« mon Festival d’Avignon » dans l’oreillette : Avignon Fictions sur France Culture

THEÂTRE

J’ai gardé un souvenir ébloui du seul Festival d’Avignon 1976, auquel j’ai assisté avec la  canicule:   Carolyn Carlson dans la cour du Palais des Papes, Ariane Mnouchkine et la Révolution sont inoubliables, même 45 ans après.

Evidemment Claudialucia et Eimellesur leurs blogs respectifs me font très envie chaque année, mais cela ne se goupille pas.

Après cette année de  télé-visites de musées, théâtre en virtuel, zoom et compagnie… j’ai découvert une version beaucoup plus classique : le théâtre radiophonique et les podcasts de France-Culture. J’ai rangé dans ma bibliothèque l’onglet « AVIGNON LES FICTIONS« .  Oreillette et smartphone, j’organise mes promenades selon la durée du podcast, bords de Marne ou Bords de Seine, lac Daumesnil…

Merci à Matatoune qui m’a fait découvrir la lecture de Frère d’Ame par Omar Sy! J’avais aimé le livre mais cette lecture est une découverte. par la voix d’Omar Sy les mots de David Diop retrouvent leur accent, la puissance et l’urgence. Une profondeur nouvelle. j’avais retenu l’horreur des tranchées mais je n’avais pas mesuré la folie qui s’empare d’Alfa, le frère survivant.

Les Suppliantes d‘Eschyle traduites et mises en scène par Olivier Py  au Festival 2020 est d’une saisissante actualité : femmes demandant l’asile, femmes fuyant des mariages forcés, femmes dans la guerre et questionnement sur la démocratie. Le prince d’Argos n’ose pas leur octroyer l’asile, craignant la guerre avec les Egyptiens laisse la décision au peuple.

Eschyle toujours traduit et mis en scène par Olivier Py, Les Sept contre Thèbes, dépouillement et clarté, seulement 38 minutes. Une pièce destinée à être jouée au plus proche d’un public qui ne va pas au théâtre, dans une école, une prison, un quartier….Toujours une pièce très politique : le pouvoir de l’image et le questionnement de la démocratie. Image il y a 2700 ans? Non, les Grecs n’avaient pas la télévision! mais les guerriers arboraient sur leurs boucliers toutes sortes de symboles et d’images qui parlaient à leurs contemporains.

Une Antigone originale que celle présentée en Concert-fiction : œuvre radiophonique réécrite d’après Sophocle par Stéphane Michaka mise en musique avec les musiciens de Radio-France, provient du Festival d’Avignon 2020. Aussi une belle découverte!

la Mort d’Achille s’inspire aussi de la tragédie antique. C’est une œuvre contemporaine de Wajdi Mouawad. Commande pour Avignon 2019. Echo aux massacres du XXème siècle de Sabra et Chatila, ou de Srebrenica, la dévastation de Troie. Le guerrier demi-dieu est mort, quelle suite donner à la célébration du héros? Un nouvel horizon sans le divin, pourrait-il annoncer une nouvelle histoire épargnant Troie vaincue? A Agamemnon de décider. Une pièce magnifique. Antique, contemporaine, comme vous voudrez!

 

Isabelle Adjani est la voix d’Ismène dans le poème de  Yannis Ritsos. Ismène la survivante, Ismène contemporaine ou antique? Ismène intemporelle. Ismène raconte sa sœur, Antigone.  Antigone, l’héroïne, qui a dit non à Créon, celle qui a désobéit, qui est morte martyre entraînant la mort de son fiancé Créon, le suicide d’Eurydice sa mère, mais aussi Antigone vierge effarouchée qui se refusait à Hémon, Antigone anorexique qui mange en secret la nuit, qui refuse la vie, qui a peur d’être tout simplement humaine. Ismène, au contraire accepte la vie, se réjouit du parfum des orangers en fleur, plante des bulbes de cyclamens. Vieillissante, elle caresse l’idée de prendre pour amant le jeune officier… Elle a choisi la vie, elle pourra mourir tranquillement.

La série de créations contemporaines sur thèmes antiques ne s’arrête pas ici : Hélène Après la chute de Simon Abkarian. Dialogue entre Hélène et Ménélas après la chute de Troie. Les vainqueurs se partagent les captives, Hélène revient à Ménélas. Entre vengeance et pardon. Jeu de chat et souris. Ils se déchirent mais nous réservent des surprises.

 

Evidemment rien ne vaut le théâtre vivant, la présence des acteurs sur scène, les décors, la communion avec les autres spectateurs… Cette année encore je me contenterai d’enregistrements. Je m’en veux de ne pas avoir cité les acteurs, mais écouter un podcast en marchant ne permet pas de retenir les noms.

Bonifacio et ses plages

CARNET DE CORSE 2021 de BASTIA à BONIFACIO

Bonifacio : la citadelle vue de la Marine

 

9h :parking de la Marine de Bonifacio. Le prix (0.70€ le quart d’heure) n’incite pas à la flânerie. De la Marine, partent les excursions aux îles Lavazzi . Il y en a pour toutes les durées et toutes les bourses. De très beaux bateaux sont amarrés. Des restaurants occupent les quais, du kebab aux très luxueux, servant des petits déjeuners aux plaisanciers. Ils ne m’attirent pas vraiment tout semble banal, standardisé.

Au bout du quai, de la petite église Saint Erasme, la montée Rastello est une rampe pavée avec des escaliers jusqu’au Col Saint Roch. Montée bien raide mais on est récompensé par la vue sur les falaises blanches et les côtes de la Sardaigne.

