Bryan, notre logeur, nous a recommandé Castletown House à Ceilbridge accessible à 20 minutes à pied du gîte, mais au moins autant en voiture puisqu’on ne peut pas traverser Hewlett Packard et qu’il faut prendre l’autoroute à la sortie 5 et sortir à la Sortie 6.
Construit en 1722, pour le Parlementaire William Conolly (1662-1729) réputé l’homme le plus riche d’Irlande qui a fait fortune sur des terres des partisans de Jacques II. Deux architectes sont dessiné le château, l’Italien Galilei et Pearce qui introduisit les style palladien en Grande Bretagne.
C’est un grand château gris, sobre, régulier allégé de chaque côté par une galerie à colonnes incurvée. Plutôt que de s’étendre sur Conolly, la conférencière fait le portrait de deux femmes Katherine, la femme de Conolly et lady Louisa après elle, deux femmes qui restèrent sans enfants et consacrèrent l’essentiel de leur temps à leur intérieur et au parc, ainsi qu’aux bonnes œuvres auprès de la population environnante. De nombreux portraits de famille illustrent les propos.
Blanche entrée (18ème) avec des stucs et un escalier extravagant (si aérien qu’on préfère ne plus y monter de crainte qu’il ne s’écroule). Puis nous traversons des pièces plus ou moins meublées.
L’histoire de cette famille n’est pas l’aspect le plus intéressant de la visite. La conférencière explique les rénovations. La Chambre rouge toute tapissée de soie mérite bien les soins qu’on lui prodigue. Des sachets transparents contiennent la poussière extraite de l’aspirateur, de petites éponges pour maquillage servent à tamponner la tapisserie, une gaze aérienne rose panse les déchirures. Des échantillons de soie tissés spécialement à Lyon reproduisant les motifs d’époque seront utilisés our les rideaux assortis.
Print room
Une pièce est surprenante : la Print room tapissée de gravures, un peu comme les posters actuels, suggère la guide.
Salle de réception style pompéien
La grande salle de réception de style pompéien, mais dans des tonalités de bleu est de O’Reilly (1770).
Bryan nous a parlé trop tard de Castletown, tous les dimanches on y donne des concerts. Nous aurions été ravies d’y assister.
Dernier soir, on boucle tôt les valises. Demain,25 réveil à 4h50 !
Je descends du 66b sur les quais de la Liffey dès que j’aperçois les toits du château.
On visite individuellement les cours et jardin ainsi que les appartements d’Etat. La visite guidée est tout à fait recommandée, elle permet d’accéder aux fondations médiévales – même vikings – et d’entrer dans la chapelle. Le château est un ensemble assez hétéroclite : une grande cour géorgienne (18ème siècle) pavée entourée de bâtiments symétriques avec fronton et colonnes, un clocheton élégant. Dans la cours du bas, il y a la d’un côté, la tour médiévale et la chapelle néogothique, en face un bâtiment géorgien, un immeuble moderne ferme la quadrilatère.
Chateau de Dublin : cour géorgienne
En attendant l’heure de la visite, je découvre seule les jardins contemporains. Le parterre central est circulaire et décoré d’entrelacs à dessin celtique. Là, se trouvait un étang noir Dubh Linn qui a donné son nom à Dublin. Dans un coin se trouve un mémorial aux victimes des guerres civiles. De l’autre côté du jardin, j’entre dans la Chester Beaty Library où on garde des livres anciens précieux. En ce moment se tient une exposition de Corans précieux. Accueil sympathique, entrée gratuite, mais je n’aurai pas le temps de la voir.
La visite est menée rondement. Patricia, la guide, marche vite, parle vite, elle a beaucoup de choses à raconter. De la forteresse construite en 1204 par Jean D’Angleterre (Jean Sans Terre 1167-1216), il ne reste que la Tour ronde et les fondations d’une poudrière que l’on découvre dans les sous-sols. Les archéologues découvrirent même des vestiges vikings, ces derniers construisaient de bois et ont laissé peu de traces, des peignes et des pinces à épiler. Les fondations sont entourées d’une eau verdâtre qui provient de la rivière Poodle maintenant enterrée.
Château de Dublin : chapelle néo-gothique
Depuis Jean Sans Terres, le château fut le siège du pouvoir anglais délégué à des vice-rois. En 1535, le Parlement Irlandais reconnu Henry VIII comme chef de l’Eglise Irlandaise. La chapelle néogothique (début 1800) rénovée récemment est passée du rite anglican au rite catholique pur être dé- consacrée pour restauration finalement. Elle est utilisée maintenant pour des concerts, expositions et même événements plus frivoles. Les boiseries de chênes sont magnifiquement sculptées, aux armes des différents vice-rois.
Dans un coin de la cour, un panneau signale que Bram Stoker a travaillé dans les bureaux situé dans le bâtiment géorgien.
Appartements d’Etat : St Patrick’s Hall
Les appartements d’Etat s’ouvrent dans la cour supérieure. Cette cour occupe l’espace du château médiéval qui a été détruit lors d’un incendie. Le Château de Dublin est un « working castle », encore en fonction ; c’est le lieu des réceptions officielles. La semaine dernière François Hollande y est venu. Avant lui, Nelson Mandela, Kennedy, et la Reine Elisabeth.
