les environs de Baltimore : Lough Hyne – Tragumna

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Lough Hyne

Ce lac a la particularité d’être salé et de contenir une faune étonnante d’anémones de mer et d’oursins tropicaux. C’est une réserve étudiée par les scientifiques depuis le 19ème siècle.

Encaissé dans une forêt de feuillus – très beaux hêtres – et conifères.

A la sortie du gîte je prends la petite route balisée N°2 à l’intention des cyclistes (deux VTT sont à notre disposition au gîte mais ils sont grands et lourds et les pentes sont raides, je n’imagine pas les grimper sans entrainement préalable). Elle s’élève à flanc de colline dans des prairies à vaches où sont dispersées des fermes. De très belles vues s’étendent sur les falaises et la mer. J’en viens à douter de l’itinéraire. Deux jeunes à bord d’une auto rouge me confirment que j’arriverai bien au lac « mais c’est loin ». Enfin une boucle en descente arrive à des maisons. Le lac brille au loin. A une fourchette je doute. La route s’engage alors en sous-bois très touffu. Le lac est à mes pieds, une dizaine de mètres plus bas – inaccessible – Retour au bercail après une heure et demie d’une très belle promenade

Tregumna

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Tregumna au bord de l’eau n’est pas répertoriée dans les guides et dépliants. Sur la carte elle semble très proche 7km dit Madame  GPS – qui connait – 20 minutes selon elle, par des chemins creux bordés de fuchsias en montagnes russes. Impossible de croiser un autre véhicule ! A l’aller on ne rencontre personne, au retour vers 17h30 il faut faire assaut de politesse. La règle « priorité au véhicule montant » ne s’applique pas. C’est celle – également écossaise – du passing place qu’on utilisera. Le véhicule le plus proche d’un endroit élargi, recule. Les locaux connaissent les emplacements,   pour nous c’est moins évident. Le problème survient quand se présente un 4×4 vraiment large ou une camionnette. A très petite vitesse, nous atteignons Tregumna qui a une très petite plage de sable surveillée par deux maîtres-nageuses avec des drapeaux jaune/rouge qui permettent la baignade (pas de drapeau vert comme chez nous). Un peu plus loin, sous des maisons de vacances il y a une autre crique (accès délicat) où il n’y a personne. La route continue en corniche (coupant le cap de Toe Head – jusqu’à Castletownhend. Nous admirons, les falaises les îlots, arrivons sur une grande plage où – enfin je me déchausse pour un premier bain de pieds en pensant par moi-même que c’était plus agréable au Sénégal !

Au B&B proche du gîte, le jardin Rosewood est ouvert à la visite (payante). Il est ravissant avec sse petites serres fleuries, ses tables pour le thé et ses allées bordées de buis. Il n’y a personne. Un chien aboie à l’intérieur de la maison et on n’ose pas poursuivre la visite.

Alors qu’on se préparait à diner d’eggs and bacon – bacon artisanal pas rose vif comme chez nous plutôt beige avec une jolie bordure de gras et de pain au raisins , il me revient que nous avons oublié de payer le péage de M50, le périphérique de Dublin. Il ne nous reste que 30 minutes pour nous acquitter de ce devoir à la payzone la plus proche. Retour dare dare à Skibbereen. J’entre dans un pub, tout le monde paie par téléphone sur eflow (mais il n’y a pas de wifi au gite) à la station service il y a une payzone. 7h55, à 5 minutes près je m’acquitte de la grosse somme de 3€10. Mission accomplie à temps !

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Baltimore – le Beacon – le château et son histoire

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La brume, au réveil, n’incite pas à se lever tôt. A 8 heures nous sommes déjà impatientes de découvrir le village distant de 6km. La petite route de campagne passe devant des cottages, tous différents, tous fleuris. Le plus grand, le plus pittoresque, est une belle maison de pierre précédée d’une entrée de trois chevrons d’ardoise soulignés de tuiles, deux hortensias et un chien de pierre.

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Un gros buisson de roses à l’entrée d’un chemin d’herbe nous invite à une pause-photos. A l’arrière, la mer, lisse comme un miroir s’insinue dans la terre, baie étroite ou langue de mer entre continent et îles ? Un bateau de bois renversé. Plus loin, le bâtiment blanc des secours en mer.