Bonifacio : la ville vue du sentier de campo romanello

Au lieu de rentrer directement dans la ville haute, je continue la montée pour aller chercher le plus beau point de vue en emprunter une rampe qui se poursuit par un sentier du Campo romanello qui longe la falaise. Les falaises blanches et l’eau turquoise me fascinent mais je n’ai pas le temps de terminer la promenade ; la visite de la ville m’attend.

Bonifacio rues étroites et église Ste Marie Majeure

J’entre par la Porte de Gènes, accès à la Citadelle. L’Office de Tourisme qui n’ouvre qu’à 10 h est encore fermé comme le Bastion de l’Etendard. Je me promène un peu au hasard dans les rues si étroites qu’une série d’arches relient les maisons au-dessus de la rue. les maisons les plus anciennes sont ornées de festons, d’arcs romans. Je découvre ici une belle fenêtre avec une colonnette, ici une plaque ? La promenade est agréable mais les restaurants ont envahi les rues si bien qu’à l’Eglise Sainte Marie Majeure le fumet du poisson entre par la porte latérale ouverte sur les tables du restaurant voisin. Les parasols cachent les plaques des rues si bien que j’ai beaucoup de mal à me repérer sur le plan.

lz g=falaise blanche de Bonifacio

Mon regret : de ne pas avoir emprunté l’escalier du roi d’Aragon haut de soixante mètres avec 187 marches creusées dans la falaise (selon la légende en une seule nuit pendant le siège de la ville par les troupes du roi d’Aragon en 1420). La billetterie n’accepte ni la monnaie, ni les cartes de crédit. Il faut scanner un QR code et s’inscrire sur le formulaire par Internet. Curieux procédé qui bugue (pas de Wifi et les données mobiles n’entrent pas,  parasitées par la Sardaigne, me dit-on). On peut acheter le billet à l’Office de Tourisme qui vient d’ouvrir mais la queue est rédhibitoire.

Les jardins de Carrotola  sont reposants .

Goulet de Bonifacio

La Grande Eglise Saint Dominique est fermée (ouvre à 11 h). C’est la seule église gothique. Je redescends par une promenade au- dessus du Goulet de Bonifacio. J’entends les commentaires au micro des bateaux-promenades ce qui donne très envie de les emprunter. Dominique est rebutée par la foule qui fait la queue au guichet.

les falaises vue du cap Pertusato

Promenade en voiture au Cap Pertusato. Une mauvaise route conduit au premier sémaphore, il faut ensuite continuer à pied sur la piste jusqu’au second à la Pointe de Sperone. Peinte sur le ciment une flèche verte et l’indication « plage ». En dessous la plus jolie plage secrète. Malheureusement je n’ai pas mon maillot et cela aurait peut-être été long de descendre. Je me contente de prendre la photo.

Sous la falaise une plage bien cachée

Nous cherchons une plage pour déjeuner. Du côté du Cap Spérone, les propriétés sont enfermées dans de grands murs, un golf- également enfermé – occupe la pointe avec une marina contenant de beaux bateaux. A Piantarella pas de place pour s’arrêter. Retour à Bonifacio pour tenter notre chance vers la pointe de Capicciola. Dans le Golfe de Santa Manza, juste avant la pointe nous trouvons deux charmantes plages vierges de tout équipement.  De l’eau claire et tranquille. Un bonheur de baignade. Nous nous promettons d’y revenir !

Sant’Amanza

Signac Les harmonies Colorées – Jacquemart-Andé

Exposition temporaire prolongée jusqu’au 26 Juillet 2021

Paul Signac – Opus 176 (1886)

Admirateur des impressionnistes et de Claude Monet, Paul Signac, autodidacte devient peintre et va avec Seurat utiliser une nouvelle technique pointilliste ou de « division des tons » pour fonder un mouvement que le critique Fénéon qualifiera de  Néo-impressionnisme.

signac paul

L’exposition LES HARMONIES COLOREES  au Musée Jacquemart-André présente les œuvres de Signac mais aussi des artistes néo-impressionnistes comme Cross, Pissaro,  Achille Laugé et Maximilien Luce, Van Rysselberghe 

Achille Laugé : L’arbre en fleur

Tout d’abord,  nous étudions les recherches de couleurs, la palette éclatante de Signac, les complémentarités des couleurs, l’utilisation de couleurs pures qui ne doivent pas se mélanger mais se rehausser, s’exalter. On parle parfois de pointillisme ; à y voir de plus près, ce ne sont pas des points (il y en a comme les points orange de l’Opus 176 qui rehaussent les barques bleues ou les arbres verts) mais il y a aussi ces virgules roses et bleues, éclairant la mer de Saint Briac

paul signac balises, Opus 210

parfois le peintre choisit de croiser les touches, parfois de jouer le mosaïste avec des touches carrées ou rectangulaires qui ressemblent à des tesselles. Cette exigence de couleurs pures suppose un travail préparatoire. Si la peinture sur le motif, comme les impressionnistes, est le début du tableau celui-ci sera accompli en studio. l’exposition présente donc de nombreuses études préparatoire, huiles en large touches très colorées et petits format, ou grands lavis à l’encre de Chine de la taille du tableau définitif en couleur.

Signac : Mont Saint Michel 1897

La visiteuse peut prendre son temps pour observer les détails de la technique qui varie selon le temps.

