Djerba : Erryadh et Guellala

CARNET DJERBA ET SUD TUNISIEN 

puits djerbien
puits djerbien

MBarka est guide touristique depuis une vingtaine d’année. Elle nous montre l’architecture djerbienne : Houchs et Menzels.  Arrêt-photo au puits aux montants verticaux. Certains puits sont abandonnés, d’autres, électrifiés servent encore à l’irrigation. Il pleut très peu à Djerba, la nappe phréatique est saumâtre. Les Djerbiens récupèrent les eaux de pluie dans des citernes.  Pendant le repas de midi, une averse d’ un quart d’heure fut la bienvenue mais elle a peine mouillé la végétation.

greniers
greniers

Nous descendons de voiture visiter un menzel. La propriétaire nous rejoint, impression d’exploration. Un peu plus loin, nous remarquons un bâtiment bas à moitié écroulé avec de belles arches de pierre qui soutiennent le toit. C’était un grenier où on entreposait l’huile, les olives et le grain dans des jarres. Ici aussi, le propriétaire accourt. MBarka s’extasie sur la qualité du bâti et l’enjoint de ne pas laisser s’écrouler le bâtiment déjà bien délabré. Le monsieur revient avec des ferronneries d’art qu’il fabrique chez lui : grillages fantaisie, boîtes à lettres, cages à oiseaux. Il m’offre un échantillon. Sa femme nous rejoint avec une navette cassée : le vieux bâtiment abritait aussi un atelier de tissage. C’est un couple de professeur de science, lui enseigne la physique, elle SVT. On échange les emails.  Ils viennent d’acheter la maison de ciment. Restaurer la ruine coûte cher.

Erriadh

la Ghriba
la Ghriba

Je tiens à visiter la synagogue de la Ghriba, une des plus anciennes au monde datant de la destruction du Temple. Le monument est récent mais sa valeur sentimentale est inestimable. Depuis l’attentat de 2002, des militaires montent la garde. Vendredi après midi, elle est fermée aux visiteurs à 15h. MBarka propose de revenir le dimanche 4 janvier avant de prendre l’avion.

Street art : mobylette
Street art : mobylette

Le village d’Errhiad est le théâtre d’une manifestation de Street Art. Des grapheurs de toute origine et de styles différents ont décoré les murs du village. Pieuvre géante dans cette île, motocyclettes…

 Street Art porte
Street Art porte

C’est bien fait, certains mettent en valeur un  élément architectural, une porte, une boutique…Le résultat est plaisant mais ne me parle pas autant que les Murales de Sardaigne qui avaient un contenu  politique ou sociologique. Les cavaliers en arme et armure, ocre, un peu ternes m’ont parlé d’Hannibal, des Romains ou peut être des chevaliers normands ou croisés, eux m’ont parlé !

street art cavaliers
street art cavaliers

Nous entrons dans une bijouterie. Dans les vitrines des parures de mariages authentiques. Le bijoutier le dit lui-même « ce n’est pas de l’or pur mais du métal doré » Heureusement elles  seraient tellement lourdes ! MBarka m’entraine chez le tisserand qui tisse le tissu traditionnel. Sur de petites bobines est enroulé du fil doré qu’il mêle au rouge et au bleu. Plus loin, les couturières cousent le tissu djerbien blanc à bandes rouges. Elles vendent aussi des robes et des tuniques rebrodées de grosses fleurs. Je demande : « qui porte ces habits traditionnels ? » Tout le monde protestent-elles en chœur ! Nous en verrons plus tard de ces dames chapeautées de aille dans ces tissus blancs.

Il y a aussi à Errhiadh des galeries d’art très chics qui exposent des céramiques d’artistes, des cuirs et des objets design.

Guellala

jarres
jarres

Le soleil descend vite. Nous sommes pressées d’arriver à Guellala, le village des potiers. Partout des jarres énormes : par terre, coiffant les murs, les toits, incluses dans la maçonnerie. Nous visitons l’atelier d’un potier qui est à moitié sous terre. Il fait maintenant presque noir et j’ai bien du mal à photographier le tour et les magasins. MBarka m’entraîne aussi dans un magasin où des objets de très belle facture sont vendus. Je retrouve les assiettes et les plats de son service à motifs bleus avec des poissons. J’achète un plat allongé avec ce même motif.

mariage djerbien : musée de Guellala
mariage djerbien : musée de Guellala

Nous arrivons au Musée de Guellala à la tombée de la nuit. Le musée domine l’île, il est construit sur son point culminant (52m) le ciel prend des lueurs violettes et se reflète dans la mer proche. Le musée est encore ouvert mais nous parcourons les salles au pas de course. Dommage, il aurait fallu prendre le temps de regarder les détails, de noter les curiosités, les traditions, décrire les costumes des noces. Le mariage djerbien est décrit dans ses différentes étapes de la préparation de la mariée à la cérémonie et à la fête…On voit aussi un petit dromadaire tourner autour du pressoir à olive dans une huilerie souterraine. D’autes maisons montrent la vie des pêcheurs… mais le temps presse. Maintenant il fait nuit.

