Pedacito de Cielo : Bird watching et promenade dans la Réserve

CARNET DU COSTA RICA

 

Perroquets verts

Birdwatching

Les oiseaux m’on réveillée à 5h. Dès qu’ils commencent leurs chants j’ai une envie irrésistible de sortir les observer. Les Allemands se sont donnés rendez-vous à 6h . A 5h45, photographes et ornithologistes sont déjà prêts. Un employé de l’hôtel découpe des petites bananes, les accroche à un perchoir sur un arbre mort. Les oiseaux affluent attirés par les appâts. Les photographes arment leurs téléobjectifs gros comme des bazookas. J’ai trouvé une place avec une rambarde pour poser le Coolpix afin de ne pas trembler. Fascination des couleurs vives, bleu métallique, vert perroquet, tête rouge du pic (gris pas vert). Quand les perroquets arrivent les petits oiseaux s’envolent. Festival de couleurs. Tous attendent le toucan. Daignera-t-il se poser ?

Les photographes sont individualistes, c’est le moins qu’on puisse dire. « Seuls au monde » leur conviendrait mieux. Peu importe qu’un collègue affine sa mise au point, en guise d’oiseau il aura la chemise du collègue en gros plan. Peu importe que le Coolpix soit calé sur la rambarde, ils s’appuient lourdement et font bouger mon petit appareil. Ils s’interpellent en Allemand. Le guide nomme les oiseaux en Allemand, me voici bien avancée ! En latin ce serait tellement mieux, la langue scientifique est faite pour que tout le monde comprenne.

L’arbre à soie

Petit déjeuner à 7h. Nous avons choisi une table près du bord au-dessus d’un arbre à soie (Albizia julibrissin) où on a mis un régime de bananes. Nous profitons du spectacle amusant : un écureuil paraît, corps très roux et queue très fournie grise et noire aux poils longs et bouffants. Puis un autre, puis trois qui sautent de rameau en rameau ; Ils mangent les bananes jusqu’à ce qu’un vol de petits perroquets verts se pose. Les perroquets disputent les bananes à l’écureuil qui leur donne des coups de pattes pour les éloigner.

8h : balade dans la forêt pluviale de la Réserve.

liane : échelle de singes

Je ne savais pas qu’on se rend à la Réserve en voiture (2km de bonne piste). L’entrée de la Réserve est aménagée comme un jardin avec de grands crotons jaune et verts et ces plantes à plumet de feuilles rouges. Alonzo, mon jeune guide, me montre les arbres fruitiers : les goyaves que je connais, la vanille et un bizarre dont le fruit est hérissé de piques rouges comme un ramboutan mais qui est creux : au centre je découvre de petites graines rouges et rondes qui servent en cuisine à colorer et parfumer les viandes (le poulet d’hier soir). Quand on les pince entre le pouce et l’index il sort une teinture rouge. Alonzo froisse une feuille de citronnelle, herbe dure et fine, comme celle des graminées ; Le parfum ne se dégage que plus tard. Répulsif naturel pour les moustiques mais aussi condiment pour la cuisine et pour faire des infusions.

Arbre inflammable

Nous suivons un chemin bien tracé qui s’enfonce dans la forêt pluviale. Des tranches de troncs d’arbres ont été rainurés pour une bonne adhérence.  Alonzo m’a proposé un bâton que j’aurais bien dû accepter ! Entre appareil photo, jumelle lunette et carnet, je n’ai pas envie de m’encombrer. Après la pluie le sol est glissant.

Leçon de fourmis

Une file de fourmis coupeuses de feuilles rapportent les fragments au nid pour faire du compost. Agriculture biologique ! Comment récoltent-elles les champignons qu’elles font pousser ? Qu’en font-elles ?

Une autre espèce de fourmis étaient utilisées comme agrafes naturelles. On laisse la fourmi accrocher ses mandibules puis on sépare le corps de la tête. Les mandibules restent plantées.

Certaines espèces font des nids gigantesques qui s’étendent sous terre à des profondeurs de plus de 3 mètres. On peut par mégarde enfoncer le bâton dans la terre meuble.

Des panneaux préviennent de la présence de bullet-ants, insectes de grande taille(1.5cm) noirs, à l’abdomen renflé qui projettent un venin puissant.

Plus loin, les termites avec leurs galeries couvertes en sciure. Ils sont indétectables, très discrets jusqu’à ce que le meuble ou la maison de bois ne s’effondre, réduite en poussière. Ici, ils ne construisent pas de « cathédrales » comme en Afrique.

Evidemment, si je m’étais promenée seule, je n’aurais rien vu de tout cela.

Grenouille blue jeans

J’aurais peut-être trouvé la grenouille rouge venimeuse toute rouge ou « blue-jeans » aux pattes bleues, tellement petites qu’il faut déployer le zoom tant qu’il ne faut surtout pas bouger alors qu’elles sautent et se cachent sous les feuilles. Le plus gênant C’est l’absence d lumière, dans la forêt pluviale règne la pénombre.

anolis

Découverte de la journée : l’anolis (petit iguanidé selon Wikipédia) qui possède une sorte de gorge extérieure comme une crête mais sous la gorge. Ils ne sont pas farouches. Alonzo les capture facilement me montre cet appendice. J’ai peur qu’il ne fasse du mal à ce petit animal délicat.

Certains arbres ont le tronc couvert d’une poudre blanche inflammable ; Alonzo a apporté des allumettes pour me montrer comment faire une torche éclairante avec une brindille trempée dans la sève. En séchant la sève devient blanche. On peut badigeonner la peau de ce blanc qui a des propriétés médicinales.

Alerté par le bruit, Alonzo découvre au-dessus de nos têtes une troupe de singes-araignées très affairés qui grimpent, descendent, sautent d’une branche à l’autre. Ils nous ont sûrement repérés. Attention, ils pourraient jeter sur nous des branches et des graines. Une branche sèche atterrit à nos pieds. Nous déguerpissons.

le pont vivant

Le sentier franchit un arroyo sur un pont vivant : un ouragan a abattu un grand arbre qui est couché à l’horizontale. De grosses branches verticales sont sorties. Il a donné neuf arbres-fils.

Alonzo entend un oiseau : le trogon c’est un très bel oiseau. « Allons chercher le trogon ! » propose-t-il. Nous nous guidons au son puis renonçons ; Introuvable !

La promenade continue dans un terrain très accidenté et glissant. Une seconde d’inattention, je me retrouve par terre en bas d’un talus boueux. Pour amortir ma chute j’ai posé ma main droite. J’aurai un bleu à la fesse, quelle importance : mais je me suis peut-être cassé le poignet bien douloureux. Je reste un moment, sonnée, je récupère mon souffle. J’aurais dû prendre le bâton qu’Alonzo m’avait proposé !

