Florence : installation à la Villa Palagi

CARNET TOSCAN

Vue de la villa sur la chartreuse de Galuzzo et Florence

Les explications de l’Agence Cuendet sont assez énigmatiques : –  « suivre les flèches pour l’hôtel Royal Certosa ».
La Via Colle Ramole s’élève raide après le camping puis  dans les oliveraies. Au n°12, je lis : « Il Pino » sur une plaque de marbre, « Palacci » sur une autre, fixée aux montants de pierre encadrant un imposant portail métallique qui s’ouvre sur une monumentale allée bordée de pins. La villa est invisible.
C’est trop beau, trop monumental, nous avons dû nous nous tromper. Nous continuons la route et faisons demi tour au sommet de la colline. J’appelle avec le téléphone mobile. Une dame me répond qu’elle ouvre le portail. Lorsque nous retournons au n°12 la grille monumentale reste fermée. Nous nous sommes sûrement trompées !

Redescendons au camping et empruntons une autre route, pas de n°12, pas de villa. Retour à la grille. Je retéléphone. Un monsieur me répond en français :
– «  c’est bien là, j’arrive en voiture. »
Nous le suivons et découvrons une autre entrée, grand portail, allée dallée bordée de lavandes traversant les oliveraies. En contrebas nous découvrons la piscine. Arrivons devant des maisons de pierre à plusieurs étages autour d’une ravissante placette décorée de citronniers dans des pots de terre et de lauriers dans d’énormes jardinières rectangulaires.

Notre appartement occupe la moitié du rez de chaussée de la dernière maison. Un autre appartement est aménagé à côté. La pompe en fonte souligne la symétrie. Deux bacs de laurier en angle et des pots de buis taillés en cône de plus d’1.5m entourent une table rectangulaire recouverte d’une belle toile cirée à motifs de lierre avec deux chaises en fer forgé. L’intérieur est très petit mais très bien décoré : meubles de bois sombre tarabiscotés, des commodes ventrues, glaces de bois aux volutes baroques. Draperies et pompons encadrent la fenêtre. Placards immenses, lit king size. Nous baignons dans le luxe. Anabella, la femme de ménage,  fait visiter la propriété et la piscine :
– « les jeunes y font une fête ce soir, vous pouvez venir !»

Elle me montre « un coin très frais » : la loggia située sous la maison des propriétaires.

Catastrophe?
Avant d’aller me tremper dans la piscine. La dame est revenue. La « Mamma » a téléphoné à l’agence de Florence. Nous sommes atterrées. , il faut joindre Paris.

– Ouf ! ! C’est la tour qui a brûlé. Ils l’ont vu à la télévision, le feu aurait pris au 8ème étage  400 personnes seraient dispersées dans les hôtels de Créteil.  Je suis soulagée. Heureusement que nous avons les numéros de téléphone des voisins : rien à notre étage!
Notre domaine
Notre domaine qui est beaucoup plus vaste que je ne l’imaginais. Derrière la belle maison, une allée bordée d’iris et de bornes de grès sculpté descend dans les oliviers. Après plusieurs virage, je découvre le grand pin qui a donné son nom à la villa. De vieux bancs de pierre patinée invitent à s’asseoir dans son ombre. Je découvre ensuite le potager avec les haricots ramés, les choux, les tomates. Le chemin s’engage dans une forêt de chênes verts touffus. Je dérange un couple de faisans, un lièvre détale. Encore de vieux bancs de pierre. Je suis enfin dans l’allée de pins qui conduit à la grille. Je regarde ma montre : j’ai marché 20 minutes d’un bon pas. L’allée fait près de 2km. Sur combien d’hectares s’étale le domaine ?

Florence : Musée del Opera del Duomo

CARNET TOSCAN

parking!La recherche d’un parking à Florence est une affaire délicate. Le long des remparts, dans l’Oltrarno, se trouvent de nombreuses places de stationnement. Celles qui sont peintes avec des bandes blanches sont réservées aux résidents. Nous devons utiliser les bleues, payantes (1€, la 1ere heure, 2€ les suivantes) Il vaut mieux se rapprocher du Duomo puisque c‘est le même prix partout. Nous garons la 206 près de l’Arno à la Porta al Prato dans un grand parking gardé.