Après son séjour à Saint Tropez en 1892, Signac pratique l’aquarelle. Il peint un très bel éventail de Venise. Il utilise l’aquarelle pour peindre sur le motif, et  réalise un reportage complet des ports de France, du port de guerre de Toulon, aux petits ports de pêches bretons, des ports de Saint Nazaire. le dessin est très soigné, la couleur n’est plus le sujet principal et parît accessoire.

paul Signac : Villefranche

et pour le plaisir : Cross

Cross

et bien sûr, comme toujours à Jacquemart-André une vidéo permet de d’approfondir la visite avec un commentaire éclairé.

site archéologique de Cuccuruzzu

CARNET CORSE 2021 de BASTIA à BONIFACIO

Cuccuruzzu : Torre néolithique

J’ai renoué avec le plaisir des baignades matinales, les meilleures quand la surface de l’eau est un miroir qu’aucun mouvement n’a altéré et que le soleil se lève derrière la colline avec son éclairage particulier. Malheureusement je ne suis pas seule, une bande de jeunes chahute bruyamment.

La D459 tortille jusqu’à Sotta où nous trouvons la D59 qui rejoint Levie. C’est une très jolie balade en voiture. Tôt le dimanche matin, il n’y a personne et la route est à nous. Le paysage est somptueux. Près de la côte, les chêne-liège sont magnifiques et écorcés, ils me rappellent la Sardaigne. Tout comme les gros blocs de granite qui émergent de la végétation. Quand on monte en altitude les pins remplacent les feuillus. Certains sont très hauts. Les panoramas sont bluffants. Je reconnais sur la côte la Baie de Santa Giulia avec son arrondi et le petit lac derrière la plage. Du de la montagne, des rochers rouges ressemblent à des châteaux et des éperons. Au loin, les aiguilles de Bavella dominent les crêtes. Brusquement on passe un petit tunnel. Les cistes rose sont en fleur. Le GPS de la DS3 indique l’altitude, je prends l’habitude de le consulter chaque fois que je trouve des fleurs. Malheureusement Plantnet a des limites : celles de la 4G. Le GPS a aussi perdu le signal dans la montagne, nous naviguons au jugé. Facile puisqu’il n’y a qu’une seule route. 809m  Col de Bacinu. Passé le col, les feuillus remplacent les pins surtout les chênes.

On traverse des villages Orone , très petit, quelques maisons. Carbini est plus important. Une surprise nous y attend l’église Saint Jean-Baptiste, église romane en granite ; On reconnaît la ressemblance avec les églises pisanes du Nebbio. Le granite plus dur, difficile à sculpter élimine toute décoration superflue. C’est donc une église austère avec un très haut campanile au milieu de son esplanade herbue. Un écriteau raconte que Prosper Mérimée l’a découverte en ruines et a recommandé sa restauration et son classement.

Carbini : église romane en granite

Alors que j’allais retrouver Dominique à la voiture une très vieille dame vient à ma rencontre, portant un vase contenant un grand bouquet de lys. Je devine qu’elle va fleurir l’église et lui demande la permission de l’accompagner. Elle est ravie parce que je peux l’aider à ouvrir le portillon et le refermer. Elle peste :  celui qui tond la pelouse serait fâché si les vaches entraient dans l’enclos.

« Toute cette belle herbe serait mieux dans leur ventre ! Quel saccage, cette tonte qui chasse les insectes de leur milieu de vie ! » 

Commentant le style de l’église :

 » Pise a envahi la Corse, puis Gènes, nous avons toujours été envahis. C’est pour cela que nous sommes toujours sur nos gardes. C’est dans nos gènes de se méfier de l’envahisseur ! Mais c’est stressant. Mon cardiologue me l’a dit. »

Dans l’église, elle cherche Saint Antoine. Effectivement, les statues ont quitté leurs supports. Il ne lui reste plus qu’à placer les lys de Saint Antoine sur le socle à la place de la statue.

Remontée en voiture, je me remémore les festivités de la fête de Saint Antoine de Padoue, il y a deux ans dans la Basilicate. Ici, la vieille dame fête le saint le 13 juin toute seule et me prend à témoin.

Levie est un gros bourg de l’Alta Rocca aux maisons de granite massives à l’architecture sobre.

Cuccuruzzu : chemin bordé de pierres depuis les temps anciens

Le site archéologique de Cuccuruzzu est bien indiqué par des flèches touristiques marron, un vaste parking ombragé se trouve à l’entrée du site. Au guichet, on donne avec les tickets (3€/4€) un livret explicatif qui permet une visite individuelle. Avant le Covid, la visite se faisait avec un audioguide supprimé par les mesures sanitaires. Le circuit se parcourt en deux heures, il faut être bien chaussé, certaines parties sont escarpées et glissantes. C’est donc une très belle promenade dans la forêt vallonnée qui rejoint les deux sites de Cuccuruzzu et de Capula avec explications archéologiques, géologiques et ethnographique.

Tafoni : cavité naturelle dans les blocs de granite

Je passe à côté de grosses boules d’un chaos granitique. Certains blocs ont été creusés par l’érosion formant les tafoni – cavités semblables aux caries dentaires (selon le livret) . les hommes préhistoriques auraient utilisé ces abris naturels pour eux-mêmes, leurs bêtes ou pour y stocker des choses. Souvenirs pédagogiques, avec les 5èmes,  je passais une bonne séance sur la formation d’un chaos illustré avec mes photos de vacances en Bretagne. On signale au passant un châtaignier vieux de 800 ans, planté sous les injonctions des génois et encore vivant maintenant.