Dans la nuit, MBarka ne voit pas tous les ralentisseurs et sa Renault saute dans les cahots. La conduite en Tunisie à la tombée de la nuit n’est  pas de tout repos. Les vélos ne sont pas éclairés, les mobylettes roulent à contre-sens, les priorités sont aléatoires…il semble que tout le monde ait attendu 6heures pour sortir dans la rue, à pied ou véhiculé !

Arrivée à Djerba

CARNET : DJERBA ET  SUD TUNISIEN

 

de l'avion, arrivée sur Djerba
de l’avion, arrivée sur Djerba

Départ mouvementé

Le taxi nous a fait faux-bond , arrivé une demi-heure en retard après nombreux coups de téléphone. Première angoisse. Au contrôle de sécurité, la policière examine avec une lenteur extrême et une méticulosité provocatrice la « samaritaine ». Deuxième énervement. Au Duty Free, encore une employée qui ferme soigneusement, plie la facturette consciencieusement alors  que l’avion s’envole dans vingt minutes.

En vol

Oliviers, palmiers et menzel
Oliviers, palmiers et menzel

L’avion vole au dessus des nuages, je dors presque deux heures et me réveille au dessus de la mer. La Tunisie apparaît enfin, brune piquetée de vergers en tenue hivernale, parcelles géométriques qui se surimposent aux courbes de niveau, couturée d’une cicatrice ondulante d’une montagne aride.

A l’arrivée sur Djerba, une langue de sable s’étire dans l’eau. Non loin, un port est protégé dans un polygone de jetées. Sur terre, des constructions blanches se détachent sur la terre brune, quadrilatères avec parfois le minaret blanc d’une mosquée.

Houmt souk

Samiha et le chauffeur de l’Agence Djerba-autrement nous attendent. Comme avec Sonia, le contact est chaleureux et facile. Nous traversons Houmt Souk : des maisons blanches  basses dispersées dans la campagne, ronds- points, banques, quelques grands magasins. Ce qui frappe désagréablement ce sont les ordures dispersées, les poubelles renversées, des tas brûlés, d’autres pas. » Le problème des ordures est politique » affirme le chauffeur sans explications.

La maison de MBarka

la maison de MBarka
la maison de MBarka

Nous quittons la ville sans nous en rendre compte et arrivons chez MBarka. La grande maison carrée domine un jardin soigné au sol soigneusement ratissé, aux oliviers et arbres fruitiers florissants. Notre chambre se trouve à l’étage dans un grand appartement de trois chambres, grande salle,  vaste cuisine et terrasses. La famille Saïdi vit au rez de chaussée.

Avant le déjeuner, petit tour dans la campagne jusqu’à la petite mosquée El Gallel en traversant les olivaies. Diverses constructions neuve se trouvent dans des états de finitions diverses : l’épicerie en briques rouge a une allure modeste tandis que la villa de l’autre côté de la route est précédée d’un fronton à colonnade hellénistique. Nous marchons sur des tessons, débris de jarres ou de briques. Le minaret de la mosquée El Gallel  est surmonté d’un édicule rond évidé d’arcades  où sont situés les hauts parleurs qui nous réveillerons demain à 5h55.Je tente de dessiner les volumes compliqués, escaliers et contreforts adossés au mur blanc, encadrés par les feuillages argentés des oliviers et les pointes bleues des agaves.

Déjeuner sur la terrasse

couscous poisson!
couscous poisson!

MBarka nous a invitées à déjeuner. Dans sa cuisine mijotent un couscous-poisson, la chorba et les poulpes aux petits pois du diner. La salade est déjà prête dans un grand plat creux. Olives et huiles sont les produits du jardin ; la cueillette à la main est terminée. On ne gaule pas ni ne secoue les branches. Cela les abime. Les petites olives trempent dans la saumure, d’ici quelques jours on les changera de bain et on ajoutera le citron. Des piments fins et longs marinent avec le citron. MBarka fend 5 piments frais et les fourre de sel sans les égrener et les plonge ans l’huile afin de décorer avec le persil  le plat de couscous très jaune. Les poissons sont servis à part en tronçons et recouverts de persil.  La table est dressée sur la terrasse : belle nappe bleue, vaisselle de faïence bleue aux motifs de poissons.  Le repas est familial. Salah  va chercher une carte, nous indique la Chaussée romaine pour nous épargner l’attente du bac d’Ajim.  Oumeïma (17 ans) apporte son ordinateur, on navigue dans mon blog. Nous resterions ici à bavarder jusqu’au soir si MBarka ne remarquait pas que l’heure tourne et que l’après midi de visite sera courte.