St Patrick’s Hall : grande salle de balle tendue de bleu et or ; pavoisée de drapeaux. Patricia nous montre La Harpe celtique – symbole officiel de l’Irlande . Le trèfle irlandais est le symbole de Saint Patrick. Guinness qui est une institution à Dublin a aussi choisi la harpe mais inversée.
Dans la salle à manger, la table est dressée comme pour un dîner officiel avec la « porcelaine d’Etat », blanche, très fine très sobre avec pour seul décor une harpe. Le vice-roi ne présidait pas en bout de table mais au milieu avec le dos à la cheminée pour mieux participer aux conversations.
Appartemetns d’Etat : drawing room
Dans la Salle du trône, les dimensions du trône sont imposantes, construit pour le roi George IV qui avait une stature hors norme. Pour Victoria on a imaginé une sorte de tabouret rembourré pour lui permettre d’y grimper et de trôner en majesté ;
La Drawing Room, pièce des dames est la plus élégante. J’ai longtemps été étonnée par cette appellation ; « Drawing » m’évoquer des dessins. Pas du tout cela vient de withdraw = se retirer. A la fin du dîner, les hommes restaient fumer, boire, discuter politique et affaires, les dames se consacraient à des activités plus frivoles. L’histoire du château de Dublin se confond avec celle des rois et reines d’Angleterre, entre Stuart et Orange, succession des George, règne victorien…
Il faut aussi imaginer que le château fut transformé en hôpital pendant la Première Guerre Mondiale.
On commémore cette année le centenaire de la Révolution de 1916. Une exposition occupe plusieurs salles du château avec des panneaux illustrés. Patricia nous explique que la dernière exécution, le 12 mai 1916 de James Connolly retourna l’opinion publique qui, au début du soulèvement était tiède : de nombreux soldats irlandais se battaient dans l’armée britannique en guerre.
Le Château est un lieu symbolique de l’Indépendance Irlandaise : deux photos sur le mêm bureau se font face celle de Michael Collins qui reçu les clés du château des mains de Lord Fitzallen, dernier vice-roi. Cette semaine Theresa May vient à Dublin parler du Brexit. Les Irlandais se sentent très concernés par la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne : la frontière avec l’Irlande du nord va-t-elle être rétablie ?
Christchurch
Christchurch
Christchurch se trouve à proximité du château. Après la longue visite guidée, je n’ai pas très envie de faire une visite exhaustive. Le prêtre est en chaire, ce n’est pas l’heur pour le tourisme. L’office se termine. Le Pasteur serre la main de ses ouilles et celles des visiteurs. Encore une église commencé avec le style roman terminée gothique, beaucoup remaniée au 19ème siècle. La crypte est impressionnante avec ses gros piliers. Elle est transformée en musée fourre-tout. Costumes d’époque. Audiovisuel racontant l’histoire de l’église (intéressant), un panneau détaillé racontant la Bataille de la Boyne (je commence à mieux comprendre). Comme le château, siège de la vice-royauté, Christchurch est la Cathédrale anglicane. Je devrais visiter Saint Patrick !
Déjeuner fish&chips
Fish & chips
Pour déjeuner, sur Dame str., Il y a l’embarras du choix, pubs traditionnels, fast food, restaurants exotiques du monde entier. J’entre chez Beshoff : à Howth j’avais remarqué les dizaines de personnes mangeant dans le jardin des frites dans de jolie barquettes ou se promenant avec des sacs Beshoff. Il sert des Fish&chips mais également des moules ou des fruits de mer à la place du poisson. Beshoff de dame st. fonctionne comme dans la restauration rapide : on commande au comptoir mais on n’attend pas debout ; on emporte un numéro, on choisit sa table et la serveuse arrive avec les couverts et un plateau de bis rappelant une caisse à poissons. Les frites sont artisanales, grosse, irrégulières, savoureuses. Le cabillaud est délicieux et la friture légère.
J’ai envie de voir la peinture irlandaise de la National Gallery. Bâtiment moderne très clair, ouvert à tous. Je suis encore surprise de ne trouver ni contrôles de sécurité ni billetterie. Dans le hall Bernard Shaw en pied (et en bronze) nous accueille. Malheureusement les salles de peintures irlandaises ne sont pas accessibles aujourd’hui. Je ne découvrirai pas les peintures de l’autre Yeats (le peintre, frère du poéte). En revanche il y a un Picasso à côté d’un Braque, plus loin Seurat etc…la peinture française est bien représentée ?
Sciasciaraconte la Sicile de 1943 aux années 70. Il s’inspire du Candide, recherche l’esprit de Voltaire. Il avoue dans une note :
« cette alacrité, cette légèreté, impossible de les retrouver : moi-même qui crois n’avoir jamais ennuyé mes lecteurs…Sinon du résultat, que l’on veuille bien tenir compte du propos : j’ai cherché à être vif, à être léger. mais notre temps est pesant, très pesant. »
Candido , dépourvu de parents, et de tout préjugé, cherche des réponses simples, des évidences dans un monde compliqué. Né à la fin du fascisme dans les bombardements américains il évolue dans une Sicile partagée entre la Démocratie Chrétienne et le Parti Communiste. Son grand père, général fasciste, choisit la Démocratie chrétienne et le confie à un précepteur l’archiprêtre Lepanto – son Panglosse, prêtre fasciné par la psychanalyse tout d’abord qui se défroquera et deviendra communiste. Le Parti, comme une Eglise!