Le sentier passe entre deux murettes élevées par les paysans (néolithiques ou actuels). Si les murettes tiennent encore debout, les champs ne sont plus cultivés et la forêt gagne du terrain ;

Cuccuruzzu : le chaos granitique fournit des abris sous roche naturels

Le site de Cuccuruzzu est spectaculaire parce qu’il utilise le chaos préexistant pour organiser le casteddu (la forteresse) utilisant les cavités naturelles, tafoni ou abris-sous-roche pour les ateliers des potiers, le moulin du meunier ou la boucherie. Une tour analogue aux nuraghe sarde est assise sur un bloc qui dominait le paysage. Sans doute avait-elle un rôle de guet.

Si le site de Cuccuruzzu est bien lisible avec l’aide du livret, celui de Capula est plus difficile à interpréter. Il a été utilisé depuis la Préhistoire mais aussi au Moyen Age par les paysans et leurs seigneurs qui ont construit château et église. L’accès au fort est difficile et mal balisé mais cela donne un caractère d’aventure à son exploration.

le site de Capula est plus difficile à intrepréter : il a été occupé jusqu’au 16ème siècle

La suite logique de cette visite serait la visite du Musée archéologique de l’Alta Rocca à Levie. Malheureusement (malgré les informations du site sur Internet) le musée est fermé le dimanche. Comme nous passons devant je m’arrête pour trouver pour trouver porte close.

Chagall, Modigliani, Soutine…Paris pour école, 1905 – 1940 – MAJH

Exposition temporaire jusqu’au 31 Octobre

Sonia Delaunay – Philomène 1907

Chagall, Modigliani, je les aime tant que je ne raterais pour aucun prix une exposition qui leur est consacrée. D’ailleurs, dans l’exposition du MAJH, je vais naturellement les admirer.

Zak : marionettistes

Cependant, ce sont les moins connus, ceux que je découvre dont j’ai envie de parler. Zak, que je ne connaissais pas du tout, Jules Pascin portraitiste et dessinateur

Jules Pascin : Alfred Flechtheim en toréador 1925

Kremègne, découvert au musée de Céret, dont l’œuvre est variée

Kremègne

Et les sculptures de Lipchitz et de Chana Orloff qui me touchent énormément.

Lipchitz : marin à la guitare

et cette maternité si tendre

Chana Orloff : maternité

Nombreuses découvertes et plaisir de retrouver des œuvres connues.

Toutefois, le propos est L’école de Paris qui aurait réuni pendant plusieurs décennies une foule d’artistes juifs, russes ou polonais, hongrois, tchèques, allemands, venant de toute l’Europe, fuyant le numérus clausus des universités russes, les pogromes, la pauvreté ou tout simplement attirés par la vie artistique de Montparnasse ou des ateliers parisiens.

Indenbaum : La Ruche

Ecole? c’est paradoxal parce qu’il n’y a pas eu une seule école, ni un style particulier, parce que chacun a trouvé son atelier :le Bateau lavoir, la Ruche, qui fut peinte à plusieurs reprises par Kremègne et Indenbaum, qui accueillit Soutine, Modigliani, Brancusi (la liste est si longue…).

Artistes Juifs ou Cosmopolites? Sûrement les deux, quand Paris était une fête!

Chagall : Apollinaire et Cendrars

Cependant ces artistes juifs, artistes reconnus et célèbres durent aussi subir l’antisémitisme de certaines élites. L’exposition met en évidence la renaissance d’une conscience juive avec la parution de revues juives de langue française.

Les mots de la fin sont ceux de Chagall : un long poème en Yiddisch et en Français « Pour les Artistes martyrs « (1950)

Chagall encore, pour le plaisir!

De Bastia à Porto Vecchio – la Résidence Castell’Verde et la plage de Santa Giulia

CARNET CORSE 2021 de BASTIA à BONIFACIO

la plage de Santa Giulia

Facile de traverser Bastia en voiture : la T11 longe le port, s’enfonce dans un tunnel sous la citadelle pour occuper ensuite le front de mer, pas un feu rouge ! Nettement moins agréable pour les promeneurs et les cyclistes :  bruit infernal et gaz d’échappement. La topographie a sans doute dicté ce choix : comment imaginer une rocade sur les pentes raides et urbanisées ? Jusqu’à l’aéroport de Poretta et même 5 km après jusqu’à Vascovato, on roule sur une quasi-autoroute. la T11 devient T10, toujours bien roulante.

Premier arrêt-baignade à Prunete sur une plage de sable rectiligne aménagée avec un chemin de planches,  une douche et un restaurant modeste. Peu d’affluence, je me baigne seule dans une eau agitée par une risée qui contrarie ma nage à contre-courant ; je fais du surplace. Belle manière de me rafraîchir par une journée qui s’annonce chaude.

La T10 est parallèle à la côte mais assez loin pour que la mer soit invisible. Elle franchit un grand nombre de cours d’eau. Entre la route et la mer, des étangs. L’étang de Diane est renommé pour ses moules. Nous traversons Aléria sans nous arrêter, nous promettons d’y consacrer une bonne demi-journée pour le site archéologique et le Musée antique au retour.

REstaurant d’Urbino

La réserve de faune et de flore de Casabianca repérée sur la carte n’est pas accessible, la route  est celle du pénitencier agricole, fermée au public. Non répertoriée sur la carte routière, une autre route conduit au Restaurant d’Urbino sur le Lac d’Urbino. Elle traverse des champs déjà récoltés où de grosses roues de foin (ou de paille) sont disséminées dans les chaumes parcourus par des troupeaux de chèvres et de brebis. Des touristes mangent des sandwiches près de leur voiture. Les chiens ont délaissé le troupeau pour réclamer leur part du festin. L’histoire ne dit pas si les touristes se sont laissé attendrir ou intimider. Une langue de terre s’avance dans le lac. Le Restaurant d’Urbino est construit sur pilotis, un peu plus loin une maison de bois est entourée de pieux, c’est un centre d’interprétation qui expose des panneaux sur la faune et la flore du lac. Sur terre, des tables de pique-nique et un très joli magasin qui vend sacs, chemises, chapeaux et souvenirs artisanaux de très belle facture.