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Haïtiens au Grand Palais

LE MONDE EN EXPOS

exposition temporaire jusqu’au 15 février Grand Palais 

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Le Grand Palais nous offre de bien belles expositions, celle-ci est un peu boudée du public si on compare la longueur des queues (à 9h45 nous étions 3 à attendre l’ouverture des portes à 10h) et c’est bien dommage!

Bernard Séjourné : la Missive
Bernard Séjourné : la Missive

Venue avec des préjugés, je pensais voir des peintures naïves, les destructions du séisme…

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.Et j’ai été étonnée par la diversité des styles, des genres, des matières et des inspirations. Étonnée aussi dans la durée.

Wilson Bigaud - Paradis terrestre
Wilson Bigaud – Paradis terrestre

L’histoire de Haïti c’est aussi Toussaint Louverture, la révolution que Victor Hugo a évoqué dans Bug-Jargal que j’ai lu il y a peu.

Toussaint Louverture
Toussaint Louverture

C’est aussi le Vaudou mais pas que, syncrétisme et christianisme, franc-maçonnerie aussi.

Divinités vaudou
Divinités vaudou inspiration africaine

 

Bosou et Legba Dubreus L'herisson
Bosou et Legba  « haute couture » Dubreus L’herisson

Naïf et franc maçon:

Funérailles maçonniques : Sénèque Obin
Funérailles maçonniques : Sénèque Obin

 

panneau de perles brodées
Chrétien? ce panneau de perles brodées

Et pour terminer Basquiat!

Basquiat : King of the zulus
Basquiat : King of the zulus

 

 

jardin exotique de Roscoff

 RETOUR A ROSCOFF 2014

jardin exotique de Roscoff
jardin exotique de Roscoff

Sous un beau soleil, nous terminons les vacances au jardin exotique de Roscoff situé juste derrière la marina du port des Bloscons.

Ce jardin a commencé par l’acquisition d’un rocher monumental,  les collections sont venues ensuite.

le rocher
le rocher

Nous sommes conviés à un voyage dans l’hémisphère sud : plantes d’Afrique du sud, de l’Australie, du Chili…Les plantes sont belles, mais tellement exotiques que je n’essaie même pas de mémoriser les noms. Je passe devant ébahie par les formes et les couleurs. Il me faut photographier le panneau pour identifier la plante. Des parcours sont fléchés entre les bosquets,  autour du grand rocher, vers une serre de succulentes, autour d’une pièce d’eau ornée d’animaux en mosaïques.

Ceci n'est pas un chou!
Ceci n’est pas un chou!

Sur des ardoises, des poèmes, des citations du Petit Prince, de Cioran aussi.

Les panneaux explicatifs nous emmènent à la suite des explorateurs, des botanistes, des connus comme Cook ou Bougainville mais d’autres inconnus. Je découvre la première femme à avoir fait le tour du monde Jeanne Barret qui accompagna Commerson, moins connu le breton Glaziou qui fonda un jardin pour l’Empereur de Brésil et professa des idées universalistes, Labillardère qui rapporta en Europe l’Eucalyptus en Tasmanie en 1792, Frazier qui rapporta du Chili des plants de fraisiers. Après plus d’une heure de déambulation, je quitte le jardin sans avoir tout vu. J’aurais dû apporter mon cahier.

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Comme dans les musées, on sort par la boutique. Ce n’est pas une boutique de souvenirs mais des étals de plants. Les prix sont vraiment plus que raisonnables. J’aurais tout acheté : des pélargoniums ou géraniums de collection , des petits grenadiers, des aloès… Les conditions de culture et les exigences de température sont très bien expliqués. De nombreuse plantes ne craignent pas le gel.

Douiret : nous logeons dans un ksar!

CARNET DJERBA ET SUD TUNISIEN

15h, nous approchons de Douiret dasn un décor de western avec des montagnes tabulaires où se détachent les bancs de roche plus compacte, agrémentés de quelques palmiers. Sous la pluie Douiret est désert. Deux femmes en costume rouge enveloppées de leur vaste châle blanc à rayures colorées, quatre hommes dans leur burnous montent sur une piste vers le ksar.

Nous aboutissons sur une plateforme sous les ruines. Aucune indication. Ici aussi pas de réseau Orange. Je continue à pied. Au tournant je découvre une maison, une porte ouverte et trois femmes. Latifa nous attendait.

