Hanoi temple de la Littérature, Mausolée de HôChiMinh

CARNET VIETNAMIEN

Hanoï temple de la littérature


Pour aller au Temple de la Littérature, le taxi longe la Citadelle arrive au musée Militaire.  Lénine fait face aux avions américains ! Ironie de l’histoire ! Nous reconnaissons maintenant  le style colonial, le style soviétique.
Nous arrivons au temple de la Littérature, l’allée centrale  part d’une porte historiée à petits toits recourbés pour passer sous un  portique couvert de tuiles laqué de rouge et finalement à un pavillon curieux avec une ouverture ronde et un petit balcon.

Passé le pavillon,  la cour des stèles. Dans tous les monuments d’importance nous retrouvons le même plan : porte-portique-pavillon-cour carrée puis bâtiment principal et cours annexes. Ce qui varie, c’est la disposition des pièces d’eau et les éléments décoratifs.

Nous sommes ici dans une université très ancienne (11ème siècle) Lieu où sont sacralisés le savoir, le droit, la philosophie. Nous avons  visité des lieux analogues : la Sorbonne, Salamanque Coimbra…mais ce temple de la Littérature me paraît plus ancien . Les mandarins lauréats des concours ont l’honneur d’avoir leur nom inscrit sur une stèle de pierre. Mémoire éternelle que celle de la pierre portée par une tortue. Cette haute marque de civilisation m’impressionne.
Au fond d’une cour plus vaste, le temple dédié à Confucius et à des Lettrés.

Temple de littérature: les tortues qui portent les stèles

Dans une dernière cour, des salles de réunions modernes. L’une est un salon de musique. Nous y assistons à un concert. Monocorde, percussion, un curieux grelot en forme de bouton de lotus avec des clochettes, un xylophone en tubes de bambou. C’est sans prétention et charmant.

musique traditionnelle

La perte du carnet moleskine se fait sentir. Il  ne pleut pas. Nous avons tout notre temps. J’aurais pu dessiner à loisir. J’utilise les pages de note du guide Évasion pour dessiner le curieux pavillon. Pour ne pas regretter trop mes croquis je me persuade que leur fonction essentielle est de me guider dans mes observations. Prendre le temps d’observer. Le résultat de toutes les façons n’est pas à la hauteur.

Ce dimanche matin, en plus des touristes, il y a  des jeunes en chemise blanche et foulard rouge, des pionniers peut être. Le chef passe beaucoup de temps à les faire ranger et aligner par ordre de taille. Ils nous succèdent au concert.
En route vers la Pagode au Pilier Unique nous passons chez un photographe pour faire transférer les photos sur CD ROM et faire les tirages. Comme il y a plus de 300 photos on me demande un acompte de 700 000dongs .

mausolée Ho Chi Minh

Une foule se presse aux abords du Musée HoChiMinh et du mausolée. C’est la promenade dominicale des habitants de Hanoï. Certains viennent de plus loin en car. Les barrières sont gardées par des policiers en tenue d’apparat. On nous refoule à l’entrée du Mausolée. Qu’est ce qui ne va pas ? Nos sacs ou le short de D ? Nous n’irons pas nous incliner devant le monument du grand Homme. Nos guides nous préviennent que le protocole est strict : pas d’appareil photo, pas de shorts, ne pas mettre les mains dans les poches…Nous voyons de loin une sorte de cube en béton soviétique.
Le Jardin botanique serait l’endroit idéal pour un pique-nique si nous avions de quoi manger ! Pour moi, ce sera un paquet de chips acheté à une petite roulotte. Ramadan pour Dqui rentre à l’hôtel tandis que j’attends l’heure d’aller chercher les photos.
Coupant tout droit à travers le jardin, j’arrive beaucoup trop tôt.

« Je vous avais dit 4 heures ! »Proteste la photographe.

Il tombe quelques gouttes. J’ai le temps de visiter le Musée HôChiMinh que D a qualifié de « grand bazar » où elle a décidé qu’elle ne mettrait pas les pieds. Je monte un escalier monumental de granite ciselé à motifs de bambous qui conduit à un palier où le grand Homme est debout, doré. Trois ou quatre photographes guettent les clients. Les étrangers sont intimidés et ne savent pas quelle attitude adopter. Appareil numérique à la main, ils n’osent pas photographier ce lieu de culte particulier bien que rien ne l’interdise nommément. Au premier niveau deux belles expositions de photos de l’Oncle Hô, avec des enfants, dans les rizières, avec des dirigeants étrangers. L’autre Exposition concerne la « Moralité » : moralité des instituteurs, moralité des dirigeants du parti…Au niveau supérieur une mise en scène spectaculaire présente les cadeaux des pays frères à Hô Chi Minh dans les pétales d’un bouton de lotus. De grandes vagues de carton pâte, des reconstitutions pédagogiques : opposition du train de vie des français pendant la période coloniale et celle des paysans des objets utilisés par les deux catégories se font face. Reconstitution de la maison natale d’HôChiMinh et aussi une reproduction de Guernica et d’autres œuvres d’art moderne.
.les Vietnamiens déambulent, compulsent les documents dans des classeurs et paraissent très intéressés. Les touristes étrangers lisent les documents en français.
Je suis le parcours balisé qui me conduit au mausolée. Le protocole n’est pas aussi sévère qu’annoncé dans nos guides. Je porte mon sac à dos, je prends des photos sans encombre. Personne ne contrôle la tenue des touristes débraillés, encre moins les mains dans les poches. Tout simplement nous avions pris le parcours à l’envers ! L’esplanade devant le Mausolée est très vaste. On a utilisé trois granites différents : rouge à l’intérieur, es colonnes à section carrées sont gris noir (on dirait des barreaux) le socle est gris clair. Le jardin est orné d’arbustes taillés. Les pelouses sont impeccables. L’atmosphère est plutôt glaciale.


Plus loin, la Présidence est logée dans un grand château colonial repeint en jaune. Un peu trop repeint avec ses volets verts bicolores, des stucs et des guirlandes Belle Epoque. Sous le ciel bas et à l’ombre des grands manguiers on chercherait la bicyclette posée contre le grillage du tennis et on entendrait la mendiante d’India Song crier…de l’autre côté du petit étang entouré par une balustrade jaune se trouve un groupe de maisons jaunes et vert plus simples, les communs du château. C’est là que de 1954 à 1958 HôChiMinh vivait dans la plus grande simplicité.

bueau de Hô Chi Minh

On a ensuite construit pour lui une maison de bois sur pilotis meublée avec  plus de recherche. Je rentre à l’hôtel tout droit jusqu’à une digue séparant le Lac de l’Ouest du lac de la Soie Blanche.

L’hôtel Ahn est tout proche du Lac de la Soie blanche. Il suffit de traverser le marché pour y parvenir. D part chercher de l’argent au distributeur. Son expédition la mènera au quartier des 36 guildes et elle rentre crevée après deux heures de marche à pied.

Baie d’Ha Long terrestre

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Hoa Lu – Baie d’Halong terrestre sous la pluie

 

Dans la salle du petit déjeuner, personne. Les deux employés du restaurant veulent nous faire plaisir avec un « petit déjeuner français ». »Voulez vous du café ? –Non, du thé vietnamien ! » Le pain ne me va pas non plus, je préfère des nouilles que le jeune homme descend  acheter dans la rue. La jeune fille découpe un ananas. Demain ce sera pareil. Pour les nouilles il faudra déjeuner un peu plus tard.

7H30 Dong est ponctuel, pantalon de ville au pli repassé impeccablement, chemise bleue. Pendue au portemanteau une cape de moto pour deux personnes. Dans le dos, une deuxième ouverture avec une visière s’ouvre pour le passager. Devant un plastique transparent laisse passer la lumière du phare.
Nous traversons Hanoï sous une pluie battante, passons devant les maisons coloniales jaunes aux volets verts (souvent deux verts différents). Jaune  d’or dans les bâtiments rénovés comme le Musée d’Histoire, s’écaille et se délave dans les « maisons françaises » occupées par des particuliers et pas entretenues, on a ajouté, au rez de chaussée, l’auvent vietnamien en tôle, en toile et tout un fatras à l’étage. Les volets, les décorations Art-Déco sont encore visibles. Il existe aussi la version « de-luxe » en blanc impeccable,  grands pavillons occupés par des ambassades. Nous arrivons devant le Centre culturel tout en marbre et en béton « construit par les russes » comme nous l’aurions deviné. Auparavant, nous sommes passés devant la Citadelle rasée au siècle dernier et pilonnée par les guerres successives. Transformée en caserne elle se termine par le Musée d’Histoire Militaire où sont exposés les trophées : chars hélicoptères et avions pris aux Américains. Autant je suis curieuse d’Histoire, autant cette collection m’indiffère.
Non loin du parc Lénine qui contient un joli plan d’eau, Vladimir Illitch se tient debout au milieu du square. Il faut vraiment venir à Hanoï pour le voir, maintenant qu’on l’a déboulonné en Europe de l’Est. Même à Cuba, je n’ai pas souvenir de l’avoir rencontré.
La RN1 « Mandarine »  ressemble à une autoroute. Le taxi roule à 80 km/h. La pluie redouble. Les rizières sont vides en dehors de quelques canards et d’un ou deux courageux pêcheurs. Des capes vertes, violettes, orange sont vendues le long de la route pour les motocyclistes imprévoyants qui auraient oublié la leur. Sur les motos, je guette les capes à deux têtes.

