Vilnius: première promenade, de la Porte de l’Aube à la cathédrale par Pilies

Porte de l'Aube, entrée de la Vieille ville


l’Hôtel City Gate est idéalement placé devant la Porte de l’Aube, entrée de la Vieille Ville. C’est un petit hôtel :  une cour bordée d’une galerie de bois fleurie de géraniums, une vigne grimpe sur le mur opposé Impression champêtre. La  chambre est simple mais vaste et confortable. La télévision a les bonnes sorties vidéos pour les photos. Il manque juste un frigo mais Maxima est  à 50m et les halles à côté. L’accueil est sympathique. Il y a un ordinateur à la disposition des clients. Nous serons très bien.

Première promenade dans Vilnius

porte de l'aube

Dès que nous passons sous l’arche de la Porte de l’Aube, nous entendons des chants. Dans la loggia se trouve une Madone miraculeuse en robe de feuille d’or et d’argent et au visage noir. Un groupe de femmes est en prières dans la galerie. Un guide italien commente : « vous voyez ici un exemple de piété populaire. » En touristes consciencieuses, on photographie la galerie.

 

 

 

 

Ce n’est pas cela que je suis venue chercher à Vilnius. Depuis Riga, je traine un remords. Je suis à la recherche des absents, des ombres. J’ai mauvaise conscience de passer d’agréables vacances sur les lieux où ils ont été anéantis. J’aimerais trouver au moins des traces du passé. L’Office du Tourisme propose un parcours sur les lieux où plane encore leur souvenir. Nous préparons la promenade avec soin d’après le dépliant, assises à la terrasse d’un café au milieu de la place Svarus (la Place des Français, selon le garçon, en raison de la proximité de l’ambassade de France) sous un  parasol carré près de beaux arbres rafraîchissants.

rue Sikliu, petit ghetto

Le Petit Ghetto est juste derrière la place encadré par les rues Sikliu, Zydu, Gaono et Antolko

. En 1941, 11000 juifs y ont été parqués puis liquidés. Contrairement au Ghetto de Kaunas qui a été rasé et occupé par des maisons modernes, ici, les maisons sont encore là, les rues étroites, tortueuses, pittoresques. Un hôtel de luxe est installé rue Sikliu , un joli restaurant a disposé ses tables. Je les contemple avec stupeur. Comment peut-on faire la fête ici. Il n’y a pas de prescription pour la Shoah. La taille des maisons me surprend : 10 000 personnes dans ce pâté de maisons ? Une plaque de granite rappelle les faits.  La grande Synagogue a été rasée par les soviétiques

monument au gaon de vilnius
monument auGaon de Vilnius

. Le monument au Gaon (ou à la Sagesse Juive) et le nom du Gaon qu’on a donné à la rue rappelle Eliahu Ben, Shlomo Zeiman (1720-1/97). Tête d’homme massive, barbe imposante et sourcils épais.

 

 

 

 

 

Nous parcourons les quartiers historique de la porte de l’Aube jusqu’à la Cathédrale par Pils suivant le flot des badauds. Pour la première fois, nous entendons parler Français. Sur notre parcours nous voyons des étals de souvenirs : tricots à motifs Jacquard, nappes et torchons, objets de bois, bijoux d’ambre ( véritable ???)Dans les jolies boutiques de Vilnius, il y a encore de l’ambre, mais pas au même prix.

Sous la lumière vive, les stucs blancs ressortent, les croix des églises brillent, une énorme couronne enserre le lanternon de la coupole de Saint Casimir. Clochers baroques, moulures surchargées, Vilnius est décorée et pimpante, l’antithèse de Kaunas sous la pluie.

cathédrale de Vilnius

Quand nous arrivons à la Place de la Cathédrale les dimensions m’étonnent. Je n’aurais jamais imaginé des colonnes aussi énormes.