Baltimore compte deux cents habitants permanents mais de nombreux vacanciers. Seuls les pubs et restaurants ont des façades colorées et soignées. Les maisons de vacances sont cachées dans des jardins fleuries.

Un départ se prépare pour une excursion dauphins et baleines. La météo est idéale (ciel voilé, très bonne visibilité). Les deux catamarans sont complets. Pour le week -end les prévisions sont mauvaises. Je nous inscris donc pour demain sans demander ni le prix ni la durée de l’expédition.

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Après la marina, dans une baie toute calme avec quelques barques est limitée par un petit cap boisé desservi par une route étroite « cul de sac »(en français dans le texte). De chaque côté des roses (rosa canina) embaument. Le chèvrefeuille grimpe aux branches des arbres. Les fuchsias rouge semblent sauvages. Les maisons luxueuses sont tapies derrière les massifs fleuris. Chacune possède un accès à la mer. C’est un endroit splendide – pour privilégiés.

La route de Beacon part de la petite baie., dépasse un groupe de maisons plus traditionnelles toujours aussi fleuries. Devant l’une d’elle un artichaut a des dimensions impressionnantes. La route s’élève ensuite dans la colline entre fougères-aigles et bruyère. L es prairies sont remplacées par de la lande. Je remarque le curieux manège d’une grive qui tient dans soon bec une boule que je prends pour une graine de la taille d’un gland. Elle la lâche, puis la reprend. Elle sautille sur la chaussée en lançant la boule qui tombe sur le bitume, la reprend, la relance à nouveau. Quand l’objet se brise je découvre qu’il s’agissait d’un escargot dont elle cassait la coquille.

Le Beacon

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Le Beacon est une construction curieuse dont j’avais vu l’image sur les murs de l’aéroport de Dublin ; Il ressemble à une fusée blanche. C’est un amer – repère pour les marins – répertoriés dès 1788 – marquant la passe entre l’île de Sherkin et Baltimore. En mer flotte une énorme bouée verte. Après une courte montée sur un chemin escarpé, je découvre la mer ouverte beaucoup plus agitée qu’autour du village, les hautes falaises battues par les vagues. Le schiste se détache par plaques lisses et brillantes donnant une surface nette et brillante, une découpe précise. Les passants  sont nombreux, souvent promenant des chiens.

Le Centre-ville de Baltimore

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Le centre du village se résume à une place au dessus du port avec 4 ou 5 pubs, un minuscule supermarché, deux restaurants chics  « chez Jaouen » et un hôtel « la jolie brise » (en français dans le texte) et une rue au pied du château de O’Driscoll avec encore 4 pubs. Le bleu a pour enseigne « Algiers Inn » en souvenir du sac de Baltimore en 1631. Dans le livret sur Baltimore que Liam a laissé au gîte se trouve le poème de Thomas Davis 1844.

Dun na Sead

Le château a été réhabilité en 1977. Depuis que les troupes de Cromwell ont installé une garnison il est tombé en ruine. C’est un haut bâtiment rectangulaire perché sur un rocher Il a été meublé, un perroquet gris dans sa cage donne une touche d’originalité ? de nombreux panneau racontent l’histoire du château. Pendant près de 800 ans, il fut aux mains de deux familles O’Driscoll et Mac Carthy .

Dun na Sead fut bâti en 1215. L’Irlande était dominée par les clans qui élisaient leurs chefs. Munster (ma partie Sud Ouest de l’île) était sous le contrôle des O‘Brien et des Mac Carthy. En 1166, Dermott Mac Murrough – roi de Leinster – banni de son royaume demanda l’aide de Henry II d’Angleterre qui avait étendu son pouvoir sur le Pays de Galles et qui avait des plans pour la conquête de l’île. En 1169, les Normands arrivent en Irlande. Par la suite, ils adoptèrent les coutumes celtiques et modifièrent leurs noms. En 1261, la bataille de Callan empêcha la destruction du système des clans sur Munster.

L’histoire de Baltimore fut marquée par les actes de piraterie du clan O’Dricoll et leur rivalité avec les hommes de Waterford.

