Liepaja : Karosta base navale des Tsars et des soviétiques

Les halles de Liepaja

Les Halles – fin 19ème –  façade briques et pierre, plafond vitré. Les étals sont très bien achalandés : poissons fumés de toute espèce : thon, espadon, maquereaux, harengs et même un carrelet entier fumé. Nous achetons un poisson blanc épais et moelleux ! Espadon ? Ou thon ? La boulangère accepte de couper en deux un gâteau tressé. Plus loin nous achetons des poivrons farcis. Ce sera le meilleur pique-nique des vacances.

les HLM rouillés mais habités de Karosta

Karosta

Karosta est l’ancienne base navale russe. Liepaja était  l’un des rares ports russes libres de glace l’hiver. JP Kauffmann raconte le départ de l’escadre russe en 1904 pour la guerre Russo-Nippone en faisant le tour de l’Afrique.

Pour rejoindre Karosta on longe encore de vieilles usines de briques désaffectées. Un pont métallique enjambe le canal de Karosta. On trouve des barres de 4 ou 5 étages en très mauvais état mais habitées. Des tilleuls magnifiques bordent les rues. Les habitations sont minables mais le cadre est très verdoyant. Une escouade de jardiniers tondent, ratissent, balaient. Jamais vu des effectifs si pléthoriques !

La cathédrale orthodoxe Art Nouveau est surdimensionnée. Nicolas II en a posé la première pierre (brique ?). Au dessus de l’iconostase une fresque 1900 est originale – photographie interdite ! Ce n’est pas la seule interdiction : un panneau porte les pictogrammes habituels, pas de cigarette allumée, pas de téléphone, des vêtements décents….mais d’autres interdictions surprennent : pas d’alcool ! ni de mauvaises pensées ! La détection des mauvaises pensées se fait comment ? Foulards et tissus sont prévus pour les mécréantes.

les bâtiments de la flotte tsariste

Les anciens bâtiments tsaristes tombent en ruine. On a l’impression de traverser une ville-fantôme et pourtant encore habitée. Par qui ? Condensé extrême de ce que nous avons découvert à Liepaja.

Espérant en apprendre plus, j’attendais beaucoup de la visite à la prison de Karosta. Mais je serai bien déçue.

Visite à la prison : appel

Le guide est déguisé en officier fusse, casquette plate ave l’étoile rouge, bottes de cuir et vareuse khaki trop courte, moustache grisonnante. Il nous entraine à grand pas vers une cour et nous aligne derrière une ligne blanche. Appel, les visiteurs se présentent. A mon tour on me demande « vous parlez Russe ? » – « Niet ! ». Cela fait rire tout le monde, c’est plutôt un bon point de ne pas parler Russe ! D’ailleurs le guide traduit très bien en anglais. Cette prison est une prison militaire. En 1905 elle a hébergé des opposants politiques mais depuis 1918 sept armées différentes l’ont utilisée pour incarcérer les soldats désobéissants et les déserteurs : armées du Tsar, allemande, lettone, à nouveau russe allemande, soviétique jusqu’en 1994 pui lettone. La visite a pour but de nous faire revivre quelques minutes la vie de cette prison militaire ; rien à voir avec ce que je recherche.

le paquetage du soldat russe

Nous entrons dans le bâtiment sombre, peint en noir. Dans une salle consacrée à la 2ème guerre mondiale sur un mur est exposé l’équipement allemand avec sac à dos et matériel ad hoc, en face un sac en toile de jute à peine mieux qu’un sac de patates, une corde et une sorte de marmite en fer blanc : l’équipement du soldat russe. Les armes, grenades, mines interessent plus mes compagnons que moi. Le guide raconte qu’après 1945 ; 70 unités étaient  basées à Karosta avec jusqu’à 25 000 soldats et que Karosta était fermée à la vie civile. Pendant 49 ans les mauvais soldats se trouvaient emprisonnés, une moyenne de 5 jour avec rééducation politique et entraînement militaire. Une cellule toute noire était destinée aux fortes têtes. Dans la pièce réservée aux interrogatoires

Ce qui est étrange c’est que cette prison, aujourd’hui, peut faire fonction d’hôtel bon marché (plutôt auberge de jeunesse) Ont-ils vraiment des clients ? Tourisme de l’extrême ? Bêtise ?

Liepaja ville rock

plage de Liepaja après l'orage

Orage

De Kuldiga à Liepaja, sous  la pluie violente nous ne regardons pas le paysage.

Liepaja

Arrivée à Liepaja dans les travaux, route défoncée,  à l’entrée de la ville, des usines gigantesques, un complexe métallurgiques, ont un air fantomatiques. Quelques unités semblent encore ouvertes mais on ne voit ni rougeoiement de fours ni aucun signe d’activité.

Sans crier gare, on passe un canal. Deux hôtels de luxe sont installés dans des docks de briques. On se croirait Rue de Flandres sur le bord du canal de l’Ourcq. « Vous êtes arrivés ! » claironne le GPS devant l’Hôtel Promenade 5* L’adresse est bien celle du voucher mais le nom de l’Hôtel ne correspond pas. 5* c’est trop pour nous !