Rivière San Carlos

La promenade s’’achève dans le jardin. Comme il reste du temps, Alonzo m’emmène à la lagune de l’autre côté de la route : un petit étang est aménagé à la promenade ; on peut s’asseoir sur des bancs sous une petite construction de bois ; On admire les nénuphars en fleur et on observe les canards américains et de minuscules poules d’eau les Jarandas , corps brun bec jaune et dessous des ailes jaune. Alonzo continue la promenade par la piste carrossable : aux cris il repère un grand ara vert. Comme il est vert, i se confond avec le feuillage mais j’admire son envergure quand il s’envole. Quand nous arrivons en vue de l’hôtel, je dois retourner chercher Dominique qui cuit dans la voiture garée au soleil. Alonzo pensait qu’elle ne serait pas restée.

L’après midi nous retournons à Pital. Mon poignet me fait souffrir.4 Je pensais le montrer au pharmacien pour qu’il me vende une attelle. Je ressors avec une sorte de manchon élastique avec un trou pour le pouce censé soutenir mon poignet. Avec la chaleur il est difficilement supportable.

Nous allons au grand supermarché pour acheter des provisions pour un pique-nique. Déception ! en dehors des chips de toute forme, de tout parfum, toute farine ; rien ! Il faut se contenter de yaourts et de bananes à acheter le jour-même.

Le groupe allemand est parti. La salle à manger est calme. Soupe de courge, un filet de poisson délicieux accompagné de légume et même un dessert : sorte de compote d’ananas et de papaye.

Traversée du Costa Rica du sud au nord, des confins du Panama au Nicaragua!

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Puerto Viejo

Départ sous une lourde pluie. Nous découvrons, de jour, la route que nous avions parcourue de nuit. De Puerto Viejo à  Cahuita les  installations touristiques sont assez nombreuses, mais discrètes. Ensuite, le paysage est plus sauvage et plus agricole. On a suspendu des bouteilles par des ficelles à de petits étals sur le bord de la route. Cette huile de coco est-elle culinaire ou un produit de beauté ? Comme notre route est longue (5 heures) nous n’avons pas le loisir de nous renseigner.

pluie sur la mer Caraibe

La route enjambe plusieurs rivières Rio Bananito, Rio Banano aux eaux brunes chargées de boue avec la pluie tombée depuis trois jours. La mer n’est pas grise, elle est marron. La route prend la tangente à Limon, nous n’apercevons que des garages, magasins, concessionnaires voitures comme à l’entrée de n’importe quelle ville de par le monde. Puis les empilements de containers en quantité tout à fait extraordinaires. Chacun des containers possède un dispositif de climatisation sans doute destiné aux bananes, ananas, mangues….Une université se trouve à la sortie de Limon : campus luxueux.

La route « construite par les Chinois » a avancé. Les embouteillages ne sont pas aussi monstrueux que samedi. Nous connaissons par cœur le tronçon Siquirres-Guapiles. . Prises dans la circulation, nous ne voyons pas l’embranchement vers la route N°4. Nous grimpons  dans la montagne. Le relief est si accidenté qu’il est tout à fait improbable qu’une autre route se trouve sur la droite. Il est impossible d’envisager un demi-tour. Les bords de la route presque verticaux sont recouverts d’une épaisse végétation luxuriante et des cascades dévalent de la montagne. Paysage magnifique que cette cordillère centrale ! Nous avons dépassé de 30 km dans la direction de San José. 60 km à ajouter à un trajet déjà long.

Sur les bords de la route

La route n°4 traverse des bourgades très tranquilles. Les bananeraies ont laissé la place aux champs d’ananas denses et bleutés aux feuilles dressées comme des piquants. Comment récolte-t-on les ananas ? Nous croisons des hommes portant des machettes. Pour les ananas ? Détail assez antipathique : à l‘entrée des parcelles des panneaux avertissent que des traitements phytosanitaires ont été réalisés. Ananas local mais pas bio ! Quand on ne cultive pas d’ananas il y a du manioc : haut, propre en longues rangées parallèles, plus ordonné et  plus fourni qu’au Bénin ou au Togo !

La route n°4 est une belle route avec des bretelles de sorties. Le GPS nous la fait quitter à Pital – bourgade commerçante avec une belle librairie, des magasins de vêtements, de téléphonie, de motos, d’électroménager…de gros supermarchés des cafés et des sodas. Nous sommes heureuses de sortir des zones touristiques pour voir la vie ordinaire des gens.

Champs d’ananas

Nous nous dirigions vers le nord, vers le Nicaragua, toujours dans les champs d’ananas. Le relief est intéressant, les collines assez escarpées. Nous traversons le village de Saino puis Boca Tapada qui paraît un village perdu mais qui a deux belles écoles de chaque côté de la route.

Des prés verdoyants avec de nombreux bovins ont remplacé les ananas. Vaches grises ou noires et blanches, buffles gris clair, buffles blancs. Des arbres très hauts à la ramure clairsemée se détachent sur le ciel. De temps en temps on aperçoit la rivière San Carlos qui se jette dans le fleuve San Juan qui marque la frontière avec le Nicaragua. Le San Carlos est large aux eaux limoneuses brunes, majestueuses.

Après Saino, le goudron a disparu. 9 km sur une large piste de terre où parfois les pierres affleurent faisant penser à un pavage et parfois de terre lisse. Les nids de poules nous meurtrissent dos et fessiers. Lorsqu’on avance on découvre fincas et lodges, ranchos pour le tourisme vert avec des propositions de balades à cheval, d’observation des oiseaux ou canotage sur la rivière.

Pedacito de Cielo

orchidée bambou

Pedacito de Cielo  est un hôtel bien établi : les certificats affichés datent de 2009. Il possède une vingtaine de chalets de bois avec vue sur la rivière San Carlos ou sur le jardin fleuri. Marcos nous accueille et nous remet la clé du N°26 accessible par une rampe de ciment. Il nous invite à un pot d’accueil. Le bungalow est construit en rondins très réguliers. Il est très haut de plafond à deux pans en larges planches de beau bois foncé. Deux niveaux : au niveau supérieur, un lit une personne, une table contemporaine posée sur un tronc et la salle d’eau. Trois marches plus bas, une grande pièce avec un grand lit, une coiffeuse. Sur quatre côtés on a percé de larges baies voilées de rideaux fins blancs brodés de fleurs dorées. Un ventilateur à longues pales donne de la fraîcheur.  Il manque quand même une armoire : les vêtements resteront dans la valise. Pareil dans la salle de bains, rien pour poser le verre à dent ou le savon.

Pedacito de cielo : notre bungalow

Le dîner est servi tôt à 18h30. La salle à manger est construite sur une terrasse au-dessus de la rivière qu’on devine sans la voir. Nous sommes à la hauteur de la cime des arbres où se posent plein d’oiseaux. Avant le diner nous avons l’occasion d’observer des oiseaux colorés de toutes tailles, du minuscule colibri bleu métallique aux plus grands ; Tout le monde attend le toucan, ce sera pour une autre fois.

