Théoriquement, c’est facile de se rendre de Jerash à Ajloun deux sites touristiques majeurs. La route, très large, est balisée par de gros panneaux. Notre GPS s’empresse de nous faire quitter la grande route (sans doute pour faire gagner quelques km). Nous dévalons une colline plantée de vergers, arrivons dans un agréable village aux maisons cachées dans des jardins. C’est enchanteur mais le GPS clame « vous êtes arrivés » alors que je ne vois pas de château fort ! J’ai programmé Dayr Ajlun et non pas la citadelle. Nous demandons notre chemin « castle ? » sans succès « kalaat ? » on nous explique en arabe. Heureusement je sais dire « droit » et « gauche ». Après maints détours nous arrivons au bourg d’Ajloun bien embouteillé. Le château qui couronne la montagne se voit de loin.
Le château d’Ajloun
Construit par Saladin(1171 -1250), avec 4 tours, des douves et un pont levis. C’était une citadelle surveillant la route de Damas et le sud de la vallée du Jourdain, il sécurisait le passage des caravanes et des pèlerins passant par le Hedjaz. Il ne fut jamais conquis par les Croisés, mais pris par les Mongols puis par les mamelouks et Baybarsqui l’agrandirent. Le château avait aussi des activités métallurgiques protégeant des mines de fer.
Ajloun : pont levis et barbacane
Après le passage par la barbacane et le couloir en L, on entre dans une très haute salle voûtée. Un petit musée présente des poteries de l’Âge de Bronze, du verre et des lampes byzantines, et de l’époque mamelouke un dispositif pour filtrer le sucre.
Je parviens dans la Tour de Baybars – héros du conte du conteur de Hakawati de Rabih Alameddine – où je découvre toute une réserve de boulets de pierre.
Ajloun tour de Baibars
Vers la terrasse supérieure on découvre le système de récupération de l’eau : citerne et filtration par les plantes de l’eau des bassins. Chaque tour avait un garde qu’i s’occupait des pigeons (encore une référence dans Hakawati).
Retour par le même chemin qu’à l’allée route 35 puis soirée tranquille. Dîner dans la chambre de yaourt (labneh) de Sabrij’avais aussi acheté des feuilles de vignes farcies qui ont atterri dans la poubelle, trop vinaigrées.
Départ à 7h30, l’heure où les Jordaniens vont travailler. Les rues sont très encombrées. L’une d’elle est bouchée par une foule de piétons : une manifestation ? non simplement des gens qui attendent l’autobus. La circulation est anarchique, trois voies deviennent 4 voire 5 avec le trottoir, un goulet d’étranglement se forme quand le trottoir disparaît. Il faudra plus d’une heure pour sortir d’Amman.
jardineries le long de la route 35
Les nuages noirs menaçants donnent de la pluie qui cesse dès qu’on aborde la campagne. La route 35 est une belle route à chaussées séparées presque une autoroute. D’Amman jusqu’à Jerash, elle est bordée de pépinières et de jardineries très colorées. Sur les bas côtés, géraniums, œillets d’inde, pétunias et bougainvillées font une bordure multicolore et très gaie ;. Vers la campagne les plants se diversifient, on vend aussi des oliviers et des arbres fruitiers. La campagne est très urbanisée. Les maisons de ciment sont souvent « inachevées » sans crépi avec les armatures métalliques qui dépassent du béton. Cette pratique de la maison jamais terminée s’étend sur tout le pourtour méditerranéen de la Sicile à la Grèce. Des serres en plastique alternent avec les oliveraies. Les maraîchers vendent leur production sur le bord de la route : amandes vertes et fraises, salades romaines, concombres, aubergines et courgettes. Je retrouve avec grand plaisir la végétation méditerranéenne : oliviers, pins, eucalyptus, mimosas fleuris et faux poivriers…
Le relief est très marqué. Avec la pluie et la poussière des nombreux chantiers, la route est glissante.
Arrivée à Jerash, l’Arc de triomphe d’Hadrien se voit de loin avec les arcades de l’hippodrome.
Gerasa : Hippodrome
Le site est très étendu, la ville romaine de Gerasa était déjà immense et elle fut agrandie sur la route d’Amman, alors Philadelphia – autre ville de la Décapole – par l’adjonction de l’hippodrome (220-749 ap JC) et la construction du magnifique Arc d’Hadrien commémorant sa visite, il a passé l’hiver129-130 à Gerasa .Sur une partie du fronton gravé en grec, posé au sol, la dédicace « sacrée, asile et autonome » fut effacée après les révoltes juives de 132 à 135.
De l’autre côté de la route L’église de Marianos (570-749) fut édifiée pour les artisans potiers, teinturiers venus occuper par leurs ateliers l’hippodrome.
Hippodrome (220-749) dimensions 265mx50m, bordé au sud par de belles arcades, quelques gradins sont visibles, les murs extérieurs avec un appareillage bosselé.
Gerasa : boutiques près de la Porte Sud
La Porte sud moins spectaculaire que l’arc d’Hadrien, pourrait avoir été construite en l’honneur de ce dernier, intégrée aux remparts après que des pillards eurent pillé la ville au 4ème siècle. Près de cette porte se trouve le souk avec une quinzaine de boutiques une poterie, un charpentier, un bronzier et une huilerie creusée dans la roche dont il reste la meule.
