Le marché de Dantokpa

BÉNIN 2006 : BALLONS DICTIONNAIRES ET BÊTES SAUVAGES

Dantokpa : étals alimentaires
Dantokpa : étals alimentaires

Dantokpa, poissons, légumes et gris-gris. Tout va changer !

C’est un des plus gros marché  de l’Afrique de l’Ouest.

Un homme nous prend en charge :
– « Voulez vous voir les animaux pour les fétiches ?
– Bien sûr ! »

Le Vaudou et la sorcellerie excitent ma curiosité. Charles sera un guide précieux qui nous pilotera dans les ruelles encombrées, nous montrant les passages à l’ombre où il fait plus frais.
pagnes

Nous traversons d’abord le quartier des tissus africains,  étoffes colorées, roulées et empilées, tandis que des vêtements pendent à des cintres. Il y a même des vendeurs qui portent un plateau avec des cintres, suspendus autour de leur tête. Chaussures à talon entassées, nous retrouvons l’atmosphère des souks marocains ou égyptiens.
limaçons

limaçons au marché Dantokpa

Plus loin, dans des bassines, des plateaux de vannerie, des paniers ronds, d’étranges escargots à la coquille pointue évoquent plus la limnée que le petit-gris. Dans des écuelles : des escargots sans coquille ou des cadavres de limaces ?
légumes
De toutes petites tomates ; des piments très rouges, des bassines remplies de toutes sortes de haricots, de la farine ou du sucre dans des cylindres en sachets de plastique transparent artistiquement disposés.

Moulin à moteur

Sous un toit de tôle ondulée, une sorte d’atelier : des moteurs bruyants actionnent des moulins. Ce n’est pas le café qui est moulu, mais les haricots et le maïs « pour faire la pâte ». Des dizaines de personnes sont occupées dans le vrombissement infernal.
Faire des photos?

J’essaie de faire une photo – refus systématique de l’homme servant la machine.

Pourquoi ? Est-ce par peur qu’on utilise son  image dans quelque sorcellerie ? On m’assure énergiquement que non. Charles, le guide, Thierry le chauffeur,  Heiner, ont une autre théorie : ils veulent seulement faire monter les enchères pour le « cadeau » qu’on leur fera en l’échange de la photo. D’ailleurs nombreux sont ceux qui veulent qu’on « paye d’abord ». Il me vient une autre idée: et si c’était une réaction de dignité ? Refus qu’on considère leur misère comme du folklore, refus d’être perçus comme des curiosités.
la lagune

Dantokpa lagune

Sur le bord de la lagune,  les femmes vendent des petits poissons argentés dans des paniers ronds. Des pirogues débarquent  transbordant les piétons d’une rive à l’autre. Dans la cohue, on peut faire une photo d’ensemble. Certaines femmes sont abritées sous d’énormes chapeaux, certains sont aussi grands que des bassines renversées, d’autres pointus à la manière asiatique. Elles ne refusent pas la photo, se rendant invisibles sous le fameux couvre-chef.
fétiches
Les animaux morts utilisés pour les fétiches forment un alignement de crânes dénudés, des têtes portant encore la fourrure. On identifie même une petite panthère, des moitiés de crocodile, peaux étalées par terre, fourrures poussiéreuses, serpents séchés, grenouilles aplaties. Tout un assortiment macabre dont je renonce à faire l’inventaire exhaustif. Nous avons plutôt envie de fuir.
Heboristerie

La qui femme tient une herboristerie nous montre l’écorce qui guérit la malaria, les bottes d’herbes médicinales destinées à d’autres affections. Encore une fois, impossible de faire des photos.

Nous rentrons par le plus court chemin, évitant de bousculer une petite fille assise au milieu de la rue des tissus

Tout va changer! Le Nouveau Président!


Une aile delta motorisée survole la ville tirant une banderole à la gloire du nouveau président. Tout le marché l’acclame. Des femmes se mettent à danser. Fait exceptionnel, elles me demandent de les prendre en photo pour témoigner leur joie. Je m’exécute bien volontiers. Pour une fois qu’une photo n’est  ni volée  ni achetée !

Galerie des arts et de l'artisanat : flamboyant

la Galerie des Arts et de l’Artisanat est un village reconstitué avec un grand nombre de  cases-magasins de souvenirs. Je suis frappée par la qualité de la menuiserie et de la sculpture sur bois. Nous nous promettons de revenir avec Thierry pour marchander un batik « je vous casserai les prix », promet un marchand.

Galeries des arts et de l'artisanat : mobylettes

Nous achetons des avocats, des mangues, une papaye et des oranges. Je suis surprise par le prix : 1100CFA, nous en aurons pour plusieurs jours.

Devant  une grande église, une foule est massée, la chemise jaune des zemidjans ressort. Les taxis et motos sont à l’arrêt. Le nouveau Président est à l’église. Sous un crucifix, perchée sur les marches,  une troupe, officiels ou sécurité ? Le cortège de voitures noires s’ébranle. Celle du Président est immatriculée « PR ».

