Kairouan : l’hôtel Kasbah – Bassins aghlabites

CARNET TUNISIEN DU NORD AU SUD

Kairouan : Bassin des Aghlabites

Kairouan (140.000 habitants) est précédée de quartiers modernes, une zone industrielle, mais rien de trop envahissant. En suivant les panneaux routiers nous trouvons facilement le centre-ville. Un homme ne pétrolette nous guide jusqu’à l’Hôtel Kasbah(il fait des détours inutiles pour nous prouver son utilité et gagner son pourboire).

Hôtel Kasbah 5*

Une chambre 5*

Nous nous retrouvons devant une forteresse de brique avec un porche majestueux. Une discrète calligraphie élégante : c’est bien notre hôtel et il a 5 étoiles ! A l’entrée du parking le portier passe un miroir sous le châssis de la voiture. L’accueil est sympathique même sans les vouchers que nous avons perdus, nous sommes attendues !

 

Le hall, aussi imposant que luxueux, s’ouvre sur un patio occupé par une piscine turquoise à débordement, piscine découverte, pas de baignade en cette saison. Notre chambre est un décor des 1001 nuits, majolique jaune et bleue, couvre-lit bleu, coussins jaunes et bleus, boiseries peintes de motifs végétaux comme les tables de nuit à dessus de marbre, table de marbre. Tapis Kairouan, bien sûr, rebrodés dans les tons verts et bleus, sur fond gris. Au plafond, une coupole chaulée blanche encâdrée par une corniche de bois foncé peinte avec une vigne ondulante. La salle de bains est carrelée de majolique verte et jaune, spacieuse. Une petite terrasse vitrée meublée de deux fauteuils et une table ronde.

Les mosquées se visitent le matin, la Grande Mosquée ferme à 14 heures pour les visites. Au programme de l’après-midi : les bassins aghlabites et la médina

Les bassins aghlabites

Kairouan : bassin aghlabite et office de Tourisme

Les bassins aghlabites sont au bout de la rue à moins d’un kilomètre de l’hôtel. Le rond-point et le début de la rue sont enfumés par des barbecues où l’on grille de la viande mais surtout du poisson que l’on peut choisir soi même chez le poissonnier entre deux restaurants. Sur le grill : dorades et rougets. Nous nous promettons de déjeuner là demain midi !

L’hôpital  Ibn El Jazzar occupe tout un bloc en face des bassins. El Jazzar est un médecin fameux du Moyen Âge natif de Kairouan  (898 – 980).

Les bassins des Aghlabites sont des réservoirs construits au 9ème siècle pour approvisionner la ville en eau. L’Office de Tourisme se trouve à proximité. On peut monter sur la terrasse pour avoir une vue aérienne. Deux grands bassins ronds sont chacun reliés à un petit. (Cette forme me rappelle le bassin dans lequel je suis tombée au Désert Blanc en Egypte). Sous quelques arbres clairsemés un homme promène un mouton, « c’est un mouton de combat » déclare le vieil homme qui s’est proposé pour être notre guide, mais que nous n’avons pas agréé comme tel (il est collant, gâteux et s’exprime mal en français). Le « mouton » porte des cornes enroulées. Nous fuyons le vieux collant et entrons dans le parc. L’entrée est devant Monoprix, c’est un parc ouvert au public. Le ciel est maintenant noir, les bassins cerclés de blanc, les petites coupoles se détachent bien.

Le Guide Bleu m’apprend que les bassins ne sont pas vraiment circulaires mais formés d’un polygone à 48 côtés pour le grand et 17 pour le petit. 48, cela se conçoit, mais 17 ? nombre premier, quel géomètre a pu concevoir un tel polygone ? A chaque angle se trouve un contrefort arrondi ; Ce qui explique que j’avais cru voir un cercle du haut de la terrasse. Il y a peu d’eau dans le bassinet encore moins dans le « petit bassin de décantation ». Kairouan souffre de la sècheresse depuis longtemps ; « il n’a pas plu depuis deux ans » s’était plaint le vieux collant. Justement ces nuages noirs ne sont-ils pas porteurs de pluie ?

Pendant que je fais seule le tour des bassins, je remarque que Dominique n’est plus seule sur son banc, le vieux a enfourché son vélo pour venir nous rejoindre. Quelle plaie !

 

du Cap Bon à Kairouan, du pays des oranges au Sahel

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Marché de gros : oranges et mandarines de Beni Khaled

 

Sous le soleil, dans les oliveraies à perte de vue, passons un petit pont de pierre, affleurent grès et sable. Dans le lointain, les crêtes violette du Zaghouan dont la silhouette en carnassière est reconnaissable.

Menzel Bouzelfa  – Beni Khaled – pays de l’orange

A l’entrée de Menzel Bouzelfa, grandes usines, coopératives agricoles, huileries. A Beni Khaled,  partout on voit des caisses plastiques colorées remplies d’oranges ou de mandarines empilées sur les bords de la route. C’est un marché de gros, j’essaie d’acheter quelques oranges, on m’offre 5 mandarines gentiment. Mais où poussent donc les orangers ? Les orangeraies sont à l’abri d’immenses cyprès (thuyas) ou derrière de grands murs fermés par de grands portails.

