19heures, arrivée sur la presqu’île de Courlande après avoir traversé la lagune sur le bac. Comme la Skoda est immatriculée en Lettonie, le marin s’adresse à nous en Russe. D’ailleurs, depuis un certain temps tout le monde semble vouloir nous parler en Russe. Je n’aurais pas dû écouter les conseils de ceux qui par anti-soviétisme m’ont empêchée d’apprendre le minimum avec les méthodes rapides.
A la sortie du ferry le GPS nous envoie à gauche alors que Smiltynes est fléché à droite. La route file directement vers Nida au sud. Impossible de faire demi-tour avec la ligne blanche continue. Après 5km, on la coupe quand même. L’hôtel est invisible, introuvable.
C’est une bâtisse carrée,coiffée d’un toit à 4 pans de tuiles brunes qui recouvrent les deux étages supérieurs entrecoupés de balcons de bois foncé. Un beau hêtre pourpre, un saule pleureur et un frêne sont alignés. Un talus nous sépare de la digue. Nous voyons de très gros bateaux et les grues vertes ou jaunes des docks de Klaïpeda. Dîner gastronomique avec le poisson fumé des halles de Liepaja, fondant, un délice.
Le jour tombe, le soleil couchant illumine la coque d’un bateau qui devient doré. De petits nuages mauves flottent. Il est 21h30, le soleil se couche. Est-ce la latitude ou les jours qui raccourcissent la deuxième partie de Juillet?
Cette journée dans l’isthme de Courlande devait être un des sommets du voyage : hôtel sur place, merveilleusement situé, un site classé par l’UNESCO. La météo en a décidé autrement. Levées avec un ciel voilé nous sommes parties avec les nuages.
On s’acquitte d’un droit d’entrée de 20 Litas au péage. Une seule route parcourt la péninsule pour rejoindre la Russie et Kaliningrad. Les arrêts ne sont possibles que dans des parkings ad hoc. Les cyclistes roulent sur des pistes séparées. Les piétons sont invités à ne pas sortir des sentiers de découverte. Des parkings correspondent aux accès aux plages sur la Baltique.
Encore 7km d’une piste que le GPS ignore, la route et rapidement la Lituanie. Poste frontière abandonné et changement de revêtement de la chaussée – meilleur. Les grilles vertes signalent l’aéroport de Palanga. La circulation automobile s’intensifie. D’où viennent donc toutes ces voitures ?
Palanga est bondée. Toute une foule déambule. Il y a de nombreux magasins. C’est ici que je change les LAT lettons pour des Litas lituaniens. Ce monde nous rebute comme les attractions : manège, un singe en plastique de 10m de haut vomit ses enfants sur un toboggan gonflable.Les gens déambulent avec des poussettes des matelas pneumatiques, serviettes. Beaucoup de gens sont à vélo.
Au sud de la ville, un magnifique parc : les arbres sont immenses, centenaires, d’essences variées. Le musée de l’Ambre est logé dans le manoir joliment meublé au rez de chaussée.
L’ambre est la résine fossilisée d’un conifère : Pinus succiniferus (45MA-35MA) de 50m de haut. Au cours du réchauffement climatique Miocène/éocène beaucoup d’ambre a été produite, ce qui correspond à un état pathologique un état pathologique de Pinus succiniferus. La mer recouvrait alors le Bassin de la Volga, la Russie, la Lituanie, l’Allemagne et le Danemark jusqu’à la Mer du Nord. Les sites d’extraction de l’ambre se situent en Lituanie, Moldavie jusqu’en Italie du Sud, mais l’ambre est répartie sur tous les continents.
Les plus belles inclusions sont des brindilles, des insectes même des lézards. Mes préférées : des blattes incluses dans de l’ambre caramel, un ver blanc dans de l’ambre beaucoup plus foncée, des fourmis et des termites. On présente également les différentes variétés d’ambre pas toujours translucide parfois opaque. Certains blocs sont véritablement énormes.
Une autre salle, présente des trouvailles archéologiques (amulettes) ou seulement anciennes bijoux, boîtes, colliers fume-cigarettes.
La route vers Klaïpeda est directe mais de petits détours permettent de découvrir de belles plages.
