Les Choses : une Histoire de la Nature Morte au Louvre

Exposition temporaire jusqu’au 23 janvier

Jacques Linard : les 5 sens et les 4 éléments

 Une Histoire de la Nature Morte de la Préhistoire à nos jours : Vaste programme !

Ce qui reste : De objets témoignent par eux-mêmes

Dès la première salle, je suis perplexe : de nombreuses œuvres contemporaines voisinent avec un estampage des  haches de Gavrinis, un rêmeavissant flacon chypriote en forme de grenade et un bas-relief d’Abydos .

Une courte séquence de Stalker de Tarkovsky occupe un mur. sur un autre,  des photographies de Boltanski : les habits de François C 1971-1972.

Boltanski les habits de François C

L’installation la plus étrange est ce Repas Hongrois, avec assiettes (et restes de nourriture) couverts, verres, « tableau-piège » de Spoerri. 

Le dialogue entre les œuvres est amorcé et cette démarche  me parle. Deux pistes s’entremêlent : la Chronologie et cette confrontation.

l’Art des choses ordinaires a été représenté depuis l’Antiquité, des fresques d’Herculanum, mosaïques de Pompéi. 

Ces représentations de gibiers, crustacés avec des ustensiles du repas sont très proches des natures mortes qu’on a l’habitude de voir.

-Pierre Buraglio : Dessin d’après Six Kakis 1979-82

 

Les objets de Croyance correspondent aux représentations médiévales, les objets forment le décor d’une image pieuse, symboles qu’on savait lire alors comme le fruit qui évoque la tentation, ou le lys blanc la pureté de la Vierge lors de l’Annonciation. Le contour de la sandale du Prophète dans les représentations islamiques. Face à ces objets de croyance on a placé les kakis qui invitent à la méditation. 

 

Jan Davidz de Heem (1606-1684) la Fermière Hollandaise

A partir du XVIème siècle la peinture s’émancipe de la représentation religieuse. De beaux trompe-l’œil, des marqueteries de Padoue Cette représentation profane est principalement flamande ou hollandaise. 

Joachim Beuckelaer : Marché au Poisson

étaJoachim Beuckelaer : Marché au Poisson Joachim Breuckelaer brosse des tableaux truculents du marché au Poisson ou de l’Etal du Boucher. Ces victuailles sont étalées, avec à l’arrière-plan un Christ dans le Lac de Tibériade, si loin, si petit. En face de ces tableaux truculents, et non moins truculents les collecteurs d’impôt et tous ces trésors dorés étalés suggèrent l’arrivée (déjà!) du capitalisme culminant en 2019 avec la Chambre des Trésors de Gilles Barlier

Chambre des Trésors-2019 Gilles Barlier

La confrontation de deux œuvres m’a beaucoup intéressée : Matisse s’est inspiré de Jan Davidz de Heem dans La Desserte il a peint les mêmes choses tout en composant un Matisse original. 

Matisse : La Desserte
jan davidz de Heem : La Desserte

On peut jouer au jeu des erreurs mais on n’en trouvera pas beaucoup.

Sélectionner, Classer, Collectionner, nous conduit au 17ème  siècle du côté des Cabinets de curiosité, des monstres de la Nature au pillage colonial. Puis aux plus classiques coupes de Cerises et melon (1633) de Louise Moillon .

Au milieu de ces natures mortes classique un étonnant Dali

Dali

Tout reclasser

commence avec une vidéo qui mélange les différents éléments, les regroupe, s’amuse à construire de nouveaux sujets comme autrefois Arcimboldo

Arcimboldo ; l’Automne

bizarrement, je préfère les fleurs de Séraphine de Senlis à un Delacroix bien terne

Vanitas : les vanités avec crânes ou putréfaction montrant la brièveté de notre vie terrestre

Franciscus Gijsbrecht(1670)

je traverse avec assez de répulsion une salle sinistre présentant des tableaux de gibier, tête d’animal sanguinolents, pieds humains coupés de Géricault, lapins morts, truites de Courbet, un Bernard Buffet pour les modernes

la Vie simple me conduit vers de sages asperges peintes par Manet, la Chambre de Van Gogh exposée en face d’un intérieur hollandais de Samuel van Hogestaten étrangement moderne. 

Bonnard Le Coin de Table

le coin de table de Bonnard fait face à un Cezanne

Cézanne : la table de cuisine

Plus loin je repère Morandi que j’aime tant depuis notre voyage à Bologne.

Morandi

Braque est confronté au sculpteur italien Boccioni son contemporain et non loin de là Fernand Léger avec le Ballet mécanique

Umberto Boccini : Développement d’une bouteille dans l’espace.

nous sommes entrés dans le XXème siècle et la modernité, ready-made, compressions de déchets d’Arman, poupées de Schütte, coca-cola de Warhol et vidéos : film de Resnais et Queneau : Le Chant du Styrène. Une vidéo a retenu mon attention Semiotics of the kitchen vidéo féministe, parodie d’une émission de télévision culinaire où les choses de la cuisine se chargent de colère et de révolte. https://youtu.be/ZuZympOIGC0

L’exposition explose Les Choses en beauté avec Zabriskie Point (1970) d’Antonioni

 

le Pont de Bezons – Jean Rolin – P.O.L.

