La cité rupestre de Zungri et les spécialités gastronomiques

CARNET DU MEZZOGIORNO (CALABRE)

Cité rupestre de Zungri

Une belle affiche « la cité des pierres « nous avait attirées. Zungri est éloigné d’une vingtaine de km en passant par Ricadi et Spilinga.

Aqueduc de Spilinga

2km après Spilinga, au détour de la route, un aqueduc court dans les olivaies, une chapelle jaune complète l’ensemble charmant ; Il ressemble à un aqueduc romain mais il est récent (19ème ). On s’élève sans s’apercevoir sur le plateau de Monteporo, qui culmine à 711 m, cultivé de blé (moissonné on voit les grosses roues de paille) mais aussi parcouru par les troupeaux de moutons.  Nous parcourons une campagne tranquille après les côtes urbanisées.   Des petites maisons abandonnées aux toits de tuiles crevés nous attristent.  Les occupants ont-ils quitté la Calabre pour le nord de l’Italie ou l’Amérique, ou plus simplement, ont-ils préféré le confort des grosses maisons à étage en ciment des villages, ceinture grise de béton ?

maquette de la cité rupestre

Les billets sont vendus au Musée Ethnographique qui raconte la vie paysanne au 20ème siècle exposant des outils, des photos anciennes, des vêtements, robes de mariées 19ème siècle ou combinaisons des années 60, outils agricoles, machine à trier les noisettes, tourne-disque avec des 45 tours, et dans la bibliothèque les discours de Mussolini 1924-1928/

La cité rupestre est dans la falaise qu’a entaillé le cours d’eau Fiumara Malopera noté « fleuve intermittent ».

 Le sous-sol est composé de Calcarénite Miocène/Pliocène contenant des fossiles marins Crasostréa glyphoides (Huitre),  Amphiopes (oursin) et Clypeaster(oursin), Térébratules.

Ces niveaux de calcarénite sont surmontés de tufs Pléistocène.

La calcarénite, de texture assez grossière, se taille très bien ; la cohésion est assez bonne pour conserver les structures anciennes. De Chypre à la Sicile, j’ai vu ds tombes et des catacombes dans la calcarénite.

Cet habitat rupestre est très ancien. D’après un cartel : » le Plateau de Poro a vu la migration des moines orthodoxes fuyant les Arabes et les persécutions iconoclaste auxquelles ils étaient sujets dans leur pays se refugièrent au sud de l’Italie. Ces grottes furent utilisées comme granges, ermitages ou monastères où les moines byzantins suivaient la règle de Saint Basil. ».

De ces cellules d’ermites ou de cette communauté monastique, on ne retrouve pas grand-chose, à part peut-être un poisson gravé dans un dôme. Pas d’églises comme en Cappadoce. En revanche, les installations agricoles, un pressoir à vin rectangulaire, une cuve ronde.  De belles formes arrondies comme des jarres, mais en creux, étaient destinées à recevoir du grain ? Des maisons ont été creusées, les façades évidées dans la roche ressemblent aux façades des maisons traditionnelles. Certaines sont maçonnées. Ces hypogées résidentiels ne différent pas d’un village en pente, bâti de chaque côté d’une rue étroite et de ruelles en escalier. Parfois on remarque les traces d’un étage. Un toit en tuile couvrait certaines maisons.

Je suis étonnée de la complexité des structures qui combinent l’utilisation de la falaise en troglodyte avec des niches, caves creusées et les constructions maçonnées ? Certains passages sont si étroits que je n’arrive pas à m’y faufiler. Peut-être une cachette ? ou une chatière ? Deux pièces au plafond évidé en coupoles communiquent, dans la seconde une sorte d’estrade a été taillée. Aucune destination indiquée à cette structure. Un panneau semble indiquer qu’elle aurait été utilisée comme silo à grain.

Le site est très étendu. Un sentier en balcon court à mi-pente. Les herbes hautes me griffent els jambes, peut-être n’est-ce pas prudent d’avancer. La promenade se termine sur une placette près d’une source où capillaire et fougère croissent dans l’humidité d’une source.  Je remonte en m’aidant de la main courante et d’une corde tant certaines marches sont hautes et usées.

Sur la route du retour nous achetons du fromage dans une fromagerie artisanale de Spilinga  qui commercialise des produits locaux : mozzarella fraiche et séchée, fromages de chèvre, provolone avec des inclusions rouges de piment. Ne goûte à la spécialité de Spilinga : la Nduja, une sorte de saucisson mou à tartiner rouge du piment rouge de Calabre. Avant de l’acheter, je goûte une bruschetta portant une couche généreuse. La Nduja est piquante, comme de la harissa. Je croque avec précaution la tartine. C’est vraiment trop piquant pour moi. Il existe aussi une version douce de la Nduja mais elle se vend en grosses saucisses que je n’arriverai pas à terminer d’ici 3 jours et qui ne sera pas transportable avec la chaleur.

oignons de Tropea

Midi, nous mangeons tranquillement sur notre terrasse d’une omelette aux oignons de Tropea (encore une spécialité locale) ; doux et délicieux. Après ce repas léger j’essaie encore une spécialité : le Tartufo de PIzzo, une 8glace artisanale que le Limoneto propose au bar. Les glaces industrielles proposent un gros dôme de chocolat sous la nom de tartufo. C’est plutôt une tranche de chocolat claire et une autre tranche à la noisette. A l’intérieur il y a du chocolat noir liquide. Par cette chaleur, il faut faire vite avant que tout ne fonde.