Cocoteraie et plage

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cocos! la vie est belle!

Cocos
Sur le chemin des Pêches qui nous ramène à Helvetia, Thierry arrête la voiture devant l’auvent d’un  vendeur de noix de coco : il a soif. Je l’invite. Pas de paille comme en Thaïlande. Il faut se débrouiller à boire par le trou fait à la machette. Ensuite, on rend la noix au vendeur qui fait quatre quartiers de son coupe-coupe. A l’aide d’une écorce, il racle la pulpe et la présente sur un quartier : c’est délicieux mais tellement calorique qu’il ne faudra pas en abuser.

notre bunggalow au jardin Helvetia

Nous mangeons nos avocats sur la terrasse du bungalow. Moronikê nous a proposé une assiette et des couverts, à la vue de nos sacs plastiques noirs, sans doute. La papaye est décevante, fade. Je l’ai choisie moi-même. Je n’y connais rien. Je n’avais jamais remarqué l’étoile à cinq branches au creux du fruit. La symétrie d’ordre 5 est rare dans la nature.

Une après-midi à la plage

la plage au jardin Helvetia

Après la douche, je me tartine de biafine. Même à l’intérieur de la voiture le soleil cogne dur. Il fait encore plus frais sous les paillotes de la plage. A notre intention Diane vient installer un matelas sur les lits de bois. Deux fois, je vais me tremper. J’attends que la vague m’éclabousse puis se retire dans un grand bruit de succion. Les vagues ne sont pas très puissantes. Seule, j’ai peur de ne pas ressortir de l’eau.

Promenade dans la cocoteraie

Vers 18heures, nous continuons le chemin de Pêches très tranquille et atteignons un curieux « Temple de la Lumière » vaudoun : bâtiment neuf au toit de chaume imposant. Le portail est très décoré, les portes de bois sont sculptées, les colonnes historiées. Deux éléphants de bois gardent l’entrée. Sous un  petit auvent, une jarre. Sous un autre un étrange monticule en forme d’étron( ?).
Le troupeau de bovins rentre, mené par un tout petit berger qui chantonne. Il n’a pas huit ans et ne semble pas comprendre le français, ou peut être est il trop timide.

menu suisse!
Au dîner : Rostli zurichoise, une galette de pommes de terre râpées et grillées, accompagnée d’une « sauce » africaine avec de petits morceaux de bœuf extrêmement parfumée au persil.

Je termine la soirée sur notre terrasse à écrire. La première impression est qu’il n’y a pas de moustiques. Je reste en T-shirt. A la première piqûre, Je prends les mesures qui s’imposent : crème à la citronnelle et spirales à brûler. Vers 21h30, j’écrase un moustique sur mon coude. Il faut passer à l’alerte supérieure : chemise à manche longues imprégnée et produit plus efficace.
On se couche tôt et on éteint à 22heures. C’est une erreur. On se réveille à cinq heures avant le lever du jour et sans électricité.

 

Au petit matin sur la plage

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les pêcheurs sur la plage

Au lever du  jour, les pieds dans l’écume mousseuse….
Je me réveille à 6h pour une promenade matinale le long de l’eau. Je relève ma longue jupe de gitane fleurie, et laisse les tongs à la limite du sable sec .Quand j’atteins le village le plus proche, les hommes sont sur les pirogues et je n’ose pas m’approcher. Quand je reviens face au soleil levant (6H50) une vague plus forte mouille ma jupe. La mer monte. Je crains pour mes tongs et hâte le pas.

Curieux face à face entre un rat mouillé et trois crabes. Qui hypnotise qui ? Qui avancera le premier ? Une vague manque de noyer le rat qui ne réagit pas. Il est sans doute en train de crever et les crabes s’attaqueront à son  cadavre.

aux barques, je rebrousse chemin

A l’abord des paillotes, je retrouve mes pas imprimés dans le sable mouillé. Ils me conduiront à mes tongs. La mer n’est pas encore arrivée là où je les ai laissés. Je suis mes pieds, mes pieds, mes pieds …Dans le sens inverse je vois mes tongs, mes tongs mes tongs imprimés dans le sable mouillé…Ils ne sont pas partis seuls !

Serpent

Devant la paillote des toilettes, un joli serpent vert fluo, au ventre jaune et aux reflets bleus sur la tête, passe devant moi. Extrêmement fin. J’appelle le jeune jardinier :
– « Je vais chercher un bois ».
Il tue d’un coup bien placé derrière la tête le petit serpent. Diane regarde:
– « il n’est pas dangereux ».
Au petit déjeuner, Moronikê confirme :
– « Il n’a même pas de dents »
Heiner regrette la mort du petit animal inoffensif.