Trakai, le château sur l’île, karaïtes

le château au milieu du lac


La route de Vilnius traverse des forêts magnifiques et sauvages. A l’approche de la grande ville, la circulation devient dense, les dépassements,  dangereux. Malgré les nombreux radars, les limites de vitesse ne sont pas respectées surtout quand il s’agit de grosses BMW ou d’énormes 4×4 aux vitres noires.

Trakai

 

Le château, sur son île, est une véritable carte postale. Un château fort de conte de fées avec ses poivrières pointues, son donjon. Malheureusement, dès la passerelle, la foule se presse. Une guide brandit un parapluie orange et fend la foule pour ouvrir le passage à son groupe.

La visite historique commence dans le donjon par la salle d’apparat (1977-1979).

 Trakai, comme les cités hanséatiques a obtenu son autonomie en 1409 avec les Droits de Magdebourg. Les Karaïtes obtinrent des droits en 1441.

En 1516, le Duc de Lituanie Sigismond I octroya à Trakai deux foires et des droits de pêche dans les lacs. La Renaissance s’imposa à Vilnius grâce à Bona Sforza, duchesse de Milan et de Bari, qui épousa Sigismond I et fit venir des artistes d’Italie.

Trakai perdit ses fonctions administratives et politiques au 17ème siècle avec Stephen Báthory et les guerres avec la Suède. La Lituanie fusionna avec le Duché de Pologne.

Le château de Trakai était en ruine au 19ème siècle quand le Romantisme s’attacha à retrouver les racines du passé. Un ancien soldat de Napoléon, La Beaume, suivant la campagne de Russie revint à Trakai en 1822 et publia l’ouvrage « La campagne de Russie » en 1841.

La restauration du château commença en 1902, sa reconstruction en 1951 et fut complétée brique par brique, pierre à pierre.

Tatars et Karaïtes sont venus en Lituanie à la suite du roi Vytautas quand le Duché de Lituanie s’étendait jusqu’à la Mer Noire et qu’il guerroyait la Horde d’Or. Il les prit comme gardes à Trakai. Nous avons déjà rencontré les Tatars en Roumanie et vu leur mosquée à Kaunas.

la knessa des karaïtes

Les Karaïtes, peuple turc, ont adopté une religion proche du Judaïsme se basant sur l’Ancien testament mais pas sur le Talmud et les traditions postérieures. La maison de culte s’appelle la Kenessa (proche de Beit Knesset).

J’étais très curieuse de visiter le Musée Karaïte malheureusement il est fermé non seulement le lundi mais aussi le mardi. Nous ne connaîtrons des Karaïtes que les petits chaussons au poulet, au mouton ou aux épinards qui nous serviront de déjeuner.

Druskininkai : thermes et curistes

Grand Spa Lietuva

Pour 45 litas, à deux, on nous équipe de montres électroniques. A ce prix, nous n’avons droit qu’à 1 heure à la piscine et non aux saunas, autres douches verticales et  massages qui sont beaucoup plus chers.

Les montres nous ouvrent des tourniquets et ferment les consignes des vêtements. Dès que nous découvrons les bassins c’est la surprise. Sous un vaste dôme, l’espace est bizarrement organisé : une tête monstrueuse cache une grotte sous laquelle se déversent des cataractes. Habitués des piscines rectangulaires, des lignes et des longueurs, s’abstenir! Tout est courbe, les bassins communiquent par des passes cachées. Des arrivées de bulles, des courants contrarient la progression linéaire. Il faut se laisser entrainer dans un couloir circulaire pour aboutir dans un bassin, le tranquille avec ses bulles, le récréatif avec une grosse bouée ballon, un panier de basket. La décoration est délirante : papillons et fleurs multicolores. On peut aussi monter un escalier de ferronnerie Art Nouveau avec une grosse bouée pour s’asseoir et se laisser glisser dans les énormes tubes d’un toboggan. Ou choisir le jacuzzi et l’eau chaude. L’heure passe très vite, trop vite. On regrette de ne pas avoir connu cet endroit  la veille.