Candido a la chance d’être un élève brillant et d’avoir des terres qui lui procurent le bien être matériel. Il a aussi la chance d’être aimé de Paola (sa Cunégonde?) et tout devrait bien marcher dans le meilleur des mondes possibles….mais il n’en est pas ainsi. Le Parti n’aime pas les esprits trop libres, et finira par l’exclure. Sa famille cherchera, et réussira à mettre la main sur les terres…
Mais dans le meilleur des mondes possibles, il partira en voyage et finira ses errances à Paris, la patrie de Voltaire et celle de Mai 68!
Trim est une petite ville plutôt qu’un village. Une haute tour dont il ne reste qu’un pan se détache, dominant le centre-ville. Mais ce n’est pas le château : imposant donjon entouré de remparts, il a servi de décor au film Braveheart.
_ »voulez-vous la visite libre des extérieurs ou la visite de la tour ? »
La visite guidée étant à 17h, je me contenterai des extérieurs à regrets puisque je n’apprendrai presque rien sur l’histoire du château ?
Le donjon a une architecture passablement compliquée avec un plan cruciforme, il est entouré de multiples dépendances, remparts, tours, barbacane. A son pied coule la rivière Boyne Le chevalier normand Hugues de Lacy commença sa construction en 1170, il fut détruit et reconstruit au 13ème siècle et servit pendant les guerres de Cromwell ?
la Boyne et le château
Le long de la Boyne partent 4 itinéraires de promenades. Le château est encore plus photogénique vu d’en face avec les roseaux qui ploient sous le vent et le courant ;
Verte promenade, instructive aussi : on a placé des panneaux illustrés racontant la vie du villages au temps médiévaux. Je passe au pied de la haute tour ruinée, près d’une arche de pierre, traverse un grand pré séparant Trim du village de Newtown( détruit depuis)autour de l’Abbaye dont il reste encore de hauts murs percés d’ogives gothiques. Je presse le pas, coupant à travers le pré. A peine suis-je de retour à la voiture qu’un déluge s’abat sur nous. Nous étions habituées au crachin irlandais, aux brèves averses mais pas à une telle violence.
Le retour par Summerhill et Kilcock est court, nous arrivons par l’ouest sur la M4 qui passe tout à côté d’Alensgrove.
La vallée de la Boyne recèle de nombreux sites touristiques. Située à une cinquantaine de km au nord de Dublin. J’ai composé un circuit chargé : 3 tumulus aux environs de Newgrange, deux châteaux Slane et Trim.
Le GPS nous pilote sur l’autoroute M1 jusqu’à Drogheda où nous enjambons la Boyne sur un élégant pont haubané. La N51 passe tout près des sites mégalithiques d’après la carte. Pourtant les panneaux touristiques indiquent « Newgrange par Slane » qui parait illogique d’autant que cela fait longtemps que madame GPS a claironné « vous êtes arrivé » . A défaut de Newgrange, nous trouvons le panneau. Dowth
Nous roulons dans un véritable tunnel de verdure. Un camion de foin a cassé des branches qui jonchent la route. revanche, un panneau indique le mémorial John Boyle O’Reilly qui est un poète (1844-1890), révolutionnaire irlandais, mort aux Etats Unis. On voit le buste. Derrière le grand château la petite église en ruines entourée par le cimetière est sauvegardée par le curé qui lève une donation pour la restauration du site ,
Dowth
Le tumulus est difficile à voir dans le paysage. En C’est une des tombes de passages de la région de Newgrange du Néolithique (-5000ans). Le tumulus est couvert d’herbe, il est creusé d’une sorte de cratère. L’entrée des tombes est protégé par un grillage. Les fouilles ont été commencées en 1847, on n’y a trouvé que peu de choses, elles ont été visitées peut être au temps des Vikings. Il y a peu d’explications, cette légende m’a enchantée :
Entrée du tumulus de Dowth
« Tous les hommes d’Irlande commandés par un roi vinrent construire une tour s’élevant jusqu’au ciel. La sœur du roi fit arrêter secrètement la course du soleil pour que le jour soit sans fin. Comme le temps passait, les Irlandais se rendirent compte qu’ils avaient été trompés. Le sort fut brisé quand le roi et sa sœur couchèrent ensemble. Le travail cessa quand l’obscurité tomba. On dit que Dubdd (obscurité) serait le nom de cette place. «
Des pierres décorées de pétroglyphes entouraient le tumulus. Je suis contente d’avoir trouvé celle qui porte sept soleils. Les pétroglyphes sont souvent décevants et difficile à trouver.
Cette visite solitaire et un peu inattendue me remplit de joie.
Comment mettre en scène la Préhistoire ?