Le menu (15$) est imposé : une soupe excellente, une salade de crudité mélangées : tomates, salade verte, concombre, radis. Le plat du jour : poulet parfumé au gingembre et spaghetti avec une sauce de tomates fraîches et poivrons. De l’oignon vert décore le plat.

Un groupe allemand d’ornithologistes et de photographes est arrivé. Ils ne sont que 12 mais on n’entend qu’eux.

Fin du dîner à 19h et extinction des lumières à 21h30.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Manzanillo – village rasta

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Manzanillo vue de la plage

Le Parc de Manzanillo est situé 10 km au sud de Shawandhra. De chaque côté de la route les hôtels, lodges, cabines à louer sont cachés dans des jardins touffus. La route traverse une belle forêt aux arbres immenses. Des panneaux signalent que le terrain est à vendre….

Manzanillo sous la pluie

Manzanillo est un joli village. Sur le front de mer planté de cocotiers on a installé bancs et tables de pique-nique le long de la très belle plage de sable fin. Un petit cargo est échoué non loin, des graffeurs ont dessiné un visage, un tronc d’arbre est fiché perpendiculairement. Dans la brume, les nuages et l’écume des grandes vagues sur la mer agitée, lui donnent un air fantomatique.

la plage de manzaznillo

Ds restaurants sont dispersés sur le front de mer. Le plus pittoresque est au bout de la route : maison à un étage avec balcon à clairevoie aux couleurs rastas jaune rouge et vert. Une fresque avec le portrait de Bob Marley, un lion couronné orne le mur. Bob Marley est aussi peint sur ‘école. Nous déjeunerions volontiers dans ce « soda ». Une vieille femme noire sort le déjeuner : ses marmites sont alignées sur une nappe à carreaux rouge et blancs ? Quand nous approchons elle nous signifie que « c’est fermé ! » ce qui est impensable puisqu’on voit les gens déjeuner.

Manzanillo est reggae

Devant cet accueil, nous poursuivons jusqu’à la Réserve au bout de la piste. Il y a bien un parking pour les visiteurs mais le petit pont-piétons est barré d’un ruban interdisant le passage. On peut passer à pied par la plage m’assure un homme qui se porte volontaire pour garder la voiture ; « vous me laisserez bien quelque-chose ? » Il recommence à pleuvoir fort. Nous retournons au village. La vieille dame est toujours là avec ses marmites, elle explique : « il y a un groupe ». pas un groupe de touristes, plutôt des locaux ? afro-américains ? jamaïcains ?

Déjeuner au soda : cuisine carribéenne

Dans l’établissement voisin, il y a de la place à l’étage. Nous préférons un petit soda plus discret avec quelques tables rondes laquées de rouge. On nous tend une carte avec de nombreux plats de cuisine caribéenne ; Pour nous riz au crevettes et plantains frits et poisson (espadon) caché sous un monceau d’oignons, poivrons, tomates. C’est très bien servi, l’endroit est sympathique. Avec le café, on s’en sort pour 10.000 colones.

La pluie a cessé. Je me livre à ma promenade les pieds dans l’écume . Derrière l’épave une famille se baigne avec de jeunes enfants ; Est-ce bien prudent ? Encore une fois nous ratons le rendez-vous que nous nous étions fixées au bout de la plage ; Dominique s’engage sur la route et ne peut plus faire demi-tour. Elle en profite pour découvrir de très jolies criques sauvages que j’explore ensuite.

Dîner grande classe à Shawandha : salade de cristophine et cœurs de palmier pour moi, poisson corvina pour Dominique.

Jaguar Rescue Center à Puerto Viejo

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A l’école des bébés paresseux
A l’école des paresseux

La visite du Centre Jaguar est une visite très prisée, il faut arriver en avance pour être sûres d’être prises. Même avec une heure d’avances nous ne sommes pas les premières. Entrée 20$.Comme il pleut à verse j’achète un poncho en plastique (8$). Les animateurs forment des groupes selon les langues parlées. Les francophones sont nombreux et accompagnés de jeunes enfants ; je préfère le groupe anglophone (11 adultes) conduit par Dan, un volontaire hollandais qui connait le centre depuis de longues années.

Nous traversons le centre jusqu’à l’enclos grillagé de Diavolo, le margay (leopardus wiederi) qui est le seul « léopard » du centre crée par Sandro et Encar, deux biologistes espagnols, vétérinaires à Barcelone. On leur a apporté un jaguar blessé qu’ils ne sont pas arrivés à sauver mais qui a donné son nom au Centre.

Dan est suivi par Sissi, petit pécari, né avec une malformation de la mâchoire qui ne saurait vivre dans la nature et qui recherche les câlins.

Diavolino ressemble plus à un chat tigré qu’à un léopard ou un ocelot. D’après Dan, il serait un véritable diable capable de tuer même un spécialiste des lions et des tigres.

le caïman de turtle beach

Dans un bassin, un caïman a une drôle d’histoire : un couple de vacanciers en voyage de noces, l’a découvert dans la baignoire, on l’a donc expédié au centre. Le crocodile a eu un destin plus terrible : un homme voulait consommer sa chair soi-disant aphrodisiaque. Il l’a capturé et attaché à un arbre et s’acharnait dessus quand des touristes ont battu le tortionnaire et apporté le pauvre crocodile souffrant de multiples fractures qui ont guéri. Les crocodiles peuvent vivre très vieux et contrairement aux autres animaux qui cessent de grandir quand il ont atteint leur taille adulte, la croissance du crocodile continue au cours de son existence. Les autorités refusent de donner l’autorisation de relâcher le crocodile dans la nature ; Il restera donc au centre.

Bébé singe-hurleur et sa nurse une volontaire

Les singes-hurleurs, singes-araignées et capucins sont souvent arrivés orphelins, privés de leur mère. Des volontaires nursent les petits qui s’accrochent à eux comme à leur mère. L’un d’eux porte une couche-culotte. Ils sont tous très petits pour leur âge. Pour être remis en liberté, il faut bien sûr qu’ils soient en bonne santé, capable de s’alimenter seuls, mais il faut aussi tenir compte de la structure sociale du groupe. Une femelle en période de reproduction sera plus facilement acceptée dans un groupe. Un mâle devra trouver sa place. Il vaut mieux garder au Centre une femelle stérile qui aura son utilité en éduquant les plus jeunes. Les succès comme les échecs sont utiles pour les biologistes.

Sous la pluie, je n’ai pas pris de note et j’ai oublié le détail de toutes les anecdotes prouvant l’intelligence des primates capables de mémoriser même les codes des cadenas qui ferment les cages. Autre détail : la force de la voix des singes-hurleurs leur a servi pour Jurassic Parc. Ce sont eux qui donnent la voix des brontosaures ou de Tyrannus Rex !