 

15h30, direction Capo Vaticano où il y aurait deux belvédères et deux parkings. Je compte me choisir une plage. Le Navigatore ne fait aucune difficulté à accepter cette direction. Capo Vaticano n’est pas le cap rocheux désert que j’imaginais.  Il est construit, même très construit. Des autocars stationnent devant les hôtels, nous cachons la petite route que le GPS nous indique avec insistance. Nous ne trouvons pas les belvédères mais le parking de la plage Groticello complet (il en existe un privé et payant plus haut mais plein soleil. A la plage de Santa Maria nous avons plus de chance. Nous sommes déjà venues sur cette plage dimanche et la mer était agitée. Aujourd’hui elle est calme, l’eau est transparente et j’ai chaussé les petits chaussons bleus qui ne sont même pas indispensables. Je reste près d’une heure et demie dans l’eau à faire de grands parcours d’une bouée à une autre. Je m’amuse à regarder le fond mais ne vois aucun poisson. Je regrette d’avoir laissé le masque à la maison.

Dîner de pastèque et de fromage sur la terrasse.

Je continue la lecture de Roger II de Sicile de Pierre Aubé. Les rivalités entre les deux papes ou antipapes Anaclet et Innocent II se prolongent. Les révoltes des barons normands m’ont lassée. Je commence La Pyramide de Boue de Camilleri et la savoureuse traduction de Quadruppani. J’avais oublié comme c’était drôle. J’éclate de rire toute seule avant de trouver le sommeil.

 

 

 

 

Hicham Berrada au Louvre-Lens

ESCAPADE NORDISTE

Nuages? Feuillages? vaisseaux sanguins?arborescences? sur les vitres de la Galerie

Hicham Berrada est ce plasticien un peu chimiste, un peu informaticien qui invente des univers minuscules dans des bocaux, cristallisoirs  où il fait varier différents paramètres (température, acidité, conductivité etc…) pour observer des phénomènes de précipitation, cristallisation, corrosion, sédimentation, érosion… qu’il filme dans des vidéos poétiques ou qu’il moule et met en scène dans des aquariums. 

un monde dans un aquarium

J’avais déjà rencontré ses œuvres dans le Parc de Versailles pour un Voyage d’hiver 

mais ces univers minuscules étaient perdus dans les bosquets.

Seconde rencontre à l’Abbaye de Maubuisson

près de Pontoise et j’avais été bluffée par cette chambre d’or et par les vidéos

un autre petit univers minéral

Aquariums, vidéos des expériences de chimie artistique, il ne faut  pas oublier les installations créées pour le lieu de résidence ni l’utilisation des algorithmes pour des créations en même temps aléatoires et maîtrisées.

L’art contemporain est une conclusion logique de la Galerie du Temps qui ne peut s’arrêter à l’art classique. Cependant, pour la comparaison, la barre est haute et se trouver confronté à de tels chefs d’oeuvres n’est pas forcément un avantage pour un plasticien, même reconnu.

Iles Eoliennes

CARNET DU MEZZOGIORNO (SICILE)

Stromboli

L’excursion est bien organisée. Une navette vient nous chercher à 7h dans le virage juste à côté du cancello. Au port, à Tropéa, notre bateau n’est pas encore là, il est pris d’assaut dès son arrivée pour occuper les sièges du pont découvert. Nous trouvons des banquettes bien rembourrées en bas ; Dominique sera bien à l’ombre  et je bougerai tout le long de la traversée.

Trois îles au programme : Vulcano, Lipari et Stromboli.

Vulcano

Nous quittons Tropea , ses falaises et son église sur le rocher, le navire vire au large. Presque deux heures en pleine mer sans rien à voir ? Rien, si ! La guide crie d’excitation « Delfini ! » Je monte sur le pont. Toute une troupe de dauphins, je n’en ai jamais vu autant, ils sautent, font des pirouettes avec un mouvement d’ensemble, une véritable chorégraphie. Ils suivent longtemps le sillage du bateau et sautent dans l’écume. Evidemment, je ne réussis pas à les filmer, il y a toujours une tête, un bras, une perche à selfie dans le viseur. Ces selfies sont vraiment ridicules.  Que des adolescentes prennent la pose, c’est de leur âge. Quand il s’agit de Russes largement ménopausées, mais très apprêtées, qui se recoiffent et minaudent et qui s’échangent les clichés sur leurs téléphones, c’est affligeant. Parmi les passagers, il y a un bon tiers d’Allemands, autant de Russes et le reste des Italiens et de rares Français. Le voyage est commenté en Italien d’abord, puis en Anglais, en Russe et enfin en Français. La guide francophone, Manuela, est très sympathique et vient souvent prendre de nos nouvelles.

Un peu avant 10 heures, nous approchons de Vulcano et de Lipari qui sont voisines. Vulcano est un volcan, de son cratère blanchi on devine des fumerolles. Ses roches sont très colorées, rouge, jaune mais aussi turquoise et vert.

Bains de boue sur Vulcano

1h30 d’arrêt sur Vulcano. Au choix, des bains de boue chaude (+ de 35°C) 3€ l’entrée et 1€ jeton pour la douche ou une baignade gratuite sur la plage de sable noir. Je choisis la boue (j’aurais trop regretté se ne pas avoir sauté sur l’occasion) ; Un bassin contient une eau boueuse agitée de bulles, jacuzzi naturel. Seules les têtes de baigneurs émergent, ils ressortent couverts de boue(c’est le but de garder cette boue le plus longtemps possible, elle est censée guérir les affections rhumatismales ou dermatologiques). Pour simplifier les déshabillages je décide de me baigner en slip et soutien-gorge blancs, ils seront sales et gris de toutes les façons. La boue est vraiment diluée, rien à voir avec Lidia en Macédoine. Ce n’est pas une expérience exceptionnelle. Je respire les émanations sulfureuses et m’attarde devant les dépôts de soufre puis fils me débarrasser de la boue sous la douche. Je me suis rhabillée trop tôt : il existe un accès à l’eau de mer par des rochers noirs fumants ; J’aurais pu également me baigner dans la mer.