Les sites sont souvent peu spectaculaires et peu lisibles par le profane. Je serais complètement passée à côté du tumulus de Dowth sans les explications. La mise en scène à Newgrange est maximale. Tout d’abord, le site est introuvable, il devrait se trouver avant Slane, près de la rivière non loin de Dowth alors que les panneaux routiers nous dirigent vers Slane puis sur une grande route. Le GPS n’y comprend rien et recalcule. Nous roulons depuis vingt minutes. Arrivés à proximité du Centre des Visiteurs de Brú na Bóinne, les sites sont invisibles !
Et pour cause, les trois tombes de passage Newgrange, Knowth et Dowth sont dans la campagne. Il faut prendre son billet et prendre rendez vous pur les navettes qui nous y conduisent. Le miens est à 13h15 alors que ne me suis présentée à 10h30 à la caisse.
Le Centre des Visiteurs est imaginé sur un plan circulaire : deux galettes de ciment et de verre légèrement décalées. Celle du niveau supérieur contient la billetterie, une salle de projection et les salles d’exposition, elles aussi rondes, sombres et aveugles. Celle du niveau inférieur contient la cafétéria, les toilettes et autres utilités.
Les vitrines illustrent les différents aspects de la vie au Néolithique et le travail des archéologues.
Petite Chronologie de la Préhistoire en Irlande
Les hommes ont colonisé l’Irlande il y a 8000 ans .av. JC
le début de l’agriculture (Néolithique est daté -4000 av JC -3800 av J.C)
. l’âge de bronze 2500 – 700av JC.
Les Celtes s’y installèrent autour de 600av JC.
Une salle s’attache au culte solaire (présumé) et aux figures et symboles des pétroglyphes : spirales, cercles avec ou sans rayons, triangles, diamants, zigzags. Ils sont variés et sophistiqués.
L’édification d’une Tombe de passage est figurée : une énorme pierre glisse sur des rondins tirée par de nombreux hommes.
On explique aussi les méthodes des archéologues : datations au C14confirmée par la dendrochronologie, palynologie, observation des squelettes. Des lésions aux chevilles et aux genoux peuvent être interprétées comme décrivant des postures (accroupi ou assis sur les talons), l’usure des dents, des minuscules particules montrent le régime alimentaire ; Un cas très curieux de trépanation (l’orifice circulaire dans le crâne permettait aux esprits maléfiques de l’échapper), si l’os a repoussé c’est une preuve que la trépanation a été effectuée du vivant du sujet. La plupart des défunts ayant été incinérés, on a retrouvé très peu de squelettes. Les statistiques montrent que l’âge moyen des décès était entre 30 et 35 ans, personne ne dépassait 50ans. Peu de vêtements sont été mis à jour, les preuves indirectes (aiguilles) montrent que les hommes se vêtaient de peaux de bêtes.
Des vitrines mettent en scène la vie quotidienne : dans l’une d’elle on voit les arcs avec pointes de silex et pennes de corbeaux. Dans une autre, on a reconstitué avec les bruitages la vie dans une hutte. Une maquette représente le village et la Boyne qui a attiré les hommes sur ses berges. Sur la maquette en vue aérienne on voit les nombreuses structures circulaires : tumulus en relief mais aussi traces des pieux des cabanes et enclos des animaux. L’agriculteur néolithique semble être un homme proche de nous (ou plutôt de la génération de nos grands parents, encore proche de la terre.
Vidéo
Pas de reconstitution redondante, c’est un document astronomique qui tente de démontrer le rôle du ciel dans l’orientation des tombes de passage. Les observations astronomiques d’époque seraient très précises : ils ont été capables d’orienter la chambre de telle façon que le soleil pénètre précisément dans le couloir pour illuminer les chambres. On imagine un culte solaire. On suppose que la lumière pouvait régénérer l’âme des défunts. On imagine aussi des processions aux équinoxes et aux solstices, des feux allumés, peut être ? Le solstice d’hiver est l’occasion de visites exceptionnelles à Newgrange pour voir le phénomène d’illumination de la chambre.
Visite de Newgrange
Pétroglyphes à l’entrée du tumulus de Newgrange
Les navettes partent de l’autre côté de la Boyne qu’on passe sans s’en rendre compte. Le parcours est sinueux, il semble qu’on ingénie à égarer le touriste (pour qu’il ne revienne pas seul ?ou pour le désorienter afin qu’il perde conscience du temps et de l’espace et se trouve en conditions pour un parcours initiatique ?). Les petits autobus à allure de jeep roulent sur des routes tout à fait ordinaires le modèle « aventure » fait-il partie de la mise en scène ? Les moins pressés peuvent rentrer à pied – 3 ou 4 km séparent les tumuli du Centre des Visiteurs.
Le tumulus semble tout neuf avec sa pelouse aussi bien tondue qu’un green, son parement de quartz blanc piqueté de gris, son revêtement de pierres grises alignées tout autour de la base. Tellement propre que suis incrédule. J’aimais mieux le monticule de Dowth qui se fondait dans le paysage. Souvenirs de Gavrinis et de Barnenez.