 

Sur la route de Ganvié

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Thierry fait le plein à Cotonou

Le téléphone  de Willy nous a réveillées. Un message ? Non seulement le réveil! Nous n’arrivons toujours pas à envoyer de SMS. D. peste contre les inventions modernes . Heiner, au contraire, s’amuse avec le mobile comme un enfant avec un jouet. Il change les cartes SIM, enregistre en mémoire, modifie, jongle avec la technique en allemand ce qui ne facilite rien pour moi. Willy, très noir de peau, aux traits très fins, vient aux nouvelles avec le chargeur du téléphone. Tous les deux cliquent, naviguent… Le téléphone a une fonction de prestige, de statut social pour Willy plutôt que de nécessité. Il nous le loue volontiers. Il me faut apprivoiser l’appareil, défi qui ne me déplait pas.

Thierry nous attend déjà lorsque nous arrivons sous la grande paillote pour le petit déjeuner. Nous retrouvons avec plaisir la Route des Pêches. On lui demande de nous montrer sa maison : c’est une cahute en bord de mer – bien située sur la plage – mais très petite. Il a deux enfants. Sa fille fréquente l’école primaire. D demande à voir l’école. Elle préfèrerait acheter les fournitures scolaires aux enfants de notre village plutôt que d’aller à Lokossa où nous sommes si peu attendues. N Kodjoh, notre correspondant injoignable pour cause d’élections,  a appelé. Peu aimablement sans aucune intention de nous véhiculer. Il n’était pas loin de nous engueuler de ne pas avoir pris contact nous- même avec le collège.

Carburant

Arrêt carburant devant un étal où sont posées 4 dames-jeannes. Le soleil du petit matin éclaire l’essence couleur caramel qu’on verse par un entonnoir en zinc.

Cotonou, le dimanche, est moins animée qu’hier. De nombreuses boutiques sont fermées . Sur la plage, des hommes jouent au foot avec des mini-cages mais avec de vrais maillots et de vraies chaussettes. La rue est barrée par des plots qui servent de but.

Des théories de femmes et enfants portent des palmes : ce sont les Rameaux, ils vont à l’église.

 

L’embarcadère de Ganvié se trouve à Abomey-Calavi.

Thierry a mis la radio; Après les informations sur RFI (nouvelles de France, de Palestine, mais aussi nombreux conflits en Afrique, Casamance, Tchad, un séisme à Kivu…). Il écoute un débat sur la formation du nouveau gouvernement. Le Président Boni Yayi a été élu avec le mot d’ordre « Tout va changer ! ». Il mécontente la classe politique s’il ne choisit pas les ministres parmi la classe politique (anciens ministres ou candidats malheureux). En revanche, il est plus populaire.

Ganvié : cité lacustre

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pirogue à voile

Ganvié : notre équipage

Un fonctionnaire  enregistre les touristes et nous attribue un guide:
– « Je suis Grégoire, votre guide, et voici Bienvenu, votre capitaine ».
Grégoire est habillé à l’africaine en satin rose broché de fils d’or. Il s’exprime très bien.
–  « Le voyage durera 35 minutes à voile et le retour 45 minutes à la rame. ».
Il installe une perche et la voile rectangulaire, une sorte de drap imprimé avec Snoopy, qui nous fait une ombre très agréable. Craignant la réflexion du soleil sur l’eau, j’ai pris mes précautions : écran total, chapeau, et je me voile à la turque avec le voile blanc acheté aux femmes devant la mosquée de Besehir. La Biafine a fait des miracles après les coups de soleil d’hier mais il ne faut pas recommencer.

La légende de Ganvié : épervier et crocodile

pêche à l'akadja

La pirogue glisse sur l’eau en silence.

Grégoire nous raconte l’histoire de Ganvié et de ses habitants, les Hommes de l’Eau ou Toffinous originaires du Togo (les Adjakedos).

« Par suite de guerres tribales, ils sont arrivés avec leur roi Agbogdobé en 1717 . C’était alors la brousse. Ce roi, puissant en Vaudoun, se métamorphosa en épervier, survola la lagune et découvrit l’île de Ganvié. Ses gens restés sur la rive ne pouvaient pas passer. Il fit alors une autre magie qui le transforma en crocodile, transportant ainsi ses collaborateurs sur son dos. Depuis, le crocodile est sacré à Ganvié. Le nom Ganvié vient de Gan=sauvé et de vié=collectivité. »

Toutes les activités des habitants de Ganvié sont liées à l’eau : principalement la pêche, accessoirement la contrebande d’essence avec le Nigeria.

Pêche à l’épervier et pêche à l’akadja

pêche à l'épervier

Deux techniques de pêche sont pratiquées ici : la pêche à l’épervier, de la pirogue, seul ou à deux. Le pêcheur lance un filet circulaire d’un beau mouvement tournant. Il remonte ensuite sa nasse en essorant les bords et en les repliant. Le poisson se concentre au fond comme dans un sac. Un jeune garçon nous en fait une belle démonstration, pour la photo et 100CFA.