Gerasa : Place Ovale
La Place ovale est l’élément architectural le plus original et le plus étonnant de Gerasa. Elle assure la connexion entre le Cardo maximus, le sanctuaire de Zeus, et des axes divergents. En plus des portiques de colonnes qui subsistent actuellement, deux monuments ornaient alors la place : un groupe de prêtresses et un dais porté par colonnes abritant la statue d’Hadrien. Le pavage est tout à fait spectaculaire surtout vu d’en haut en montant au sanctuaire de Zeus. Les Romains m’ont habituée aux routes ou rues tracées au cordeau se coupant d’équerre avec un forum carré, à la limite triangulaire. Le guide bleu qualifie de pré-baroque l’urbanisme de Gerasa.
Gerasa : sanctuaire de Zeus
Sanctuaire de Zeus (62-163)s’étage sur deux terrasses au sommet de la colline/. Il fut transformé en monastère au 5ème siècle puis réoccupé par des Croisés au 12ème . Une grotte était occupée par un oracle. Les autels étaient consacré à la « déesse Vierge Vérité », à » Zeus Ange », à Apollonius, philosophe platonicien qui avait offert à Hadrien un recueil d’oracles.
Le Théâtre Sud (90 à 749)
La date 749 récurrente est celle du séisme destructeur de la ville.
Quand j’entre dans le théâtre, il résonne de cornemuses non pas écossaises mais bédouines. Souvenir des britanniques, si les airs sont british, le tambour est arabe. Le mur de scène est particulièrement bien conservé : les frontons triangulaires sont d’une grande finesse avec des frontons triangulaires soutenus par des colonnettes au dessus de petites niches
Il est extraordinairement bien conservé bien qu’il eut servi de carrière à la construction des églises.
S’éloignant du centre, le site devient plus sauvage. Je suis un peu déçue par l’absence des fleurs qui ornaient en cette saison les sites grecs ou siciliens. A Jerash, les buissons sont ras, les coquelicots minuscules, à la place des anthémis jaunes, des pissenlits ou de maigrelettes floraisons de moutarde. Une anémone rouge m’émeut.
Gerasa : Eglise St Cosme St damien
Près des églises Pierre et Paul et la « mortary church » (7ème siècle) je vois un long et fin serpent se couler entre deux pierres et renonce aux mosaïques. Un peu plus loin, j’aperçois une autre église avec une belle mosaïque. Un groupe d’Italiens, conduits par un curé – sans doute un pèlerinage en Terre Sainte – s’y attarde. Mais ils ne sont pas accueillants. J’apprends que c’est l’église Saint Cosme et Saint Damien qui sont représenté près de l’autel tandis que dans la nef, des médaillons représentent des animaux exotiques.
Gerasa : Temple d’Artémis
Le temple d’Artémis (135-749) est un édifice imposant, périptère et hexastyle. Très grand, il est resté inachevé, couvert seulement d’une toiture provisoire au dessus de la cella. Il faut également fortifié par les Croisés.
Dans l’église de l’évêque Isaïe (558) les mosaïques ont souffert de la crise iconoclastique.
Au dessus du ravin, un Poste de Garde ottoman rappelle l’époque ou Tchétchènes et Tcherkesses furent transplantes (1875) .
Gerasa a un plan double, le Temple d’Artémis correspond au sanctuaire de Zeus, le Théâtre nord fait pendant au Théâtre sud, ses gradins sont plus pentus qu’au sud. Des bas-reliefs représentant des musiciennes font penser qu’il était peut être dédié à des spectacles musicaux.
Gerasa : Cardo maximus
Après la visite du théâtre, je néglige les thermes et l’agora. , je rejoins le cardo, entre deux rangées de colonnes. A la croisée du Cardo et du Décumanus nord, est érigé le Tetrapyle nord. Les Propyléees du Temple d’Artémis sont un escalier monumental montant du wadi au temple, invisible. Un guide prétend que l’effet de surprise quand on montait au temple augmentait la théâtralité du lieu sacré. Le long du cCardo je passe devant un magnifique nymphée puis par le Tétrapyle sud symétrique du tétrapyle nord.
Nymphée
A l’entrée du parking du site, un restaurant a installé des tables dehors, très agréables. Le menu-buffet (10DJ) propose un choix de salades et des plats chauds : ratatouille, boulettes, poulet dans une sauce, courgettes et chou-fleur sauté avec des crêpes fourrées. Nous nous réjouissons de l’abondance de légumes. La cuisine manque de raffinement ; elle a une saveur de cantine. Peu importe ! l’endroit est agréable et nous l’avons trouvé sans peine.
Touriste insouciante, visitant châteaux et mosaïques, j’ai approché de trop près la frontière syrienne, vu les tentes des réfugiés pour oublier la tragédie qui se joue non loin d’ici. Cette lecture est un contrepoint à la béatitude vacancière de celle qui n’a même pas accès aux actualités. C’est à Wadi Rum que des touristes français, connectés, m’ont appris que des Syriens avaient été gazés…que Trump avait réagi…
Ce recueil de textes poétiques est le journal d’un écrivain qui n’a pas pu quitter Alep et qui témoigne de l’enfer quotidien de ses habitants.