Pluie sur Hoa Lu

Nam Dinh est déserte. Je remarque les églises catholiques dans la campagne et les montagnes qui émergent du delta du Tonkin. Un peu plus loin Ninh Binh, encore une ville sous la pluie !
Nous quittons la route nationale. La voiture s’arrête. Nous revêtons nos  capes verte et bleue, Dong se contente d’un parapluie. Hoa Lu fut l’ancienne capitale du Vietnam à la fin du 10èpe siècle quand le royaume s’est libéré de l’emprise chinoise. Très petite capitale, protégée par la rivière et les montagnes – pains de sucre calcaires comme à Ha Long, ressemblant aux mogotes de Cuba- Des archéologues ont retrouvé des colonnes et des restes des anciens remparts. Nous arrivons à une charmante porte pour trouver un temple précédé par un petit lac en demi-lune. Les portes pivotantes d’un portique sont montées sur un support très haut qu’il faut enjamber. Les stèles portées par une tortue – symbole de longévité- sont écrites en idéogrammes chinois, l’une d’elle porte les noms des mandarins, l’autre raconte l’histoire de la ville. La troisième est la stèle du roi ; elle porte à sa base des animaux, rats serpents et crabes, symbole de la modestie du monarque. Une allée dallée passe entre de beaux arbres. Le parfum des frangipaniers est exalté par la pluie, je l’avis confondue avec celle du tilleul. Le temple est très ancien. Ses tuiles rondes plates comme les écailles de poisson ont perdu leur verni. A l’intérieur, les boiseries de bois de fer ont été rénovées et laquées de rouge et or. Nous découvrons des motifs originaux comme ces panneaux représentant des instruments de musique ou la boiserie dorée où figurent les animaux symboliques : phoenix et dragons. Sur l’autel, des statues de bouddha à l’arrière les statues de l’ancien roi – assassiné – ainsi que celle de la reine remariée à un général.
Un autre petit temple est situé non loin du premier. Il faut là aussi franchir un seuil très haut pour admirer boiseries et colonnes.

baie d’Halong terrestre

Nous sommes déjà trempées. Curieusement, ce n’est pas désagréable. Nous nous réjouissons de la fraîcheur après des jours de chaleur écrasante. Dans ce paysage de rizières inondées la pluie semble faire partie du paysage.
On a parlé à Dong de notre intérêt pour les bonsaïs. Depuis que nous sommes au Vietnam nous en avons vus beaucoup et on s’est attachées à comprendre les techniques de taille. Nous en avons déjà acheté plusieurs qui n’ont pas survécu. J’ai même essayé de réduire un petit chêne, sans succès. Dong nous montre donc les fils qui entourent toutes les branches pour les courber ou les tordre. Les racines apparentes enserrant un « rocher « sont aussi une des caractéristiques des bonsaïs ; de nombreuses espèces tropicales, le banian entre autres, possèdent naturellement des racines aériennes. Il n’est donc pas compliqué d’obtenir ce résultat sans aucune contrainte, surtout avec l’humidité qui règne ici. Pour nos arbres européens qui cachent bien leurs racines dans le sol, ce serait sans doute plus compliqué. On vend ici des « rochers » en calcaire aux formes étranges, trouées, contournées qui sont celles d’un lapiaz dans cette région karstique. L’érosion a sculpté des roches bizarres qu’il suffit de cueillir. Dans les anfractuosités, un peu de terre suffit pour que le bonsaï  s’installe. Je suis de plus en plus convaincue de l’adaptation de cette forme artificielle au « milieu » vietnamien. L’acclimatation pose des problèmes insurmontables. Le premier est l’hiver et le gel. Le second, nos vacances. J’ai donc renoncé à ce projet. D fait même l’acquisition d’un

notre bonsaï capucine

végétal très étrange au « tronc » bosselé (peut être est ce une graine monstrueuse, presque de la taille d’un coco,) d’où sort une tige grêle portant deux feuilles ressemblant aux feuilles de capucine. Je suis très sceptique de la capacité de cette pauvre plante à supporter le voyage en avion. D’ailleurs, après trois heures dans la voiture elle a perdu sa deuxième feuille  et n’en porte plus qu’une feuille unique qui me fait pitié .D échafaude des projets avec Dong. On photographiera,  les bonsaïs et j’enverrai les photos par Internet. Dong enverra ses conseils par retour du courrier électronique. (6 ans plus tard le bonsaï-capucine est florissant)
Au restaurant, guides et  chauffeurs mangent dans une petite salle au plafond bas sur des nappes vertes et des chaises ordinaires. Les clients sont dans des grandes salles ventilées avec de lourdes chaises incrustées de nacre, des nappes blanches et rouges. Cette ségrégation m’agace. Elle est prévue pour la récréation de nos accompagnateurs mais surtout pour soutirer des dollars(la carte des touristes est en dollars)Je choisi pour 3.5$du poulet au gingembre – pas de légumes, pas de sauce, une jolie fleur découpée dans une carotte, du riz blanc, bol retourné – cela fait plus chic – le thé vietnamien est servi dans un grand verre. L’addition est salée (80 000VND) pour un repas très quelconque.

bicyclette et rizière

Il pleut toujours. Sans nous décourager, nous allons au hameau de Van Lam pour la promenade en sampan dans la » baie d’Ha long terrestre «. L’endroit est très touristique. On y accède par un pont royal sculpté de dragons dans du marbre gris, des colonnes monumentales marquent l‘entrée du parking. Les barques plates rectangulaires nous attendent. Les mêmes rochers qu’à Ha Long émergent des rizières. La barque avance doucement sans un bruit. Des martins pêcheurs aux couleurs métalliques nous précèdent. Des grenouilles invisibles coassent. Une limnée glisse sous la surface de l’eau. Dong nous fait remarquer les taches roses vif sur les tiges des lotus : des pontes d’ escargots. Le riz, complètement inondé, a été récolté en sampan. Il reste quelques épis. Des canards nichent sur la berge. De loin en loin des petites maisons sont blotties contre les rochers, autour d’elles dans les jardinets, des courgettes  poussent en tonnelle. Ailleurs, une tombe inondée. Une entaille horizontale dans les rochers rappelle un ancien niveau de la mer. Le rivage  est proche, le Tonkin plat, la transgression et la régression marine ne nécessitent qu’un changement mineur du niveau de la mer. Curieusement, il n’y a ni éboulis ni même de rocher apparent. Le calcaire est sculpté par l’érosion karstique. La végétation s’accroche. Par endroits, la roche est nue ; La pluie fait partie de l’élément liquide qui nous entoure en parfaite harmonie. Je pense aux marionnettes sur l’eau. Notre sampan est seul dans a rizière. Impression de paix et de plénitude.

grotte

La rivière s’enfonce dans un tunnel naturel de 120m. Les stalactites ressemblent à de grosses fleurs de lotus . Cette cavité a servi d’hôpital militaire pendant l’offensive américaine, bien à l’abri des bombardements. Un hôpital dans l’eau ! Des barques plates servant de lits ! J’imagine les sampans côte à côte, comme au marché flottant. A la place des fruits, des civières, des pansements…. Une autre grotte a servi de prison aux pilotes américains. Des sampans-cellules ? L’évasion à la nage me semble facile. Je ne pose pas de questions.
Dong nous demande si nous avons visité la DMZ dévastée par les bombes et si nous avons entendu parler de la guerre américaine. Je lui raconte que, lycéenne puis étudiante, j’ai défilé avec des banderoles soutenant le Vietnam, des pancartes dénonçant l’impérialisme américain et que « Ho Ho HochiMinh ! » rythmait les manifestations d’alors. La dernière galerie est plus petite. Dong nous annonce une 3ème « route ». D s’étonne « Pourquoi cela s’appelle une « route » ? «. C’est « grotte » qu’il fallait entendre. Les Vietnamiens confondent les G et les R. Un mot comme garage leur pose des problèmes. Des marchandes nous attendent avec leurs barques chargées de fruits et de fleurs.
A la sortie du tunnel, nous sommes abordées. Il faut absolument acheter quelque chose. La dame propose un pamplemousse. Nous avons déjà essayé ces pamplemousses verts avec son écorce très épaisse (2cm) et la peau coriace qui emballe les quartiers. Je préfère acheter une bouteille d’eau et le droit de la photographier. De joyeux équipages viennent à notre rencontre. Les touristes occidentaux sont à deux ou trois par barques, les vietnamiens montent à sept. Dans les grottes, ils crient pour entendre l’écho. Le retour est donc moins paisible. Avant la sortie du dernier tunnel, la barque s’immobilise. La rameuse déballe des broderies. Le sampan ne repartira pas tant que je n’aurai pas acheté une nappe, un mouchoir,…Je choisis un  T shirt brodé au motif d’un buffle chevauché par un enfant comme dans les marionnettes aquatiques. Avec le pourboire c’est un billet de 100 000VND. Cette vente forcée est un peu agaçante.
Nous sommes un peu abruties quand nous retrouvons l’hôtel après deux heures de route sous la pluie. Nous avons hâte de nous changer.

Hanoi, Musée historique – Vieux quartiers – Marionnettes

CARNET VIETNAMIEN

vue de notre chambre: un jardin de bonsaïs dans la cour!


Musée Historique.

– « Je regrette de n’avoir vu la mousson qu’une seule fois à Hué ! ».

Son souhait va être exaucé. Par chance, nous voyons les cataractes se déverser, les éclairs et le tonnerre, bien à l’abri, au Musée Historique.
Visite qui tombe à point, pour la météo,  et dans la logique des vacances. Comme le Musée d’HCMV, il retrace toute l’histoire du Vietnam. Nous en avons donc eu un aperçu les premiers jours;  cette nouvelle visite va permettre de faire une synthèse des sites que nous avons visités. Ces deux visites sont complémentaires.

