Santa Lucia di Talllano vue du couvent franciscain
6h30, bain matinal. 4 dames font du longe-côte. Il y a quelques vagues ce matin. On a « construit » avec des flotteurs jaunes une « piscine » rectangulaire. D’habitude, j’aime nager le plus loin possible parallèlement à la côte. Avec les vagues et la « fermeture » de la plage, (sans aucun avis la confirmant) je ne veux pas cumuler les transgressions et reste dans la piscine.
Saint-Lucie-de-Tallano est située à 8.5 km de Levie. la D59 est un peu plus fréquentée que dimanche dernier mais toujours dans un paysage sauvage, des forêts magnifiques. J’admire les chênes-liège, les pins mésogéens très hauts. Le GPS est aussi altimètre, j’essaie de déterminer la limite des chênes et des pins. Ce n’est pas net, n’est pas Humboldt qui veut ! Même exercice avec les châtaigniers qui poussent plutôt vers l’intérieur tandis que les chênes-liège se trouvent près du littoral. Les châtaigniers sont en fleurs, forte de feu d’artifice végétal, jaune pâle. Les châtaigniers sont aussi ceux dont les branches desséchées dépassent des cimes vertes. Souffrent-ils de la sècheresse ou sont-ils malades ?
le couvent saint François
A l’entrée de Sainte-Lucie-de-Tallano, au-dessus du parking, une grande église se trouve près d’un haut bâtiment. C’est le Couvent Saint François . Bâti à l’écart du village, il est précédé par une terrasse en balcon plantée de mûriers, fraîche et ombragée avec un point de vue sur le village et les montagnes environnantes qui sont dominées par le Monte San Petru (1400 m). Le couvent a été construit en 1492 sur l’emplacement d’une maison-forte par Rinucciu della Rocca qui fut d’bord un partisan des Génois puis leur ennemi. Le 6 vendémiaire de l’an XII, bien national il abrita un bataillon d’infanterie.
Il fait frais dans la montagne, le vent souffle sous les mûriers. Pas facile de prendre en photo la grande église, très sobre ni les arcades du cloître, je filme quand je n’arrive pas à trouver le cadrage satisfaisant.
Sur la place du village, d’un côté l’église et un magasin de souvenirs qui vend des bracelets avec « l’œil de Sainte Lucie » qui est l’opercule d’un mollusque (Astrée rugueuse ou Bolma rugosa) .
Maison forte
En face le Monuments aux morts de la Grande Guerre qui est signalé à cause du socle en diorite orbiculaire, roche volcanique locale très décorative, noir polie criblée de disques rayonnés blancs en cercles concentriques. Ces monuments sont toujours pour moi un sujet de stupeur avec de si longues liste pour de si petits villages.
Pressoir è huile
Pour terminer le tour de la place, un café (clients locaux), un restaurant et au fond une pizzeria avec une terrasse-jardin. Nous choisissons le Santa2 Lucia qui a une grande terrasse ouverte surplombant la place (covid oblige) et je file au Moulin à Huile, au bout du village qui ferme à 12h précises. Entrée 2€ visite guidée des presses, des jarres et du mécanisme entraîné par la roue à aube (mais il n’y a plus d’eau). Dans la pièce voisine une cheminée garde une température assez douce pour que l’huile ne fige pas. Il y a aussi une chaudière pour la seconde pression à chaud qui donnera de l’huile d’éclairage ou pour le savon de Marseille. Aujourd’hui, on n’utilise plus ce pressoir antique (qui n’est plus aux normes mais qui pourrait fonctionner) on porte les olives à un pressoir moderne.
jarre à huile
La carte du Santa Lucia est variée. Elle propose des assiettes de charcuterie (comme partout en Corse, des salades, des pâtes et des plats consistants comme du sanglier. Je choisi des tripettes de veau servies dans une sauce rouge parfumée avec une grosse pomme de terre fondante. Bien servi, je renonce aux desserts à a châtaignes bien alléchants.
Santa Lucia di Tallano rue du village
La visite suivante : saint Jean Baptiste à côté du hameau de Poggio était le but d’une promenade d’une heure sur » un sentier frais avec passage d’un gué » vanté par le guide vert. Nous n’avons jamais trouvé le départ et ce n’est pas faute d’avoir cherché ! pourtant tous les gens nous ont dit qu’il y avait un panneau. Après avoir tourné, retourné, je renonce à la promenade et nous arrivons beaucoup trop tôt à Sotta où un concert de polyphonies corse se donnait à 19h. Nous aurions dû attendre 2h30 !
Plage fermée pour cause de pollution -hydrocarbures, je ne descends pas, frustrée. Nous avions prévu de retourner à la pointe de Capicciola. Il faudra improviser autre chose.
Nous irons visiter Porto Vecchio !
le port fut autrefois un port de commerce actif avec l’embarquement du liège. La fabrique de liège, en face du port, est fermée; son bâtiment utilisé pour des activités culturelles. La port est maintenant une marina de plaisance. Nous cherchons les salines, j’aime bien me promener dans les maris salants mais nous les cherchons au nord alors que nous les avons dépassés à l’entrée de la ville.
Dominique gare la voiture sur une rampe qui monte à la ville haute à l’ombre de très grands oliviers. Je suis vite déçue dans mon exploration de Porto Vecchio. La vieille ville se résume à deux rues et les ruelles adjacentes remplies de tables de restaurants. Les rues commerçantes sont sans intérêt sauf peut être les deux boutiques des couteliers. Lame finement ouvragée, manche en corne de mouflon ou de bélier et prix à trois chiffres, certains atteignent 300 €. J’ai très envie d’un couteau, compagnon des pique-niques de la randonneuse. Je m’attache à cet objet familier mais ils finissent toujours par disparaître. Qu’est devenu mon couteau de scout à 8 lames ? et le laguiole acheté à Orcival pour mes 50 ans avec son manche en bois de rose, et le petit noir trouvé au marché aux puces de Sofia ? J’hésite à dépenser une grosse somme pour un objet que je vais égarer.
Accueil étrange à l’église. Juste devant moi, arrive un groupe de garçons excités qui font un jeu de piste et doivent trouver des indices à l’église. Le curé, habillé en curé, et un homme les accueillent « Entrez, entrez dans la Maison du Seigneur ! ». Les gamins se ruent à l’intérieur brandissant leur questionnaire. Le monsieur les arrête « Et le signe de croix, vous ne savez pas le faire ! Il faut du respect ! ». Moi, je ne sais pas le faire ! je n’ai rien à faire ni dans la maison du seigneur, ni dans la petite chapelle des confréries juste en face gardé par le monsieur qui exige le respect.
J’ai enfin trouvé les fortifications et les remparts. On peut entrer dans le Bastion de France et monter sur la terrasse pour un beau point de vue sur le port et les montagnes environnantes. Je découvre les salines que nous cherchions.
Porto Vecchio : bastion de France
J’ai hâte de retrouver Dominique et de quitter cette ville où le port du masque est exigé par voie d’affiches omniprésentes. Tous les passants le portent (et pas sous le menton). Il fait près de 30°, je suffoque.