 

 

 

 

La ruée des octogénaires

8 heures du matin, le restaurant ouvre. Les curistes se précipitent au buffet très bien garni. On se pousse dans la queue. Certains resquillent. Une très grosse dame a réussi à se servir d’une écuelle de porridge-béton qu’elle espère diluer avec le lait d’une carafe qu’un monsieur lui tend par dessus mon épaule et qu’elle renverse. J’échappe de peu à la douche galactique pour me retrouver poussée par une autre grosse le coude dans le bol de crème fraîche. Pas de crêpes fourrées au fromage blanc comme hier. A leur place, des raviolis à la viande cuits à la vapeur :Délicieux ! les octogénaires ont raflé tous les kiwis quand vient mon tour.

Qui sont ces gens affamés ? Ils parlent Russe mais cela ne veut rien dire : les Russophones sont nombreux en Lituanie. Comment payent- ils leur cure ? A Druskininkai, la vie est chère et les soins hors de prix. La Sécurité Sociale prend elle en charge les cures ? En 20 ans les nouveaux riches ont accumulé des fortunes. Mais ceux-là étaient déjà à la retraite en 1991 et j’ai lu que les retraites aujourd’hui étaient misérables…

Promenade dans les villages autour de Druskinikai

L’Office de Tourisme propose des itinéraires . A partir de la route de Vilnius, nous découvrons de très beaux villages.

la jolie maison toute décorée!

Ziogelai

Quelques maisons de bois, dans de grands jardins, sont nichées au creux de la pinède.  Les planches sont peintes, les granges et hangars en très vieux bois noirci. Chacune a son panier de basket, des balancelles et même le toboggan des enfants a une maisonnette.   Quand nous passons les dames sortent et viennent à notre rencontre mais impossible de communiquer, si nous parlions Russe!

Roduka

volets à coeur!

On arrête la voiture devant une maison très décorée. Partout des phlox éclatants, des pétunias,  La dame nous fait signe. Nous découvrons les petits oursons à la fenêtre, une autre fenêtre avec des chiffons bleus tassés contre le double vitrage, la girouette sorcière, les volets ajourés avec des cœurs, sur l’auvent une sorte de Diable, un salon d’été avec un canapé confortable sous un auvent. La dame épluche des girolles avec sa mère qui porte le même foulard jaune que celui que j’ai acheté en Roumanie à Maramures.  Elles enlèvent juste la mousse et grattent les pieds.

Kesetos

Nous croisons des gens portant des paniers légers avec des champignons recouverts d’un tissu.

Marcinkonys

la gare de Marcinconys

On pourrait visiter une ferme- musée ethnographique, mais elle est fermée le lundi. Nous nous contentons de faire le tour du groupe de maisons en bois brut. A l’entrée, la menthe embaume, contre les fenêtres on a déposé des mousses séchées des lichens et des brindilles. Il y a dans le village des haies de lilas.

La gare est peinte en rose et elle est fleurie. C’est une vraie gare, des gens attendent le train .

A la sortie du village nous trouvons la Maison de la Réserve de Cepkeliu.

Cette Réserve naturelle est strictement interdite. Pour aller découvrir la tourbière et la pinède de la dune morte, il faut un permis qu’on délivre très officiellement en recopiant les numéros de la Carte d’Identité. Il ne fait pas s’éloigner du Sentier de Découverte balisé qui se trouve à quatre kilomètres de là sur une piste plutôt destinée aux vélos qu’aux voitures.