Affleurement de soufre

Quand j’arrive sur la plage noire, c’est trop tard. Je me contente de marcher les pieds dans l’eau. Le sable noir est recouvert par des graviers beiges par endroits. Avec ses installations de plage trop nombreuses, elle a perdu de son charme. Je flâne dans la rue pleine de boutiques qui proposent des blocs de soufre, des pierres ponces, de l’hématite et des bombes, ou plutôt des géodes coupées en deux. Galerie marchande sans intérêt qui vend aussi t-shirts, paréos et chapeaux pour les touristes imprévoyants. Je regarde avec envie le cratère fumant au-dessus du port ; pas le temps de s’approcher, il faut déjà remonter à bord.

Tour de LIpari

15 minutes de traversée entre Vulcano et Lipari où débarquent les passagers qui n’ont pas payé le supplément « tour de l’île »(10€). A petite vitesse le bateau s’approche des rochers spectaculaires dressés en pleine mer comme des colonnes géantes (60 m pour la plus haute) , ou rougeâtres de lave solidifiée en formes bizarres qui permettent d’imaginer un profil ou un cheval…couleurs changeantes passant du rouge au noir avec des traces vertes. Devant une petite arche un beau voilier blanc a jeté l’ancre. La piscine de Vénus est une piscine naturelle d’eau turquoise, on raconte qu’Aphrodite, après avoir trompé Héphaïstos, y aurait retrouvé sa virginité.  Le petit tour enchanteur a duré une heure.

Escale d’une heure et demie à Lipari pour déjeuner ou visiter la ville. Sur le port on trouve bars et terrasses des restaurants. La capitale de Lipari est une vraie ville.   La rue qui monte à l’acropole est construite de belles maisons de pierres avec des porches sculptés et des balcons aux ferronneries arrondies pour les robes à paniers des belles dames , nous sommes bien en Sicile ! Le symbole de Lipari est un cercle de fer forgé aux coins des balcons avec deux épées normandes qui se croisent et coupent les vents.

Lipari : port et Acropole

Acropole

Sur l’acropole est construit le château médiéval et une grande église baroque.  Je monte l’escalier théâtral jusque la cathédrale baroque en peinant un peu sous la chaleur de midi. Dans un jardin sont exposés les sarcophages antiques grecs ou hellénistiques. Un site archéologique livre des ruines grecques ou romaines. Différents bâtiments du château sont occupés par le Musée Archéologique : salles de Préhistoire, salles grecques et romaines, salle consacrée à la Géologie de l’île. Cela me passionnerait mais la billetterie est déserte. A un homme qui passait par là, je demande si le musée est ouvert ou fermé. Geste d’impuissance « pomeriggio… »

Lipari sous le signe du corail

La plupart des passagers sont allée au restaurant, je rapporte au bateau deux arancini. Comme il reste encore un petit quart d’heure je m’installe pour un café et mange une délicieuse glace pistache-citron. Il me faut courir avant que le marin ne retire la passerelle.

1h10 entre Lipari et Stromboli en longeant un moment Panarea (l’île de la jet-set) qui a donné son nom à notre bateau « Magic Panarea ». Face à l’île deux îlots rocheux. Je ne veux pas rater l’arrivée au Stromboli et monte sur le pont supérieur. Il approche , j’ai déjà pris une bonne dizaine de photos et j’étais d’abord impressionnée par ce cône parfait avec un cône plus récent emboîté ; quand soudain un panache s’élève : une éruption ? Je suis toute émue. J’avais presque oublié que Stromboli est un volcan actif ! Je guette les projections ; Une colonne de vapeur d’eau blanche s’élève, parfois une petite émission grise.

Au large de Panarea

 

En bas, Dominique profite de l’écume du bateau an premier plan pour faire des photos superbes.

En s’approchant encore, on voit une face gris plus foncé, pierrier géant des émissions récentes pas encore érodées. Je suis toute excitée. Sur les côtés la végétation a colonisé la pente et les coulées anciennes.

Stromboli et son panache

1h30 à Stromboli. L’ascension compte 3h à la montée et 2 à la descente, il faudrait rester une journée entière ou passer la nuit. Je visite donc le village de maisons blanches, cubiques avec des lauriers roses et des bougainvillées débordant des murs. Enseignes colorées. On se croirait dans les Cyclades. Tourisme de passage, tourisme sportif, vulcanologie. Ailleurs on louerait des voitures, des vespas ou des quads, à Stromboli on loue des chaussures, des bâtons de marches et des casques (j’avais oublié les bombes). L’église est baroque et toute blanche.Nuages baroques, lustre ,quel luxe pour une si petite paroisse. Les putti musiciens sont groupés par trois au sommet des chapiteaux, nous sommes bien en Sicile !

Stromboli

Plage de galets noirs, à structure spongieuse comme de la ponce ou des scories arrondis par la mer mais peu confortable pour s’asseoir, encore moins pour marcher pieds nus. Il me reste une bonne demi-heure pour nager dans une eau d’une transparence exceptionnelle, à l’ombre du volcan elle parait bleu foncé.

Stromboli et ses maisons blanches

1h30 pour rentrer au port qui passent très vite à trier nos nombreuses photos. L’équipage annonce au micro la répartition des passagers dans les navettes et les cars qui nous ramènent aux différents hôtels. C’est vraiment très bien organisé !

De retour au gîte sous une très belle lumière, je guette le coucher du soleil. Et le voilà encore : le Stromboli ! La visibilité est parfaite ; je retourne à la nuit tombée, espérant un feu d’artifice du « phare de la Méditerranée » mais c’est vraiment trop loin.

