
l’Hôtel City Gate est idéalement placé devant la Porte de l’Aube, entrée de la Vieille Ville. C’est un petit hôtel : une cour bordée d’une galerie de bois fleurie de géraniums, une vigne grimpe sur le mur opposé Impression champêtre. La chambre est simple mais vaste et confortable. La télévision a les bonnes sorties vidéos pour les photos. Il manque juste un frigo mais Maxima est à 50m et les halles à côté. L’accueil est sympathique. Il y a un ordinateur à la disposition des clients. Nous serons très bien.
Première promenade dans Vilnius

Dès que nous passons sous l’arche de la Porte de l’Aube, nous entendons des chants. Dans la loggia se trouve une Madone miraculeuse en robe de feuille d’or et d’argent et au visage noir. Un groupe de femmes est en prières dans la galerie. Un guide italien commente : « vous voyez ici un exemple de piété populaire. » En touristes consciencieuses, on photographie la galerie.
Ce n’est pas cela que je suis venue chercher à Vilnius. Depuis Riga, je traine un remords. Je suis à la recherche des absents, des ombres. J’ai mauvaise conscience de passer d’agréables vacances sur les lieux où ils ont été anéantis. J’aimerais trouver au moins des traces du passé. L’Office du Tourisme propose un parcours sur les lieux où plane encore leur souvenir. Nous préparons la promenade avec soin d’après le dépliant, assises à la terrasse d’un café au milieu de la place Svarus (la Place des Français, selon le garçon, en raison de la proximité de l’ambassade de France) sous un parasol carré près de beaux arbres rafraîchissants.

Le Petit Ghetto est juste derrière la place encadré par les rues Sikliu, Zydu, Gaono et Antolko
. En 1941, 11000 juifs y ont été parqués puis liquidés. Contrairement au Ghetto de Kaunas qui a été rasé et occupé par des maisons modernes, ici, les maisons sont encore là, les rues étroites, tortueuses, pittoresques. Un hôtel de luxe est installé rue Sikliu , un joli restaurant a disposé ses tables. Je les contemple avec stupeur. Comment peut-on faire la fête ici. Il n’y a pas de prescription pour la Shoah. La taille des maisons me surprend : 10 000 personnes dans ce pâté de maisons ? Une plaque de granite rappelle les faits. La grande Synagogue a été rasée par les soviétiques

. Le monument au Gaon (ou à la Sagesse Juive) et le nom du Gaon qu’on a donné à la rue rappelle Eliahu Ben, Shlomo Zeiman (1720-1/97). Tête d’homme massive, barbe imposante et sourcils épais.
Nous parcourons les quartiers historique de la porte de l’Aube jusqu’à la Cathédrale par Pils suivant le flot des badauds. Pour la première fois, nous entendons parler Français. Sur notre parcours nous voyons des étals de souvenirs : tricots à motifs Jacquard, nappes et torchons, objets de bois, bijoux d’ambre ( véritable ???)Dans les jolies boutiques de Vilnius, il y a encore de l’ambre, mais pas au même prix.
Sous la lumière vive, les stucs blancs ressortent, les croix des églises brillent, une énorme couronne enserre le lanternon de la coupole de Saint Casimir. Clochers baroques, moulures surchargées, Vilnius est décorée et pimpante, l’antithèse de Kaunas sous la pluie.

Quand nous arrivons à la Place de la Cathédrale les dimensions m’étonnent. Je n’aurais jamais imaginé des colonnes aussi énormes.





