Dans la Maison de la Nature, il y a également deux expositions présentant la faune et la flore, des animaux empaillés et des explications sur la formation des dunes sèches et des lacs, résultats de la Glaciation et de la fonte des Glaciers. Ces dunes continentales ont une flore spéciale avec des bruyères, des œillets (smiltynes) .

la pinède :lichens et mousses

Après la barrière, une piste d’1km traverse la pinède. Au sol il y a surtout des mousses avec de véritables coussinets de lichens et quelques buissons de myrtilles. Les dunes fossiles provenant des déglaciations présentent une flore relique. De la tour d’affût il y a une très belle vue dégagée sur la tourbière. Le sentier d’observation court sur des planches au dessus de la tourbière : on peut observer des sphaignes puis le sentier fait une boucle et remonte dans la dune (50 minutes de marche rapide)

tourbière

Nous allons ensuite à la maison de Juozas Gaidys qui depuis 1929 anime un théâtre de grange .Les acteurs sont les habitants du village et ils jouent la pièce « la vie à Skroblus ».

Druskininkai : Festival Ciurlionis concert

printemps ciurlionis

Tout près de l’hôtel se dresse une grande église en brique. Le Festival Ciurlionis y donne un concert ce soir à 19h30. Quand j’arrive à 19h20, l’église est pleine. Je reste adossée à un pilier. Juste avant le début, une dame qui gardait des places pour des amis, me fait signe de m’asseoir

Programme du concert

Ciurlionis : fugue en Cmineur(orgue)

Telemann : Sonate 3 F mineur (flûte)

Caldara : Aria « se nel ben »

Caccini : Ave Maria

Miskulski

Ciurlinonis

Pakalnis

Poulenc : cantilène

Haendel : « Lascia chio pianga »

Mozart : laudate dominus

Gounod

Ciurlionis

J’aurais aimé que Ciurlionis compositeur me plaise autant que Ciurlionis peintre.la Fugue à l’orgue me semble un peu pompeuse, je ne retrouve ni la légèreté ni l’humour des pastels. Dès que la flûte intervient dans la sonate de Telemann, je prends plaisir au concert. Caldara (découvert à Bologne) et Caccini me plaisent bien, les deux sopranos ont une très belle voix. Je découvre deux compositeurs : Miskulski et Pakalnis.

voici ce que j’ai trouvé sur Youtube de Pakalnis:

Haendel, j’exulte ainsi que pour le magnifique Laudate Dominus.

Poulenc s’accorde bien avec les tableaux, j’aurais bien imaginé Debussy ou Satie.

La « clé électronique » (une carte) de la chambre d’hôtel, est tombée de ma poche  . Heureusement les gens sont honnêtes (ceux qui sortent d’un concert dans une église !) ils l’ont rapporté au bar le plus proche. Nous sommes quittes pour la faire réinitialiser sur l’ordinateur de la réception. <Le réceptionniste qui parle si mal anglais ne nous demande pas pourquoi elle s’est démagnétisée.

Druskininkai : Lipschitz et promenade à pied dans la Station Thermale


Rue Jakubo 17, se trouve le Musée Lipschitz,  une belle maison de bois jaune, une tête sculptée d’homme avec une casquette se trouve devant la porte. Mais le musée est vide !

 

 

http://www.dailymotion.com/video/x2gske_jacques-lipchitz_webcam

 

Sur le même trottoir, une très belle maison blanche, véritable dentelle de bois, est un hôtel.

 

 

 

 

 

 

l'église orthodoxe bleue de Druskininkai

J’arrive à une place : sur le terre-plein carré planté d’une verte pelouse, sous de grands arbre se trouve une ravissante petite église orthodoxe bleue aux bulbes argentés.

Revenant sur mes pas, en face de la maison Lipchitz, une stèle est gravée avec une ménorah en trois langues, Hébreu,  Russe, et Lituanien. Des bougies brûlent, elle est très fleurie. Des fleurs sur une tombe juive ? je m’étonne. Je m’approche et lis que c’est une stèle collective au souvenir du ghetto de Koenigsberg. Si j’avais eu un caillou…Il y a également deux cimetières israélites à Druskinikai.