Homère au Louvre-Lens

ESCAPADE NORDISTE

Homère, tapisserie des Gobelins, carton Ingres
Homère, tapisserie des Gobelins, carton Ingres

Pour Homèreje traverserais la Méditerranée!

j’ai juste pris le train pour Lens.

Exposition temporaire Homère 27 mars 2019 – 22 juillet 2019

Les dieux de l’Olympe et Twombly

Les dieux de l’Olympe nous accueillent, plus grands que les mortels, perchés sur des piédestaux ronds. Ils proviennent de la gypsothèque du Louvre :  Arès de Leptis Magna, Apollon du Belvédère de Leochares, Zeus de Phidias et les déesses, bien sûr, Athéna, Héra Farnèse d’après Polyclète, Aphrodite du Capitole….Ils sont confrontés à eux œuvres contemporaines un grand tableau de Twombly, blanc avec un graffiti rouge : Achille pleurant la mort de Patrocle, et en face une tapisserie rouge d’après David Boeno où sont écrits des extraits du Chant IV de l’Iliade, noir et rouge, rouge le sang, qui est aussi qualifié de « sang noir » dans le poème. 

Le poète et sa lyre peut être Homère?

transition : Polymnie, la muse de la rhétorique et Un poète assis tenant une lyre

Les images d’Homère

Rien ne prouve qu’Homère ait existé, mais selon Pline « On se représente par l’imagination ceux qui n’existent pas, par l’effet des regrets qu’on éprouve, on prête els traits à ceux dont la tradition ne nous a pas permis la ressemblance »

Homère est assimilé à Démodocos, l’aéde de l’Odyssée.

4 bustes antiques, ou d’après l’antique, représentent Homère. Il a inspiré, de nombreux artistes  du 19 ème siècle: Ingres a dessiné le carton de la grande tapisserie, David d’Angers, Corot, Pradier.

J’ai bien aimé le portrait d’un Italien du 17ème qui la dessiné en mendiant.

Anachronismes

En référence à Schliemann on a rassemblé des « objets homériques » comme ce poignard mycénien de bronze et argent(1500 av-JC) le casque à dents de sanglier (cité dans l’Iliade) .

Sur un ostracon : le 1er vers de l’Iliade (580-640 après JC) écrit en grec et le cahier de l’écolier Théodoros…

De très vieilles éditions d’Homère : un papyrus de l’Odyssée (225-200 après JC) une édition imprimée de 1488, sont aussi des témoignages émouvants.

L’Iliade

La suite de l’exposition illustre les épisodes les plus marquants de l’Iliade :

La colère d’Achille – Fournier

La colère d’Achille (Coypel 1711, Fournier 1881, Giovanni battista Gauli dit Baciccio)

La colère d’Achille Corypel

Le départ d’Hector(Coypel, Carpeaux, Gustave Moreau – Hélène sur les remparts.

Achille affrontant le fleuve Scamandre – épisode spectaculaire que j’avais oublié (Jourdy 1831 et Schopin 1831, avec une étrange ressemblance entre les deux tableaux où le fleuve est personnifié)

Hector tiré par Achille a été peint par Rubens c’est une composition préparatoire à une tapisserie.

La mort de Sarpédon :  grand tableau de Gustave Moreau

Au milieu des cimaises modernes, des vases antiques et un sarcophage (200après JC)

Raphaël  : Le Jugement de Pâris

Le Jugement de Pâris : Watteau et Carrache, une grande tapisserie de Raphaël

Tous les grands(ou presque) sont présents

Odyssée

Scylla

Les monstres: Je suis surtout intéressée par les représentations antiques de Scylla (nous en revenons) et des autres monstres, Sirène, Cyclope….

Ulysse aveuglant le Cyclope

J’ai bien aimé les tableaux de Chagall, mais j’aime toujours Chagall!

Les figures féminines : 

Bourdelle :Pénélope

Calypso de marbre, Pénélope de Bourdelle

Et pour finir, un très beau Derain: le retour d’Ulysse

Derain : retour d’Ulysse

Peut-on rire avec Homère? sûrement, avec les caricatures de Daumier! et un Bûcher du Poète Percy Schelley bien satirique

Et pour finir une vidéo contemporaine IL Canto di Ulisse de Manon Recordon raconte un naufrage de migrants au large de Lampedusa.

 

 

 

 

Pizzo

CARNET DU MEZZOGIORNO (CALABRE)

Pizzo : château aragonais

Pizzo, comme Tropea est construite sur la falaise dominant la mer. Au programme de la visite : le château aragonais où Murat fut fusillé en 1815, le fameux tartufo : truffe de chocolat glacé qu’on déguste sur les terrasses de la Place de la République et une grotte transformée en chapelle.

Le Centro storico est interdit aux voitures qu’il faut laisser au parking. Un parcours piétonnier est balisé par des sentes et escaliers. La ville est petite, j’arrive rapidement à la Fontaine Garibaldi – autre figure historique avec Murat. Garibaldi, ce n’est pas très original, j’ai même vu la maison où il a fait une sieste !

Dans les rues sans voitures, les habitants ont sorti des chaises sur le pas de la porte et installé de grosses potées de plantes vertes ou fleuries. Comme à Tropea, les porches des maisons et des palais sont sculptés et imposant. Quand ils sont en granite c’est souvent un bossage en pointe de diamant ; Devant le Palazzo Zimatore (hôtel) des jasmins grimpent à la façade et embaument.

Le Corso Garibaldi est animé avec quelques boutiques pour touristes avec des oignons de Tropéa en guirlandes avec les piments rouges de Calabre. Joaillerie à base de corail, des vêtements.  Les chaussures sont particulièrement bon marché. Il y a des sandales pour 20€ et des robes de plages pour 10€, si les valises étaient moins pleines, je me laisserais bien tenter.

La Piazza República est occupée par de belles terrasses où l’ont sert le fameux Tartuffo . Ce n’est pas l’heure, dommage.