Je vais d’un bon pas pour l’ouverture du Musée de l’Opera del Duomo à 9h. Nous nous retrouverons à 10h devant le Duomo. Je parcours  des rues à consonance napoléoniennes Solférino, Magenta, Montebello, pour arriver à la Piazza Trinita au Palazzo Strozzi puis au Duomo.

Musée del Opéra del Duomo

Le Musée del Opera del Duomo est très moderne.  Peu de visiteurs hormis  une classe d’étudiantes américaines très studieuses mais bruyantes. Il est consacré aux sculptures de la Cathédrales qu’on a enlevées à cause de remaniements de la façades ou à cause de la pollution. C’est toujours passionnant de voir, à hauteur d’homme, des statues perchées.

cantaria de Donatello

Comme à saint Jacques de Compostelle, il y a de nombreux anges musiciens. On a installé face à face les putti de la Cantaria de Donatello qui font des rondes et de la musique et la Cantaria de Della Robbia. Les putti de Luca della Robbia sont des enfants sages tandis que ceux de Donatello sont des garnements bagarreurs (je pense aux putti de Serpotta).A l’honneur: La Piéta de Michelange, Il faut avoir vu un Michelange quand même !

La dernière partie du Musée montre l’Atelier de Brunelleschi et la fameuse maquette du Duomo en double coque. On voit aussi les concours d’architecture pour la façade. De belles maquettes en bois montrent des frontons baroques qui n’ont jamais été construits. Des gravures du Concours de Restauration du 19ème siècle gagné par Emilio de Fabris

Ghiberti portes du paradis : histoire de Jacob et Esaü

.Enfin les panneaux originaux de Ghiberti de la Porte du paradis. Séparés, les panneaux sont mieux mis en valeur. Je peux ainsi observer tous les détails.

porte du Paradis de Ghiberti histoire de Joseph

Florence : Baptistère

CARNET TOSCAN

portes du baptistère
portes du baptistère

A midi, les portes ouvrent. L’intérieur est beaucoup plus vaste que je ne l’imaginais. Beaucoup plus décoré aussi. Sous la pyramide se cache une coupole (décidément Florence est la ville des toits doubles !). Cette coupole est décorée de magnifiques mosaïques tout à fait comparables à celles de Monreale, près de Palerme, en éclat tout au moins. La lecture est plus compliquée moins pédagogique qu’en Sicile. Des colonnes très décorées dessinent des arêtes et découpent des tranches verticales dans la coupole

histoire de Noé

Florence : Duomo

CARNET TOSCAN


Duomo

Une longue queue s’est formée à l’entrée de la Cathédrale. Heureusement on avance vite. C’est gratuit. En attendant, j’ai tout le loisir d’admirer les marbres blancs (de Carrare) le vert (de Prato) et le rouge de Pise? Les colonnes sont torsadées, finement et incrustées. A Palerme, j’avais été étonnée, ravie. J’avais attribué ces incrustations au savoir-faire arabe. Ici, à Florence, tout est décoré d’incrustations de marbre. Cela m’incite à plus de prudence dans mes interprétations. La Sicile m’avait paru plus orientale alors. Maintenant, je la trouve plus italienne. Un autre lien entre Florence et Monréale : le sculpteur Pisano auteur des portes du baptistère à Florence et à Monreale.
la nef

L’intérieur de la nef est censé donner un sentiment de grandeur, d’élévation, que sais-je ? Je m’y sens plutôt perdue, sans aucune extase mystique. Nous remarquons la curieuse horloge à une seule aiguille qui tourne à l’envers et marque l’ »heure italienne », puis les vitraux colorés, beaux mais lointains et trop petits.
Crypte

Sous la Cathédrale Santa Maria del Fiore, se trouve l’ancienne église Santa Reparata. On ne trouve pas l’atmosphère de recueillement intime des cryptes plutôt celle d’un site archéologique avec des mosaïques, des fondations de l’ancienne église. Les mosaïques rappellent celles d’anciennes basiliques romaines visitées à Chypre. On voit la brique des anciennes constructions romaines.