Casteddu d’Arraghju
Casteddu dr’Arradju
Dans la Sardaigne, toute proche, les hommes du Néolithique construisaient des nuraghi : tours fortifiées. En Corse ce sont des Torres perchées sur des chaos granitiques dominant les alentours ; A Cuccuruzzu et à Capula ils mettaient à profit les tafoni, cavités dans les roches. A Capula où le site a été occupé après la Préhistoire pendant le moyen âge, les vestiges sont moins lisibles.
Au village d’Arraghju, il y a de belles propriétés et des restaurants (dont 1 cher) qui ne voient pas d’un bon œil que les touristes laissent leurs voitures n’importe où. Un vaste parking leur est réservé à l’extérieur du village à près de 500 m du départ du sentier ; « Mais il est très agréable » commente un jeune touriste. De très vieux chênes-lièges donnent une très belle ombre.
Le sentier qui monte au Casteddu se faufile au ras des tables de la Casette. Un écriteau prévient que chacun doit être prudent et que la mairie se décharge des accidents éventuels. Prudents, certes, mais surtout bien chaussé et muni d’une gourde d’eau. Les chaussures de marche sont nécessaires et le bâton de marche n’est pas superflu. Le « sentier » emprunte le lit du ruisseau. Il monte à pic dans les broussailles; les racines des chênes tendent des pièges aux étourdis et des branches pointues viennent m’érafler le genou. Les rochers forment de hautes marches. Pour me hisser je m’accroche aux branches. Pas à celles des bruyères qui n’ont aucune solidité et cassent dans ma main ; ni à celles des cistes qui n’ont pas de consistance, le chêne-liège offre un tronc solide, mes préférés sont les arbousiers et les myrtes qui ne piquent pas. Poser de préférence les pieds sur des pierres bien saines et non pas sur l’arène qui roule, et se méfier des racines. J’envie Manon, 3 ans et Raphael 7 ans lestes et légers que leurs parents hissent d’une main énergique quand la marche est infranchissable. Je me sens lourde et essoufflée mais j’arriverai avant eux. J’appréhende la descente elle sera plus facile que la montée à condition de prendre son temps pour choisir ses appuis et ne pas hésiter à s’assoir sur le bord d’un rocher. Elle prendra la moitié du temps de la montée. (130 m de dénivelée, 1.3 km seulement selon Visorando, 50 minutes).
La Torre se mérite. On est bien récompensé quand on découvre les murailles hautes et épaisses d’une enceinte imprenable qui domine la région avec des loges, pièces construites avec soin.
Pique-nique dans la forêt de l’Ospedale
le lac dans la brume
La recherche d’un coin pique-nique vire au casse-tête. Nous optons pour la montagne et retournons au barrage de l’Ospedale. Pendant le déjeuner des bancs de brume passent tout près. Je sors ensuite mon carnet moleskine et dessine les troncs des pins mésogéens appelés aussi Pins de Corte selon Plantnet et les Cistes de Crète (Plantnet). Je dessine sans me préoccuper du résultat heureuse de ce moment d’observation, de concentration. Dessiner me permet de découvrir des détails que je ne vois pas au premier regard.
A la sortie de Porto Vecchio, la D368 s’élève très vite dans la montagne jusqu’au Col de Punticella (78 m) d’où la vue est très belle sur la Baie de Porto Vecchio. Les lacets deviennent de plus en plus serrés à travers une forêt magnifique : les pins ont succédé aux chênes-verts et aux chêne-liège.
l’Ospedale (850 m) nouvel arrêt pour le panorama. Selon la table d’orientation, on pourrait voir la Sardaigne et les îles italiennes. Elles sont noyées dans la brume.
Les sommets se profilent, je reconnais les Aiguilles de Bavella à leur silhouette, pourtant distantes de 20 km. Pour les autres montagnes il faudrait l’aide d’un guide. La route suit la rive du lac de barrage de l’Ospedale qui brille entre les futs des pins. L’autre rive est déserte et les montagnes sont pelées. Des blocs de granite ont des formes fantastiques. Un rocher semble tenir en équilibre sur la paroi lisse.
lac de barrage dd l’Ospedale
La route continue ses virages dans la forêt de Zonza. A chaque tournant, une nouvelle perspective. Des flèches jaunes signalent les départs de randonnée. Je me réserve la balade de la Cascade pour une prochaine occasion. Ce sera un plaisir de revenir sur cette route aussi splendide que spectaculaire.
Ma silhouette donne l’échelle de ces arbres géants
Zonza est une station touristique d’altitude, bien organisée avec des hôtels, des campings, un office de Tourisme, location de vélos, parcours accrobranche…Nous quittons la D368 pour la D420
Quenza
Quenza
Quenza, joli bourg, met en valeur son patrimoine en apposant de nombreuses plaques commentant l’habitat, l’histoire, la géographie locale. Un sculpteur a organisé dans son pré « un jardin de sculptures » majoritairement en fer forgé en détournant des objets du quotidien (grilles, cornières, piquets) et quelques sculptures de granite. Le granite est très présent dans le village : dés énormes et une belle sitelle.
la sitelle de granite de Quenza
Sur Wikipédia j’ai trouvé que Quenza organisait régulièrement des biennales de la sculpture et particulièrement la taille du granite. On peut aussi voir à Quenza un « château toscan » (récent). Au centre du village la grande église Saint Georges est sévère comme les autres églises de granite de la région. A l’intérieur se trouveraient des panneaux peints mais elle est fermée. Les maisons de granite gris ont souvent un étage et des balcons en fer forgé.
A la sortie du village, à l’écart, la petite chapelle Santa Maria Assunta est surnommé la chapelle de l’an Mil. Aucun décor extérieur, un toit de lauzes sur l’abside en cul-de-four. Elle est ouverte, aussi simple à l’intérieur qu’à l’extérieur sauf l’autel qui porte de nombreuses statuettes et surtout des fresques 15ème.
Serra-di-Scopamena
Le but de l’expédition d ’aujourd’hui est un Chemin du Patrimoine promenade de 50 minutes autour du village. Problème n°1, trouver le départ de la randonnée, problème n°2 : trouver un parking agréable et ombragé pour Dominique qui va m’attendre.
Serra di Scopamène : moulin
La petite place de l’église est plantée de tilleuls, il y a des bancs et une belle vue. Une dame en gris se promène en fumant, elle ne connait pas le sentier, en revanche, le monsieur en rouge, oui. Il indique la piste derrière l’église qui descend dans la forêt de châtaigniers. Pas de balises mais une seule piste conduit au Moulin. Belle maison de pierre avec une roue à aube intacte. Le tout petit filet d’eau qui s’écoule était-il suffisant pour actionner la roue ? Ce moulin fonctionnait sur deux niveaux, au plus bas : pressoir à huile d’olive, au niveau supérieur une meule à grain pour les châtaignes. Après le moulin, je trouve les flèches en ferraille et les cairns. Le circuit m’entraîne dans le haut du village parmi de belles maisons de pierre. Certaines sont grandes avec des escaliers extérieurs, des arches. D’autres sont plus modeste, basses ?