En allant chercher de l’aide au Hessbürger (mac do local) tout s’éclaire, l’adresse indiquée est à Roja. Que faire ? Téléphoner  à Vilnius ?

Dans le dossier, j’ai une autre adresse Les Sept Sœurs, Eglu8. Le GPS nous emmène dans des rues pavées de gros galets ronds où l’herbe pousse dru dans les interstices. La Skoda se transforme en carriole tirée par un cheval tant il y a de cahots. Eglu est une rue campagnarde avec des maisons de bois basses cachées derrière leur palissade. Une belle maison à étage penche dangereusement, les tourelles sont en train de basculer, les appentis de travers, et le toit est crevé.

Liepaja, rue Eglu

Notre hôtel est la seule maison de brique de la rue Eglu. Dans un autre contexte il aurait belle allure. L’enseigne Seven Sisters dorée est toute neuve mais rien n’indique qu’il s’agit d’un hôtel. La porte ordinaire est verrouillée. J’ai de gros doutes.Une jeune fille en short m’accueille dans un anglais parfait. Deux chambres ont été retenues. Elles sont immenses : trois fenêtres avec des doubles rideaux foncés, de curieux meubles tournicotés noirs et dorés, un lit kingsize, une épaisse moquette. Quelle belle surprise ! Comme je m’étonne de ces dimensions, la jeune femme donne l’explication « vous êtes à Liepaja ! ».

Hôtel 7sisters

 Tour en ville.

D’abord les « boulevards extérieurs », grandes artères répertoriées dans le plan qui nous conduisent au canal et aux hôtels de luxe déjà vus, puis on passe par un centre urbain avec de grands immeubles anciens et on arrive à un parc qui borde la plage. C’est une très belle plage, au sable très blanc, très large. Ce qui retient mon attention, c’est le ciel tourmenté après l’orage. Les bancs de nuages très gris alternent avec un ciel jaune. La plage est orientée à l’ouest, j’avis imaginé un coucher de soleil oubliant qu’en Juillet en Lettonie, le soleil se couche très tard. Au loin, plus au nord, la silhouette de très gros bateaux se profile. Aux abords du parc Jūrmala il y a de très belles villas de bois, je ne résiste pas à photographier celle qui combine un bulbe d’église à un chalet peint en rose. Nous ne trouvons pas la mignonne église orthodoxe peinte en mauve.

Cherchant le Centre-ville, nous débouchons devant un édifice énorme au fronton classique et aux colonnes impressionnantes : l’université. La grande place Rozu Laukum (Rosenplatz) est presque déserte – peut être après la pluie – quelques jeunes gens déambulent. Un clochard, peut être seulement ivrogne, est appréhendé par la police qui lui colle une amende. La Liela iela,la rue la plus fameuse de Liepaja,  résonne de musique Rock. Un guitariste est suspendu, enseigne énorme d’un café moderne aux larges baies vitrées  dominant une place où le monument est une guitare électrique et où des cubes de ciment conservent les empreintes des mains de « célèbres » musiciens de Liepaja.

Liepaja s’est choisi un symbole jeune : le rock. La musique lui portera-t-elle l’élan  que le Musée Guggenheim a apporté à Bilbao ?

L’impression que nous tirons de ce tour de la ville est très mitigée. Liepaja a connu autrefois son heure de gloire : les immeubles Art Nouveau, les villas en témoignent. Témoignage bien fané de la prospérité du port de commerce d’où s’embarquaient les émigrants vers le Nouveau Monde, Halifax et New York avant 1914, Juifs et Russes allant chercher un monde meilleur. Barres soviétiques, probables conséquence du Combinat de Métallurgie entrevu à l‘entrée de la ville.

Impression de délabrement, d’abandon. Tout s’écaille, se rouille, s’écroule. La moitié de la ville parait vide. Départ des Russes ? Ruine de l’industrie lourde ? Ou de la base navale soviétique ? D’ailleurs, les Russes sont toujours là, les pauvres gens, pas les 4×4 noirs de Jūrmala.

Lipaja ville rock

Liepaja Ville Rock

Ville destroy

Des notes de musique pour guider le visiteur.

Quelle sorte de Rock ? Heavy Metal en l’honneur de la métallurgie. Rock punk destroy pour les maisons croulantes dévastées ? Rock protestataire contre le régime totalitaire, Liepaja était déjà rock avant 1991, dès 1960.

Résilience.

les villes et villages de Courlande

 

 

L'Abava, rivière sauvage de Courlande

matin à Roja

Très joli petit déjeuner : avec du pain perdu au fromage et au lard, une salade de fruit.

Le temps est magnifique, la marée basse a laissé des flaques. En short je vais d’îlot en îlot dans une eau très fraîche observant de beaux ripple-marks.