De la place de l’église bleue, une rue rejoint le Niémen, coupant la rue Vilnius piétonnière et plantée comme une promenade. De là, je découvre les beaux établissements thermaux : le Grand Spa, tout neuf : on devine le mur d’eau qui sépare la piscine du dehors. L’hôtesse habillée de blanc, blonde aux cheveux tirés stricts, on imagine une infirmière suédoise. Deux curistes en peignoir blanc s’accoudent au comptoir. Europa Royal est plus ancien, immense peint vert d’eau. Druskininkai Gydykla est encore plus chic et plus cher. Aquapark est monstrueux avec son plan circulaire, ses toboggans aquatiques, plus parc à thème que ville d’eaux.

Malheureusement les petits kiosques où l’on boit l’eau minérale sont fermés avec les travaux sur la  promenade le long du fleuve. L’un d’eux est décoré de vitraux Art Nouveau .

Au-delà de l’Aquapark, le long de la rivière, dans une très belle pinède, se trouve le plus grand parc d’Accrobranche. De jeunes adultes sécurisés par deux longes se déplacent très haut dans les arbres sur des rondins retenus pas des chaînes qui se balancent. D’autres se lancent sur des tyroliennes vertigineuses. Des câbles ont été tendus sur le Niémen mais je n’ai vu personne s’élancer jusqu’à l’autre rive.

Je rentre par les grands « sanatoriums » de la période soviétiques. L’un d’eux, grand comme Plein Ciel de Melun, est flanqué d’un établissement de briques, à moitié détruit. Incendie, abandon, destruction volontaire ? En face le Sanatorium Belarus englobe une belle villa de bois ; Qui fréquente le Belarus ? Des gens originaires de cette république, distante de quelques kilomètres ? Ou est-ce seulement le nom de l’établissement (il paraît que cette hypothèse soit la bonne, la taxe d’habitation acquittée à la ville de Druskininkai  lui est destinée).

Druskininkai : Parc Grutas

Staline

Le parc Grutas est le parc des statues soviétiques déboulonnées.

J’ai un excellent souvenir d’un  parc analogue près de Budapest où les statues soviétiques ou staliniennes étaient très bien mises en scène. On entrait « sous la botte de Staline » qui écrasait tout à l’arrivée. Les statues, par elles-mêmes étaient intéressantes.

Au parc Grutas l’entrée est de 20 litas,  nous renonçons à l’audio-guide de 40 litas. Les statues sont réparties dans un parc forestier sur deux cheminements cimentés. Les statues sont plantées sous les arbres sans aucun effet particulier. Plusieurs Lénine se succèdent, Staline debout en manteau, Lénine debout en costume 3 pièces, Lénine assis…Puis viennent les dirigeants lituaniens en fin de parcours les partisans ayant combattu les nazis. Là, je tique ! La Seconde Guerre mondiale racontée par le Lituaniens de l’an 2000 ne ressemble en rien à ma représentation mentale personnelle. Partisans, saboteurs, combattants, quel que soit el nom qu’on leur donne, ceux qui ont combattu les nazis auront toujours ma sympathie. Surtout si, comme le suggère la feuille explicative, la majorité sont juifs.

L’homme d’affaire Villimas Malinauska qui a créé le parc voulait faire un véritable parc d’attraction historique imitant Disneyland.

Un wagon et une locomotive à l’entrée évoquent les déportations. Un  théâtre de plein air diffuse des musiques révolutionnaires (y compris Aïda de Verdi). Dans des barques en bois se trouve un restaurant où les serveurs sont déguisés en pionniers avec des foulards rouges. Une autre baraque contient une bibliothèque et ses murs sont tapissés d’affiches. Pour qui ne lit pas le Lituanien, difficile d’apprécier cette mise en scène de l’Agit-prop. Pour moi, une bibliothèque est toujours sympathique comme la sculpture naïve de « la lutte contre l’illettrisme ».

Agit-Prop la Lutte contre l'Illétrisme

Sentiments très mitigés ; tout cela est ambigu.

