Vallée de Hvita, Snorri et les sagas

CARNET ISLANDAIS

le temps change vite en Islande

Départ sous le soleil par un froid vif, les crêtes sont enneigées, une belle journée se prépare.

100 km sur la route circulaire qui monte sur un plateau venteux où les rafales se déchaînent : un voyant s’allume dans la voiture : 3° C risque de verglas ! La neige couvre les sommets. Les nuages s’accumulent. Quand nous passons devant le cône imposant d’un volcan, la pluie se met à tomber dru. Impossible de sortir pour consulter les panneaux. Le volcan restera non identifié.

La route 50 suit la rivière Hvita. Entre averses et éclaircies nous traversons un paysage agricole et des champs de lave couverte de mousse épaisse. Stoïques, les chevaux islandais subissent les caprices de la météo.

Deildartunguvher

source chaude

C’est la source chaude la plus puissante d’Islande (débit 180 L/sec) qui alimente le chauffage de la région et les serres. Elle sort de roches rougies dont la couleur contraste avec le tapis de mousses vertes qui la surplombe. La vapeur se répand sous les gouttes d’une pluie bien fraîche et elle ne suffit pas à nous réchauffer. Un spa luxueux est construit à proximité.

Reykolt

Arrivée par ka 518. Reykolt est un village aux maisons dispersées mais où un grand clocher marque le centre. Le haut clocher de ciment ne surmonte pas l’église traditionnelle beaucoup plus petite en bois, éclipsée par le campanile de ciment, mais le Musée Snorrastofa – centre de recherche dédié à Snorri Sturlusson (1179 – 1241) l’auteur de nombreuses sagas, de l’Edda qui est aussi un traité de poésie, de l’histoire des Rois de Norvège et qui est présenté comme le plus grand écrivain du 13ème siècle, presque un équivalent d’Homère. Depuis deux semaines, je tourne autour des héros des sagas sans en avoir lu une seule. Nous sommes passées dans le pays de Grettir, de Njall-le-brûlé, d’Egill ou d’Olaf. Mais par quelle saga commencer ? Les sagas racontent la colonisation de l’Islande par les Vikings ce sont des récits littéraires écrits deux siècles après les faits historiques (un peu comme Homère et la Guerre de Troie). A l’époque de la Colonisation, les Vikings étaient encore païens tandis que Snorri est un homme cultivé, latinisant (comme tout européen chrétien du 13ème siècle), connaissant les textes antiques. Snorri était un diplomate qui a voyagé d’Islande en Norvège. Une reproduction montre Snorri à Thingvellir où il a exercé la fonction de secrétaire de séance de l’Althing, le Parlement. Je sors du musée avec la résolution de lire au moins une saga.

Snorri à Thingvellir

Visite à la petite église (rénovée au 19ème siècle), simple, sobre comme toutes les églises luthériennes : un tableau derrière l’autel, une chaire à prêcher en bois. L’objet le plus précieux est un mignon harmonium.

La pluie recommence à tomber d’abondance, je renonce à aller voir le bassin de Snorri (vestige archéologique).

20 km plus loin, sur la 518, sous des nuages menaçants, nous trouvons les deux chutes d’eau Hraunfossar et Barnafoss, deux cheminements relient les deux cascades, une promenade agréable

Hraunfossar ne ressemble pas aux cascades puissantes et hautes et impressionnantes comme Dettyfoss ; d’un mur de basalte, se déploient des dizaines de cascatelles sortant de la falaise entre mousses et buissons, se rejoignant, divergeant pour rebondir en rapides dans le lit de la rivière bouillonnante.

Barnafoss s’écoule entre des rochers aux formes fantastiques, arche et bassin.

Un arc en ciel décore le ciel au-dessus de Hraunfossar. La photo serait merveilleuse si tout le monde n’avait pas eu la même idée simultanément : faire un selfie, une chinoise en rose, une chinoise en rouge, des indiennes…le monde entier aura sa photo d’arc de triomphe sauf moi qui voudrait la cascade toute seule.

serre chauffée à la géothermie

Devant la serre des tomates de Deildartunguvher, un foodtruck vend des hot-dogs ou des fish&chips à consommer sur des grandes tables à l’intérieur de la serre. Je suis surprise par l’abondance des tomates à différents stade de maturation et par les variétés de la tomate cerise en grappe à la grosse tomate.  Elles poussent en pleine terre, des bâches en plastiques permettent de cueillir les fruits. De fins tuyaux irriguent en goutte à goutte. Les plant s’accrochent à des fils verticaux et sont taillés avec soin,

Borganes : Settlement Center

Le dépliant promet une visite en 15 langues et deux expositions. J’ai craint quelque musée interactif avec écrans et réalité virtuelle, pas du tout ! Les audioguides sonorisent une déambulation devant des vitrines où des objets réels voisinent avec des personnages en bois ou en pâte Fimo et des cartes en relief. De l’artisanal, du brut, du naïf qui raconte une histoire ou plutôt deux, celle des premiers colons au 9ème siècle et la saga d’Egill.

Casque sur la tête, ipod au revers de ma veste je regarde le drakkar dans la vitrine avec famille, esclave et bétail, prêt pour la traversée de Norvège en Islande, pour éviter de charger l’embarcation on n’avait emporté que des petits animaux, des agneaux et des veaux…le narrateur raconte le destin de chacun des personnages. Il est extraordinaire que les premiers colons soient connus par leur nom qui se retrouvent dans la toponymie islandaise. L’île n’était pas une lande déserte mais couverte d’épaisses forêts. Les colons devaient remonter le cours des rivières.