Bernati
Nous quittons la route principale pour découvrir une plage sauvage merveilleuse – site protégé Natura2000 – . Un parking, des cheminements dans la dune. Sur la plage, seul artefact : une cabine de bois rudimentaire pour se changer. La plage s’étend à perte de vue. Je marche vers le sud, personne. Impression merveilleuse. Deux tuyaux rouillés émergent du sable au milieu de la plage : un sous marin ensablé sous nos pieds, je gamberge. Il fait chaud 26° L’eau n’est pas froide. Je n’ai pas envie de me baigner Les avertissements du Petit Fûté ont laissé un doute. L’eau serait polluée. Pourtant certaines plages ont obtenu le Pavillon bleu ? qui croire ?
Près du parking, des lilas, des pommiers et un poirier je m’interroge. Poussent- ils sauvages ? Y avait-il autrefois une ferme qui a complètement disparu ?Un peu plus loin, un village de vacance est en voie de désintégration était-ce un village de vacance pour récompenser les travailleurs soviétiques méritants ?
7km de piste relient Bernati à Jurmalciems dans les champs de colza défleuris et de pommes de terre qu’on récolte à la main. Le village de Jurmalciems est insaisissable : habitat dispersé fermes cachées derrière des haies de lilas, remises à moitié enfouies, remises à moitié enterrées dans une butte de sable. Des panneaux signalent une église baptiste et une église luthérienne – invisibles. Quelques vieux bateaux ont été hissés sur le sable de la plage. La digue est miniature, un chemin de planche de 60 à80 cm entre deux rails rouillés sur une vingtaine de mètres avec deux bateaux de pêcheurs amarrés , un vert et un rouge. Et toujours cette plage immense, magnifique, pas tout à fait déserte : une fille a planté un parasol, apporté une table. Un couple se baigne à gauche. Une famille arrivera plus tard. C’est tout. Le sable blanc, vierge de tout détritus, pas de mazout non plus.
Les poivrons farcis avec des morceaux de carotte ont un goût de gefillte fisch – excellents – le gâteau est une tresse aux raisins secs et à la cannelle – délicieuse. C’est le meilleur pique-nique des vacances. Les fourmis volantes n’ont pas réussi à la gâcher mais ont fini par nous chasser.
Les Halles – fin 19ème – façade briques et pierre, plafond vitré. Les étals sont très bien achalandés : poissons fumés de toute espèce : thon, espadon, maquereaux, harengs et même un carrelet entier fumé. Nous achetons un poisson blanc épais et moelleux ! Espadon ? Ou thon ? La boulangère accepte de couper en deux un gâteau tressé. Plus loin nous achetons des poivrons farcis. Ce sera le meilleur pique-nique des vacances.
les HLM rouillés mais habités de Karosta
Karosta
Karosta est l’ancienne base navale russe. Liepaja était l’un des rares ports russes libres de glace l’hiver. JP Kauffmann raconte le départ de l’escadre russe en 1904 pour la guerre Russo-Nippone en faisant le tour de l’Afrique.
Pour rejoindre Karosta on longe encore de vieilles usines de briques désaffectées. Un pont métallique enjambe le canal de Karosta. On trouve des barres de 4 ou 5 étages en très mauvais état mais habitées. Des tilleuls magnifiques bordent les rues. Les habitations sont minables mais le cadre est très verdoyant. Une escouade de jardiniers tondent, ratissent, balaient. Jamais vu des effectifs si pléthoriques !
La cathédrale orthodoxe Art Nouveau est surdimensionnée. Nicolas II en a posé la première pierre (brique ?). Au dessus de l’iconostase une fresque 1900 est originale – photographie interdite ! Ce n’est pas la seule interdiction : un panneau porte les pictogrammes habituels, pas de cigarette allumée, pas de téléphone, des vêtements décents….mais d’autres interdictions surprennent : pas d’alcool ! ni de mauvaises pensées ! La détection des mauvaises pensées se fait comment ? Foulards et tissus sont prévus pour les mécréantes.
les bâtiments de la flotte tsariste
Les anciens bâtiments tsaristes tombent en ruine. On a l’impression de traverser une ville-fantôme et pourtant encore habitée. Par qui ? Condensé extrême de ce que nous avons découvert à Liepaja.
Espérant en apprendre plus, j’attendais beaucoup de la visite à la prison de Karosta. Mais je serai bien déçue.