VOYAGE METROPOLITAIN

J’aime les récits de voyage, même si les pas de Jean Rolin ne me conduisent pas plus loin que Melun, en amont, et Mantes-la-Jolie, en aval, le long du chemin de halage de la  Seine.

Le pivot du projet que j’avais formé, et qui consistait à mener sur les berges de la Seine, entre Melun et Mantes,
des reconnaissances aléatoires, au fil des saisons, dans un désordre voulu.

Mais toute l’Histoire de la France, écrit-il dans cette dernière, passe par Bezons ! Précisément ! Au plus juste sur le pont de Bezons. »« Il faudrait à Bezons, poursuit-il, presque un pont amovible… Dix fois au cours de
l’Histoire il saute,

Jean Rolin est l’auteur du Traquet kurde . Ces deux mots s’appliquent également au Pont de Bezons . L’auteur, très attentif aux oiseaux,  fera entendre l’alouette grisoller ou tirelirer,  observer les nids des poules d’eau et  ceux des cygnes, découvrir le vanneau sociable, espèce très rare,  dans un groupe de vanneaux huppés.  Quant aux Kurdes il tentera de les approcher à Corbeil dans un café où était affiché le portrait d’Ocalan, sans beaucoup de réussite. 

l’écluse d’Ablons

Déambulation sur une courte distance  mais de longue durée:  de juillet 2018 à juillet 2019. L’auteur ne suit pas un itinéraire défini par un topo-guide de Grande Randonnée (GR2). Il  improvise son itinéraire sur les berges du fleuve. Il revient sur ses pas, saute des étapes. Parfois il passe la nuit à l’hôtel.

Un champ de céréales n’a pas été traité, ou traité avec tact, et du coup les coquelicots y sont presque aussi abondants que sur un tableau de Monet. C’est de celui d’en face, au demeurant, et de sa nudité, que s’élève en grisollant (ou en tirelirant) la première alouette de la journée. Au loin se profile la silhouette de l’usine Renault de Flins, vers laquelle le chemin, ayant décrit à nouveau un angle droit, se dirige maintenant, bordé d’un seul côté par une haie d’aubépines, de pommiers et de chênes rabougris. De part et d’autre les champs sont de nouveau plantés de blé ou d’orge, parsemés de coquelicots, dominés par des pylônes électriques dont les quatre pieds sont chaussés de lierre sur une hauteur de plusieurs mètres.

Voyage sur les traces des impressionnistes, sur les champs peints par Monet, dans les résidences de Caillebotte, inspiré aussi par Céline, par Maupassant. Voyage culturel, parfois historique mais ce n’est pas l’essentiel. Voyage très contemporain avec inventaire des friches industrielles, des ronds-points et des campements roms (et de leurs destructions), inventaire des bistros turcs ou kurdes, des coiffeurs de Villeneuve-Saint-Georges, des bouisbouis et MacDo. Au hasard des rencontres il tombe sur un pique-nique :

« les gens sont un peu surpris de me voir, c’est exact, comme moi de tomber sur eux, au moment où un groupe d’hommes, aux accents d’une musique balkanique – musique enregistrée, tout de même, nous ne sommes pas dans un conte de Noël –, est en train de faire griller sur un brasero, au milieu du chemin, de gros morceaux de poisson : et plus précisément, soupçonné-je, de gros morceaux de carpe. « Ça vient de la rivière ? demandé-je, après que nous avons échangé des saluts, en indiquant vaguement la direction de la Seine. « Non, non, se récrient les servants du brasero, pas la rivière ! acheté ! », car ils me prennent sans doute pour un inspecteur des pêches, ou quelque emmerdeur du même genre. Puis ils me signalent, tout cela plutôt par gestes, car autrement nous n’avons pas de langue commune, que le chemin sur lequel ils sont installés est sans issue, »

Il me semble que j’aurais pu le croiser, vers Vigneux ou Villeneuve, ou sur l’Île des Impressionnistes à Chatou.  Mais non! je marche sur les sentiers balisés de peinture rouge et blanche alors que Rolin n’y fait jamais allusion. Prudente, je franchis rarement les grillages et les murs, je fuis les campements louches, j’évite les talus glissants. Ce livre me dévoile les lieux pas très bien famés pleins de poésie. Je le relirai en rentrant de mes sages expéditions. J’éviterai les berges de l’Yerres à Villeneuve-Saint Georges de peur de rencontrer l’homme à la planche.

Vigneux : Port aux Cerises

Ce livre ne me quitte pas, il me hante encore dans mes promenades.