L’autre récit : la Saga d’Egill  est l’œuvre de Snorri. Egill déjà enfant avait un caractère impossible, désobéissant à ses parents, violent jusqu’au meurtre gratuit. Il a navigué jusqu’n Norvège et en Angleterre. Histoire de meurtres, de jalousies, de rancune et même de sorcellerie. Cette saga est un roman d’aventure. Les sculptures en bois grossier ne sont pas toutes très jolies mais elles s’accordent avec le caractère grossier et violent du personnage et me touchent bien plus que les images virtuelles de 1238 .

ciel du soir

L’hôtel Hafnarfjall se trouve 4 km après la sortie de Borganes, passé le pont près d’une plage. L’accueil est chaleureux. On nous a réservé une « cabine » , cube en bois but sur une estrade de planches vitrée sur un côté. Le parquet est en pin blond ; les meubles raffinés : une table bistro foncée, un confortable canapé de cuir noir et une table basse en bois flotté. Cuisine équipée et complète ; nous dînons au coucher du soleil. Le ciel prend des teintes extraordinaires de rose, orange, violet au-dessus de la mer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

tour de Vatnsnes – Hvammstangi

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Vatsansnes

Après une série de jours pluvieux nous de croyions plus au retour du soleil. Ce matin, il fait froid (6°), il a neigé sur les crêtes et le soleil brille ?

La piste 711 fait le tour de la péninsule de Vatnsnes. Rouler sur piste nous inquiète un peu, mais l’excursion est conseillée dans le Roadbook. C’est une piste carrossable. Il ne faudrait pas qu’on crève avec l’une qui ne peut pas se baisser et l’autre d’une seule main, changer une roue c’st mission impossible. La piste 711 traverse une campagne herbue au relief plutôt mou où se prélasse en nombreux méandres une petite rivière qui se jette dans le fjord par une lagune bordée par un cordon de sable noir. Comme nous prenons notre temps pour prendre des photos nous sommes rattrapées par les touristes qui se pressent à Hvitserkur célèbre arche qui sort de l’eau. On peut la photographier du belvédère ou faire un selfie sur la plage avec le rocher derrière soi ; le sentier est bien raide et bien glissant, je ne peux pas me permettre une seconde chute, je renonce à la plage.

Hvitserkur

La piste est bien roulante, étroite mais avec des passing places pour se croiser signalés par la lettre M. Ces petits parkings sont parfaits pour les arrêts-photos. Le tour de la péninsule fait 70 km, nous y consacrons une demi-journée.

Sans village indiqués par la carte, j’imaginais la péninsule déserte. Les cabines de vacances, les fermes se succèdent, dispersées certes, mais nous n’avons pas l’impression de désolation que nous avons ressentie dans la lande roussâtre hier. Un petit village avec une église au clocher pointu se niche dans un creux.

Illugastadir : observation des phoques

phoques

Deux sites sont aménagés pour l’observation des phoques : parking, toilettes impeccables mais payantes, un sentier gravillonné minant à la plage et des panneaux. On y raconte un fait divers sanglant, au début du 19ème siècle, un poète, coureur de jupons fut tué dans son lit avec sa maîtresse à l’instigation de sa femme. Un autre écriteau nous incite à rester sur le sentier pour ne pas déranger les oiseaux. C’est un site de nidification des eiders. J’ignorais que ces canards sauvages puissent être familiers des humains qui rassurent les canes en éloignant les prédateurs et leur fournissent même du foin pour rendre le nid encore plus confortable. En échange, les Islandais récoltent les plumes abandonnées dans les nids que les canetons ont quittés. Le duvet est un si bon isolant que la cane peut quitter la couvée les œufs restent chaudes jusqu’à son retour. Aujourd’hui les eiders sont absents ;

Au bout du parcours, la colonie de phoques est bien là, une quarantaine d’individus protégés par un bras d’eau. On a aménagé une cabine d’observation vitrée et fermée et on décrit les caractéristiques des deux espèces présentes : phoque gris et harbour seal (phoque des ports ??), le panneau explique aussi la reproduction de ces animaux. Il est amusant de remarquer que la femelle phoque est appelée « cow » et le mâle « bull ». Les phoques sont paisibles. Ils sont un peu loin pour la photo.

Rassemblement des troupeaux

Un curieux parc à moutons ressemble à une grande roue, avec en son milieu un cercle et des sortes de rayons qui délimitent des secteurs. Les bergers à pied avec leurs chiens ou sur des quads font entrer les moutons dans le petit cercle. Ils examinent les numéros sur des plastiques agrafés à l’oreille et trient les animaux en reconstituant les troupeaux de chaque propriétaire qui les enfermera l’hiver dans les bergeries respectives. Voilà pourquoi nous n’avons jamais vu de troupeau : les moutons, en l’absence de prédateur paissent librement dans la lande l’été et se dispersent.

Hvammstangi

Nous arrivons à l’heure du déjeuner à Hvammstangi. Un seul restaurant est ouvert aujourd’hui au- dessus du Musée des Phoques : belle terrasse au-dessus de l’eau, salle très claire vitrée, décoration sobre mis élégante, des brindilles de saule dans des bouteilles, des bougies sur des galets, des lampes en pierre de lave, le chic scandinave ! Les soupes de poisson sont surprenantes : la serveuse arrive avec une grande assiette contenant des crevettes, un palet rond, des petits morceaux de poisson ; comme par magie, elle nappe le tout dans une bisque épicée qu’elle verse d’une grande saucière et qui est relevée avec de l’oignon vert, des graines de pavot et de l’huile d’olive. Le poisson est excellent « cod » dit la serveuse. Du pain brun est présenté dans un seau, le beurre fondant est disposé sur des galets. Repas gastronomique très réussi. Depuis le temps qu’on attendait !