Visite à la prison : appel
Le guide est déguisé en officier fusse, casquette plate ave l’étoile rouge, bottes de cuir et vareuse khaki trop courte, moustache grisonnante. Il nous entraine à grand pas vers une cour et nous aligne derrière une ligne blanche. Appel, les visiteurs se présentent. A mon tour on me demande « vous parlez Russe ? » – « Niet ! ». Cela fait rire tout le monde, c’est plutôt un bon point de ne pas parler Russe ! D’ailleurs le guide traduit très bien en anglais. Cette prison est une prison militaire. En 1905 elle a hébergé des opposants politiques mais depuis 1918 sept armées différentes l’ont utilisée pour incarcérer les soldats désobéissants et les déserteurs : armées du Tsar, allemande, lettone, à nouveau russe allemande, soviétique jusqu’en 1994 pui lettone. La visite a pour but de nous faire revivre quelques minutes la vie de cette prison militaire ; rien à voir avec ce que je recherche.
le paquetage du soldat russe
Nous entrons dans le bâtiment sombre, peint en noir. Dans une salle consacrée à la 2ème guerre mondiale sur un mur est exposé l’équipement allemand avec sac à dos et matériel ad hoc, en face un sac en toile de jute à peine mieux qu’un sac de patates, une corde et une sorte de marmite en fer blanc : l’équipement du soldat russe. Les armes, grenades, mines interessent plus mes compagnons que moi. Le guide raconte qu’après 1945 ; 70 unités étaient basées à Karosta avec jusqu’à 25 000 soldats et que Karosta était fermée à la vie civile. Pendant 49 ans les mauvais soldats se trouvaient emprisonnés, une moyenne de 5 jour avec rééducation politique et entraînement militaire. Une cellule toute noire était destinée aux fortes têtes. Dans la pièce réservée aux interrogatoires
Ce qui est étrange c’est que cette prison, aujourd’hui, peut faire fonction d’hôtel bon marché (plutôt auberge de jeunesse) Ont-ils vraiment des clients ? Tourisme de l’extrême ? Bêtise ?
De Kuldiga à Liepaja, sous la pluie violente nous ne regardons pas le paysage.
Liepaja
Arrivée à Liepaja dans les travaux, route défoncée, à l’entrée de la ville, des usines gigantesques, un complexe métallurgiques, ont un air fantomatiques. Quelques unités semblent encore ouvertes mais on ne voit ni rougeoiement de fours ni aucun signe d’activité.
Sans crier gare, on passe un canal. Deux hôtels de luxe sont installés dans des docks de briques. On se croirait Rue de Flandres sur le bord du canal de l’Ourcq. « Vous êtesarrivés ! » claironne le GPS devant l’Hôtel Promenade 5* L’adresse est bien celle du voucher mais le nom de l’Hôtel ne correspond pas. 5* c’est trop pour nous !
En allant chercher de l’aide au Hessbürger (mac do local) tout s’éclaire, l’adresse indiquée est à Roja. Que faire ? Téléphoner à Vilnius ?
Dans le dossier, j’ai une autre adresse Les Sept Sœurs, Eglu8. Le GPS nous emmène dans des rues pavées de gros galets ronds où l’herbe pousse dru dans les interstices. La Skoda se transforme en carriole tirée par un cheval tant il y a de cahots. Eglu est une rue campagnarde avec des maisons de bois basses cachées derrière leur palissade. Une belle maison à étage penche dangereusement, les tourelles sont en train de basculer, les appentis de travers, et le toit est crevé.
Liepaja, rue Eglu
Notre hôtel est la seule maison de brique de la rue Eglu. Dans un autre contexte il aurait belle allure. L’enseigne Seven Sisters dorée est toute neuve mais rien n’indique qu’il s’agit d’un hôtel. La porte ordinaire est verrouillée. J’ai de gros doutes.Une jeune fille en short m’accueille dans un anglais parfait. Deux chambres ont été retenues. Elles sont immenses : trois fenêtres avec des doubles rideaux foncés, de curieux meubles tournicotés noirs et dorés, un lit kingsize, une épaisse moquette. Quelle belle surprise ! Comme je m’étonne de ces dimensions, la jeune femme donne l’explication « vous êtes à Liepaja ! ».
Hôtel 7sisters
Tour en ville.
D’abord les « boulevards extérieurs », grandes artères répertoriées dans le plan qui nous conduisent au canal et aux hôtels de luxe déjà vus, puis on passe par un centre urbain avec de grands immeubles anciens et on arrive à un parc qui borde la plage. C’est une très belle plage, au sable très blanc, très large. Ce qui retient mon attention, c’est le ciel tourmenté après l’orage. Les bancs de nuages très gris alternent avec un ciel jaune. La plage est orientée à l’ouest, j’avis imaginé un coucher de soleil oubliant qu’en Juillet en Lettonie, le soleil se couche très tard. Au loin, plus au nord, la silhouette de très gros bateaux se profile. Aux abords du parc Jūrmala il y a de très belles villas de bois, je ne résiste pas à photographier celle qui combine un bulbe d’église à un chalet peint en rose. Nous ne trouvons pas la mignonne église orthodoxe peinte en mauve.