Fresques

Sir John Hawkwood de Paolo Ucello

Devant deux fresques la conférencière, Clémence,  fait des visites en français gratuites. Elle nous explique les effigies équestres des deux condottieri. La plus ancienne représente Sir John Hawkwood par Paolo Uccelo. Les Florentins avaient promis d’élever une statue de bronze. Seuls les empereurs romains avaient l’honneur d’une statue équestre. La fresque apparut comme un bon compromis. Paolo Uccelo a traité le socle en perspective mais pas le cheval qui aurait été énorme. Il a imaginé un cheval presque cubiste Sans la conférencière, nous n’aurions jamais remarqué cela.

Une deuxième effigie équestre représente Niccolo Tolentino par Andréa del Castagno elle est plus conforme au goût du Quattrocento florentin.

La guide analyse pour nous le portrait de Dante. Le tableau le représente en pied au milieu de sa Divine Comédie. An haut : le ciel et les constellations font allusion au début de la Divine Comédie par un rêve. Toute la partie gauche est occupée par une procession des damnés qui descendent vers l’Enfer. Au milieu, on croit reconnaître la tour de Babel. Cet édifice circulaire en degrés figure le Purgatoire : chaque tranche circulaire représente un « étage » de péchés. Au sommet Adam et Eve sont debout sur le dernier petit cercle. Le Paradis : c’est Florence, on reconnaît le dôme de Brunelleschi et les remparts. Dante, exilé de sa ville natale, voyait en Florence le Paradis. Les façades incrustées de couleurs figurent l’idée du Paradis pour les florentins. (Chez les Musulmans c’est un jardin)Encore une fois, merci à la conférencière pour la découverte de ce tableau et un aperçu de l’œuvre de Dante que je n’ai jamais lue.

La coupole

Clémence nous montre les plans de la coupole sur des photocopies. Elle explique l’idée géniale de la double coupole. Elle nous montre les trous par lesquels on pouvait installer des poutres pour des échafaudages flottants.

Enfin elle nous livre des clés pour la lecture de la fresque. Comme nous le savions déjà, il existe toute une symbolique théologique et politique dans la peinture de la fin duXVIème siècle. La coupole a été terminée en 1436 par Brunelleschi mais les peintures sont l’œuvre de Vasari plus d’un siècle plus tard après le Concile de Trente. Ce Concile a fixé les canons de la peinture. On peut faire une lecture horizontale registre par registre du lanternon vers le bas. On voit alors le cercle des vieillards de l’Apocalypse, le cercle des Anges, Archanges, Chérubins, en dessous celui des Saints : évêques rois, puis celui des Vertus et tout en dessous
L’Enfer et le Jugement Dernier
Curieux Jugement dernier : la Mort casse sa faux, un chérubin brise les armes, Chronos brandissant un sablier va mourir, les quatre Saisons sont étendues tout cela symbolise l’abolition du Temps. Des trois vertus Espérance en robe verte, charité en rouge et Foi en blanc (non, ce ne sont pas les couleurs du drapeau italien ! !) seule reste la Charité puisqu’avec la fin des temps l’Espérance n’a plus de sens ni la foi.

Une autre lecture est possible : une lecture politique qui est aussi une lecture verticale : le pape Clément V (un Médicis) couronne Charles Quint. Les Médicis sont bien présents ici aussi.

A l’assaut de la coupole!

460 marches annoncées,à la queue leu leu. Heureusement, seulement des sportifs ont choisi cette attraction. L’ascension s’effectue à un rythme soutenu au début. Malheureusement, quand le couloir se rétrécit, cela bouchonne. De temps en temps une ouverture nous fait découvrir un beau panorama. Quand on domine tous les palais, on devine qu’on a déjà effectué une bonne montée. Le circuit passe au bord de la fresque, à l’intérieur de la coupole. Le Diable mesure au moins 4 mètres de haut. Les couleurs sont vives. Puis la montée reprend, l’escalier utilise l’espace entre la coupole extérieure et la coupole intérieure. On comprend mieux l’astuce de Brunelleschi. Enfin nous arrivons sous le lanternon où un balcon est aménagé.