La plus grande porte une plaque triangulaire sculptée au-dessus de la porte, elle est ornée d’un très beau rosier rouge. Le sentier monte dans la châtaigneraie. Les châtaigniers ici sont qualifiés d’ »arbres à pain ». Parmentier les aurait étudiés avant de promouvoir la pomme de terre. Au programme de la visite : des séchoirs à châtaignes. Je les ai loupés (ou pas reconnus) . Peut-être étaient-ce ces maisonnettes qui ont perdu leur toit ? la balade s’achève au lavoir égayé par des fleurs roses qui poussent entre les pierres du mur. ( Valériane rouge (Centranthus ruber) ou valériane des jardins).
Serra di Scopamène : lavoir
A Zonzanous prenons la route de Levie dans la forêt pour visiter le Musée Archéologique de l’Alta Rocca en espérant le trouver ouvert : le site n’est pas mis à jour sur Internet et ils ne répondent pas au téléphone alors qu’on les a appelés trois fois ce matin.
Le Musée s’organise autour de la présentation du territoire et sa géologie, puis un parcours chronologique commence au Mésolithique avec l’arrivée des humains en Corse 8500 av.J.C. pour se terminer avec la mort du seigneur Rinuccio della Rocca en 1511.
La section qui m’a le plus intéressée est celle de la Géologie de la Corse :
Je recopie la chronologie proposée qui me fixe un cadre mais qui ne rend pas compte de toute la complexité de la Géologie de l’île.
a)Formation de la Corse ancienne :
325MA – 280MA (Dévonien-Carbonifère) contemporaine des chaînes hercyniennes (massif de Cagna et de l’Ospedale) Gabbro dioritique de Sainte Lucie
285MA – 130 MA structure annulaire de Bavella
b) formation de la Corse alpine
Au Tertiaire : rotation de la plaque ibérique, le bloc corso-sarde s’éloigne de l’Europe.
Quaternaire : 20.000 la Corse et la Sardaigne forment encore un seul bloc
12.000 le relèvement du niveau de la mer opère la séparation entre la Corse et la Sardaigne.
J’ai beaucoup apprécié les échantillons de roches : Granite, Diorite et surtout Diorite orbiculaire de Sainte Lucie de Talliano ; gabbros (pierres demi-deuil) Rhyolites de l’Ospedale et de Zonza.
Peuplement animal
le Prolagus corse et le sarde sont éteints mais le pika leur ressemble
Holocène : Arrivé de l’homme vers 9000ans av. JC et introduction de nouvelles espèces
Pléistocène : baisse du niveau marin, pont avec l’Italie permet l’introduction de nouvelles espèces
Pliocène : asséchement messinien des espèces africaines s’installent ;
Miocène : séparation du bloc corso-sarde comparé à une « arche de Noé à la dérive »
Des fossiles sont présentés : le Cerf de Caziot megaloceros cazioti provenant de la Grotte de Nonza. C »est une forme naine
La vedette du musée est le Prolagus (lapin-rat) dont on voit le squelette. Ce rongeur fut consommé en Corse pendant 8000 ans et même jusqu’au XVIIIème siècle en Sardaigne. Ces rongeurs étaient consommés en brochette
Une « rencontre » : la Femme de Bonifacio
la femme de Bonifacio
Le squelette de cette femme datée 7000-6500 av. JC est présenté dans la position où elle a été retrouvée. Agée environ de « ( ans, elle était lourdement handicapée et n’aurait pas pu survivre seule. C’est donc la preuve de l’existence de la solidarité du groupe et de l’organisation sociale à l’époque.
18h45, Je descends à la plage de Santa Giulia pour ma baignade du soir alors que les familles sont parties . La baie retrouve sa sérénité. C’est aussi l’heure du bain des chevaux qui tournent comme au manège avec des cavaliers fort dévêtus. Aujourd’hui, il reste encore du monde sur le sable et les terrasses des bars sont pleines. Personne, absolument personne dans l’eau. Une guirlande de flotteurs réduit la baignade à la dimension d’une très grande piscine. Un gros homme se démène et parle dans un talkie-walkie. Je ne remarque que plus tard son écusson tricolore. Il lâche son appareil et crie « La plage est interdite, retournez à vos véhicules ! » – « c’est une blague ? » – « non, cela vient de tomber ! » Un cargo a dégazé sa cuve au niveau de Solenzara et la nappe d’hydrocarbure dérive vers le sud. Depuis deux jours la télévision relaie l’information d’une pollution des plages corses.
Aucune boulette de mazout, aucune trace de pétrole. L’eau est limpide. Non seulement on n’a pas le droit de se baigner, mais on ne peut même pas rester sur le sable et profiter de la douceur du soir. Il a fait plus de 30° à l’intérieur des terres. Près de l’eau, on respire. Et nous voilà à nouveau punis ! Après confinements et couvre-feux, on évacue les plages. Il n’y a que deux policiers municipaux pour toute la plage et tout le monde obtempère. Le covid nous a rendu bien obéissants ! je regarde la plage se vider à regrets et je remets mes tongs (mon véhicule comme l’a dit le gros homme).
9h :parking de la Marine de Bonifacio. Le prix (0.70€ le quart d’heure) n’incite pas à la flânerie. De la Marine, partent les excursions aux îles Lavazzi . Il y en a pour toutes les durées et toutes les bourses. De très beaux bateaux sont amarrés. Des restaurants occupent les quais, du kebab aux très luxueux, servant des petits déjeuners aux plaisanciers. Ils ne m’attirent pas vraiment tout semble banal, standardisé.
Au bout du quai, de la petite église Saint Erasme, la montée Rastello est une rampe pavée avec des escaliers jusqu’au Col Saint Roch. Montée bien raide mais on est récompensé par la vue sur les falaises blanches et les côtes de la Sardaigne.
Bonifacio : la ville vue du sentier de campo romanello
Au lieu de rentrer directement dans la ville haute, je continue la montée pour aller chercher le plus beau point de vue en emprunter une rampe qui se poursuit par un sentier du Campo romanello qui longe la falaise. Les falaises blanches et l’eau turquoise me fascinent mais je n’ai pas le temps de terminer la promenade ; la visite de la ville m’attend.
Bonifacio rues étroites et église Ste Marie Majeure
J’entre par la Porte de Gènes, accès à la Citadelle. L’Office de Tourisme qui n’ouvre qu’à 10 h est encore fermé comme le Bastion de l’Etendard. Je me promène un peu au hasard dans les rues si étroites qu’une série d’arches relient les maisons au-dessus de la rue. les maisons les plus anciennes sont ornées de festons, d’arcs romans. Je découvre ici une belle fenêtre avec une colonnette, ici une plaque ? La promenade est agréable mais les restaurants ont envahi les rues si bien qu’à l’Eglise Sainte Marie Majeure le fumet du poisson entre par la porte latérale ouverte sur les tables du restaurant voisin. Les parasols cachent les plaques des rues si bien que j’ai beaucoup de mal à me repérer sur le plan.
lz g=falaise blanche de Bonifacio
Mon regret : de ne pas avoir emprunté l’escalier du roi d’Aragon haut de soixante mètres avec 187 marches creusées dans la falaise (selon la légende en une seule nuit pendant le siège de la ville par les troupes du roi d’Aragon en 1420). La billetterie n’accepte ni la monnaie, ni les cartes de crédit. Il faut scanner un QR code et s’inscrire sur le formulaire par Internet. Curieux procédé qui bugue (pas de Wifi et les données mobiles n’entrent pas, parasitées par la Sardaigne, me dit-on). On peut acheter le billet à l’Office de Tourisme qui vient d’ouvrir mais la queue est rédhibitoire.