Sam Szafran – Obsessions d’un peintre à l’Orangerie

Exposition temporaire jusqu’au 16 janvier 2023

Hommage à Jean Clair

Une belle découverte!

Sam Szafran est né à Paris en 1934 dans une famille juive polonaise. Pendant la guerre, se cache à la campagne alors qu’une grande partie de sa famille est exterminée dans les camps. Autodidacte, il est initié à la littérature et la peinture dans les cafés et ateliers de Montparnasse.

Atelier – 1970 – fusain

Nous découvrons d’abord d’intéressantes études au fusain de son atelier. chaos très étudié de cadres, châssis, chevalets. En regardant plus attentivement on découvre le dessinateur à sa table, parfois seulement ses deux mains dans un coin. Allongé il se repose…Grande précision ans le dessin.

Atelier de la Rue Crussol

La salle suivante réunit des études de son Atelier de la rue Crussol, le titre est Le chaos apprivoisé. Avec les pastels, la couleur fait irruption dans ces études d’atelier où il décrit sa vie quotidienne, ses outils avec des gammes de couleurs dans ses boites bien rangées de pastels.

L’imprimerie Bellini

Ancienne fabrique de lithographie cette imprimerie fut un lieu important dans les années 1970. Szafran dessine les volumes de la verrières, les escaliers, les machines sous différentes perspectives. on peut voir les ouvriers au travail.

Funambule (1969)

Le Vertige de l’escalier

L’escalier est un thème qu’il a déployé de manière cinématographique : les différentes perspectives sont vertigineuses et suggèrent une déformation de la vision. C’est l’escalier du 54 rue de Seine, siège de la Revue poétique La Délirante . Il dessine aussi des personnages coincés et dans une illusion d’optique. 

l'escalier du 54 rue de Seine
l’escalier du 54 rue de Seine

Dans l’escalier, des personnages découvrent le monde extérieur. le paysage fait irruption dans le tableau

Désormais, Szafran utilise l’aquarelle. Il peint aussi de grands tableaux de paysages urbains

Tableau paysage urbain

l’escalier structure encore le bas du tableau tandis qu’autour de la cour, les murs se déploient en un curieux entonnoir sous des toits plus conventionnels

L’invasion de l’intérieur

C’est l’invasion du feuillage : philodendrons et aralias se développent jusqu’à occuper tout l’atelier du graveur. Dans ce luxuriant jardin d’hiver les feuillages dessinés avec une précision extrême masquent les personnages. On devine encore un escalier dans l’un d’eux, un personnage se cache : Lilette (la femme du peintre). un tableau est un hommage à George Pérec qui a publié Espèces d’Espaces, un autre à Jean Clair.

Les formats des tableaux deviennent plus grands, et plus colorés, les végétaux de plus en plus étouffants. On imagine les tropiques, l’Asie du sud Est ce qui n’est pas fortuit , le peintre Zao Wou Ki lui a justement prêté son atelier!

Devambez – Vertige de l’Imagination

Exposition temporaire au Petit palais jusqu’au 31 décembre 2022

Noce en Aérotaxis

L’exposition de Devambez est amusante!

Quand on découvre un peintre on est parfois impressionné par le génie, ou par une technique révolutionnaire, ou choqué, étonné, surpris….

Avec Devambez je me suis amusée (si j’exclue les grands portraits académiques que j’ai trouvé ennuyeux) . Amusée par l’humour qui irrigue si souvent son œuvre. Amusée par la variété des sujets. Je me suis promenée avec curiosité dans le Paris de la Belle Epoque vu du ciel, du dirigeable-autobus ou vu d’avion de cette nuée d’aérotaxis. Point de vue décalé. Devambez prend de la hauteur, montre d’infinis détails, caricature les personnages ….

Dirigeable au dessus de la Place de l’Opéra pour éviter les embouteillages du chantier du métropolitain

Il offre un regard émerveillé sur la modernité : la naissance de l’aviation, le métropolitain, l’arrivée du téléphone.

Avions fantaisistes

Une vidéo montre un projet de décoration de l’Ambassade à Vienne (1909) où 12 tableaux illustraient les inventions de la vie moderne, composition trop originale qui a déplu. 

le métropolitain : le quai à l’heure de pointe

Debambez flâne dans le Paris Belle Epoque offre une chronique des spectacles ;théâtre Montparnasse, les concerts Colonne et les cafés. Il croque une série de personnages. On l’a même comparé à Daumier. 

Les Incompris – scène de café

Face à l’évènement il illustre Paris sous la Communela répression policière après les grèves de 1902-1903, La charge . La Grande Guerre lui inspira des sujets : Verdun, des eaux fortes aussi   sont des témoignages des atrocités de la guerre et des destructions. 

La charge

A côté des portraits de famille ou de ses étudiants en grand format, Devambez a peint de très petits formats les « tout-petits » exposés dans la galerie Georges Petit (cela ne s’invente pas)  pour les amateurs pas assez fortunés pour acquérir un grand tableau original.