Le site a été découvert par hasard, intact. Il a été cartographié par Petrie en 1840. Au 20ème siècle deux campagnes de fouilles ont permis de le protéger des visiteurs indélicats qui avaient gravé leur nom et de l’étudier à nouveau. Une restauration trop complète par O’Kelly, donne une impression étrange d’un monument tout neuf, un peu comme celle d’Evans à Cnossos. Il a reconstitué son idée d’une tombe de passage.
Devant l’entrée, un mégalithe est abondamment décoré : 4 spirales d’un côté, 4 de l’autre et des ornements triangulaires ou carrés de part et d’autre d’une ligne arrondie en bas. La conférencière interprète ces symbole comme un plan du site, les ronds seraient les tumulus, les carrés les champs, les vagues en bas, la rivière Boyne.
Interdit de photographier l’intérieur. L’éclairage électrique rassure les claustrophobes mais il est trop intense à mon goût. L’éclairage d’une torche aurait suffi et aurait été plus mystérieux. La mise en scène du rayon lumineux tel qu’il éclaire au solstice d’hiver est impressionnante. Cela tient du miracle : attendre un an un rayon de soleil pour quelques minutes dans un pays si pluvieux que l’Irlande ! A Abou Simbel, cela a plus de chance de se reproduire ! Le couloir est bas mais la chambre ressemble aux tholos mycéniennes et aux maisons beehive de Dingle. Plan cruciforme : sur une dalle un bassin, y déposait-on les cendres d’un seul défunt ou exposait-on les cendres des morts de l’année avant de les inhumer ailleurs ? Beaucoup d’hypothèses, d’incertitudes, de rêve ?
Retour au centre à 15h30. Nous aurions dû arriver à l’ouverture pour visiter aussi Knowth.
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Les parkings saturés modèrent notre enthousiasme. Nous aurions sans doute dû éviter le dimanche. Glendalough est cher aux Irlandais parce que c’est le monastère de St Kevin, fondé au 6ème siècle. C’est un lieu empreint de religiosité : 7 églises, de nombreuses tombes, un pèlerinage…Le site est aussi d’une grande beauté avec ses deux lacs et son torrent dans une vallée encaissée entre des montagnes boisées.
Nous arrivons à l’heure du déjeuner : des cars attendent moteur tournant, des foules se pressent. Nous n’avons rien pour le pique-nique « C’est dimanche, on s’offrira le restaurant ! ». Dans la plupart des sites touristiques, il y a de jolie cafétéria. Ici, non ! Il y a bien un bel hôtel avec un bar. Trop loin pour Dominique qui préfère se contenter de chips. Je m’installe à la table la plus proche du bar et de la caisse, pensant être servie plus vite. Deux Italiennes viennent se joindre à moi, elles sont bavardes comme des pies. Ma soupe n’arrive pas. Quand elle vient, je l’avale brûlante. Ces soupes sont une bénédiction : 5€, servies avec de grosses tartines de beurre, elles réchauffent et calent bien.
la double arche où passaient les pélerins
Au Centre des Visiteurs, projection d’une vidéo sur les monastères et les moines depuis Saint Patrick, jusqu’à l’installation des Normands au 12ème siècle. Les ermitages étaient installés dans des lieux isolés, comme les îles ou les montagnes. Les monastères les plus anciens, très frustes, ressemblaient aux villages fortifiés des Celtes : un enclos protégeant des maisons de pierre ou de bois. Les invasions des Vikings poussèrent les moines à construire ces très hautes tours rondes, tours de guet qui m’avaient étonnée à notre arrivée en Irlande. L’arrivée des Normands changea le style des monastères avec la construction des églises romanes puis gothiques comme dans le reste de l’Europe.
Après le film, toute l’assistance est conviée à une visite guidée. Fiona, la guide, nous conduit avec beaucoup de conviction sur les pas des pèlerins, passant sous la double arche de granite. Nous marchons parmi les tombes vers la haute tour (33m de haut) . La porte d’entrée s’ouvrait à 3m du sol. Cette bizarrerie était un stratagème de défense mais peut être, selon Fiona, un moyen d’alléger la tour. Les moines guettaient les envahisseurs au loin. Ils avaient encore le temps de cacher ou d’enterrer leurs précieux manuscrits. Le cimetière étant encore en fonction, les archéologues n’ont pas encore entrepris de fouilles. Peut être des trésors gisent-ils encore sous nos pieds ?
St Kevin’s kitchen
La Cathédrale est bien ruinée. En 1214, la création du diocèse Glendalough/Dublin a signé le déclin de Glendalough en faveur de la nouvelle capitale de l’Irlande.
La plus jolie église – la mieux préservée – est celle qu’on appelle Saint Kevin’s kitchen. Son nom provient de l’ouverture d’une trappe qui fait penser à une cheminée. Par association cheminée/cuisine….
Une averse s’est abattue lorsque nous étions dans St Kevin. La promenade au lac est compromise. Je retourne en courant au Centre des Visiteurs m’abriter et regarder l’exposition sur Saint Kevin, les manuscrits médiévaux et la maquette du monastère du temps de sa splendeur.