L’autre pêche est plus élaborée : les pêcheurs piquent des branchages portant encore leurs feuilles, des bambous ou des palmes et les attachent. Dans ces rideaux, sur de grandes étendues la vie se développe : microorganismes, plancton, crevettes ou mollusques. Les poissons attirés par toute cette nourriture prospèrent. Les pêcheurs entourent cette « pisciculture » de filets et piègent ainsi daurades et tilapias. Le problème est qu’ils coupent parfois les chenaux de navigation et qu’il s’en suit des bagarres. Un autre problème moins immédiat est que la lagune se comble ainsi.

Les Rameaux

Nous croisons de nombreuses embarcations chargées de Béninois en route pour l’église, en habits de fête, portant des palmes. A Ganvié, on ne se déplace qu’en pirogue, dès 6 ou 7 ans. Certains pêchent, d’autres plantent les branchages. Une femme allaite son bébé, des petites filles traversent le chenal.

Des sternes se posent sur les piquets des filets. Elles ressemblent à des hirondelles.

le village sur pilotis

village sur pilotis

Le village est construit sur pilotis. Certaines maisons sont couvertes de chaume, d’autres plus modernes sont peintes en couleur et couvertes de tôle ondulée. Quelques unes partent complètement de guingois, les poteaux de travers. Des enfants nagent dans les canaux. Peu de terre ferme : un arbre donne de l’ombre à une place. Plus loin, une statue énorme : le monument du roi légendaire peint en blanc et en doré  ressemble à un bouddha Thaïlandais. D’ailleurs, tout ce village et son marché flottant, évoquent le Siam : les chapeaux pointus et évases, les marchandes…

Cité lacustre

village sur pilotis

Visite de  la Maison de la Francophonie  qui a accueilli Chirac au Sommet de la Francophonie en 1995. Maintenant bien délabrée, elle abrite un peintre d’acryliques naïfs et stéréotypés, un vendeur de batiks (grossiers).

Deuxième arrêt : terrasse d’un hôtel-restaurant-souvenirs où nous invitons Grégoire et Bienvenu à boire un coca. Au dessus  du marché flottant, nous avons un bon point de vue pour prendre des photos. En face, dans une église évangélique, les fidèles habillés de blanc répondent bruyamment au prêtre. Il est passé midi, l’heure de rentrer. Nous quittons le village sur la vision de cochons aquatiques qui nagent. L’épervier (l’oiseau, celui du roi de la légende) nous survole.

Le téléphone portable sonne, je suis ravie: c’est le premier appel sur notre numéro béninois : Sébastien, le guide que nous a recommandé Danielle.

Thierry nous donne la clé d’une énigme : des barques étaient remplies d’une vingtaine d’hommes et de femmes habillés tous du même tissu imprimé vert à grands ramages. Il s’agit d’une cérémonie mortuaire. Les proches du défunt choisissent un tissu et manifestent ainsi leur deuil.

margouillats, éperviers et tortues, 2ème après midi à Helvetia

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Margouillats

Collation au bungalow : avocat, mangue et yaourt.

J’attends la visite de Sébastien, le guide de Sandotour. Deux margouillats font leur apparition sur la terrasse. La femelle, grise et gracile, le mâle avec sa curieuse tête orange greffée sur un corps noir. Ils sont très amusants : on dirait qu’ils font des pompes, leurs épaules sont presque humaines.

Une visite

Sébastien,n’arrive pas seul : il est accompagné par une touriste française qui souhaite partager  la 4X4 de Natitingou. Financièrement, c’est une bonne affaire. Nous avons l’impression qu’on nous impose des équipières qu’on n’a pas choisies.
A la plage

A 18heures, les parasols se sont vidés sur la plage du Jardin Helvetia. Les 4X4 énormes et les grosses voitures rutilantes des Européens expatriés quittent le parking. Diane et le jeune serveur ont traversé à nombreuses reprises la route, portant des plateaux avec des bières, des cafés et autres rafraîchissements.

Quand je vais à l’eau, une Française se baigne. J’espère qu’elle va plonger dans la vague et me montrer le chemin. Elle se contente d’attendre la vague et de reculer quand l’onde est trop haute.

Maintenant que le soir tombe, je peux reprendre ma promenade sur le sable mouillé à la limite de l’eau, là où l’écume mousseuse arrive et se retire avec force. Le ciel est gris opalescent. Les cocotiers au loin, sont noyés dans une sorte de brouillard. Des petits crabes presque transparents courent de côté et sont balayés parla vague suivante.
Un rapace plane, puis deux. Encore l’épervier ? Plutôt une buse.