A Grombalia nous montons sur l’autoroute jusqu’à Enfidha . la silhouette du Jebel Zaghouan nous accompagne, du côté sud il est aride, il semble surgir de la plaine amis en observant mieux, on distingue une série de collines qui ont une direction structurale parallèle.

A la sortie de l’autoroute des stands de vente de burnous se succèdent , il semble que ce soit la spécialité locale : burnous hommes marrons et grenats, ils sont brodés pour enfants. On traverse aussi des étendues sableuses. La route P2 traverse Kondar, dommage que ce ne soit pas l’heure du déjeuner, les restaurants sont nombreux et très appétissants, il y a des vendeurs de thé aux amandes, et des grillades. La route longe une étendue désertique. Le paysage change complètement, on voit des troupeaux de moutons

Roseaux à vendre sur les bord de la route

. A Metbasta (13km avant Kairouan un dromadaire tout seul, des roseaux, c’est ici une specialité, on les met en botte sur le bord de la route et on fait de jolis empilements. Puis on voit des tas blancc, est-ce du sol ? les buissons sont ras et clairsemés

L’Empreinte du faux – Patricia Highsmith

LECTURE TUNISIENNE?

L’auteure est américaine, mais l’histoire se déroule en Tunisie, à Hammamet dans un de ces hôtels de luxe sur le bord de la plage.

Ingham, un romancier américain, vient en Tunisie, s’imprégner de l’esprit du lieu pour adapter un de ses romans au cinéma. Le réalisateur, de ses amis, le rejoindra quelques jours plus tard….

Mais rien ne se passe comme prévu. Le cinéaste ne donne pas signe de vie.  Ingham met à profit sa disponibilité pour commencer un nouveau roman. Il se lie avec Adams, un autre américain et avec un peintre danois. Ils mènent la vie des vacanciers de bord de mer.

Un roman sur la Tunisie? ¨Pas vraiment, plutôt sur le peuple des vacanciers, déconnectés de leur habitudes, de leurs amis et famille, des relations que le hasard a rassemblé sur cette plage. Pas spécialement sympathiques. Même pas touristes. De la Tunisie, il jouissent du soleil, des baignades. Ils boivent. Leur monde clos leur suffit. Les Tunisiens, qu’ils nomment les « Arabes » sont soit des larbins soit des voleurs, peut être les deux. Le sens moral de ces estivants a aussi pris des vacances : Ingham trouve un homme assassiné dans une ruelle et n’a même pas l’idée d’avertir la police. Compliqué? Inutile? Quelle valeur attribue-t-il à la vie de cet homme. Ingham, lors d’une tentative d’effraction dans son bungalow, blesse? Tue? son voleur. Cet « incident » l’ennuie, mais cela ne va pas plus loin. Qui va le soupçonner? Quelles conséquences? Y-a-t-il eu une victime?

Peu ou pas de suspens dans ce « polar ». Pas d’enquête. Juste une atmosphère de mensonge, de faux. On pourrait s’ennuyer dans ce roman où il ne se passe presque rien.  C’est tout l’art de la romancière que de suggérer, de distiller, ce soupçon, cette empreinte du faux…

Elle raconte une époque révolue, celle de la guerre froide, de la guerre du Vietnam, de la guerre des 6 jours. Et puis ce voleur, cet arabe pouilleux qui a peut être été assassiné. Ce n’est pas le Président Kennedy! J’aime relever tous les détails de cette histoire contemporaine. Critique volontaire ou involontaire de cet insouciance américaine, de cette certitude d’être porteur des grandes valeurs de la démocratie et de la morale chrétienne, discours insupportables d’Adams surnommé OWL (Our Way of Life).

Amateurs de romans d’action, de polar haletant, s’abstenir.

Amateurs de folklore tunisien, vous serez déçus!

En revanche si vous goûtez l’humour, la finesse et une histoire désuète, je vous recommande cette lecture;

Nabeul et Hammamet

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Au petit déjeuner, j’ai surtout apprécié la Âssida et mangé les deux portions ! Nous avons repris la route de Menzel Temime le long de la côte par Korba pour aller visiter Nabeul.la pluie a « lavé » l’air, la visibilité est excellente je devine Pantelleria en face de Menzel Temime.  Avant Korba, une lagune est retenue par un cordon dunaire mince. Les oiseaux sont nombreux : canards, aigrettes et flamands roses. Korba est précédée d’une grande mosquée à coupole jaune.

Nabeul est traditionnellement la ville des potiers. On devine les carrières de kaolin et les cheminées d’usines dans sa proche banlieue. Barbecue, colonnette, fontaines, balustres, dauphins, lions attendent les clients qui aménagent les jardins de leurs villas, sur le bord de la route. Nous nous perdons quand nous cherchons le site de Néapolis et le Musée. J’entre dans une pharmacie : « demandez la Jarre ! » La Jarre est le symbole de Nabeul, elle orne le carrefour principal. Nous trouvons après avoir bien tourné, mais Musée comme site sont fermés le lundi. De Nabeul nous n’aurons donc rien vu que des rues commerçantes et beaucoup de voitures !