Centre des phoques

Le petit musée expose des phoques empaillés, une barque utilisée autrefois pour la chasse aux phoques et une belle expositions de photos sur le thème des »humeurs du phoque ». Il y a également beaucoup de lecture. Les panneaux bilingues que je lis consciencieusement décrivent les différentes espèces de phoques et la pêche traditionnelle. Les Islandais mangeaient ou salaient la chair, utilisaient la graisse pour l’éclairage, les peaux pour la tannerie et les chaussures. Cette activité est en déclin.

Le centre n’est pas uniquement un musée pour distraire les touristes, c’est également un centre de recherches qui expose les résultats :

la part du saumon dans le régime alimentaire des phoques. Les pêcheurs voient d’un mauvais œil ce concurrent. Ils pourraient consulter les études : la part du saumon est minime par rapport à celle des harengs, poissons plats et autres espèces ;

Autre sujet étudié : le comportement des touristes vis-à-vis de la colonie des phoques ou comment faire une pédagogie bien ciblée.

Un beau film termine la visite .

Sur la place une « Galerie » vend des objets d’artisanat, des sculptures, du tricot ; au grenier on peut visiter un bric-à-brac au nom de « musée » qui rassemble des objets de la vie quotidienne un peu oublié comme machine à écrire et à calculer et même un vieux moniteur d’ordinateur.

Nous allons acheter un bandeau au magasin d’usine de tricotage qui propose divers pullovers, vestes ou bonnets…à des prix légèrement inférieurs à ceux des boutiques. Les pulls faits main sont inabordables autour de 23 000 ISK (170€) j’emporte comme souvenir un bandeau en jacquart blanc-gris, souvenir utile quand le vent rugit dans les petits saules.

Stora- Ageirsa

Nous ne voulons pas quitter Stora Ageirsa sans une visite à ses deux cascades. La plus grande, Kolugjufur est un peu plus loin. La légende raconte qu’une femme-troll aurait creusé l’étroit canyon dans lequel la rivière s’écoule.

L’autre cascade beaucoup moins imposante est en face du Hot tub dont j’enrage de ne pouvoir profiter avec mon bras cassé. Deux bancs sont immergé en face.

 

 

 

 

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Karitas – Kristin Marja Baldursdottir

LIRE POUR L’ISLANDE

Celui qui inspecte le vent ne sème jamais, et celui qui regarde constamment les nuages ne moissonne jamais/ Les femmes ne doivent plus laisser le vent entraver leur voyage. Elles l’ont eu dans le dos l’année où j’ai navigué autour du pays avec mes enfants et où la banquise n’a pas réussi à m’arrêter, je savais que le siècle s’était levé, notre siècle à nous les femmes. puis les femmes n’ont pas eu confiance en elles pour aller plus loin. Et elles se tiennent encore tranquilles, laissant le vent entraver leur voyage, mais toi Karitas, ne le laisse pas te faire obstacle. Le siècle des femmes est tout juste à moitié écoulé, tu partiras à Paris. Ce qui arrive a depuis longtemps reçu son nom, ce que les hommes doivent être est décidé et l’homme ne peut pas discuter avec Celui qui est plus fort que lui…. »

Un grand merci à Aifelle qui m’a recommandé cette lecture!

C’était exactement le livre qui me fallait autour de notre voyage en Islande!

Siglufjördur : les logements des saleuses de harengs

Commencé avant le départ, terminé après. Karitas et les autres personnages m’ont accompagnée dans mes visites. J’ai pris des photos des objets que ce livre évoquaient : machine à coudre, table pour saler le poisson, chambres des ouvrières du poisson sous les soupentes…..

C’est un gros roman, ou plutôt deux : Karitas, l’esquisse d’un rêve qui raconte l’adolescence et la jeunesse de Karitas, de 1915 à 1939 – 543 pages et L’art de la vie,  1945 à 1999, roman de la maturité où Karitas est une artiste reconnue. C’est donc une lecture au long cours, le premier tome vous entraînera tout autour de l’Islande.

ouvrages de dames?

La mère, veuve, quitte sa ferme en 1915 et embarque ses six enfants à la ville – Akureyri -pour leur donner une bonne éducation. Pour que les trois garçons aillent à l’école, la mère et les trois filles vont déployer toute leur énergie au travail dans le poisson, la couture, le tricot et la blanchisserie et tout le monde va réussir  à étudier. Karitas dont une dame a remarqué ses dons pour le dessin partira à Copenhague  étudier aux Beaux-Arts. Nous suivons ensuite les péripéties de Karitas, qui va saler le hareng à Siglufjördur (où nous avons vu le Musée du hareng), puis va aider sa sœur dans une ferme, suit un très beau marin qui lui fera 4 enfants. Comment être peintre quand on doit élever seule ses enfants? Parce que les hommes, en Islande, ont tendance à être absents, soit pêcheurs, soit marins au long cours, soit pris par la mer. Les femmes doivent gérer tous les travaux des champs de la ferme. Le roman raconte la  vie rurale et la solidarité féminine dans les régions les plus isolées.

Dans la première partie du 20ème siècle, la route circulaire que nous avons empruntée pour faire le tour de l’Islande n’existait pas. Les ferries faisaient du cabotage, ou on traversait les rivières glacières à cheval. Tous ces détails sur la vie des campagnes m’ont enchantée.

