Les plages du Débarquement de Courseulles à Saint Aubin

BALADE NORMANDE

Vers midi, le ciel devient très noir. En face du Parking se trouve la monumentale université de Caen, nous quittons la ville sous une très grosse averse suivant la direction de Courseulles. La pluie cesse quand nous y arrivons. Nous trouvons un banc face à la mer à la sortie de Courseulles pour un piquenique de fête : crevettes et pinces de crabes, petits financiers de la boulangerie de Courseulles.

Courseulles a privilégié la construction d’immeubles qui sont souvent revêtus d’ardoise, sous le ciel gris c’est plutôt tristounet.

 

Sur la dune, en haut de la grande plage de sable, court la piste cyclable (et piétonnière) jusqu’à Ouistreham (17km). Je l’abandonne rapidement pour marcher sur le sable mouillé et j’arrive rapidement à Bernières qui a aménagé une promenade très pavoisée avec trois monuments commémoratifs. Ici c’est Juno Beach et les canadiens sont à l’honneur. Les drapeaux entourent des sortes de piliers de granite représentant sans doute l’étrave d’un navire. Les faits de guerre et les exploits militaires ne me passionnent pas. On ne peut échapper ici aux commémorations du Débarquement.

Plage de Saint Aubin

Je redescends sur la plage pour rejoindre Saint Aubin après avoir doublé le Cap Romain qui n’a rine de spectaculaire mais qui est remarquable parce qu’il est une réserve du conservatoire du littoral et qu’il échappe ainsi à l’urbanisation.  Dominique m’a donné rendez vous sur la terrasse du clos Normand – grand hôtel au volets rouge et blanc, qui a une terrasse protégé du vent par des panneaux de verre et du soleil par des parasols rouges.

La promenade de Saint Aubin est très animée avec ses nombreuses terrasses de restaurants et cafés. Le village est situé un peu à l’arrière relié par des ruelles entre des murs de pierre.

Saint Aubin : la mer monte, le soleil brille plus fort!

Il fait maintenant un chaud soleil. Nous demandons à la serveuse de déployer le parasol et beaucoup de glaçons avec la limonade.la mer est haute, il y a de nombreux baigneurs ; je regrette d’avoir oublié au gîte le sac de plage avec maillot et serviettes.

Saint Aubin restera notre station préférée. Le casino Art déco a une façade ravissante. Nous sommes si bien que je commande une seconde limonade et sors carnet moleskine pour dessiner et cahier pour écrire.

Les Normands en Egypte au château de Caen – sur les pas de Flaubert

BALLADE  NORMANDE 

Sous les remparts, des salles  hébergent les expositions temporaires : Actuellement

Voyages en Égypte

Des Normands au pays des pharaons au XIXe s.   23 juin 2017– 07 janvier 2018

Bonaparte Maurice Orange

La première salle est consacrée à l’Expédition de Bonaparte (1798) illustrée par les tableaux de Guérin, Cognet et des gravures de Vivant Denon ainsi que les aquarelles de Conté. Un tableau de très grand format de Maurice Orange (1865) occupe tout un mur.

 

La Description de l’Egypte : en 9 volumes de texte et ses illustrations est présentée sur le meuble construit exprès pour la loger.

Dans un couloir : présentation de  l’Egyptologie avec des photographies d’époque, j’ai remarqué celle des fouilles de Thanis d’Athanase de Banville.

En face de la salle des photographies de très jolis petits objets sont dans des vitrines.

marilhat : mosquée de Basse Egypte

Une dernière salle est occupée par de beaux tableaux de Marilhat : Mosquée de Basse Egypte, de Ziem : Crépuscule sur le Nil et Cabanes la Grande Porte de la Mosquée el-Hassan.