Les jardins de Carrotola sont reposants .
Goulet de Bonifacio
La Grande Eglise Saint Dominique est fermée (ouvre à 11 h). C’est la seule église gothique. Je redescends par une promenade au- dessus du Goulet de Bonifacio. J’entends les commentaires au micro des bateaux-promenades ce qui donne très envie de les emprunter. Dominique est rebutée par la foule qui fait la queue au guichet.
les falaises vue du cap Pertusato
Promenade en voiture au Cap Pertusato. Une mauvaise route conduit au premier sémaphore, il faut ensuite continuer à pied sur la piste jusqu’au second à la Pointe de Sperone. Peinte sur le ciment une flèche verte et l’indication « plage ». En dessous la plus jolie plage secrète. Malheureusement je n’ai pas mon maillot et cela aurait peut-être été long de descendre. Je me contente de prendre la photo.
Sous la falaise une plage bien cachée
Nous cherchons une plage pour déjeuner. Du côté du Cap Spérone, les propriétés sont enfermées dans de grands murs, un golf- également enfermé – occupe la pointe avec une marina contenant de beaux bateaux. A Piantarella pas de place pour s’arrêter. Retour à Bonifacio pour tenter notre chance vers la pointe de Capicciola. Dans le Golfe de Santa Manza, juste avant la pointe nous trouvons deux charmantes plages vierges de tout équipement. De l’eau claire et tranquille. Un bonheur de baignade. Nous nous promettons d’y revenir !
J’ai renoué avec le plaisir des baignades matinales, les meilleures quand la surface de l’eau est un miroir qu’aucun mouvement n’a altéré et que le soleil se lève derrière la colline avec son éclairage particulier. Malheureusement je ne suis pas seule, une bande de jeunes chahute bruyamment.
La D459 tortille jusqu’à Sotta où nous trouvons la D59 qui rejoint Levie. C’est une très jolie balade en voiture. Tôt le dimanche matin, il n’y a personne et la route est à nous. Le paysage est somptueux. Près de la côte, les chêne-liège sont magnifiques et écorcés, ils me rappellent la Sardaigne. Tout comme les gros blocs de granite qui émergent de la végétation. Quand on monte en altitude les pins remplacent les feuillus. Certains sont très hauts. Les panoramas sont bluffants. Je reconnais sur la côte la Baie de Santa Giulia avec son arrondi et le petit lac derrière la plage. Du de la montagne, des rochers rouges ressemblent à des châteaux et des éperons. Au loin, les aiguilles de Bavella dominent les crêtes. Brusquement on passe un petit tunnel. Les cistes rose sont en fleur. Le GPS de la DS3 indique l’altitude, je prends l’habitude de le consulter chaque fois que je trouve des fleurs. Malheureusement Plantnet a des limites : celles de la 4G. Le GPS a aussi perdu le signal dans la montagne, nous naviguons au jugé. Facile puisqu’il n’y a qu’une seule route. 809m Col de Bacinu. Passé le col, les feuillus remplacent les pins surtout les chênes.
On traverse des villages Orone , très petit, quelques maisons. Carbini est plus important. Une surprise nous y attend l’église Saint Jean-Baptiste, église romane en granite ; On reconnaît la ressemblance avec les églises pisanes du Nebbio. Le granite plus dur, difficile à sculpter élimine toute décoration superflue. C’est donc une église austère avec un très haut campanile au milieu de son esplanade herbue. Un écriteau raconte que Prosper Mérimée l’a découverte en ruines et a recommandé sa restauration et son classement.
Carbini : église romane en granite
Alors que j’allais retrouver Dominique à la voiture une très vieille dame vient à ma rencontre, portant un vase contenant un grand bouquet de lys. Je devine qu’elle va fleurir l’église et lui demande la permission de l’accompagner. Elle est ravie parce que je peux l’aider à ouvrir le portillon et le refermer. Elle peste : celui qui tond la pelouse serait fâché si les vaches entraient dans l’enclos.
« Toute cette belle herbe serait mieux dans leur ventre ! Quel saccage, cette tonte qui chasse les insectes de leur milieu de vie ! »
Commentant le style de l’église :
» Pise a envahi la Corse, puis Gènes, nous avons toujours été envahis. C’est pour cela que nous sommes toujours sur nos gardes. C’est dans nos gènes de se méfier de l’envahisseur ! Mais c’est stressant. Mon cardiologue me l’a dit. »
Dans l’église, elle cherche Saint Antoine. Effectivement, les statues ont quitté leurs supports. Il ne lui reste plus qu’à placer les lys de Saint Antoine sur le socle à la place de la statue.
Remontée en voiture, je me remémore les festivités de la fête de Saint Antoine de Padoue, il y a deux ans dans la Basilicate. Ici, la vieille dame fête le saint le 13 juin toute seule et me prend à témoin.
Levie est un gros bourg de l’Alta Rocca aux maisons de granite massives à l’architecture sobre.
Cuccuruzzu : chemin bordé de pierres depuis les temps anciens
Le site archéologique de Cuccuruzzu est bien indiqué par des flèches touristiques marron, un vaste parking ombragé se trouve à l’entrée du site. Au guichet, on donne avec les tickets (3€/4€) un livret explicatif qui permet une visite individuelle. Avant le Covid, la visite se faisait avec un audioguide supprimé par les mesures sanitaires. Le circuit se parcourt en deux heures, il faut être bien chaussé, certaines parties sont escarpées et glissantes. C’est donc une très belle promenade dans la forêt vallonnée qui rejoint les deux sites de Cuccuruzzu et de Capula avec explications archéologiques, géologiques et ethnographique.
Tafoni : cavité naturelle dans les blocs de granite
Je passe à côté de grosses boules d’un chaos granitique. Certains blocs ont été creusés par l’érosion formant les tafoni – cavités semblables aux caries dentaires (selon le livret) . les hommes préhistoriques auraient utilisé ces abris naturels pour eux-mêmes, leurs bêtes ou pour y stocker des choses. Souvenirs pédagogiques, avec les 5èmes, je passais une bonne séance sur la formation d’un chaos illustré avec mes photos de vacances en Bretagne. On signale au passant un châtaignier vieux de 800 ans, planté sous les injonctions des génois et encore vivant maintenant.
Le sentier passe entre deux murettes élevées par les paysans (néolithiques ou actuels). Si les murettes tiennent encore debout, les champs ne sont plus cultivés et la forêt gagne du terrain ;
Cuccuruzzu : le chaos granitique fournit des abris sous roche naturels
Le site de Cuccuruzzu est spectaculaire parce qu’il utilise le chaos préexistant pour organiser le casteddu (la forteresse) utilisant les cavités naturelles, tafoni ou abris-sous-roche pour les ateliers des potiers, le moulin du meunier ou la boucherie. Une tour analogue aux nuraghe sarde est assise sur un bloc qui dominait le paysage. Sans doute avait-elle un rôle de guet.