A l’école des bébés paresseux

Le centre héberge de nombreux paresseux à 2 ou trois doigts ; ce sont deux espèces distinctes ; Ils ne sont pas interféconds et de nombreux caractères anatomiques ou comportementaux les séparent. Les bébés apportés au centre sont regroupés en « classes » d’âge. De nombreuses données manquent dans l’élevage de ces bébés-animaux. Par exemple, on ignore la composition du lait maternel. Il est donc difficile de les nourrir efficacement. Il est aussi difficile d’imaginer leur vie, accrochés à l’envers par leurs griffes (qui ne sont pas des ongles, a précisé Dan). Dans la forêt les paresseux vivent en symbiose avec des algues qui verdissent leur pelage. Ils évitent les attaques des prédateurs en restant immobiles. Quel jaguar, quel chat sauvage, quel aigle s’attaquerait à un tas vert immobile ?

Devant les terrariums, explication sur les serpents, venimeux ou pas. Les humains n’ont pas trop à craindre au Costa Rica : les hôpitaux disposent tous des sérums antivenimeux. Avant de trépasser, l’homme adulte dispose de quelques heures pour se présenter aux urgences où se trouve l’antidote. Les spécialistes sont capables d’identifier le serpent aux traces de la morsure.

La visite a duré deux bonnes heures.

Finca Isla : un jardin botanique tropical

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Heliconia

 

Je trouve le but de promenade idéal pour l’après midi : la Finca Isla : un jardin botanique à la sortie de Puerto Viejo . Depuis 1987, une plantation de cacao abandonnée a été débroussaillée et transformée en ferme expérimentale. Le projet agricole ne s’étant pas révélé viable, on s’est tourné vers le paysagisme et le tourisme. A l’entrée un homme dreadlocks et allure rasta me conduit dans la serre des broméliacées. Ces épiphytes peuvent être cultivées en pot. Leurs feuilles forment une coupe remplie d’eau où les grenouilles rouges placent leurs têtards. C’est ici que j’ai la chance d’ observer 3 minuscules grenouilles. J’essaye le nouveau Lumix et son téléobjectif de 100. Les grenouilles sont vives, sautent, se cachent, c’est un vrai casse-tête que de les photographier. Après multiples tentatives j’obtiens un bon cliché qui va se trouver effacé par des manipulations malencontreuses. Le Lumix est d’un maniement complexe.

 

A la sortie de la serre, le parcours est indiqué sur un plan plastifié. Un livret guide complète les explications. Je passe devant le Palmier marcheur ainsi nommé parce que son tronc ne touche pas terre, il est soutenu par des racines aériennes qui ressemblent à des pattes ; Je me perds dans la forêt sombre de hauts arbres préservé pour l’ombre qu’ils donnaient aux cacaoyers.

Une clairière est plantée de poivriers facilement reconnaissables à leurs grains. Il faut ensuite identifier le mangoustanier, la Sapotille, la vanille et nombreux arbres dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Lequel est l’arbre à durian dont les fruits sentent si mauvais ? A quoi ressemblent les noix de cola ? Le petit sentier bien marqué sur le plan est envahi d’herbes ou recouvert de feuilles sèches. Je tourne en rond dans un labyrinthe. J’ai l’impression de passer et repasser devant les mêmes bananiers ; La promenade zen tourne à l’aigre, vais-je trouver la sortie ?L a visite se termine avec un verre de jus de fruit et un carreau de chocolat bio local.

Jacquier

J’ai encore le temps de faire une promenade à Shawandha entre les bungalows bien cachés dans la propriété et découvrir le ceibo (fromager en Afrique) de 60 m de haut et d’une circonférence impressionnante avec ses racines externes en pans triangulaires. Regarder ses hautes branches donne le tournis.

Bromelias dans la serre

Pour dîner Dominique commande de l’osso-bucco et moi, un plat végétarien mijoté dans une feuille de banane qui forme un bol très creux contenant des carottes, des courgettes, brocolis, christophine parfumé et épicé. Heureusement le riz éteint le feu des épices.

Dimanche à Puerto Viejo

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La plage au bout du sentier de Shawandha Lodge

Les oiseaux nous réveillent un peu avant 6 heures. Un sentier relie le Lodge à la plage : courte promenade sous des arbres immenses, fleurs graphiques, lianes qui s’enroulent sur les troncs. De l’autre côté de la route les maisons sont bien cachées dans la jungle, invisibles de la route. Le sentier débouche sur une crique de sable blond avec quelques coraux ; les vagues bien formées interdisent la baignade (récemment un client de l’hôtel s’est noyé). Rituel du matin : les pieds dans l’écume des vagues qui viennent mourir sur le sable. Des arbres aux feuilles arrondies et vernissées compliquent mon passage. Ici aussi, les troncs rincés par la mer jonchent le sable. Je croise deux couples et une dame qui promène trois chiens. A mon retour à 7h30, je constate que tous les bungalows sont occupés. Sur chaque balcon il y a quelqu’un qui lit dans le hamac ou sur une banquette. Les bungalows sont si bien cachés dans la verdure qu’on ne soupçonne même pas la présence d’autres occupants. Calme et volupté !

 

assiette de fruits tropicaux

Le plus joli petit déjeuner qui soit : au centre de l’assiette de fruits, un fruit de la passion rond est découpé comme un œuf à la coque ou une coupe de caviar aux grains gris, autour des tranches de pastèque, des rondelles de bananes, une mangue ouverte découpée en quadrillage, des quartiers d’ananas et une fleur rouge qui relève la couleur ! C’est exquis, chaque fruit à maturité parfaite. Omelette ou œuf frit ? toasts chauds excellent café fort et un peu amer.

En attendant que notre hôtesse contacte la guide francophone qui pourrait nous emmener visiter les indiens Bribris nous partons à faire quelques courses (eau en bouteille, cartes téléphoniques costariciennes). Cocles possède une supérette et deux grands supermarchés mais Puerto Viejo est plus animée avec des restaurants, des boutiques de souvenirs, pharmacies….

 

une « île » dans la mer Caraïbe

La plage de Puerto Viejo, le Dimanche : Des familles sont venues de Limon faire un pique-nique. Certaines ont apporté leurs glacières, d’autres sont très bien équipées : marmites rondes à fonds noircis, barbecues, radiocassettes pour l’ambiance, draps de bains, parasols…Dominique s’installe sur un tronc lisse à l’ombre d’un arbre bien vivant et je reprends l’arpentage de la plage. Des récifs abritent une piscine naturelle où des enfants barbotent en sécurité. Sur un navire rouillé la végétation s’et installée, une troupe d’échassiers d’aigrettes blanches et hérons gris, est perchée. Un arbre se dresse au milieu avec des feuilles oranges. Les bars de plage ouvrent : tabourets hauts de comptoirs, tables carrées plus ou moins bricolées, peintes de couleurs vives ; Ambiance caribéenne, serviettes et drapeaux aux couleurs jaune rouge et vert, figures du reggae, boutiques et ateliers de coutures pour mode wax(modèles européens tunique et minirobes, maillots de bain tricotés ou au crochet, paréos. Peaux colorées, noires, café au lait métisses surtout, dreadlocks….Sur le bord de la route, on propose des petits déjeuners tardifs aux clients des hôtels de backpackers/ Ambiance roots, loin du luxe feutré des lodges. Je m’enquiers des horaires du déjeuner : 11-17h. Le soir c’est fermé.