Ratée aussi, l’ambiance sonore : les haut-parleurs crachotent. Le crachotement st-il voulu ? Il faut tendre l’oreille ; soit on met plus fort, soit on ne met rien !

A la sortie, sur un long mur, sont collés les articles de Presse, en Lituanien, bien sûr mais aussi en anglais ou en Français. Un article de Libération un autre du Monde un article de fond d’une revue québécoise. La construction d’un Disneyland sur le thème du Communisme ne va pas de soi. Aussi bien les partisans de l’ancien régime que les victimes ont réagi. L’homme d’affaires invoque la pédagogie, encore faut-il que ce soit bien fait !

Arrivée à Druskininkai : maison de Ciurlionis

maison de Ciurlionis


La campagne qui sépare Kaunas de Druskininkai (130km) n’est pas exotique. Une plaine, quelques collines, des voitures assez nombreuses pour un dimanche matin. Nous avions pris l’habitude des routes vides en Estonie et en Lettonie. Seule ville sur la route : Alytus, frôlée par une rocade, grands immeubles, usines au loin. Les villages ont plutôt pauvres et peu soignés, les maisons grises au crépi écaillé. A l’approche de Druskininkai on retrouve une forêt de pins.

La petite ville thermale paraît neuve avec ses larges avenues, ses supermarchés et ses affiches vantant un Centre aquatique. Le plan de la ville est payant à l’Office de Tourisme.

L’hôtel Ivolita est un bâtiment de deux étages murs beiges avec un toit de tôle marron qui recouvre le deuxième étage. Le réceptionniste parle très mal anglais. Il est embêté parce que nous arrivons trop tôt et qu’il ne sait pas nous dire que la chambre n’est pas prête.

ciurlionis

La maison de Ciurlionis est derrière notre hôtel. Très fleurie : topinambours jaunes et d’œillets d’Inde orange. Ciurlionis avait emprunté de l’argent à ses amis pour acheter la maison et il  les recevait dans la maison voisine en    remerciements ; la maison est meublée avec ses pianos. Dans une troisième maison, plus grande, deux pièces d’exposition montrent les mêmes compositions (tempera) que  nous avons vues à Kaunas et des esquisses de préparation.

ciurlionis

Kaunas – promenade en voiture

Laisves Aleja – les « Champs Elysées » de Kaunas, une très longue avenue terminée par l’église orthodoxe Saint Michel Archange. Cette artère de près de 2km est piétonnière. Au centre une double haie de tilleuls et sur les côtés les trottoirs les plus larges dalles de ciment, vide, disproportionnée. Disproportion, vide, me font plutôt penser à Bucarest qu’aux Champs Elysées. Laisves Aleja est bordée de boutiques de luxe – plutôt genre Nike que Cardin ou Giorgio Armani !

mosquée tatare de kaunas

 

Nous déjeunons dans le Parc Ramybes où se trouvent deux églises orthodoxes et la petite mosquée tatare blanche avec coupole et minaret. Le parc est proche de la Gare des cars Eurolines

Synagogue chorale de Kaunas

La « synagogue chorale » se trouve rue Ozeskienes – fermée. Logique, un samedi ! De l’autre côté de la rivière nous allons voir l’emplacement du ghetto où étaient concentrés les Juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale. Comme on pouvait s’y attendre, à la place il y a des maisons modernes, HLM soviétiques ou petits pavillons. J’aurais regretté de ne pas y être allée.

La maison de Chiune Sugihara, le Schindler japonais, consul du Japon qui a sauvé des 6000 Juifs lituaniens en leur donnant des visas est fermée le samedi.

Nous n’irons pas au IX ème fort ou 80 000 Juifs de Kaunas et même de France sont morts. Je n’ai pas le courage d’imposer à Dominique, réticente, cette visite ; pas le courage non plus pour moi d’ailleurs.