Si le site de Cuccuruzzu est bien lisible avec l’aide du livret, celui de Capula est plus difficile à interpréter. Il a été utilisé depuis la Préhistoire mais aussi au Moyen Age par les paysans et leurs seigneurs qui ont construit château et église. L’accès au fort est difficile et mal balisé mais cela donne un caractère d’aventure à son exploration.
le site de Capula est plus difficile à intrepréter : il a été occupé jusqu’au 16ème siècle
La suite logique de cette visite serait la visite du Musée archéologique de l’Alta Roccaà Levie. Malheureusement (malgré les informations du site sur Internet) le musée est fermé le dimanche. Comme nous passons devant je m’arrête pour trouver pour trouver porte close.
Facile de traverser Bastia en voiture : la T11 longe le port, s’enfonce dans un tunnel sous la citadelle pour occuper ensuite le front de mer, pas un feu rouge ! Nettement moins agréable pour les promeneurs et les cyclistes : bruit infernal et gaz d’échappement. La topographie a sans doute dicté ce choix : comment imaginer une rocade sur les pentes raides et urbanisées ? Jusqu’à l’aéroport de Poretta et même 5 km après jusqu’à Vascovato, on roule sur une quasi-autoroute. la T11 devient T10, toujours bien roulante.
Premier arrêt-baignade à Prunete sur une plage de sable rectiligne aménagée avec un chemin de planches, une douche et un restaurant modeste. Peu d’affluence, je me baigne seule dans une eau agitée par une risée qui contrarie ma nage à contre-courant ; je fais du surplace. Belle manière de me rafraîchir par une journée qui s’annonce chaude.
La T10 est parallèle à la côte mais assez loin pour que la mer soit invisible. Elle franchit un grand nombre de cours d’eau. Entre la route et la mer, des étangs. L’étang de Diane est renommé pour ses moules. Nous traversons Aléria sans nous arrêter, nous promettons d’y consacrer une bonne demi-journée pour le site archéologique et le Musée antique au retour.
REstaurant d’Urbino
La réserve de faune et de flore de Casabianca repérée sur la carte n’est pas accessible, la route est celle du pénitencier agricole, fermée au public. Non répertoriée sur la carte routière, une autre route conduit au Restaurant d’Urbino sur le Lac d’Urbino. Elle traverse des champs déjà récoltés où de grosses roues de foin (ou de paille) sont disséminées dans les chaumes parcourus par des troupeaux de chèvres et de brebis. Des touristes mangent des sandwiches près de leur voiture. Les chiens ont délaissé le troupeau pour réclamer leur part du festin. L’histoire ne dit pas si les touristes se sont laissé attendrir ou intimider. Une langue de terre s’avance dans le lac. Le Restaurant d’Urbino est construit sur pilotis, un peu plus loin une maison de bois est entourée de pieux, c’est un centre d’interprétation qui expose des panneaux sur la faune et la flore du lac. Sur terre, des tables de pique-nique et un très joli magasin qui vend sacs, chemises, chapeaux et souvenirs artisanaux de très belle facture.
Bel endroit pour prendre un verre au-dessus de l’eau. Au loin les chaînes de montagnes ont gardé de la neige qui fait rêver tandis qu’il fait 30°C au niveau de la mer. Le Restaurant d’Urbino est un restaurant de poisson. Nous nous promettons d’y revenir quand nous serons dans les parages. Café pour une pause très paisible.
Déjeuner sous un pin après Solenzara.
A l’approche de Porto Vecchio, la route s’élargit, les glissières sont peintes en bleu ; le relief s’accentue et les prix du carburant atteignent des sommets. La côte devient plus pittoresque.
Arrêt baignade dans l’anse de Fautea, très étroite gardée par une Tour Génoise. Parking devant un restaurant chic, quelques tamaris en bord de la plage de sable blanc. Je ne me suis pas méfiée, dès qu’on entre dans l’eau les galets remplacent le sable. J’ai oublié les chaussons ; il faut me jeter à l’eau et nager. C’est une baignade délicieuse. J’aime les anses étroites que je peux parcourir d’un bord à l’autre. C’est plus joli que les bouées jaunes.
Le GPS nous fait contourner Porto Vecchio sur une rocade, nous ne verrons de la ville que des zones commerciales.
Castell’verde
Arrivée à la Résidence Castell’ Verde. L’hôtesse est charmante. Elle nous a surclassées pour éviter des marches supplémentaires à Dominique. Pas de gaspillage de papier : il faut scanner le QR code, tant pis pour qui n’a pas de smartphone ! Résidence 3*, à flanc d’une colline arborée plantée de pins parasols, de mimosas, eucalyptus et divers arbustes. Les bâtiments sont en bois foncé, 1 étage et des balcons assez vastes pour contenir une grande table assez vaste pour y déjeuner à 6 et un étendoir pour les serviettes et le linge. Le balcon est ombragé par un toit de planches à claire-voie.
Castell’verde notre balcon
A l’intérieur, on se croirait dans un bateau : lits superposés en acajou verni étroits comme ceux d’un ferry, avec des poignées de cuivre. En face la salle d’eau est aussi exiguë que celle du ferry avec des robinets de cuivre à l’ancienne et des marches hautes (comme dans un bateau mais cela se justifie dans le bateau et pas dans la chambre, c’est juste pénible pour Dominique).
Come dans un bateau…
La pièce à vivre est haute de plafond, elle est parquetée. Le canapé en skaï bleu et la petite table ronde rappellent aussi le style bateau. La cuisine est cachée derrière un bar. Comme à Bastia, il semble qu’on s’attende à ce que les touristes mangent au restaurant. La cuisine n’est là que pour la forme. On accède par une sorte d’échelle de meunier à la mezzanine où il y a deux chambres dont une très vaste avec armoire et lit king-size.
Au même niveau se trouve une belle piscine. Quelle idée d’aller à la piscine quand on surplombe la plus belle plage de Corse ! La plage de Santa Giulia est accessible en moins de 10 minutes à pieds par un sentier agréable mais aussi en voiture, pour les clients de Castell’Verde, la parking est gratuit.
Parking bondé, plage bondée également à 17 heures. On se croirait en haute saison. Je fuis, affolée.
Vers 18h45, je redescendrai pour découvrir Santa Giulia dans le calme et la splendeur. L’anse est circulaire, presque un cercle fermé, bordé de pins parasols. Des blocs granitiques pittoresques émergent de la verdure. Le sable est blanc, l’eau turquoise. Ce serait parfait sans une jetée en bois qui permet aux bateaux à moteur de charger des passagers pour des balades en mer vers Bonifacio et les îles. Les restaurants de plage sont très chics et très chers, on loue un lit de plage au prix de 70€ la journée : plus cher qu’une chambre d’hôtel !
Une semaine c’est vraiment trop court pour explorer le Cap Corse ! Nous avons couru de village en village sans prendre le temps des promenades tranquilles ou des baignades sur les petites plages. Aujourd’hui, donc, relâche : révisions et baignades.
Baignade à Pietracorbara
Une très belle plage avec quelques aménagements, un parking, trois restaurants de plage, des bouées jaunes qui délimitent le domaine des nageurs assez éloignées les unes des autres pour me motiver à nager de bouée en bouée. Je me fixe ainsi un cap et nage tranquillement. La piqûre de méduse est oubliée.