Toute la ville est à nos pieds. Je distingue très bien les Villas Médicis Le Castello et La Pétraia et leurs jardins. Le Palais Vecchio présente une façade sans échafaudage de ravalement. On a l’impression de toucher le Campanile. La descente est plus rapide.

 

Florence : la chartreuse de Galuzzo

CARNET TOSCAN

 

la chartreuse vue de la villa

 

La chartreuse de Galluzzo perchée sur la colline juste en face du gîte qui s’appelait Certosa sur le catalogue(en réalité,Villa Il Pino ou Villa Palagi). Nous lui  devons donc une visite. Au lever du jour je l’ai dessinée .

Le campanile gracieux, la façade baroque donnent une impression de légèreté. Les autres bâtisses sont plus massives. Elle est même fortifié avec des créneaux. Elle coiffe une colline isolée et semble flamboyer des flammes noires des cyprès émergeant d’un épais bois de chênes verts ? Les autres collines sont plus douces avec un moutonnement d’oliviers des jardins et des maisons.

Le monastère est encore occupé. Les Chartreux ont été remplacés par des Cisterciens, 7 moines. La visite est guidée par un Padre noir,(peut être éthiopien ? ) à l’Italien ralenti et chantonnant (il accentue sur la syllabe finale) . Malheureusement nous sommes arrivées en retard et traversons la Pinacothèque sans accorder un regard aux fresques de Pontormo (le chef d’œuvre de l’endroit !). Dommage, les couleurs sont fraîches et claires avec des teintes orangées rares.

le cloitre et les maisons des ermites

La visite de la Chartreuse raconte le mode de vie des Chartreux . L’ordre fondé par Saint Bruno est originaire de France (tableau croutesque). Les Chartreux étaient des ermites. Ils vivaient enfermés dans leurs cellules ne se retrouvant que pour un repas commun le dimanche et à la promenade le lundi. Les frères converts faisaient tourner le monastère mais ne vivaient pas en ermites. Autour d’un vaste cloître occupé par une pelouse verte et leur cimetière (tombes anonymes) sont installées les cellules. Ce sont de véritables maisons. A l’entrée, dans la porte, un passe plats pour les repas. On entre dans une belle salle de séjour claire et chauffée par une cheminée meublée d’un bureau à rabat à côté une chambre à coucher de bonne taille occupée seulement par un lit de bois simple. Un couloir de 5 à6 m éclairé par de belles fenêtres permet la promenade (vue magnifique). Le moine dispose également d’un petit jardin. J’avais imaginé la vie des ermites plus ascétique . Ceux là étaient vraiment très bien logés !

 

Nous visitons l’église (belles stalles). Le Padre nous montre les médaillons de della Robbia « se vede » murmure en admiratrice une des deux italiennes qui se pique d’être connaisseuse.

della Robbia

 

Dans la boutique, on vend de la Chartreuse, comme de bien entendu.

A 18h nous sommes à nouveau à la piscine et profitons d’une dernière heure ensoleillée. Ici, le soleil se couche plus tôt qu’en France. Après 7h1/2 le soleil a disparu derrière la colline. Il fait nuit vers 9h.

Florence : villas Médicis et Fiesole

CARNET TOSCAN

Villa Petraia

Les villas Médicis se trouvent dans les collines dominant Florence. Malheureusement nos guides ne fournissent pas d’itinéraire. La propriétaire du gîte dit qu’il faut aller à Sesto Fiorentino, l’aéroport. Cela paraît facile, on prendra l’autoroute. Cette dernière est très chargée à l’heure de pointe, nous roulons lentement. A la sortie Sesto Fiorentino, l’employé du péage nous conseille la mauvaise direction. Nous errons dans de laides banlieues industrielles entre Florence et Prato, passons devant Carrefour (tiens, cela existe ici !). Aucune pancarte touristique marron. Je demande aux passants qui connaissent mais ne savent pas  expliquer. Il  retourner à Florence. A l’entrée de Florence, enfin des pancartes ! Il est déjà 9h30 et nous avons galéré une heure et demie !