 

10Elle nous conduit à un escalier qui grimpe à une terrasse. Notre chambre est dans le ksar. C’est une suite troglodyte composée d’une grande chambre avec deux lits et d’une petite avec un grand lit. Nous choisissons cette dernière éloignée de la porte et bien chaude. Des couvertures mousseuses, épaisses et fleuries recouvrent les lits. On en met une deuxième sur le nôtre. Pas de chauffage dans les chambres troglodytes, c’est inutile !Nous avons même eu trop chaud pendant la nuit et j’ai enlevé mes chaussettes de nuit et le châle indien que j’enroule pour dormir depuis Gabès. Pourtant dehors il gèle presque. On grelottait dans la salle à manger en parka. J’ai alors remarqué la pierre de taille : la salle à manger est ajoutée et non creusée dans la roche.

Deux thèses s’affrontent à propos de ces habitations troglodytiques. Selon l’une, les Berbères  s’y enfermaient pour résister aux nombreux envahisseurs, Romains, Vandales, Byzantins, Arabes, Ottomans… Selon Patrick, ce n’est pas une stratégie défensive mais plutôt une excellente adaptation des Berbères à un climat particulièrement contrasté, glacial l’hiver et torride l’été. Il me revient à la mémoire la visite à l’Albaicin à Grenade.

Le dîner est simple et revigorant : chorba piquante à souhait, brick à l’œuf exquis, léger, couscous pimenté mais carottes et navets éteignent le feu de la harissa, j’ai pris du piment vert très fort par erreur.

Latifa arrive après le dîner avec le thé et des cornes de gazelle (invention de Tataouine, rien à voir avec les cornes de gazelles marocaines qui sont sablées, celles du sud-tunisien sont frites et dégoulinantes de miel, fourrées aux amandes, dattes et sésame).

Latifa nous parle de l’Association qui rénove le village en partenariat avec des associations étrangères italiennes, espagnoles et françaises. En plus du projet d’hôtellerie et de la restauration de l’ancien village ruiné, il y a l’irrigation grâce à une pompe solaire (aide espagnole), une bibliothèque et de l’aide à la scolarisation des enfants orphelins ou démunis(France) . L‘association bénéficie aussi de subventions de l’Etat. Elle compte 10 permanents : 8 hommes et 2 femmes (Latifa et sa sœur). En 1985 les villageois ont quitté l’ancien village. 1986, création de l’Association. Il a fallu d’abord obtenir l’accord de tous les propriétaires. Les gens du village s’emploient à la restauration. Pour ne pas commettre d’erreur il faut connaître la culture berbère et employer des matériaux et des techniques traditionnels.

De Dossen à Moguieriec

RETOUR A ROSCOFF (2014)

 

Le pont
Le pont sur l’Horn

 

Cet itinéraire combine les promenades 7 et 6 de la brochure de l’Office de Tourisme et la longueur annoncée est environ 10km – d’expérience les trajets sont plus longs que prévus !

foret de Santec parc de statues
foret de Santec parc de statues

Du parking proche du camping des dunes et de l’école de voile, je trouve le GR qui se confond avec le parcours sportif qui traverse la forêt domaniale de Santec. Malgré ce nom forestier, le parcours est aménagé dans une grande trouée, une sorte de coupe feu occupé par une verte pelouse. C’est au début une sorte de parc de sculpture en granite rose : agrès où œuvre contemporaine ? Un cercle évidé, un triangle creux également un portique, deux autres stèles semblent plus « artistiques ». Pourtant  j’apprécie les parcs de sculptures, celui-ci est vraiment basique.

 

 

Un petit kilomètre plus loin j’atteins l’estuaire de l’Horn. La carte ainsi que « passage submergé à marée haute » et « pont glissant » rien de rassurant ! Un itinéraire est prévu pour passer l’Horn au Pont Bihan. Avant d’emprunter ce dernier, je vais jeter un coup d’œil au pont. Malgré la haute mer, il est tout à fait possible de l’emprunter ; large de près d’un mètre, il est en ciment, certes mouillé mais tout à fait praticable. J’ai ainsi évité la dérivation qui ait 3km et j’arrive rapidement à Kerbrat où nous avons déjà piqueniqué là où les bords de l’Horn sont une belle plage blanche et où cormorans, aigrettes et mouettes se tiennent sur les rochers et où l’eau cascade joliment.

Kerbrat
Kerbrat

Le sentier court un peu plus haut que le sable au niveau des champs. Dans l’échancrure de l’Horn je distingue des silhouettes poussant des perches – des pêcheurs de crevettes, j’imagine d’abord ; Non ce sont des surfeurs avec une rame ou du paddle. Le sentier contourne la  très mince pointe de Tout en Ouch où un paléosol a livré des objets de l’âge de fer.