Zapper la Préhistoire aurait été dommage. Les haches et les houes sont emmanchées. Ce qu’on voit rarement. L’Âge de Bronze est particulièrement réussi. J’ai bien aimé les outils agricoles avec les houes en forme de chaussures finement ciselées et les gros tambours de bronze parfois ornés de grenouilles.

bataille navale contre les chinois

Nous retrouvons les épisodes des luttes contre l’occupant chinois. Comme à HCMV des maquettes et des tableaux reconstituent les batailles. A la différence de la première visite, elles nous parlent. Nous avons vu la rivière où s’est déroulée la bataille navale. Nous irons voir demain l’ancienne capitale Hoa Lu et la plus ancienne, Coloa, est prévue lundi. Nous regardons les vitrines avec une curiosité renouvelée.

Grès Cham

La salle de sculptures Champa me touche toujours autant. Comme il pleut nous prenons tout notre temps pour examiner un a un les objets, les vases précieux, les dragons…
Assises à la fenêtre donnant sur le beau jardin intérieur carré décoré de sculptures, nous laissons passer l’averse.

Sous la pluie la ville coloniale
Une grande avenue bordée d’arbres énormes nous conduit à l’Opéra blanc avec ses belles marquises. Un bâtiment Belle Époque, sans intérêt spécial. De là nous continuons dans la ville coloniale, passant devant l’hôtel Métropole, palace blanc faisant face à des bâtiments coloniaux. La plupart des édifices datant de cette époque sont peints de jaune avec des persiennes vertes et un toit de tuile. Le Musée Historique est le plus intéressant que nous ayons vu.

Hanoï : Lac de l’Épée restituée

La pluie n’a pas cessé complètement mais elle est tout à fait supportable. Je râle parce que les photocopies des plans et les capes de pluie sont restées à l’hôtel. Les arbres sont des abris parfaits et la rue Trang Tien est bordée d’arcades. Sous un petit kiosque, des ados répètent une chorégraphie plutôt hip hop. Au bord du Lac de l’Epée Restituée, je fais l’acquisition de deux capes pour 5 000VND, chacune – une misère !

Lac de l’Epée Restituée
Le Lac de l’Epée Restituée est charmant, entouré de très beaux arbres. Une petite île (l’île de la Tortue) porte une stupa sur une presqu’île le temple de la Montagne de Jade est aussi très joli. On y accède par un pont japonais rouge arqué. La légende met en scène Le Loi (dont nous connaissons bien le nom à cause des rues). Pêcheur, il repousse les envahisseurs mongols grâce à l’Epée magique que lui a donné le Génie du Lac. Une fois le Vietnam pacifié, Le Loi, devenu Empereur a restitué l’épée magique à la Tortue dans ce lac.

Malgré la pluie, les abords du lac sont fréquentés : des touristes mais aussi des pêcheurs, des jeunes, des vieux des vendeuses de frit, des chauffeurs de bus. Tout ce monde s’assoit sans façon  sur les bancs bien humides. La Pagode de la Montagne de Jade est tout à fait charmante malgré la foule. A l’intérieur, nous retrouvons le Cheval Rouge, bien connu de nous. Les trois saints vénérés ici, sont un littérateur un fondateur de la médecine vietnamienne et un général vainqueur des Mongols. Les personnages sont en bois peint  ils portent une barbiche de faux cheveux.
Quartier des 36 guildes

hanoï: maison tradaitionnelle

A midi passé, nous nous trouvons dans le quartier des 36 guildes. Une gargote bien sympathique nous fournit notre déjeuner : riz, chou farci viande grillée dans une feuille ( ?), soja que nous allons manger sur le bord du lac. Les cuillers en plastique sont d’une propreté douteuse en revanche les baguettes sont emballées. Nous voilà expertes en baguettes !Nous suivons le parcours proposé par le guide Evasion à l’intérieur du quartier des 36 Corporations en passant par la rue Hang Bac(rue des Orfèvres ) où nous retrouvons notre photographe, puis la rue Ma May (rue du Rotin) où nous visitons une maison traditionnelle rénovée au N° 87. C’est une maison-tube avec une façade étroite, juste une boutique qui donne sur un minuscule patio, à l’arrière une pièce d’habitation, puis une cour occupée par la cuisine extérieure (un foyer ouvert et un hamac suspendu) enfin les toilettes traditionnelles. A l’étage trois pièces richement meublées : en façade le salon d’apparat avec l’autel des ancêtres, au fond la chambre des grands parents. La visite est payante, une jeune fille nous sert de guide, elle est très gentille et évoque ses difficultés de prononciation du français confondant « baguettes » et « barrettes » qui, pour elle, sonnent pareil. Nous déposons encore une pellicule chez le photographe. En attendant, je bois un thé glacé dans un petit bar vide.

Hanoï: maison et cour intérieure

  Un taxi sans compteur nous emmène au Théâtre des Marionnettes Aquatiques pour 3$. Nous arrivons très vite et sommes très en avance. Un jeune homme s’arrête et nous parle en très bon français. Nous sommes ravie de l’aider à résoudre un problème de mots croisés. Il lui faut un nom de fleur avec L e trois lettres à la fin. Il dessine une tulipe. Ce n’est pas L mais I et c’est bien tulipe. Le jeune homme part à grandes enjambées ravi.

Marionnettes Aquatiques

marionettes aquatiques

Le spectacle des Marionnettes  sur l’eau est encore plus beau que je l’imaginais. Je n’avais pas pensé à l’orchestre. L’instrument vedette est le monocorde (Dan Bau) au son très particulier. Il y a également des percussions, un flûtiste et des chanteuses dont le rôle est primordial. Les premières scènes racontent la vie des champs : les animaux sont tout à fait réussis : buffle chevauché par un enfant, une vache aux labours, le repiquage du riz. Les poissons mordorés sautent joyeusement. Les paysans un peu ballots ratent leur proie et se prennent mutuellement dans les nasses. Les canards se suivent comme nous l’avons vu,  seul le renard est un peu décevant, on dirait un gros chat. L’eau n’est pas un décor de scène, c’est un acteur : les éclaboussures qui jaillissent, les vagues, les reflets à la surface, tout cela donne vie au spectacle.

marionnettes aquatiques :paysans

Malheureusement, quand nous rentrons à l’hôtel, la poche extérieure de mon petit sac à dos est ouverte : mon carnet moleskine a disparu. Le voleur s’est il servi dans la cohue de la sortie du théâtre ou dans la rue commerçante quand nous sommes allées à la pâtisserie ? Le jeune cruciverbiste était il un escroc ? Je dois faire mon deuil de tous les dessins du voyage. Ce matin encore, au Lac de l’Epée Restituée, j’en avais fait deux.

Dernière baignade à Halong – Découverte de Hanoï

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Petit déjeuner chinois.

Munies de nos coupons, nous descendons au restaurant niveau 2 où on nous avait envoyées hier. Curieuse ségrégation ! Les Européens mangent à part. Au buffet « européen » des beignets de coco, des gâteaux fourrés à la custard, du pain dans un chauffe-plat, des croquemonsieurs à la crevette. Seule concession à la cuisine asiatique une soupe aux nouilles, un brouet très clair.
Ce matin, nous sommes les seules européennes, le niveau 2 est fermé et nous sommes acceptées au niveau 1 – petit déjeuner asiatique. Comme je le soupçonnais, la cuisine est bien meilleure. On peut choisir entre 4 sortes de nouilles. Les œufs sont curieusement servis durs dans la coquille coupée en deux. Comme je porte un bol de soupe aux nouilles, la serveuse me distribue d’office une paire de baguettes et une cuiller en porcelaine. Ce n’est pas mon premier essai de baguettes. Je me  débrouille aussi mal à la fourchette. Les nouilles s’échappent, le bouillon tache la nappe. D a opté pour la solution radicale mais « qui-ne-se-fait-pas » : elle coupe les pâtes au couteau dans le bol. Au buffet occidental, il y avait des petites tables de quatre. Au buffet asiatique, on a dressé de longues tables sur des tréteaux qu’on vient compléter comme à la cantine. Viennent donc s’installer auprès de nous quatre Chinois avec la même soupe et les baguettes. Je vais donc prendre une leçon de baguettes. Surprise ! Ils ne mangent pas plus proprement que moi. Ils doivent aspirer les nouilles récalcitrantes qui désirent retourner dans le bol retrouver les autres. Ils aspirent même à grand bruit sous le regard scandalisé de D qui  commente à haute voix : « il y a de la tempête dans le bol ! ». Mon voisin recrache sur la nappe ce qui ne lui plait pas. Air choqué de D. Plus D se scandalise, plus j’ai le fou rire. Ce n’est pas poli de rire des gens non plus. Mais cela fait tellement de bien de rigoler !
Dernière baignade
Dernières baignades à marée basse. Je dois retourner chausser mes sandales en plastique. Des tubes de vers des graviers, des coquillages rendent la marche malaisée. Le sable est recouvert de petites boulettes, œuvre de millions de crabes minuscules. La surface de l’eau est lisse, pas une ride. Je nage parallèlement à la plage d’une digue à l’autre. Vers 9H30, une armada de jonques passe. Ces touristes ont moins de chance que nous, la nébulosité est forte. La brume ne se lève pas. La visibilité est mauvaise.
Hanoï

Hanoi quartier des 36 guildes

Arrêt au stand des ananas puis dans une rizière à côté d’un canal d’irrigation pour déjeuner. Malheureusement entre midi et trois heures la chaleur est écrasante et personne ne travaille dans les rizières. On ne fera pas de nouvelles photos.

Hôtel Ahn
Notre hôtel Ahn à Hanoï est plus petit et moins luxueux que les précédents établissements. C’est surtout la taille de la chambre qui fait la différence. Les meubles sont mêmes plus élégants avec une jolie reproduction encadrée. Il est un  peu excentré, proche du lac de la Soie blanche et du Lac de l’Ouest.
Une fois installées, exploration dans le quartier.