Bel endroit pour prendre un verre au-dessus de l’eau. Au loin les chaînes de montagnes ont gardé de la neige qui fait rêver tandis qu’il fait 30°C au niveau de la mer. Le Restaurant d’Urbino est un restaurant de poisson. Nous nous promettons d’y revenir quand nous serons dans les parages. Café pour une pause très paisible.

Déjeuner sous un  pin après Solenzara.

A l’approche de Porto Vecchio, la route s’élargit, les glissières sont peintes en bleu ; le relief s’accentue et les prix du carburant atteignent des sommets. La côte devient plus pittoresque.

 

Arrêt baignade dans l’anse de Fautea, très étroite  gardée par une Tour Génoise. Parking devant un restaurant chic, quelques tamaris en bord de la plage de sable blanc. Je ne me suis pas méfiée, dès qu’on entre dans l’eau les galets remplacent le sable. J’ai oublié les chaussons ; il faut me jeter à l’eau et nager. C’est une baignade délicieuse. J’aime les anses étroites que je peux parcourir d’un bord à l’autre. C’est plus joli que les bouées jaunes.

Le GPS  nous fait contourner Porto Vecchio sur une rocade, nous ne verrons de la ville que des zones commerciales.

Castell’verde

Arrivée à la Résidence Castell’ Verde. L’hôtesse est charmante. Elle nous a surclassées pour éviter des marches supplémentaires à Dominique. Pas de gaspillage de papier : il faut scanner le QR code, tant pis pour qui n’a pas de smartphone ! Résidence 3*, à flanc d’une colline arborée plantée de pins parasols, de mimosas, eucalyptus et divers arbustes. Les bâtiments sont en bois foncé, 1 étage et des balcons assez vastes pour contenir une grande table assez vaste pour y déjeuner à 6 et un étendoir pour les serviettes et le linge. Le balcon est ombragé par un toit de planches à claire-voie.

Castell’verde notre balcon

A l’intérieur, on se croirait dans un bateau : lits superposés en acajou verni étroits comme ceux d’un ferry, avec des poignées de cuivre. En face la salle d’eau est aussi exiguë que celle du ferry avec des robinets de cuivre à l’ancienne et des marches hautes (comme dans un bateau mais cela se justifie dans le bateau et pas dans la chambre, c’est juste pénible pour Dominique).

Come dans un bateau…

La pièce à vivre est haute de plafond, elle est parquetée. Le canapé en skaï bleu et la petite table ronde rappellent aussi le style bateau. La cuisine est cachée derrière un bar. Comme à Bastia, il semble qu’on s’attende à ce que les touristes mangent au restaurant. La cuisine n’est là que pour la forme. On accède par une sorte d’échelle de meunier à la mezzanine où il y a deux chambres dont une très vaste avec armoire et lit king-size.

 

Au même niveau se trouve une belle piscine. Quelle idée d’aller à la piscine quand on surplombe la plus belle plage de Corse ! La plage de Santa Giulia est accessible en moins de 10 minutes à pieds par un sentier agréable mais aussi en voiture, pour les clients de Castell’Verde, la parking est gratuit.

Parking bondé, plage bondée également à 17 heures. On se croirait en haute saison. Je fuis, affolée.

Vers 18h45, je redescendrai pour découvrir Santa Giulia dans le calme et la splendeur. L’anse est circulaire, presque un cercle fermé, bordé de pins parasols. Des blocs granitiques pittoresques émergent de la verdure. Le sable est blanc, l’eau turquoise. Ce serait parfait sans une jetée en bois qui permet aux bateaux à moteur de charger des passagers pour des balades en mer vers Bonifacio et les îles. Les restaurants de plage sont très chics et très chers, on loue un lit de plage au prix de 70€ la journée : plus cher qu’une chambre d’hôtel !

 

 

 

 

 

 

Cap Corse : Révisions et Baignades

CARNET CORSE 2021 de BASTIA à BONIFACIO

Luri – julien de Casabianca marie Cleophas

Une semaine c’est vraiment trop court pour explorer le Cap Corse ! Nous avons couru de village en village sans prendre le temps des promenades tranquilles ou des baignades sur les petites plages. Aujourd’hui, donc, relâche : révisions et baignades.

Baignade à Pietracorbara

Une très belle plage avec quelques aménagements, un parking,  trois restaurants de plage, des bouées jaunes qui délimitent le domaine des nageurs assez éloignées  les unes des autres pour me motiver à nager de bouée en bouée. Je me fixe ainsi un cap et nage tranquillement. La piqûre de méduse est oubliée.

Street-art à Luri

Luri oratoire des confréries Julien de Casabianca

Hasards du web ? Coïncidence ? Dominique a découvert un site Alatéia qui présente le travail de Julien de Casabianca qui a réalisé des collages géants à Piazza (commune de Luri) que nous avions remarqué sans nous arrêter. Ce collage a été mis en place récemment le 29 mai dernier dans le cadre du Festival Popularte qui a pour propos de rendre l’art accessible dans des régions peu favorisées. Le grand collage est un détail de la Descente de Croix de Rogier van der Weyden. L’artiste a agrandi le visage de l’une des saintes femmes, Marie Cléophas, qui éponge ses larmes dans un linge blanc. Ce travail me rappelle celui de JR que je vois sur les réservoirs de Valenton et que j’ai appris à connaître dans le film d’Agnès Varda Villages-Visages. Sur la façade de l’oratoire de la confrérie, en face de l’église Julien de Casabianca a reporté la reproduction d’une modeste peinture 19ème siècle .