1368, raid des O’Driscoll sur Waterford,

1413 les hommes de Waterford firent prisonnier toute la famille O’Driscoll,

1537 arraisonnement d’un navire portugais apportant du vin à Waterford.

Les O’Driscoll furent d’abord les alliés des Espagnols avant d’obtenir le pardon d’Elisabeth en ravitaillant les navires anglais.

1613 installation des colons anglais provenant de Cornouailles

1637 Le sac de Baltimore fut mené par le pirate hollandais Jan Jensen, converti à l’Islam sous le nom de Murat Reis. Il  avait auparavant razzié en Islande 400 prisonniers. 107 habitants de Baltimore furent emmenés en esclavage à Alger.

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arrivée au gîte de Baltimore

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Baltimore vu de la terrasse du gîte
Baltimore vu de la terrasse du gîte

L’autoroute traverse des prairies  vertes occupées par des vaches souvent noires et blanches dans un bocage vallonné. Les nuages passent. De temps en temps, une éclaircie ravive les couleurs. Nous contournons Cork sans la voir, sur une rocade.

Clonakilty : halte pour voir la mer. Marée basse, l’estran est couvert d’algues, la mer a déserté. Entre Castelfreke et Leap, une flèche « strand » conduit plutôt à un golf qu’à la plage de sable . Il y a beaucoup plus de monde au golf qu’à la plage. Deux fillettes en combinaison de surf construisent un château de sable. Je ne me déchausse même pas. On est pourtant en Juillet !

Plage près de Leap
Plage près de Leap

Skibbereen  est une petite ville animée (2500ha) avec des maisons colorées, des pubs dans la rue principale et une couronne de supermarchés en périphérie. Pour arriver au gîte il faut dépasser le golf prendre Lough Hyne, après le lac au B&B tourner à gauche…On loupe la route et on se retrouve à Baltimore. Deuxième tentative, tout va bien jusqu’au B&B.

Dominique est épuisée avec la conduite à gauche. Sur la grande route, c’est facile on suit les autres, sur les petites on se retrouve à droite.

fuchsias et chèvrefeuilles sur les bords des rutes
fuchsias et chèvrefeuilles sur les bords des rutes

Le cottage est perché sur une terrasse boisée. C’est une maison grise au toit pentu. La salle est très claire, très vaste avec des ouvertures sur toutes les orientations et même un puits de lumière au dessus de la cuisine américaine très bien équipée. Dans une corbeille, nous trouvons une miche de pain aux raisins, dans le frigo, des rillettes de poisson et du bacon. Le grand canapé en skaï noir a un air « années 60 » (nous en retrouverons des semblables dans tous nos gîtes). Au sol, carrelage de grands carreaux beiges. Frisette de pin au plafond. Meubles en pin, très lourds.Dans un buffet est exposé la vaisselle. La chambre est aussi grande avec deux fenêtres. Sur le lit une literie bleu à rayures blanches. Belle salle de bain.

Nous serons très bien.

La vue est somptueuse : du côté de Baltimore, au lin les îles bordent l’horizon. Plus près un paysage de collines, une petite ferme avec des vaches. Dans des poteries de beaux lupins violets, des fleurs rouges délicates et des hortensias aux couleurs variées.

Seul problème : les prises électriques britanniques à trois fentes ; nous avons oublié l’adaptateur.

 

première matinée en Irlande : Rock of Cashell

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Rock of Cashell dans la brume
Rock of Cashell dans la brume

Vol

Transavia  Orly:Dublin  6h30 – 7h25.

Survol grandiose de Versailles, le ciel s’embrume ensuite. La lecture du paysage devient difficile. Une plage bordée d’une frange d’écume, les côtes françaises ou déjà anglaises ? Nous ne découvrons Dublin qu’au dernier moment.

On rejoint en  navette les parkings des locations de voiture. Notre Polo est bleu vif. Le GPS  nous guide vers l’autoroute M8 pour Cork. Dès la sortie Dublin, j’appelle Liam, le propriétaire du gîte de Baltimore qui enverra les indications sur mon téléphone.