Premier objectif : un cybercafé où l’on peut téléphoner à l’étranger. Dans le coin, les cybers sont nombreux mais ils sont destinés aux enfants. Pas de téléphone international, seulement des jeux. Nous avons oublié de prendre un plan. Nous partons donc au hasard et visiblement dans la mauvaise direction. Rien n’est destiné aux touristes. Sur les trottoirs, des gargotes et de cantines avec des tabourets miniatures, pas très engageants. Sur une grande avenue, genre voie rapide, un curieux spectacle : les coiffeurs ont fixé à un clou sur un arbre un miroir, une boite en bois contient leurs instruments, par terre, une sorte de feutrage : des touffes de cheveux noirs. On coiffe dans la rue et à sec. Tous les cinq mètres, il y a un coiffeur. J’ai bien envie de les photographier mais je n’ose pas. J’aurais dû prendre le petit garçon dont on tondait la nuque, les enfants sont toujours ravis d’être photographiés.

Hanoï objets votifs

Nous marchons dans des rues encombrées, sur de larges avenues. Rien qui ne ressemble à une poste ou à un cybercafé autre que ceux des enfants. Nous arrivons dans le quartier des 36 corporations que nous avons traversé avec le guide. Je reconnais l’étalage des papiers votifs rouges avec les grosses lanternes de papiers. La poste n’est pas loin. Nous trouvons par hasard la Rue du Sucre, rien que des bonbons et plus loin des bouteilles, on risque de trouver le pastis et on le trouve ! Maintenant un photographe, dans le quartier des 36 corporations se trouvent les agences de voyage, les restaurants pour touristes, et sûrement les photographes. Enfin un qui parle anglais et comprend le problème de la pellicule coincée. Le problème est rapidement résolu. Il faut ouvrir l’appareil dans une chambre noire. Cela a l’air d’amuser les techniciens. Dans une heure nous aurons les photos de la Baie d’Ha Long ! Pour changer je me paie même un doner kebab, pas très vietnamien mais cela fait plaisir de temps en temps !

Pour rentrer nous montons toutes les deux sur un cyclopousse. Le cyclo peine, souffle  nous fait remarquer par toutes sortes de soupirs que l’hôtel est loin et que nous sommes lourdes. A l’arrivée devant l’hôtel, il essaie de doubler la mise, 100 000 dongs au lieu de 50 000VND convenus. Je tiens bon ! D me fait remarquer qu’il n’est pas content du tout et qu’il faudra éviter d’avoir recours à ses services. Erreur, deux jours plus tard il nous reconnaîtra et nous proposera de nous reconduire à l’hôtel pour le même prix !

 

baie d’Halong

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Notre jonque!


Notre Jonque

Nous sommes émerveillées: notre jonque est un beau bateau de bois vernis avec la tête de proue sculptée, deux mats, voiles jaunes repliées. Au dessus de la cabine, sur le pont deux chaises longues en bambou L’ équipage se compose du capitaine, tout de blanc vêtu plutôt costaud, du cuisinier, très mince et d’une jeune fille en pantalon noir et chemisier blanc.

Dragon descendant

Dragon descendant

Dong nous raconte les légendes de la Baie D’Ha Long : le « dragon descendant. »L’Empereur de Jade aurait envoyé un dragon pour aider les Vietnamiens qui se battaient alors contre les chinois venant par mer envahir le Vietnam. Les dragons auraient bombardé les ennemis avec des blocs de jade qui devinrent des îlots. Le dragon, trouvant le résultat très beau décida alors de rester dans la baie.

Les rochers

Rocher du chien

Des aigles pêcheurs planent et plongent tandis que les îlots se rapprochent. Il fait bon sur le pont dans la fraîcheur du matin. Dong nous montre les silhouettes  des rochers qu’on a coutume de distinguer : le chien qui se détache, montant la garde, la tortue dont on  voit bien la tête, le bol d’encens – plus difficilement reconnaissable, deux rochers se font face : les deux coqs de combat – symbole de la Baie. Nous rencontrons d’autre bateaux de touristes, certains beaucoup plus gros.

maisons flottantes

Crustacés et poissons

Des maisons flottantes ont été aménagées sur des plateformes : au fond, la pièce d’habitation, bien petite, devant un plancher percé de plusieurs trappes. Des filets sont adaptés aux ouvertures. On peut y voir nager des petits requins dans l’une, dans l’autre de gros mérous, on élève aussi des crevettes. La dernière contient des paniers de coquillages, de très jolis crabes à la carapace multicolore rouge et blanc et bleu, leurs pinces sont attachées, des cigales de mer, des palourdes, des praires…Au fond de la cage des mérous, une limule. Je suis émue de cette rencontre avec le fossile vivant dont je parle à mes élèves quand on parle de fossiles stratigraphiques et de fossiles de faciès, je n’avais jamais vue en vrai. Les touristes achètent des crustacés ou des poissons et les font cuire sur le bateau sauf les Coréens et les Japonais qui préfèrent manger le poisson cru. Ils achètent les mérous, mes découpent et les mangent dans un état de fraîcheur inégalée !

crustacés

L’Ile de la Surprise

La jonque glisse sans bruit sur l’eau lisse. Un rocher est percé à sa base, un autre comme le chas d’une aiguille. Quelle surprise ? Dong refuse de répondre. Nous accostons à un petit quai, gravissons des marches pour parvenir à une grotte. La fraîcheur surprend. Un joli petit lac brille dans un creux.

île de la surprise

Dong raconte l’histoire du pauvre pêcheur amoureux d’une jeune fille riche. Après que le père de la jeune fille ait exigé des richesses qu’il ne pouvait fournir, le pêcheur disparut. Un an plus tard, la jeune fille riche partit à la recherche de son bien-aimé et le retrouva dans la grotte de la surprise. Les draperies, les baldaquins, les stalactites sont très bien mis en valeur par l’éclairage électrique. Dong nous montre un Bouddha de l’avenir, un couple d’amoureux pétrifiés qu’on peut imaginer avec un peu d’effort. L’existence de la grotte s’explique facilement : Ha Long est un karst submergé. Cette grotte était une belle surprise !

Baignade en pleine mer

Dong nous avait parlé d’une échelle pour descendre. J’avais imaginé une échelle métallique analogue à celle de la piscine. C’est une planche de bois sur laquelle on a cloué des tasseaux. Pour la caler, le cuisinier fait un  nœud et la maintient inclinée. Je m’assieds sur la planche et descend avec circonspection. La jeune fille du bateau a été tentée par la baignade, elle a en vie d’essayer nos lunettes de plongée mais elle n’a pas de maillot. Le cuisinier lui prête un marcel blanc. On lui décroche une bouée de sauvetage. D  ne veut pas prendre l’échelle elle saute du bord du bateau faisant l’admiration des trois garçons restés à bord. L’eau est tiède. C’est la première fois que je nage en pleine mer. on envisage de nager jusqu’au village de pêcheurs plutôt que d’utiliser l’échelle. Le capitaine s’y oppose formellement. Finalement, entre l’énorme bouée rouge où est amarré le bateau et la grosse corde Pendant ce temps là, je fais des tours de bateau à la nage. La jeune fille remonte et moi, finalement.

Nous sommes passés non loin d’un élevage de perles de culture selon un procédé japonais. Des câbles sont tendus sur lesquels on a fixé les huîtres perlières.

Déjeuner de gala

 

Pendant la baignade, le cuisinier a dressé la table : nappe blanche, serviettes pliées en bateau. Il apporte deux bouteilles de vin blanc que nous refusons. Pour commencer, nous goûtons aux cigales de mer que nous avons vues vivantes dans la cage. Les carapaces sont fendues dans le sens de la longueur. Chair ferme entre la langoustine et la langouste. En plus, de grosses crevettes roses. Sur une assiette une douzaine de nems croustillants préparés sur  le bateau. Enfin, des seiches aux légumes croquants : céleri, carottes, chou chinois…Nous n’avons pas l’habitude d’une telle abondance et disons au cuisinier de ne surtout pas faire cuire le poisson qui est également au menu. Pour terminer : fruit du dragon bien frais.

Baignade à la plage

Le bateau aborde une petite plage. Nous nageons loin de la côte. Le capitaine nous rappelle au loin à l’ordre. Un scooter des mers s’approche à peins gaz. Cet engin est tout à fait choquant dans la Baie ; Le site sauvage est tellement calme que la surface de l’eau est un miroir opalescent. Le moteur bruyant vient troubler cette impression de paix.

La baignade nous a bien rafraîchies. Quand nous remontons à bord la jeune femme a arrangé joliment les colliers de perles. Si elles sont véritables, elles ne sont pas chères. Si elles sont fausses, c’est une belle arnaque. De toutes les façons, je ne sors pas emperlousée. Il n’est pas question que j’en achète. Dominique se désintéresse de la question. Aucune aide à attendre de la part de Dong  il ne veut pas empêcher ses compatriote de faire des affaires. Pour trouver une sortie j’achète des cartes postales dont nous n’avons aucun besoin à 3$ ce qui est déjà un bon prix L’épisode des perles jette un froid, je me justifie auprès de Dong. A 16H comme prévu, la jonque revient au port. Quelques éclairs de chaleur zèbrent les nuages. L’orage n’éclatera pas au grand regret de Dominique. Rien n’aura terni cette journée en tous points parfaite.

 

d’Hanoi à la baie d’Halong

CARNET VIETNAMIEN

Hanoï lampions


Arrivée à Hanoï en train de nuit.