Cherchant le Centre-ville, nous débouchons devant un édifice énorme au fronton classique et aux colonnes impressionnantes : l’université. La grande place Rozu Laukum (Rosenplatz) est presque déserte – peut être après la pluie – quelques jeunes gens déambulent. Un clochard, peut être seulement ivrogne, est appréhendé par la police qui lui colle une amende. La Liela iela,la rue la plus fameuse de Liepaja, résonne de musique Rock. Un guitariste est suspendu, enseigne énorme d’un café moderne aux larges baies vitrées dominant une place où le monument est une guitare électrique et où des cubes de ciment conservent les empreintes des mains de « célèbres » musiciens de Liepaja.
Liepaja s’est choisi un symbole jeune : le rock. La musique lui portera-t-elle l’élan que le Musée Guggenheim a apporté à Bilbao ?
L’impression que nous tirons de ce tour de la ville est très mitigée. Liepaja a connu autrefois son heure de gloire : les immeubles Art Nouveau, les villas en témoignent. Témoignage bien fané de la prospérité du port de commerce d’où s’embarquaient les émigrants vers le Nouveau Monde, Halifax et New York avant 1914, Juifs et Russes allant chercher un monde meilleur. Barres soviétiques, probables conséquence du Combinat de Métallurgie entrevu à l‘entrée de la ville.
Impression de délabrement, d’abandon. Tout s’écaille, se rouille, s’écroule. La moitié de la ville parait vide. Départ des Russes ? Ruine de l’industrie lourde ? Ou de la base navale soviétique ? D’ailleurs, les Russes sont toujours là, les pauvres gens, pas les 4×4 noirs de Jūrmala.
Lipaja ville rock
Liepaja Ville Rock
Ville destroy
Des notes de musique pour guider le visiteur.
Quelle sorte de Rock ? Heavy Metal en l’honneur de la métallurgie. Rock punk destroy pour les maisons croulantes dévastées ? Rock protestataire contre le régime totalitaire, Liepaja était déjà rock avant 1991, dès 1960.
Très joli petit déjeuner : avec du pain perdu au fromage et au lard, une salade de fruit.
Le temps est magnifique, la marée basse a laissé des flaques. En short je vais d’îlot en îlot dans une eau très fraîche observant de beaux ripple-marks.
Quittant la route côtière 128 de Roja à Talsi, nous traversons une campagne assez peuplée, prés et champs cultivés de pois. Les toits des maisons en tôle ondulés sont si moussus qu’on croirait des chaumières. Les cigognes arpentent gravement les prés. A plusieurs reprise nou traversons la rivière Roja qui se jette dans la Baltique à Roja.
Valdemarpils: arrêt devant une très mignonne église cachée sous les arbres. Un panneau raconte l’histoire du bourg peuplé jusqu’en 1850 de 80%de Juifs ( Guide Vert) mais il est bilingue Letton/Russe!
A un carrefour, beau moulin est à vendre (affiche en Allemand).
Talsi
Bourg tranquille bâti sur des collines. L’accueil à l’office de tourisme est chaleureux, on nous donne un plan avec un itinéraire historique. Malheureusement lundi est jour de fermeture des musées. Je monte par un chemin malaisé pavé de très gros pavés pour voir une église. Deux cantonnières blondes joufflues ratissent les feuilles.
– « parlez- vous Russe ? » – « niet ! »
La jeune femme rentre au presbytère pour me faire ouvrir l’église. Une stèle en Allemand m’apprend que le pasteur, ami de Mozart a recueilli ses enfants à la mort du compositeur. Ici ???
Le Musée historique (fermé) se trouve dans une maison palladienne bicolore, rose sur le balcon sur un fronton classique avec une colonnade, gris autour.
Stende
Recommandé par le Guide Vert « fleuri », est un village ordinaire qui respire plutôt la décrépitude que les fleurs avec plein de HLM et deux usines fermées et ses voies ferrées envahies d’herbe.
Un train passe 31 citernes et 27 bennes de charbon, inscriptions en cyrillique.
Sabile
Sabile: la vigne la plus septentrionale du monde!
JP Kauffmann, dans Courlande raconte avec enthousiasme sa visite du vignoble de Sabile, le plus septentrional du monde sur une colline très en pente.