« – Le corps pourrait-il survivre sans âme? C’est pour cela que je ne partirai pas de chez moi, car il n’y a pas de valise assez grande pour contenir mon âme »
Texte très courts racontant le quotidien dans la ville, entre bombardements et barrages, parfois prosaïques, de celui qui malgré tout rencontre des amis, va au café, tente une promenade, retrouve ses souvenirs de jeunesse ou d’enfance dans un square où jouaient les enfants….
Textes hallucinés entre vie et mort. Le narrateur est-il encore vivant, est-il échappé de la morgue comme celui qui grelotte de froid dans le chaud été syrien?
Des personnages interviennent, on ne sait pas si l’enfant nu est un fantôme…si la jeune fille amoureuse survivra à son fiancé… des histoires de vivants se trament quand même.
Nous arrivons vers midi à El Azrak. Cette petite ville est située dans une oasis ancienne : de grands et hauts tamaris se balancent au vent. Deux réserves dans des zones humides à proximité permettraient des promenades et peut être l’observation des oiseaux et de la faune locale. El Azrak est aussi un carrefour routier entre la route allant vers le sud et l’Arabie Saoudite et Aqaba et celle de l’Irak vers l’est. Deux routes relient Amman , la 40 par laquelle nous sommes arrivées et la 30 qui passe plus au nord. De boutiques exposent leur marchandise sur le trottoir et il y a de nombreux restaurants.
chateau d’Al Azrak
Le château d’El Azrak se trouve 6 km au nord du village principal, à l’entrée du bourg El Azrak-ash-shimali. Sa taille est impressionnante. Il est construit de gros blocs de basalte. Le guide bleu attribue sa construction aux Nabatéens, pour surveiller la route caravanière. Deux blocs gravés en latin et en grec attestent de la présence romaine. On dit que Dioclétien et Maximilien le fortifièrent. Il fut occupé par les Omeyyades : en 744 le calife omeyyade Walid II construisit une enceinte. Il est surtout célèbre parce Lawrence y fit halte avant la conquête de Damas avec Fayçal. On veut voir « la chambre de Lawrence »accessible par deux escaliers de pierre. C’est une salle voûtée au plafond de basalte. Il ne reste rien de Lawrence, un séisme l’a détruite. En revanche, la porte du château date de l’Antiquité ; ses battants sont en lourd basalte tournent sur ses gonds de pierre. Je me suis amusée à la pousser. Elle est très lourde. J’imagine son grincement sinistre dans la nuit raconté par Lawrence dans les Sept Piliers de la Sagesse.
Retour au carrefour pour chercher la Réserve, la station service et le restaurant Al-Ryad recommandé par le Guide du Routard. Proche de la station service (éclipsée par la cafetière géante) reconnaissable aux murets de basalte et à la balustrade blanche. L’accueil est cordial. Au menu, diverses grillades et brochettes. Dominique commande un demi-poulet grillé et moi, un plat jordanien typique : du mensaf : sur une bonne portion de riz parsemé de persil ciselé et de cacahouètes grillées se trouve un pavé jaune qui est de l’ageau mitonné, fondant (du collier semble-t-il. Avec on a servi un bol d’un liquide jaune fumant – sauce ou soupe ? – citronné délicieux.
Comme chez Hacheem, le serveur a recouvert la table d’un film plastique, apporté du pain arabe et des cuillers. Perplexité : comment manger sans couteau ni fourchette. J’ai toujours mon canif dans mon sac, on réclame des fourchettes, puis je mets les doigts pour détacher des lambeaux d’agneau. Quatre jordaniens s’installent à la table voisine, galabiehs brunes ou blanches impeccable et caffiehs à damier. Je les regarde se servir de leur pain pour emballer la nourriture qu’ils pincent sans se salir els doigts. De l’autre côté, les chats veillent, discrètement au début, bruyamment ensuite. Ils se tiennent derrière une rangée de narguilés argentés bien astiqués.
La route de la Réserve débouche juste en face. Elle est très payante : 7JD, le Jordan Pass n’est pas accepté. Nous renonçons à la promenade sur les pontons, les seuls animaux annoncés sont des gamousses. On ne va pas payer 7JD chacune (environ 12€) pour voir des buffles !
E circuit emprunte la route 30 – excellente route dans un désert de cailloutis légèrement ondulé de collines ; Bizarrement, les routes ne sont pas fléchées avec le nom des villes mais avec la direction des pays voisins. A gauche nous longeons le camp de réfugiés d’Azrak, tentes ou maisonnette blanches serrées les unes contre les autres à perte de vue, enfermées dans un grillage. Sur els bords de la route, des véhicules militaires avec mitrailleuse lourde et même des chars. Cela n’incite pas au tourisme. On construit des infrastructures, des parkings, des canalisations, des routes. Un nuage de poussière signale un nouveau chantier. Bizarrement, on ne voit ni gens ni voitures. J’aurais pensé une plus grande animation. Ce camp a été construit il y a déjà trois ans mais les articles que j’ai pu lire sur Internet signalent qu’il n’est que partiellement occupé.
qsar-al-habalat
D’après la carte deux châteaux du circuit devraient se trouver non loin de la route, on ne les voit pas, il faut dire que tout ce chantier peut les cacher ! Il y a aussi une grande base militaire et ces carrières de pierre à bâtir. 15 km avant Zarqa un complexe d’usines chimiques borde la route. Il nous faut donc faire le détour par le nord et Ad-Dulay pour retourner vers l’Est avec l’aide du GPS.