Bercée par le roulis, je me suis endormie à 20H comme les Vietnamiennes qui partagent notre compartiment. Un peu avant 4h, le téléphone portable d’une des jeunes filles me réveille. Le jour commence à se lever. Nous regardons défiler les rizières du Tonkin. Les boutiques ouvrent dès 6heures le long de la RN1 Mandarine que suit la voie ferrée.
Quelques changements par rapport au sud : la circulation paraît moins dense, les motos moins rutilantes les hommes portent un casque kaki qui a l’air de sortir des tranchées. Peut être protège-t-il du soleil ? A moto, sa protection paraît limitée. Hanoi s’annonce des kilomètres à l’avance. Le train est sonorisé par un pot pourri de tubes éculés « il était une fois dans l’Ouest ».. Puis annonces en vietnamien, traduction en anglais : on nous raconte l’histoire de Hanoi, capitale historique du Vietnam. On se croit arrivé, le train roule à très petite vitesse au milieu des habitations. Enfin ! La gare !

Traversée d’Hanoi.

Soulagement : notre guide est bien là avec un panneau de bienvenue. Il s’appelle Dong. Il est jeune, avenant et disert. Tant mieux ! Il nous montre quelques bâtiments coloniaux de Hanoi puis la voiture enjambe le fleuve rouge, vraiment rouge en cette saison « de l’inondation ». Dong nous montre les ponts : le vieux pont bombardé par les Américain. Notre premier guide n’avait jamais fait allusion aux différents conflits alors que celui-ci nous parle de l’histoire du Vietnam. Histoire récente avec les bombardements américains, histoire ancienne avec les batailles pour repousser les Chinois. On quitte plus facilement Hanoï qu’HCMV moins de banlieue et surtout meilleures routes.

irrigation !

Rizières du Tonkin
Le ciel est gris mais le vert des rizières est tellement vif qu’il égaie le paysage. Dans les parcelles, les paysans travaillent. Nous descendons de voiture pour photographier un curieux manège. Sur un trépied est suspendu une sorte de pelle qu’une femme balance périodiquement. Dong me propose de nous rapprocher. Je marche sur une digue minuscule qui sépare deux parcelles. Au début, je prends d’infinies précautions, j’ai peur de tomber à l’eau dans la rizière inondée. Mais la levée de terre est stable, elle ne s’écroule pas sous mon poids. De près, je comprends mieux : c’est de l’eau que la femme balance inlassablement dans son champ. Jamais je n’avais imaginé un tel travail accompli par un être humain : pelleter de l’eau. Du train, j’avais observé cette manœuvre mais avec deux personnes. Heureusement, la mécanisation est en route nous voyons quelques pompes motorisées à l’œuvre.

rizière inondée

La plupart des rizières sont labourées, hersées à l’aide de la traction des bœufs ou des buffles, les motoculteurs commencent aussi à être utilisés. Les tâches que nous observons sont variées. Ici, on repique. Là on irrigue. Plus loin, on pulvérise des insecticides ou on épand des granulés d’engrais. Les paysans sont pieds nus toute la journée dans l’eau. Ici, on fait deux récoltes de riz par an plus une autre culture (soja, maïs, légumes). Beaucoup de femmes travaillent aux champs. On ne voit pas d’enfants et cela me réjouit bien. Les femmes sont complètement masquées. Une large bande de tissu maintient le chapeau traditionnel. Parfois elles rajoutent un autre masque. Le repiquage me paraît être le travail le plus pénible, le dos cassé.
Entre les rizières, de nombreux étangs avec des élevages de canards. Dans les rizières on voit souvent des tombes. Dong nous demande:

– « Savez vous pourquoi il y a des tombes en terre et d’autres en béton  ?

–  Au Vietnam, on enterre une personne provisoirement dans un cercueil et une tombe en terre. Plus tard, on exhumera les ossements qu’on placera dans une poterie et l’enterrement définitif aura lieu après que le géomancien aura calculé l’orientation de la tombe et l’emplacement favorable. L’âme du défunt pourra exercer une influence bénéfique, assurer une bonne récolte.
Le long de la route N°5 les nouvelles usines poussent comme des champignons, du textile surtout mais aussi CANON ou DAEWOO.
Petit déjeuner
Nous nous arrêtons déjeuner dans un centre pour handicapés qui fait aussi restaurant et boutique de souvenirs (soie, poteries, laque…) Notre dernier repas a été servi dans le train à 17H45, il est 9H, je meurs de faim et refuse un  petit déjeuner européen avec café et tartines. J’ai envie d’une soupe aux nouilles. On m’apporte un bol avec une cuiller asiatique en porcelaine et des baguettes. Finalement, je ne me débrouille pas si mal que cela avec les baguettes. D a pris un hamburger.
Dans la deuxième partie du voyage, nous passons devant d’importantes mines de charbon. La poussière du charbon est partout. Il alimente une centrale thermique très importante (également cible stratégique du temps de la guerre américaine).
Nous approchons d’Ha Long. Sur le bord de la route, on vend des ananas mais nous réagissons trop tard. Tout a long du chemin, Dong nous montre le transport des porcs vivants sur motocyclette. La première fois, nous en avons vu six, enfermés dans des cages d’osier sur une seule moto. Une autre fois quatre ligotés à l’arrière du chauffeur.
Notre hôtel Buu Dien
Après 4 heures de route pour 160km nous arrivons à Ha Long devant une tour de 11 étages, habillée de granite rouge poli. C’est notre hôtel Buu Dien, comme la Poste qui est en dessous, en Anglais cela donne P§T Hôtel. Le guide parlemente à la réception. Nous aurons une chambre avec « seaview », au 8ème étage. Toute blanche, rideaux brochés ainsi que les deux fauteuils et les chaises. Mobilier en bois foncé verni, un tableautin, une glace fantaisie. La climatisation est assurée avec deux climatiseurs (mode d’emploi en chinois) et un ventilo. Il fait si frais que j’ai sorti les manches longues.
Plage
Après la douche et une petite sieste, nous allons à la plage. L’horizon est limité par les fameux rochers, pains de sucre, îles et îlots de la baie dans un camaïeu de gris, ciel gris- perle, rochers gris-bleutés, mer gris-vert. Le bord de mer est encombré de tout un attirail de boutiques vendant tous les articles de plage imaginables : maillots de bain très pudiques jupettes et hauts assortis avec des imprimés rétros, gros pois blancs sur fond rouge ou pois noirs sur fond blanc…souvenirs en coquillages, bois sculpté, colliers de vraies ou fausses perles…
Sur le sable blanc assez grossier, des chaises longues en bambou et des parasols sont alignés en rangs serrés. Les plagistes se disputent l’honneur de nous placer. Il est 12H15 tous les vietnamiens font la sieste et ont déserté la plage. On nous apporte le menu en vietnamien et sans les prix. Pour 80 000VND, nous aurons un beau plat de riz frit aux produits de la mer : vrai poisson en morceaux, vrai crabe, minuscules rondelles de chorizo, crevettes, œufs, carottes, petits pois. Un délice !
L’eau est presque chaude, température baignoire ! Pas une vague. Je nage comme à la piscine.
Vers 15H30, les premières familles vietnamiennes arrivent. (Peut être des chinois ?) ; Ils sont nombreux et parlent fort. Nous quittons nos sièges bien à l’ombre du cocotier pour fuir le vacarme. Ils arrivent par groupe d’au moins douze personnes, trois ou quatre couples, la trentaine ou la quarantaine, accompagnés de la grand-mère et de quatre ou cinq enfants. Les dames quittent leur chapeau rose ou beige et revêtent des bonnets de caoutchouc, charlottes ou casquettes à visière. Elles se dépouillent de leurs robes de plage et se retrouvent en maillot de bain très enveloppant. On équipe les enfants de gilets de sauvetages fluo, de lunettes de plongée, de bouées. La famille est prête pour la baignade. Intervient un personnage omniprésent, pantalon noir relevé aux genoux, chemise à carreaux jaune, casquette de base-ball sur la tête : le ou la photographe. Le photographe aligne alors les futurs baigneurs, les conduit là où on voit le mieux les îles de la baie, et fait une mise en scène théâtrale. Tout le monde s’exécute. Seulement après cette formalité, les estivants vont à l’eau. Il existe aussi la version numérique de la scène. Le rôle du photographe –ou vidéaste, plutôt- est généralement confié à celui ou à celle qui ne se baigne pas. Monsieur et Madame encadrent un rejeton assis sur une bouée en tenue fluorescente rose ou orange pour les filles. Dans l’eau, ils restent bien groupés et ne s’aventurent pas bien loin.
Sous les parasols, chacun se commande une noix de coco avec une paille – moi aussi !
Nous ne sommes pas venues jusqu’ici pour observer des familles à la plage – même très rétro, nous rappelant les années 50. Nous sommes dans la Baie D’Ha Long. Les fameux rochers se sont éclairés, le soleil a dispersé les nuages. Mais ils sont bien loin ! J’observe avec attention les bateaux des touristes. Faut-il les appeler des jonques ? Les grosses embarcations de bois ont des mats mais aucune n’a déployé sa voilure. Normal, il n’y a pas de vent. Aurons nous demain un gros bateau rien que pour nous ?
Toute l’après midi à guetter les îles lointaines de la 8ème merveille du monde, aiguise le désir. Descendre du taxi, monter sans transition dans le bateau eût été dommage. Cela aurait été comme allumer la Télé sur la Chaîne Voyages. Pour bien apprécier un moment privilégié, pour qu’il reste fixé dans la mémoire, l’attente est primordiale Nous sommes donc en face du site, essayant d’imaginer. Fera- t il beau demain ?
Dîner délicieux, la cuisine est fine. La soupe au crabe contient bien du vrai crabe frais, la soupe au poisson des morceaux de poisson. On avait commandé des travers de porc aigre-doux mais on nous apporte du bœuf pané à la thaïlandaise.