Hammamet vu de Dar Sebastian
Hammamet

Nous continuons vers Hammamet : tout d’abord un café qui aura la Wifi. Au Cap bon il n’y a pas de 3G tout juste H+, il n’est donc pas possible de partager la connexion Internet. Je m’offre un magnifique jus d’oranges pressées avec deux pailles enroulées ensemble  que je sirote pour profiter d’Internet.

Ensuite : promenade pieds nus sur la plage de sable fin dans la frange écumeuse de la vague et pique-nique assises sur un pédalo aux couleurs de l’Algérie.

La Villa George Sébastien peut se visiter le lundi. George Sébastien, milliardaire roumain, fit construire dans les années 1920 une villa « à l’antique » où il reçut André Gide, Roger Martin du Gard, Bernanos, Paul Klee, Cocteau …. Pendant la seconde guerre mondiale elle fut réquisitionnée par Rommel. Cette villa est maintenant transformée en un Centre d’Art, ouverte ainsi que le jardin à la visite. Après les sites antiques, un peu d’architecture du 20ème siècle nous changera ! Et puis, visiter les ombres de tous ces personnages célèbres….

Dar Sebastian patio et piscine vide

Mais il faut d’abord trouver la villa. Hammamet est une station balnéaire immense, les habitants distinguent Hammamet Nord de Hammamet Sud. Reliant les deux, des rues commerçantes sans charme. Nous errons de rond-point en rond-point, de blocs de bétons-usines à touristes en zones résidentielles. Personne ne connaît la villa. Un jeune tunisien très charmant ne la connaît pas non plus, mais armé de son smartphone il trouve le numéro de téléphone et appelle pour nous « C’est à côté de l’hôtel Sindbad, tout le monde connaît » affirme-t-il.

Nous trouvons un grand mur, des eucalyptus très hauts  , je me promène dans les jardins ornés de statues. Découverte de Gabriella Mistral prix Nobel 1946, diplomate, écrivaine chilienne.

Dar Sébastian est une maison basse très sobre, organisée autour d’u patio couvert. La piscine est elle aussi dans un autre patio. L’architecture est d’une grande simplicité. Il y a une exposition de peintures contemporaine mais rien d’exceptionnel.

Le jardin descend vers la plage, figuiers de barbarie, mimosas, pin verveine, grands agaves. A Travers une rangée d’agaves desséchés, je découvre comme un trésor la vieille Hammamet avec son fort le long du rivage. Cela me fait penser à Budva (Monténégro) jolie ville close asphyxiée par le béton d’une station balnéaire tentaculaire. Les gens viennent ici pour la plage et oublient qu’il y a une vieille médina, un fort espagnol…on connait mieux le nom des hôtels que le centre des arts !

un jardin redevenu sauvage, un pavillon à coupole comme un mausolée….

Un petit pavillon à coupole blanche est entourée de gradins, comme un minuscule amphithéâtre. Ds poteaux métalliques suggèrent qu’on pouvait couvrir pour avoir de l’ombre. J’imagine des réceptions, peut être des lectures ou jeux littéraires….la nature sauvage reprend ses droits les feuillages graphiques des yuccas, agaves et raquette des figuiers dominent cette partie du jardin.

Il y a un petit arboretum avec des plantes étiquetées, un verger d’agrumes irrigué et une citerne rectangulaire. Dans un pavillon on explique la culture des agrumes, l’irrigation.

Avant de quitter Hammamet, nous passons sous ses murs. Nous avons perdu trop de temps à chercher, il faut rentrer avant la nuit ; je ne pourrai pas me promener dans la Médina.

La lagune prend une teinte rose reflétant le ciel… Les gros nuages gris contrastent avec ce ros/ les flamands sont regroupés ; j’avise des pontons avec un chemin de planche mais il est ruiné, les planches pourries, dangereuse. Des vols d’aigrette en formation en V nous survolent. Elles sont très blanches. Les flamands brillent dans la lumière rasante.

La nuit est tombée quand nous arrivons à Menzel Temime. C’est notre 3ème passage, mais vais-je retrouver la route de Skalba ? Et bien oui ! pour vérification je demande la route « qu’allez vous chercher à Skalba ? Chez qui allez-vous ?» Les gens sont méfiants. Ils ne comprennent pas que des touristes sortent de leurs hôtels réservés et s’aventurent dans la nuit noire. Une fois qu’on est sur la bonne route, impossible de se perdre, c’est tout droit ! mais je remarque dans les phares un nombre incroyable de piétons, des véritables congrès de chiens. Dans la nuit, on saute sur les ralentisseurs qui ne sont pas visibles, sans parler des nids de poule !