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Après la plage du Guillec, je m’engage dans l’estuaire du ruisseau du même nom. Le parcours de la vallée du Guillec est très agréable. Tantôt je longe un vaste estuaire où un beau bateau repose, tantôt je passe dans un véritable tunnel de verdure le long du ruisseau qui se rétrécit pour passer sous le joli pont saint Jacques. Après le pont, un beau manoir, un peu sévère, un moulin en rénovation. Le sentier est moins charmant, c’est un large chemin gravillonné en bordure des cultures, topinambours, choux…

Pont Saint Jacques
Pont Saint Jacques

Le cairn de Barnenez

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Cairn de Barnenez
Cairn de Barnenez

 

Appelé Panthéon mégalithique par Malraux, le cairn de Barnenez a bien failli disparaitre en 1955. Un entrepreneur avait acquis le terrain pour exploiter le cairn comme carrière. Le site est inscrit aux monuments historiques depuis un siècle, il n’était cependant pas classé. Quand les ouvriers ont atteint les chambres funéraires, ils ont hésité, en ont parlé dans un restaurant. Le bruit s’est répandu atteignant les oreilles d’un journaliste de Ouest-France. L’entrepreneur indélicat fut condamné à payer la restauration du site. Les archéologues commencèrent alors une campagne et fouillèrent les couloirs. Quelques rares objets donnèrent des datations au C14 : quelques tessons de céramiques et un petit poignard de cuivre. La rareté des objets tient à la nature acide du sol granitique attaquant la matière organique et aussi probablement à la réutilisation du site, donc à des pillages. On n’a retrouvé que 20g de squelette.

les deux cairns superposés
les deux cairns superposés

4700-4500 avant J.C  pour un premier cairn construit majoritairement en dolérite

4300 av J.C. pour un second adossé au premier plus granitique.

Comment les hommes ont-ils apporté tous ces matériaux ? Ils ont trouvé la dolérite sur place, en revanche les carrières de granite étaient plus éloignées : sur l’île Stierec à 1.3km, jusqu’à l’emplacement actuel de Saint Samson. A l’époque, le niveau de la mer était plus bas et la baie de Morlaix était une plaine. La domestication des animaux n’était pas encore faite : les hommes du Néolithique se sédentarisaient, connaissaient l’élevage, mangeaient les animaux mais ne les faisaient pas travailler. On suppose que les blocs étaient placés sur des rondins et tirés par les hommes, puis débités sur places.

Entrée du couloir qui mène à la chambre
Entrée du couloir qui mène à la chambre

 

11 couloirs menant à une chambre funéraire ronde s’ouvraient face à la baie. Ils furent recouverts d’une énorme quantité de pierres formant des gradins. La guide a comparé cette construction à degrés à la pyramide de Saqqarah. Un seul couloir, le couloir C est ouvert aux visiteurs. C’est celui qui a le plafond le plus haut, les autres de 80cm maximum auraient contraint les touristes à ramper. On les a également fermés pour préserver les gravures.

 

 

 

Il s’agit donc qu’une nécropole. Yves Coppens propose une autre hypothèse : Barnenez serait bien un lieu d’inhumation mais aussi un lieu de pouvoir : le monument de grande taille se voit de loin. Cette hypothèse me rappelle la fonction de certains nuraghe que nous avons visités en Sardaigne, bien que la datation ne soit pas comparable, ni la fonction. Le cairn correspondrait plutôt aux Tombes de Géants.  Tombes collectives ou tombes réservées à une certaine élite ? L’absence d’ossement ne permet pas d’avoir des certitudes.

roscoffdtbarnenez 019 - CopieLes chambres funéraires ne sont pas toutes identiques : certaines rappellent un dolmen ou une allée couverte avec des mégalithes, d’autres sont couvertes de fausses coupoles, genre de tholos. La guide nous montre la technique de l’encorbellement qui a été mise en œuvre pour construire la coupole, utilisant des dalles plates et les superposant en laissant dépasser celle du dessous qui supporte la masse.

En plus de l’intérêt historique, le monument s’inscrit dans un paysage magnifique sur une presqu’île entre Carantec et ses îles portant le Château du Taureau, un phare, l’île Stierec et vers le nord-est, Saint Samson et plus loin Plougasnou. Avec la journée radieuse, nous profitons de la vue.