Ziem : crépuscule sur le Nil

Cette exposition est couplée à une autre  au Musée des Beaux Arts dans le Cabinet des estampes

L’EGYPTE PHOTOGRAPHIEE

Sur les pas de Flaubert et Maxime Du Camp en 1849-1850 comme le raconte le livre Un Hiver sur le Nil de  Anthony Sattin que j’ai lu récemment. Dans une vitrine, je découvre avec émotion les passeports des deux amis, le diplôme de récompense de l’académie des Arts et Métiers que Du camp a reçu pour ses photographies. Au début, les photographies du débutant sont sombres et un peu ratées puis Du Camp progresse. Il n’y a pratiquement pas de personnage, à l’époque les temps de pause était très long. Les photos d’Abou Simbel, toute une série de Philae sont commentées par les lettres de Flaubert.

aube

« je ne sais comment Maxime ne se fait pas crever avec la rage photographique qu’il déploie. Du reste, il réussit parfaitement ; Quant à moi, je ne fais que contempler la nature, fumer des chicheks et me promener au soleil, j’engraisse » lettre à sa mère 15 avril 1850

Enfin, à Beyrouth, Maxime Du Camp se sépare de son matériel et ne fera plus de photographie.

le château de Caen – les Anglais en Normandie –

BALLADE NORMANDE

Comme prévu : temps gris et  humide. Nous allons visiter le château de Guillaume le Conquérant à Caen. Si la pluie persiste nous visiterons Bayeux demain. Nous voici dans la légende de Guillaume !

Le château ceint de hauts remparts de pierre calcaire, perché sur la colline, en impose. Nous nous précipitons au » parking du château » qui est un parking souterrain privé. A la billetterie du Château installée dans la chapelle on me conseille de mettre la voiture sur le grand parking des visiteurs situé au sommet de la colline et qui est gratuit. Le Pass Education donne droit à une réduction : pour 6€ je peux visiter tous els musées et expositions , validité deux jours !

La conquête de la Normandie par les Anglais (2017-1417)

salle de l’Echiquier

C’est une exposition  temporaire dans la Salle de l’Echiquier.

Il y a 600ans le château de Caen fut au cœur de la Guerre de Cent ans. Le titre est paradoxal. Au château de guillaume le conquérant, on s’attendrait plutôt à la conquête de l’Angleterre par els Normands ! Autre sujet d’étonnement : le vocable « Echiquier » m’intrigue. L’Echiquier désigne la salle qu’on appelle aussi hall. Le hall en anglo-normand vient du latin aula. Cette grande « tente de pierre » ne s’animait qu’en présence du souverain. Le hall de Caen est contemporain de celui de Westminster.

Au magnifique plafond de bois, très haut, on a suspendu comme des oriflammes, des panneaux explicatifs illustrés qui racontent les 116ans qu’a duré la guerre de Cent ans (1337-1453), la découpant en trois parties :

  1. 1337 -1380 : défaite et redressement
  2. 1380- 1429 : Guerre civile
  3. 1429 1453 : Repli de l’Angleterre

Quatre personnages se distinguent : Geoffroy d’Harcourt, Bertrand Du Guesclin, Jeanne d’Arc et moins attendu Falstaff ou plutôt John Falstof, capitaine du Château de Caen (1431-1435)

La Normandie fut donc entre France et Angleterre . En 1339, une délégation normande proposa de repartir sur les pas de guillaume, en 1341, elle fut dévastée par les Anglais et après Azincourt (1415) elle passa sous contrôle anglais. En 1417 les Anglais débarquèrent : siège de Caen. L’Université de Caen fut fondée en 1432 dans l’intention d’entretenir une revendication d’autonomie des Normands vis-à-vis du roi de France.  La Normandie ne retourna à la couronne de France qu’en 1449.

L’exposition est très riche en explications, il faut disposer d’un bon moment pour tout lire et regarder la vidéo.

Pour m’aérer la tête, je monte aux remparts pour découvrir la ville de Caen et ses clochers. On a fait des efforts pour les personnes à mobilité réduite, un ascenseur vitré qui passe devant une meurtrière arrive jusqu’au chemin de ronde.

Donjon du château de Caen

Je découvre aussi le donjon (1120) dont il ne reste que les fondations bien visibles avec le plan carré. Une restauration est en cours : dévégétalisation pour stopper la dégradation  et sauvegarder l’existant .

 

Arrivée à Ouistreham – plage des environs et gîte

BALLADE NORMANDE

Colleville-Montgomery

 

En route

Après avoir fait étape à Pont-Audemer, nous aurions volontiers passé Pont-Levêque sans nous y arrêter. La circulation très ralentie nous permet d’admirer encore des maisons à colombage et des ponts fleuris.