Nous faisons une curieuse visite : dans un jardin des dizaines de personnages en paille sont habillés et mis en scène avec différents accessoires, et sonorisé, figurant la vie villageoise. L’artiste est une dame très aimable mais russophone Daina Kucere. Une visiteuse joue les interprètes, c’est une rencontre chaleureuse ; Ce n’est pas une exposition temporaire. Daina laisse ses personnages par tous les temps hiver comme été de temps en temps elle les habille de neuf.
Un peu plus loin dans la colline il y a une exposition de sculptures contemporaine « foutage de gueule » !
synagogue de sabile
La synagogue rose sur un jardin est vide, c’est un musée (fermé). Dans le jardin une inscription sur un rocher de granite « Izcor ! »
Les cascades de l’Abava, sont de petits rapides sur une jolie rivière tranquille. Ici aussi, on a aménagé des tables de piquenique. Nous nous installons dans une gloriette ronde qui tourne comme un manège.
Maras Chambers
Ces grottes dans du sable dolomitique au dessus de l’Abava ont un intérêt archéologique. S’y déroulaient des cérémonies chamaniques. Le circuit fléché est une jolie balade un peu sportive d’un peu plus d’une heure.
Il existe d’autres grottes dans le sable qui se visitent. Elles résultent de l’exploitation du sable et les tunnels font plusieurs kilomètres.
Kuldiga
les maisons et els toits de Kuldiga
Jolie ville ancienne tranquille sur le bord de la rivière Venta. Rue Baznica se trouvent de vieilles maisons des marchands 16ème et 18ème , un peu négligées mais d’autant plus charmantes. La petite rue Skolas descend à un petit canal. L’église catholique de la Trinité a de jolis lustres baroques mais elle est très simple, peinte en bleu et blanc, sans torsades ni dorures. Un groupe de maisons coiffées de toits de tuiles qui se chevauchent derrière une cour très fleurie nous a bien plu. Rue Liepaja, la rue commerçante, est bien calme cet après midi. Kuldiga est bien tranquille après l’animation de Pärnu et de Jūrmala. A l’extrémité de la rue, l’église orthodoxe en brique a ses bulbes peints de couleurs vives un peu criardes.
La Venta est une rivière un peu envahie par la végétation. Le pont de brique à plusieurs arches laisse imaginer un cours d’eau beaucoup plus important. Non loin du pont, les chutes n’ont rien de spectaculaires, un mètre seulement.
La route 128 qui contourne la Courlande traverse le Parc National Kemeri – magnifique forêt. Ici aussi, le parking est problématique. Tout Riga s’est garé sur les bas-côtés pour aller à la mer, ramasser des myrtilles ou des champignons. Nous nous éloignons de la ville, passons Engure. La route longe le rivage mais la Baltique est invisible derrière la dune plantée de pins. Il faut oublier le coin pique-nique solitaire le dimanche ! On expédie les harengs derrière la voiture. C’est méconnaître la Lettonie ! Si les parkings sont bondés, cela ne signifie pas qu’il y aura foule sur la plage. Celle-ci est si étendue que les gens se répartissent sans se gêner ! C’est aussi oublier l’ingéniosité balte pour aménager tables et bancs couverts d’un auvent pour els jours de pluie avec cabane en bois pour les toilettes. Ces installations en bois s’intègrent parfaitement dans la forêt comme les chemins de planche qui protègent la dune.
Nous poursuivons notre voyage autour du Golfe de Riga entre les pins – depuis l’Estonie, le paysage n’a pas changé, des arbres, toujours des arbres. Je commence à saturer. Les arbres finissent par m’ennuyer. Je n’arrive plus à retenir mes bâillements et mes yeux se ferment.les nuits sont courtes sur la Baltique, voilà que je m’endors le jour !
Cap Kolka
Cap Kolka monument des marins disparus en mer
Le Cap Kolka borne le Golfe de Riga qui s’ouvre sur la Baltique. Mer tranquille, on ne voit rien dans l’eau. Au Danemark la pointe qui bornait la Baltique s’ouvrant sur la Mer du Nord était plus spectaculaire. Même sans effet spectaculaire, c’est quand même un cap qui fait rêver. Rêver les Lettons d’autant plus que l’endroit était interdit aux temps soviétiques et resté sauvage encore maintenant. Je m’offre encore une belle promenade les pieds dans l’eau sur le sable de Courlande.