Cashell

« Vous vous arrêterez à Cashell . » suggère Liam – excellent conseil !

Hore Abbey
Hore Abbey

L’ imposant château se détache dans la brume grise,posé sur l’herbe vert fluo. Ruine irréelle d’un univers de légende. La haute tour ronde au chapeau pointu domine le château et la cathédrale. Malheureusement la chapelle romane de Cormac, décorée de fresques, est en restauration sous un échafaudage disgracieux.  Pour avoir une vue d’ensemble j’emprunte un chemin qui part dans la campagne vers Hore Abbey – abbaye cistercienne complètement ruinée.

Cashell : la cathédrale et la haute tour
Cashell : la cathédrale et la haute tour

Le 1er mercredi du mois, l’entrée et les visites guidées sont gratuites. Je rejoins une visite déjà commencée, j’ai du mal à suivre . Tout est nouveau pour moi : les rois de Munster, Brian Boru qui fut couronné roi d’Irlande au 11ème siècle. Il eut l’intelligence de céder son château de Cashell à l’Eglise coupant court aux rivalités et jalousies tandis que l’Eglise lui décernait le titre d’évêque, il récupérait ainsi son château. Un  siècle plus tard (1172), Henry 2 d’Angleterre força l’Eglise d’Irlande à passer sous l’autorité de l’Eglise catholique et romaine mettant fin aux pratiques originales celtiques.

la Croix de Saint Patrick dans la cour du châeau de Cashell
la Croix de Saint Patrick dans la cour du châeau de Cashell

Le guide nous montre la Croix de Saint Patrick et raconte le baptême du roi celte Aenghus en 450. Saint Patrick planta malencontreusement la crosse dans le  pied du roi qui ne protesta pas croyant que cette épreuve faisait partie du cérémonial. La Croix de Saint Patrick est curieuse, c’est une croix latine (les croix celtiques sont cerclées d’un rond). Elle est soutenue par deux piliers représentant peut être les deux larrons.   Elle repose sur un support. La croix de la cour est une réplique. La vraie en grès friable est à l’abri dans la crypte.

Plantant la visite guidée je me promène dans la grande cathédrale gothique aux ruines romantiques, puis parmi les tombes qui entourent le monument. Gravées de noms connus comme Kennedy. Sur d’autres stèles on voit les enfants morts en bas-âge du temps de la Famine.

High cross : croix celtique du cimetière
High cross : croix celtique du cimetière

Me voici projetée dans l’Histoire irlandaise. L’étape de Cashell, inattendue et pas préparée m’offre une introduction sous forme de raccourci historique.

La petite ville de Cashell, très jolie est aussi très touristique.

Nous faisons nos courses dans un supermarché. Les prix nous surprennent. Tout est au moins une fois et demie plus cher que chez nous. Ici, dépaysement au rayon des pains. Je choisis un pain artisanal aux raisins sec.  Je laisse les charcuteries pour le petit déjeuner : boudin en tranches, roulés multicolores. Le rayon fruits et légume est le plus pauvre. On peut acheter pour 5€ deux petits paquets de fraises, framboises ou myrtilles sinon des poires misérables et des pommes rouges (en provenance du Chili).

 

The Black Snow/ La neige noire- Paul Lynch

LECTURES IRLANDAISES

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Donegal, 1945. Barnabas, Eskra et leur fils Billy sont revenus des Etats Unis pour exploiter une petite ferme. Ils vivent dans une relative aisance : voiture, piano…et vivent en bonne intelligence avec leurs voisins. L’incendie de l’étable va ruiner leur bonheur tranquille.

Si tous les voisins sont accourus pour éteindre le feu, la solidarité villageoise va, au fil des mois, se déliter. Eskra se rendre compte que son mari a résilié le contrat d’assurances c’est  la ruine de la famille Kane. Barnabas sombre le premier dans la dépression et l’alcoolisme. Quand il réagit et frappe à la porte des voisins, personne ne l’aide à reconstruire son étable. Une sourde méfiance s’installe. Est-il coupable de la mort de son ouvrier qui a péri en cherchant à libérer les vaches prisonnières? Cela se murmure dans les pubs du village…De son côté, Barnabas, impuissant et désoeuvré, cherche les raisons de l’incendie. Le soupçon empoisonne les relations de voisinages. d’autant plus que les terres des Kane font bien des envieux. S’il vendait ses champs, il retrouverait des capitaux pour reconstruire. Et puis, ils ne sont pas d’ici. Irlandais, certes, mais ils sont revenus d’Amérique, cela fait d’eux des étrangers.