Un autre volet de l’œuvre de Devambez  est l’illustration– Zola, Kipling, ou l’Odyssée. J’ai beaucoup aimé le Gulliver devant lequel on pourrait rester longtemps à observer chaque petit personnage ou les coupoles de la cité féérique. De sa hauteur le géant a une vue plongeante, comme vu d’avion, ou d’un bâtiment élevé, un des points de vue caractéristique du peintre

Gulliver

Affiches, publicités, souvent humoristiques complètent cette oeuvre tout à fait éclectique

Affiche publicitaire pour un journal

Le « Conseiller » comme Gulliver est un géant surplombant la foule lilliputienne, et en plus il démonte le toit de l’Hôtel de Ville comme un jouet.

En fin quelle belle vue de Paris avec l’Exposition 1937 

L’Exposition de Paris 1937 vue du second étage de la Tour Eiffel

Juvisy-sur-Orge avec le Voyage Métropolitain

GRAND PARIS

La Gare de Juvisy-sur-Orge

Notre Voyage commence par un pique-nique à bord de la péniche l’Alternat amarrée sur la Seine à quelques encâblures du Pont de Juvisy . Eric, le batelier nous fait le, s honneurs de sa péniche, ou plutôt de ses deux embarcations. La plus grande, la plus ancienne aussi, 1936 est aménagée avec parquet, scène, bar comme un espace festif. Elle a échappé à la réquisition allemande qui a tronqué nombreuses péniches en vue d’un éventuel débarquement sur les côtes anglaises. C’est un gros gabarit autrefois chargeait du sable, gravier ou du blé. Eric nous fait prendre conscience de l’enjeu écologique du transport fluvial dramatiquement négligé en France. Une seule barge peut emporter le chargement de nombreux camions, avec l’équivalent du moteur d’un seul petit camion. De plus, les particules d’usure des pneus n’existent bien sûr pas sur un bateau! 

Sur la Seine : la péniche Alternat et le pont de Juvisy

L’Alternat m’a d’abord suggéré des politiques alternatives. En effet l’Alternat s’inscrit dans un mouvement de la Paix. Eric nous a invités à réfléchir à ce concept. Il est engagé dans des actions pédagogiques avec les écoles et collèges de Juvisy et Corbeil. Une belle exposition sur le thème de l’eau se trouve étalée dans la cale. Eric emmène les écoliers en croisières sur la Seine. Croisière qui peut durer plusieurs jours puisque la péniche est équipée de cabines, douches, cuisine. Dernièrement ils ont navigué jusqu’à Rouen. 

Avant qu’on quitte la péniche Eric a attiré notre attention sur un projet de mobilité fluviale RIVERCAT  : le projet MonBeauBateau pour l’Île de France : une navette de 100 passager qui desservirait l’Île de France de Soisy sur Seine à Saint Denis . C’est un projet coopératif qu’on peut soutenir. Il me rappelle la navette Voguéo qui reliait Maisons Alfort à Austerlitz et que j’avais plaisir à utiliser puis qui a disparu brusquement.

l’horloge de la gare de Juvisy a survécu au bombardement mais pas à la modernisation elle émerge d’une passerelle moderne

Juvisy-sur-Orge fut un temps la plus grande gare ferroviaire du monde : la ligne allant de la Gare d’Orsay, puis Austerlitz à Orléans et la ligne PLM partant de la Gare de Lyon y convergeaient. En plus des Grandes Lignes, les RER C et le RER D  s’y retrouvent. Le 18 avril 1944, Juvisy a payé très cher cette célébrité : le bombardement britannique a détruit non seulement les installations ferroviaires utilisées par les Allemands mais aussi tout le centre ville fut rasé avec 392 victimes. 

La reconstruction de la ville qui a suivi les destructions est particulièrement intéressante : les pavillons en meulières furent reconstruits presque à l’identique, un œil exercé remarque cependant que la meulière est utilisée seulement en parement sur le béton, les encadrements des fenêtres en relief sont des cadres préfabriqués. Les garages montrent l’importance de la voiture individuelle dans une vie « à l’américaine » . Certains ont eu la chance de voir leur pavillon reconstruit, d’autres furent relogés dans des petits immeubles collectifs toujours en meulière. On élargit aussi les rues en bordant certaines d’arbres d’alignement.

Dans le Centre-ville, l’actuelle Halle de marché, conçue par les architectes Ohnenwald, Aubert et Valdin, bâtiment remarquable, est actuellement classé. Un grand centre culturel est attenant au Marché mais il a été rénové avec façade en verre qui tranche avec la halle de béton.

L’Orge à Juvisy ici canalisée

Juvisy-sur-Orge est bien sûr irriguée par cette rivière de 54 km qui prend sa source  on loin de Rambouillet, traverse les Yvelines et l’Essonne. L’Orge est partiellement couverte dans le centre-ville mais elle est aussi canalisée et offre une belle promenade. 