Au fond, une petite esplanade avec une estrade pour les festivités. De là, la vue est belle sur le château et la mer.

Le petit château (50mx74mx38m) est situé en contrebas. Ses murs sont agrémentés de plantes qui égaient le granite gris. La première construction angevine ne comprenait que la grande tour et faisait partie du système de défense angevin contre les incursions des Sarrazins. Cent ans plus tard, Ferdinand d’Aragon a continué la fortification de nombreux châteaux de Calabre de 1481 à 1485 lui adjoignant deux tours rondes et des pièces d’artillerie. Une partie du château fut détruite par un séisme en 1783, reconstruit en 1790.

Le procès de Murat

L’épisode de la captivité de Joachim Murat. Succédant à Joseph Bonaparte comme Roi de Naples en 1806, Murat a refusé les conclusions du congrès de Vienne. De Corse, il organisa une expédition militaire pour reconquérir son royaume. Le 8 Octobre 1815, une flotte composée de 3 bâtiments aborda le rivage de Pizzo. Murat voulu se faire reconnaître de ses sujets « vous ne reconnaissez pas votre roi ? ». Il fut capturé et emprisonné. On a reconstitué la cellule où ses compagnons furent incarcérés, celle de Murat et la pièce où le tribunal a siégé. Murat, ayant refusé de comparaître à son procès, il fut condamné par contumace puis fusillé. On peut lire la lettre que Murat écrivit à Caroline Bonaparte, sa femme et à ses 4 enfants. J’aime bien visiter les lieux habités par une histoire.

Piedigrotta

La chapelle est située à 1km au nord de Pizzo. Un grand parking et un escalier sont aménagés. La légende raconte qu’en 1632, un navire venant de Naples transportant le tableau de la Madone fit naufrage pendant une tempête. L’équipage nagea ainsi que la cloche du bateau et le tableau. Malgré deux orages, la Madone retourna à la grotte. (j’ai déjà entendu une histoire similaire !)

Pizzo : piedigrotta

A la fin du 19ème siècle Angelo Baron a élargi la grotte et commencé à sculpter les statues. L’ensemble est saisissant dans le style naïf.

Au pied de la chapelle deux très jolis bassins ronds sont ourlés de sable blanc. L’eau est turquoise et me fait très envie.

PIzzo : piscines naturelles sous la Grotte

Nous allons chercher une plage avec un parking accessible, une terrasse ombragée. Nous remontons sur la S22 et nous trouvons tout de suite le restaurant qui est complètement vide ; je suis surprise qu’on nous accueille et que els plats figurant au menu soient servis. Les gnocchi et les langoustines sont nappés d’une sauce au curcuma savoureuse Les langoustines sont fendues en deux. Mes pâtes sont enveloppées dans une papillote géante en aluminium qui contient beaucoup plus de fruits de mers que pâtes (linguines) couteaux que ne n’avais jamais goûtés, un peu élastiques mais bons, de nombreuse peties palourdes (vongole) des moules , 4 crevettes roses et des poulpes très tendres.

 

 

 

 

Un jour à Lens

ESCAPADE NORDISTE

La Gare de Lens et son beffroi

1h10 de TGV : un saut de puce! Depuis longtemps, l’idée de visiter le Louvre-Lens faisait son chemin. 

Les mineurs mosaïque Gare de Lens

A la sortie du train, en Gare de Lens, je suis surprise :

Les terrils de Lens

me voici loin de la Région Parisienne, le paysage a changé, les maisons de brique, les terrils qui se profilent, l’accent des gens à qui je demande mon chemin. Me voici en voyage!

Street Art : mineur et foot

25 minutes à pied, à travers Lens et un parc arboré qui remplace le site minier. Je marche commodément sur ce qui était un chemin de fer : le Grand Cavalier, des panneaux jalonnent la promenade et rappellent le passé minier.

Le Louvre-Lens

Le musée construit par une agence japonaise, très contemporain, sobriété horizontalité, métal et verre, bordé par un parterre d’herbes folles et de fleurs jaunes. Au sol, des formes arrondies, des graviers noirs entourés de petits talus rappellent le charbon et l’emplacement des fosses. En face, la bande horizontale des corons. On a pensé à installer des transats de bois, classiques où je m’installe pour attendre l’ouverture à 10 h.

Louvre-Lens, parc et transats

L’exposition Homère qui a motivé mon voyage m’a occupée presque trois heures. J’en sors éblouie et je fais une pause3 à la cafétéria déjeuner (plats et surtout desserts très originaux).

Homère

La moitié du Louvre-Lens est occupée par la Galerie du Temps, promenade chronologique à travers l’Europe et le Moyen Orient (jusqu’en Iran) de l’Antiquité à la période classique. Chaque objet mérite qu’on s’y arrête. Il n’y a que des chefs-d’oeuvres. Mais l’exposition Homère m’a tant occupée que je n’ai plus le courage de prendre des notes: la synthèse est difficile aussi, tant il y a de temps et d’espace parcouru. Sur un blog ami j’ai trouvé un diaporama tout à fait extraordinaire. CLIC ICI.

Mithra

Il reste encore une exposition à ne pas manquer celle d‘Hicham Berrada.

Hicham Berrada

Lens vaut une promenade dépaysante avec ses maisons de briques, ses façades Art Déco, ses souvenirs ouvriers, maison des syndicats, maisons de bienfaisance. L’Office de Tourisme m’a donné un plan des façades remarquables en centre-ville et j’en profite pour faire les soldes.

Façades Art Déco

 

Tropea et autres plages

CARNET DU MEZZOGIORNO (CALABRE)

Tropea sur sa falaise

En suivant la côte tyrrhénienne nous avons vu de nombreuses stations balnéaires d’un tourisme familial sans prétention. Tropea, sur sa falaise, se distingue, jolie, chic, chère.