La route suit le tracé de l’autoroute (plutôt c’est l’inverse). Sur la route nous profitons de la campagne normande, des chaumières avec des iris sur le faite, des vergers de pommiers. Nous quittons la grande route à Troarn, traversons une forêt de très grands hêtres et devinons l’approche de Caen avec une haute cheminée d’usine et les grues portuaires avant de passer l’Orne et le canal au Pont Pegasus (haut lieu de la guerre, trois planeurs y atterrirent à la veille du Débarquement).

Pique-nique à la plage

Nous arrivons trop tôt pour nous installer au gîte. Le temps est magnifique : nous filons à la plage. Riva bella, la plage de Ouistreham est isolée de la route par une dune, le parking est payant. Nous continuons la route côtière jusqu’à Colleville-Montgomery. Un grand parking est installé autour de la statue en bronze d’un bagpiper écossais mais on peut aussi se garer de l’autre côté de la piste cyclable. Des bancs sont tournés vers le large. Nous avons une belle terrine de saumon avec des algues, des rillettes de poisson, pique-nique marin, donc !

Je me livre à mon exercice favori : la marche les pieds dans l’eau. Quand je pars la mer est basse. La grève est peuplée de pêcheurs  à pied avec des râteaux qui remplissent des seaux de coques. Il est fortement déconseillé de consommer coques et moules de l’estuaire de la Seine. Les coquillages filtrent l’eau et concentrent les métaux lourds. Dans l’estuaire de l’Orne ce n’est pas conseillé non plus. Ceci ne décourage pas les pêcheurs. La mer monte et la marche devient plus difficile : la plage est barrée d’épis en, ciment ou de pieux enfoncés. L’eau creuse à proximité des brise-lames et il faut faire de grands détours.  A la fin de la journée mon podomètre affiche 15 km.

la petite maison de Valérie

Un jardin merveilleux : balancelles à courges, reposoir à potiron et arbres à tomates

A 16 heures nous découvrons la « petite maison » au fond du jardin. Les propriétaires sont très accueillants. La petite maison contient quand même deux chambres et une salle à vivre avec la cuisine et une salle d’eau.  Elle a tout le confort moderne sauf la télévision et cela nous fera du bien. Décorée avec goût , de belles photographies sont affichées : noir et blanc dans la salle, couleur dans la chambre. Valérie, notre hôtesse a laissé tout le nécessaire en épicerie de base et produits d’entretien.

Un petit marché au poisson se tient sous une halle en ciment près du phare au bout de la fête foraine. Nous achetons un kilogramme de moules pour le dîner des crevettes et pinces de crabe pour le pique-nique de demain.

Nous tournons beaucoup dans Ouistreham pour trouver les commerçants. A proximité de l’église, il y a plusieurs boulangers mais pour le reste on va à Carrefour sur la route de Caen à la sortie de la ville. Après les courses nous retournons à la plage. Les prévisions de la météo sont mauvaises pour demain. Profitons du soleil aujourd’hui !

En route vers la Normandie: Pont-Audemer

BALLADE NORMANDE

L’Office de Tourisme se trouve dans la belle Mairie de brique proche de la ville historique. J’y trouve un plan et un itinéraire touristique. C’est facile de s’orienter avec le clocher et deux grandes rues : la rue Thiers et la rue de la République qui lui fait suite et parallèlement, la rue Sadi Carnot. Entre les deux artères : des ruelles et des canaux qui courent entre des maisons à pans de bois et d’autres de briques, réveillées par des pots de fleurs et des jardinières.

Briques et pans de bois

Pont-Audemer est sur la Risle (dernier affluent de la Seine) . Ce fut une petite ville industrielle avec des tanneries, sellerie et des papeteries. Le dépliant de la mairie, montre les souvenirs de ces industries. Les petites rues perpendiculaires aux grandes sont bien sympathiques, l’une d’elle a de jolis restaurants, une autre des librairies. La rue  Sadi Carnot est bordée d’hôtels particuliers de pierre.

L’église Saint Ouen est une merveille de finesse,  c’est un ouvrage inachevé avec une très belle nef ciselée avec un triforium gothique flamboyant. Les vitraux sont aussi une belle surprise certains sont 16ème siècle, très colorés tandis que dans le chœur d’autres modernes sont de Max Ingran 20 siècle très modernes avec des rouges vibrants.