Reykjavik Laugavegur

En 1945, les enfants ayant grandi, Karitas peut se consacrer davantage à la peinture. Le deuxième opus de la saga y consacre une grande place. Karitas s’installe à Paris puis New York pour faire carrière et s’inspirer des tendances nouvelles des arts plastiques. Elle doit aussi se faire reconnaître comme artiste, pour une femme, ce n’est pas gagné. Dans  la maison de Laugavegur (une des rues les plus animées du centre de Reykjavik) où Karitas a son atelier, elle réunit autour d’elle une véritable communauté de femmes très diverses, Herma, sa belle-sœur allemande, Pia la pocharde, Karlina, femme simple, et les petites filles de Karitas. Comme autrefois à la campagne on voit la solidarité de ces femmes, la chaleur de leur intimité, tandis que les hommes, pris par leurs affaires sont des personnages secondaires. L’Islande se modernise, la campagne se vide, toute la famille se regroupe en ville.

On peut lire ce livre comme une saga familiale sur plusieurs générations, avec des amours contrariés. On peut aussi s’intéresser à l démarche de l’artiste. On peut aussi voir un manifeste féministe. Si j’ai surtout retenu la vie quotidienne et les paysages islandais, il n’est pas besoin de voyager en Islande pour apprécier ce gros roman.

le long du fjord Skagafjördur, Hofsos, Saudarkrokur, Blonduos

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sur la route de Saudarkrokur par un jour bien gris

Pour éviter les tunnels, nous avions l’intention de passer par la piste. A la réception de l’Hôtel on nous le déconseille formellement, la piste n’est pas carrossable pour un véhicule léger. Le temps est exécrable : le nuage est accroché à la montagne descend presque jusqu’à nous. L’océan Atlantique est gris et agité. Par beau temps la route en corniche nous offrirait un magnifique spectacle. Aujourd’hui c’est désert et lugubre : lande roussâtre, pentes dénudées. Parfois la route devient piste puis on revoit le goudron. Sur une pointe, un minuscule phare orange, seule note colorée. Il n’y a même pas de moutons. Quand nous voyons les premières maisons dans le petit fjord de Ketilas, nous sommes rassurées de quitter cette contrée déserte. La plupart des maisons sont des cottages de vacances. Comment imaginer vivre dans un tel isolement ? Certes les fermiers sont attachés à leurs terre, leurs bêtes, mais qui d’autre ? J’imagine, un peintre, un sculpteur, un écrivain qui se couperait du monde pour se consacrer à une œuvre…Les fermes sont de plus en plus nombreuses.

Trois îles rocheuses se détachent de la côte ; l’une d’elle est si proche que j’imagine possible de la rallier à pied sur une sorte de digue. Paradis des oiseaux, habité par les macareux en été.

Hofsos

Hofsos

Hofsos est un charmant village (190 ha). Son port est minuscule (8 bateaux). Dans de belles maisons on a installé le Musée de l’émigration contant le temps où les Islandais partaient chercher fortune au Nouveau Monde. Les maisons sont bien restaurées et meublées. Mais « Lokad » ! Il y a également un joli restaurant dans une maison bleue sur le port « Lokad » aussi ; c’est le seul mot d’Islandais que je capte. Le 11 septembre, la saison touristique est terminée.

Hofsos : Musée de l’émigration

La piscine, elle est bien ouverte ; elle est réputée, c’est une des plus belles piscines d’Islande. Piscine dont la surface semble se confondre avec l’horizon. Piscine découverte dont l’eau doit être à bonne température puisqu’il y a des nageurs par ce matin gris et pluvieux. Nager avec un plâtre c’est impossible !

4 km plus loin, sur la route 75, nous trouvons une adorable chapelle de tourbe, toute petite à  côté de son arbre, dans un paysage grandiose de montagnes avec des plaques à neige. A travers une verte prairie, un sentier conduit au portail ouvrant l’enclos circulaire du petit cimetière qui ne contient que 4 tombes, des plaques noires gravées : un homme, sa femme, leur bébé sont morts en 1946 ; Quelle tragédie se cache là ?

la petite chapelle perdue

Les panneaux des parkings expliquent la géologie, l’histoire, les légendes se rapportant à un lieu. Parfois, on y raconte des anecdotes toutes simples de femmes mortes de froid perdues dans la neige quand elles allaient chercher du bois ou de la nourriture tandis que les hommes étaient en mer…

Le panneau suivant est historique et se rapporte à une réunion de l’Althing qui déclara Gettir hors-la-loi et banni sur une des îles comme le raconte la Saga de Gettir.

ferryman

En face de  Sauðárkrókur, de l’autre côté de la rivière  qui a construit une vaste plaine une statue monumentale d’un voyageur portant une valise honore le Ferryman Jon Osmann (1862 -1914) qui fit passer pendant 40 ans les voyageurs traversant la rivière dangereuse. Doué d’une force peu commune, il actionnait le « cable-ferry » avant que le pont ne soit construit en 1926. Dans Karitas, j’ai lu une traversée d’une autre rivière à gué à cheval, épisode impressionnant.

Sauðárkrókur

Avec 2600 habitants et un aéroport, c’est une vraie ville.