Ses rues piétonnes sont bordées de boutiques de luxe : épiceries de luxe alignant pâtes colorées, conserves gastronomiques. La spécialité des bijouteries est le corail rouge qui se décline en pendentifs, colliers de grosses perles, bracelets fins, boucles d’oreille, camées, chapelets et rosaires et même cornes pour écarter le mauvais œil. Jolie robes, foulards de mousseline, maillots de gains assortis à la robe, je me régale en faisant du lèche-vitrines.

Les oignons de Tropea

Dans les rues étroites je collectionne les photos de portes des palazzi 15ème, 17ème, 18ème siècle. Les belles demeures ont des entrées monumentales. J’aimerais bien entrer dans les cours souvent investies par des restaurants, ou B&B et je me contente des façades.

Au bout du Corso, un belvédère face à la mer et à Santa Maria dell’ Isola perchée sur son rocher,  encadrée par la mer turquoise. La cathédrale et le Musée diocésain ont belle allure en pierre claire  érodée qui laisse voir des frises . C’est une cathédrale normande du 12ème siècle de dimensions bien inférieures à celles de Bari ou de Trani. Tropea était une ville plus modeste. L’intérieur est dépouillé.

Palazzo avec son porche de collection

Après avoir flâné dans les ruelles, nous laissons la voiture dans le vaste parking au pied du rocher qui est bien encombré puisqu’il dessert deux plages : Marina dell’Isola et la Rochetta. Tout le monde se tasse à l’abri du rocher et il n’y a personne sur la longue plage battue par les vagues je grimpe à l’église qui me paraissait beaucoup plus imposante et presque prétentieuse vue de la ville. Quand j’y parviens, je découvre une église toute petite. Elle paraissait neuve, elle est très ancienne d’époque byzantine mais a été remaniée et très restaurée à la suite d’un séisme qui l’a endommagée au début du 20ème siècle. A l’arrière on a aménagé un jardin (entrée payante 2€). On peut s’y reposer de la montée en plein soleil et surtout jouir de la vue exceptionnelle sur la ville perchée sur sa haute falaise et sur les environs.  Les figuiers de barbarie sont des premiers plans du meilleur effet sur les photos.

La madonna dell’ Isola siur son rocher

Déjeuner sur notre terrasse au gite, des tranches d’espadon au poivre rose et des épinards. Cela change des pâtes ! Quelques longueurs à la piscine, et un peu d’internet au bar.

Nous allons chercher des plages sur la côte sud après avoir traversé les villages de Brivadi et de Ricadi à l’heure de la sieste ils sont déserts. Nous descendons par des lacets serrés à la baie de Santa Maria. La côte a été colonisée par els hôtels clubs qui accaparent les accès à la plage. Nous trouvons une place au parking Galea au-dessus du Scoglio Galea où se trouve le club de plongée. Comme je vois du monde dans l’eau, je me précipite. Les apparences sont trompeuses ; les baigneurs sont équipés de masques tubas et palmes, souvent en combinaison. Ils ont peint des numéros sur la peau. Il s’agit d’une sorte de compétition. Ce ne sont pas des baigneurs ordinaires ; Autre apparence : la bande de sable blanc s’arrête au niveau de l’eau,  en-dessous ce sont des rochers. J’aurais dû au moins chausser les chaussons. Au niveau de l’hôtel-club on a installé un cheminement sous-marin avec ds dalles qui sont des sacs remplis de sable. Sous le pied c’est agréable et doux, avec les vagues je ne suis pas sûre de retrouver ce chemin, par ailleurs, l’eau est peu profonde et j’ai peur de me râcler les jambes en nageant. Il existe un autre accès : une digue flottante construite avec des polygones plastiques avec une échelle ; un ruban rouge en barre l’entrée. Trempée mais un peu dépitée je renonce.

Nous partons à la recherche d’une autre plage, peut être plus abritée ou plus praticable. Une flèche blanche peinte en bleu indique Porticello. La Spiaggia Porticello figure sur la carte. Nous descendons une petite route bien pentue(plus de 30% d’après la signalisation routière) et très très étroite ; Pourvu que personne ne vienne à notre rencontre ! La petite route asphaltée devient chemin et zigzague dans la campagne. Enfin : une maison et en face un panneau peint sans doute par les occupants de la maison « NE PAS DESCENDRE PLUS LOIN EN VOITURE ! ». Il faut faire demi-tour, c’est étroit, pas impossible mais très pentu. Les pneus patinent et fument. La conductrice transpire. Je retiens mon souffle. La manœuvre est délicate. Enfin ! nous remontons, nous promettant de ne plus recommencer.

Et pourtant, une nouvelle petite route descendant à la mer nous tente. Hors carte détaillée. Petit parking. Un sentier franchit un petit pont et conduit sur le bord de l’eau à des maisons minuscules, presque des cabanes. Les rochers sont de granite ici avec des inclusions noires et des filons blancs. L’eau est tranquille dans la petite anse. Il suffirait de se laisser glisser sur les blocs ronds. Deux femmes flottent les pieds chaussés d’épaisses sandales de caoutchouc. Elles doivent connaitre la sortie ! A regrets, je ne les imite pas. De l’autre côté du parking, des gens se prélassent sur des fauteuils pliants sur une plage de galets. Impossible d’imaginer étendre une serviette : les galets sont très gros et très ronds.  Au fond de la plage des marches conduisent à la niche de la Madone, derrière une rambarde métallique sécurise un sentier qui va à une autre plage, jolie mais courte promenade. Une jeune femme plu hardie que moi remonte de l’eau et se sèche.