Quittant la route côtière 128 de Roja à Talsi, nous traversons une campagne assez peuplée, prés et champs cultivés de pois. Les toits des maisons en tôle ondulés sont si moussus qu’on croirait des chaumières. Les cigognes arpentent gravement les prés. A plusieurs reprise nou traversons la rivière Roja qui se jette dans la Baltique à Roja.

Valdemarpils: arrêt devant une très mignonne église cachée sous les arbres. Un panneau raconte l’histoire du bourg   peuplé jusqu’en 1850 de 80%de Juifs ( Guide Vert) mais il est bilingue Letton/Russe!

A un carrefour,  beau moulin est à vendre (affiche en Allemand).

Talsi

Bourg tranquille bâti sur des collines. L’accueil à l’office de tourisme est chaleureux, on nous donne un plan avec un itinéraire historique. Malheureusement lundi est jour de fermeture des musées. Je monte par un  chemin malaisé pavé de très gros pavés pour voir une église. Deux cantonnières blondes joufflues ratissent les feuilles.

–          « parlez- vous Russe ? »  – « niet ! »

La jeune femme rentre au presbytère pour me faire ouvrir l’église. Une stèle en Allemand m’apprend que le pasteur, ami de Mozart a recueilli ses enfants à la mort du compositeur. Ici ???

Le Musée historique (fermé) se trouve dans une maison palladienne bicolore, rose sur le balcon sur un fronton classique avec une colonnade, gris autour.

Stende

Recommandé par le Guide Vert « fleuri », est un village ordinaire  qui respire plutôt la décrépitude que les fleurs avec plein de HLM et deux usines fermées et ses voies ferrées envahies d’herbe.

Un train passe 31 citernes et 27 bennes de charbon, inscriptions en cyrillique.

Sabile

Sabile: la vigne la plus septentrionale du monde!

JP Kauffmann, dans Courlande raconte avec enthousiasme sa visite du vignoble de Sabile, le plus septentrional du monde sur  une colline très en pente.

 

 

 

 

 

 

Nous faisons une curieuse visite : dans un jardin des dizaines de personnages en paille sont habillés et mis en scène avec différents accessoires, et sonorisé, figurant la vie villageoise. L’artiste est une dame très aimable mais russophone Daina Kucere. Une visiteuse joue les interprètes, c’est une rencontre chaleureuse ; Ce n’est pas une exposition temporaire. Daina laisse ses personnages par tous les temps hiver comme été de temps en temps elle les habille de neuf.

Un peu plus loin dans la colline il y a une exposition de sculptures contemporaine « foutage de gueule » !

synagogue de sabile

La synagogue rose sur un jardin est vide, c’est un musée (fermé). Dans le jardin une inscription sur un rocher de granite « Izcor ! »

Les cascades de l’Abava, sont de petits rapides sur une jolie rivière tranquille. Ici aussi, on a aménagé des tables de piquenique. Nous nous installons dans une gloriette ronde qui tourne comme un manège.

Maras Chambers

Ces grottes dans du sable dolomitique au dessus de l’Abava ont un intérêt archéologique. S’y déroulaient des cérémonies chamaniques. Le circuit fléché est une jolie balade un peu sportive d’un peu plus d’une heure.

Il existe d’autres grottes dans le sable qui se visitent. Elles résultent de l’exploitation du sable et les tunnels font plusieurs kilomètres.

Kuldiga

les maisons et els toits de Kuldiga

Jolie ville ancienne tranquille sur le bord de la rivière Venta. Rue Baznica se trouvent de vieilles maisons des marchands 16ème et 18ème , un peu négligées mais d’autant plus charmantes. La petite rue Skolas descend à un petit canal. L’église catholique de la Trinité a de jolis lustres baroques mais elle est très simple, peinte en bleu et blanc, sans torsades ni dorures. Un groupe de maisons coiffées de toits de tuiles qui se chevauchent derrière une cour très fleurie nous a bien plu. Rue Liepaja, la rue commerçante, est bien calme cet après midi. Kuldiga est bien tranquille après l’animation de Pärnu et de Jūrmala. A l’extrémité de la rue, l’église orthodoxe en brique a ses bulbes peints de couleurs vives un peu criardes.

La Venta est une rivière un peu envahie par la végétation. Le pont de brique à plusieurs arches laisse imaginer un cours d’eau beaucoup plus important. Non loin du pont, les chutes n’ont rien de spectaculaires, un mètre seulement.

Les plages de la Courlande

plage très fréqauentée le dimanche à 30km de Riga

La route 128 qui contourne la Courlande traverse le Parc National Kemeri – magnifique forêt. Ici aussi, le parking est problématique. Tout Riga s’est garé sur les bas-côtés pour aller à la mer, ramasser des myrtilles ou des champignons. Nous nous éloignons de la ville, passons Engure. La route longe le rivage mais la Baltique est invisible derrière la dune plantée de pins. Il faut oublier le coin pique-nique solitaire le dimanche ! On expédie les harengs derrière la voiture. C’est méconnaître la Lettonie ! Si les parkings sont bondés, cela ne signifie pas qu’il y aura foule sur la plage. Celle-ci est si étendue que les gens se répartissent sans se gêner ! C’est aussi oublier l’ingéniosité balte pour aménager tables et bancs couverts d’un auvent pour els jours de pluie avec cabane en bois pour les toilettes. Ces installations en bois s’intègrent parfaitement dans la forêt comme les chemins de planche qui protègent la dune.