Qasr-al-Halabat
Le château est perché sur la colline, il est surplombé par une haute grue qui montre une restauration en cours. A l’entrée le Centre des Visiteurs en belle pierre blanche est fermé. La billetterie est vide « no tickets » et le musée est fermé. Je monte librement sur la colline. Un joli bâtiment carré, la mosquée, a été bien restauré (je présume que c’est une mosquée à cause du mirhab) encadré par une jolie arche.
Qsar al Haballat mélange de pierre calcaire et de basalte
Le Château est un peu plus loin, noir et blanc. Un adolescent surgit « chouf el qsar ? « . Il ne parle pas anglais mais joue les guides et me montre les mosaïques, je vois le canard mais pas le serpent à barbe signalé par le Guide Bleu p 193. Des ordures jonchent les précieuses mosaïques. Il y a un beau puits ciselé dans la cour ; Sur une tour trois copain de mon « guide » sont perchés, puis le gardien arrive « no problem ? » Je lui réponds que je suis professeur et que mes élèves ont leur âge. Penaud il rétorque que les jeunes font écrouler les murs en grimpant et qu’il est forcé de les chasser.
Je n’ai pas reconnu la forteresse romaine construite sous Caracalla ni la villa omeyyade, ni le monastère.
Hammami es-Sara
Comme ce matin, un établissement de bains à proximité du château. Bien restauré mais peu intéressant après la visite de ce matin.
Nous rentrons par Zarqa. Madame GPS nous enjoint en même temps de tenir la droite et de monter sur la bretelle à gauche. Avec ces ordres contradictoires, nous perdons la route principale pour passer par une ville embouteillée ; la traversée de Zarqa est interminable. C’est une grande ville de près d’un million d’habitants. La circulation y est infernale dans les petites rues. Nous rentrons à la tombée de la nuit à l’Hotel Retaj heureusement il est facile à trouver sur la grande voie rapide Zahran Street Four Seasons très haut et Sheraton nous servent de repère.
Au moins deux Musées exposent Rodin à proximité : Le Musée Rodin tout proche et son atelier àMeudon. Pourtant la foule afflue à cette exposition du centenaire. Pourquoi faire la queue si on est parisien?
D’abord les salles du Grand Palais sont vastes et bien éclairées et les statues sont vraiment mises en valeur, ensuite parce qu’elles dialoguent avec des oeuvres d’autres artistes.
Rodin par Camille Claudel
Avec le buste de Rodin par Camille Claudel nous faisons connaissance avec le Maitre
Sitzender Jüngling Lehmbruck
Dès la première salle nous retrouvons les oeuvres célébrissimes : les bourgeois de Calais et le Penseur (version XXL). Ce dernier est accompagné d’un Sitzender Jügling de Lehmbruck songeur et lisse qui curieusement a figuré dans une exposition du Musée d’Orsay intitulée Oublier Rodin ainsi que d’un grand homme de bois peint en bleu avec zero écrit sur son képi blanc de Baselitz (2009) Volkding zero.
Rodin et Baselitz
Cette confrontation est un des thèmes de la scénographie.
la salle s’intitule : RODIN EXPRESSIONNISTE
Puis suivent une série d’oeuvre de plus petite taille, souvent des études pour son autre chef d’oeuvre : Les Portes de L’Enfer mais qui sont aussi destinées à être exposées indépendamment de la commande officielle. En effet, Rodin cherche aussi à rencontrer le succès dans une exposition commune avec Monet RODIN A LA CONQUÊTE DU PUBLIC a-t-on intitulé la salle.
Le Baiser
Le Baiser occupe le centre de la salle : Comment le prendre en photo, sous quel angle, privilégier le corps lisse et tendre de la femme ou au contraire celui musculeux de son compagnon, chercher les visages? je tourne autour de la statue avec l’envie de caresser le marbre (cela ne se fait pas bien sûr)
Illusion, soeur d’Icare a ausi retenu mon attention, chute ailée d’un ange ou d’une femme, ou d’une idée, l’illusion. Le corps poli de la femme contraste avec la texture des plumes, illusion de plumes dans le marbre.
Encore une confrontation avec Zadkine Torse de la ville dont les bras levés sont à rapprocher de l’enfant prodige. Bourdelle : Guerre ou 3 têtes.
Une série d’étude de vieilles femmes illustre la citation « De l’art est beau ce qui a du caractère », en effet, ces femmes s’éloignent des canons de la beauté classique; la plus frappante n’est pas de Rodin mais de Camille Claudel c’est Clotho – la parque – décharnée et enroulée dans des haillons ou des cheveux.