Les plages de sables de Buttas bay à Wicklow
Le parking de Buttas Bay est à l’arrière de la dune. La plage de sable et petits graviers s’étend sur des kilomètres. En face du container jaune et rouge des maîtres-nageurs, il y a quelques baigneurs hardis en maillot de bain. Il fait très beau mais la plupart des familles venues pour le dimanche à la plage sont restés en jeans et manches longues. La construction de château de sable est plus conseillée que la baignade.
Wicklow ruines de la forteresse normande
Près de Wicklow, les plu beaux points de vue sur la falaise sont occupés par les greens d’un golf qui a quand même consenti à installer un petit parking pour que les non-golfeurs puissent voir la mer. Un discret escalier descend à une crique de galets et d’eau cristalline. J’éprouve une furieuse envie de me baigner, oubliant la fraîcheur.
Un château normand a été édifié sur une place-forte viking à l’entrée de Wicklow. Détruit en 1640. Quelques pans de murs restent de l’ancienne forteresse. Des canons beaucoup plus récents gardent la place.
Wiclow
Le port de pêche de Wicklow est abrité dans l’estuaire de la petite rivière enjambée par un pont de pierre.
Autoroute jusqu’à Enniskerry on arrive à un village très touristique (beaucoup de B&B). Le château de Powerscourt est bien indiqué. On passe d’abord devant un golf magnifique et on arrive au château gris 17ème siècle ayant appartenu à la famille Wingfield de 1603 à 1961. Château gris par jour gris, un peu sévère, ennuyeux ? Le parc est un enchantement. Le site est exceptionnel : relief escarpé face à une montagne pittoresque Great Sugar Loaf (504m) au sommet pointu, présence d’eau vive ou captée dans des ruisseaux, bassins et jets d’eau.
Sur la terrasse, une roseraie voisine avec le « jardin dans les murs » où une allée fleurie est « la plus grand platebande d’Irlande (déjà celle de Kylemore Abbey avait cette prétention). Dans les serres proches du parking, on vend les semences et les plants de l’allée fleurie. Les noms figurent sur des étiquettes pour que les visiteurs intéressés puissent les acheter.
J’ai enfin pu identifier Lysimachia punctata dont les fleurs jaunes m’avaient intriguée. L’eupatoire trouve sa place auprès des fleurs plus aristocratiques.
Passant les grilles dorées se mêlent les motifs de roses, de chardons, de trèfles symbolisant l’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande, on trouve un bassin entouré d’arbres magnifiques. Une introduction à la promenade dans une zone plus escarpée plantée d’azalées et de rhododendrons. Pour que la promenade soit fleurie en toute saison, ici et là, on a mis des massifs de rosiers odorants. On arrive ensuite au cimetière des animaux. Les stèles ont été érigées du début du 20ème siècle jusqu’à récemment. Le Lac du Triton s’inspirant de la fontaine Barberini de Rome, est dans l’axe de l’escalier majestueux qui descend de la terrasse du château. Je remonte sur l’autre versant en passant par le Jardin japonais et la Vallée de la Tour.
Depuis le début du séjour en Irlande, nous avons visité plusieurs jardins remarquables. Powerscourt n’est donc pas une surprise. Ce qui le distingue, c’est sa situation géographique et la taille de ses arbres qui sont des géants. Peut être est-ce parce qu’il est le plus ancien ?
On termine par la boutique – un véritable supermarché de luxe. Le rayon alimentation est très appétissant. Les tissages d’Avoca sont très beaux mais les prix inabordables. Il y a aussi un superbe salon de thé. Dans les toilettes, une affiche propose des cours de yoga dans les jardins. Il semble que Powerscourt ait une vocation commerciale très développée. Un hôtel de luxe grand standing se cache un peu plus loin. A Dublin, une annexe de la boutique vend les mêmes produits.
roseraie
La route traverse des collines particulièrement vallonnée – les montagnes de Wicklow culminant à 945m, protégées par un parc National. C’est le domaine des vélos de montagne. Aujourd’hui, dimanche, il y a beaucoup de monde. Personne n’a été découragé par la pluie, ni les golfeurs, ni les cyclistes, ni les randonneurs ou piqueniqueurs. Les nuages accumulés sur les sommets nous font renoncer à un détour par le point de vue de Sally Gap. Des écriteaux signalent des trails cinématographiques : les tournages d’Excalibur et de Michael Collins ont eu lieu non loin.
A l’ Office de Tourisme, en face de Trinity College, je prends un plan.
La Banque d’Irlande occupe un angle, encore une colonnade !
Je traverse la Liffey pour voir le Monument de Daniel O’Connell et remonte la grande rue O’Connell.
Arrêt à la Poste : on célèbre cette année le centenaire du soulèvement de 1916 qui débuta précisément à cette Poste centrale. Une exposition célèbre les révolutionnaires de 1916. Je suis trop ignorante pour m’y intéresser dans le détail.
Au milieu de cette rue, une sorte d’aiguille est plantée : cône très haut, très fin, très moderne, froid dont je ne saisis pas la symbolique.