Les tortues viennent pondre en avril et en mai sur cette plage. Deux carapaces sont exposées au restaurant, portant des slogans pour leur protection. Heiner et Moronikê se désolent : ici on mange les œufs. L’espèce est pourtant protégée. La misère est si grande ! Ils mangent aussi les chats.
Dîner
Au dîner : salade carottes maïs et salade verte, poisson en papillotes accompagné de courgettes sautées au persil très parfumé, bananes plantain caramélisées épinards délicieux. Pour dessert une part de tarte avec une boule de glace moka maison.

Nous dînons à la table voisine de celle de nos hôtes et bavardons familièrement d’une table à l’autre. Heiner nous explique le déroulement de l’excursion prévue à Ouidah.

Porto-Novo : Songhaï, Institut d’Agriculture biologique

  BÉNIN 2006 : BALLONS DICTIONNAIRES ET BÊTES SAUVAGES

Thierry traverse  Cotonou par le chemin de la plage calme entre les jardins, puis par les quartiers des bâtiments officiels avec leurs murs débordant de bougainvilliers et les beaux arbres de l’Ambassade de France. Nous passons devant le port avec sa grande file de camions. Cela me fait plaisir de reconnaître les lieux – je révise Cotonou – Nous arrivons dans la pollution infernale, le bruit, les motos chinoises… enjambons la lagune sur le vieux pont.

La route pour Porto Novo et le Nigeria est encombrée de toutes sortes de véhicules. C’est une route à péage . À l’entrée des villages, des ralentisseurs
–  « C’est à cause des Nigérians qui conduisent comme des sauvages ! » s’exclame Thierry.
Sentiment universel que le dénigrement des voisins !

Songhaï : agriculture bio
L’Institut Songhaï,est nommé d’après l’empire prestigieux s’étendant sur les bords du Niger au 15ème siècle.

Le fondateur de cet institut de formation agricole est un dominicain originaire du Nigeria, passé par les Etats Unis. N’importe quel adulte, pourvu qu’il parle le français,  peut y étudier. Des stagiaires venant de toute l’Afrique de l’Ouest, y sont également accueillis.

les écoliers de Sakété

Nous faisons la visite avec un groupe d’écoliers de Saketé encadrés par la directrice de l’école, une maîtresse et un informaticien : Monsieur Samson.

Soja

 

pasteurisation du lait de soja et du jus de gingembre

La visite commence par la pasteurisation du lait de soja dans la toute petite cuve d’un four de terre, loin des industries agro-alimentaires modernes. Le principe est que les agriculteurs doivent pouvoir appliquer dans leur village, immédiatement, ce qu’ils ont appris. Dans un autre bâtiment, une petite usine d’embouteillage a un autoclave plus moderne. Songhaï commercialise ses sirops et ses confitures. Ils doivent être excellents puisque Heiner m’a fait une commande. Yaourts et fromage de soja sont fabriqués dans un autre atelier.
pisciculture

Traitement des eaux usées par lagunage et pisciculture : on élève lees alevins dans les canaux

Dans les bassins, on élève des tilapias et des poissons-chats. Les oies et les canards, normalement associés à ces bassins, sont enfermés – grippe aviaire oblige.
pas de volailles!

poulaillers vides pour cause de grippe aviaire

Nous verrons donc les poulaillers à clair voie où on élève les poussins et les pintades, vides .

Les plantes associées à ces élevages sont intéressantes : le Moringa (sorte d’acacia) est très riche en protéines. On donne ses feuilles aux volailles, mais elles sont également consommées par les humains et guériraient même la malaria. Autre recette contre le palu : les feuilles de papayer triturées avec du citron. L’élevage est placé dans son contexte écologique en association avec des plantes.

Digesteur et production de méthane

Tout est recyclé. La fiente des oiseaux dans les cabanes sur pilotis sert d’engrais. Elle sert également à la production de méthane avec les déjections des porcs. L’installation également est « faite maison ». Le manomètre est un simple tube en U. le compresseur relié aux citernes est très simple. Même les brûleurs de la cuisine de la cantine sont forgés à Songhaï. On imagine des villages autonomes du point de vue énergétique avec digesteur à méthane et panneaux solaires !
penisettum et Agoutis

Dans les enclos, la grippe aviaire a chassé dindons et pintades, mais on nous montre la plante dont ils se nourrissent le Pénnisetum qui ressemble à de la canne à sucre. Les agoutis en mangent la tige. Pas de grippe des rongeurs ! On nous montre donc les agoutis. Les plus gros pèsent 8 à 10 kg et  ressemblent à s’y méprendre à des ragondins.

cailles

Les cailles sont élevées pour leurs œufs qu’on vend au magasin. Elles sont épargnées des mesures d’éviction qui frappent les poulets puisqu’on assure la reproduction sur place. (Les poussins des poulets sont achetés en France et au Nigeria frappés par H5N1).
Riziculture

 

riziculture : le riz est cultivé, étuvé, conditionné sur place

La riziculture commercialise un riz coloré, étuvé avec le son puis décortiqué. Culture du soja avec tous ses sous-produits : huile, lait, tourteau.