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Autour du cairn est exposée l’œuvre commune de deux artistes : un photographe Daniel Challe et un graveur Pierre Collin. Le photographe utilisait une chambre noire en bois comme les anciens photographes du 19ème siècle, des plaques argentiques. Le piqué des photos est exceptionnel. Le graveur met en scène le monument et le photographe. Il grave à l’eau-forte puis utilise le pinceau, combinant la lenteur de la gravure à la rapidité du lavis avant que l’encre ne sèche. Cette notion du temps s’inscrit en face du monument comme un marqueur du temps historique.

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Après la visite j’avais prévu de faire le tour de la péninsule sur le GR. Nous sommes restées jusqu’à 11h30 au cairn et il ne reste pas assez de temps avant le pique-nique. Je descend chercher le point de vue à la Pointe de Barnenez, trouve le GR et remonte à regrets, la promenade semble superbe.

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Nous trouvons un banc au dessus de la plage de Saint Samson pour déjeuner et je suis le GR34 vers Terenez.

nous rentrons tôt parce que j’ai envie d’essayer l’aquabike à la piscine de Rocroum puisque qu’une activité est comprise dans le billet d’entrée (15€). Mauvais plan : il aurait fallu s’inscrire à l’avance ; il n’y a que 9 vélos et ils sont réservés. De mauvaise grâce je quitte la piscine de natation pour rejoindre l’autre bassin avec ses bulles, ses jets et les nombreux enfants. Pour nager il faut contourner les baigneurs, éviter ce père de famille qui porte un enfant sur ses épaules et qui tire l’autre, ne pas se cogner dans la petite fille flottant avec deux frites l’enserrant tandis que son grand frère, très fier la suit partout. Il y a beaucoup plus de monde que la semaine dernière. Même pour la douche il faut faire la queue.

journée ensoleillée de Croac’h zu au Port de Porsguen

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Premier jour de franc soleil. Une promenade en bord de mer s’impose.

L’office du tourisme de Plouescat et Cléder, a publié une brochure décrivant le parcours  du sentier côtier, en 9 promenades, mises bout à bout les n° 4 (4km)et la N° 3 ( 6.2km).

Ecume et vent
Ecume et vent

A Cleder, difficile de trouver le Port de Polennou (départ de la 4) , au hasard, nous arrivons à Croac’h Zu ajoutant un bon kilomètre, sinon plus, mais aussi des rochers spectaculaires.  Comme la mer est haute, sous le soleil, les vagues sont éblouissantes. Le vent tire vers le large l’écume de la lame qui vient de se brises sur un rocher.

Four à goémon
Four à goémon

 

 

 

Je passe devant plusieurs fours à goémon :minces tranchées bordées de dalles plates. Sans explication, j’aurais pensé à des vestiges préhistoriques. D’autant plus qu’un fin et haut menhir se dresse non loin du rivage.

 

 

 

 

 

 

rpscoffmppoulfoen 008 - CopieAutre curiosité : les Maisons de Garde des Amiets et de Lavillo, édifiées en  1744 pour émettre des signaux  en cas de navires ennemis, ils n’abritaient que 3 ou 4 guetteurs. Il reste une très belle cheminée. Ces maisonnettes sont très bien situées sur des pointes et s’intègrent dans le décor de chaos rocheux. Après Poulfoën je passe devant des « rochers atypiques » isolés. J’ai cherché sans la trouver la fontaine de Saint Eden. Une belle maison est construite non loin et sur la côte et le entier côtier est dérivé vers l’intérieur sur une route goudronnée dans les maisons du petit village de Menfig construit de très belles maisons de pierre. L’une d’elle a un beau puits dans son jardin.

Menfig ne favorise guère les randonneurs : le GR court sur la route. Mais il y a des bancs de granite pour observer les rochers et les vagues. C’est là que nous mangeons notre salade de pommes de terre, thon anchois et olives avec un kouing amann pour dessert.

A Porsguen, considérant que j’ai assez marché, nous rentrons profiter du soleil sur les  chaises longues sous notre pommier.

de la baie de Kernic à La Maison des Dunes de Keremma

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oiseaux sur l'estran
oiseaux sur l’estran

La météo nous a promis une journée ensoleillée,  pour une journée de randonnée après une journée pluvieuses de correction de copies, hier.

Au carrefour « des oignons » sur la route de Morlaix ,   D10  traversant Sibiril, Plougoulm, Cleder et Plouescat pour rejoindre la baie de Kernic sur un point noté char à voile.