Nous poursuivons notre voyage autour du Golfe de Riga entre les pins – depuis l’Estonie, le paysage n’a pas changé, des arbres, toujours des arbres. Je commence à saturer. Les arbres finissent par m’ennuyer. Je n’arrive plus à retenir mes bâillements et mes yeux se ferment.les nuits sont courtes sur la Baltique, voilà que je m’endors le jour !

Cap Kolka

Cap Kolka monument des marins disparus en mer

Le Cap Kolka borne le Golfe de Riga qui s’ouvre sur la Baltique. Mer tranquille, on ne voit rien dans l’eau. Au Danemark la pointe qui bornait la Baltique s’ouvrant sur la Mer du  Nord était plus spectaculaire. Même sans effet spectaculaire, c’est quand même un cap qui fait rêver. Rêver les Lettons d’autant plus que l’endroit était interdit aux temps soviétiques et resté sauvage encore maintenant. Je m’offre encore une belle promenade les pieds dans l’eau sur le sable de Courlande.

Roja

Retour en arrière pour aller à l’hôtel de Roja proche de la mer. La dame me fait visiter notre suite : une chambre et un salon. Je suis toute joyeuse : une suite ! Et ferme la porte après avoir laissé mon sac. Catastrophe ! J’ai verrouillé de dedans la mauvaise serrure. La clef ouvre l’autre et la dame a perdu l’ancienne clé. Elle ne fait aucune difficulté à nous donner une autre chambre mais voilà que mon sac est prisonnier ! Que faire ? c’st dimanche, la dame ne trouvera pas de serrurier tout notre argent et nos papiers sont enfermés !

Arrive une dame débrouillarde avec deux couteaux de bonne taille, elle fait glisser la lame de l’un, soulève la targette, introduit le second et ouvre la porte. On est tellement soulagées qu’on lui donne un pourboire exagéré de 20Lat.

Le tour dans Roja ne s’avère pas spectaculaire, nous sommes fatiguées !

De Pärnu à Jurmala ou du Deauville estonien au Deauville letton

 

villa bleue de Jurmala

Quittons l’Estonie

Nous quittons l’Estonie sous la pluie. Le poste frontière rouille tandis que les camions sont immobilisés sur le parking. Pour les voitures, seul changement : le revêtement de la chaussée ; La magnifique route estonienne financée par l’Union européenne fait place à une chaussée étroite mal revêtue. La file ralentit. Sur le bas-côté sont garées de nombreuses voitures. Un accident ? Pas du tout ! des tentes rondes partout, des jeunes affublés de couronnes  et de colliers de fleurs. Woodstock letton. Un jeune invective les camions en brandissant le poing tandis qu’une fille le retient. Il doit être saoul ou drogué.

Nous contournons le Golfe de Riga sur 300km sans voir la mer pourtant proche. Une forêt touffue l’éclipse. Pendant 300km nous ne verrons que des pins magnifiques, des bouleaux géants, des sous-bois verts vif des myrtilles mais pas de mer.

Riga

A l’approche de Riga, le ciel se dégage. Il fait chaud. Dans la pluie estonienne, il faisait 16° et le pare-brise était tellement embué qu’on avait mis le chauffage. Nous sommes heuresues de retrouver Riga, le long boulevard Brivibas, croiser Dzirnavu la rue de l’Hôtel Edvards, les jardins, la vue sur la Daugava…Plaisir de re-connaître….

Jurmala

23 km de Riga : Jūrmala est le « Deauville letton ». Après Pärnu, « Deauville estonien », cela fait redite !

Pour entrer à Jurmala, on s’acquitte d’un péage 1LAT par voiture. Ensuite il faut trouver un parking, mission quasi impossible à midi. Nous croisons à petite vitesse rue Jura de Majori, utilisons les places interdites (bateaux) pour rester dix minutes en ne quittant pas des yeux la Skoda. Au premier passage, on ne sait pas où donner du regard dans ces villas luxueuses tapies dans des parcs, peintes en bleu pâle ; gris perle, jaune ou marron. Puis on s’organise pour les photos. Les maisons sont enfermées par des clôtures très hautes qui compliquent la prise de vue.

Finalement au troisième passage, après avoir éliminé les maisons les plus prétentieuses, celle qui est une réplique de la Grande Guilde de Riga, celle en ciment quiu ressemble aux villas de Bao Dai de Nha Trang, celle qui a un gros 4x4noir garé… nous éliminons les contemporaines reconnaissable à l’huisserie carrée en PVC et les maisons de série sans personnalité. Elles ne sont pas si nombreuses à photographier, celles qui ont des pignons, des découpes de bois. D’ailleurs j’en ai vue de plus charmantes et de plus facile à photographier en Roumanie qui leur ressemblaient beaucoup.