 

Hamed nous annonce un « diner tunisien » en notre honneur. Ce sera de la soupe de poulet aux légumes épaissie par de la semoule, une salade de poivrons grillés bien épicés, il faut manger du pain. Justement Zhora apporte une galette bien chaude. Brick à l’œuf plein de persil. Le plat : cuisses de poulet au four avec oignons, tomates et deux poivrons/piments allongés/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le tour du cap Bon, Sidi Daoud, El Houaria,Kerkouane, Kelibia

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Tempête sur le Cap Bon

La météo agitée ne nous a pas découragées. Dès le matin l’averse de grêle a tambouriné sur le toit ; La pluie s’est abattue avec la puissance d’une mousson tropicale. Quand nous sommes sorties pour le petit déjeuner le soleil est revenu. Toute la journée nous connaîtrons cette alternance d’éclaircies au chaud soleil et d’averses violentes, avec même, éclairs et tonnerre.

Zhora a apporté les plats du petit déjeuner dans le désordre le plus complet. Fromage et gâteau, café, pain tabouna et l’Âssida : une sorte de bouillie de farine au goût d’orange, baignée d’huile d’olive décorée de dattes dénoyautées, avec un petit tas de sucre à la cannelle. Délicieux ! j’ai lampé l’huile à la petite cuiller.

Sidi Daoud

Sidi Daoud port thonier

Sidi Daoud zest un port thonier où l’on pratique la Matanza comme en Sicile. Aujourd’hui, aucune chance de voir la crique rougie du sang des thons. Des crêtes blanches hérissent la mer ; tellement blanche que j’avais cru apercevoir une ville de maisons blanches. Sidi Daoud doit être le village du vent, on a choisi d’y implanter un parc éolien d’importance. Autre indice d’un endroit venté, les paillassons qui protègent les petits arbres, les haies de roseaux et les canisses, brise-vent de protection des cultures.

Les îles Zambra et Zambretta sed détachent au-dessus des vagues. De gros nuages gris foncé se déplacent à grande vitesse et crèvent en grains brefs mais bien mouillants. La petite route suit le littoral puis rentre dans El Houaria.

au large de Sidi Dauoud : Zambra et Zambretta

El Houaria : tout le monde connaît les Grottes à la base de la falaise. Ce sont des carrières romaines dans un grès dont la stratification est creusée par l’action du vent et des vagues. Avec la tempête qui soulève l’écume le spectacle est parfait avec l’éclairage rasant qui sort des nuages menaçants.

El Houaria : les Grottes

L’association de la Fauconnerie est située juste au-dessus du Restaurant La Grotte. Le gardien me montre les faucons dans leurs cages. Il y a aussi un aigle un peu miteux et deux couples de buses bien énervées. Le gardien sort un faucon et le pose sur son poignet, l’oiseau est docile , il vient se poser sur le mien. Je suis étonnée de sa délicatesse. Peut être celui-ci est particulièrement doux avec les visiteurs. Photo de Khadafi avec les faucons. Une cigogne baguée ici a été retrouvée en Rhodésie (l’affiche doit être ancienne plus personne n’emploie le mot de Rhodésie). Un faucon a été observé au Kazakhstan. Le faucon est l’animal emblématique de El Houaria : il y a un festival du faucon au printemps et selon le Guide Bleu, on y croiserait des fauconniers avec leur oiseau.

Oeil de faucon

Olivier d’Eshraf

Selon la pancarte il aurait été planté par les Carthaginois il y a 2250 ans.

Oliviers planté par les Carthaginois

La ville punique de Kerkouane

Cette ville carthaginoise fut détruite lors des guerres puniques mais à al différence de Carthage et des autres villes antiques que nous avons visitées, elle n’a pas été romanisée. On voit donc ce qui reste d’une ville punique presque complète avec ses remparts, ses tours de défense, ses rues et ses habitations mitoyennes, ses places et son temple.

sgne de Tanit

Le projet transméditerranéen « A la suite du Magon » est une coopération tuniso-italienne qui a installé de nombreux panneaux explicatifs. Le Magon est un vin tunisien vin passerillé – analogue au moscato de Pantelleria. Pantelleria est vraiment très proche, Olfa qui habite Kelibia la voit de sa fenêtre. De nombreux indices montrent l’intérêt des Carthaginois pour le vin : ils en faisaient commerce, importaient de la vaisselle grecque. Une œnochoé est décorée avec Ulysse et Polyphème, clin d’œil au vin et à l’ivresse. Dans les tombes on a retrouvé la vaisselle pour assurer l’ivresse au défunt au paradis.

Kerkouane ville punique

Kerkouane était une ville d’artisans : les fours de potier sont presque intacts à l’extérieur de la ville. On travaillait aussi la pourpre . Le Murex fut importé par les Phéniciens. On raconte que Melqart/Herakles avait trouvé que le museau de son chien qui avait mangé des murex était teint. Dans le musée on montre un bol avec des coquilles de murex.

Les bijoux étaient aussi d’une grande finesse.

Le Temple était, selon les panneaux, de modèle sémitique, analogue à celui de Melqart à Tyr ou au Temple de Salomon à Jérusalem.

Les maisons mitoyennes étaient confortables ; les baignoires-sabots sont enduites du même enduit rouge qu’on reconnait aussi à Sélinonte. Je ne m’en souviens plus, peut être ne les ai-je pas vues ?