Dès que je découvre le sentier, de mauvais souvenirs me reviennent. Je m’y suis bien enlisée et trempée en prenant des « raccourcis » dans les salicornes et autres halophytes. Surtout ne pas céder à la tentation .  Ne pas quitter d’un cm le GR même si des traces de pas ou de pneus de vélo m’appellent sur l’estran. Le GR court sur une digue surélevée et herbue. Au bout de cinq minutes j’ai les pieds trempés ainsi que le bas du pantalon. Il faut regarder où je mets les pieds, cela glisse terriblement. Lot de consolation : 3 très belles aigrettes s’envolent du ruisseau sous la digue. Elles sont tout près alors qu’il est difficile d’approcher ces oiseaux farouches. A peine 1kilomètre pour arriver à la route au niveau du casino mais cela semble très long. L’arrivée n’est pas plus engageante : des chiens tout proches et très gros, aboient furieusement. Ensuite le GR24 suit la route, encore dans l’herbe sur une levée qui surplombe l’anse. Un très beau bâtiment Brittania m’oblige au détour, il faut marcher sur la D10 très passante.

Dune de Keremma
Dune de Keremma

Le long cordon dunaire de Keremma ferme presque la baie. Le GR traverse le parking du camping Ode Vaz . De là, une route conduit à la dune. Des panneaux conseillent de ne pas quitter le chemin balisé « la dune est fragile, reconstitution d’une dune grise ». Disciplinée je marche sur le parcours balisé sur une herbe très fine rase ou sur une mousse épaisse. C’est doux, très vert. Mais on ne voit pas la mer ! Est-ce marée haute ou basse mer ? Je n’en ai aucune idée. Si au moins l’itinéraire suivait la crête ! Mais « la dune est fragile ! ». Au bout de deux km environ, je me lasse et grimpe la dune pour descendre sur la plage. Je quitte chaussures et chaussettes trempées et marche avec grand plaisir sur le sable fin souple et bien tassé jusqu’à une pointe rocheuse, avec deux rochers ressemblant à deux doigts faisant le V de la victoire. Plus loin dans les rochers des pêcheurs à pied grattouillent.

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Ce serait un bel endroit pour pique-niquer mais nous préférons la Maison des Dunes pensant y trouver des tables. Je remonte en voiture, et nous dépassons la Maison des Dunes et nous retrouvons au village de Goulven. La  Grève de Goulven ressemble un peu à l’anse de Kernic, à marée basse l’eau est très loin, l’estran brille avec de la vase, pas de sable pour déjeuner. Nous poursuivons jusqu’à Plounéour-Trez qui est un charmant village avec son église enclose avec ses deux ossuaire, le monument aux morts, et la grande Mairie aux volets bleus. Je descends visiter l’église (19ème) rien d’extraordinaire, c’est l’ensemble qui est harmonieux, pittoresque, tranquille et si breton.

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons à la Maison des dunes – fermée. Je parcours le GR dans la dune, là où j’étais sur la plage, et sur la plage là où j’étais sur la dune. La chapelle Saint Guevroc  est très simple, assez grande, précédée d’une sorte de stèle cylindrique, très simple sur laquelle on devine un homme, peut être le Christ.

Sur la plage, les promeneurs sont nombreux, familles avec souvent des chiens, des équipements de pêcheurs, cannes et épuisettes…

Excursion en Trégor

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Saint Jean du doigt: enclos paroissial
Saint Jean du doigt: enclos paroissial

 

Saint  Jean du Doigt

Nous arrivons à 10h, à l’heure de la messe, dans ce petit village ramassé autour de son église et son enclos paroissial. Les parkings sont complets, les familles entières se pressent. J’attends stoïque que l’arche de triomphe se dégage pour pendre ma photo. Une charmante fontaine se tient près de l’entrée, deux personnages figurent debout et trois étages d’angelots crachent leur jet par leur bouches rondes, joues rondes et visages arrondis, se pressant en guirlandes.

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L’enclos contient le cimetière actuel avec des tombes très fleuries à une semaine de la Toussaint. Un ossuaire se trouve sur un côté. De l’autre un curieux abri avec un toit très pentu en lauzes, un élégant œil de bœuf et à l’intérieur des boiseries sculptées de motifs naïfs et grotesques. L’église a été ravagée par trois incendies (le dernier en 1955), son clocher carré est sans grâce et l’intérieur assez classique. De beaux vitraux contemporains aux motifs de plomb très légers éclairent l’intérieur. Une dame est très choquée que nous nous dépêchions de sortir avant que ne commence l’office. Au fond une bâtisse imposante avec une tourelle était peut être l’ancien presbytère.

Pour un si petit village, l’enclos est vraiment très grand. » La richesse de Saint Jean du Doigt tient plus à son pèlerinage qu’au lin « peut-on lire sur le cartel émaillé sous le porche. La relique d’une phalange de l’index de Saint Jean Baptiste a donné son nom au village et attirait de nombreux pèlerins.

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Le bar fait aussi épicerie. Il est ouvert le dimanche.