Continuant mon exploration sur le bord de l’eau, j’arrive à une plage de sable noir battue par de très grosses vagues. Des surfs sont à louer mais il n’y a personne. Trop tôt sans doute ! Un peu plus loin se tiendra une compétition de surf. On monte une estrade et règle la sono. En attendant, la plage est déserte, je pourrais marcher sur des kilomètres. Le soleil brille, j’aurais dû me tartiner de crème solaire et mettre un foulard.

Le culte

Petit tour dans les rues de Puerto Viejo. A l’église, c’est la Messe ; Ou plutôt le culte baptiste. En musique. Pas de prêche du pasteur. Pas de pasteur. Une femme grisonnante se tient debout près du micro et entonne les hymnes dont les paroles défilent sur un écran. Un jeune homme est aux commandes d’un ordinateur. Culte électronique pour une assistance clairsemée mais fervente. A l’entrée de l’église une femme danse scandant la musique avec un tambourin. Elle m’invite à entrer Je n’ose pas : je suis habillée d’un short et d’un débardeur. Les tenues sont décontractées, personne n’est endimanché. Nous sommes les seules blanches, les fidèles sont noirs ou métisses.

Les boutiques de téléphone sont fermées ; j’ai acheté une carte SIM du Costa Rica mais je ne sais pas comment l’activer.

La piscine de Shawandha Lodge

Retour à Shawandha : la guide francophone est prise. Nous renonçons au tour à 70$ comprenant transport et repas.

En voiture pour Puerto Viejo!

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au matin petite pluie

Minuit : grand fracas, une pluie diluvienne tombe sur les tôles du bungalow, les feuilles dégoulinent. Dans mon premier sommeil, vision d’enfer liquide. Et dire qu’on est en saison sèche ! Qu’est-ce que cela doit être en saison des pluies ! Toute la nuit, les averses se succèdent, et les réveils intempestifs.

6 heures, dernière promenade sur la plage. Pour éviter de mouiller les vêtements que l’on doit mettre dans la valise, je suis en maillot de bain. La pluie menace, l’eau est grise.

retour sur le canal

9h Maurizio charge avec beaucoup de soin le grand canot à moteur : valises devant, bien calées. Il va faire de la vitesse. Dernier parcours tranquille sur le petit chenal de l’hôtel puis trajet direct jusqu’au débarcadère où nous attendons le minibus déjà très en retard.

Le train des bananes

Devons prendre  la voiture à 11h  au restaurant Selva tropical à Guapiles où nous avons déjeuné il y a 3 jours. Nous n’y serons pas. Nous traversons la zone d’élevage, les petits villages aux maisons peintes, les bananeraies, Chiquita et Del Monte. Nous avons de la chance : le train des bananes est en mouvement. Les régimes sont emballés dans leur plastique bleu avec du carton ondulé pour réduire les frottements. Un homme est harnaché à la taille avec un câble. Il semble tirer le train des bananes. Les installations attenantes sont impressionnantes.

Après Siquirres, les champs d’ananas bleutés occupent la vallée. La route 32 San Jose-Limon est en chantier et complètement embouteillée. Une heure pour une vingtaine de kilomètres qu’il faudra parcourir à nouveau quand nous aurons la voiture. Nous avons plus d’une heure de retard.

Marvin est pressé de repartir. Le dernier repas pris « en groupe » est expédié : fricassée de bœuf tendre et poêlée de cœurs de palmier découpés en petits dés. Un beignet très fin nappé de caramel et des tranches d’ananas à volonté.

La voiture n’est pas là. Le loueur de Toyota était à l’heure. Il nous a attendu et s’est lassé. Il est rentré déjeuner chez lui. Les formalités se terminent à 14h30. Sur le Road Book, 3 heures de routes nous séparent de Puerto Viejo où nous aimerions arriver avant la nuit.

notre carrosse la Toyota

Le chantier  a mis la circulation à l’arrêt. Quelle perte de temps ! Il aurait fallu prendre la voiture à Siquirres. La route enjambe plusieurs torrents et rios, maintenant à l’étiage, dans un lit de gros galets surplombés par les Erythrines et leur belle floraison orange.

Le port de Limon

Le port de Limon s’annonce à l’avance avec des aires de stockage des containers en pleine campagne. Lego géant, empilements monstrueux. Loin du rivage, ils semblent insolites et déplacés. On imagine containers, grues et docks le long des quais et non pas loin de la mer. Nous passons la ville de Limon sans vraiment s’en rendre compte. Il est 17h45 quand nous faisons une halte à la sortie de la ville. Les installations portuaires sont noyées dans la brume et les embruns. Les nuages se déchirent au coucher du soleil, la lumière est rose, les grues du port cuivrées.

Il reste une soixantaine de kilomètres à parcourir dans la nuit ; La route longe la côte. On devine les vagues. Les phares des véhicules qui arrivent en face nous éblouissent ; Sur le bas-côté, marchent des enfants, roulent des cyclistes sans le moindre éclairage. Les ponts qui franchissent les ruisseaux sont très étroits ; il faut observer la signalisation peinte sur la chaussée pour savoir quelle file a la priorité, les autres attendent derrière la ligne blanche.

Nous traversons des bourgades très animées où les restaurants sont illuminés. Puerto Viejo est une agglomération touristique. La pluie tombe lorsque nous arrivons à Shawandha Lodge. Je remplis les formulaires à al réception comme un automate. Le réceptionniste me prête un parapluie ; Nous traînons les valises sur les allées cimentées, trempées et arrivons devant le perron du bungalow qui nous est destiné ; Les quatre marches nous dissuadent. Il existe un bungalow pour handicapés avec une rampe et tout près de la Salle à manger. Mais il est moins chic.

Le restaurant est sous un très haut toit pointu recouvert de chaume de feuilles de palmier, il est ventilé par deux hautes ouvertures triangulaires. Il y fait délicieusement frais. Après la pluie, les plantes ornementales ruissellent et les gouttes tombant du toit forme une fine cascade difractant la lumière. Cette humidité amplifie l’atmosphère tropicale. Le décor est raffiné : une bougie est posée au milieu d’un bouquet de fleurs rouges. Tagliatelle au saumon et tagliatelle aux crevettes roses servie avec des quartiers de citron vert, une herbe un peu acide comme de l’oseille.