Nous avons vu la plupart des « points d’intérêt » de la ville. En quête d’une vue générale nous allons à l’arrivée du funiculaire espérant avoir un panorama intéressant. Raté !

La colline porte une église en béton Eglise de la Résurrection du Christ que le Guide Vert compare successivement à un radiateur géant, un grille-pain ou un hôpital aseptisé. C’est surtout la démesure qui étonne. Encore un spectacle amusant : une noce quitte le parking suivant une limousine noire grande comme un autobus sur laquelle sont collés des œillets blancs en plastique(existe aussi la version marguerites) Une autre noce se prépare et une jeune fille a bien du mal à garder sa robe noire que le vent remonte et à verser dans des flûtes en plastique le mousseux à l’avance. Le vent est glacial !

Monastère de Pazaislis

On quitte la ville en direction de la Mer de Kaunas, un lac de barrage aménagé avec des plages. La pluie tombe et nous n‘avons guère envie de nous promener. Construit et décoré par des architectes et des peintres toscans, ce monastère baroque est richement  décoré de marbres roses et de fresques ? Celles de la sacristie sont belles. D’autres ont des couleurs passées rose-orangé.

Trop tard pour visite rue Zamenhof le Musée de Musique traditionnelle. Que cette rue soit nommée Zamenhof me console un peu Zamenhof est cher à mon cœur.

Comme la pluie a cessé, nous retournons rue Vilnius. Trop tard pour les magasins qui sont fermés, trop tôt pour les cafés et restaurants vides.

Kaunas semble pauvre, un peu minable, ex-capitale méritant une restauration qui n’est pas arrivée. Avec un peu de peinture elle aurait pu être comparée à Sibiu qui lui ressemble un peu.

fresques

Kaunas : Musée Mikalojus Konstantinas Ciurlionis

sonate de la mer


Deux étages sont dédiés aux œuvres de ce peintre datées de 1905à 1911, le plus souvent des pastels d’assez petite taille. Tout un mur est occupé par une SymphonieFunéraire composée d’une dizaine de tableaux : au centre la mort et sa faux, à gauche la procession avance au lever du soleil tandis qu’à droite elle s’éloigne dans la nuit.

Des sièges ronds très confortables installés au milieu de la salle ; permettent d’avoir une vue panoramique. On peut rester un bon moment pour découvrir ces peintures qui recèlent de nombreux symboles et des traits d’humour.

 

Un curieux tableau représente à première vue, un paysage avec un arbre à la silhouette  arrondie, encadré par 4 cyprès d’un côté et 3 de l’autre. En observant mieux, on se rend compte que les cyprès sont les doigts d’un grimpeur qui s’agrippe au sommet d’un rocher tandis que l’arbre rond est le haut de la tête de l’homme.

Après avoir examiné ce tableau, nous sommes beaucoup plus attentives aux contenus cachés.

Dans la Série de la Création du Monde, en 13 tableaux, je n’aurais jamais vu la main de Dieu au dessus du Tohu-bohu bleu profond dans un ciel bleu plus clair. Insensiblement le bleu passe à des couleurs plus vives dans les autres tableaux du polyptiques, des rouges dans la création des plantes au vert.

L’hiver est célébré en huit tableaux, 12 pour le zodiaque.

Les groupes de tableaux sont organisés selon des formes musicales : symphonies, prélude et sonates. J’aime beaucoup la Sonate de la Mer. Au rez de chaussée, une exposition raconte la vie de Mikalojus Konstantinas Ciurlionis (1875-1911)

Dans les vitrines, je découvre les partitions de la Sonate de la Mer, ce qui ne m’étonne pas du tout tant la présence de la musique était présente dans sa peinture. Ciurlionis fit des études musicales dans les conservatoires de Varsovie et Leipzig. En 1908, il s’installa à saint Saint-Pétersbourg et mourut très jeune en 1911 d’une pneumonie.

site du musée et renseignements