Street-art à Luri
Luri oratoire des confréries Julien de Casabianca
Hasards du web ? Coïncidence ? Dominique a découvert un site Alatéia qui présente le travail de Julien de Casabianca qui a réalisé des collages géants à Piazza (commune de Luri) que nous avions remarqué sans nous arrêter. Ce collage a été mis en place récemment le 29 mai dernier dans le cadre du Festival Popularte qui a pour propos de rendre l’art accessible dans des régions peu favorisées. Le grand collage est un détail de la Descente de Croix de Rogier van der Weyden. L’artiste a agrandi le visage de l’une des saintes femmes, Marie Cléophas, qui éponge ses larmes dans un linge blanc. Ce travail me rappelle celui de JR que je vois sur les réservoirs de Valenton et que j’ai appris à connaître dans le film d’Agnès Varda Villages-Visages. Sur la façade de l’oratoire de la confrérie, en face de l’église Julien de Casabianca a reporté la reproduction d’une modeste peinture 19ème siècle .
A Luri se trouvaient aussi les Jardins Traditionnels corses ouverts à la visite. Malheureusement l’établissement a fermé ses portes. Nous avions prévu de coupler la visite des jardins avec celle des collages mais c’est raté ! Le détour dans les chênes-verts et les oliviers géants est très agréable.
Santa Severa
La petite route débouche à SantaSevera où nous ne nous sommes jamais arrêtées. Jolie surprise : un port de plaisance très tranquille entouré de restaurants sympathiques. Nous nous serions bien attablées pour une petite friture mais nous avons réservé à U Paradisu à Tamarone. Et puis la plage ne m’emballe pas. Les posidonies accumulées forment un véritable mur.
Retour à Tamarone
Tamarone
Le patron d’U Paradisu nous a réservé la même table que lundi. Nous avons choisi une salade de chèvre chaud et une pizza. Le chèvre est présenté sur des tartines grillées accompagnant la batavia avec pignons et lardons. Nous allons donc goûter au soufflé glacé de châtaigne. Nous sommes étonnées de voir arriver une tranche de glace accompagné de chantilly. Rien d’un soufflé mais une glace excellente ! La châtaigne est un must en Corse.
Euphorbe16
J’ai repris le chemin des douaniers et je me suis amusée à herboriser avec Plantnet : Pulicaria odora, myrte, Dianthus et euphorbes.
Circuit 130 km sur les routes tortueuses du Nebbio avec le thème des églises pisanes.
Canonica
La Canonica, cathédrale romane pisane, consacrée en 1119 par l’évêque de Pise sous le nom de Santa Maria Assunta se trouve près du littorale. Actuellement isolée en pleine campagne, elle fut bâtie sur le site antique que la ville romaine de Mariana.
Googlemaps ne conduit pas l’automobiliste vers une ville antique mais plutôt là où se trouvent des établissements commerciaux. Après l’aéroport de Poretta il nous guide vers le Lido de Mariana : sable fin, eau claire, restaurants de plage mais aussi bateau pétrolier et citernes non loin.
Cadnonica
La Canonica est fermée, déserte mais extrêmement belle avec ses pierres claires polies de calcaire cipolin et « une subtile polychromie allant du gris jaune au vert clair » selon le Guide Vert. Harmonie des volumes, sobriété des décors : quelques frises, les entrelacs du linteau, six claveaux figurant des animaux ou des personnages naïfs. Ma plus belle surprise, du côté de l’abside, mon attention a été attirée par le piaillement des petits fauconneaux excités par le retour des parents. L’oiseau adulte ne se montre pas tant que je reste proche du nid installé dans un trou de bouline. En prenant du recul, je constate que toutes ces cavités sont occupées par des oiseaux.
Ville antiaque de Mariana
La cité romaine de Mariana fut fondée au er siècle av. J.C. par Marius. Sur le site on observe les fondations en briques quelques colonnes également en briquais, d’autres rondes en granite. Aucun panneau explicatif. Le guide Vert signale une basilique paléochrétienne et un baptistère. Evidemment je n’ai rien reconnu mais j’ai aimé le calme du site, le pin parasol et l’olivier qui se détachent sur le décor des montagnes. Un beau musée devrait s’ouvrir prochainement, sur Internet il est annoncé pour le 22 juin 2021.
Défilé de Lancone
Défilés de Lancone
La D62 croise la T11 à Biguglia. Après avoir traversé des quartiers résidentiels la petite route passe sous de très beaux chênes-liège puis s’élève entre les buissons de cistes. Clin d’œil à Humboldt, les cistes, fanés au niveau de la mer, ont une floraison blanche merveilleuse. Le Bevinco qui a creusé les gorges coule nettement en dessous de la route, on ne le devine même pas sauf à la fin avec une cascade. Je marche le long du parapet pour une promenade pittoresque. Sur une plateforme, un écriteau signale d’anciennes galeries de mines de cuivre d’un complexe comprenant 3 galeries sous la route abritant 5 espèces de chauve-souris protégées : 10 gites de transit du Minioptère de Schreibers et 7 gites de Rhinolophe Euryali . Après plus d’un an de Covid on n’a pas envie de fréquenter les mines abandonnées aux chiroptères. Les falaises servent également d’habitat à nombreux oiseaux. Une ZNIEFF protège ces habitats et ces populations. Plus on monte et plus le site devient spectaculaire. Les roches affleurent. Un site d’escalade est aménagé avec cordes et pitons.
La route débouche sur un carrefour au Col de San Stefano où se trouve encore un monument au souvenir de la Résistance.
San Michele
San Michele
A l’entrée de Murato, San Michele est une jolie église pisane isolée sur un plateau herbu construite en 1280.
De 1077 à 1284, après avoir chassé les Sarrazins, la Corse passe sous l’autorité de la République Pisane, en rivalité avec Gènes. Pour asseoir son autorité Pise dote la Corse de nombreuses édifices religieux. Bicolore, elle est construite de calcaire blanc de Saint Florent et de Serpentine du Bevinco. Elle fut remarquée en 1839 par Prosper Mérimée.
Murato
Gros bourg de montagne animé. Corses et touriste heureux du déconfinement, sont nombreux aux terrasses des bars et des restaurants. Trop tôt pour déjeuner maintenant, on décide de faire des courses. J’achète à la boulangerie des « tartines grillées » au fromage fondu et petits légumes(tomates poivrons champignons) et miel et chèvre.
Murato : Hôtel de la monnaie
Les curiosités du village sont l’église de l’Annonciation (en haut) et l’Hôtel de la monnaie où Paoli fit battre monnaie en 1763 : les « soldi ».
La très étroite et très tortueuse D62 relie les villages de Rapale , Pieve, Sorio et S Pietro-di-Tenda. A l’heure du déjeuner il y a peu de circulation et c’est heureux parce que les croisements seraient hasardeux. Le plus souvent nous sommes à l’ombre de beaux arbres : chênes de taille impressionnante, parfois des frênes et des châtaigniers en pleine floraison. Quand on sort de la forêt, les genêts à balai égaient la route, très hauts, et très jaunes, et toujours des cistes. Les oliviers sont anciens, très hauts mais leur ombre est moins dense et moins fraîche.