Nous terminons notre exploration par la plage qui se trouve au bas du Limoneto, là où se jette dans la mer un ruisseau plutôt trouble et malodorant : La Fumara Vaticana della Ruffa qui a entaillé la colline. De part et d’autre du ruisseau, des hôtels-clubs ont organisé la plage avec des chaises longues. Une sorte de digue protège un bassin où l’eau est très calme mais peu profonde. Avec des chaussons, on peut se tremper debout, nager un mètre ou deux mais pas plus. Il faudrait passer la vague et aller nager plus loin, personne ne le fait.  Encore une fois, je manque de hardiesse. Je pourrais terminer cette après-midi un peu frustrante à la piscine. Je préfère faire la lessive et lire sur la terrasse.

Pour dîner, concombre du jardin et ricotta.

Félix Fénéon – Les arts lointains au Quai Branly

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 29 septembre 2019

Fénéon par signac

En plus des collections permanentes, le Musée du quai Branly propose des expositions fort intéressantes, l’Exposition Félix Fénéon, Les Arts lointains, pourrait s’apparenter à La Peinture des Lointains ou Picasso Primitif. 

Félix Fénéon (1861 -1944) est un collectionneur, découvreur de talents et défenseur de l’art africain. Il est célébré cette année par plusieurs exposition, une à venir du 16  Octobre 2019 au 27 janvier  à l’Orangerie.

Ce collectionneur, critique, anarchiste est une personnalité attachante et cette exposition est une rencontre que j’espère bien approfondir !

Le Quai Branly a mis l’accent sur les collections exotiques et sur  la promotion de l' »Art Nègre » au début du 20ème  siècle comme l’a fait Apollinaire. Déjà, dès les années 1890, Fénéon dénonce les exactions de la colonisation. Il mène une enquête inédite « faut-il craindre l’immigration? » interviewe Jules Verne et Elisée Reclus. Plus tard en 1920, il fait une nouvelle enquête « seront-ils admis au Louvre? », les réponses seront partagées.

Lucie Cousturier

Autour de Fénéon, des artistes s’intéressent à l’Afrique : Lucie Cousturier achète en 1913, à Fréjus, une propriété proche du camp des tirailleurs sénégalais leur apprend à écrire et fait de beaux et émouvants portraits « des inconnus chez moi ». EmileCompard

La revue nègre : Joséphine Baker

expose grâce à Fénéon  et la Revue Nègre en 1926 .

poulie de métier à tisser

Fénéon le collectionneur, à côté de sa collection de peinture, il collectionne divers objets africains dont des objets d’usage quotidien comme les extraordinaires poulies de métier  à tisser.

Les statuettes sont présentées en compagnie des œuvres de peintres que Fénéon soutenait.

 

 

La côte tyrhénienne de Maratea à Tropea, arrivée à Ricadi

CARNET  DU MEZZOGIORNO (CALABRE)

Plages de Tropea

Les propriétaires ont eu la gentillesse de venir tôt.

Départ à 8h45, le GPS annonce 208 km et 3h20 de route. Simplissime , nous suivons la statale 18 le long du littoral et ne la quitterons qu’aux environs de Vibo Valentia.

Nous entrons en Calabre en franchissant le pont sur le Noce. La route est perchée dans la colline passe plusieurs galeries et ne redescend au niveau de la mer qu’à Scalea qui est une grosse agglomération. Entre Scalea et  Diamanti, nous roulons tout près de la côte rectiligne entre les résidences balnéaire (souvent décaties), les hôtels-clubs pas très chics, les installations de plage pour des vacances familiales et populaires. Les boutiques ont suspendu des bouées colorées, des flamands roses gonflables, des serviettes bariolées, des parasols multicolores, des chaises pliables en plastique criard. Tout un attirail balnéaire assez hideux mais joyeux anticipant des vacances ou des week-ends de détente ; Les établissements balnéaires ne font pas recette ; Les familles ont plutôt choisi d’emporter leur propre matériel sur le sable ou les galets. Une baignade ? propose Dominique. Personne dans l’eau, je ne suis pas tentée. Autant je me sens à l’aise dans une petite crique où l’eau est calme, autant je me méfie des grandes plages ouvertes s’il n’y a personne. La route remonte à flanc de colline vers les Belvédère Martino (le bien-nommé) Elle est proche des montagnes escarpées (2000 m de dénivelé en10 km à vol d’oiseau). Dès qu’il y a du relief et des rochers, le paysage devient plus intéressant. Jusqu’à Marina de Fuscaldo la SS18 est coincée entre villages et montagne.

Au milieu du trajet, il faut faire une pause. Pour retrouver la mer il « suffirait » de trouver une sortie sur la grande route et un tunnel sous la voie ferrée ; Théoriquement c’est simple, en pratique plus compliqué. Une urbanisation désorganisée barre l’accès aux plages. On emprunte des voies étroites encombrées de dépôts sauvages de toutes sortes de déchets et de sacs d’ordures qui occupent le bas-côté de la rue et débordent sur la chaussée. La Calabre semble avoir un problème avec les poubelles. Cela nous surprend d’autant plus qu’à Maratea nous nous étions heurtées à une sévère récolte différenciée avec 4 poubelles distinctes ; umido (compostable) dans un sac lui-même compostable, seco indifferenziato pour les emballages divers dont on ne sait que faire, plastique et canettes dans une troisième, et papiers-cartons dans la 4ème sans oublier le verre à part. Il nous semblait que tout était bien respecté, un jour sur deux pour les épluchures, un jour par semaine pour les autres déchets qui peuvent se garder sans fermenter. Il semblait que c’était bien respecté. Mon cœur écolo s’était réjoui d’une si belle organisation. Alors qu’ici, en bord de mer, des m3 de déchets s’accumulent ; les éboueurs ne semblent pas en grève, mais plutôt dépassés avec leurs petits camions. Les gros qui existent chez nous ne pourraient pas se faufiler dans les ruelles.

