de marbre vert, colonnes antiques à chapiteaux corinthiens. Le décor ressemble à celui du Baptistère, mieux mis en valeur dans son écrin de verdure et ressort sur le ciel bleu tandis qu’au Baptistère, il se trouve écrasé par la Cathédrale.

 

Les tolits de Florence vus de san miniato

Assises dans un petit coin d’ombre sur le parapet, nous admirons les toits de Florence. Le panorama est magnifique. Nous identifions les tours, celle du Palazzo Vecchio, le Campanile, le Duomo, les arcades des Offices.

L’intérieur de l’église San Miniato s’harmonise bien avec sa façade. Cela parait idiot mais c’est loin d’être une évidence. Combien de façades baroques cachent des églises gothiques ou romanes en Espagne ! Ou au contraire, une façade romane sobre s’ouvre sur un intérieur baroque en Sicile! Les murs sont décorés des mêmes motifs : imposantes colonnes de marbres variés. Au sol, marqueterie de marbre noire et blanche : un zodiaque est ciselé au milieu de motifs géométriques compliqués rappelant, selon nos guides, les tissus siciliens. Il fait bon dans l’église fraîche et aérée. Le plafond de bois est peint de motifs géométriques de couleurs vives. Cette église me paraît étrangement familière, réminiscences de Sicile. Au dessus du chœur, la mosaïque dorée du Christ Pantocrator s’apparente aux mosaïques byzantines. Nos guides la qualifient de romane. J’ai la curieuse impression d’une boucle qui se referme ici entre l’Orient byzantin et le Roman que nous le connaissons en France. Entre l’étrangeté et l’exotisme byzantin, la symbiose sicilienne, se trouve ici un chaînon qui relie nos voyages, Chypre, Sicile, Toscane….Dans le chœur, un curieux tabernacle abrite un crucifix miraculeux : sorte d’arche très décorée de tableaux qui rappellent les icônes. Sous le chœur, une très jolie crypte est soutenue par de fines colonnes. Au dessus, nous remarquons des marqueteries de marbre noir et blanc. L’église est aussi peinte de fresques qui ne m’attirent pas spécialement.
La route qui serpente dans la colline aboutit à la place Michelangelo, occupée par un podium : des baraques, beaucoup de monde, aucun intérêt.