40. Siem Reap, à notre guise: apéro au River Garden et musée

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Lonely Planet signale   « Angkor miniature »:  nous  pourrions y faire des photos comme vu du ciel ? C’est là que nous nous séparons de notre guide et du chauffeur. Les adieux ont été écourtés.

A nous la liberté !

Angkor miniature est très décevant, il n’y a que deux maquettes : Angkor Vat bien réussi, le Bayon, imité grossièrement.

Nous partons à la conquête de Siem Reap entrevue derrière les vitres fumées de la Toyota Camry. Les arrêts pour les courses, pharmacien, photographe, et distributeurs automatiques ont été succincts. Il faut marcher pour sentir une ville ; Nous commençons d’abord par une promenade sur le bord de la rivière sans but, à regarder les échoppes, les maisons. Par hasard on trouve le siège de l’EFEO,  on passe la rivière et on s’arrête sous un petit kiosque. C’est le terrain de jeu d’enfants qui ont rempli des petites bouteilles de sable et qui tirent dans un tas de bouteilles plastique. Quilles ? Ou pétanque ?

Non loin de là nous trouvons un endroit charmant River Garden restaurant, guest-house, avec un pool-bar, des cours de cuisine y sont organisés Cooks in tuktuk, des massages, location de vélos, excursions au coucher et au lever de soleil à Angkor…. Nous prenons un verre au Pool-bar près de la piscine en forme de 8 avec une petite cascade. Mobilier rose et noir, harmonie rose  et verte au jardin : bougainvillées roses, des bambous ont été peints en noir et rose dans une potiche. Margarita et shake de fruits mélangés, les verres très bien présentés.

Le Musée d’Angkor est ultra moderne, très vaste construit autour d’un patio contenant un bassin grand comme une piscine, climatisé, très bien fait, très cher 12$. La première salle contient 1000 bouddhas dans des alvéoles rouges, les pièces exposées sont de toute beauté. D’autres salles thématiques expliquent avec luxe de tableaux, de photos, de vidéos…les sites d’Angkor.  Les audiovisuels sont tonitruants, les photos ressemblent à celles d’un magazine. Même si la pédagogie est excellente, l’original a tellement plus de magie ! Cette visite est agréable mais aseptisée et sera vite oubliée. Elle a son utilité pour les handicapés qui ne peuvent franchir les seuils des temples ou pour ceux qui voudraient faire l’économie d’un guide et qui s’instruiraient ici. Mais est-ce une bonne idée ?

Retour en touktouk à l’hôtel 2$ et une bonne après midi de piscine.

39 . villages flottants du TonléSap

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La voiture s’engage sur une route secondaire qui traverse des villages bien animés. Des motos chargées de sacs en plastique dans des paniers viennent à notre rencontre ; Ce sont les grossistes qui apportent le poisson du lac au marché de Siem Reap « commerçants intermédiaires » comme les appelle Prun.

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A la sortie de Siem Reap vers le lac, les rizières sont vertes, il y a de l’eau et même des champs de lotus. Sur le bord de la route de grands plateformes sur pilotis « hamock bar » : les cambodgiens viennent s’u détendre et chanter dans des karaokés. Ces soirées de karaoké sont masculines et ruineuses. Prun plaisante:

          «  les femmes les appellent, les bars des maris perdus »

L’embarcadère pour les villages flottants se trouve dans un grand chantier. On construit un « port touristique ». le nombre d’embarcation est impressionnant.

          « Ils prennent des touristes à tour de rôle »

Ce matin, à 7h30, il y a juste un groupe de Coréens et nous. Un autre groupe de touristes en sacs à dos s’embarque sur la navette régulière de Battambang.

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Symphonie de brun. L’eau café au lait, les berges de boue brune, les vêtements des pêcheurs, leurs filets. Le ciel voilé donne une lumière tamisée. De temps en temps,, les nuages se déchirent, des reflets dorés et roses dansent à la surface de l’eau. Sur les bods du lac de nombreux pêcheurs sont à pied. Pêchant à l’épervier, à l’épuisette, ou se baissant pour cueillir les coquillages que nous avons vus à Phnom Penh sur de grands plateaux, cuits et salés.

La « forêt inondée » nous avait fait rêver. En saison sèche, c’est une forêt touffue aux petits arbres serrés, mais bien au sec. Avec la pression démographique, on brûle la forêt pour gagner des terres. Les terrains dégagés sont envahis par une broussaille de mimosas piquante et toxique pour la faune.