Hué dernier jour et départ en train

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Promenade tranquille

Hué : canal et pêcheurs

A 150m de l’hôtel, un canal bordé d’une rue tranquille débouche dans la Rivière des Parfums. Dès que nous avons tourné le coin de la rue, les pétarades des motos, les klaxons, les invitations pressantes des cyclos, tout s’arrête. Les vendeuses de fruits ont posé leurs plateaux et les petits tabourets en plastiques sont disposés autour des cantines. L’ambiance est villageoise. Les enfants font du vélo au milieu de la rue, des poulets traversent, les chiens profitent de la fraîcheur du matin avant de s’affaler écrasés de chaleur.

Filets dans le canal

Les maisons basses sont cachées dans les jardins. Quelques unes surélevées ont un ou deux étages, pas plus. On oblique dans une ruelle à l’ombre de grands arbres. Les maisons sont très soignées. Un monsieur aux cheveux blancs arrose son jardin exclusivement composé de bonsaïs dans de belles poteries. On se laisse inviter à visiter le jardin. Le monsieur fait couler la cascade nous le photographions en compagnie de sa femme, souriante et timide avec ses cheveux blancs attachés en catogan. Ils semblent bien assortis, si doux et si distingués. Nous leur demandons leur adresse pour envoyer les photos. (copiée dans le carnet que je me suis fait voler à Hanoï je ne pourrai le faire).

Hué : un joli jardin

Nous continuons la promenade le long du canal, rencontrons des enfants souriants qui se poussent pour se faire photographier. Ils adorent les bébés et veulent qu’on les prenne en photo.

Dans une ruelle, un homme sculpte une souche avec ses racines d’où sortent des dragons compliqués. Le tronc sera le support d’une table. Le sculpteur nous ouvre sa remise pour nous montrer une table terminée, polie et vernie avec ses tabourets assortis. Ce mobilier lourd nous rappelle un peu celui du Bénin.

L’école est fermée pour cause de vacances mais trois enfants sont là . Garderie ? Ou cours particulier ? Plus son avançons, plus les jardins sont nombreux. Nous arrivons même dans un champ de manioc. Des vaches sont attachées sur le bord du canal. Des filets, immenses carrelets sont suspendus au dessus de l’eau colonisée par les jacinthes.

Hué : la vendeuse de fruits et sa palanche

Au retour, nous trouvons le salon de  thé de jardin, établissement le plus ravissant qui existe, tenu  par des gens adorables qui nous offrent deux thés glacés. J’écris donc attablée à une très belle table de verre posée sur des bambous liés, fauteuils metteur en scène en toile sur du bois de palmier. Le sol est carrelé, des empreintes de mains et de pied décorent le ciment. Chaque table est installée dans une logette de bois de palmier couverte de tuiles. Des parasols abritent des tables-troncs. Entre les tables court un ruisseau avec des nénuphars et des poissons décoratifs. Des potiches perchées sur des briques au milieu de l’eau portent des plantes. Un petit pont arqué de brique et de verre relie les deux rives. Il y a, bien sûr, une « montagne » avec des pagodes de faïence, et un système de brumisation. Autour de l’eau, l’herbe fait de gros coussins avec les touffes de fougères. On  a suspendu des poteries et des noix de coco contenant des graminées décoratives et des pots d’orchidées. Sur les stores en rabane sont collées des calligraphies très réussies. Négligemment jeté, un plateau de vannerie et une palanche.

Hué, un joli café tranquille

Départ en train

Sous la menace de l’orage nous avons pris le taxi avant les premières gouttes. Le train  de 15H35 a une heure de retard. Nous devons donc patienter deux heures dans la salle d’attente sur des sièges de plastiques orange  alignés comme pour un spectacle. Le contrôleur a poinçonné nos billets – petit trou rond comme autrefois. Des dizaines de familles vietnamiennes sont installées, seulement 6 touristes européens. Les enfants chahutent, courent, se poursuivent. Les adultes sont bien patients. Sur la télévision, Cléopâtre avec Liz Taylor et Richard Burton. Je me rends compte que j’ai complètement oublié ce film vu dans mon enfance. J’ai été vaccinée contre l’impatience en Afrique. Attendre, c’est aussi regarder les autres vivre. Imaginer des histoires à leur sujet…

hué sculpteur au travail sur une souche.

16H30, nous nous répartissons sur le quai d’après le numéro des voitures. Le quai est bordé de chariots proposant des marchandises variées, même des bocaux de crevettes, des galettes de riz, des T-shirts…Le train arrive très lentement. Nous montons dans la voiture 9. Notre compartiment a quatre couchettes déjà installées. Dans un sac plastique nous trouvons un oreiller, un drap une couette grisâtre mais propre. Deux jeunes filles sont déjà couchées

Une jeune fille, parle bien anglais, ravie de faire la conversation. Elle est comptable à Hanoï. A 18H, on nous apporte un plateau-repas avec une barquette de riz, une soupe au basilic, des haricots verts et du bœuf bouilli. Le plateau-repas est compris dans le prix du billet. Mais on vend des suppléments : j’achète quatre brochettes de poulet épicées délicieuse pour 20 000VND, on nous propose aussi des gâteaux de sésame et des yaourts.

Le soir tombe sur les rizières. L’orage n’a pas éclaté. Les nuages se colorent en mauve, orange et rose. L’eau omniprésente a des reflets dorés. Magnifique coucher de soleil.

Le compartiment d’à côté est occupé par un couple d’allemands de Berlin qui ont acheté 4 places pour être tranquilles. Brin de conversation pour exercer un peu mon Allemand.

 

Hué : promenade sur la Rivière des Parfums

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« croisière » sur la Rivière des Parfums


Promenade sur la Rivière des parfums

J’avais beaucoup fantasmé sur la promenade sur la Rivière des Parfums. J’avais imaginé qu’un petit sampan à rames, ou mu par une perche, viendrait nous chercher au  débarcadère du Riverside et nous emmènerait en glissant silencieusement au fil de l’eau – à la limite un petit moteur. Nous avions pris les chapeaux, je m’étais tartinée d’écran total. Le Sinh Café avait organisé l’excursion à moitié prix des tarifs pratiqués par l’hôtel.

Malheureusement, on nous conduit au débarcadère à un monstre de fer blanc – dragon de fantaisie, au corps couvert d’écailles jaunes – bateau à fond plat avec une grande cabine vitrée. Des chaises de jardin sont empilées. On nous en donne deux avec ordre de rester dans la cabine. Le bateau sert aussi de maison à notre « capitaine » et à sa femme qui nous accueille, masquée de blanc et largue les amarres.

Au lieu de regarder le paysage, D louche sur la vaisselle et grimace :

tu ne mangeras rien de sa ragougnasse ici, elle lave les assiettes dans l’eau du fleuve… ».

Mauvais départ !

Les quais de Hué se déroulent dans la verdure. Le dimanche, les Vietnamiens viendront prendre le frais sur les chaises sorties sur le bord de l’eau. A la sortie de la ville : trois églises derrière un mur surmonté d’une croix ; Hué est aussi une ville catholique.

D’autres bateaux à tête de dragon nous dépassent. Certains sont doubles, deux barques soutiennent un plancher carré surmonté d’un pavillon précédé par deux plantes en pot.

Pagode Thien Mu

pagode de la Dame Céleste

La  pagode Thien Mu se profile à quatre kilomètres de Hué,  à l’image des petites pagodes de faïence qui ornent les fausses montagnes au milieu des bassins : une tour octogonale de sept étages se rétrécissant à chaque niveau.

Cette pagode de la dame Céleste fut édifiée en 1601 par Nguyên Hong. Une vieille dame lui aurait prédit qu’une pagode dans cet endroit serait un  gage de prospérité. La dame s’envola ensuite au ciel. A l’arrière de la tour un très beau jardin avec le Temple du Grand héroïsme, pavillon bas abritant des Bouddhas dorés, des bonsaïs, une école bouddhique,et même la vieille Austin bleue du bonze Thich Quang qui s’immola par le feu en 1963.

Des scouts sont installés dans un bosquet portant le fameux chapeau de scout de Baden Powell. Certaines filles sont habillées de l’ao dai. Le jeu consiste à faire circuler le chapeau entre leurs dents. Le chef qui organise le jeu  parle dans un micro. Décidément les vietnamiens sont bien bruyants.

La mini croisière se termine côté sud. Attraction suivante: un village de pêcheurs qui n’est rien d’autre que l’accumulation de sampans en face de Riverside. Si au moins nous avions accosté à notre hôtel ! Nous avons  l’impression désagréable d’être tombées dans un traquenard que nous avons préparé nous même en déclinant l’offre de retourner aux tombeaux comme ce qui était écrit sur le programme de l’agence.

Retour à la Citadelle

Nous allons à pied à la Citadelle en passant le long d’un jardin public où sont installés oiseleurs et vendeurs d’orchidée ainsi qu’une brocante proposant sur le bord du trottoir de la vaisselle dépareillée, des  théières et des pipes à eau.

Nous retournons directement au temple Hung Tê Mieu dans la petite cour tranquille avec ses portiques colorés où des clochettes tintent au vent. Je m’installe pour dessiner tandis que Dominique poursuit les explorations. Un nuage très noir donne un relief nouveau au belvédère des Cinq Phoenix, le temps devient très menaçant.

Sampaniers

Le dragage de la Rivière des Parfums est tout à fait artisanal (sur le Mékong, nous avons vu de très gros engins). Des sampans de gros gabarit ont une proue découpée pour laisser passer une perche et une poulie. Un gros cylindre portant des tiges métalliques permet d’enrouler le filin. Les enfants, à l’ombre d’un abri sommaire en tôle, pédalent. Les hommes remontent le sable dans une pelle attachée à la longue perche de bambou l’arrière, femmes et hommes tamisent et entassent le sable.