Je traverse la rue pour buter dans James Joyce de bronze, sortant de son pub favori. Ulysses est dans ma liseuse, il faudra que je me décide à le lire. Une Librairie a pour enseigne ce titre : Ulysses, rare books, et en vitrine, un exemplaire d’époque et de très beaux livres anciens.
Je parcours la Talbot St. bordée de commerces variés peu touristiques, coupe sans m’en rendre compte James Joyce St. et arrive à Connolly Station. Des ponts ferroviaires enjambent les rues. A un carrefour, un globe de fils barbelés entourant un cylindre comme une bougie, est le Amnesty Candle.
Vers les Docks
J’arrive à la Liffey non loin de la grande maison des douanes (1781) . Lui tournant le dos j’ai une vision très contemporaine des Docks. Les passerelles élégantes sont 21ème siècle(sur mon plan les dates de construction sont 2005 et 2009. Encadré par des immeubles de verre un peu bizarres, je devine les mâts de Jeanie Johnston Famine ship. Plus près Le Monument de la Famine (1997) par Rowan Gillespie est installé sur le lieu d’où est parti le premier voyage de la Perseverance en 1846.
Monument de la Famine
De l’autre côté de la rivière, sur Moss str., puis Shaw Str. Je voulais continuer le pèlerinage littéraire au 21 Westland Row chez Oscar Wilde. Mais je m’égare, me retrouve sur Grafton str. piétonnière avec boutiques et cafés pour enfin trouver Kildare Str. Où se trouve le Musée d’Archéologie.
Alensgrove est situé en face des installations de Hewlett Packard : le bus 66b relie le centre de Dublin toutes les heures. Le smartphone, décidément très efficace, m’indique en plus de la météo les heures de passage de l’autobus. Malheureusement sans Wifi cela ne marchera pas pour le retour.
7h55 le bus est ponctuel (forcément puisque c’est le terminus), le chauffeur très cordial. Le ticket 3€30 mais il faut faire l’appoint. Je m’installe sur l’impériale pour profiter du paysage. L’autobus traverse de jolis villages pimpants : Leixlip, jolie église avec un clocher carré et pubs fleuris, Lucan, puis il suit la Vallée de la Liffey .
8h40, je descends à Merrion Square : le jardin est fermé mais Merrion Square est construit de sévères maisons de briques géorgiennes avec les portes laquées que tout le monde connait. Par Clare St. et Nassau, je trouve Trinity College.
Book of Kells
Chi Rho
Pressée d’arriver à l’exposition du Book of Kells avant la foule (on recommande de s’inscrire par Internet, mais c’est beaucoup plus cher). Cette exposition « Turning Darkness into Light » est construite autour des manuscrits précieux, le Book of Kells,Book of Dima, Book of Mullings, et Book of Armagh. De grands panneaux lumineux magnifient les enluminures, les expliquent. Des sacoches de cuir éthiopiennes trouvées au Monastère Souriani en Egypte en 1837 servaient à transporter des évangiles, ou psautiers portatifs. Les pierres oghamiques sont présentées avec les correspondances entre l’alphabet latin et les 20 lettres gravées par des séries d’encoches (consonnes) et points (voyelles). La salle suivante est dédiée aux techniques de calligraphie : dessins des lettrines ou des expressions récurrentes comme « dicebat ». On signalait une erreur de copie par des croix rouges. Dans des coupelles on peut voir les pigments utilisés alors. Pour le noir, la galle de feuilles de chêne, le noir de fumée ou le charbon liés avec de la résine de gomme d’acacia. La couleur la plus rare, l’azurite venait d’Afghanistan. On s’intéresse aussi au travail du scribe. Deux poèmes composés par un mine irlandais à Sankt Gallen en Suisse au 9ème siècle, peu de temps après la copie des livres présentés ici.
I and Pangur Ban my cat, ‘Tis a like task we are at: Hunting mice is his delight, Hunting words I sit all night.
Better far than praise of men ‘Tis to sit with book and pen; Pangur bears me no ill-will, He too plies his simple skill.
‘Tis a merry task to see At our tasks how glad are we, When at home we sit and find Entertainment to our mind.
Oftentimes a mouse will stray In the hero Pangur’s way; Oftentimes my keen thought set Takes a meaning in its net.
‘Gainst the wall he sets his eye Full and fierce and sharp and sly; ‘Gainst the wall of knowledge I All my little wisdom try.
When a mouse darts from its den, O how glad is Pangur then! O what gladness do I prove When I solve the doubts I love!
So in peace our task we ply, Pangur Ban, my cat, and I; In our arts we find our bliss, I have mine and he has his.
Practice every day has made Pangur perfect in his trade; I get wisdom day and night Turning darkness into light.
I and Pangur Ban my cat,
‘Tis a like task we are at:
Hunting mice is his delight,
Hunting words I sit all night.
Better far than praise of men
‘Tis to sit with book and pen;
Pangur bears me no ill-will,
He too plies his simple skill.
‘Tis a merry task to see
At our tasks how glad are we,
When at home we sit and find
Entertainment to our mind.
Oftentimes a mouse will stray
In the hero Pangur’s way;
Oftentimes my keen thought set
Takes a meaning in its net.
