EXPOSITION TEMPORAIRE AUX ARTS DECO du 19.10.16 au 26.02.17

Munio Weinraub Gitai (1909-1970)
Munio mon père
Comme ceux de sa génération
Appliquait à son architecture
La notion de modestie, de retenue
D’obéissance au projet collectif
C’est aussi cela, la tradition Bauhaus
Et pas seulement les bâtiments orthogonaux
Amos Gitai

Du Bauhaus, je ne connaissais que la géométrie architecturale de certaines anciennes
rues de Tel Aviv et l’évocation qu’Amos Gitai a fait de son père dans l’installation Traces avec le film Lullaby for my father.
L’origine de l’expression Bauhaus m’évoquait l’architecture : bauen = construire, Haus = maison. D’entrée, une autre origine est proposée : celle de Bauhütte qui renvoie aux chantiers des cathédrales, aux maçons et compagnons. Le Bauhaus est une école d’art sur les principes du compagnonnage. La hiérarchie maître-compagnon-apprenti héritée de cette tradition est encore d’usage à l’école fondée par Gropius à Weimar en 1919. Un lutrin gothique et un pinacle doré rappellent cette filiation, relayée, plus tard, par le Romantisme allemand.
La vie quotidienne comme utopie

L’exposition s’articule autour de la vie à l’école à Weimar puis à Dessau. Elle présente les différents acteurs, professeurs et élèves dans leur vie communautaire également, leurs fêtes dans des photographies étonnantes. J’ai beaucoup aimé celle où Klee et Kandinsky posaient en imitant une statue de Schiller et Goethe. Dans la présentation, on perçoit la vie communautaire intense et festive.

Les sources
Après les origines médiévale, le Bauhaus est replacé dans le contexte artistique de l’époque, Arts and Crafts avec Morris et Ruskin (croisés dans l’exposition Oscar Wilde). Inspirations asiatiques avec des pochoirs japonais d’une finesse extraordinaires, et de très beaux objets. Sécession Viennoise et Klimt, bien sûr, (moins que ne l’aurais pensé), Koloman Moser. 1ère Modernité Allemande avec des meubles de Van der Velde.
différents ateliers de l’école

Présentation des exercices des élèves du cours de Kandinsky (1930-1931) polyptyques présentant, mélangés, les dessins des élèves et du maître pas toujours identifiés (le cartel est difficile à lire). Je m’étonne de toutes les gammes que les élèves ont décliné pour arriver à ce qui parait si simple, si facile, à la spectatrice ignorante que je suis.
A côté des ateliers de sculpture, de photographie, de théâtre ayant des vocations clairement artistiques, d’autres ateliers sont plus techniques.

L‘atelier de Tissage est réservé aux femmes (déception pour moi, dans ce contexte d’utopie communautaire, que les femmes aient des rôles assignés).

Céramique, travail du verre Itten, du métal(beaux objets de Marianne Brandt) menuiserie (multiplicité de tables gigognes), mais aussi de peinture murale produisant du papier peint, sont des ateliers dirigés vers la production. La logique de production en série s’oppose à la production artisanale ce qui entraînera une crise en 1923.
Une projection nous fait visiter une maison d’architecte.













Cette section est initiée par des séquences filmées où des femmes rossent des soldats, des malotrus. Curieux cinéma où les rôles sont inversés.



















Je reconnais les motifs d’Abomey par le béninois Cyprien Tokoudagba. Un amusant Concert de la Sape, de Pierre Bodo me rappelle une exposition de peinture africaine Beauté Congo présentée ici même, grands acryliques très colorés
















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