Retour à la pisciculture avec les alevins de poissons chats,  fécondation artificielle, les alevins sont élevés dans les canaux de drainage et dans les eaux usées épurées par les jacinthes d’eau (en fleur : hautes hampes florales bleues rappelant les jacinthes de chez nous) . Les tiges des jacinthes vont dans le digesteur pour la production de méthane. Ici, rien n’est perdu !

Escargots
On élève les escargots sous les bananiers. Cachés sous la paille, ils mangent du son et des épluchures d’ananas.
Asticots
L’élevage des asticots et la production du compost complètent le recyclage.

Le génie de cet institut est la simplicité des techniques reproductibles dans presque n’importe quel village sans avoir recours à un outillage spécialisé, sans engrais artificiel, en parfaite harmonie avec l’environnement et presque en autonomie. Tout à l’opposé de l’agriculture industrielle consommatrice d’engrais et d’énergie polluante. Ici, Tout est recyclé et il y a création d’énergie. Cette visite est passionnante. Je prends des notes sans relâche pour ne rien laisser échapper.

Le Palais des Rois de Porto Novo en compagnie des enfants de Sakété

les enfants de Sakété ont revêtu leurs plus belles tenues pour faire du tourisme

24 dans un minibus!

Les enfants en excursion scolaire,sont arrivés arrivés à bord d’un minibus rouillé où ils se sont entassés  21 enfants, leurs 3 accompagnateurs, le chauffeur et son aide. Les enfants ont revêtu leurs plus beaux atours pour l’occasion. Les petits sont habillés à l’africaine avec des tissus multicolores à grands motifs. L’un d’eux à dominante violette, est à la gloire de je ne sais quel diocèse : églises et croix dans des médaillons de 15 cm de diamètre. Les plus grands sont en costume cravate. Un autre est vêtu de satin blanc. Les filles portent des coiffures sophistiquées, chignons à boucle (à 8 ans !) ou tresses compliquées. Ils sont étonnamment sages et appliqués. Chacun a apporté un cahier et un stylo pour prendre des notes. Leurs accompagnateurs les tancent :« Ecrivez ! » Ils écrivent : les noms des plantes en latin, les variétés des poules pondeuses. Intimidés, aucun ne pose de question, aucun ne bavarde. Ils écrivent sagement.

Ecrivez! dit la Maîtresse

D leur a parlé de la fête d’anniversaire de son collège et du lâcher de ballons . Elle les photographie. L’accompagnatrice en chef est une très belle femme, très bien coiffée, avec une robe africaine aux découpes ingénieuses, et manches à crevés. La dame plus vieille surveille que les petits écrivent bien. Monsieur Samson est beaucoup moins zélé. Il se fait reprendre par la responsable à cause de l’oreillette de son  téléphone qu’il a gardée. Il cherche toutes les occasions pour se distraire en nous  faisant la conversation. Il est informaticien et veut développer un centre de formation à l’informatique. On pourra donc lui envoyer les photos par Internet. Vu le volume ce ne sera pas une mince affaire !
Nous terminons la visite par la case des champignons (pleurotes) et par les caïmans.

 

 

Le Palais des Rois de Porto Novo

 

Sculptures métalliques et photos de groupes dans la cour du Palais
Nous visitons avec les enfants le Musée Royal ou Musée Honmé. Les photos ne sont permises que dans la cour. D organise des séances de photos de groupe autour des sculptures métalliques. Les petits (en particulier deux jumeaux) sont adorables. Les filles avec leurs belles robes et les plus grands sont un  peu gauches. Le guide supporte avec impatience nos initiatives. Il nous les fera payer en refusant de nous raconter l’histoire du chasseur de crocodile et du lapin  (on peut acheter l’opuscule à la boutique).

Dynastie
Les  rois de Porto Novo se sont succédé  de 1688 à 1976 (25 rois).

Arrêt devant une sorte d’autel.
 » Le Palais est encore vivant puisqu’on y pratique encore des cérémonies » annonce le guide.

les épouses du Roi

La visite commence par la cour des Reines, aux arcades ouvertes autour d’un bassin, pour les ablutions. Le roi avait une centaine d’épouses. Tous les 21 jours, la Reine Mère venait chercher 2 reines. Après la toilette les reines, elles arrêtaient le programme de la journée, le soumettaient à la Reine Mère.

A la mort du roi, ses femmes l’accompagnaient dans l’au-delà, empoisonnées et enterrées.

Le Palais date du début du 19ème siècle. A partir de 1882, sous Protectorat français, la royauté est supprimée et devient la Chefferie supérieure qui ne sera abolie qu’en 1976, quand le Bénin deviendra marxiste léniniste.