Roja
Retour en arrière pour aller à l’hôtel de Roja proche de la mer. La dame me fait visiter notre suite : une chambre et un salon. Je suis toute joyeuse : une suite ! Et ferme la porte après avoir laissé mon sac. Catastrophe ! J’ai verrouillé de dedans la mauvaise serrure. La clef ouvre l’autre et la dame a perdu l’ancienne clé. Elle ne fait aucune difficulté à nous donner une autre chambre mais voilà que mon sac est prisonnier ! Que faire ? c’st dimanche, la dame ne trouvera pas de serrurier tout notre argent et nos papiers sont enfermés !
Arrive une dame débrouillarde avec deux couteaux de bonne taille, elle fait glisser la lame de l’un, soulève la targette, introduit le second et ouvre la porte. On est tellement soulagées qu’on lui donne un pourboire exagéré de 20Lat.
Le tour dans Roja ne s’avère pas spectaculaire, nous sommes fatiguées !
Nous quittons l’Estonie sous la pluie. Le poste frontière rouille tandis que les camions sont immobilisés sur le parking. Pour les voitures, seul changement : le revêtement de la chaussée ; La magnifique route estonienne financée par l’Union européenne fait place à une chaussée étroite mal revêtue. La file ralentit. Sur le bas-côté sont garées de nombreuses voitures. Un accident ? Pas du tout ! des tentes rondes partout, des jeunes affublés de couronnes et de colliers de fleurs. Woodstock letton. Un jeune invective les camions en brandissant le poing tandis qu’une fille le retient. Il doit être saoul ou drogué.
Nous contournons le Golfe de Riga sur 300km sans voir la mer pourtant proche. Une forêt touffue l’éclipse. Pendant 300km nous ne verrons que des pins magnifiques, des bouleaux géants, des sous-bois verts vif des myrtilles mais pas de mer.
Riga
A l’approche de Riga, le ciel se dégage. Il fait chaud. Dans la pluie estonienne, il faisait 16° et le pare-brise était tellement embué qu’on avait mis le chauffage. Nous sommes heuresues de retrouver Riga, le long boulevard Brivibas, croiser Dzirnavu la rue de l’Hôtel Edvards, les jardins, la vue sur la Daugava…Plaisir de re-connaître….
Jurmala
23 km de Riga : Jūrmala est le « Deauville letton ». Après Pärnu, « Deauville estonien », cela fait redite !
Pour entrer à Jurmala, on s’acquitte d’un péage 1LAT par voiture. Ensuite il faut trouver un parking, mission quasi impossible à midi. Nous croisons à petite vitesse rue Jura de Majori, utilisons les places interdites (bateaux) pour rester dix minutes en ne quittant pas des yeux la Skoda. Au premier passage, on ne sait pas où donner du regard dans ces villas luxueuses tapies dans des parcs, peintes en bleu pâle ; gris perle, jaune ou marron. Puis on s’organise pour les photos. Les maisons sont enfermées par des clôtures très hautes qui compliquent la prise de vue.
Finalement au troisième passage, après avoir éliminé les maisons les plus prétentieuses, celle qui est une réplique de la Grande Guilde de Riga, celle en ciment quiu ressemble aux villas de Bao Dai de Nha Trang, celle qui a un gros 4x4noir garé… nous éliminons les contemporaines reconnaissable à l’huisserie carrée en PVC et les maisons de série sans personnalité. Elles ne sont pas si nombreuses à photographier, celles qui ont des pignons, des découpes de bois. D’ailleurs j’en ai vue de plus charmantes et de plus facile à photographier en Roumanie qui leur ressemblaient beaucoup.
Sur les trottoirs les passants parlent majoritairement Russe. Sont-ils des Lettons russophones de Riga, ou viennent-ils de Russie ? Habitants de Riga toute proche venus passer à la plage un dimanche ensoleillé ou en villégiature ? Le train relie Jūrmala à Riga. Si nous étions à Riga nous aurions dû choisir ce moyen de transport.
Il n’y a pas de promenade de bord de mer, de corniche ou de croisette à Majori. Les énormes villas invisibles cachées par les grands arbres colonisent le front de mer. Au détour d’une petite rue j’arrive directement sur le sable. 26°, le dimanche, je ne pouvais p
as m’attendre à la trouver vide ! Les horribles accessoires contemporains sont présents : château-fort gonflable, pyramide-iceberg dans l’eau (comme à Sihanoukville), lits blancs en plastique. Il manque les parasols. Ici on ne se cache pas du soleil, on s’expose ! Les cabines de déshabillage sont sponsorisées par une compagnie de téléphone mobile. Seul l’établissement de bains en bois peint est Belle Époque.