Au point le plus éloigné de l’entrée, près des murailles de la ville, la grêle s’abat sur moi. Je m’abrite sous un tamaris, abri provisoire, je suis trempée lorsque j’arrive au Musée, très intéressant, malheureusement mal éclairé et aux céramiques un peu poussiéreuses. Les bijoux sont très beaux.

Kelibia

La forteresse de Kelibia

Kelibia est une ville de 46.000 habitants animée avec ses commerces et un port important, les bateaux sont de bonne taille. Nous traversons des quartiers résidentiels avec de jolies villas dans des jardins. Du port on grimpe jusqu’à la poterne du fort  domine de très haut la ville (150m) Sur des fondations punique, les Byzantins ont fortifié la colline mais les constructions visibles sont 16ème siècle, donc ottomanes. Deux promenades s’offrent à moi : le chemin de ronde derrière les créneaux qui offre des points de vue spectaculaires sur le port, la ville et la mer. A l’horizon, je crois deviner une terre embrumée, Pantelleria ? Deuxième promenade à la base des hauts murs de pierre pour en apprécier la qualité de la maçonnerie ?

Du fort, nous rejoignons Menzel Temime sans passer par le centre-ville de Kelibia. Nous passons devant de grands hôtels vides en hiver. A Menzel Temime il fau trouver la petite route qui coupe le CapBon pour retourner à notre gîte sur l’autre côte. D’après la carte elle passe à Skalba et Tazoghrane. Je me renseigne auprès des chauffeurs de taxi, qui, bien sûr connaissent la route mais leurs explications sont confuses. Un monsieur nous vient en aide. Il monte sur la banquette arrière et nous met sur la bonne route. A 16h30 nous somme revenues devant notre portail blanc et j’appelle hamed au téléphone pour qu’il ouvre.

Soupière et Magon

Hamed a allumé le feu dans la salle à manger. Zhora apporte tous les plats en même temps : une soupe de potiron délicieuse, des escalopes nappées dans une sauce jaune (safran ?) fortement citronnée, la « salade » est chaude, c’est une jardinière de légumes aux carottes, petits pois, betterave rouge, et du riz à l’ail, persil, poivron comme accompagnement . Une tarte aux aubergines arrive plus tard. Nous n’avons plus faim, on en coupe 4 parts pour demain midi !

Tant qu’il y a un joyeux feu dans la cheminée, je ne résous pas à quitter la pièce et écris mon compte rendu de la journée en attendant que les trois petites bûches achèvent de ses consumer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vers le Cap Bon : Aqueduc de Zaghouan, Korbous, sources hydrothermales, Dar Abdallah

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Aqueduc de Zaghouan à Carthage

La route de Tunis C33 traverse une plaine entre les champs de blé verts. Seules quelques rangées de cyprès brisent la monotonie. On passe ensuite une zone non cultivée avec des roseaux. De grosses carrières sont reliées à une cimenterie par des kilomètres de tapis roulants (gros nuage de poussière).

Aqueduc de Zaghouan

Construit par Hadrien, il transporte les eaux captées au Zaghouan vers Carthage. Tantôt la canalisation est souterraine tantôt elle affleure ou est soutenue par de hautes arches. Les arches se bordent la route P3 au niveau de l’Oued Meliane. A cet endroit l’aqueduc fait un coude et les arches sont particulièrement hautes. Objectif stratégique, l’aqueduc fut coupé à plusieurs reprises, par els Vandales, les Arabes il fut restauré à plusieurs reprises. Une restauration en 1859 sous la direction d’un architecte français permis d’apporter à nouveau l’eau du Zaghouan à Tunis en remplaçant les canalisations de pierre par de la fonte mais à cause d’un mauvais entretien l’usage en fut abandonné à la fin du 19ème siècle.

La pluie s’est mise à tomber et ne cessera pas de la journée.

La plage de Jahmi près de Soliman

Nous continuons la grande route P3 jusqu’à l’autoroute. Sous la pluie nous ne prêtons plus attention au paysage fortement industrialisé et bétonné des environs de Tunis. Nous quittons l’autoroute Tunis/Hammamet à Grombalia, peu attrayante sous la pluie et continuons vers Soliman. Commerces ? gens pressés, éclaboussures, les flaques deviennent géantes. Personne ne connaît le Fort de Jahmi . En revanche tout le monde connaît la plage de Jahmi. A la sortie de Soliman, on traverse une sorte de maris où poussent des salicornes brunes. La petite station balnéaire, malgré la pluie est aimable : maisons basses, murs blancs ou crème, un air de vacances. Les vagues battent les blocs brise-lames. On pique-nique dans la voiture face à la plage.

Les vignes, les vergers ont remplacé les champs de blé depuis que nous sommes au Cap Bon. La presque-ile est aussi boisée : pins et eucalyptus couvrent les hauteurs.