Le musée 1238 – THE BATTLE OF ICELAND a ouvert ses portes en juin dernier ; il décrit une bataille médiévale, pourquoi pas ? Les panneaux des aires de parking racontent les épisodes des sagas, dans un musée je verrai cela mieux illustré. A la caisse, je suis étonnée du prix 2400 ISK (17€) c’est quand même très cher ! Il pleut, les autres musées étaient fermés, au diable l’avarice ! Je comprends vite : je vais entrer dans la réalité virtuelle avec un casque de réalité augmentée. J’en ai fait récemment l’expérience à l’Institut de Monde Arabe et je m’étais promenée dans le bazar de Damas, les ruines de Palmyre et j’avais admiré la prouesse technologique. Dans 1238 c’est plutôt l’univers des jeux- vidéo avec un graphisme fantasy qui me rebute. Après avoir chaussé le casque, on me tend un gant – normalement il y en a deux mais j’ai le bras gauche en écharpe – à l’aide de ces gants je peux « saisir » armes ou bouclier. Je laisse le bouclier qui me manquera pour me protéger de la lapidation. Les Vikings se battaient à l’épée et à la lance mais l’arme de jet la plus utilisée était les pierres qu’on peut ramasser n’importe où dans la campagne islandaise. J’ai donc « jeté » des pierres virtuelle et j’en ai reçu. Expérience coûteuse dont je me serais passée.

De la bataille de 1238, j’ai seulement compris que le roi de Norvège Hakon voulait étendre son influence sur les tribus islandaises en jouant sur les rivalités des chefs qui s’entredéchiraient, se réconciliaient et même s’assassinaient au banquet de noces censés sceller leur alliance. Les mœurs politiques étaient d’une rare violence au temps de l’Althing. Quelques vitrines montrent des objets d’époque. Rien de comparable au Musée National de Reykjavik.

Ce musée connecté dispose d’une belle cafeteria. Après le ratage du restaurant de poisson hier, nous nous attablons enfin dans un cadre agréable. Hélas, ni poisson, ni soupe, seulement des salades ou des sandwiches. La salade de crevettes est agrémentée de petits dés de mangues, de lamelles de pomme et de nombreuses graines décoratives. Cela ne réchauffe pas mais c’est excellent ;

Le long des quais nous passons devant des usines qui transforment les crevettes. Une monstrueuse crevette est peinte sur la tôle blanche accompagnée de l’inscription « Ceci n’est pas une crevette », en français dans le texte, humour belge peut-être ?

Nous roulons 52 km sur la route 75 avant de retrouver la Route Circulaire 1. La pluie redouble, nous n’avons guère de plaisir à traverser ces landes moroses.

La Ferme Glaumbaer

la ferme Glambaer

Ferme de tourbe abandonnée par ses occupants en 1947, elle appartient au Musée National d’Islande. Elle est entièrement meublée. Avec le billet, on me donne un dépliant très détaillé en français.

6 Pignons pointus de bois peint pour 6 maisonnettes de tourbe mitoyennes, au toit recouvert d’herbe. 16 pièces en comptant la forge et les entrepôts. La plupart sont des remises, des garde-manger, cuisine ou laiterie. 2 Chambres d’amis pour les hôtes de passage et pour les élèves scolarisés auprès du pasteur : le fermier était aussi le pasteur. Les habitants permanents se partageaient la grande pièce du fond Badstofa qui comptait 11 lits souvent occupés par deux personnes. Chaque lit était aménagé dans une sorte d’alcôve, comme une case de bois ; il faut imaginer qu’au moins 22 personnes cohabitaient avec pour toute intimité un oreiller et un coffre de bois pour recéler les secrets, un récipient de bois, sorte de gamelle avec un couvercle (lunchbox).  Pas de table commune, chacun mangeait assis sur son lit. D’autres objets témoignent de la vie quotidienne : instruments de musique : sorte de vielle, tricot des femmes, cordages en crin de cheval préparés par les hommes. Il est étrange de penser qu’on ne chauffait pas : la tourbe est un bon isolant e les habitants étaient vêtus de laine chaude. Dans chaque pièce je fais de curieuses découvertes comme ces patins en os de bovin ou les crampons pour les sabots des chevaux. Je ne peux m’attarder ? la route est encore longue.

Sur la route, encore une petite église de bois toute seule dans la campagne.

Blonduos

Déception, tout est fermé : le Musée de la banquise, le Musée textile que je me faisais une joie de visiter !

Route 1 puis 715 jusqu’à Stora Asgeirsa, la ferme-auberge où nous resterons deux nuits. C’est une vraie ferme avec des animaux.  Une maison blanche héberge les touristes : 4 chambres et des « services partagés », salle de bains et WC ensemble, il va falloir prendre son tour ! Deux chiens noirs et blancs, très amicaux mais sales et trempés, nous accueillent. Nous arrivons en même temps qu’un couple de jeunes français. Personne ne se dérange pour le check-in. Nous ne nous en étonnons même plus. L’hospitalité islandaise est rude ; même si on découvre après des gens charmants (ou pas). Notre hôte est musicien, dans le pub installé dans l’écurie, il y a une estrade pour un petit orchestre mais pas de spectacle ce soir ni demain. Il prépare pour dîner une délicieuse soupe d’agneau roborative avec des tartines de beurre.

A l’arrière de la maison, il y a un jacuzzi en plein air. Si je n’avais pas le bras dans le plâtre j’aurais pu me prélasser à regarder la cascade !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SNJOR – Ragnar Jonasson

Il ne se passe jamais rien à Siglufjördur,petite ville du nord de l’Islande qui a joui d une prospérité grâce à la pêche et au salade des harengs. La bourgade était même animée d une vie culturelle dont il reste un théâtre des musées et une élite intellectuelle.

Il ne se passe rien à Siglufjordur ! Les  habitants forment une communauté ou tout le monde se connait. On ne verrouille pas sa porte. Ari Thor venu de Reykjavik : pourra-t-il sonder les habitants ?Et pourtant, deux décès suspects ont lieu autour de Noël.