Sur les trottoirs les passants parlent majoritairement Russe.   Sont-ils des Lettons russophones de Riga, ou viennent-ils de Russie ? Habitants de Riga toute proche venus passer à la plage un dimanche ensoleillé ou en villégiature ? Le train relie Jūrmala à Riga. Si nous étions à Riga nous aurions dû choisir ce moyen de transport.

Il n’y a pas de promenade de bord de mer, de corniche ou de croisette à Majori. Les énormes villas invisibles cachées par les grands arbres colonisent le front de mer. Au détour d’une petite rue j’arrive directement sur le sable. 26°, le dimanche, je ne pouvais p

as m’attendre à la trouver vide ! Les horribles accessoires contemporains sont présents : château-fort gonflable, pyramide-iceberg dans l’eau (comme à Sihanoukville), lits blancs en plastique. Il manque les parasols. Ici on ne se cache pas du soleil, on s’expose ! Les cabines de déshabillage sont sponsorisées par une compagnie de téléphone mobile. Seul l’établissement de bains en bois peint est Belle Époque.

Nous avons encore une longue route et ne nous attardons pas. Ce n’est pas ici le lieu pour saucissonner ou plutôt manger nos harengs dans les assiettes en papier !

Pärnu : station balnéaire estonienne

Pärnu l'église baroque de Catherine II

Au petit déjeuner, du B&B de Upa, les meilleures pommes de terres que j’aie jamais mangées servies avec du lard et de l’oignon, et bien sûr charcuterie et harengs !

Traversons Saaremaa sans nous arrêter et nous retrouvons sur la digue qui relie à Muhu, étonnées de nous retrouver entourées d’eau. Des cygnes croisent avec leurs petits.

Queue pour le ferry de 9h40. Une mouette sautille de voiture en voiture ; elle quémande. Amusée j’ouvre le coffre pour chercher une tranche de pain. A peine ai-je lancé le premier morceau que le chauffeur derrière notre voiture me morigène « davai ! ». La traversée dure à peine 25 minutes;  sous le ciel gris, nous avons moins l’impression d’une croisière.

Il reste 60km à parcourir entre bois et champs de colza.

 Villa Eden ou plutôt à son restaurant Paradise : Il est trop tôt nous fait comprendre une jeune stagiaire-étudiante (c’est écrit sur son badge) qui ne parle pas du tout anglais. Revenez à 15heures !

L’Office de Tourisme,à l’Hôtel de Ville, a édité une brochure proposant 4 itinéraires.

« promenade historiques dans le Centre ».
L’Hôtel de ville , l’origine une maison de marchand,  a logé le Tsar Alexandre 1er en 1806.

Non loin de là, l’église Sainte Catherine (1786) fut construite sur une commande de Catherine II. Elle est tout à fait charmante, de petite dimension, jaune surmontée de 5 bulbes. L’intérieur est  peint en crème avec des moulures blanches. L’iconostase est arrondie, décorée de personnages recouverts d’argent< ; Au dessus, autour de la Cène, trois tableaux triangulaires très élaborés sont surmontés de médaillons ronds. On dit que cette église baroque est la plus belle d’Estonie.

la maison du marchand Mohr

La Maison du Marchand Mohr, rue Rüütli datant de 1681 fur reconstruite en 1820. Sa façade est classique bleue pâle. Elle a accueilli successivement Karl XII, roi de Suède et Catherine II de Russie. Au fronton de la façade reste accroché un fer à cheval que le Roi de suède aurait perdu.

L’ancien Relais de Poste se trouve rue Vee, initialement dans une boucherie russe caractéristique avec ses colonnes rondes. Dans le Relais de Poste il y avait des écuries, un sauna et la forge du maréchal-ferrant.

 

 

maisons de marchands

LaRue Kuninga est bordée de maisons de marchands. Deux maisons de pierre encadrent une maison de bois rappelant que les Russes avaient interdit qu’on construise des maisons de pierre. Suivant l’itinéraire nous découvrons un bel Hôtel 1923 et dans un parc la statue de la poétesse Lydia Kodule (1843-1886)

Pärnu est une ville très verte avec de nombreux parcs.

 

L’après midi, nous suivons l’itinéraire : Promenade dans les villas balnéaires.

Villa Ammende

Plutôt que le Deauville Estonien comme nous le lisons dans les brochures, on penserait plutôt à Arcachon avec les belles villas sous les arbres. De nombreuses villas sont en  bois, d’autres en béton. La plus belle est la Villa Ammende (1905).

Sur le front de mer, les places de parking sont chères et rares.  Après avoir traversé un parc planté de très grands arbres, j’arrive dans une dune sur la plage des femmes qui n’est pas spécialement occupée par des femmes et qui est presque déserte. L’air est à 24°, l’eau à 21°. Quelques uns se baignent. Je vois ressortir un homme tout nu, je crois avoir mal vu. Une femme s’avance dans la mer sans rien non plus. Les autres baigneurs sont » habillés » mais personne ne prête attention aux naturistes. Rien n’indique non plus que la plage est naturiste. A l’extrémité de la plage, la rivière et en face les plus grands tas de bois que j’aie jamais vus. Une machine soulève des troncs et les range dans une sorte de couloir.