Une salle est consacrée aux dessins noirs de Rodin : très petits formats de gouache, encre et graphite confrontés à des dessins de Baselitz,Alberto Giacometti, Picasso et tant d’autres.
En conclusion à cette première partie de l’exposition : les Portes de l’Enfer où l’on retrouve nombre de personnages et de compositions comme Le Penseur, les Trois Ombres, les damnés .
l’homme qui marche
En haut de l’escalier, en majesté sur sa colonne L’Homme qui marche se reflète dans la vitre et se détache en contre-jour sur le le ciel et blanc sur les ailes sombres d’une figue ailée à l’extérieur. j’aurais aimé capturer la statue et son double, mais avec mes petits appareils-photos le résultat est décevant.
Balzac dans sa robe de chambre préside sur le palier.
La suite de l’exposition présente Rodin comme un expérimentateur: accumulant les épreuves de plâtre; ou dessinateur. Pour l’Exposition de Prague de 1902 il présenta des aquarelles très épurées, lavis délavés avec très peu de couleur, le plus souvent beige ou brun avec parfois une tache de rouge ou d’orange, elles sont en compagnie des plus grands, Klimt, Egon Schiele, Matisse et Maratka (un tchèque que je ne connaissais pas). Expérimenter avec le plâtre, avec le dessin mais aussi avec la photographie : Rodin n’hésitait pas à retoucher les clichés de ses sculptures et de les exposer. Pour lui donner la réplique, c’est Annette Messager qui a été choisie
une des versions de la femme nue sur un rocher
. Autre expérimentation de Rodin : l’agrandissement des figures crées antérieurement mais aussi l’amputation. Il ôte la tête, les bras, L‘Eve mangeant la pomme, devient l’aube sans tête ni pied. il multiplie les versions d’une même oeuvre, passe du plâtre, au bronze, puis au marbre aidé par un fondeur pour le bronze, mais aussi d’un « praticien » pour le marbre.
L’homme qui marche : Rodin et Giacometti
Pour finir une dernière salle présente ls oeuvres des sculpteurs s’inspirant de Rodin : L’Homme qui marche a été traité par Giacometti, mais aussi par Lüpertz, Houseago . Des torses se réclament de l’influence de Rodin, Germaine Richier, Cesar et Henry Moore et pourquoi pas le Baiser de Brancusi?
Homme qui marche Lüpertz
Exposition très riche, encore une fois, je fatigue vers la fin et c’est bien dommage parce c’est ce qui est nouveau.
Flanagan : je ne vois pas trop le rapport entre les lapins et les figures de Rodin
Nous quittons Amman par la route de l’aéroport selon les conseils du portier de Retaj. Le pictogramme du petit avion nous guide, il y a très peu d’indications en lettres latines. A la sortie de la ville, le GPS prend le relais dans les zones artisanales ou commerciales, d’autant plus que seules Aqaba et la Mer Morte sont indiquées (vers le sud alors que les châteaux sont à l’Est)
On traverse les villes de Sahab et de Al Muqqawar. Des marchandises sont artistiquement empilées dans la rue. Nous achetons un pack de 6 bouteilles d’eau pour seulement 1 JD , le même prix que la minuscule bouteille de l’hôtel. Je prends le pack, entre dans la boutique, attendant patiemment que la cliente au comptoir emballe tout un caddy de friandises. Le magasin embaume le café moulu sur place. Dans une grande vitrine on a mélangé amandes cacahouètes et pistaches, le mélange est du meilleur effet. Des tiroirs ouverts contiennent des friandises emballées dans du papier brillant. Les pots de khalva ont la taille de pots de peinture. Cette confiserie est tellement appétissante.
La route 40 traverse un désert caillouteux plutôt plat. Rien n’accroche le regard, à part la ligne électrique. Le matin tôt, seuls quelques gros pick– up foncent. Plus tard arriveront les gros camions qui vont en Irak et en Arabie Saoudite. Ils transportent surtout du matériel de construction, sacs de ciment ou énormes blocs calcaires.
Qasr -el –Kharaneh
Notre premier château du désert se dresse fièrement non loin de la route. Solide cube de belles pierres claires, renforcé de tours rondes à chaque coin. Daté 711 ap.JC du règne du calife Omeyyade Al-Walid-ibn-al-Malik. Plusieurs interprétations à propos du rôle de ce château, forteresse ou Khan?il ressemble aux caravansérails vus en Turquie, en Arménie et en Ouzbékistan.
Au rez de chaussée les hautes ouvertures des écuries permettaient aux dromadaires de s’y abriter. Des pièces sont réparties autour d’une cour centrale carrée. Deux escaliers extérieurs en pierre conduisent à l’étage où 4 grandes chambres s’ouvrent sur d’autres plus petites. Un gradé accompagné par un jeune policier s’entête à chercher le hammam. Il m’explique en bon anglais que le calife avait 4 femmes qui devaient avoir tout le confort. Comme j’ai lu que le château était un caravansérail, je pense qu’il y avait plutôt des marchands que les femmes du calife. J’en ai conclu que le gros policier était un macho. L’étape suivante m’expliquera son obsession du hammam.