Nous avons encore une longue route et ne nous attardons pas. Ce n’est pas ici le lieu pour saucissonner ou plutôt manger nos harengs dans les assiettes en papier !
Au petit déjeuner, du B&B de Upa, les meilleures pommes de terres que j’aie jamais mangées servies avec du lard et de l’oignon, et bien sûr charcuterie et harengs !
Traversons Saaremaa sans nous arrêter et nous retrouvons sur la digue qui relie à Muhu, étonnées de nous retrouver entourées d’eau. Des cygnes croisent avec leurs petits.
Queue pour le ferry de 9h40. Une mouette sautille de voiture en voiture ; elle quémande. Amusée j’ouvre le coffre pour chercher une tranche de pain. A peine ai-je lancé le premier morceau que le chauffeur derrière notre voiture me morigène « davai ! ». La traversée dure à peine 25 minutes; sous le ciel gris, nous avons moins l’impression d’une croisière.
Il reste 60km à parcourir entre bois et champs de colza.
Villa Eden ou plutôt à son restaurant Paradise : Il est trop tôt nous fait comprendre une jeune stagiaire-étudiante (c’est écrit sur son badge) qui ne parle pas du tout anglais. Revenez à 15heures !
L’Office de Tourisme,à l’Hôtel de Ville, a édité une brochure proposant 4 itinéraires.
« promenade historiques dans le Centre». L’Hôtel de ville , l’origine une maison de marchand, a logé le Tsar Alexandre 1er en 1806.
Non loin de là, l’église Sainte Catherine (1786) fut construite sur une commande de Catherine II. Elle est tout à fait charmante, de petite dimension, jaune surmontée de 5 bulbes. L’intérieur est peint en crème avec des moulures blanches. L’iconostase est arrondie, décorée de personnages recouverts d’argent< ; Au dessus, autour de la Cène, trois tableaux triangulaires très élaborés sont surmontés de médaillons ronds. On dit que cette église baroque est la plus belle d’Estonie.
la maison du marchand Mohr
La Maison du Marchand Mohr, rue Rüütli datant de 1681 fur reconstruite en 1820. Sa façade est classique bleue pâle. Elle a accueilli successivement Karl XII, roi de Suède et Catherine II de Russie. Au fronton de la façade reste accroché un fer à cheval que le Roi de suède aurait perdu.
L’ancien Relais de Poste se trouve rue Vee, initialement dans une boucherie russe caractéristique avec ses colonnes rondes. Dans le Relais de Poste il y avait des écuries, un sauna et la forge du maréchal-ferrant.
maisons de marchands
LaRue Kuninga est bordée de maisons de marchands. Deux maisons de pierre encadrent une maison de bois rappelant que les Russes avaient interdit qu’on construise des maisons de pierre. Suivant l’itinéraire nous découvrons un bel Hôtel 1923 et dans un parc la statue de la poétesse Lydia Kodule (1843-1886)
Pärnu est une ville très verte avec de nombreux parcs.
L’après midi, nous suivons l’itinéraire : Promenade dans les villas balnéaires.
Villa Ammende
Plutôt que le Deauville Estonien comme nous le lisons dans les brochures, on penserait plutôt à Arcachon avec les belles villas sous les arbres. De nombreuses villas sont en bois, d’autres en béton. La plus belle est la Villa Ammende (1905).
Sur le front de mer, les places de parking sont chères et rares. Après avoir traversé un parc planté de très grands arbres, j’arrive dans une dune sur la plage des femmes qui n’est pas spécialement occupée par des femmes et qui est presque déserte. L’air est à 24°, l’eau à 21°. Quelques uns se baignent. Je vois ressortir un homme tout nu, je crois avoir mal vu. Une femme s’avance dans la mer sans rien non plus. Les autres baigneurs sont » habillés » mais personne ne prête attention aux naturistes. Rien n’indique non plus que la plage est naturiste. A l’extrémité de la plage, la rivière et en face les plus grands tas de bois que j’aie jamais vus. Une machine soulève des troncs et les range dans une sorte de couloir.
De l’autre côté de la plage entre les établissements de bains et l’Hôtel Moderne TerviseParadise, il y a plus de monde, mais curieusement, pas dans l’eau. Des rectangles délimitent des terrains de jeux. Volley, bien sûr mais aussi foot où évoluent des joueurs en tenue complète. Il y a même des pom-pom-girls. Un autre sport m’a étonnée : des jeunes gens sont habillés en tunique blanche avec ceinture, à l’antique, sont couronnés de laurier (ou de chêne). Ils s’alignent sur deux files pour un relais; ils courent sur une dizaine de mètres et au lieu de se passer un témoin, ils boivent une canette de bière ou de Red bull. Le maître de jeu porte un manteau court pourpre sur les épaules. Qui sont ces Romains ? Ce jeu est en tout cas viril, pas une fille autour d’eux.