 

 

Hué : : Tombeaux des empereurs

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Hué mausolée Minhmang

Faux départ

Le rendez vous de l’excursion en bateau est à 7H45. Nous attendons au débarcadère, cela nous paraît être du dernier chic. On vient nous chercher, mais…à moto. D est formelle : elle ne montera pas sur une moto. Jamais ! Je lui objecte qu’elle l’a bien fait en Afrique. Rien à faire. Les Vietnamiens ne comprennent pas. La moto c’est naturel pour eux. Tout le monde se déplace ainsi, jeunes, vieillards, bébés. Une famille entière en brochette…La jeune fille de la réception est furieuse contre nous. Nous ne sommes pas coopérative. Elle non plus !

Et voila notre journée sur la Rivière des Parfums fichue ! Je suis consternée. Est-ce qu’on ne pourrait pas aller au débarcadère en taxi ? Trop tard. Il reste une solution. Mais cela va vous coûter cher ! Pour 500 000VND, nous pouvons louer une voiture avec chauffeur. Le prix est encore raisonnable. De toutes les façons, il faut sauter sur l’occasion. Quand va-t-il venir ?

L’hôtesse nous intime l’ordre de nous asseoir sur les fauteuils du lobby. Elle est dépassée par les évènements. Un groupe part en excursion. Un autre arrive avec ses bagages. Le personnel du Riverside est tout sauf efficace – aimable le plus souvent – mais pas du tout dégourdi. L’hôtel trois étoiles a perdu l’étoile du milieu qui est tombée du mur. La lessive a mis deux jours à revenir! (La machine à laver est en panne, ils l’ont porté à la laverie). Le restaurant tout à ait quelconque pratique des prix exorbitants. Et la souris de l’ordinateur fait des caprices.

Voiture avec chauffeur

Hué mausolée Minhmang2

Au lieu d’attendre la voiture sans rien faire il serait plus avisé de préparer l’itinéraire. Par chance, le guide du groupe francophone attend ses clients dans le hall. Nous faisons appel à lui. Il nous conseille trois tombeaux joignables sans problème en taxi.

Notre voiture est noire avec des vitres fumées, Mazda.  La clim à fond donne une température polaire. Il y a même un vaporisateur de parfum là où on a l’habitude de trouver des bouddhas verts ou des animaux qui hochent la tête. Le chauffeur est très stylé. Il parle un peu anglais. Pas assez pour soutenir la conversation ou commenter le paysage. Il a très bien compris ce que nous voulons faire.

Mausolée de Minh Mang

Hué mausolée Minhmang : cour des salutations

Nous commençons par le tombeau de Minh Mang, le plus éloigné (3 étoiles au guide Evasion) Il est situé en pleine campagne. C’est un plaisir que de regarder le paysage, les crêtes des montagnes qui s’échelonnent dans le lointain, les villages enfouis sous une végétation abondante, bananiers, manioc, soja, jardins de légumes et arbres fruitiers. Le long de la route, on vend toutes sortes de fruits : énormes jacques, bananes, oranges à la peau verte,  ramboutans, longanes, mangues, papaye et même des grenades.

Hué mausolée MInh Mang lac de la Lune

L’empereur a choisi un site magnifique. Il s’est appuyé sur le relief existant en modelant à son gré le cadre naturel. Passant sous un portique, on entre dans la Cour des Salutations bordée de deux files de statues 1 éléphant, un cheval et des mandarins aux fines barbes et aux costumes ouvragés. Une longue allée monte au pavillon de la Stèle. De chaque côté, un lac dans son écrin de pins. Une grande sérénité se dégage de ces pièces d’eau. L’allée se poursuit dans le prolongement de la stèle jusqu’à un pavillon carré rouge : le Pavillon de la Grâce Immense, entouré du lac de la Clarté Pure. Toujours en enfilade, la Porte Hoan Trach mène au Lac de l Lune Nouvelle. » Ce petit lac est en forme de croissant il entoure le tumulus impérial (le soleil) marquant la séparation entre le monde des vivants et le monde des morts. » (guide Evasion). Bassins et jardins dessinent l’idéogramme « Longévité ».

Les arbres sont magnifiques. La présence de l’eau, des végétaux, l’harmonie entre les constructions et la nature font de ce mausolée un endroit absolument charmant. On oublie la dimension funéraire pour ne retenir que l’ensemble parfait. Encore que, parler de nature, doit être nuancé. Les lacs sont artificiels, les arbres élagués artistiquement. La nature est drôlement sophistiquée !

Tombeau de Khai Dinh

Hué mausolée Khai Dinh

Le mausolée de Khai Dinh (1916-1925) est complètement différent. Mélange de style oriental et occidental (Hachette Evasion). Tout ce qui était harmonie et bon goût, accord avec l’environnement, sérénité au tombeau de Minh Mang, tout est oublié. Il ne reste que la pompe et le faste. La matière – le béton- n’a aucune allure. L’ensemble tient du monstrueux calvaire –quel chemin de croix que les 139 marches raides et hautes !- gris, lourd et pompeux. Les dragons manquent d’humour, les mandarins de l’Esplanade  des Salutations sont raides et ennuyeux, ils ressemblent aux poilus des monuments aux mots de la guerre de 14 des places de village !

Mausolée Khai Dinh cour des salutations

Mais nous n’avons pas gravi tous ces escaliers pour rien. L’intérieur du Temple de Culte, bâti au sommet est décoré de mosaïques particulièrement réussies. Le baldaquin de béton est couvert de mosaïques colorées. C’est presque baroque, en tout cas peu banal. Les motifs floraux subissent une influence Art Déco. Je passe outre l’interdiction de les prendre en photo.

Hué mausolée Khai Dinh fleurs Artdéco

11heures, heure du déjeuner vietnamien. Avant que les étals de fruits ne soient repliés, il est temps d’acheter un  pique-nique. Le chauffeur m’accompagne, j’achète une livre de ramboutans, un fruit du dragon et six bananes. Très obligeant, le chauffeur insiste pour que la marchande pose ma marchandise sur la balance. Mauvaise pioche ! il y avait 600 grammes de ramboutans,  la fruitière en enlève une poignée !

Mausolée de Tu Duc

Hué mausolée Tu Duc

Le troisième tombeau est celui de Tu duc (1847-1883). Fin lettré, Tu Duc venait écrire des poèmes et admirer les fleurs rares et les oiseaux dans de petits chalets sur pilotis installée sur une pièce d’eau, maintenant fleurie de lotus. Une allée sinueuse en fait le tour. Des pins antiques et des frangipaniers vénérables donnent une fraîche ombre. Nous montons ensuite l’allée qui mène au monument funéraire. Toujours les étapes imposées : le Pavillon de la Stèle, la Cour des Salutations, enfin le Tertre Royal entouré du Mur Précieux, protection contre les mauvais esprits.

Hué mausolée Tu Duc

Un charme spécial émane des vieilles constructions qui n’ont pas encore été rénovées. Les tuiles on perdu leur lustre, installées en rang serré. La mélancolie sied particulièrement bien à cet empereur poète. Pendant que je dessine le pavillon de bois sur les lotus, je remarque des enfants nageant à demi nus dans le bassin. Peu après, un homme crie, lance des pierres. Que chasse-t-il ? Les enfants qui sortent des tiges en portant les fruits du lotus et qui fuient pieds nus. Que vont-ils faire des lotus ? Ils mangent les graines. Font mine d’escalader le mur et se cachent pour retourner à l’instant.

pagode

 

Notre dernier arrêt est une pagode situé non loin de là : Pagode Tu Hieu. Ici, pas de visiteurs. Près de l’entrée, une jolie pièce d’eau où fleurissent lotus blancs et nénuphars mauves. Une allée monte vers la pagode. Dans un beau parc, à l’ombre d’un vieux banian aux racines aériennes enlacées et de frangipaniers odorants, de jacquiers, nous trouvons une table de pierre et des tabourets. L’endroit est offert pour un pique-nique frugal de fruits.  La voix mélodieuse d’un bonze nous accompagne. Dans la pagode, de nombreuses femmes et quelques enfants sont allongés tan dis que le bonze assis chante. Dorment elles ? C’est l’heure de la sieste. Ou sont elles plongées en prières.  Les bâtiments du monastère sont ouverts. Comme deux autres touristes accompagnées d’un Vietnamien entrent, nous nous enhardissons à les suivre. Les habits jaunes sèchent sur des fils. Des petits bonzes et des bonzesses, crâne rasé et habits gris arrivent. D’autres, toujours en gris ont gardé leur chevelure. Ils se laissent volontiers photographier. Plus loin, un terrain de handball (ou de foot) une salle de classe. La pagode semble héberger une école. Plus bas, près de l’eau, un bonze en habit marron lit, installé dans un  hamac entouré d’enfants qui s’amusent autour de l’eau.

De retour à Hué

Nous sommes un peu saturées de visites. Notre chauffeur, très aimable nous accompagne pour nos courses en ville. Comme le photographe ne demande qu’une heure pour faire les tirages, nous visitons encore une pagode près du marché : Dieu Dé. Ici, aussi des prières, encore des femmes de tous âges qui s’agenouillent, se prosternent tandis que le bonze chante. Cette pagode est située près d’un canal aux eaux très vertes dans un quartier calme tout près de l’agitation du grand marché.

Vers 16H nous nous installons à la terrasse de l’hôtel en bordure de rivière pour écrire et ranger les photos. Nous en avons maintenant plusieurs centaines. Si nous attendons notre retour en France pour les classer nous ne reconnaîtrons plus rien !