La Villa Pétraia est entourée d’un très beau jardin. A la Française ? Renaissance ? Sur les terrasses successives, des buis taillés, délimitent des carrés, des triangles dans lesquels les fleurs donnent de la couleur. Des agrumes, sont alignés dans d’énormes pots de terracotta . Il semble que la présence de ces plantes en pots soient la touche originale des jardins toscan par rapport aux jardins des châteaux de la Loire. Des fontaines complètent le décor : un bassin rectangulaire. Une belle terrasse décorée d’hibiscus en pots. Des plumbagos bleus fleurissent l’escalier. Une gloriette orne un coin de la terrasse. C’est un anachronisme : cette partie du jardin a été redessinée en 1872 pour le mariage du fils de Victor Emmanuele, roi d’Italie au temps où Florence fut la capitale d’Italie. Un panneau montre les installations de style Baltard : verre et acier. Seule la gloriette subsiste.

Villaa Petraia : fresques

Nous sommes les seules visiteuses, nous avons la chance d’assister à une visite privée. Le guide ouvre une porte qui donne dans l’entrée : l’effet de surprise est total. Le patio fermé par une verrière 19ème, est entièrement recouvert de fresques. Un lustre de cristal énorme meuble tout l’espace. Des canapés sont disposés comme pour une réception. Les fresques datent du temps des Médicis, sur un mur : la prise de Jérusalem par les Croisés ; sur les deux autres de grands personnages représentent les Médicis, au dessus d’une porte Catherine de Médicis et ses enfants, lui fait face Marie de Médicis. Le guide confirme que les Français ont été très présents dans l’histoire du château. Napoléon fut le pire occupant en le dépouillant de ses richesses.

Entre temps, des ouvriers arrivent avec une estrade, des rouleaux de tapis . Ce soir, un Congrès va banqueter dans cette salle. Notre guide dirige les préparatifs du banquet et nous délaisse un peu.

Encore un effet de mise en scène de la visite : nous pénétrons dans une salle obscure, le guide allume l’électricité, nous sommes au milieu de la salle à manger d’apparat de Victor Emmanuele toute tendue de tissu rouge, tapis rouge, nappe rouge longue table pour des dizaines de convives .

La Villa Petraia a été entièrement meublée au 19ème siècle dans ce style Empire pompeux que je n’apprécie guère. Nous traversons des pièces d’apparat, le bureau du Roi d’Italie, des chambres, une immense salle de jeu contenant des billards divers un ancêtre du flipper et même une « Roue de la Fortune » avec sa Règle du Jeu en Français Quelques jolies statues, des horloges originales. C’est une visite instructive. Nous révisons l’histoire de la Toscane du 14ème siècle jusqu’au 19ème.

Le parc est immense.

Villa « le Castello »:

On ne visite que les jardins et le parc planté de grands chênes d’énormes, de  platanes de pins très hauts qui procurent beaucoup de fraîcheur. Les allées sont bordées de lauriers. Le laurier est presque revenu à l’état sauvage.

Le jardin est très soigné. Comme celui de la Pétraia, il est dessiné géométriquement avec des massifs délimités par des buis. Les agrumes dans les pots forment l’élément décoratif dominant. Au milieu des massifs, des poiriers croissent en pleine terre. De nombreuses statues peuplent le jardin. Enclos par de grands murs. Ils réservent des surprises : une grotte aux animaux, un jardin des mystère. Malheureusement, le chantier de restauration est interdit au public.

Les Villas ont une dimension qui leur vaudrait en France le nom de château. Comme beaucoup de bâtiments florentins leur architecture est austère. Un donjon carré d’aspect moyenâgeux domine la Villa Pétraia. Le Castello est une grande bâtisse très simple.