Il a plu toute la nuit. Au petit matin, l’érable se secoue sous le vent. L’eau crépite sur la toiture du chalet. L’arrivée d’une perturbation plus importante que les averses des derniers jours s’accompagne d’un net refroidissement : dans la voiture on met le chauffage.
Le petit déjeuner est somptueux. Nos hôtes sont peu bavards mais prévenants. J’ai apporté l’e-book pour lire le Monde. Pour les gros titres cela va, mais pour les textes c’est vraiment petit. Je ne maîtrise pas encore l’écran tactile.
Dès qu’on se met en roue, le soleil sort. Nous traversons la partie Ouest de Saarema, de Kuressaare à Kihelkonna sur des routes tranquilles dans des bois de trembles et de bouleaux. Saaremaa est une grande île plate. Si les côtes sont échancrées avec des caps et des baies, on ne s’en aperçoit guère. Les routes relient les villages ou les fermes sans suivre le littoral.
Le Centre d’Interprétation de la Réserve de Vilsandi est dans le manoir à côté de Kihelkonna. La dame est charmante, elle parle un anglais chantant un peu étrange et nous recommande deux promenades. Lees expositions sur les migrations des sternes et sur la flore endémique sont sans doute passionnantes mais il manque la traduction.
Nous mettons le cap sur la pointe de Harilaid où se trouve un phare. La promenade pédestre fait le tour de la petite presqu’île rattaché à la terre ferme par un tombolo formant deux belles plages de sable. 8km, je pars à 11heures comptant être de retour pour le pique-nique. Le sentier est une route de graviers et de galets dans une pinède. J’’entends la mer mais ne la vois jamais. Les jeunes pins sont plantés serrés. Au bout de ¾ d’heure je trouve un petit lac mais toujours pas de mer ni de phare. Le sentier n’est plus balisé Je renonce.
Entretemps, D a trouvé une plage magnifique. Quand j’arrive , elle est encore sous le choc de sa mésaventure. Ayant mis dans les poches, l’appareil-photo, le téléphone, les clés de la voiture, elle est allée dans la cabane -WC tout à fait primitive : une planche et un trou. Les clés tombent sur le plancher. Les ayant récupérées, c’est le téléphone qui est perdu. Aller le chercher dans la merde ?
La dune est plantée d’oyats très vigoureux et très hauts. Point n’est besoin de les protéger des pas des promeneurs ! Ces derniers sont absents. Seuls deux surfeurs remballent leur planche à notre arrivée. Et c’est pleine saison, le 15 juillet !
Je marche à la limite de l’eau sur la longue plage de sable. L’eau n’est pas froide. Il y a très peu de différence entre la température de l’air et celle de l’eau. Mais l’air est très frais et cela n’incite pas à la baignade.
galets et choux marins
Nous roulons sur des pistes au jugé. Comment trouver la mer ?
Neem, face au phare de Harilaid, que j’ai raté ce matin, 5 km de piste le long d’un petit cap :des paysages surprenants ces fameux jardins de pierre où ne pousse que le genièvre et les taches roses du serpolet ras mais très fleuri. Descendant de voiture, j’effraie des oiseaux noirs et blancs qui s’enfuient en criant. Sur les galets, poussent des choux marins.
Nous poursuivons notre exploration jusqu’à Vere, découvrons une digue de ciment avec deux gros bateaux de pêche et le gros bateau gis des gardes-côtes. Nous passons devant des bâtiments blancs estampillés CCCP et une magnifique maison de bois marron aux fenêtres condamnées par du contre-plaqué.
château épiscopal de Saaremaa
17heures à Kuressaare, un peu trop fatiguées pour entreprendre une visite systématique de la ville.
Ville très hétérogène, à l’entrée des centres commerciaux flambant neufs, temples de la consommation. Plus loin, des quartiers HLM gris délabrés ou en brique rose plus avenants.Vers l’intérieur de la ville, ce sont de jolies maisons dans des jardins, souvent en bois ; Un quartier plus chic et pittoresque au centre ville. Nous arrivons au château de l’Evêque : château-fort avec ses tours rondes et carrées et ses douves. Devant le château, un bel établissement de cure en bois peint.