« Le chemin des moulins » fait un petit circuit dans les maisons fleuries. Un ruisseau, mais pas de moulin !

Le sentier côtier de Plougasnou vers Guimaec

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Quelques kilomètres plus loin, une plage rectiligne est bordée par la route. Pour trouver le GR il faut monter vers un parking. Dès que je découvre l’escalier glissant, je retourne chausser les chaussures hautes et prendre le bâton télescopique. L’été est bien fini, il est temps de penser au Goretex et à la cape de pluie !

Le  parcours est très sportif. Le sentier court à mi-pente mais pratiquement jamais à plat. Dès qu’on a descendu la pente pour franchir un petit pont de bois, il faut remonter presque au niveau de la route pour contourner une falaise puis redescendre illico. Le bâton est indispensable : en montée pour me hisser en descente pour m’assurer. Sans lui j’aurais trébuché et glissé. Non seulement c’est du sport mais aussi des montées d’adrénaline. Le paysage est rude : je marche dans les fougères déjà roussies et les ronces. Seules fleurs, les ajoncs bien piquants. En dessous, les vagues s’écrasent sur les rochers bruns.

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moulin de Trobodec

Le paysage est différent de celui du Léon avec ses champs de choux et d’artichauts à perte de vue. Ici c’est plutôt le bocage. Haies vives, châtaigniers, chênes moussus, prés où paissent des vaches noires et blanches. Les légumes se cultivent dans de grandes serres de verre. Il y a bien sûr toujours des artichauts mais dans de plus petites parcelles. Les fermes sont dispersées dans la campagne dans un dédale de petits chemins et d’impasses à l’arrière  des pointes rocheuses.

A Prajou on peut visiter un Musée rural – que nous zappons. Non loin se trouve la petite route du Moulin de Trobodec où nous avons décidé de déjeuner. Un petit parking, une pelouse avec 5 tables à pique-nique en ciment, une stèle commémorative. C’est en effet un lieu de mémoire. En 1944 en relation avec la Résistance on prépara ici le Débarquement allié. Sur la stèle de granite, le drapeau tricolore et le drapeau anglais, croix rouge sur fond blanc. On serait bien assises mais on ne voit pas la mer. Il faudrait descendre sur la plage en contre-bas. Les écoliers de Guimaëc ont rédigé un panneau : un galet retourné, une maison cassée exhortant les touristes à remettre en place les cailloux soulevés pour sauvegarder l’habitat de la petite faune des rochers, ceci dans le cadre des « 1000 gestes pour sauver la planète ».

Le Moulin de Trobodec

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moulin de Trobodec

Encore un lieu de la Résistance.

Le moulin a été restauré en 1989 et semble presque en état de moudre le grain. Sa grande roue est encore là, la rigole par où on peut dériver le ruisseau pour l’actionner est en bon état. Il ne manque que le meunier.

L’endroit est charmant. Les hortensias bleus fleurissent le mur. Un petit pont de boi franchit le ruisseau.

Nous déjeunerons un peu plus loin sur la plage de Poul rodou.  Près du parking, sur la Place Léo Ferré, un sympathique café propose aussi des livres. Café-libraire, voilà qui est bien sympathique surtout sous le patronage de Léo Ferré !

Il reste du pâté aux pommes caramélisées, délicieux avec le pain aux céréales, une salade de courgettes grillées plus méditerranéenne que bretonne et nous terminons classiquement avec des petits babybel et de la crème Montblanc.

De nombreux promeneurs avec du matériel de pêche à pied et de gros chiens noirs vont jusqu’à l’eau, très loin à marée basse. Après le déjeuner je me promène dans les rochers faisant l’inventaire de la faune observable. Sur des rochers noirs, schisteux, se sont installées des moules. Un peu plus loin, les moules sont galeuses le rocher est encroûté de balanes. Les patelles sont aussi très nombreuses les plus petites ont une jolie coquille, les grosses sont recouvertes de balanes. Il y a aussi des bigorneaux et d’autres gastéropodes. Les algues sont très variées. Cette année, pas de marée verte ; les ulves sont rares. Il y a en revanche du goémon, des laminaires et ces jolies algues rouges qui font penser à du corail. Dans les petites flaques la vie semble figée à marée basse, tandis que dans les grandes alimentées par des cours d’eau je vois nager petits poissons de sable et crevettes. Les anémones de mer sont nombreuses mais toutes refermées.

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Il est temps de reprendre le sentier côtier pour rejoindre le Moulin. Moins escarpé par ici avec des passages très humides où les arbres sont moussus et où d’innombrables champignons blanchâtres à la forme de girolles décolorées tapissent le sol.