Le centre-ville et la Gare se trouvent le long de la Seine bordé par un coteau bien raide, rebord du plateau de la Beauce. Autrefois, des vignes étaient cultivées à flanc de coteau, remplacée après le phylloxera par des arbres fruitiers. Il reste encore des espaces couverts d’une végétation sauvage, arbres, buissons et lianes. Nous empruntons un sentier au dessus de la rivière et au hasard de la promenade découvrons une jolie source : bassin arrondi au rebord de pierre contenant une eau très transparente. A Athis-Mons, la commune voisine on nous avait aussi parlé de sources.

Une source cachée dans la& végétation du côteau

Un château gardait la ville, lieu stratégique où embarquait le blé de la Beauce, seul pont sur la Seine jusqu’à Paris. De ce château dominant la vallée de la Seine, il reste un beau parc. Juvisy fut (dit-on) pressentie pour la construction d’un royal à la place de Versailles. Le parc aurait peut-être été dessiné par Lenôtre.  Il reste une splendide terrasse avec une vue dégagée sur la forêt de Senart de l’autre côté de la Seine. Un joli bassin agrémenté de grottes en rocaille nous sert d’abri pendant l’averse. A l’occasion le groupe dérange un couple de petits amoureux. Joli endroit pour un flirt!

Le parc a été loti au fil du temps,  les perspectives ont été tronquées mais il reste de jolis coins comme ces fontaines que nous découvrons à la nuit tombante. Elles ont été déplacées et se trouvaient autrefois  sur le pont sur l’Orge.

les belles fontaines qui ornaient le pont à la tombée de la nuit

Des fontaines sur un pont? Etrange, pas tant que cela si on pense que le Roi Soleil le franchissait avec son carrosse et la Cour en route vers Fontainebleau. Approximativement, la RN 7 (la Route du Soleil) suit une Voie Romaine vers Sens, Lyon…Rome? A Juvisy, le dénivelé était important et peu confortable pour les équipages royaux, on inventa alors une déviation avec une grande courbe pour obtenir une pente douce.

l’Observatoire Camille Flammarion

Sous la nuit nous montons sur la RN 7 pour découvrir l’Observatoire de Camille Flammarion (1842-1925) . En son honneur un astéroïde a été nommé  (605) Juvisia clic

Sur la nationale on peut encore voir la pyramide de Cassini (1742)  qui a servi à mesurer le méridien de la Terre par triangulation avec celle de Villejuif. le cinéma Eden a disparu.  La fin de la randonnée est sous le signe des étoiles avec la projection du fillm Gagarine clic que j’ai déjà vu et beaucoup apprécié : destruction de la Cité Gagarine à Ivry vue par un jeune passionné par les étoiles.

A la gare panique totale : les tableaux des départs sont en panne tous rouge, quel quai? quel train? la foule court en tous sens. Des trains sont supprimés mais en l’absence de panneaux personne ne sait lesquels. Sur le quai 51 il faut pousser pour entrer dans le wagon, deux dames avec des poussettes renoncent juste devant moi et les portes se ferment. Sur le quai 49 des jeunes en gilet rouge dissuadent les voyageurs et les renvoient sur le 51 bondé attente 22 minutes, je retourne sur le 49, le train est là, vide, départ dans 3 minutes. Partira-t-il? Et bien oui contre toute attente.

 

 

Rosa Bonheur à Orsay

Exposition temporaire jusqu’au 15.01.2023

Rosa Bonheur dans son atelier

Depuis notre visite au Château de By j’attendais avec impatience cette exposition. Un billet d’un blog que je suis avec beaucoup d’intérêt m’avait un peu irritée : avec condescendance le blogueur comparait les peintures de Rosa Bonheur aux illustrations des anciens calendriers des Postes. J’étais donc pressée de voir les tableaux de Rosa Bonheur dont je n’avais vu que des photos ou des copie. 

labourage

j’ai aimé l’attention que Rosa Bonheur accordait aux animaux et au monde rural : charbonniers, laboureurs, bergers, marchands de bestiaux. le monde rural est décrit avec minutie et exactitude. Même si parfois les couleurs font un peu « chromos » (surtout dans les barques d’Ecosse).

Berger des Highlands

Le tableau qui l’a rendu célèbre en France, à Londres et en Amérique : le Marché aux chevaux exposé à New York n’a pas fait le voyage mais la copie londonienne si, toute une salle montre les différentes gravures, études pour ce chef d’œuvre

le marché aux chevaux

je ne vois aucune « miévrerie » dans la course musclée des percherons ni dans les attitudes des maquignons

course des chevaux sauvages fuyant l’incendie

Le tableau américain des chevaux sauvages est le contrepoint du précédent : impression de liberté de ces animaux sauvages.