De l’autre côté de la plage entre les établissements de bains et l’Hôtel Moderne Tervise Paradise, il y a plus de monde, mais curieusement, pas dans l’eau. Des rectangles délimitent des terrains de jeux. Volley, bien sûr mais aussi foot où évoluent des joueurs en tenue complète. Il y a même des pom-pom-girls. Un autre sport m’a étonnée : des jeunes gens sont habillés en tunique blanche avec ceinture, à l’antique, sont couronnés de laurier (ou de chêne). Ils s’alignent sur deux files pour un relais; ils courent sur une dizaine de mètres et au lieu de se passer un témoin, ils boivent une canette de bière ou de Red bull. Le maître de jeu porte un manteau court pourpre sur les épaules. Qui sont ces Romains ? Ce jeu est en tout cas viril, pas une fille autour d’eux.

Saaremaa : journée de mer à l’ouest de l’île

plage déserte


Il a plu toute la nuit. Au petit matin, l’érable se secoue sous le vent. L’eau crépite sur la toiture du chalet. L’arrivée d’une perturbation plus importante que les averses des derniers jours s’accompagne d’un net refroidissement : dans la voiture on met le chauffage.

Le petit déjeuner est somptueux. Nos hôtes sont peu bavards mais prévenants. J’ai apporté l’e-book pour lire le Monde. Pour les gros titres cela va, mais pour les textes c’est vraiment petit. Je ne maîtrise pas encore l’écran tactile.

Dès qu’on se met en roue, le soleil sort. Nous traversons la partie Ouest de Saarema, de Kuressaare à Kihelkonna sur des routes tranquilles dans des bois de trembles et de bouleaux. Saaremaa est une grande île plate. Si les côtes sont échancrées avec des caps et des baies, on ne s’en aperçoit guère. Les routes relient les villages ou les fermes sans suivre le littoral.

Le Centre d’Interprétation de la Réserve de Vilsandi est dans le manoir à côté de Kihelkonna. La dame est charmante, elle parle un anglais chantant un peu étrange et nous recommande deux promenades. Lees expositions sur les migrations des sternes et sur la flore endémique sont sans doute passionnantes mais il manque la traduction.

Nous mettons le cap sur la pointe de Harilaid où se trouve un phare. La promenade pédestre fait le tour de la petite presqu’île rattaché à la terre ferme par un tombolo formant deux belles plages de sable. 8km, je pars à 11heures comptant être de retour pour le pique-nique. Le sentier est une route de graviers et de galets dans une pinède. J’’entends la mer mais ne la vois jamais. Les jeunes pins  sont plantés serrés. Au bout de ¾ d’heure je trouve un petit lac mais toujours pas de mer ni de phare. Le sentier n’est plus balisé Je renonce.

Entretemps, D a trouvé une plage magnifique. Quand j’arrive , elle est encore sous le choc de sa  mésaventure. Ayant mis dans les poches, l’appareil-photo, le téléphone, les clés de la voiture, elle est allée dans la cabane -WC tout à fait primitive : une planche et un trou. Les clés tombent sur le plancher. Les ayant   récupérées, c’est le téléphone qui est perdu. Aller le chercher dans la merde ?

La dune est plantée d’oyats très vigoureux et très hauts. Point n’est besoin de les protéger des pas des promeneurs ! Ces derniers sont absents. Seuls deux surfeurs remballent leur planche à notre arrivée. Et c’est pleine saison, le 15 juillet !

Je marche à la limite de l’eau sur la longue plage de sable. L’eau n’est pas froide. Il y a très peu de différence entre la température de l’air et celle de l’eau. Mais l’air est très frais et cela n’incite pas à la baignade.

galets et choux marins

Nous roulons sur des pistes au jugé. Comment trouver la mer ?

Neem, face au phare de Harilaid, que j’ai raté ce matin, 5 km de piste le long d’un petit cap :des paysages surprenants ces fameux jardins de pierre où ne pousse que le genièvre et les taches roses du serpolet ras mais très fleuri. Descendant de voiture, j’effraie des oiseaux noirs et blancs qui s’enfuient en criant. Sur les galets, poussent des choux marins.

Nous poursuivons notre exploration jusqu’à Vere, découvrons une digue de ciment avec deux gros bateaux de pêche et le gros bateau gis des gardes-côtes. Nous passons devant des bâtiments blancs estampillés CCCP et une magnifique maison de bois marron aux fenêtres condamnées par du contre-plaqué.

château épiscopal de Saaremaa

17heures à Kuressaare, un peu trop fatiguées pour entreprendre une visite systématique de la ville.