 

Bruyante soirée

 

20H30,Dans la chambre contiguë  nos voisins font un karaoké privé. Ils ont dû apporter le lecteur de DVD de chez eux. Cela fait un  bruit infernal. On n’entend même plus TV5 .La dame de l’étage qui vient nous apporter les T-shirts propres constate le vacarme. Quelques minutes plus tard le téléphone sonne à côté. Les voisins font cesser le tapage. Nous sommes même gênées. Il n’est pas dix heures. La réception appelle ensuite chez nous pour savoir si nous sommes satisfaites.

 

 

Hué : sampaniers et Cité Interdite

CARNET VIETNAMIEN

 

les sampaniers vus de l’Hôtel Riverside

Sampaniers.

Matin 6h30 : trois femmes, pantalons relevés, font la lessive dans le fleuve. Une petite fille accroupie lave la vaisselle. Une femme âgée, un chapeau sur la tête, rince six grand paniers ronds.
Après midi à la terrasse du Riverside, devant moi, un délicieux jus de fruit du dragon mixé exprès pour moi, débarcadère privé, marches blanches, palmiers, lampes aux grosses boules ponctuant deux balustres, symboles de luxe. Je regarde vivre les sampaniers. Ces nomades du fleuve, ont leurs maisons sur leurs petites embarcations et se déplacent sur des plus petites et plus fines encore et plus légères. Pauvres abris : sur une barque à fond plat à curieuse proue relevée terminée de face par une sorte de pyramide tronquée, on a posé des arceaux. Trois, quatre, ou cinq arceaux et dessus tout ce qui peut donner un peu d’ombre et garantir de la pluie. Les mieux logés ont construit une sorte de maison flottante avec des tasseaux et des tôles ondulées. Les plus pauvres ont posé des bâches plastiques bleues sur les arceaux. Ils utilisent toute une variété de matériaux, le papier goudronné, les canisses – les plus beaux – le plastique en rouleaux. De la proue à l’entrée un fil est tendu avec du linge qui sèche. A l’arrière, tout un débarras. Pas de pot de fleur pour le Génie du fleuve, il n’y a nulle part pour le poser. Pourtant un petit chien noir et blanc navigue avec eux.
Au milieu de la rivière des Parfums, un îlot minuscule porte un arbre. Sous son ombre au moins six bateaux se blottissent. J’essaie de compter les embarcations : un très gros bateau seul, une maison flottante, puis sept regroupés, une dizaine sur deux lignes, une trentaine plus loin. Tout un village ! Avec le soir, je vois s’allumer des tubes bleutés. Hier soir, de grandes flammes brillaient, dans un brasero peut être ? Quelque fois une fine pirogue part avec un chargement d’herbes ou de sable. Quand la barque a un moteur elle est pilotée par un homme assis au fond. Quand elle possède des rames c’est le plus souvent une femme, debout, arquée coiffée du chapeau conique.
Ce matin, j’ai vu les enfants partir en classe. Le soir, ils se baignaient dans l’eau. Une pirogue pousse de longs piquets flottant en formant un triangle (bois ou bambou ?). La barque est à la pointe du triangle. Comment sont- ils attachés ? Deux triangles flottent maintenant près de la berge.
J’ai  honte  face à ce dénuement.
Cité Interdite

Belvédèredes 5 phénix et entrée de la cité

Le nom est tout un programme ! Faste et étiquette impériale. Prestige de ces murs clos. On ne peut y pénétrer que par une seule porte. Maintenant encore, une sélection s’opère. Les touristes ne sont pas autorisés à entrer par la même entrée que les Vietnamiens.
La cité Impériale des Nguyên (1802-1955) a été construite sur le plan de celle de Pékin. Détruite pendant les guerres, qui se sont succédées, seule une partie a été restaurée. L’entrée principale , la Porte sud supporte le Pavillon d’apparat : le Belvédère des cinq Phénix. C’est là que le dernier empereur BaoDai a remis son épée en 1945 au gouvernement de HôChiMinh. Les marches pour y accéder sont raides. De ce belvédère, l’empereur dominait une vaste esplanade et les cours de la Cité Impériale. Il faut enjamber les montants sur lesquels les portes pivotent ou coulissent ; je suis toujours surprise. Regardant en l’air, je m’y cogne souvent. On arrive dans de vastes salles supportées par des colonnades. Difficile d’imaginer l’ambiance alors. La salle était- elle meublée ? Ou seulement le trône et les ombrelles ? Un tableau, au mur, montre les courtisans, mandarins et militaires rangés ans les cours. Les boiseries sont peintes – rouge, or, noir – les tuiles vernissées jaunes et vertes. La tenue d’apparat de l’Empereur, visible dans une exposition plus loin, était brodée de nombreux motifs : dragons, nuages, montagnes, colonnes d’eau ( ?), les teintes dominantes, or et bleu.

Hué : cérémonie dans la cour intérieure

Pour arriver au Pavillon de la Suprême Harmonie, on passe sous un portique très coloré,  un petit pont enjambe les Eaux Dorées (je recopie ces noms avec gourmandise, ils décuplent la poésie des lieux). Une vaste esplanade nous sépare encore du Pavillon de l’Harmonie Céleste. Deux animaux fantastiques, sortes de griffons, des lions peut être, gardent cette grande place. Des stèles marquent les emplacements où devaient se ranger les mandarins à la parade, selon leur rang. Le Pavillon de la Suprême Harmonie est très impressionnant avec ses belles colonnes laquées de rouge aux motifs or de nuages et de dragons, sinueux et contournés. Des lampions dorés décorés de peintures précieuses sont suspendus. Sur une estrade, le trône. Le Palais de la Suprême Harmonie est aussi appelé Palais de la Concorde Absolue. Toutes ces appellations  me ravissent.

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Hué : Porte de la Cité Interdite

Spectacle de cour
1er spectacle à 9h au théâtre Royal.  Nous prenons place au premier rang sur de larges fauteuils rouge et or de bois sculpté. 9h, rien ne se passe. 9h05, je commence à m’inquiéter. Deux jeunes filles sont assises : ce sont les danseuses. Il n’y aura pas de spectacle faute de spectateurs. Revenez à 10 heures !

Danse des éventails dans le théâtre de la cité Interdite de Hué

En attendant, nous visitons la bibliothèque en cours de rénovation. Ces restaurations sont splendides mais il me plait qu’il reste des vieilles tuiles ayant perdu leur vernis et des décors écaillés. Les tesselles des mosaïques sont des débris de bouteilles pour les verts et les marrons et de la vaisselle de porcelaine pour les bleus. On retrouve les fleurettes qui ont décoré des tasses fines. Nous nous étions promises de ne plus photographier de dragons ni de personnage surmontant les faîtières mais nous faisons ici une exception…
Des musiciens habillés de jaune se présentent sur l’estrade et sont rejoints par un autre groupe. D’un côté, les cordes de l’autre les percussions. Un dragon de tissu, comme ceux du Carnaval, fait irruption sur la scène, puis un quatre. Je suis un  peu déçue. Je n’imaginais pas des personnages de foire dans un spectacle de cour. Ma déception est de courte durée. Les deux ou trois danseurs qui actionnent les dragons dansent à la perfection. Les chenilles qui me paraissaient lourdaudes sont mues par une chorégraphie sophistiquée. Brusquement un troisième personnage est expulsé ? C’est le Bébé Licorne qui s’éveille à la vie (je n’avais pas reconnu la Licorne mais c’est écrit dans le programme). Des danseuses sont cachées derrière des éventails de gaze verte aérienne. J’essaie de filmer. C’est pour moi une nouveauté. Le spectacle se termine par une autre danse : danseurs et danseuses portent un lotus rose translucide contenant une vraie bougie allumée. Des pyramides se défont et se reconstituent.
J’ai perdu le Petit Futé. Dommage, il était très bien !

Hué citadelle chaudrons

Temple des générations
Il ne reste plus grand-chose de la Cité Pourpre Interdite, une vaste pelouse où évoluent des éléphants pour le plaisir des visiteurs. Plus loin, à l’écart le Temple des Générations, solennel est impressionnant. Il contient les tablettes de dix membres de la dynastie Nguyên. Il faut se déchausser et se déplacer silencieusement devant les mânes des anciens empereurs. Malheureusement nous sommes bien ignorantes et n’arrivons pas à identifier tous ces souverains malgré leur photo. Un pavillon très calme, très coloré plus fantaisie avec des portiques garnis de clochettes et décorés de motifs charmants oiseaux et fleurs, nous a beaucoup plu. C’est l’endroit le plus frais, le moins intimidant, le moins solennel de la Cité Impériale. Nous le quittons avec regrets pressées par de préoccupations prosaïques.
Courses
Je rentre sans complexes dans le plus bel hôtel de Hué : le Saigon Morin. Nous avons pris l’habitude de visiter les hôtels : à Bangkok, l’Oriental à la Havane le Nacional…On peut y trouver des renseignements intéressants. Arrêt ensuite à l’ATM (en vietnamien dans le texte). Non loin de là, se trouve le quartier Routard avec ses agences de voyage appelées ici »Cafés », les cybercafés, les épiceries qui vendent tout ce qu’un Européen peut bien désirer en voyage. Nous pourrons nous renseigner pour les excursions en dehors de Hué.
14H, retour à Riverside,
Le ciel s’est chargé de nuages, il fait lourd. Nous faisons une sieste dans la clim. Je retourne vers 5 heures dessiner les maisons flottantes de la rivière des Parfums. Une grosse goutte et une averse me chasse mais je peux encore assiste à un coucher de soleil en technicolor sur la terrasse du 5ème étage.