Pour nous dédommager de la différence entre la casita et le beau bungalow qui n’est pas accessible, notre hôtesse nous offre le vin et le dessert. Le ginger cloud est une merveille : mousse au chocolat, une boule de glace chocolat et une boule de glace au gingembre maison avec du gingembre frais pilé. Notre hôtesse vient nous tenir compagnie. C’est une grande dame très distinguée et charmante. Elle est française et ravie de converser dans sa langue. La soirée se prolonge, la fatigue est oubliée. Nous sommes conquises par la magie des lieux.

 

 

 

 

 

 

Promenades naturalistes à Turtle Beach avec Marvin

CARNET DU COSTA RICA

Le petit canal tranquille de Turtle Beach

6h, départ en bateau sur le petit chenal qui relie l’hôtel au Cano Cana plus fréquenté.  Tous les canaux sont naturels sauf justement celui-là qui a été creusé au service de Turtle Beach Hotel. La forêt a été également replantée, on ne peut donc pas parler de « Forêt Primaire » bien que des essences endémiques ont été utilisées en respect avec l’écologie du Parc. La forêt se renouvelle naturellement : les grands arbres n’ont jamais plus de 300 ans alors que sous d’autres climats ils peuvent vivre des millénaires. La chute d’un arbre pluri-centenaire n’a rien d’une tragédie : il faut plutôt la considérer comme une chance pour que els arbrisseaux condamnés à végéter dans la pénombre trouve de la lumière pour se développer et que les semences nombreuses germent dans la clairière.

Hérons

feuillages de la jungle

Le matin, de six à huit, il fait jour mais encore frais, certains animaux nocturnes ne sont pas encore endormis alors que les diurnes sont actifs. A l’entrée du chenal, sur un grand arbre, un gros oiseau se tient sur son nid. L’ornithologiste qui accompagne un groupe de Canadiens l’avait désigné sous le nom Onore du Mexique, Marvin l’appelle Heron-tigre. Wikipédia les met d’accord avec le nom scientifique Tigrisoma mexicanum de la famille des Hérons (Ardéidés). Le gros oiseau brun est un juvénile, plus gros que ses parents, il n’a pas encore quitté le nid. Non loin de nous se tient un de ces derniers, gris. Un seul petit occupe le nid. La femelle pond deux œufs. Le plus fort, habituellement jette l’autre poussin à l’eau.  Il servira de proie aux caïmans ou autres prédateurs.

héron bihoreau

Au cours de la promenade, nous observerons un petit héron bleu sur son nid avec ses petits qui donnent des coups de bec sur le bec du parent. Aussi un Boat Bill Heron Cochkearius cochlearius ou Savacou en français.

Endormi : le héron nocturne Golden Crest Heron ou Yellow crowned night heron Nyctanassa violacea ou Bihoreau à calotte jaune.

Reptiles

Caïman

La promenade offre de nombreuses surprises : caïmans, grands et petits. Maurizio, le batelier, a les yeux très exercés pour les débusquer. Souvent seul le museau et les yeux proéminents émergent de l’eau presque noire. Pendant que Maurizio cherche, Marvin raconte. Les caïmans et les crocodiles, à la différence des tortues et lézards, prennent soin de leur progéniture ; Il faut imaginer la gueule effrayante d’un crocodile tenant le bébé.

basilisc

Marvin nous montre les iguanes et basiliscs avec son laser vert. Si le vert du Basilisco esmeralda (vert) se voit sur les troncs gris, les iguanes sont moins voyants même s’ils sont parfois très gros. Ils grimpent sur les hautes branches. Les basilisc vert est surnommé « lézard Jésus Christ » parce qu’il court sur l’eau. Marvin nous imite le bruit des pattes frappant la surface de l’eau.

chauve-souris

(Les chauves-souris dorment alignées sur un ton : petits tas bruns qu’on aurait bien du mal à remarquer sans l’aide du guide. 5 sur un arbre ne sont pas encore endormies, le museau pointu, les yeux ouverts (elles voient mal).

La sortie est sur le thème du camouflage : stratégie de survie pour nombreux animaux. Le Great Potoo (Nyctibius grandis) ou Grand Obijau est un oiseau nocturne qui ressemble à s’y méprendre à une vieille branche d’arbre cassée. La visite est obligatoirement guidée : les oiseaux vivent si bien cachés qu’hier – du bateau – je n’ai rien vu en dehors d’un cormoran, d’aigrettes blanches ou de vautours planant. Comment débusquer le nid minuscule d’un colibri à l’extrémité d’une feuille enroulée, derrière le voile d’une toile d’araignée. On devine le bec très pointu de l’oiseau qui couve.

Une colonie de nids allongés suspendus dans un grand arbre un peu à la manière de ceux des tisserins au Bénin, est celle des Orioles à queue jaune (Icterus mesomela) qui les ont construits groupés et en hauteur pour plus de sécurité. Nous aurons l’occasion de voir les oiseaux.

toucan : j’aurais aimé que cette photo fut mienne, c’est un cadeau de nos amis belges

Un toucan traverse le canal haut au-dessus de nos têtes. C’est un des oiseaux emblématiques du Costa Rica et j’ai hâte de le voir de plus près.

Après 1h45 de promenade magique dans des canaux silencieux, il est temps d’aller déjeuner. Chaque bateau pousse son moteur au maximum. Une grande vague vient à notre rencontre et submerge la proue plate où j’ai posé mon sac que j’attrape au vol (il contient passeports, téléphone et mon cahier). La vague ne se contente pas de mouiller mes affaires, elle m’éclabousse et je suis trempée.

promenade pédestre

vanille

Une promenade pédestre est l’occasion de découvrir les arbres ornant l’hôtel.

Le grand ficus n’a pas de racines profondes, il est stabilisé par ses racines superficielles dont l’étendue correspond presque exactement à la circonférence de la ramure. Des racines aériennes aplaties dans lesquelles on peut fabriquer des meubles ou des roues de charrettes maintiennent l’équilibre. Nous avons vu cela en Afrique avec des fromagers.

Le cacaoyer était largement cultivé au Costa Rica. Les plantations ont été ravagées par une maladie. Marvin est pessimiste. Peut-être le chocolat est destiné à disparaître.

La vanille est une liane. On voit les bourgeons floraux et une grosse gousse renflée. La vanille est une orchidée qui a besoin d’un champignon pour former des mycorhizes.

Le beau manguier n’est pas un inconnu pour nous.

Le jambosier (Syzygium malaccense) donne des « pommes d’eau » (manzanas de agua)

Un caïman de belle taille a élu domicile dans un coin reculé de l’embarcadère de l’hôtel. C’est un animal territorial.