Ville très hétérogène, à l’entrée des centres commerciaux flambant neufs, temples de la consommation. Plus loin, des quartiers HLM gris délabrés ou en brique rose plus avenants.Vers l’intérieur de la ville, ce sont de jolies maisons dans des jardins, souvent en bois ; Un quartier plus chic et pittoresque au centre ville. Nous arrivons au château de l’Evêque : château-fort avec ses tours rondes et carrées et ses douves. Devant le château, un bel établissement de cure en bois peint.

Saaremaa : Orissare, Maasilinn, moulins, cratère de météorite

les oiseaux de Maasilinn


De Muhu, on passe la digue pour trouver Orissare dont la taille des bâtiments officiels dans un si petit village surprend. Le port, en revanche, est minuscule. Un bar avec des tables de bois, trois ou quatre bateaux de plaisances. Trois garçons d’une quinzaine d’années trainent sjur des vélos ; Un caillou atterrit non loin de nous. C’est malin !

le château de Maasilinn

Plus à l’Ouest, à Maasi, se trouvent les ruines de Maasilinn (Sonneburg) cité dans la chronique de Wartburg où l’on raconte que « Maître Burchard construisit un bon et fort château sur Saaremaa qui fut agrandi plus tard par frère Goswin ». Après la Nuit de la Saint George, le peuple de Saaremaa, en rébellion, fut défait par B. von Dreileben en février 1345. En décembre de la même année Goswin von Herike devint Maître de l’Ordre de Livonie.

Maasilinn fut reconstruit en 1518 avec des tours de bastion et des salles de canons.

La forteresse  fut ensuite prise par les Danois et les Suédois et le roi danois Frederik II ordonna de la détruire en 1576.

En arrivant, je vois qu’une sorte de hangar, puis  découvre les murailles de belle pierre blanche. Je grimpe sur le tertre sans trop comprendre et descends une échelle de bois dans le noir. Brusquement des spots s’allument : sous les ruines, de belles salles voûtées s’éclairent  avec des plafonds en ogive. Je suis impressionnée. Je ne m’attendais pas à cette surprise.

Non loin de là, les mouettes font un vacarme assourdissant. Il y a également un cygne, quelques foulques, une cane et une douzaine de canetons. C’est une cane très fine mais chez les anatidés toutes les femelles se ressemblent.

Sur la carte, la route longe la côte nord, mais la mer n’est visible  que par intermittence, cachée par les arbres et la végétation. Nous faisons un petit détour par le port de Trigi  qui relie une île située plus au nord. Ce n’st pas l’heure du bac. Le port est désert.

moulins de Saaremaa

Nous  entrons dans les terres à Leisi et découvrons les 5 moulins d’Angla, moulins de bois, ronds ou carrés avec leurs ailes de bois sans la voilure.

L’église de Karja possède aussi des fresques païennes destinées à faire fuir les démons – un peu décevantes. Sont-ce ces personnages dont la tête est en relief ou celui dont la tête parit entouré de ses membres inférieurs tordus ?

Le ciel s’est assombri. Les nuages gris forment une couche homogène.

 

 

Cratère de Météorite de Kaali

Cratère de météorite

Il est très bien indiqué sur la route, avec un hôtel, un restaurant, un grand parking et les inévitables marchands de souvenirs. Le sentier monte sur le rebord du cratère boisé. Dans le creux, résultant de l’impact, un petit lac tout vert, tout rond.

Le petit lac entouré par un mur circulaire n’est pas le seul cratère, autour on en dénombre 9.

Diamètre du cratère : 105-110m

Profondeur 22m

Age : 4000 ans d’après les analyses des pollens

Masse de la météorite : 400 à 10 000t

Masse à l’impact 20 à 80 t

Vitesse 15 à 45 km/s

La journée a été longue et nous avons hâte d’arriver à Upa (3km de Kuressaare, la Capitale de l’île de Saaremaa.)

notre gite

Le B&B Jurna Turismitalu est une vaste propriété. Le logement principal est une belle chaumière. Nous sommes logées un peu plus loin dans un chalet. Je traverse un verger de cerisiers (avec échelle et cerises) passe devant de magnifiques buissons de framboisiers et des groseilliers portant de jolies grappes. Je complimente mon hôte :

–          « vous avez de beaux fruits, les oiseaux ont mangé tous les miens » espérant qu’il m’invitera à y goûter. Nenni ! il ne relève pas le sous-entendu.

Les Russes, nos voisins, font moins de manières et font autant de ravages dans les groseilles qu’un vol de merles.

Le studio est  vaste, dans un chalet tout neuf  ressemblant à un jeu de construction. Bicolore, murs lazurés vert, plafond et plancher bois naturel, deux fenêtres. Tout est en bois, les tringles à rideaux, les porte-manteaux, table de nuit. Comble du confort : un vrai réfrigérateur et une bouilloire.

Vers les îles estoniennes: Muhu

Koguva, village préservé Muhu

140km entre Tallinn et Virtsu d’où part le ferry pour les îles.

La route traverse une campagne cultivée et boisée. Il fait frais, 16°C, les fenêtres fermées nous privent du parfum du foin fraichement coupé.