‘Gainst the wall he sets his eye
Full and fierce and sharp and sly;
‘Gainst the wall of knowledge I
All my little wisdom try.
When a mouse darts from its den,
O how glad is Pangur then!
O what gladness do I prove
When I solve the doubts I love!
So in peace our task we ply,
Pangur Ban, my cat, and I;
In our arts we find our bliss,
I have mine and he has his.
Practice every day has made
Pangur perfect in his trade;
I get wisdom day and night
Turning darkness into light.
The scribe
A hedge of trees surrounds me
A blackbird sings sweetly
Above my well-ruled book
The birds sing far and wide
En green cloak of leafy branches
The cuckoo sings her lovely chant
Protect me, Lord, on Judgment Day
Happily I write beneath the trees
Au milieu de la salle, deux pages agrandies : le Portrait de Saint Jean, et page Chi Ro, présentées dans le détail. Cette dernière fourmille de détails animaliers amusants : deux souris se partage nt une hostie sous la surveillance de deux chat, un rat tient un poisson (symbole christique) dans sa guele, des serpents enlacés…
Après cette introduction, j’entre dans la salle obscure où le Book of Kells est ouvert dans une vitrine. Les motifs sont petits, les textes difficiles à déchiffrer.
La vieille Librairie
la vieille Librairie
J’arrive dans la vieille librairie The Long Room. Jusqu’en 1801, d’après le Copyright Act, tout livre publié dans les deux îles devait avoir un exemplaire déposé ici. Les livres sont rangés sur deux étages selon un curieux classement : les gros et lourds dans les étagères du bas, les petits en haut. Je reconnais Platon, Démosthène, Cicéron mais aussi Swift, Locke, Bacon Milton et Newton parmi les bustes de marbre alignés.
Trinity College
La première cour, assez moderne, communique avec une grande cour pavée bordée de trois bâtiments de pierre grise symétriques, précédés chacun d’une colonnade corinthienne soutenant un fronton triangulaire. Au milieu de la cour, un clocheton évidé comme une arche de triomphe. Qui est donc ce Lecky assis sur un trône ? Un historien, me répond wikipedia.
Derrière le clocheton la cour est plantée de pelouses portant des arbres magnifiques, les plus grands et les plus beaux érables d’Europe selon l’étudiant qui guide un groupe de touristes. Avant que la pelouse ne soit installée, il y avait un cimetière monastique qui a enrichi en nutriment la terre. La proximité de la Liffey fournit l’humidité nécessaire. Les bâtiments, en abritant les arbres, leur donnent un microclimat favorable contribuant à leur croissance. Ces derniers pompent l’humidité qui serait néfaste à la conservation des livres précieux. L’architecte qui a conçu la bibliothèque a eu l’idée de l’installer à l’étage. Les rez de chaussée ayant a fonction de l’isoler de l’humidité.
Les bâtiments de briques rouges, 16ème siècle, sont restés en l’état. Les étudiants qui l’occupent n’ont pas l’eau courante. L’étudiant qui sert de guide, est en short mais il pote une « mini-toge », un pan court lui descend dans le dos tandis que deux bandes de satin noir flottent sur la poitrine.
Quand Babelio a proposé de « lire toute la rentrée littéraire 2016 », j’ai choisi Anna qui cadrait avec le thème du Mois Italien d’Eimelledu 1er Octobre : un livre paru en 2016 et aussi parce qu’il se passait en Sicile. Je ne me suis pas inquiétée du thème post-apocalyptique. les romans apocalyptiques, ou la science-fiction ne sont guère à mon goût (sauf chef-d’oeuvre, on ne sait jamais). J’ai lu deux ouvrages de Niccolo Ammaniti : Emmène moi que j’ai bien aimé et La Fête du siècle, moyennement.
Anna raconte la survie des enfants après qu’une épidémie – La Rouge – ait éradiqué tous les adultes. Pour des raisons hormonales, les enfants en sont indemnes, la maladie ne se déclarera qu’à la puberté. La mère d’Anna lui a laissé un Cahier des Choses Importantes, sorte de manuel de survie et la responsabilité de son petit frère à qui elle devra apprendre à lire et léguer le Cahier en espérant que d’ici -là, un vaccin ou un remède leur permettra de survivre.
La Sicile se trouve donc peuplée uniquement d’enfants plus ou moins sauvages, de chiens en bandes. Les enfants trouvent leur survie dans des centres commerciaux ravagés et pillés. Ils se nourrissent de boîtes de conserves. Ils s’organisent en bandes, inventent des rituels étranges pour conjurer la menace. Omniprésence de la mort, ossements, cadavres, charognes. Meme dans la Préhistoire la plus anciennes, les humains enterraient leurs morts. Pas ici. On trouve des cadavres dans des voitures abandonnées, dans des maisons.
Atmosphère de violences, de destructions, de brutalités, affrontement entre les enfants, affrontement entre enfants et chiens.
J’ai failli abandonner très vite cette lecture. Puis je me suis attachée à Anna, à son énergie de vivre, même dans cet enfer, à son projet de sauver son petit frère, à son désir de vivre pleinement le temps court qu’il lui est imparti de vivre, à vivre un amour…vivre malgré tout.