Fiesole se trouve sur une colline voisine mais le trajet est bien compliqué. Nous avons de la chance, un monsieur en Punto grise métallisée nous dit « suivez moi ». Il nous promène dans des quartiers modernes de Florence dans un dédale de sens interdits et nous conduit sur les bords de l’Arno. De là, grâce à ses indications nous parvenons facilement à Fiesole.

Les villas sur la colline sont encore plus luxueuses que la nôtre (et ce n’est pas peu dire). Le site archéologique est adossé à la pente. Dès l’entrée, nous découvrons un très joli théâtre romain. Malheureusement, un festival s’y déroule et la scène est occupée par un horrible décor tout noir qui écrase tout. C’est sûrement agréable d’y écouter de la musique (Birkin Branduardi !)Mais cela gâche le paysage. D’un tout petit temple étrusque, il ne reste qu’un pavé rectangulaire peu évocateur. Les thermes romains sont très bien préservés mais nous en avons vus de plus spectaculaires !

Malgré l’interdiction de piqueniquer, nous nous installons sous un arbre fruitier pour manger nos panini (omelette, salade et épinards, mozarella )

Terminons la visite au Musée un peu fouillis. Je suis un peu déçue pour cette première rencontre avec les étrusques.

Le retour se fait sans problème. Nous profitons bien de la piscine pour nous seules  . D’après la télévision, il doit faire une température de 32°C.

Florence : Bargello

CARNET TOSCAN

Bargello - cortile

Le Palais du Bargello a très belle allure, surtout le Cortile : arcades hautes et cintrées peintes, murs décorés par les écussons des armes des Podestats. Autour de la cour, de nombreuses statues. Un groupe de musiciens nous plaît.
Bacchus ivre
Les chefs d’œuvre sont réunis dans la salle de Michel-Ange. Dès l’entrée,  le Bacchus ivre attire le regard. Je pense au Satire dansant ou à l’Ephèbe de Motzia. Seuls, ils meublaient un musée. Le Bacchus pourrait avoir cet honneur. On pourrait prendre son temps pour l’admirer. C’est une statue étrange. Peu de sculpteurs ont représenté l’ivresse. On peint plutôt un personnage dans une attitude honorable et digne.

Un beau médaillon Tondo Pitti, représente une Madone, Jésus et Jean Baptiste. Encore un témoignage de l’originalité de Michel-Ange, cette madone ne ressemble à aucune Madone.

Nous examinons de nombreuses statues de cette salle. Retrouvons Ammanati avec un curieux Leda et le Cygne.
Je découvre un sculpteur que je ne connaissais pas : Giambologna, Jean de Bologne. Nous retrouvons Persée de Cellini.

J’ai du mal à analyser mes sentiments devant tous ces chefs d’œuvre. La première impression est la curiosité. Dans toutes mes lectures, j’avais entendu parler de tous ces sculpteurs fameux sans pouvoir fixer une image. Mon premier élan est de classer : un artiste, une époque, une œuvre. Après seulement, je peux me demander ce qui me plaît vraiment. Est ce que c’est beau ? Sauf dans les cas exceptionnels de quelques chefs d’œuvre où la réponse saute aux yeux. La question ne se pose pas.

Je retrouve Donatello avec qui j’avais fait connaissance hier au musée de l’Opera del Duomo. Tout le bestiaire de Giambologna me ravit. Plus vrais que nature, le dindon, le hibou  ou l’aiglon. Les représentations d’animaux me font toujours craquer.

della Robia

 

Nous retrouvons aussi les médaillons émaillés et les compositions de terre cuite vitrifiée des Della Robbia. L’atelier comprenait toute une famille : Luca, Andréa. Cela me rappelle les Gagini en Sicile. Je n’ai pas repéré lequel était le plus doué. Tous ont la même facture : tête des madones blanches, vêtements bleus et pourtour décoratif. C’est extrêmement reconnaissable. La dame d’hier pouvait bien frimer !

Nous passons devant des objets de prix : ivoires, horloges, art islamique. Impression de bric à brac.
Après un dernier regard à Bacchus, nous nous séparons.