Cour du Conseil

Les étrangers attendaient dans le Couloir d’attente où l’on détectait  s’ils étaient de bonne ou mauvaise foi. Dans la Cour du Conseil, les ministres étaient réunis sous la divinité protectrice. Dans une cérémonie, on  immolait des animaux pour donner à manger et à boire aux esprits des morts.

Dans la salle des Repas du Roi, seuls partageaient le repas, sur une natte, ceux qui avaient conclu un Pacte de Sang. Dans la cour, le Roi invitait ses amis à jouer à l’awalé. Mais gare à celui qui s’avisait de gagner !

Reine mère et vierges

Un autre personnage important était la Reine Mère qui n’était pas la Mère du Roi mais plutôt une de ses tantes, ménopausée. Salle des Gozins, des jeunes filles vierges en étaient chargées de transporter l’eau sacrée dans des cruches : les gozins.

La Chambre Noire

Enfin, la Chambre Noire était réservée au Roi qui devait mourir après l’avoir visitée. Un seul Roi l’a utilisée : le dernier, dépassé par la Révolution en 1976, trahi par ses propres parents qui faisaient partie des CDR. Il a préféré se suicider pour sauver son honneur.

Pendant cette longue visite, les enfants sont toujours aussi appliqués. D en a marre et s’amuse à semer la pagaille en distribuant des chicklets. Certains se laissent tenter. L’un des petits jumeaux, sage comme un pape, l’ignore et continue d’écrire sagement. Ceux qui acceptent font la révérence en guise de remerciement.

Dans la vaste cour où le roi rencontrait le peuple, est dressée une estrade pour y représenter des spectacles. Le guide montre où se tenait le Roi. Justement un môme vêtu de jaune et vert se tient là.
–    « C’est toi le roi ! » affirme D.
Le gosse se rengorge.
A notre programme : le Musée Ethnographique. Il est passé 13 h, nous avons piétiné et n’avons plus la force ni la patience d’envisager une nouvelle visite. De plus nous sommes accablées de chaleur. Thierry fait un tour de ville en taxi pour chercher les belles maisons coloniales et brésiliennes des cartes postales (vraiment mal conservées).

Nous rentrons à 15h30 à Helvetia. Trop tard pour commander une salade.

Collation de yaourts et de fruits. Les vagues sont toujours aussi impressionnantes. J’attends la vague, laisse l’écume m’éclabousser et me tiens bien droite pendant le reflux. Notre nouvelle voisine est une jeune Allemande qui revient d’un séjour de trois mois dans le nord du pays consacrés à un travail de recherche conjuguant botanique et sociologie : la cueillette du bois de chauffage par les femmes cause-t elle des dégâts écologiques ? Elle croit pouvoir affirmer que non. Le prélèvement serait raisonnable et n’affecterait pas trop les arbres de cette région de savane. Je l’interroge sur le nord. Elle affirme que nous allons voir plein d’animaux à la Pendjari. Je suis ravie.
Comptes avec Moronikê : la location du téléphone portable de Willy nous reviendra à 16 800CFA, l’excursion à Ganvié, 30 €. Nous confions les objets précieux et l’argent des ballons, puis distribuons le pourboire au personnel.
Au menu de notre dernier dîner : avocat, brochettes de bœuf fondantes et une tarte aux pommes digne des meilleures pâtisseries,  Nous restons longuement sur notre terrasse dans l’obscurité. Que nous réserve demain ?

La Route des Pêches jusqu’à Ouidah

BÉNIN 2006 : BALLONS DICTIONNAIRES ET BÊTES SAUVAGES

Cocoteraie route des pêches

Le taxi suit la Route des Pêches à petite vitesse. Sables et trous, c’est un miracle qu’on ne s’ensable pas. Sur la plage, de grandes pirogues délavées attendent je ne sais quelle fortune. Photos des cocotiers et des paillotes. Plus loin, une vingtaine d’hommes tirent un filet. La corde est accrochée au tronc d’un cocotier. Ils travaillent dur. On n’ose pas les approcher. Des enfants assis crient quelque chose à Thierry. Traduction : « On  va te fracasser la voiture ! ». Joignant le geste à la parole, ils font voler du sable.

Village de paillotes

Plus loin, un autre village de paillotes. Rien du monde moderne ne perturbe l’ensemble. Les murs d’enceinte sont de palmes tressées, nervures verticales, chaque palme est tissée avec la voisine. Dans les cours, quelque verdure, peut être des papayers. Du côté de la route des petits auvents très simples : quelques piquets fichés en terre, un toit de chaume ou de cocotier.