Siglufjordur est au bout du monde, enclavé entre des montagnes. Pour y arriver : un tunnel inquiétant et une route dangereuse en hiver.

Il neige beaucoup à Siglufjordur qui se trouve coupé du reste de l’Islande par une avalanche. Claustrophobie? L histoire se déroule en 2008 dans le contexte de la crise financière. Cette lecture tombe à pic à notre retour d’Islande. L ‘auteur décrit cette atmosphère particulière.

 

En revanche, l’intrigue policière est tirée par les cheveux. Je n’y suis pas entrée. Trop de coïncidences douteuses. La personnalité du jeune inspecteur ne m’a pas accrochée non plus. Ses hésitations sentimentales n apportent rien. Une réussite pour le contexte mais pas un polar sensationnel. Pour un autre polar islandais je suivrai Erlendu

vers le Nord / Olafsfjördur – Siglufjördur

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Nous ne voulons pas quitter le Lac Myvatn sans avoir vu les faux-cratères, le volcan Hverfjall et surtout Dimmuborgir, le siège des elfes et des trolls selon les guides et l’entrée du domaine du Père Noël selon la pancarte à l’entrée du site.

Il fait très beau, le soleil exalte les oranges et les ors des buissons qui contrastent avec le basalte noir ; volcans et faux-cratères se reflètent dans le miroir du lac.

Dimmuborgir

Dimmuborgir, domaine des trolls et des elfes

Les colonnes de lave et les rochers tordus correspondent à la solidification de la lave dans lac. Piliers, arches ou aiguilles tordues ressemblent aux formations volcaniques marines, en se solidifiant rapidement au contact de l’eau froide la lave acquiert des formes étranges.

formes fantastiques de la lave à Dimmubotgir

Depuis les années 40, les Islandais ont pris soin de préserver ce site tout à fait exceptionnel en construisant des murs brisent-vent pour empêcher que le sable ne vienne noyer les rochers tortueux. Tout un travail de conservation a été réalisé avec des itinéraires balises et des cordelettes interdisant le passage des touristes. Si on considère la taille du parking, le site doit être très fréquenté ; à 8h30 je suis presque seule sur les sentiers et si les elfes et les trolls ne se manifestent pas la géologue est comblée. On se croirait dans un parc ! Il n’y a pas un papier, pas un mégot, pas une cannette.  En revanche, faire pipi coûte cher : 200 ISK pour actionner le tourniquet et entrer dans les lieux.

Route circulaire d’Akureyri

Lac Myvatn

Pour la troisième fois, sous un soleil voilé. La cascade Godafoss se voit de la route, nous faisons un court arrêt, nous commençons à être blasées de cascades.  Nous évitons soigneusement le tunnel, la route le long du fjord est très jolie.

Godafoss

Après avoir traversé Akureyri sur les bords de l’eau nous remontons vers le nord sur la route 82 très tranquille en corniche jusqu’à Dalvik. Eau tranquille bleue, paysages champêtres avec quelques fermes et des bottes de foin ; des petits ports invitent les passants à faire une excursion en bateau pour observer les baleines. Nous descendons à Haugarnes (124 ha), un port de pêche minuscule et un restaurant pittoresque derrière un drakkar viking et une mâchoire de baleine. C’est l’heure de déjeuner, le menu nous convient soupe de poisson ou fish&chips. La salle est vide mais des cartons « réservé » sont sur toutes les tables.

– « C’est complet ! »

– « même pour 2 ? »

– « Really sorry !»

Nous voilà désappointées.

 Dalvik est une agglomération plus importante (1300 ha) avec des commerces, une banque et un port actif mais les restaurants sont sur la rue. Nous faisons les difficiles, nous voulions manger sur le port.

La route continue en balcon au-dessus de l’Atlantique. Nous pique-niquons près de la pointe : saumon à l’aneth et salade russe au poisson sur des pains type WASA. Pique-nique de luxe mais nous regrettons encore le restaurant au drakkar.

La pointe se termine par des falaises et une montagne infranchissable. La route pénètre dans un tunnel à une seule voie creusé directement dans la roche et tout obscur. On a pratiqué des emplacements pour se croiser qui sont annoncés. Priorité pour les véhicules en face ; il faut repérer les phares et se garer quand on le peut ; avant la courbure il y a un feu rouge. Les parois ne sont pas cimentées, on voit la roche brute ou une sorte de bâche sur lesquels on a fait des graphs ; train fantôme sur 7 km.

Olafsfjördur

Hôtel Brimnes : notre cabine au bord du lac

Nous logeons à l’Hôtel Brimnes au fond du fjord très étroit terminé par un lac. Si le soleil brillait ce pourrait être tout à fait charmant. La réception est fermée. Les attractions d’Olafsfjördur se résument à un musée d’Histoire Naturelle avec des animaux empaillés et le souvenir d’un géant.

Siglufjörður

le port de Siglufjördur

 

Siglufjördur (1200ha) est distante de 17 km que l’on parcourt presque entièrement sous terre par deux tunnels modernes à deux voies, éclairés.