Florence « L’Inquietudine e la Grazia » expo temporaire Boticelli et Lippi

CARNET TOSCA N

L’exposition temporaire est consacrée à Botticelli mais aussi à Filippino Lippi et à d’autres peintres florentins du Quattrocento. Elle a pour titre L’Inquietudine e la Grazia.

J’ai renoncé à visiter les Offices pour cause de queue

Ne pas voir Botticelli me chagrinait. Je suis comblée. Les expositions thématiques sont plus abordables que les grands musées. Dans chaque salle, je choisis mes tableaux préférés, je retourne les voir plusieurs fois et je m’imprègne de l’atmosphère de l’expo. Je choisis donc l’Annonciation ou plutôt la moitié, côté ange, les madones et surtout le visage des anges. Le visage de la femme au centaure (ce n’est pas le nom du tableau).
L’adoration des Bergers


Un tableau m’a ravie : l’adoration des bergers de Ghirlandaio (retable de l’église Santa Trinita). Ce tableau est d’une richesse incroyable. Au début l’œil est attiré par la crèche, Marie, Joseph, l’âne et le bœuf (le bébé » trop potelé ne me plaît pas). Les visages des bergers sont étonnants de réalisme. Puis je me suis attachée à regarder le paysage ravissant, et enfin la foule qui descend la route. Finalement,  tout en bas du tableau sous le berceau, je découvre un petit oiseau. Je crois que je pourrais regarder des heures ce tableau sans m’ennuyer.

Florence : Santa Croce

CARNET TOSCAN

Florence capella dei pazzi

Santa Croce est une des plus grandes églises de Florence.

Sur la place   se déroule le Calcio en costume. Les tribunes masquent la belle façade peinte d’un palais.

La façade de Santa Croce est en marbre blanc incrusté de marbre vert comme San Miniato comme le Duomo, le Baptistère…Elle ne date que de 1863. C’est une sorte de gothique un peu raté. L’architecte se serait inspiré d’une niche de Orsanmichele. Nous sommes blasées des façades blanches et vertes et ne lui consacrons qu’un regard distant.

Tombeaux des hommes célèbres

L’intérieur, très vaste et gris fait aussi penser à la nef du Duomo. Mais l’espace a été largement rempli pendant les siècles. Sur les deux murs de la nef, on a installé des tombeaux monumentaux. Le premier est le plus grand : celui de Michel-Ange, à côté, le cénotaphe de Dante, le tombeau de Machiavel, Rossini, Galilée et même Marconi (il y en a d’autres mais leurs noms ne me dit rien). Des traces de fresques apparaissent entre les décorations plus récentes.
Chapelles
Dans les nombreuses chapelles nous voyons des fresques mais nous sommes pressées par le temps. A 13h14, il faut reprendre la voiture D’ailleurs, la troisième visite est toujours un peu bâclée.
La Chapelle des Prizzi est vide mais tout à fait différente : œuvre de Brunelleschi (1446-1470) ? C’est le premier chef d’œuvre de la Renaissance. La coupole, les arches et les corniches sont soulignées par des cannelures imitant les colonnes antiques avec des faux chapiteaux corinthiens de couleur grise tranchant avec le blanc des murs.

Les seules décorations sont des médaillons ronds de Luca Della Robia. Il y a également des guirlandes de terre cuite vernissée représentant des fruits.

Depuis deux jours, nous commençons à nous familiariser avec ces artistes qui ont travaillé aux divers monuments que nous visitons. Nous traversons le petit musée de l’Opera de Santa Croce sans nous arrêter, nous sommes arrivées à saturation des visites.
La salade du traiteur de Galuzzo
Juste avant d’arriver à Galluzzo, nous remarquons un traiteur à l’angle des deux routes et achetons de la salade de pâtes. Par cette journée la plus chaude de la semaine nous n’avons envie, que de salade. Celle-ci est délicieuse. Les pâtes en torsades de plusieurs couleurs sont assaisonnées avec du basilic frais (on en achète tout un bouquet), du piment, invisible mais bien fort, de l’huile d’olive, bien sûr, parmesan gratté et tomates fraîches écrasées. Les tomates donnent tout le goût. Avec cela, croquettes de pomme de terre, jambon cuit roulées dans la chapelure.