Qusayr Amra
Qusayr Amra : les bains
Plus qu’un château, c’est une halte de plaisance avec des bains dont les fresques sont surprenantes. Ce site exceptionnel fut découvert par Alois Musil en 1907 et connu une restaurationpar une équipe espagnole en 1971 et 20 ans plus tard avec les français. Classé au Patrimoine de l’Humanité, son Centre des Visiteurs est très intéressant. Des panneaux en arabe- anglais et français donnent des explications très complètes sur le site mais également sur les califes omeyyades
Califes omeyyades :
la capitale fut Damas et qui entreprirent l’arabisation de la région avec le développement de l’écriture coufique et l’émergence d’une littérature arabe. Sus leur règne la tolérance permit l’intégration des cultures locales byzantines et perses. En plus des monuments emblématiques comme la Mosquée de Damas et le Dôme du Rocher à Jérusalem, on leur doit, en Jordanie la citadelle d’Amman et plusieurs châteaux du désert.
Site de Qusayr Amra :
Dans un climat semi-aride, le Wadi Botoum permettait avec des barrages, des citernes et des ouvrages hydrauliques d’entretenir une quasi oasis. En outre il était situé le long des pistes caravanières. Les habitations étaient construites en hauteur à l’abri des inondations tandis que les bains se situaient dans la zone basse. Des tamaris marquent le lit de l’oued.
Le prince est dans une construction d’image montrant l’art de recevoir les baigneurs. L’histoire est racontée sur plusieurs registres ; En haut ce sont des scènes de chasse avec le rabattage des onagres, au milieu on voit le roi dans un jardin, une femme au bain. La présence de personnages et même de personnages féminins fort peu vêtus est tout à fait étonnant dans la peinture islamique. Sans doute, le caractère tout à fait profane du lieu (un hammam) explique cela. Dans la salle voûtée, sur le plafond sont peintes les constellations.
constellations
Une autre pièce est décorée d’animaux dans des médaillons tandis qu’un plafond montre le travail des artisans de l’époque.
L’habilité et la finesse des fresques évoque l’art des miniaturistes, Ariane à Naxos aurait servi de modèle à la femme aux bains ce qui dénote une influence byzantine.
aniamux musiciens
Malgré les abondantes explications, à l’entrée dans le bâtiment c’est la surprise totale. Je n’aurais jamais imaginé une telle fraîcheur, une telle variété des couleurs et des thèmes. C’est aussi un miracle que je l’ai trouvé ouvert ; A la fin de ma visite, un bédouin en galabieh brune et caffieh à damier rouge ferme le verrou .
Dans l’Odéon – théâtre de poche, très bien restauré, un guide francophone sort me montrer les escaliers qui permettent de monter à pied à la citadelle. Des Jordaniens nous disent de prendre le taxi qui ne coûterait que 1 JD, pour nous ce sera 2.
Grotte préhistorique
La Citadelle est construite à l’aplomb du théâtre. Comme il n’y a pas de source sur la colline un système de citernes et de collecte de l’eau est encore visible. Pas une goutte ne devait être gaspillée. Le site est occupée depuis l’âge de Bronze (1700 – 1550avant JC) On peut voir une grotte
Les Romains ont fortifié la citadelle.
Temple d’Hercule et la main de la statue colossale, au fnd, la ville d’Amman
Un grand temple fut dédié d’abord à Tyché de Philadelphia puis à Hercule. Tyché, la Fortune, divinité hellénistique était vénérée en Orient, à Alexandrie, en Crète, à Antioche. Le temenos d’Hercule fut détruit pendant la période byzantine. Il en reste 6 colonnes à chapiteaux corinthiens (161-166 ap.JC). la figure d’Hercule a été retrouvée sur de la monnaie battue à Philadelphia il était associé au dieu ammonite Milkom. 3 chapiteaux corinthiens sont à hauteur d’homme, on mesure mieux l’énormité des proportions.
Musée archéologique
statuette d’Ain Ghazal
Devant le musée on voit la main d’une statue colossale. Le musée est vieillot, un peu poussiéreux mais recèle des trésors. Les vedettes sont les statuettes d’Ain Ghazal (8000-4000 av. JC) certaines sont des statues jumelles : d’un corps sommaire, rectangulaire émergent deux têtes délicates au nez et yeux bien formés ; Les yeux sont soulignés de noir (asphalte). Le Louvre héberge une statue d’Ain Ghazal, c’est même la plus ancienne statue du Louvre ; J’irai lui rendre visite à la prochaine occasion.
Statuettes ammonites
L’âge de fer correspond à la Période ammonite et au site de KHirbet-el-Hajjar (8ème siècle av.JC) les statuettes en calcaire sont originales. L’une d’elle porte une inscription en phénicien.
De la période romaine on trouve des céramiques, des statuettes en terracotta, genre des tanagra, des lampes à huile et une barque funéraire, aussi du verre, ‘industrie du verre romain aurait commencé au 1er siècle ap JC.
Antiquités byzantines
La plus jolie poterie byzantine est une lampe à 7 mèches. Je photographie aussi un cygne formé à partir d’une coquille de porcelaine. On peut voir sur le site une vaste église byzantine ( 550 ap JC)
La ville bruisse de l’appel à la prière du vendredi et des prêches diffusés par des micros.