A l’ombre, des femmes sont accroupies autour de marmites avec les tout petits nus. Tas de coquilles d’huîtres. Elles viennent de la lagune. On concasse les coquilles pour vendre la poudre comme provende aux poulaillers. Pas de cultures ni de jardins. Les villages vivent exclusivement de la pêche. Les femmes fument les poissons qu’elles iront  vendre à Ouidah ou même à Cotonou. Des taxis jaune et vert les emmèneront au marché. Elles portent d’énormes bassines métalliques. La plastique n’a pas encore fait apparition.

arrêt photos

Des femmes assises avec leurs enfants le long d’un mur m’appellent. Je m’exécute « 100 francs ! ». Problème, je n’ai pas de monnaie. Distribution de chewing-gums aux enfants qui se massent près de la voiture, et  portraits de sourires aux dents blanches et yeux brillants. En Egypte, on réclamait les chicklets. Ici, ils veulent « de l’argent pour manger». Ils doivent tout acheter : pas  même des mangues.

Cocoteraie route des pêches

Ouidah : Fort Portugais, Forêt sacrée et Temple des Pythons

BÉNIN 2006 : BALLONS DICTIONNAIRES ET BÊTES SAUVAGES

Arrivée à Ouidah par la Porte du Non Retour

Porte du Fort Portugais

La route des Pêches arrive directement à la Porte du Non Retour – arche rose encadrée de sculptures métalliques. Une autre arche est  la Porte du Jubilée de l’an  2000 commémore l’arrivée des missionnaires en  Afrique de l’Ouest. La silhouette du Bénin évidée,  est précédée d’une croix.
La route qui mène à la ville est bordée de statues mais Thierry ne s’attarde pas. La Route de l’Esclavage est prévue en fin de visite.

Nous franchissons la lagune très peu profonde. A l’écart se trouve le village des sauniers qui vendent le sel de la lagune dans de petits bols.

 

Ouidah : le Fort Portugais

ouidah : fort portugais

Le Fort Portugais ne ressemble pas à un fort, mais à une maison coloniale aux murs blancs. Un petit azulejo rappelle le Portugal. Dans la cour,  de splendides manguiers  et un frangipanier sont en fleurs. Fond sonore : musique en portugais. Le guide est d’origine brésilienne, grand, mince, vêtu à l’africaine, très distingué.
Les Portugais après l’Indépendance en 1961, à  l’époque de Salazar, ont brûlé le fort et les archives plutôt que de les laisser.
Le Musée ne contient que peu d’objets originaux mais il expose des photos intéressantes, cubaines et brésiliennes comme celles de l’exposition du Musée Dapper. Ici, point de visite de Chirac mais  de Lula.
Je suis surtout impressionnée par les chaînes des esclaves, entravés non aux pieds, comme je l’imaginais mais par le  cou. La Jarre percée de plein de  trous symbolise l’unité nationale : de nombreux doigts sont nécessaires pour boucher toutes les ouvertures. Les tambours annonçant la mort du roi sont de curieuses poteries qui résonnent quand elles sont frappées d’un chiffon. Un autre tamtam sacré est impressionnant : il est utilisé seulement par les orphelins, l’orphelin de mère tape de la main droite l’orphelin de père de la main gauche, il annonce la mort des parents.

 

Ouidah : Vaudou, Forêt Sacrée et Temple des Pythons

sakpata dieu variole

 

Devant la Forêt Sacrée, attendent deux cars d’écoliers en excursion.  Lundi de Pâques et la  fête du Mouloud coïncident, c’est donc férié. La Forêt sacrée n’est plus réservée aux initiés. Depuis 1992,  cet endroit est ouvert aux touristes pour présenter les dieux Vaudou.

Un arbre immense, l’Iroko, est entouré de nombreuses statues des divinités : Legba, avec ses cornes, le Dieu du Tonnerre etc.… Certaines statues sont modernes, faites de ferraille récupérée (phares de voitures, chaînes de vélo, boulons…). D’autres  plus naïves, ont des silhouettes courtaudes, pieds et jambes exagérément lourds, attributs colorés en rouge vif ou en bleu roi.

dieu du tonnerre crachant le feu

Notre guide, Anicet, explique patiemment le panthéon vaudou, raconte des anecdotes et chantonne . Son visage, comme celui de nombreux hommes ici, est orné de scarifications verticales, sur le front, coupant les sourcils, sur les pommettes. Cette religion est difficile à appréhender. Qu’un roi se transforme en arbre immense Iroko, est très poétique. Le drap taché d’œuf et de sang, à l’entrée du Temple des Pythons, est plutôt répugnant.

Temple des Pythons

 

 

Le Temple des Pythons comporte plusieurs cours avec de petites cases réservées aux prêtres et aux initiés, seulement fermées par un drap. Le bâtiment des serpents est plus important avec ses portes de bois. A l’intérieur 50 serpents sont entassés. Le jeune guide en prend un assez petit d’un mètre cinquante environ, le met autour de son cou. C’est un animal très lent, très doux. J’ai envie de caresser ses écailles fines et douces. Il est tiède. Je demande au jeune homme de me le passer autour du cou. Il darde sa petite langue. Ce contact me plait.