Billy, son côté a d’autres soupçons. Il a suivi de mauvaises fréquentations et n’ose en parler à ses parents.

Quand on trouvera le chien égorgé, quand les abeilles qu’Eskra soignait avec tendresse seront décimées, elle ne supportera plus le malheur qui s’abat sur eux.

Après le départ d’Eskra, la catastrophe s’emballe…la fin est très noire.

Drame rural. La campagne peut devenir un enfer.

J’ai beaucoup aimé l’évocation poétique de la campagne irlandaise. Rythme très lent. L’auteur prend son temps pour décrire les nuages et le vent qui les apporte, les silhouettes décharnées des arbres. Il fait aussi des portraits saisissant des paysans, leur vie quotidienne, la vie sous la pluie et les vêtements trempés.   Il raconte aussi la tourbière. Évoque la famine, cent ans plus tard personne n’ose toucher aux ruines des maisons abandonnées. Quand Barnabas le fait c’est un sacrilège que personne ne lui pardonne.

Un livre parfait pour un retour de vacances irlandaises!

 

 

 

Dead I well may be Adrian Mc Kinty

ROMAN IRLANDAIS ?

 

 

À l’automne, je serai peut-être mort

 

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« What kind of an emotion is revenge? « 

A la veille de notre départ pour l’Irlande, j’ai téléchargé (en VO), sans trop me poser de questions cet ouvrage.
Pas de verte Erin! En prologue, « Belfast Confetti » notre héros décharge des camions de vitres après une explosion à Belfast, il perd ses allocations-chômage et ses retrouve de l’autre côté de l’Atlantique dès le deuxième chapitre. Il ne retournera pas dans son pays natal….

Je ne suis pas adepte des romans noirs ni des histoires de gangsters. J’ai donc failli interrompre cette lecture qui ne correspondait pas à mes attentes.

Pourtant je n’ai plus voulu le lâcher.

Je me suis surtout attachée au style particulier. Grâce au dictionnaire intégré dans ma liseuse, j’ai enrichi mon vocabulaire de tournures spécifiquement irlandaises (dixit le dico), petits mots de 4 ou 5 lettres qu’on n’apprend pas à l’école. J’ai aussi appris à distinguer les différentes bières des pubs irlandais de New York, appris à cuisiner un petit déjeuner Irlandais. Michael, le héros vit dans la nostalgie de l’Irlande, il en parle donc souvent.

Ce serait plutôt à l’occasion d’une visite à New York que cette lecture serait adaptée. Occasion de marcher avec le héros à travers Manhattan, Harlem et les environs.

« The cycle of violence that spreads itself out from West Belfast and the bogside an southe Armagh. Tit for tat and eye for eye; didn’t someone say that these rules leave us blind? »

Gangsters Irlandais, narcotrafiquants dominicains se livrent une bataille de territoires. C’est au Mexique que se déroule la partie la plus fascinante du récit, traversée presque onirique de la jungle .

« you are in rags caked with blood and filth. But you are a holy fool. Enthused. The Lord is in you. You are St Anthony in the demon-filled desert. You are Diogenes mired in grime. You are Buddha at Bodhgaya. You are  a Jain priest, naked, with a broom before you sweep away any living being….You are holy because you are possessed by a vision…. »

Roman très violent : violence des gangs, mais aussi violence de la vengeance. Jusqu’aux dernières pages les victimes seront nombreuses.