Pauses énervantes et peu reposantes. Nous renouvelons l’expérience près d’un aéroport. Ici ce sont les indications qui sont déficientes : on ne trouve la mer que des kilomètres plus loin après avoir erré dans une campagne déserte où poussent surtout des roseaux.

Vibo Valentia est un gros port qui se voit de loin avec des installations industrielles imposantes. 12h35, arrivée à Tropéa, pour trouver l’Office de Tourisme je branche Googlemaps qui nous conduit sans tenir compte es interdiction de circulation en centre-ville, je fonce à pied. ProLoco vient de fermer il y a 5 minutes !

Facile de trouver à Tropea un restaurant de plage, nous avons l’embarras du choix. L’Albatros fera l’affaire : belle terrasse en bois, tables carrées, nappes en tissu jaune en revanche menu plastifié traduit en deux langues pour les touristes. Pour les Italiens, il y a une ardoise qui propose des spécialités plus intéressantes. Le Maître d’hôtel est aux petits soins. Dominique commande un « filey » qui n’est pas du tout conforme à la description en anglais, pas de courgettes et d’aubergines grillées comme écrit mais des pâtes épaisses et courtes avec quelques légumes. Le serveur apporte deux assiettes au lieu d’une commandée. Les moules de l’ardoise sont cuisinées avec de l’ail et du persil et des tomates fraîches et des croutons, belles tranches de pain grillé.  C’est délicieux. Entourloupette avec l’addition, le maître d’hôtel embarque la monnaie(21€) que le serveur vient de rapporter. « C’est une blague ? », pas si sûr ! Il recommence la même opération à la table voisine où il y a des anglais.

La baignade des bien agréable ; Je savoure la vue sur la belle falaise claire, soubassement de la Ville Haute. Les installations de plage sont de bon goût. Une surprise, la pluie s’invite quand je nage. Cinq minutes de très grosses gouttes.

Il Limoneto : verger

Notre gîte, à la Résidence Il Limoneto, est à Ricadi dans un vallon creusé par un ruisseau dans la colline.  Il Limoneto est construit sur deux niveaux. En bas, la réception, le bar et la piscine et quelques appartements dans des immeubles plutôt miteux. 160 marches plus haut (mais on peut arriver en voiture) deux groupes d’immeubles d’un étage avec de petites terrasses carrelées, une table ronde et des chaises de jardin.

Une porte verte aux volets orientables s’ouvre sur un petit appartement : salle à manger/cuisine et une chambre à un grand lit et salle d’eau. Aucun décor superflu, murs blancs, mobilier fonctionnel, très simple. Tout le nécessaire y est, une gazinière avec 4 feux et des allumettes, casserole, poêle…La vaisselle est rangée dans l’égouttoir-placard au-dessus de l’évier typique des maisons méditerranéennes. Pas de torchon puisque la vaisselle sèche toute seule, rangée.

Charmante attention : dans un saladier, deux courgettes, deux concombres deux tomates et des oignons rouges du jardin.

Si aucun effort particulier n’est porté à la décoration intérieure le charme du Limoneto réside dans le jardin. Une rangée de bougainvillées rose-violet borde l’allée. Les massifs de lauriers roses taillés en boule ne sont pas encore fleuris, il y a plusieurs sortes de palmiers, cycas, yuccas et beaux arbres feuillus. Bordant notre balcon, les hibiscus ont été taillés avec précision, troncs épais, branches tordues, fleurs rouges ou jaunes. Avant de rejoindre notre maison je découvre une rangée de kiwis formant un tunnel, des orangers, des citronniers, tout un verger en face de notre terrasse.

Le jardin du bas, à l’étage de la piscine est un potager très soigné. En pleine terre poussent persil, courgettes et melons. Les propriétaires semblent experts en jardinage.

Il Limoneto : piscine

160 marches pour descendre à la piscine, rectangulaire, plutôt grande. Au bord de la piscine on peut capter la Wifi. Je surveille les données mobiles, je ne suis pas sûre de mon forfait. Pour nager, malheureusement, elle n’est pas très profonde dans le petit bain je manque de cogner mes genoux contre le carrelage

 

Révisions et Lectures : Roger II de Sicile Pierre Aubé

CARNET DU MEZZOGIORNO

J’aime bien ces jours de révisions qui permettent de profiter des lieux que nous avons découverts, de nous les approprier. Nous sommes donc retournées pour se baigner aux trois petites plages de Marina Maratea. Avec une mer d’huile, j’ai nagé jusqu’à l’intérieur de la grotte. Quel émerveillement.

Nous sommes allées directement au Lido di Roberto à Praia a Mare face à l’île Dino. La plage st plus jolie que dans ma première impression, je nage avec précaution entre les rochers, certains affleurent. .

Déjeuner sans surprise, nous avons commandé les mêmes plats.

Je lis Roger II de Sicile de Pierre Aubé : livre d’histoire plutôt difficile pour moi qui connais mal le Moyen Âge. L’auteur s’attache à décrire en détail tous les épisodes de la conquête du Mezzogiorno de de la Sicile par les Normands. Il nomme chaque chevalier. Il s’attache à montrer les subtils équilibres de pouvoirs entre Normands, Grecs et Arabes et rapports de force dans une géopolitique plus étendue : entre les papes, les empereurs romains-germaniques, les Normands, Venise….C’est passionnant.

Quand il raconte les luttes, les jalousie et les traîtrises29 entre les chevaliers normands, les deux papes et antipape Anaclet(1130-1138)et Innocent II , je m’y perds un peu. Je jubile quand il cite les villes où nous sommes passées : Bari, Trani, Taranto (où nous irons) mais aussi Palerme et même Mahdia et Sfax en Tunisie. Ce genre de lecture anime les châteaux et les églises normandes.