A Luri se trouvaient aussi les Jardins Traditionnels corses ouverts à la visite. Malheureusement l’établissement a fermé ses portes. Nous avions prévu de coupler la visite des jardins avec celle des collages mais c’est raté ! Le détour dans les chênes-verts et les oliviers géants est très agréable.

Santa Severa

La petite route débouche à Santa Severa où nous ne nous sommes jamais arrêtées. Jolie surprise : un port de plaisance très tranquille entouré de restaurants sympathiques. Nous nous serions bien attablées pour une petite friture mais nous avons réservé à U Paradisu à Tamarone. Et puis la plage ne m’emballe pas. Les posidonies accumulées forment un véritable mur.

Retour à Tamarone

Tamarone

Le patron d’U Paradisu nous a réservé la même table que lundi. Nous avons choisi une salade de chèvre chaud et une pizza. Le chèvre est présenté sur des tartines grillées accompagnant la batavia avec pignons et lardons. Nous allons donc goûter au soufflé glacé de châtaigne. Nous sommes étonnées de voir arriver une tranche de glace accompagné de chantilly. Rien d’un soufflé mais une glace excellente ! La châtaigne est un must en Corse.

Euphorbe16

J’ai repris le chemin des douaniers et je me suis amusée à herboriser avec Plantnet : Pulicaria odora, myrte, Dianthus et euphorbes.

 

Mon Festival de Cannes à Créteil aux cinémas du Palais : Annette

Tapis rouge!

Il fallait fêter dignement le retour au Cinéma! pendant tous ces confinements je suis passée désolée devant la vitrine des Cinémas du Palais vides. Dès que cela a été possible, je suis retournée pour combler ce manque.

Adieu les Cons a été le premier, puis bien d’autres. Mention spéciale à Nomadland et aux Indes Galandes qui m’ont enthousiasmée, plus récemment Kuessipan.

Il fallait faire une véritable fête du Cinéma (pas celle qui donne des réductions et qui pousse les paresseux dans les salles obscures), non une vraie fête avec buffet et bulles, tapis rouge et même palmiers. Je n’ai pas regardé le titre du film. Ce qui était important à mes yeux : la Fête a été très réussie.  Sentir les autres vibrer, communier. Tellement différent du petit écran à la maison qu’on délaisse pour répondre, au téléphone, faire pipi…

Découvrir en avant-première, en même temps qu’à Cannes un film. réalisateur reconnu. Ne pas avoir lu de critiques. Etre surprise.

Je ne savais pas qu’Annette de Leo Carax était une comédie musicale, encore moins que c’était chanté en anglais. J’aurais peut être hésité. je ne sais pas pourquoi je n’ai pas vu les autres films du réalisateur. J’en ai entendu parler mais jamais vus.

Sûr que Léo Carax fait de belles images, peut-être trop belles, comme celles de la publicité. Une Amérique rêvée, avec deux vedettes (Marion Cotillard en Diva, Adam Driver, en humoriste, provocateur). Ils sont beaux, amoureux, riches, célèbres. Ils ont une maison de rêve, quel jardin! quelle piscine! un yacht! Et déjà, je décroche, trop c’est trop.

Heureusement, cela dérape. Après un accouchement en chansons (quel mauvais goût) , le bébé qui arrive est une sorte de marionnette hideuse,  que ses parents trouvent très belle et qui me met mal à l’aise. Et l’Amour idéal se détraque, jalousie ou indifférence, la croisière tourne à la tempête….On est sorti de la bluette et du roman-photo, le virage tragique étant amorcé cela pourrait peut-être me toucher?

Bébé-Annette se met à chanter, et je n’y crois pas du tout.

Après plus de deux heures je vois avec soulagement le générique de fin. En général, je reste toujours jusqu’à la fin – sorte de politesse de ne pas me lever avant que les lumières ne se rallument. Cette fois-ci, je suis impolie.

Et déçue.

Merci aux Cinémas du Palais, pour cette belle fête, même si je n’ai pas aimé le film.

Eglises pisanes dans le Nebbio

CARNET CORSE 2021 de BASTIA à BONIFACIO

Canonica

Circuit 130 km sur les routes tortueuses du Nebbio avec le thème des églises pisanes.

Canonica

La Canonica, cathédrale romane pisane, consacrée en 1119 par l’évêque de Pise sous le nom de Santa Maria Assunta se trouve près du littorale. Actuellement isolée en pleine campagne, elle fut bâtie sur le site antique que la ville romaine de Mariana.

Googlemaps ne conduit pas l’automobiliste vers une ville antique mais plutôt là où se trouvent des établissements commerciaux. Après l’aéroport de Poretta il nous guide vers le Lido de Mariana : sable fin, eau claire, restaurants de plage mais aussi bateau pétrolier et citernes non loin.

Cadnonica

La Canonica est fermée, déserte mais extrêmement belle avec ses pierres claires polies de calcaire cipolin et « une subtile polychromie allant du gris jaune au vert clair » selon le Guide Vert. Harmonie des volumes, sobriété des décors : quelques frises, les entrelacs du linteau, six claveaux figurant des animaux ou des personnages naïfs. Ma plus belle surprise, du côté de l’abside, mon attention a été attirée par le piaillement des petits fauconneaux excités par le retour des parents. L’oiseau adulte ne se montre pas tant que je reste proche du nid installé dans un trou de bouline. En prenant du recul, je constate que toutes ces cavités sont occupées par des oiseaux.