Mon traître – Retour à Killybegs – Sorj Challandon

LIRE POUR L’IRLANDE

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« mon Irlande c’était l’Homme tranquille, le Taxi mauve, l’île d’Emeraude, les pulls blancs torsadés, le whiskey, l’Eire de nos mots croises[…..]Elle était d’herbe verte, de rousses Maureen, de pierres plates en murets, de toits de chaume et de portes géorgiennes[…]une Irlande musicale, marine, agricole, accueillante, spirituelle, pauvre et fière, apaisée; 

C’est sans doute cette Irlande touristique que je vais visiter au mois de Juillet. Mais ce n’est pas cette Irlande-là que Chalandon raconte. C’est l’Irlande du nord, Belfast et ses rues catholiques pauvres où patrouillent les troupes britanniques, le Donegal encore plus pauvre. C’est l’Irlande de l’IRA, des prisons et des grèves de la faim. Le héros qui a interpellé Antoine, le luthier parisien, est mort en 1916, fusillé par les Anglais c’est James Connolly. Et pour ses 30 ans, en 1975 Antoine est parti à Dublin avec son violon, de là à Belfast où il a rencontré Cathy et Jim O’Leary.

Pourquoi Antoine a épousé la cause irlandaise, est pour moi assez mystérieux. La tentation de la violence politique n’était pas vraiment taboue…Action directe ou les brigades rouges étaient actifs dans les années 70-80. Un certain romantisme s’attachait aux luttes indépendantistes. Antoine, cependant,  était un musicien, pas un militant.Trentenaire, non plus un adolescent tête brûlée. J’ai eu du mal à m’attacher à ce héros, à admirer ces femmes attendant à la maisons leurs hommes emprisonnés, en élevant des familles très nombreuses,en égrenant des chapelets ou en brandissant une statue de la Vierge en plâtre. Mimétisme qui pousse Antoine à adopter la casquette irlandaise, le tweed ou les pantalons trop courts. Antoine se veut irlandais, il veut être Tony, l’ami, le « fils » de Tyrone son traître. Amitié ou recherche d’un père?

Le roman se déroule pendant une période assez longue, de 1975 à 2006 pendant laquelle les grèves d’hygiène ( dirty protest 1979) et de la faim 1981 rencontreront la fermeté de Margaret Thatcher, mais aussi la mort de Bobby Sands et des autres. L’évocation de ces luttes est poignante. Comme celle de de la résistance de toute la population civile de Belfast, des enfants, des femmes, de tous. En 1994, l’IRA dépose les armes, le Sinn Fein serait associé au processus de paix. Leçon d’histoire contemporaine magistrale.

Tyrone Meehan, un traître? je ne spoile pas, dès la première ligne du roman, l’auteur le présente ainsi. J’ai eu bien du mal à comprendre ce qui avait poussé un héros de l’IRA à trahir.

Ce premier roman ne m’a pas vraiment enthousiasmée – intéressée oui, beaucoup – Je l’ai noté 3* seulement, ce qui dans mon barème personnel veut dire « à lire, mais avec quelques réserves » ou « intéressant, mais pas un chef d’oeuvre ». Mais cela ne m’a pas dissuadé de lire le suivant « Retour à Killybegs » qui raconte la même histoire avec Tyrone Meehan pour personnage central. Et j’ai beaucoup aimé.

Le personnage de Tyrone Meehan dans toute son histoire, replacé dans l’histoire familiale et dans un contexte historique plus long et plus complet, m’a paru très intéressant. Personnage complexe : soldat de l’IRA, fils de soldat de l’IRA, dès l’enfance  il est confronté à la contradiction de la violence dirigée contre l’occupant et la violence familiale dont il souffre:

« Fier de Pat Meehan, fier de ce père-là, malgré mon dos lacéré de brun et mes cheveux arrachés par poignées[….]Avant d’être méchant  mon père était un poète irlandais…. » 

Complexité aussi des idées des combattants. La lutte ne se résume pas à une opposition religieuse, catholiques contre protestants, ou nationaliste, patriotes irlandais contre colonisateur anglais. Républicains contre monarchiste.