Palais Omeyyades
En sortant du musée je découvre le Palais Omeyyade avec la salle de réception restaurée : on a reconstitué le dôme en bois et les décors d’arcs soulignés par des dents (d’influence perse) agrémentées aussi d’entrelacs et de motifs végétaux. Le complexe palatial comprenait aussi des bains, de l’Iwan ou salle d’audience, il ne reste plus grand chose.
Déjeuner chez Hacheem
Tous les taxis connaissent le restaurant populaire Hacheem recommandé par le guide du Routard. Les prix des taxis ont augmenté depuis ce matin : 3JD . Les tables d’Hacheem sont installées dans une ruelle. Des familles jordaniennes sont attablées ainsi que des touristes. Le service est expéditif : le serveur dispose un film plastique sur la table, des cuillers en plastique, une corbeille de pain pita. Au menu, des mezzés : humus, falafels, tomates et oignons, aubergines. C’est très bon et bon marché (5JD pour les deux), à la bonne franquette mais les remplaçants se présentent et nous ne pouvons nous attarder.
robes brodées
Après la prière du vendredi, les commerçants ont ouvert les boutiques. Des robes brodées rouges ou noirs sont suspendues ou sur des mannequins, mais plutôt que des souvenirs, je cherche une boutique de téléphone qui me remettra ma carte SIM française, et j’espère redonnera vie au téléphone bloqué. Les boutiques de téléphone ne manquent pas. Gracieusement un jeune homme replace la puce – sans résultat pour ranimer le smartphone – « go to combany ! » me conseille-t-il. Dans la rue commerçante, je trouve le Nymphée romain monumental mais peu gracieux.
Après avoir goûté à une pâtisserie locale le Kunafa au fromage fondu chez Habiba dégusté chaud dans la rue sur le rebord d’un muret (on n’est pas toutes seules).
Nous décidons de remonter à la Citadelle pour voir le coucher du soleil. L’ambiance est différente de ce matin. Les familles ont remplacé les touristes. Des enfants font voler des cerfs-volants qui sont des drapeaux jordaniens agrémentés de franges vertes. Je dessine la ville, le théâtre à mes pieds et les collines en face. Dessiner permet de fixer mon attention ? Amman est très minérale avec ses maisons de belle spierres calcaires, quelques cyprès émergent entre les terrasses. Une mosquée à bandes noire et blanches me fait penser à certaines églises toscanes. Je constate une réelle homogénéité de l’architecture, brisée seulement par deux tours jumelles et un ou deux autres gratte-ciel qui dépassent. Il fait frais, le soir, à Amman, nous n’avons pas prévu de lainage et retournons en taxi à l’hôtel Retaj.
Amman vue de la citadelle
Omar de l’Agence Enjoy Jordan vient nous apporter un petit Nokia hors d’âge et un GPS que nous lui avons réclamés. Nous lui faisons part de nos ennuis : s’il avait donné le Nokia à ses employés hier, je n’aurais pas verrouillé mon téléphone. Il ne s’attarde pas à donner des conseils touristiques. Pour un peu, nous décourage de faire le circuit des châteaux du désert du guide Bleu en entier.
L’hôtel Retaj n’a pas de restaurant mais il est situé dans un quartier où les restaurants de toutes sortes abondent, du fast food Burger King au chic Moulin(en français sur l’enseigne lumineuse) je découvre même un Carrefour Contact. A 50m du Retaj , sur le même trottoir Jabri sera notre « cantine » c’est une sorte de self service qui propose de la cuisine jordanienne excellente à manger sur place ou à emporter. Sur place, il y a un décor « self service » sans intérêt, j’emporte donc pour 13.5JD deux plats de riz et poulet et deux yaourt lebaneh. On paie à la caisse et le serveur prépare les plats . C’est très bien servi. Il y en a pour quatre ! Le riz est le meilleur que j’ai jamais mangé : des grains longs et fins sautés et des amandes grillées, le poulet est excellent quand au yaourt ! du yaourt grec en meilleur, plus épais, plus crémeux, un peu acide, une merveille. Nous en mangerons souvent.
Pour terminer la soirée, nous trouvons la BBC et CNN parmi la centaine de chaines en arabe.
Merci à Babélio et aux éditions Albin Michel de m’avoir offert ce livre !
Alice Clifford est correspondante de presse, intrépide reporter de guerre est sur tous les fronts, de l’Abyssinie 1936, quand les troupes de Mussolini ont chassé le Négus, Madrid 1937, à la Guerre d’Espagne, puis la Nuit de Cristal à Berlin novembre 1938, jusqu’à Monte Cassino aux côté des troupes américaines.
Fine journaliste, elle interviewe Mussolini, fréquente un prince romain introduit au Vatican, publie des articles analysant les mécanismes du pouvoir fasciste. Dans les premières prévient des atrocités contre les Juifs dans les camps de concentration.
Entre ses reportages de guerre, Alice Clifford vit à Rome où elle a un appartement et un amant.Ou elle retourne se ressourcer à Alexandrie où vit son père et son ex-mari.