Cerfs dans la brume

les cerfs de la forêt de Fontainebleau sont aussi peints dans toute leur majesté comme ces bisons menacés par les « blancs usurpateurs »

Bisons

La personnalité de Rosa Bonheur transcende  son talent de peintre. Même si la peinture animalière n’est pas à la mode, sa figure de femme libre, défenseure des animaux, des Indiens, qui a adopté le pantalon quand les femmes n’y avaient pas droit, qui a vécu au grand jour avec une femme toute sa vie, en font une icone très moderne. En passant lire le petit livre  de la collection féministe la petite ixe.

Joan Mitchell rétrospective – Monet/Mitchell – Vuitton

Cyprès

Exposition temporaire jusqu’au 27 février 2023

Eblouie! Impressionnée par les immenses diptyques, triptyques, polyptyques éclatants de couleurs qui explosent et emportent tout.

J’ai adoré ces jaunes chaleureux qui évoquent des tournesols

Je suis captivée comme au spectacle d’un feu d’artifice. Je m’arrête pour détailler les traces des coups de pinceaux, des coulures, des reliefs, parfois des grosses taches épaisses (j’aime moins).

Difficile de mettre des mots sur ces sensations violentes. D’ailleurs, Joan Mitchell  ne donne que de très rares indices pour une analyse ou une description. Rares références de lieux ou de circonstances. 

No birds

No Birds est une allusion à Van Gogh : même champ de blé mais pas de corbeaux comme dans Le Champ de blé aux corbeaux . Joan Mitchell est à Vetheuil non loin d’Auvers-sur-Oise. 

.

 

J’ai beaucoup aimé les jaunes, mais Mitchell sait aussi varier les couleurs et les techniques : j’ai imaginé des prés, des champs dans ces à-plats rectangulaires, imaginé des fenêtres sans qu’aucune indication n’y fasse allusion.

Vétheuil

 

ici, dans cette salle où les toiles de Joan Mitchell dont confrontées à celles de Monet, le cartel précise qu’il s’agit bien de la vue de sa terrasse de Vétheuil. La mise en scène de cette confrontation est réjouissante!

Joan Mitchell et Monet : l’heure des bleus

Entre saule et nymphéas, les tableaux de Joan Mitchell s’insèrent parfaitement, se répondent. Accrocher un tableau face aux nymphéas pourrait être dangereux. Et bien non! Mitchell prend sa place en face du Maître de Giverny qui aurait pu être son voisin à cinquante ans près.

Monet : Pont Japonais

Le Pont Japonais frôle l’abstraction. Il figurait auprès des Peintres abstraits américains dans l’exposition à L’Orangerie en 2018 : Nymphéas : l’abstraction américaine et le dernier Monet .

Occasion aussi de découvrir un jardin de Monet que je n’avais jamais vu

Monet : Maison de l’artiste vue du jardin

ainsi que des hémérocalles, des agapanthes de toute beauté. Quelques fois j’ai des doutes, cet arbre est-ce Monet ou Mitchell?

Impressionnante, la série de la Grande Vallée dix immenses tableaux peints en 1983-1984

La Grande Vallée

J’ai volontairement photographié les visiteurs pour donner une idée de l’échelle.

la Grande Vallée

Une exposition réjouissante. Laissez-vous séduire par cette explosion de couleurs et de sensations!

Frida Kahlo au-delà des apparences à Galliera

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 5 mars 2023

Frieda Kahlo – 1939 par FK Murray

Attention! Exposition très courue : réserver le créneau de visite à l’avance!

Le Palais Galliera  est le Musée de la Mode, assurance de voir les robes et les bijoux de Frida Kahlo plus que ses œuvres (très peu de tableaux, plutôt des photographies de ses tableaux).

J’avais été impressionnée par l’Exposition à l‘Orangerie en 2013 et j’avais lu Diego et Frida, le livre de Le Clezio CLIC.  

Récemment j’ai aussi lu Rien n’est noir de Claire Berest, biographie colorée CLIC

L’exposition Frida Kahlo au-delà des apparences apporte un autre regard se focalisant sur la personnalité de l’artiste plutôt que sur ses œuvres. Occasion, également, d’admirer de merveilleux portraits de son père d’abord qui était photographe et de photographes de renom comme Gisèle Freund, Man Ray , Murray et d’autres 

Portrait de famille, Frida Kahlo est habillée en garçon

Frida Kahlo a joué avec son image et avec l‘apparence de genre, valorisant son côté masculin, ses sourcils épais et sa moustache qu’elle a parfois exagéré. C’est un aspect que je découvre ici. 

La galerie des portrait la présente avec Diego Rivera, bien sûr, mais aussi avec d’autres artistes. Son exposition à Paris est l’occasion de fréquenter les surréalistes. Le rôle d’André Breton ne le présente pas à son avantage, plutôt un sale type misogyne, tandis que Duchamp l’a aidée. 

Murray

L’exposition présente des objets de la Casa Azul qui se sont trouvés enfermés 50 ans  après sa mort. Objets très intimes comme flacons de parfums, médicaments, trousse de couture….Ainsi que les robes mexicaines merveilleuses.