« mon père n’était pas seulement un républicain. Catholique par nonchalance, il avait combattu toute sa vie pour la révolution sociale. Pour lui, l’IRA devait être une armée révolutionnaire. Il vénérait notre drapeau national mais admirait le rouge des combats ouvriers »

A la mort du père, la mère s’exile à Belfast:

 » – Hein? vous avez vu ça? vous les avez comptés? Neuf! Ils sont neuf et moi je suis seule avec les neufs sans plus personne pour m’aider! »

Complexité de l’histoire. Les britanniques se battent contre les nazis sous les bombardements aériens tandis que les Irlandais n’ont pas cessé le combat contre les anglais. Dès 1941, les inscriptions « salauds d’Irlandais » sont peints sur les murs. La violence déchire les communautés.

Et l’IRA est partout dans leur quartier, l’IRA fit autorité, elle structure la vie du quartier qui en attend protection et la soutient des femmes,  aux enfants.

« Mais l’impression qu’il y avait toujours un jugement derrière le rideau. Les Britanniques surveillaient nos gestes, l’IRA surveillait notre engagement, les curés surveillaient notre pensée, les parents surveillaient notre enfance et les fenêtres surveillaient nos amours. Rien e nous cachait jamais. »

Soldat discipliné, intrépide, exemplaire, amis des héros mythiques qu’on chante dans les pubs. ?Comment ce combattant est-il devenu un traître? Cette question est toute la richesse du roman. A-t-il eu peur de retourner en prison après avoir subi un emprisonnement terrible? Est-il usé par es luttes, des enfants, des camarades tués au combat ou par hasard? Pensait-il hâter le cessez-le-feu?

« aux yeux de tous , j’étais un ancien des couvertures, un ancien de la grève de l’hygiène; un ancien combattant »

La réalité est encore plus sombre. mais je préfère laisser le lecteur la découvrir au fil des pages de ce roman vraiment excellent.

La Dame à la lampe- une vie de Florence Nightingale – Gilbert Sinoué

LE MOIS ANGLAIS

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J’ai « rencontré » Florence Nightingale dans l’excellent Winter on the Nile  de Sattin racontant le voyage simultané (mais séparés) de Florence Nightingale et de Gustave Flaubert en Egypte.

La biographie de Florence Nightingale de Sinoué  m’a d’abord paru honnête mais un peu plate. Le narrateur est un journaliste américain qui choisit, à l’enterrement de la Dame  à la Lampe, en 1910 de faire sa biographie.Il  se met en quête de témoignages de personnes l’ayant approchée de son vivant .

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A chaque chapitre, il  rencontre avec de très vieilles personnes qui fouillent dans leurs souvenirs, fournissent de nouvelles pistes. Son premier témoin est Henry Carter, un ancien collaborateur, secrétaire de la fondation de Florence Nightingale qui lui fournit des recommandations pour d’autres personnages. Le portrait qu’en brosse Carter est pour le moins complexe.

« Contradictoire. contradictoire étant un euphémisme. A titre d’exemple, savez-vous qu’après s’être posée en championne de l’émancipation féminine, elle refusa obstinément de soutenir le droit de vote pour les femmes? »

« Elle clamait à qui voulait l’entendre qu’il y avait bien assez à faire pour les femmes. qu’elles pouvaient opter pour les carrières d’enseignantes, de sages-femmes, ou d’infirmières, sans chercher à devenir des « hommes de troisième rang ».

C’est dans la description des courants sociaux traversant  la société victorienne que l’ouvrage de Sinoué est le plus convaincant.

Née dans la classe la plus riche, elle opte pour une position très sociale dans la discussion sur la New Poor law qui révoquait l’ensemble des mesures allouées aux indigents. Et bien que sa richesse personnelle fut mise à contribution pour le financement de ses fondations

« Miss Nightingale affirmait avec force que la philanthropie est une fumisterie? Qu’à travers elle on se contente de dissimuler les fractures. On soigne les symptômes sans s’attaquer à la source du mal, qui est le chômage massif, conséquence de la révolution industrielle. « 

Une sainte Florence Nightingale? mais pourquoi resta-t-elle quarante ans presque alitée? les rapports avec sa sœur Parthénope, également malade chroniquement sont ambigus. L’entrevue avec un aliéniste fournit une explication d’époque en décrivant la maladie de Parthénope comme hystérie. 