Bac

On peut retenir le passage de la voiture sur le bac par Internet. Il suffit de passer le code-barres sur un écran, on peut également payer à la caisse (9.87€ pour la voiture et deux personnes). La traversée est rapide, moins d’une heure, attente et embarquement compris. Des dizaines de voiliers, disputant une régate,  égayent la croisière.

Muhu 

 

A Liiva, visite de l’église Sainte Catherine (1267) précédée de 4 croix qui émergent de guingois, les tombes sont recouvertes d’une épaisse couche de terre. L’église est blanche, dépouillée, sans clocher. A l’origine, église catholique, peinte à fresques qu’on a retrouvées en enlevant l’enduit. On distingue des personnages sous des arcatures gothiques qui alternent avec d’étranges tours très minces comme des minarets portant des sortes de flammes.

Koguva

Le petit village de Koguva est l’ancien port de Muhu, face à Orissare sur l’île de Saaremaa. Quelques familles y vivent encore mais les chaumières ont été restaurées et se visitent comme le Musée de Plein Air.

Les fermes sont encloses par des murettes de pierres moussues sur lesquelles reposent des barques retournées. L’une des maisons est celle de Juhan Smuul, écrivain et poète qui a également écrit des récits de voyage. Une grande sculpture du poète a été érigée, assis face à la mer; portant un corbeau sur son épaule.

Comme dans les autres villages-musées, on visite la maison meublée, le sauna, les étables, les greniers….Sur le chemin du port, l’ancienne école est ouverte. Une vingtaine d’enfants pouvaient prendre place sur les bancs et pupitres de bois. L’instituteur y était logé. Sur le bureau du maître se trouvent  un boulier, une mappemonde et des bordereaux divers. Au mur, la carte est en Russe. Muhu est colorée de la même couleur que l’Estonie tandis que Saaremaa est rattachée à la Lettonie. Cette école dépendait de l’Eglise Luthérienne. Quand la République Estonienne rendit l’enseignement laïc, l’école dut fermer faute de financement.

Sur le petit port : une jetée en ciment  et une maison de bois rouge sombre. Un peu plus loin sous une grande tente on reconstruit à l’identique le bateau Uisk qui servait de bac entre Koguva sur Muhu et Orissare sur Saaremaa. Le vieux port est un peu plus loin au sud. Il en reste tout juste une chaussée en grosses pierres rondes. C’est de là que faisait la navette Uisk. Le passage coûtait 25 kopecks pour une voiture à cheval, 15 kopecks par bête à cornes et 5 par personne. Le dernier naufrage en 1875, par un orage automnal fit 11 victimes. En 1876, la digue reliant Muhu à Saaremaa fut mise en service. On organise des compétions de natation entre Orissare et Koguva, (2.4km). Le panneau met en garde les imprudents qui voudraient faire la traversée sans une préparation et un entrainement sérieux.

Nous déjeunons face à la mer d’un hareng fumé et de salades « vinaigrette » rouge avec de la betterave, choux, tomme de terre et d’une salade de riz étrange sucrée-salée avec des cubes de poisson mais aussi des pommes-fruits parfumée à l’aneth. On pourrait se baigner ; Il y a même une cabine pour se changer.

Tallinn: saint Nicolas et la Danse Macabre

Danse Macabre Bernt Notke

Eglise Saint Nicolas (13ème siècle), fondée par les marchands allemands,  était une église fortifiée. Bombardée le 9 mars 1944.

Les pierres tombales sont très grandes. Celle de Reinhold von Delwigi est étrange : le personnage semble endormi, une jambe repliée la seconde en l’air pas du tout dans la position d’un gisant. On l’imagine faisant la sieste sous un arbre.  Ici aussi, comme dans la Cathédrale luthérienne de nombreux blasons ont été accrochés. Plusieurs retables sont exposés : l’un vient d’un atelier bruxellois, un autre représente la Passion et vient de Bruges (1515-1520), une troisième de Lübeck (1478-1481).

Le chef d’œuvre de l’église est la Danse Macabre

Sur un paysage de collines vertes reconnait une ville fortifiée avec des tours rondes coiffées de cônes pointus, des remparts – Tallinn ?? – Un évêque, un roi, une belle dame, un cardinal, un homme riche sont entraînés dans une farandole par des squelettes aux os noircis drapés dans leur linceul déchiré. L’un d’eux porte son cercueil, un autre, assis, joue de la flûte, le linceul enrubanné sur son crâne comme le turban d’une antillaise. Ces squelettes sont étrangement dansants tandis que les vivants sont statiques, consternés, les ecclésiastiques surtout font la grimace. En bas se déroule un parchemin en rouleau. Le fragment de Tallinn présente 13 figurines.

Un panneau fait la comparaison avec la Danse macabre de Lübeck qui a été copiée e, 1701 mais dont la copie a brûlé en 1942. Elle avait 49 personnages et se terminait par un bébé dans son berceau. Les 13 premiers sont pratiquement identiques. Le texte est daté de 1463. En 1464 Lübeck fut touchée par la Peste

Nous terminons la journée au Jardin botanique au bout de Pirita Tee