Korbous

Korbous

Korbous est une station thermale blottie dans une anse. Des sources chaudes jaillissent à 50°C. De petites installations cubiques avec des petites cheminées d’où sort de la vapeur annoncent les établissements.  Sur le bord de la route, le propriétaire d’un des restaurants de poisson nous invite à entrer, vous irez à la source après, c’est tout près ! . Enfin, dans le creux, tassés les uns contre les autres, les hôtels et établissements thermaux. Le plus grand, le plus beau est dans un palais beylical près d’un grand minaret carrelé de bleu. A l’entrée, une hôtesse m’explique tous les traitements : fangothérapie, vapothérapie, douche à jets….J’avais juste envie de piscine ! Impossible, il faut choisir une « formule » la moins chère la « relax » est à 55dt et compte trois soins. D’autres sources sont moins médicalisées. Avec la pluie, je n’ai pas envie de chercher plus loin. Nous devons être au gite dans moins de 3heures. Cette étape rapide n’a pas de sens ! Il aurait fallu arriver beaucoup plus tôt pour profiter de l’endroit.

Dar Abdallah à Zougueg

16h, nous sommes devant la borne km29 sur la route C26 qui fait le tour du Cap Bon devant un portail blanc. Notre hôtesse Olfa, est cordiale. Elle nous a réservé le studio VIP de plain-pied face à la piscine. Grande baies vitrées protégées par de solides volets de bois sur deux côtés ; Le studio est vaste : un coin-chambre avec un lit à baldaquin, rideaux blancs, double rideaux oranges et jaune fluo pour une touche contemporaine. Un coin-salon avec de très gros et très confortables fauteuils de ficelle lissée en damier et des coussins multicolores. Une cuisine américaine en pin (style Lapeyre) . Une vaste salle d’eau carrelée dans les gris, argent et miroirs ; Une lampe rouge diffuse une lumière rouge (autre touche contemporaine).

La salle à manger – restaurant est appelée ici coin-repas. Il se trouve dans une cabane en rondins de pin avec l’écorce. Fenêtres rouges, rideaux à carreaux rouge et blancs avec des volants. Quatre solides tables avec des bans, un canapé et trois fauteuils autour de la cheminée où on a allumé une belle flambée. Deux jeunes couples sirotent des bières. Ils viennent de Tunis pour le week-end et ont apporté leur pique-nique. Sous un auvent de cannisses il y a des tables pour les jours ensoleillés. Plus loin, un véritable petit bois d’oliviers avec des allées, des bancs, des statues antiques, des coins et recoins romantiques. Encore plus loin, le potager ! oignons et fenouils en ce moment.

Le dîner est excellent. La soupe est servie dans une énorme soupière. Une belle quiche précède le plat principal. On demande la permission de l’emporter pour le déjeuner de demain. Délicieux légumes dans une petite cassolette et poisson.

On reste au coin du feu encore un bon moment pour profiter de cette soirée.

 

 

 

 

 

 

Zaghouan, la ville et retour au Dar Zaghouan

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Dans la médina de Zaghjouan

Nous aurions aimé suivre l’aqueduc de Zaghouan, mais les arches ne sont visibles qu’à une quarantaine de kilomètre sur la route de Tunis. Nous préférons visiter la ville de Zaghouan, ses petites rues en pentes, ses portes cloutées, le plus souvent bleues, parfois jaunes ou beiges. Bougainvillées, jasmin dégoulinent des murs blancs ?

Souvenir d’Andalousie, les balcons, les ferronneries ? Fenêtres à moucharabieh. Fontaines de céramique. Plusieurs minarets pointent vers le ciel dont un compliqué. J’arrive sur une petite place où sont installées de nombreuses terrasses de cafés. Portes bleues, chaises bleues, tables bleues. De nombreux clients (clientèle masculine exclusivement). C’est pittoresque, sympathique presque aussi joli qu’à Sidi Bou Saïd.

Mou Chat rabieh….

Nous sommes retournées au Temple des Eaux , espérant le voir au soleil, il est déjà à l’ombre !

Temple des eaux l’après midi

Nous rentrons tôt pour profiter du cadre agreste de Dar Zaghouane, des vergers de l’hôtel. Une conférence écologique de Switchmed qui est une initiative de l’Union européenne pour soutenir des  tout autour de la Méditerranée pour soutenir des programmes de développement durable et d’économie circulaire aussi bien les 28 pays de l’Union Européenne que 15 pays s’étendant de la Maurétanie à la Syrie, la Palestine, Israël, le Liban ou l’Albanie, Macédoine ou Turquie….Cette conférence a un certain retentissement médiatique, nous avons vu arriver les camions de la télévision.

Citron sous notre fenêtre

Dar Zaghouan se présente comme une ferme-auberge écolo : restaurant bio, verger et cultures maraîchères autour des chalets, grands panneaux solaires au-dessus du restaurant. Diverses activités sont proposées dans la montagne proche : randonnées à pied, à cheval, en quad(c’est écolo le quad ?), une « huilerie » et une distillerie d’huiles essentielles (qui sont plutôt des magasins) une piscine, un hammam.