Le Musée du Hareng

Musée du Hareng

Le Hareng est la source de la prospérité de la ville : pêche, salage, conserverie, expédition jusqu’en Allemagne at aussi loin que la Grèce ou la Russie. Tout a commencé à la fin du 19ème siècle avec les Norvégiens qui pêchaient dans les fjords de l’est et qui commencèrent à acheter des parcelles en Islande afin d’y construire des appontements, des entrepôts et des usines de traitement. Les harengs qui n’étaient pas vendus salés étaient transformés en farine comme nourriture pour les animaux, ou en engrais. On récupérait aussi la graisse pour l’industrie chimique et la savonnerie. La prospérité eut une fin quand les bancs de harengs se rarefièrent. En 1969 ils avaient complètement disparu. Maintenant les stocks se reconstituent au large de la Norvège et reviennent sur les côtes islandaises.

barriques de hareng salé

Le Musée du Hareng occupe la grande maison rouge et les entrepôts face aux quais du port. dans la grande maison, au rez de chaussée on voit les tonneaux de bois, les pochoirs métalliques pour marquer les barriques et les étals de salage. Au premier étage, de nombreuses photographies anciennes et différents objets montrent les aspects de la pêche et de l’exploitation. A l’étage supérieur, sous les combles se trouvaient les logements des ouvrières tout comme le raconte le roman Karitas qui a travaillé avec sa mère et ses sœurs dans les mêmes conditions à Akureyri. Je vois les chambrettes, la cuisine, les habits qui sèchent ;

salage des harengs

Un hangar est aménagé en salle de spectacle. Toutes les machines de transformation des poissons sont exposées là : fours, séparation de l’eau des graisses, gros outillage. Cette industrie était à grande échelle.

Les maisons colorées jaunes, rouge ou vertes, du port de Siglufjördur sont des pubs. Autour du port l’Hôtel Siglo a bâti de belles constructions de bois sur pilotis.

A notre retour à Olafsfjördur, la ville nous semble grise et triste. Ici non plus, nous ne trouvons pas le restaurant de poissons de nos rêves. De restaurant en activité, il n’y en a qu’un seul (pas terrible) plus la cafeteria de la station-service Olis. Comme on nous a attribué une cabine de bois avec une cuisine équipée, nous préférons acheter au supermarché la bisque de homard en conserve.

Fénéon (1861-1944) Les Temps nouveaux de Seurat à Matisse

Exposition à l’Orangerie du 19/10/2019 au 27/01/2020

Fénéon par signac

J’ai rencontré Félix Fénéon au Quai Branly dans l’Exposition Les arts lointains et j’avais apprécié sa critique de la Colonisation et ses questionnaires « Entreront-ils au Louvre » en parlant des oeuvres d’art africains. Je m’étais promis de le retrouver à l’Exposition prévue à l’Orangerie.

 

L’exposition présente ses années anarchistes de 1892 à 1894 pendant lesquelles Fénéon est accusé d’avoir participé à un attentat. Son procès est même mis en scène. Les dessins de Luce le montrent en prison. Des coupures de journaux témoignent de cette épisode. L’anarchie est peinte dans un tableau idyllique de Signac : Au temps d’Anarchie rebaptisé plus tard Au temps d’harmonie, l’âge d’or n’est pas dans le passé, il est dans l’avenir.

Signac :  Au temps d’anarchie

Critique d’art, collectionneur, journaliste, galeriste, Félix Fénéon a joué un rôle important en soutenant les néo-impressionnistes, Seurat, Signac, Cross, mais aussi en organisant une exposition pour les Futuristes italiens et plus tard d’autres artistes novateurs.

Secrétaire de la Revue Blanche, il a aussi joué le rôle d’éminence grise en publiant des oètes symbolistes : Stephane Mallarmé, Paul Verlaine, puis Proust, Gide Oscar Wilde, Charles Péguy….

La lecture Rysselberghe

L’exposition montre une grande variété d’oeuvres, de merveilleux tableaux pointillistes colorés de Seurat et Signac,  mais aussi des dessins très sombres de Seurat avec des préoccupations sociales.

Usine à Courbevoie

 

Après les tableaux futuristes, il y a aussi des Bonnard, Vuillard, Matisse….l’occasion de voir de belles choses.

Après le bel article de lisapascaretti, j’ai eu bien du mal à rédiger mon article!

 

Géothermie – lac de cratère Stora-Viti – volcan Leirnjükur

CARNET ISLANDAIS

géothermie

La Centrale Géothermique non loin de Reykjahlid se visite, en principe, ce matin elle est fermée. Dommage j’attendais beaucoup cette visite !

De longs tuyaux brillants convergent vers les installations ; soit vers la Centrale d’où s’échappe un panache soit vers de petits dômes colorés. A défaut de visite,

je recopie les panneaux du parking :

Pluviosité réduite :1.100m donc peu d’infiltrations

L’écosystème des sources géothermale : les micro-organismes Cyanidium caldarium vivent à 40 -50°C colorent en vert les sources, ce sont des algues rouges en dépit de leur couleur verte, on signale également les bactéries Archéa sont aussi signalées.

Krafla est un volcan dont l’histoire remonte à 200.000 ans et la caldeira à 100.000 ans. La chambre magmatique est profonde de 3.7 km ; ses produits donnent des champs de lave de petits cratères et peu de cendres ; bien qu’on le classe généralement « volcan rouge de type fissural » donc basaltique le panneau évoque des laves acides donnant des rhyolites ; comme quoi, les simplifications habituelles sont souvent abusives et ce n’est pas la première fois que je m’en aperçois depuis notre arrivée en Islande.

IDDP Iceland Deep Drilling Project : avait pour but un forage à 4500m mais il a été abandonné à 2100m en 2009 , encore une piste qui m’intéresse vivement à poursuivre sur Internet !

Stora Viti

Stora Viti

Stora Viti est un joli cratère contenant un lac turquoise qui s’est formé en 1724 ; on peut marcher sur le rebord du cratère mais aujourd’hui ce n’est pas vraiment plaisant sous la pluie, le sentier est très boueux et glissant. Le pire est de débarrasser les chaussures toutes engluées avec le canif.