L’hôtel a balisé un sentier d’observation. Après que ceux qui étaient mal chaussés aient trouvé botte à leur pied et que Marvin délivre ses « recommandations » concernant les dangers des serpents venimeux bien camouflés et autres bêtes dangereuses : Suivre le guide, ne pas sortir du chemin !

La vedette de la promenade est une minuscule grenouille rouge toxique au poison qui serait mortel s’il était injecté (mais les grenouillent ne mordent ni ne piquent) . Elles ont vraiment très petites (1cm – 2cm) et ont tendance à se cacher sous les feuilles où on n’a pas vraiment envie de les dénicher. En bougeant une feuille on en découvre une mais justement elle se met à sauter (une grenouille qui saute : normal !) Wikipédia m’apprend qu’elle est un dendrobate. Sa reproduction est originale : elle ne pond pas dans les mares comme les grenouilles ordinaires mais élève ses têtards dans l’eau contenue dans les broméliacées haut dans les arbres.

Il y a aussi des araignées de belle taille et de différentes espèces.

Sur un tronc poussent de curieuses feuilles rondes que Marvin appelle « philodendron » qui aiment l’arbre. Ce végétal se colle à l’écorce. Je n’ai pas trouvé le nom de ce végétal. A l’entrée « philodendron » sur Wikipédia j’ai trouvé les plantes aux larges feuilles découpées qu’on appelle parfois caoutchouc.

Enfin, à la fin de la promenade, le voici, le toucan avec son bec jaune à la forme caractéristique, puis un Oriole aux plumes jaunes sur la queue. Et finalement deux nids avec des petits hérons.

La piscine en forme de tortue

Quelques allers-retours dans la piscine-tortue pour se rafraîchir.

Déjeuner-buffet : riz-haricots noirs, brocolis-carottes, bœuf coupé en lanières, mijoté avec des oignons, fondant, très tendre. Salades et fruits frais au buffet froid.

L’après midi se déroule tranquillement entre la piscine et la table aérée au bar.  Le temps se gâte. Des vagues puissantes roulent dans une mer grise sous des nuages menaçants. Première tentative de promenade à la plage en robe bleue. L’averse commence. De petits vautours noirs picorent un gros poisson crevé. Certains s’envolent à mon passage, pas tous. La marée monte encore. Un gros rouleau explose tout près de moi. La vague écumeuse me trempe jusqu’à la taille.

Dépitée je rentre au bungalow. Vers 17h après la pluie je retourne sur la plage pour une marche les pieds dans l’eau étonnée de voir les déchets que la mer a laissés sur cette plage déserte à l’arrière d’un parc naturel très surveillé.

La nuit tombe tôt. 17h30, le ciel se teinte d’un pourpre étrange. A 18h il fait nuit noire, ni lune ni étoile. La délicieuse brise d’hier est tombée ; on étouffe un peu.

 

Arrivée à Tortuguero

CARNET DU COSTA RICA

Embarquement pour Tortuguero, le voyage se poursuit en bateau

11h30, au port, de nombreux bateaux conduisent les visiteurs à Tortuguero. Longs bateaux munis d’un toit, deux moteurs puissants qui s’engagent dans un canal très large dans la forêt bordée parfois de hauts palmiers au feuillage très fournis. Des canaux latéraux débouchent dans la mer Caraïbe très agitée avec de gros rouleaux dans un nuage d’embruns. Le bateau file en soulevant une gerbe d’écume. Maurizio, arrête parfois pour nous montrer les animaux. Les crocodiles aiment les espaces ouverts. Nous avons le plaisir d’en découvrir un accompagné de ses petits. Il ne doit pas être très affamés, des oiseaux marchent tranquillement sur son banc de sable.

Le petit singe hurleur

Une petite tête noire sort de l’eau : c’est un singe qui traverse le canal à la nage au risque de ses faire dévorer par les crocodiles ou de ses faire percuter par un bateau. Quand il touche la rive, il est épuisé.

Village de Tortuguero

Au village de Tortuguero

Il faut acheter les tickets d’entrée dans le Parc (15$). Nous en profitons pour visiter le village tout en longueur le long de la rue principale, coincé entre le canal et la plage. C’est un village touristique, très coloré. Les façades rose fuchsia, bleues, violettes ou verte. Des fresques couvrent les murs : tortues géantes, animaux de la forêt, oiseaux…

fresques de Tortuguero

Des statues de bois laqué accueillent le visiteur, rappelant les statues béninoises. Il y a surtout des restaurants, des magasins de souvenirs, quelques supérettes. Le poste de traitement des ordures est très gai – pédagogique. L’école est toute verte ; on y fait cours les portes ouvertes. Au bout : la plage de sable, immense, celle où viennent pondre les tortues marines.

au village de Tortuguero : tortues et cocos

Retour au canot, rencontre avec un petit caïman(vraiment petit), puis sur un tronc avec un basilisc  Basiliscus plumifrons et aux abords du débarcadère d’un petit iguane

Hôtel Turtle Beach

Turtle beach

Après le pot de bienvenue, nous déjeunons . La salle à manger ouverte est organisée autour d’un buffet. Je choisi du porc mariné et des pommes de terre, des crudités variées et des fruits tropicaux. Je vais faire une cure d’ananas !

Notre chambre est située dans un bungalow de bois brut. Elle est très vaste (2 lits de 2 personnes) murs bleus, 2 gros ventilos à longues pales. Une penderie ouverte. Peu d’efforts de décoration. Je suis sous le charme du ventilateur de plafond. Des moustiquaires ferment les baies sur deux côtés. Les rideaux sont retenus par un simple nœud, ils tamisent la lumière douce qui vient du sous-bois. Dans les grands arbres, juste en face de l’entrée, des singes chahutent.

La piscine en forme de tortue
La piscine en forme de tortue

Toutes sortes de végétaux décoratifs ornent le parc de l’hôtel. Mes préférés sont deux arbres du voyageur, éventails décrivant un arc de 60° les crotons colorés sont hauts ; il y a aussi des plantes fleuries dont j’ignore le nom.

Tout juste installées, je plonge dans la piscine en forme de tortue marine ; au centre un bassin assez profond pour nager et quatre palmes bleu clair pour patauger.

La plage où viennent pondre les tortues

Il est impossible (et interdit) de se baigner dans la mer sur la plage de Turtle Beach qui n’est pas surveillée. Les rouleaux puissants m’auraient de toutes façons, dissuadée. Je marche pieds nus sur le sable gris ; la plage est bordée de cocotiers. Des crabes brandissent leurs pinces vers le ciel dans le reflux. De nombreux troncs blanchis jonchent la plage. Un peu plus haut, il y a une petite lagune avec une maison et une moto. Le Parc n’est pas si vide que je le pensais. Vers 4 heures de l’après midi la plage st déjà à l’ombre. Marcher sans craindre le soleil est très agréable. 6 heures, il fait presque nuit. Après dîner(7h) nous trouvons une table à l’écart du bar. Le vent souffle doucement. Le décalage horaire  semble apprivoisé.