Ville antiaque de Mariana

La cité romaine de Mariana fut fondée au er siècle av. J.C. par Marius. Sur le site on observe les fondations en briques quelques colonnes également en briquais, d’autres rondes en granite. Aucun panneau explicatif. Le guide Vert signale une basilique paléochrétienne et un baptistère. Evidemment je n’ai rien reconnu mais j’ai aimé le calme du site, le pin parasol et l’olivier qui se détachent sur le décor des montagnes. Un beau musée devrait s’ouvrir prochainement, sur Internet il est annoncé pour le 22 juin 2021.

Défilé de Lancone

Défilés de Lancone

La D62 croise la T11 à Biguglia. Après avoir traversé des quartiers résidentiels la petite route passe sous de très beaux chênes-liège puis s’élève entre les buissons de cistes. Clin d’œil à Humboldt, les cistes, fanés au niveau de la mer, ont une floraison blanche merveilleuse. Le Bevinco qui a creusé les gorges coule nettement en dessous de la route, on ne le devine même pas sauf à la fin avec une cascade. Je marche le long du parapet pour une promenade pittoresque. Sur une plateforme, un écriteau signale d’anciennes galeries de mines de cuivre d’un complexe comprenant 3 galeries sous la route abritant 5 espèces de chauve-souris protégées : 10 gites de transit du Minioptère de Schreibers et 7 gites de Rhinolophe Euryali . Après plus d’un an de Covid on n’a pas envie de fréquenter les mines abandonnées aux chiroptères. Les falaises servent également d’habitat à nombreux oiseaux. Une ZNIEFF protège ces habitats et ces populations. Plus on monte et plus le site devient spectaculaire. Les roches affleurent. Un site d’escalade est aménagé avec cordes et pitons.

La route débouche sur un carrefour au Col de San Stefano où se trouve encore un monument au souvenir de la Résistance.

San Michele

San Michele

A l’entrée de Murato, San Michele est une jolie église pisane isolée sur un plateau herbu construite en 1280.

De 1077 à 1284, après avoir chassé les Sarrazins, la Corse passe sous l’autorité de la République Pisane, en rivalité avec Gènes. Pour asseoir son autorité Pise dote la Corse de nombreuses édifices religieux. Bicolore, elle est construite de calcaire blanc de Saint Florent et de Serpentine du Bevinco. Elle fut remarquée en 1839 par Prosper Mérimée.

Murato

Gros bourg de montagne animé. Corses et touriste heureux du déconfinement, sont nombreux aux terrasses des bars et des restaurants. Trop tôt pour déjeuner maintenant, on décide de faire des courses. J’achète à la boulangerie des « tartines grillées » au fromage fondu et petits légumes(tomates poivrons champignons) et miel et chèvre.

Murato : Hôtel de la monnaie

Les curiosités du village sont l’église de l’Annonciation (en haut) et l’Hôtel de la monnaie où Paoli fit battre monnaie en 1763 : les « soldi ».

La très étroite et très tortueuse D62 relie les villages de Rapale , Pieve, Sorio et S Pietro-di-Tenda. A l’heure du déjeuner il y a peu de circulation et c’est heureux parce que les croisements seraient hasardeux. Le plus souvent nous sommes à l’ombre de beaux arbres : chênes de taille impressionnante, parfois des frênes et des châtaigniers en pleine floraison. Quand on sort de la forêt, les genêts à balai égaient la route, très hauts, et très jaunes, et toujours des cistes. Les oliviers sont anciens, très hauts mais leur ombre est moins dense et moins fraîche.

Pieve : 3 statues-menhirs

Nous traversons le village ombragé par de grands platanes. Comme à l’accoutumée, parking impossible, on gare la voiture à quelques centaines de mètres après la sortie du village. Un homme qui promenait ses chiens de chasse m’indique un raidillon qui conduit à l’église – campanile très haut, fronton baroque – elle ne retient pas mon attention. Les trois statues-menhir sont protégées sous un petit édicule vitré. Comme à Patrimonio, elles ne sont guère mises en valeur. La ressemblance avec une silhouette humaine n’est pas évidente.

Sorio

Sorio ressemble aux villages précédents, accroché à la pente, morcelé en plusieurs quartiers. Deux églises se font face à quelque distance mais séparées par un vallon. L’une est peinte en rose avec des décors blancs, l’autre est jaune. Près de l’église jaune une source est cachée dans une petite cabane de schiste.

Village perché du Nebbio

On ne visitera pas S Pietro-di-Tenda village plus important mais situé à l’écart de la route.

La D62 est encore plus étroite. Croiser un camping-car fut une épreuve : le camion a reculé, Dominique a mis deux roues dans le bas-côté, cela passait juste.

Après avoir passé l’Alisio sur un pont de pierre, nous trouvons enfin le coin-piquenique idéal sous un grand platane, une fontaine, un petit bassin de pierre avec des têtards, un banc de schiste. Personne ne passera sur la route pendant que nous goûtons nos tartines.

Saint Florent

Baignade sur la Plage de la Roya en face d’un club aux activités diverses (location de kayaks de mer, excursions aux plages des Agriate, paddle, mais aussi sports aériens), un zodiac porte une aile…le sable est blanc, l’eau claire manque de profondeur, il faut aller loin pour avoir de l’eau au-dessus de la taille.