Des éléphants dans le jardin – Meral Kureyshi

CARNET DES BALKANS/ KOSOVO

 

C’est le premier roman de Meral Kureyshi qui nous vient de Suisse,  écrit en allemand (2015) et publié en français (2017) par les éditions de l’Aire. Une jeune kosovare originaire de Prizren, en Suisse depuis 1991. Ce court roman (177p.) se présente comme une lettre à son père:

Incipit :

« ton cercueil est dans la terre. Tu voulais être enseveli à Prizren. Depuis un mois, chaque vendredi matin, je recouvre mes cheveux d’un foulard blanc et récite Ya-Sin, la prière des morts pour toi »

N’allez pas croire que c’est un livre triste, pas du tout, c’est plutôt tendre, simple. La jeune fille évoque sa famille, son enfance, l’intégration laborieuse en Suisse.

J’avais choisi ce livre comme une occasion de retourner à Prizren que nous avons visité et que j’ai bien aimé. De Prizren, on ne raconte pas grand chose dans ce livre. La jeune fille va voir sa famille, son école et le cimetière. L’essentiel de l’histoire se déroule en Suisse. C’est plutôt le livre de l’exil, de l’espoir d’une vie meilleure, des papiers qu’on tarde à leur donner, de la nationalité suisse qui est refusée malgré une intégration satisfaisante. 

J’ai attendu les éléphants du titre, je suis toujours curieuse de comprendre les titres. Les éléphants sortent de l’imagination de la petite fille qui cherche à inventer des choses extraordinaires dans un quotidien plutôt ordinaire.

Une note douce, affectueuse, mais en demi-teinte.

 

Splendeur et décadence du camarade Zulo – Dritëro Argolli

Tirana : Les ministères et bâtiments officiels

CARNET DES BALKANS/ ALBANIE 

« Voilà, les fils de bergers d’autrefois ont en main la comptabilité, sans laquelle il n’y a pas de socialisme vu que le socialisme c’est les notes de service et la comptabilité. »

Publié en 1972, ce roman raconte la vie des dirigeants du Parti. Le camarade Zulo est un personnage tellement considérable qu’il est hors de question de le déranger quand ses propres fils se retrouvent au commissariat après avoir saccagé la maison des voisins. Il est à la tête d’un bureau des affaires culturelles dont les compétences s’étendent du répertoire des chansons aux noces villageoises, à la censure du théâtre, l’implantation de bains publics dans les villages, l’organisation de festivals folkloriques….dans un esprit scientifique et démocratique!

Le narrateur, Demkë, est un écrivain raté qui rédige les rapports, interventions et discours de ses supérieurs, trop occupés, ou trop paresseux pour le faire eux-mêmes. Il lui arrive de rédiger un rapport sans savoir qui va en être le rapporteur ou parfois d’en écrire deux contradictoires pour une même conférence.

C’est ainsi que le Camarade Zulo sera le rapporteur du rapport commandé par le camarade Chemchedin éloigné en province, début de l’ascension du camarade Zulo qui prend sa place et fait de Demkë son bras droit.

« Le camarade Zulo ne peut pas rester sans donner son avis. Pour lui il n’y a pas de phénomène qui ne soit prétexte à l’épanouissement de sa pensée. « au début naît le phénomènen nait ensuite le rayon de la pensée a-t-il dit. »

Au premier abord, le camarade Zulo apparaît comme un personnage prétentieux et snob, intrigant au discours enflé et creux, prêt à tout pour une invitation officielle. Demkë l’accompagne en déplacement « au milieu de ses frères villageois ». Les deux hommes se rapprochent, le Camarade Zulo s’humanise, il est touchant de naïveté quand il s’extasie sur les beautés de la nature, presque poète. Le raki lui fait oublier son comportement officiel, on est presque compatissant quand il se ridiculise en se saoulant.

Il ne faudrait pas s’éloigner de Tirana, des sommets et des bureaux où se nouent les intrigues pour le pouvoir. Alors que les dirigeants passent des vacances à la mer dans des hôtels qui leur sont réservés, se trament des complots. La chute du camarade Zulo est programmée alors que personne ne se doute de rien.

Dans un style vivant, ironique et humoristique, les arcanes du pouvoir sont décrites de façon très amusante. Critique satirique ou témoignage? C’est en tout cas un livre amusant avec toute l’absurdité de la bureaucratie.