« Connaissez vous les causes de l’hystérie? – Vaguement. – Elle touche surtout les femmes, non parce que les femmes y seraient plus sensibles que les hommes, mais parce que dans les sociétés où la femme est opprimée, les femmes l’utilisent comme moyen d’exprimer leur malaise psychologique profond. « 

Les hésitations entre anglicanisme et catholicisme m’ont un peu ennuyée. La dame trouvait sa spiritualité aussi bien dans les temples égyptiens, et avait été très remuée par l’évocation d’Osiris, racontait Sattin dans l’Hiver sur le Nil.

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C’est dans l’évocation de la Guerre de Crimée que ce livre est le plus passionnant. Il faut dire que je ne savais rien de ce conflit, ni du prétexte qui l’a déclenché (une querelle entre les moines orthodoxes, soutenus par la Russie et chrétiens latins protégés par la France à Bethléem) ni des alliances et des enjeux stratégiques (contrôle de la navigation dans les détroits du Bosphore et des Dardanelles. Une anecdote m’explique ce que fait le zouave au pont de l’Alma. J’ignorait que l’Alma était une rivière de Crimée. Cette guerre terrible a été bien oubliée, le souvenir oblitéré par les suivantes. Les conséquences médicales sont encore bien dans nos esprits : méthodes d’hygiène mises en oeuvre  par Florence Nightingale. La  fondation de la Croix Rouge, après la bataille de Solférino (1859) , suit de peu la fin de la guerre de Crimée.

Si j’ai été plus touchée par la découverte de Florence Nightingale dans le livre de Sattin, celui de Sinoué m’a appris beaucoup d.

 

 

Les heures silencieuses – Gaëlle Josse

PORTRAIT DE FEMME

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Pour introduire l’oeuvre,  un tableau  de

« je m’appelle Magdalena Van Beyeren. C’est moi de dos sur le tableau[…]J’ai choisi d’être peinte, ici, dans notre chambre où entre la lumière du matin. […]C’est la lumière du soleil montant, celles des promesses du jour que j’ai voulue pour ce tableau. La journée n’est pas encore écrite et ne amande qu’à devenir. Ce sont mes heures préférées, j’aime leur reflet dans le miroir de Venise ou l’écho de nos silhouettes se perd dans les dorures…. »

Pendant deux mois Magdalena tient son journal, peut être sont elles ces heures silencieuses , où elle raconte en courts chapitres l’essentiel de sa vie.

Ce court roman – 88 pages – est le portrait d’une femme. Une hollandaise, fille de commerçant, femme  d’armateur. Mère de grands enfants. Enfant elle a couru dans les docks, dans le parfum des épices de l’Orient. Jeune son père l’a initiée au commerce qui fait la prospérité des Pays Bas à l’époque (1667). Toute demoiselle, elle est tombée amoureuse de Pieter le capitaine du Haarlem qui rapportait de la porcelaine de Chine…

L’épinette, représentée sur le tableau l’accompagne dans toute sa vie. Une de ses filles est particulièrement douée pour la musique. Ces heures ne sont peut être pas aussi silencieuses que le titre le suggère.

Un joli livre qui se lit d’une traite.

Dans les jardins de Malabar – Anita Nair

SAISON INDIENNE

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Un voyage dans le temps et dans l’inconnu de l’Inde au 17ème siècle… avant les Anglais, roman historique, et roman d’aventure, avec aussi des histoires d’amour.
Découverte de la paternité et de l’attachement d’un père – nomade invétéré – pour un fils inconnu qui lui ressemble. Inde des castes où le destin de chacun est fixé par sa naissance et auquel il faudra se soumettre.
Idriss, marchand somalien, aimerait ouvrir l’esprit de son fils qu’il emmène avec lui faire partager ses aventures, et surtout qu’il échappe à la vendetta cruelle et séculaire qui le menace. Idriss, l’éternel nomade apprend toutes les langues, négocie épices, textiles et même pierres précieuses, sert d’intermédiaire entre souverains et marchands, se met aussi bien au service des autorités que des navigateurs néerlandais ou portugais.
la traversée d’une rivière en crue. Marchands, marins et même mineurs des diamants de Golconde : de belles rencontres!
Les animaux ne sont pas oubliés, le chien fidèle, le chat Musa, le boeuf et même la belle jument turkmène!