Florence : Oltrarno – Palais Pitti

CARNET TOSCAN

Au réveil, temps  gris.

A la grille,  j’ai dessiné l’allée des lavandes avec la petite entrée arrondie, ses bancs de pierre tachés de lichens, les poteries de géraniums rouges. Au dessus de la piscine, paysage de campagne toscane avec de beaux bâtiments massifs, des haies de cyprès, un chataigner splendide et au premier plan l’oliveraie. Les petites bornes arrondies de pietra serena, gravées d’un côté de motifs enroulés, de l’autre en arêtes de poisson, m’apparaissent comme très distinguées.
Petit déjeuner très chic: jolie vaisselle de porcelaine blanche, des sets verts sur la toile cirée aux lierres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Oltrarno
l’Oltrarno, quartiers sud de Florence;

parking gardé à l’intérieur de la muraille près de la Via Ariosto près de la Piazza Tasso.

L’église Santa Maria del Carmine est ouverte pour la Messe mais la chapelle Brancacci où se trouvent les fresques est inaccessible. (Le musée n’ouvre qu’à 10h).
Nous nous dirigeons vers le Palais Pitti par une rue commerçante très agréable. Ce quartier est moins touristique que ceux situés de l’autre côté de l’Arno. Il y a des boutiques d’alimentation, des quincailleries, un petit marché de fringues pas chères, des Italiens dans la rue, beaucoup de vélos et de vespas. . Les voitures sont tolérées seulement pour les livraisons.

Palais Pitti

Ce palais est monstrueux, ses dimensions imposantes et sa façade austère. Peu de décor en dehors du bossage des blocs qui la composent. On ne peut pas appeler cela des moellons ou des pierres. Ce sont des blocs de grès brun. Devant la façade, une étrange esplanade nue en pente, très inhospitalière et déserte. Pourquoi cette pente ? Les portes sont très hautes.

Pour parvenir à la Galerie Palatine, je compte les marches de l’escalier théâtral, 20 marches par volée, et il y a 4 volées. J’ai grimpé l’équivalent de cinq étages d’un immeuble moderne pour arriver au premier de ce palais !

Les murs sont couverts de cadres. Quelquefois trois, sont accrochés les uns au dessus des autres autour de toiles énormes. Des fresques 19ème décorent le plafond. Les salles ont des noms antiques : les Muses, Apollon, Mars ou Jupiter. Le Guide Vert est d’une précieuse aide. Nous serions perdues devant  des tableaux si nombreux. Dans chaque salle nous cherchons la sélection du Guide Vert grâce aux descriptions. Nous cherchons donc les Rubens, les Titien et les Raphaël. Peintres tellement connus qu’on a l’impression de les avoir déjà vus. La découverte est totale. Les étiquettes ne sont pas toujours d’un bon secours .Avant le départ à Florence, deux rendez vous pris dans mes lectures de Dominique Fernandez : Caravage et Andréa del Sarto.

Un seul Caravage ici, et le pire : l’Amour Endormi, plutôt le Bébé Mort ! Il est sinistre à souhait comme l’avait suggéré Fernandez. Andréa del Sarto, admiré par Gian-Gastone, le dernier des Médicis, et sans doute par Fernandez, est beaucoup moins discret : de nombreuses toiles grand format très colorées.
Dans la même salle, deux Assomptions se font face : la Vierge trône avec les angelots sur un épais nuage gris. Les personnages en dessous diffèrent dans les deux tableaux. Dans l’un, ils sont âgés dans l’autre, jeunes. Je trouve une troisième Assomption un peu plus loin Sur l’étiquette à la place d’Andréa del Sarto : Agnolo.
Sans l’aide du Guide Vert je reconnais Botticelli et Lippi.
Les tables aux incrustations de pierres dures sont magnifiques. En revanche, les décors des appartements royaux (Victor Emmanuele comme à la Pétraia) sont pompeux, toujours de style empire sans surprise.

Le ciel s’est obscurci. Il tombe quelques gouttes. Nous renonçons aux Jardins Boboli