Alors que la disgrâce est manifeste, son entourage entretien une véritable légende et Demkë, retrouve le goût décrire en relatant la vie du Camarade Zulo:

« Devant l’insistante pression des camarades, et de Bakir en particulier, je me mis sérieusement à écrire la chronique de la vie du camarade Zulo ; je commençais à réunir les pensées et les propos tenus par les gens au sujet de sa mutation. Ils n’ont pas d’importance pour la description de son caractère mais ils donnent une idée de son prestige. Il faut être un homme hors série pour devenir à ce point objet de débat et faire naître autour de soi autant de discussions enflammées… »

Matinées au Café Rostand – Ismaïl Kadaré

CARNET DES BALKANS / ALBANIE 

C’est un ouvrage récent, publié en 2017 en français et 2014 en albanais.

Il réunit 8 textes, de longueur différentes, le dernier Mosaïques étant lui-même composé de plusieurs parties . Matinées au Café Rostand qui donne le nom au livre donne le ton et le thème à l’ensemble : qui est autour de l’écriture, des cafés littéraires, et de la difficulté d’écrire sous la censure communiste.

Le Café Rostand existe vraiment, il est situé au coin du boulevard Saint Germain, en face du Luxembourg. Quartier de librairies, d’éditeurs, et d’écrivains. Kadaré est un de ces écrivains qui aime travailler et faire des rencontres au café.

Le paumé – Fatos Kongoli

LIRE POUR L’ALBANIE

Tirana Blues de Fatos Kongoli ne m’avait pas franchement convaincue. En revanche,  Le paumé m’a beaucoup intéressée. Il se déroule dans les années 60 – 70 avec un épilogue en 91 à la chute du communisme en Albanie et à la fuite vers l’émigration de nombreux albanais.

Je me suis intéressée au personnage « paumé »  et je l’ai volontiers suivi dans ses tribulations.

« paumé »?

Pas tant que cela. l’enfant a découvert assez tôt la malédiction de sa famille : un oncle qu’il n’a jamais connu s’est enfui à l’étranger. Toute la famille du « traître » est entachée de cette faute. L’enfant apprend d’instinct comment réagir, cacher cette tache, forger un masque d’hypocrisie. Comme il apprend à se défendre de la violence qui l’entoure. Violence des autorités en la personne du directeur d’école, violence du quartier de banlieue où il apprend comme les autres à se défendre avec ses poings, à encaisser les coups et éventuellement à manier le couteau.

 Bon élève par là-dessus, après une scolarité dans un lycée de Tirana il est accepté comme étudiant. Il doit être beau garçon (il ne s’en vante jamais) parce qu’il obtient des succès féminins inespérés. Il suscite aussi des amitiés fidèles. 

Paumé?

Il est surtout vulnérable. Ses relations avec les personnes de la Nomenklatura sont fragiles. Il suffit d’un faux pas, il se retrouve dans cette cimenterie qui fait penser à un bagne où il casse des pierres à chaux. Une soirée alcoolisée pour que tout chavire et qu’il se retrouve au poste. L’alcool aide à supporter ces violences quotidiennes.

Garçon d’une banlieue défavorisée entré par effraction au Blok quartier réservé aux privilégiés du régime il est plutôt mieux armé pour la survie que son ami fils de ministre qui se suicidera à la disgrâce de son père. On découvre que nul n’est à l’abri de l’arbitraire.

Tirana blues – Fatos Kongoli

LIRE POUR LES BALKANS/ALBANIE

Les polars et les romans noir font visiter les recoins et les quartiers où un touriste avisé ne s’aventure jamais.

Polar ou roman noir?

Un peu des deux. Il y a certes une enquête policière mais ce n’est pas l’essentiel.

Bien sinistre, bien glauque, que les trois histoires de ce roman choral. Celle de la victime (une des victimes) un professeur d’âge mûr doit avouer à sa femme qu’il l’a trompée, histoire sordide. Celle du policier, qui enquête sans conviction sur le meurtre du professeur. La troisième voix est celle d’un petit voyou qui a trempé à son insu dans l’affaire. Les trois voix se croisent. bien glauque parce que les personnages sont tous déprimés, se laissent entraîner dans des affaire plutôt minables. Sinistre, cette banlieue qu’on appelle la « Tchétchénie » aux constructions illégales,. Même le week end à Sarandë et à Llogara en plein hiver n’est pas franchement rayonnant.

Si pour vous, polar veut dire thriller, ce n’est pas pour vous, le rythme est lent. Plutôt noir alors?