Pieve : 3 statues-menhirs
Nous traversons le village ombragé par de grands platanes. Comme à l’accoutumée, parking impossible, on gare la voiture à quelques centaines de mètres après la sortie du village. Un homme qui promenait ses chiens de chasse m’indique un raidillon qui conduit à l’église – campanile très haut, fronton baroque – elle ne retient pas mon attention. Les trois statues-menhir sont protégées sous un petit édicule vitré. Comme à Patrimonio, elles ne sont guère mises en valeur. La ressemblance avec une silhouette humaine n’est pas évidente.
Sorio
Sorio ressemble aux villages précédents, accroché à la pente, morcelé en plusieurs quartiers. Deux églises se font face à quelque distance mais séparées par un vallon. L’une est peinte en rose avec des décors blancs, l’autre est jaune. Près de l’église jaune une source est cachée dans une petite cabane de schiste.
Village perché du Nebbio
On ne visitera pas S Pietro-di-Tenda village plus important mais situé à l’écart de la route.
La D62 est encore plus étroite. Croiser un camping-car fut une épreuve : le camion a reculé, Dominique a mis deux roues dans le bas-côté, cela passait juste.
Après avoir passé l’Alisio sur un pont de pierre, nous trouvons enfin le coin-piquenique idéal sous un grand platane, une fontaine, un petit bassin de pierre avec des têtards, un banc de schiste. Personne ne passera sur la route pendant que nous goûtons nos tartines.
Saint Florent
Baignade sur la Plage de la Roya en face d’un club aux activités diverses (location de kayaks de mer, excursions aux plages des Agriate, paddle, mais aussi sports aériens), un zodiac porte une aile…le sable est blanc, l’eau claire manque de profondeur, il faut aller loin pour avoir de l’eau au-dessus de la taille.
Saint Florent Cathédrale du Nebbio Santa Maria Assunta
L’ancienne Cathédrale du Nebbio Santa Maria Assunta achevée en 1140 ressemble beaucoup à la Canonica en plus grande et moins brillante. Visite payante (1.5€). Le maître-autel et le chœur XVIIème sont baroque. On peut aussi admirer un Christ noir et sous un catafalque de verre, la dépouille de Saint Flor,, soldat romain martyr, habillé d’une sorte de cotte de maille avec la tunique brodée de perles argentées. Lors de la fête patronale on le porte sur la plage puis parmi les chemins muletiers du Nebbio.
Nous rentrons par la D238 entre les domaines viticoles de Patrimonio à Oletta puis par le Col de Teghime.
D80 jusqu’à la Marine de Porticciolo et la tour de Losse .
A l’entrée de Santa Severa la D180 suit le cours du ruisseau Luri (qu’on n’aperçoit même pas) dans une épaisse forêt de chênes verts, puis quand on s’élève en altitude de châtaigniers. L’expression « maquis » évoquait plutôt des broussailles, des buissons et arbustes, plutôt qu’une forêt qui ombrage la route. Les « Jardins du Cap » étaient fléchés, nous ne les voyons pas. On apprendra plus tard qu’ils sont fermés. Nous passons dans un bourg Piazza – un des hameaux de Luri. La grand église est peinte d’une fresque – peut-on parler de graff sur une église ? – d’une Vierge qui pleure avec des larmes en 3D. Cette œuvre de Street-Art a sur nous un effet-repoussoir cd qui est dommage parce qu’à l’intérieur un tableau ancien aurait donné l’image du château détruit depuis.
La route s’élève en lacets serrés dans cette fraîche forêt. Coiffant un sommet on voit, la Tour de Sénèque. Au col de Saint Lucie (381 m) une petite route y conduit. Nos journées ressemblent à un rallye pressé : nous ne prenons pas le temps de tout chercher. Une semaine pour le Cap Corse, ce n’est pas suffisant !
Pinu, pins parasols et mausolée
Le village suivant est Pinu (Pino) à cause des pins, peut-être, il y en a de tout à fait remarquables comme ces deux pins parasols qui joignent leurs cimes pour former un arc de triomphe devant un monument funéraire. Une allée bien pentue va vers la grande église isolée dans la verdure. La plupart des églises du Cap corse ont la même allure : un haut campanile, un fronton monumental baroque. Un peu plus loin, un quartier de Pino possède une très belle maison, plus loin une tour carrée. Un escalier permet de rejoindre le quartier haut où passe la route principale.
Pinu belle maison et tour carrée
Nous descendons vers la mer, passons près de Morsiglia qui possède aussi des tours carrées et rondes et des restes de moulins.
Une route ombragée mène au Couvent de l’Annunziata bien caché dans les yeuses. Fondé en 1479 par des Servites, il est pillé en 1563 par les Barbaresques. Wikipédia précise que le chef de l’expédition Mammi Pacha était un renégat originaire de Pinu. Au 17ème siècle c’était un des couvent s les plus riches de Corse. En 1864 il est loué aux Capucins qui furent expulsés en 1905. Puis restauré en 1933. Ce couvent n’est pas abandonné. Certaines parties semblent rénovées, recrépies. Il est bien fermé. Nous ne verrons rien derrière les murs austères. Amusante anecdote de saison. Un jeune couple que nous avions pris pour des amoureux, a fait de l’esplanade devant le couvent son bureau de télétravail. La camionnette blanche comme celles des artisans est ouverte. La jeune fille assise dans un fauteuil de toile comme ceux des pêcheurs, ordinateur portable sur les genoux, smartphone calé à l’oreille gère ses rendez-vous et envoie des mails à ses clients.
Nous descendons à la Marine de Mute puis au Port de Centuri très touristique et cerné par les terrasses des restaurants chics : langoustes pêchées sur place et langoustines sont au menu à moins qu’on ne préfère un plateau de fruits de mer ; ou un bon poisson frais pêché. L’apéro en terrasse dont je rêvais ne se fera pas ici. L’heure du repas approche, les tables sont dressées.
Centuri
Nous boirons le bitter au pied des moulins au Belvédère des moulins. Deux moulins sont en ruine et ont perdu leurs ailes, un troisième a été trop restauré avec un crépi blanc (comme les moulins grecs) il a perdu son authenticité et son charme. Le village de Centuri ressemble à sa voisine Morsiglia avec ses tours rondes et carrées. A Ersa il faut quitter la D80 pour rejoindre le petit port de Barcaggio à l’extrémité nord du Cap. La petite route est si discrète que nous la dépassons. Je demande à Madame GPS qui propose un circuit de 36 km alos que Barcaggio se trouve à peine 7 km d’Ersa. Demi-tour hasardeux. Heureusement àh les gens sont à table et la route est vide. Barcaggio est un tout petit village avec un petit port et quelques restaurants, deux tours génoises et une belle plage de sable blanc. Pour déjeuner nous choisissons un coin sauvage au-dessus du sentier côtier. Les schistes du bord de mer sont blanchis, la végétation est rase, thym fleuri et plantes grasses.
Ile Giraglia
Nous sommes en face de l’île Giraglia et son phare. Schistes verts ou ophiolites.
Sur la plage de Barcaggio les vaches sont chez elles, les estivants sont les intrus.