Les restaurants, beaucoup de tables dehors, deux restaurants intérieurs, ont une grande capacité. C’est chic, le restaurant est meublé d’objets anciens de très bon goût. Nous avons dîné aux chandelles tandis qu’un beau feu de bois réchauffait la salle (on est en décembre). Le repas est très copieux ! soupe, salade, plat et fruits mais la gastronomie laisse à désirer. Après le raffinement de la cuisine des chambres d’hôtes les spaghettis sauce tomate et la grillade de dinde très quelconque et un peu brûlée, ont un goût de cantine. Les salades bio et les fenouils viennent du jardin mais il manque quelque chose dans l’assaisonnement. Le lendemain, délicieuse chorba et salade poivrons grillés très épicés ‘ont fait manger beaucoup de pain, l’agneau mijoté est nettement meilleur que la brochette.

Dar Zaghouan : salle à manger

La restauration est celle d’une grosse structure est un peu décevante. L’hébergement de notre Suite Mandarine nous a enchantées. Petit chalet brique et bois, avec une terrasse carrelée. Meubles très simples mais lit King Size très confortable, une douche bien chaude, un radiateur électrique. TV5 Monde, des lampes de chevet. Par les deux fenêtres dans les amandiers, le va-et-vient des oiseaux nous a charmées. Les moineaux sont ébouriffés dans le froid du matin.

C’est donc une étape reposante, confortable ais dans une ambiance « hôtel ». Toutefois, une rencontre intéressante avec les gens de Switchmed. L’écologie peut être rentable et commerciale semble proclamer Dar Zaghouan qui affiche ses partenariats avec les écoles, les associations sportives locales (même féminines) mais facture 3 dinars la bouteille d’eau.

Zriba la haute

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Zriba-la-Haute

Zriba-la-haute

Zriba est le village berbère le plus proche de Zaghouan sur la route en direction de Tunis, on trouve d’abord a zone industrielle de Zriba, puis la petite ville moderne de Zriba qui est une bourgade comme tant d’autre. Appel à la prière du vendredi, commerces, cafés…plus loin la route continue sur Hammam Zriba réputée pour ses eaux thermales et ses hammams. Il faut bifurquer sur le pont et monter quelques kilomètres pour trouver l’ancien village : Zriba la Haute. A l’entrée se trouve l’école du temps de la colonisation, en face quelques fermes sont encore occupées par des bergers, avec des maisons voûtées, hémicylindrique. Un troupeau d’oies se dandine, un chien dort, deux jeunes hommes nous saluent en français, une femmes aux habits bariolés et fichu orange est assise devant sa maison fait mine de ne pas me voir photographier une très belle porte de bois sculpté avec une étoile de David.

Zriba : très belle porte

Le village abandonné est plus haut, adossé à un rocher pyramidal. De nombreuses maisons s’écroulent, certains sont encore debout. La mosquée au minaret carré terminé par un pyramidion, domine le village, elle a été restaurée comme le gîte d’étape-buvette fort bien équipé avec une terrasse meublée de fauteuils de bois et des chambres. Un générateur fournit l’électricité, il y a même la télévision avec un écran plat. On y sert jus d’orange pressé et café. Dimanche prochain, un groupe de randonneurs est attendu.

Zriba : mosquée

Le village a été déserté dans les années 60 pour la nouvelle Zriba en bas. Les bergers qui occupent les fermes ne sont pas les anciens habitants explique un monsieur descendu d’un pick-up. C’est le Président pour la Restauration du Patrimoine Rural de Zriba la haute. Petit à petit on restaure les maisons avant qu’elles ne soient irréparable. Ici ou là dans le village il y a de petits chantiers. Le monsieur est personnellement impliqué : il s’occupe de la maison de son grand père.

Zriba : mausolée

La Zaouia Sidi Abdelkader Jilani est toutes blanche, avec sa belle coupole aux tuiles vernissées vertes entourée de 4 petites coupoles. Le bâtiment est chaulé avec soin sauf la face où se trouve l’entrée carrelée de majolique,  autour de la porte les parements sont ciselés avec soin : roses rosaces, bouquets de fleurs, entrelacs. Une délicatesse et un luxe dans le décor étonnant pour un si petit village.

Les rues sont praticables. Un escalier permet d’arriver au sommet juste sous le rocher pointu. La vue est à 360° sur l’ancien village, ses voûtes et coupoles et sur les alentours, et les oliveraies. En arrivant nous avions croisé un homme et une femme qui nous avaient dit qu’ils allaient aux olives. Plusieurs ânes entravés attendent à la base du village.

Zaghouan : Temple des eaux et Jebel Zaghouan

CARNET TUNISIEN DU NORD AU SUD

Zaghouan : temple des eaux

Au petit déjeuner le patron de Dar Zaghouan a consulté notre programme de visites : « trop chargé ! vous n’y arriverez pas ! ». Comme je lui ai parlé du blog, il offre gracieusement le guidage par le guide de l’hôtel. Nous déclinons cette offre, nous préférons l’aventure !

La matinée se déroulera donc sur le Jebel Zaghouan. Hier, apparition saisissante sur la plaine, silhouette d’une carnassière de canidé avec des pointes déchiquetées et un talon « broyeur » à l’arrière. La montagne culmine à 1295 m . C’est aussi le château d’eau pour la région, source de l’aqueduc apportant l’eau aux Thermes d’Antonin à Carthage.

