BALADE NORMANDE

Une 4-voies bien roulante nous conduit à Pontorson. Aujourd’hui il fait beau et le Mont Saint Michel se voit de loin. Depuis notre dernier passage de nombreuses boutiques et restaurants se sont installés, si on peut nommer « boutiques » ces sortes de hangars tous pareils vendant biscuits bretons et souvenirs divers et « restaurants » ces cantines pour touristes pressés servant « moules-frites » ou « plats régionaux ». On ne voit plus les prés-salés ni la rangée de peupliers, ni même le mont éclipsé par ces artefacts du XXI ème siècles standardisés et hideux. Le Mont et cerné par des zones artisanales comme n’importe quelle agglomération. Quand serons nous libérés de ces horreurs?

Les parkings sont très bien organisés loin du site et les navettes gratuites (14€ pour la voiture). malgré le Covid, la navette est bondée comme les bus d’aéroports. Les passagers sont debout et serrés. il n’y a aucun plaisir à approcher ainsi le Mont. Bien sûr, on peut faire le trajet à pied en 40 minutes mais nous sommes pressées d’arriver. A la descente de la navette 3 gendarmes vérifient que nous sommes bien masquées. Anticipant les ruelles bondées je me suis exécutée docilement.
Bonne surprise! Il n’y a presque personne. passé la Mère Poulard, je shunte les boutiques de souvenirs en grimpant sur les remparts et me retrouve seule sur les terrasses plantées de buis et d’herbe. Pas de queue aux tickets.
Difficile de rendre compte de sites célèbres sans plagier les guides, difficile d’écrire autre chose qu’à ma visite précédente!

Je me souviens bien du cloître perché, de cette vue étonnante sur le vide et la Baie, des doubles colonnettes si élégantes et les fines sculptures . J’avais oublié le contraste entre la nef romane et le choeur gothique. Et surtout j’avais oublié tous le vides et les creux de cette structure pyramidale. Du sommet on descend dans une succession de salles de taille variable soutenues par des colonnes et piliers savamment équilibrées comme ce vaste réfectoire soutenu uniquement par les piliers adossés aux murs latéraux . La salle des gros piliers est aussi impressionnante comme la forêt gothique dans celle des hôtes ou des chevaliers.

Pour une visite plus approfondie j’aurais dû prendre l’audio-guide et noter dans mon cahier. Depuis que le masque est imposé, je suis embarrassée de tout cet équipement et je deviens paresseuse. A la sortie, le besoin de s’aérer est si urgent que je rentre à pied: 40 minutes de marche sur les trottoirs bondés partagés par les piétons et les cyclistes.

J’achète deux hot-dogs dans une baraque à frites que nous allons manger au pied d’un moulin coiffant une colline.










Couleurs, formes présence de l’eau turquoise dans un bassin carré qui se superpose au chevelu des ruisseaux qui se ramifient dans la tangue grise? Citerne ou phare circulaire photographié vu de-dessus.











Le GR devient un étroit sentier qui court dans une entaille dans les épineux (les ronces portent des mûres). La végétation devient ensuite plus rase, les bruyères d’un rose éclatant. le sentier court en balcon au dessus de la falaise. 

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