Saint Florent Cathédrale du Nebbio Santa Maria Assunta

L’ancienne Cathédrale du Nebbio Santa Maria Assunta achevée en 1140 ressemble beaucoup à la Canonica en plus grande et moins brillante. Visite payante (1.5€). Le maître-autel et le chœur XVIIème sont baroque. On peut aussi admirer un Christ noir et sous un catafalque de verre, la dépouille de Saint Flor,, soldat romain martyr, habillé d’une sorte de cotte de maille avec la tunique brodée de perles argentées. Lors de la fête patronale on le porte sur la plage puis parmi les chemins muletiers du Nebbio.

Nous rentrons par la D238 entre les domaines viticoles de Patrimonio à Oletta puis par le Col de Teghime.

 

 

 

le nord du Cap Corse

CARNET CORSE  de BASTIA à BONIFACIO

D80 jusqu’à la Marine de Porticciolo et la tour de Losse .

A l’entrée de Santa Severa la D180 suit le cours du ruisseau Luri (qu’on n’aperçoit même pas) dans une épaisse forêt de chênes verts, puis quand on s’élève en altitude de châtaigniers. L’expression « maquis » évoquait plutôt des broussailles, des buissons et arbustes, plutôt qu’une forêt qui ombrage la route. Les « Jardins du Cap » étaient fléchés, nous ne les voyons pas. On apprendra plus tard qu’ils sont fermés. Nous passons dans un bourg Piazza un des hameaux de Luri. La grand église est peinte d’une fresque – peut-on parler de graff sur une église ? – d’une Vierge qui pleure avec des larmes en 3D. Cette œuvre de Street-Art a sur nous un effet-repoussoir cd qui est dommage parce qu’à l’intérieur un tableau ancien aurait donné l’image du château détruit depuis.

La route s’élève en lacets serrés dans cette fraîche forêt. Coiffant un sommet on voit, la Tour de Sénèque. Au col de Saint Lucie (381 m) une petite route y conduit. Nos journées ressemblent à un rallye pressé :  nous ne prenons pas le temps de tout chercher. Une semaine pour le Cap Corse, ce n’est pas suffisant !

Pinu, pins parasols et mausolée

Le village suivant est Pinu (Pino) à cause des pins, peut-être, il y en a de tout à fait remarquables comme ces deux pins parasols qui joignent leurs cimes pour former un arc de triomphe devant un monument funéraire. Une allée bien pentue va vers la grande église isolée dans la verdure. La plupart des églises du Cap corse ont la même allure : un haut campanile, un fronton monumental baroque. Un peu plus loin, un quartier de Pino possède une très belle maison, plus loin une tour carrée. Un escalier permet de rejoindre le quartier haut où passe la route principale.

Pinu belle maison et tour carrée

Nous descendons vers la mer, passons près de Morsiglia qui possède aussi des tours carrées et rondes et des restes de moulins.

Une route ombragée mène au Couvent de l’Annunziata bien caché dans les yeuses. Fondé en 1479 par des Servites, il est pillé en 1563 par les Barbaresques. Wikipédia précise que le chef de l’expédition Mammi Pacha était un renégat originaire de Pinu.  Au 17ème siècle c’était un des couvent s les plus riches de Corse. En 1864 il est loué aux Capucins qui furent expulsés en 1905. Puis restauré en 1933. Ce couvent n’est pas abandonné. Certaines parties semblent rénovées, recrépies. Il est bien fermé. Nous ne verrons rien derrière les murs austères. Amusante anecdote de saison. Un jeune couple que nous avions pris pour des amoureux, a fait de l’esplanade devant le couvent son bureau de télétravail. La camionnette blanche comme celles des artisans est ouverte. La jeune fille assise dans un fauteuil de toile comme ceux des pêcheurs, ordinateur portable sur les genoux, smartphone calé à l’oreille gère ses rendez-vous et envoie des mails à ses clients.

Nous descendons à la Marine de Mute puis au Port de Centuri très touristique et cerné par les terrasses des restaurants chics : langoustes pêchées sur place et langoustines sont au menu à moins qu’on ne préfère un plateau de fruits de mer ; ou un bon poisson frais pêché. L’apéro en terrasse dont je rêvais ne se fera pas ici. L’heure du repas approche, les tables sont dressées.

Centuri

Nous boirons le bitter au pied des moulins au Belvédère des moulins. Deux moulins sont en ruine et ont perdu leurs ailes, un troisième a été trop restauré avec un crépi blanc (comme les moulins grecs) il a perdu son authenticité et son charme. Le village de Centuri ressemble à sa voisine Morsiglia avec ses tours rondes et carrées. A Ersa il faut quitter la D80 pour rejoindre le petit port de Barcaggio à l’extrémité nord du Cap. La petite route est si discrète que nous la dépassons. Je demande à Madame GPS qui propose un circuit de 36 km alos que Barcaggio se trouve à peine 7 km d’Ersa. Demi-tour hasardeux. Heureusement àh les gens sont à table et la route est vide. Barcaggio est un tout petit village avec un petit port et quelques restaurants, deux tours génoises et une belle plage de sable blanc. Pour déjeuner nous choisissons un coin sauvage au-dessus du sentier côtier. Les schistes du bord de mer sont blanchis, la végétation est rase, thym fleuri et plantes grasses.

Ile Giraglia 

Nous sommes en face de l’île Giraglia et son phare. Schistes verts ou ophiolites.

Sur la plage de Barcaggio les vaches sont chez elles, les estivants sont les intrus.

Sur le chemin du retour nous nous arrêtons à la marina de Pietracorbara pour une baignade très agréable à peine troublée par une méduse.