Sur le chemin du retour nous nous arrêtons à la marina de Pietracorbara pour une baignade très agréable à peine troublée par une méduse.
Traversée du Cap Corse de Bastia à Saint Florent : 24 km
Saint Florent/Nonza : 19 km
Patrimonio, le vignoble
Traversons rapidement Bastia sur la T11 : voie rapide en front de mer. D81 jusqu’au Col de Teghime (536m). Des bancs de brume masquent de temps en temps le panorama ; les nuages s’accrochent sur le sommet Serra di Pigno 960 m. Au Col de Teghime, le monument aux morts porte une curieuse inscription que je n’arrive pas à déchiffrer. Ce sont les noms des goumiers marocains qui prirent le col aux Allemands en octobre 1943. Plus tard à saint Florent nous avons trouvé un enclos blanc, cimetière musulman. Ceci contraste avec l’inscription « Islam fora » qui salit un mur près de notre gîte. Sur la route D81 ce sont les les français qui sont visés « French Go home », encore plus loin la mafia « mafia fora ! »Le barbouillage semble être un sport local répandu.
Anna, une amie corse, m’avait dit : « vous irez sûrement à Patrimonio où l’on fait le meilleur vin de Corse ». Patrimonio est sur notre route. Village viticole, on ne peut rater les caves et les dégustations sur les domaines. Nous ne sommes pas intéressées mis ne pouvons que constater l’importance de la production viticole qui draine un tourisme important et modèle le paysage : des carrés de vigne bien ordonnés sont à l’avant de collines découpées en dents de scie. Dans les échancrures, on voit briller la mer. Au loin, d’autres montagnes pointues forment des lignes de crêtes qui s’étagent .
Eglise de patrimonio
A Patrimonio, le Guide Vert signale l’église juchée sur une butte et une statue-menhir.
L’église Saint Martin, en schiste avec son haut clocher, a une allure austère qu’aucun décor n’adoucie avec ses épais contreforts et sa pierre rugueuse.
La Statue-menhir est encagée derrière de solides barreaux. Qui songerait à emporter ce menhir haut de 2.29 m en pierre très blanche.
Le soleil sort des nuages lorsque nous arrivons à Saint Florent. Longeons une longue plage de galets en passant devant des hôtels en front de mer. Nous nous arrêtons sur un parking à l’arrière de la Citadelle bâtie par les Génois en 1439 avec un donjon circulaire. Petite citadelle ronde, trapue, recouverte d’un enduit beige rosé entaillé de nombreuses inscriptions.
la citadelle de Saint Florent
A la base du parking un escalier descend à un restaurant au-dessus d’une crique minuscule entaillée dans des rochers de calcaire blanc. L’eau cristalline st tentante. Il faudrait sauter des rochers (sauter n’est pas un problème, remonter est plus difficile). Une rue piétonnière dallée de pierres blondes et lisses mène à l’église par des rues aux boutiques chic. La placette derrière l’église est occupée par les terrasses des restaurants. L’église est petite et toute simple. Il en existe une autre : la Cathédrale, à l’extérieur de la ville. Derrière l’église, se trouve le port de plaisance assez important. De nombreux bateaux-taxis conduisent les touristes aux plages inaccessibles du désert des Agriates : Lotu ou Saleccia.
Nous nous contenterons d’un tour en voiture jusqu’à la Plage de la Roya . Plage de sable qui fait face à Saint Florent. Nous déjeunons le long de la plage de galets assistes sur le parapet en face d’une pâtisserie où j’achète des canistrelli au vin.
Sainr Florent vu de la Plage de la Roya
Nous consacrons l’après-midi à explorer la côte occidentale du Cap Corse très sauvage, escarpée, rocheuse et déserte avec de rares marines pour me baigner. A la marina de Farinole, à l’arrière de la Tour Génoise, on aurait pu déjeuner. Belle plage de sable avec beaucoup de posidonies.
Tour génoise
La Marina de Negru est aussi gardée par sa tour génoise à côté d’une maison pittoresque sur une petite baie coincée entre des falaises sombres. Galets sombres et sable grossier. Le parking est vide et le café fermé. Une belle maison, à l’écart a organisé une belle terrasse avec des transats, un jacuzzi. Servent-ils un café ? Non, c’est une maison d’hôte. Il n’y a personne sur la plage. Chaussée de mes chaussons bleus je traverse les galets et me décide à nager. L’eau est bien fraîche mais dès que je m’agite je me réchauffe. Les galets confèrent à l’eau une teinte émeraude d’un vert foncé rare. Quel plaisir de traverser la petite anse dans l’eau tranquille.
Nonza vue de la Tour Paoline
Nonza est perchée sur la falaise. La tour paoline domine le village, juchée sur un rocher. Elle n’est pas ronde comme la plupart des tours génoises mais carrée. Les seigneurs Avogari y bâtirent leur château au XIIème siècle, il fut détruit par les Génois. En 1760, Paoli fait construire cette tour de guet. Pour y parvenir, il faut traverser la placette en face de l’église, passer sous un porche et découvrir des maisons fleuries de magnifiques massifs d’hortensias et de bougainvillées. On grimpe encore un bon nombre de marches. Juste sous la tour, un restaurant a aménagé des terrasses ombragées (prix prohibitifs). Enfin, on parvient à la tour dont la terrasse est équipée de panneaux racontant l’histoire de Nonza.
L’église Sainte Julie est perchée sur une haute volée de marches. Elle est crépie en rose orangé, son fronton est triangulaire et le clocher jaune. L’intérieur est somptueux : le maître-autel est en marbre blanc incrusté de pierres dures polychrome 1694 (travail florentin), belles fresques baroques. Une statue de la Vierge en marbre se trouve devant le tableau naïf de Sainte Julie crucifiée. Selon la légende, Sainte Julie naquit en 420 ap.JC à Carthage, elle fut vendue comme esclave à un commerçant syrien qui fit escale à Nonza pendant une fête païenne. Julie fut enlevée mais refusa de participer aux sacrifices païens fut fouettée puis crucifiée. Julie est la sainte patronne de la Corse. Selon une version corse, ses bourreaux lui coupèrent les seins et de sa bouche sortit une colombe.
promenade des terrasses
Après ma promenade dans le village aux terrasses de cafés colorés et fleuris, à la fontaine de Paoli je m’engage dans une promenade fléchée « promenade des terrasses ». Ces terrasses étaient cultivées avec des jardins et des vergers. La culture locale est celle des cédrats. Il ne reste que quelques terrasses entretenues, la plupart son envahies par le maquis. Cette promenade débute à la route en face de la boutique. Des marches bien entretenues se descendent facilement jusqu’à la plage de Nonza. Un petit détour conduit à la Fontaine de Julie. A l’emplacement où elle aurait été crucifiée, aurait surgi une source. Le sentier descend « à pas d’âne » : les marches sont espacées et hautes ; On ne peut pas les descendre comme un escalier ordinaire. Les plaques de schistes sont tassées verticalement. Ceci forme des marches solides mais pas très confortables. En dehors de l’inconfort c’est une promenade magnifique et fleurie avec des immortelles de Corse jaunes, des coquelicots rouges, des œillets roses. Les terrasses boisées s’échelonnent.