 

Ce sont précisément les tenues qu’elle portait sur les photos présentées ici.

Frida Kahlo a tiré de son handicap, une inspiration  créatrice . Elle cachait  sa jambe mutilée sous ses longues jupes mais elle en faisait état en  le mettant en scène dans de nombreux tableaux  figurant l’accident, sa colonne vertébrale et ses corsets, ses fausses-couches. Ses prothèses et corsets occupent une salle de l’exposition, certains sont peints, véritables œuvres d’art

Florence Arquin : Frida Kahlo en corset

Autre facette de la vie de Frida Kahlo : l’engagement politique. Bien que Trotski  ait logé à la Casa Azul, elle s’est représentée peignant le portrait de Staline assurant de sa fidélité au communisme. On voit aussi sa critique des riches Etatsuniens : elle n’omet pas de représenter les files d’attente à la soupe populaire même si elle a beaucoup apprécié son séjour américain.

Costume traditionnel mexicain avec le Resplandor cérémonies religieuses. Eisenstein dans son film Que viva Mexico!  a filmé ces coiffes
REsplandor Haute Couture

Enfin, l’influence de Frida Kahlo sur la Haute Couture est importante : Jean -Paul Gaultier a dessiné des hauts s’inspirant des corsets orthopédiques de Frida Kahlo. Karl Lagerfeld a fait défiler Claudia Schiffer maquillée avec l’uni-sourcil de la peintre. couleurs et broderies des robes mexicaines se retrouvent sur les modèles de Haute Couture, sans parler de la collerette traditionnelle mexicaine.

Erdem 2020

Oskar Kokoschka – un fauve à Vienne -MAM

Exposition temporaire jusqu’au 23 février 2023

Oskar Kokoschka – Autoportrait 1917

Un enfant terrible à Vienne(1904-1916)

C’est ainsi que s’ouvre cette exposition sous-titrée « Un fauve à Vienne » qu’on associe volontiers aux acteurs de la Sécession viennoise (Klimt et Schiele) mais aussi aux expressionnistes par la crudité du dessin, l’expression des portraits où les mains  et le regard intense traduisent le caractère du sujet

Le joueur de Transe

Oskar Kokoschka excelle dans les portraits et l’exposition du MAM les a mis en valeur en choisissant un petit nombre et en accrochant sur un mur blanc ou noir. Il a aussi peint des paysages et comme ses contemporains a illustré des livres, fait des séries de gravure. Deux peintures aux sujets religieux m’ont étonné comme le Saint suaire et Véronique ou une étrange Annonciation. 

Véronique et le suaire

Original ce dessus de cheminée, image de mariage dans le style de la Renaissance

Hans et Erica Tieze portrait de mariage à la mode Renaissance

Ses portraits sont très intéressants

Carl Moll

Si les portraits dominent, l’œuvre viennoise est variée comme les séries de gravures et dessins très fins des cycles graphiques , ses collaborations avec la Presse Der Sturm d’Adolf Loos, ses illustrations et affiches, les éventails offerts à Alma Mahler avec qui il a entretenu une relation amoureuse et fait des voyages.

Träumenden Knaben (illustration)

Engagé militaire dans la Grande Guerre, il fut deux fois blessé. On le voit en photo avec son camarade le peintre hongrois Rippl Ronaï. Il a également fait des pastels et des dessins de guerre.

les années de Dresde (1916-1923)

Blessé, réformé il fait une dépression et il est soigné dans un centre de convalescence près de Dresde. 

Autoportrait au chevalet

Sa peinture devient plus colorée, moins empâtée avec plus d’à-plat

Diptyque Hans Mordersteig et Carl Georg

Voyages et séjour à Paris

Dans cette section sont accrochés des paysages colorés de Marseille, Annecy. Il voyage en Afrique du Nord : beau portrait Le Marabout de Temocine. Il exécute aussi des séries d’animaux : chevreuil, lion, tortues géantes ou Poissons sur une plage de Djerba

Poissons sur une plage de Djerba

Résistance à Prague 

mais sa peinture n’est pas appréciée, 5 de ses tableaux sont décrochés du Musée de Dresde et il s’exile à Prague. Sa peinture figurera dans une exposition nazie d’Art Dégénéré. En 1937 il se représente lui-même en artiste dégénéré dans une attitude en même temps de tristesse et de défi

Autoportrait en Artiste Dégénéré (1937)

Exil en Angleterre (1938-1946)

Les peintures que je retenues sont des allégories politiques comme L’Anschluss

Anschluss: Alice au pays des merveilles

ou le Crabe

le Crabe

Sur une plage britannique le crabe monstrueux cache une scène de noyade

L’oeuf rouge

tandis que dans l’oeuf rouge les accords de Munich sont mis en scène avec ma figure colossale de Mussolini, Hitler grimaçant, la France, un chat indolent et la Grande Bretagne détourne le regard.

un artiste européen (1946-1980)

Autoportrait 1969

Il s’établit en Suisse et reprendra sa nationalité autrichienne en 1975. Il continue à peindre et dessiner (suite lithographique de pan sur un thème de Hamsun

Cette très belle rétrospective m’a fait découvrir un peintre dont je ne connaissais que ses oeuvres viennoises de jeunesse.