Leirhnjükur

cratère fumant

Juste en face, part le sentier pour le tour de Leirhnjükur, d’abord gravillonné (cela fait plaisir après la gadoue) ensuite on a construit un chemin de planches. Ces planches sont une protection idéale pour éviter le piétinement, protégeant la flore fragile, et canalisant les touristes ; inconvénient, c’est glissant et même très glissant ; un tronçon de caillebotis est penché, et c’est la glissade. Mon coude heurte la tranche, je suis sonnée. Je me relève mais au moment de faire la photo de cratère fumant, impossible de soulever mon téléphone, impossible de commander mon bras – cassé !

A Reykjahlid il y a une « maison de santé » avec une infirmière, une pharmacie et un cabinet médical où le médecin consulte deux fois par semaine ; pour une radiographie il faut aller en ville à Akureyri à plus de 100 km. Je passe sur le trajet, pas du tourisme, on prend le raccourci par le tunnel payant. On a 3 heures pour s’acquitter du péage par INTERNET après le tarif est majoré. Impossible de régler autrement, si vous n’avez pas de 4G avec votre abonnement ou pas de smartphone, prenez la route gratuite. Cela m’occupera un moment pendant que je patiente aux urgences de l’hôpital.

Nous rentrons à l’hôtel avec un gros plâtre et le bras en écharpe. Aucune envie d’aller dîner au restaurant.

 

 

 

 

 

 

 

La Reine de Poméranie – Andrea Camilleri

LE MOIS ITALIEN

Avec un peu de retard dans la semaine italienne que Martine a proposée, un hommage à Camilleri qui nous a quitté il y a quelques semaines. L’oeuvre de Camilleri est diverse. Je suis par intermittence les enquêtes de Montalbano, je n’aime pas lire plusieurs épisodes à la suite, mais je ne me lasse jamais d’y revenir. J’ai un grand faible pour les ouvrages historiques(Le Roi Zozimo est mon préféré). Je découvre avec la Reine de Poméranie un nouveau registre : la nouvelle.

Le recueil, La Reine de Poméranie rassemble huit nouvelles, presque de courts romans

. Unité de lieu : Vigatà, bien sûr! Vigatà dans une période un peu floue entre les deux guerres, un peu avant, un peu après peut être. Les personnages appartiennent à toutes les couches de la société, des paysans très pauvres, aux notables. Toute la société de Vigatà : du maire à l’évêque, petits commerçants, tous se croisent dans le territoire exigu de Vigatà où tout le monde connaît tout le monde mais où certains secrets restent gardés pendant des générations ou sortent dans des lettres anonymes. mesquinerie et roublardise, mais jamais de pure méchanceté. Tous sont terriblement humains.

On sourit beaucoup, on rit aussi aux trouvailles naïves, aux inventions langagières . Comme j’aurais aimé le lire en sicilien! ( l’expérience récente du film Le Traitre a montré mes limites dans la compréhension du dialecte).

 

l’arrivée au Lac Myvatn

CARNET ISLANDAIS

au col Namaskard : panaches, la montagne fume

 Col Námaskarð

Des panaches de vapeur blanche montent de la montagne orange.  Un solfatare très impressionnant bouillonne. Au milieu d’un cercle coloré en blanc, orange, jaune un petit volcan de boue gris exhale ses gaz avec râles et gémissements. D’autres phénomènes géothermiques se manifestent : bulles de boue qui crèvent, panache puissant sortant d’un tas de pierres qu’on a disposé autour de l’évent. Des cristallisations de soufre au jaune caractéristique sont accompagnées de couleurs inattendues : taches rouge ou violettes affleurant dès qu’on gratte la pellicule blanche.

solfatare

Dès qu’on passe le col, le lac Myvatn scintille avec le soleil qui passe sous les nuages gris : éclairage  théâtral. Des panaches blancs s’échappent d’installations industrielles géothermiques. Un bassin est rempli d’une eau turquoise très claire fumante. Ce n’est pas une piscine mais plutôt un bassin de retenue des eaux d’une usine mystérieuse.

le lac Myvatn

Le Lac Myvatn est maintenant doré au soleil couchant avec les îles en contre-jour. Il est mis en valeur par les couleurs de tweed d’un camaïeu, rose, orangé, doré des saules nains, des bruyères et des petits bouleaux en livrée automnale qui contrastent avec la lave noire. Au bout du lac s’échappe une rivière charmante aux eaux limpides et tumultueuses.

le feuillage automnal des bouleaux evant les cônes noirs

La Ferme Stöng est une grosse ferme avec une auberge composée d’un bâtiment à étage, deux jacuzzi extérieurs et de cottages à l’écart. En plus de l’activité hôtelière, on élève également des vaches, des moutons et des chevaux. La grange est remplie de ballots sous plastique. Notre chambre est très vaste, presque un dortoir avec 4 lits. Belle literie (c’est toujours le cas en Islande) aucun souci de décoration. C’est propre, fonctionnel, sans prétention.

Nous dînons dans la grande salle à manger qui occupe le rez de chaussée du bâtiment principal. Je commande de la soupe et Dominique, une truite. On apporte deux assiettes à soupe et une grande soupière. On n’avait pas compris que la soupe était aussi prévue en accompagnement de la truite. Il en résulte un quiproquo qui ralentit le service. La truite arrive longtemps après sur un petit plateau en filets sans arêtes avec des pommes de terre. Au dessert : un pie à la rhubarbe à la croûte meringuée.