Temple des eaux : bassin de décantation

Le Temple des Eaux est encore dans l’ombre, nous sommes les seules visiteuses. Le gardien se propose de me le faire visiter et j’accepte de le suivre avec joie. De 123 à 128 ap. JC a sévi une terrible sécheresse sur Carthage, l’empereur Hadrien décidé la construction de l’aqueduc, long de 132km qui débute ici ? Le Temple des eaux est un nymphée. La source se trouve dans la niche centrale, petit temple de Neptune, 25 m plus bas. Une galerie d’arcades abritait 12 statues de nymphes dans des niches plus petites. L’eau était décantée dans un bassin de marbre bris bilobé puis passait dans un conduit de pierre ?

petit temple d’Hadrien et Salambô : bouquet offert par le gardien

En dessous, se trouvait le Petit temple que le gardien attribue à « Monsieur Hadrien et Madame Salammbô ». (Une telle association est tout à fait étonnante, je n’en ai pas trouvé de trace nulle part). Les eaux se déversaient dans un bassin carré par 3 tuyaux et se déversaient dans le collecteur. Le gardien m’a aussi conduite à l’arrière du monument pour me montrer les carrières de marbre gris : on voit encore les encoches dans lesquelles les carriers plaçaient les coins. Le vieil homme cueille des fleurs : un bel hibiscus, des grains roses du faux-poivrier (Schinus molle), des bougainvillées violettes.  Pendant que je note, Dominique remarque un aigle royal qui plane.

Faux poivrier

Jebel Zaghouan : Sidi Bou Gabrine

Jebel Zaghouan : sommet

Une route s’élève en lacets au flanc de la montagne du côté nord dans une garrigue touffue de lentisques pistachiers, chênes verts, caroubiers, des pins d’Alep ainsi que de grosses touffes rose de fleurs de bruyère arborescente. Elle est étroite il faut faire attention aux nids de poules. La Symbol grimpe très bien. Il ne faudrait pas rencontrer un véhicule en face. La première pointe du massif est coiffée d’une tour de ciment (tour de guet ?)Quand on s’en approche, la route prend une autre direction, descend franchit un vallon puis remonte  en direction des antennes. On voit des vaches, et au dernier moment les bâtiments blancs de Sidi Bou Gabrine.

Sidi bou Gabrine

Juste au-dessus, il y a des tables et une aire de pique-nique. La route continue amis un panneau indique qu’on entre en zone militaire, circulation interdite.  On s’arrête donc sur un épaulement : la vue est splendide.

Sous les caroubiers

 

De Dougga à Zaghouan en passant par Testour

CARNET TUNISIEN DU NORD AU SUD

Jebel Zaghouan

14 heures, nous reprenons la route par Teboursouk et la route P5 de Tunis et Testour . Notre hôte du Dar Alyssa nous a fortement recommandé de visiter Testour, ville andalouse. Il nous avait mis un accompagnement musical de musique arabo-andalouse de musiciens de Testour. Le Guide Gallimard en fait également une description alléchante. Il nous reste encore 100km de route pour arriver à l’étape. On n’aura pas le temps de sortir de voiture et évidemment on ne verra rien !En revanche on remarque un changement dans la campagne aux alentours de Testour : les vergers ont remplacé les champs de blé. Oliveraies et aussi vergers d’arbres défeuillés : pêches ou pommes ou abricots ? et beaucoup de grenadiers.

Grenades, olives et mandarines autour de Testour

Sur le bord de la route, les étals sont artistiquement présentés : les grosses boules brillantes des grenades brillent, dans des caissettes, les olives ont diverses teintes : vertes, violettes ou noires, surtout des noires. On peut aussi acheter de l’huile en bouteille ou en bidon. Avec les mandarines, cela fait un bel étalage.

On pourrait couper par de petites routes vers le sud pour raccourcir le chemin au lieu de remonter presque jusqu’à Tunis. La carte est imprécise. Le GPS est récalcitrant. Nous interrogeons les passants et surtout les policiers qui nous conseillent tous de continuer la P5 en direction de Tunis jusqu’à Mejez-el-Bab puis la direction de Goubellat et El Fahs dans une campagne très plate. Nous passons près d’un lac presque à sec. Le Jebel Zaghouan domine la plaine. Nous nous approchons et cherchons le meilleur angle pour le photographier : ce sera à travers les branches d’un amandier.

Dar Zaghouane

piments bio

Plutôt hôtel que chambres d’hôtes, Dar Zaghouane est une assez grosse structure qui se présente comme une ferme bio où les enfants peuvent faire de l’équitation, les grands du quad ou des randonnées, il y a également un hammam (les eaux thermales du Zaghouan sont réputées. Des petites boutiques vendent des produits bio : huilerie, poterie. Restaurant bio (à prix élevés pour la Tunisie). On nous attribue la suite mandarine dans une maisonnette en bois qui a une belle terrasse dans les arbres. Tout le confort et une déco réussie. Nous avons l’impression de dormir dans le verger, nous pouvons observer les oiseaux.