 

Sur la route 32, à travers la campagne de San José vers Tortuguero

CARNET DU COSTA RICA

fleur extraordinaire

L’Hôtel Turtle Beach envoie une navette dans les hôtels de San Jose. Un minibus de 15 personnes  nous attend à 5h45. Le jour se lève tôt au Costa Rica : il fait presque jour.

L’ hôtel est excentré, le petit car emprunte une autoroute. Nous découvrons la ville et avec une belle vue sur les volcans. Quelques buildings se détachent. L’urbanisation semble très lâche, on ne sait pas si on est en ville ou à la campagne. J’admire la merveilleuse floraison rose de grands arbres.  6h : le soleil apparaît entre les volcans.

la navette de Turtlebeach

Nous suivons le Paseo Colon qui débouche dans l’Avenida Central. L’église de la Merced avec son clocher pointu servait de repère aux provinciaux qui se déplaçaient à la capitale. La cathédrale est plus imposante. L’architecture est mélangée : buildings en ciment avec de grandes enseignes peintes, petites maisons basses avec des terrasses, , maisons décorées de stuc. Il semble qu’on craigne les voleurs. Les balcons sont protégés par des barres de fer, parfois des barbelés. Parkings grillagés avec des barbelés en rouleaux.

combat de chats sur un toit

Le car fait le tour des hôtels.  Il stationne devant un petit hôtel caché dans la verdure. Sur le toit de tôle deux chats s’affrontent. Ils s’approchent museau à museau, les queues se balancent. Le gris au beau pelage occupe une position dominante. Le noir en dessous est tout hérissé. Son pelage est plus clairsemé. Vont-ils se battre ? Le gris tient bon, le noir recule et descend.

A la sortie de la ville, Marvin, le guide, se présente et va décrire le paysage avec intelligence et clarté. Il parle « spanglish » passant de l’espagnol à l’anglais sans transition. Une phrase commencée en espagnol se termine en anglais ou l’inverse.  Il a à cœur de souder le groupe « nous formons une famille multiculturelle venant de France, de Belgique, Suisse Danemark, Argentine ».

La route 32 reliant San Jose à Limon, le port où arrivent toutes les marchandises par mer est l’axe le plus important du Costa Rica. Il est question de faire du Port de Limon un port de très grande envergure et de cette route une sorte de « Canal sec », en référence sans doute à celui de Panama. Une société hollandaise APM investit dans ce projet. D’ici 6 ans la route 32 doit devenir un axe à 2x2voies. Les travaux se déroulent en saison sèche par une société chinoise. Les travaux causent des bouchons. Tandis que notre minibus est à l’arrêt j’admire les énormes camions rutilants aux chromes brillants et aux pots d’échappement relevés fièrement vers le ciel.  Dans les embouteillages des hommes passent vendant des chips de bananes et des patis (3000 colons =4$).

La route traverse d’abord la Vallée Centrale, très fertile où se concentre 60% de la population costaricienne. Marvin nous montre les plantations de café. Le café fut introduit en 1817 au Costa Rica. Il pousse sur un sol très riche d’alluvions de terres volcaniques. De très grands arbres à floraison orangée : les Erythrines, Erythrina poeppigiana, donnent de l’ombre aux plantations.

Marvin commente la géologie de la Vallée Centrale : sédimentaire contenant des fossiles marins, entre les volcan à la limite de deux plaques tectoniques Caribéenne et Cocos. Le volcan Irazu culmine à 3432 m, est le sommet du Costa Rica, Irazu et Turrialba sont deux volcans jumeaux, Turrialba est actuellement interdit  pour cause d’éruption. C’est un volcan qui connaît des périodes de repos très longues, les éruptions précédentes étaient il y a plus de 100 ans C’est dans la Vallée Centrale que se trouve la limite de partage des eaux entre Pacifique et Atlantique.

A partir de 1160m d’altitude à San Jose, la route 32 fait une grande montée et une interminable descente à travers le Parc National Braulio Carillo. Marvin nous montre les grandes feuilles en forme de parasol Gunnera insignis« sombrillo del pobre » qui poussent au-dessus de 800m et les fougères arborescentes. Sous un pont on peut voir le confluent entre deux rivière, Rio Susio et rio AmarilloOn voit nettement le torrent qui charrie les eaux jaunes colorées par le soufre du volcan et l’eau claire de l’autre rivière.

Plus bas : les champs d’ananas et de manioc s’étendent.

papillons morphos dans la serre

Petit déjeuner à Guapiles dans un restaurant qui a une serre de papillons. Riz mélangé à des haricots noirs, omelette et plantain. Il semble que les plantains costariciens sont plus tendres que les africains. Dans la serre, des plantes colorées et variées. Les papillons morphos ont l’envers des ailes bleues, d’autres sont rouge jaunes et noirs. Ils sont tellement rapides que je n’ai pas le temps de saisir les motifs. Plus facile à photographier : les fleurs.

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A Siquirres, on quitte la grande route pour la piste qui traverse des bananeraies. Autrefois le Costa Rica était une « république bananière » dominée par United Fruit pendant un siècle (1870 -1970) après la construction d’une ligne de chemin de fer au Costa Rica.  Elle a pris pour nom Chiquita. La culture des bananes est restée aux mains de très grandes entreprises comme Del Monte. C’est une culture à grande échelle. Les bananeraies s’étendent de part et d’autre de la piste bordées par des haies d’hibiscus en fleur.  Les régimes de bananes sont protégés des insectes, pollutions diverses, dans des sacs en plastiques bleus qui servent également de serre individuelle aidant à la maturation du fruit. Un train de banane avance parallèlement à la route : les régimes sont accrochés à un rail qui les emmène tout seuls au conditionnement. Parfois les rails franchissent la route. Marvin descend pour vérifier aue les valises sur le toit du bus ne touchent pas les installations. On a construit un petit aérodrome pour les avions qui pulvérisent les cultures. Le petit avion jaune est garé sous son hangar.

Les villages ont des maisons colorées bleues, violettes ou vertes. Leur auvent abrite des chaises métalliques, parois de confortables fauteuils ou canapés de salon, ou même une moto. Devant, une pelouse bien tondue et des arbres ornementaux.

erythrines

Dans pépinières de plantes ornementales exportées dans le monde entier, on voit nos plantes d’intérieur : Crotons, dieffenbachias….

Elevage : des buffles blancs ou gris se reposent à l’ombre. De véritables ranchs aux barrières peintes en jaune et marron.

Dans un bouquet d’arbres un paresseux est suspendu ; on ne devine que ses pattes qu’il bouge très lentement.

La piste est creusée de nids de poules. Le minibus progresse lentement.