Garouste au Centre Pompidou

Exposition temporaire jusqu’au 2 janvier 2023

Garouste : L’étudiant et l’autre moi-même

J’avais découvert Garouste au Musée de la Nature et de la Chasse dans une présentation du tableau Diane et Actéon qui m’avait bien intéressée CLIC

Pinocchio

Je ne connaissais pas la vaste production du peintre et cette rétrospective au Centre Pompidou a été une surprise. : elle retrace son œuvre sur une quarantaine d’années et se répartit sur plus de 18 salles (+ la chronologie). Il faut prévoir une bonne après-midi et peut-être, comme moi, vous fatiguerez avant la fin ; ce qui est dommage parce que les œuvres les plus récentes sont passionnantes.

EN CHEMIN LE PASSEUR S’INVITE DANS LES SALLES OBSCURES DU PALACE

Garouste, avant d’être un peintre reconnu à part entière se consacra à la décoration et au décor de théâtre. Il construisit une installation La Règle du Jeu avec des objets, des piquets figurant des personnages, un masque, des énigmes. Une série de tableaux  ayant aussi pour titre La Règle du Jeu représente une comédie policière, dispersant les énigmes comme au Cluedo. J’ai passé un peu trop de temps à chercher les indices…

Adhara

Après les décors on en arrive avec de très grands formats à des peintures impressionnantes: dans une atmosphère sombre, deux personnages, l’un d’eux, yeux bandés l’autre accompagné d’un chien, semblent dédoublés : sont-ils Le Classique et l’Indien, figures récurrentes à cette époque? D’autres tableaux sombres, gris ou bruns ont des titres lourds de significations, Constellations, Orthros et le Classique.

Orthros et le classique

Orthros est le chien bicéphale, psychopompe, dit le cartel je remarque une grande maîtrise dans le dessin. En même temps je cherche à mobiliser les souvenirs de la mythologie grecque, sans succès. Un autre tableau s’appelle Orion, encore une constellation, encore de la mythologie. Colomba, encore une constellation mais aussi des allusions littéraires à Prosper Mérimée, et à Henry James avec l’Image dans le le Tapis. 

Garouste nourrit sa peinture de clins d’oeil, un Déjeuner sur l’herbe est composé de  deux femmes habillées et d’un homme nu. Dans la Chambre rouge, encore une inversion aux codes habituels : l’homme git sur le lit alangui tandis que la femme est debout. 

La chambre Rouge

Personnages à l’antique (lutteurs) et nature morte géante avec un énorme vase bleu qui revient à plusieurs reprises dans la série de tableaux. La couleur violente fait apparition dans les années 1985. Le Commandeur, sa statue renversée sont aussi des sujets de la série.  La salle suivante nous plonge dans l‘Enfer de Dante avec des allusions à Delacroix avec le bateau qui conduit Dante et Virgile

Dante

Inspirée de Rabelais, La Dive Bacbuc, une curieuse installation cylindrique, peinte aussi bien dehors qu’à l’intérieur, visible par des œilletons. 

Don Quichotte et les livres brûlés

Cervantès aussi : un portrait de Quichotte avec la figure de J. M. Ribes

Le théâtre de Don Quichotte

On voit maintenant les ânes qui vont peupler nombreux tableaux. Ânes bibliques ou non

Balaam 2005
L’ânesse et la Figue

l »âne et les ânesses figurent dans  nombreux tableaux y compris dans Le Pont de Varsovie et les ânesses

le Pont de Varsovie et les ânesses 2017

Comme j’ai beaucoup de sympathie pour les ânes je les ai photographiés!

A partir de 1990 Garouste s’intéresse à l’hébreu, aux épisodes bibliques mais aussi au Talmud et au Midrach. Il Illustre la Haggadah de Pessah et la Meguilat Esther.

 

Meguilat Esther

Une grande trilogie prend pour sujet Pourim : les masques m’avaient fait penser à Venise avant que je ne lise le titre,

Pourim

Nombreux tableaux sur des thèmes juifs, aussi bien bibliques que plus modernes comme les portraits de Kafka que de rabbins. Celui qui m’a touchée c’est la sculpture de Jonas une arche avec une voile sur des vagues qui contient dans un tiroir secret 4 chapitres du livre de Jonas pliés en leporello (livre accordéon) en hébreu, français, phénicien, yiddisch, latin, allemand. 

Jonas

A vrai dire, je suis arrivée fatiguée et saturée dans ces dernières salles aux thèmes juifs qui sont très intéressantes et j’ai regretté de ne plus être assez concentrée pour m’y consacrer plus sérieusement.

Pourim : le festin d’Esther