Ce roman historique, très bien documenté rappelle dix ans d’histoire européenne.Si je suis restée un peu sur ma faim pour ce qui concerne la Guerre d’Espagne, tout ce qui se déroule en Italie, aussi bien à Rome que dans les guerres de conquêtes mussoliniennes est très intéressant. Le rôle des papes Pie XI et Pie XII est intéressant.
Je me suis moins attachée au roman d’amour. La jeune femme si belle, si désirable, si intelligente….qui se veut libre et non-conformiste est comme on dirait « trop ». « Trop » beaux, séduisants, bien-nés, riches….ses amants. Quand à Fadil, l’ex-mari il est tout simplement parfait. Tant de perfection me lasse.
En bref, c’est un roman historique intéressant, mais c’est un roman historique, pas un témoignage direct ni une oeuvre littéraire qui vous emporte.
Même si Alice est américaine, nous baignons dans une atmosphère italienne tout au cours du roman. Ce qui explique pourquoi je publie le billet dans le mois Italien.
EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 24 juillet 2017 au Grand Palais
Avec le printemps, il m’est venu l’envie de flâner dans ces jardins…. de l’Antiquité à nos jours
Giuseppe Penone 1984 Verde con camicia
Exposition éclectique, présentant aussi bien des oeuvres anciennes que contemporaines. Peinture ou photographies, collages et herbiers….
matisse acanthes (papier découpé)
Dessin de Dürer au contemporain Patrick Neu, en passant par Redouté
Iris de Patrick Neu
ou d’herbier, en passant par celui de Jean Jacques Rousseau et ceux du Muséum d’Histoire Naturelle
Il y a aussi des fruits et plantes exotiques entières en cire qui n’auraient pas pu se conserver pendant un long voyage dans l’alcool, trop épais pour être mis en herbier.
Végétaux mais aussi jardins, merveilleux tableauxx représentant Marly ou Saint Cloud
parc et bassins de Marly
Et puis les grand maîtres, Cézanne, Klee, Bonnard, Caillebotte, Berthe Morizot, Picasso …
Amman théâtre romain précédé de la colonnade du Cardo maximus
CARNET JORDANIEN
A notre programme, une journée libre pour explorer la ville.
Hier soir, nous avons parcouru de grandes artères très larges, bien éclairées passant à travers des quartiers modernes aux belles maisons au parement de pierre (la même qu’à Jérusalem). Un pont suspendu aux éclairages colorés et changeants, relie deux collines « le plus haut du Moyen Orient » commente le chauffeur. Autour de l’Hôtel Retaj où nous logerons quatre nuits, je remarque des grands hôtels, Four Seasons, Sheraton , repères utiles pour retrouver notre chemin.
Aujourd’hui, nous circulons en taxi. Je négocie la course avant de monter :
« Downtown ! 3 JD »
Le chauffeur ne sait pas où nous déposer. Il téléphone à un ami anglophone et me passe l’appareil « au théâtre romain ! ». La course va très vite. Le vendredi matin tout le monde dort, les boutiques sont encore fermées.
Le théâtre romain et l’ancien forum de la ville romaine Philadelphia sont bien conservés. Une belle place dallée avec des arbres maigrelets dans des grandes jardinières les mettent en valeur. Une belle colonnade, reste des galeries bordant le Cardo maximus précède le théâtre. Le théâtre est adossé à une colline très raide. Les gradins sont vertigineux. Une fois grimpée en haut, j’hésite à descendre, encombrée de ma jupe longue. Le mur de scène est encore orné. Je découvre d’en haut le petit odéon.
De chaque côté du théâtre se trouve le Musée Jordanie. A droite, des bijoux et costumes folkloriques de Jordanie et de Palestine sont magnifiques mais les photos sont interdites. Si mon téléphone fonctionnait j’aurais volé des clichés. Les visiteurs sont jordaniens pour la plupart (ou originaire de la région, je sais les reconnaître). Les familles sont accueillantes. Les enfants exercent leur anglais scolaire « What is your name ? Where do you come from ? ». Les femmes me montrent les plus beaux bijoux d’argent ciselé, de corail ou d’ambre.
Dans l’autre partie du musée, on a reconstitué des scènes de la vie quotidienne : un salon urbain de la bourgeoisie, des scènes villageoises. L’arrivée de la mariée dans un palanquin – véritable cabine carrée faite d’épais tapis – et la procession de dromadaires est spectaculaire. La fabrication du fromage se fait dans une outre de peau de chèvre. Divers artisans sont représentés: le vannier et le tisserand,(les fils de laine sont teints au jus de grenade), le repasseur de couteau, le bijoutiers. Une tente bédouine a été montée, en deux parties, dans la moitié des hommes on prend le café préparé sur les braises à l’extérieur, dans le coin de repos des femmes l’une d’elle fume une longue pipe. La famille qui m’a adoptée me fait partager son enthousiasme.
Dans l’Odéon – théâtre de poche, très bien restauré, un guide francophone sort me montrer les escaliers qui permettent de monter à pied à la citadelle. Des Jordaniens nous disent de prendre le taxi qui ne coûterait que 1 JD, pour nous ce sera 2.