Un sampan vient à notre rencontre, nous avons déjà vu ces bateaux-maisons au Vietnam. D’ailleurs, les gens qui vivent sur l’eau sont des Vietnamiens. Le village flottant qui se déplace sur le lac à mesure de la crue, est vraiment très misérable. Les barques des commerçants vont de maison-flottante en maison-flottante. Sur chaque plateforme on a aménagé qui un jardin flottant, qui une piste de vélo pour les enfants. Les bassines et les marmites sont accrochées aux murs (sans doute pour économiser l’espace. Il y a même une école vietnamienne flottante.

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Une plateforme de belle taille est occupée par un élevage de crocodiles, un magasin de souvenirs et un bar. Dans des aquariums vivent des poissons bizarres: poisson-à-tête-de –serpent, poisson-éléphant grisâtre avec des yeux proéminents.

La visite tourne court. Avant dix heures nous sommes de retour au port touristique. On traîne et achète des souvenirs : les sets de table en paille seront bien utiles, du poivre dans de jolis sachets de tissu…

Fin du guidage de Prun.

Il y a bien un déjeuner gastronomique prévu, commandé et payé dans le circuit. Mais il y a deux heures à tuer. Nous n’avons pas envie d’aller au Centre Artisanal où nous flairons le piège à touristes. Nous avons déjà assez acheté de cadeaux. Prun propose le marché. On n’y restera pas deux heures.

38. un instrument traditionnel : Trau

 

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Hier nous avons acheté un joli instrument à cordes dont nous avons oublié le nom :

          « trau » précise Prun.

           « C’est lui qui a sauvé mon père pendant la période des Khmers rouges. Il jouait pour eux. Depuis cette époque, il est découragé et n’utilise plus son français qu’il pourrait enseigner. Il joue de la musique dans des fêtes rapporte gâteaux et bâtonnets d’encens »

 

Il nous  livre un peu de sa vie. Adolescent il est allé à la pagode, puis a rencontré des humanitaires est devenu instituteur. C’est un garçon charmant et gai qui parle doucement et ne répond jamais brutalement. « oui-oui-oui » qu’il ponctue de petits rires, « non-non-non », encore un petit rire.  Politesse extrême. Hier, il nous a montré des photos de son fils jouant à faire du bateau dans une bassine devant leur maison, la rue transformée en ruisseau pendant la saison des pluies.

 

Dans notre « monde touristique » où n’ont cours que les dollars, on nous montre les attractions touristiques. La vie quotidienne, nous ne la découvrons que par hasard, regards volés dans les maisons ouvertes . Les confidences de notre guide n’en sont que plus précieuses.

37. Angkor : Ta Kéo – Thomanon et Chausay Tavoda – Preah Khan -Neak Pôan

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Adoptez un  Garuda !

Ta Keo

C’est un temple énorme. Foudroyé avant que la décoration ne soit entreprise, il a été abandonné. Sa taille est impressionnante. L’escalade des nombreuses marches me paraît inutile puisqu’il n’y aura pas de sculptures à admirer.

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Ta Kéo, le Grand temple inachevé 

Thomanon et Chausay Tavoda

Ces deux temples se font face de chaque côté de la route. Moins spectaculaires que ceux que nous venons de voir, nous nous contentons d’en faire le tour sans que Prun ne nous en fasse un commentaire détaillé.

 Thomanon est contemporain d’Angkor Vat restauré dans les années 60. Nous admirons les fines sculptures.

 Chausay Tavoda a été restauré par les Chinois – un peu trop restauré, peut être – les piliers gris vert neufs sont un peu trop nombreux.

Preah Khan : Temple de l’épée sacrée

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C’est encore un temple qu’a fait construire Jayavarman VII après l’occupation des Chams(1177-1181) le nom de l’Epee sacrée fait référence à la décapitation du roi Cham

On y arrive par l’allée des lions , une longue allée bornées les Bouddhas qui ont été également enlevés des niches. Dieux et Démons sont ici aussi gardiens de la chaussée au dessus des douves.

Un Garuda  géant plaqué sur le mur, garde la porte d’entrée.

Garuda est la monture de Vishnou. C’est aussi l’aigle mangeur de serpent, dans la réalité et dans la légende que Prun nous conte avant d’entrer dans le temple.

Un ermite avait deux femmes. L’une ne travaillait pas, elle était très belle et s’occupait de sa toilette et de sa beauté. L’autre faisait tout, la lessive, la cuisine. Elles se disputaient pour savoir qui était la plus belle. Au lieu de se battre elles se mirent d’accord pour demander au mari qui était la plus belle. La deuxième deviendrait l’esclave de la plus belle et ferait ce qu’elle lui demanderait ; le mari, voulant flatter la première, sachant qu’elle accordait plus d’importance à sa beauté que la deuxième accorda le prix à la première femme ; La seconde dû se soumettre et partit. Néanmoins, elle fit le vœu que les enfants de la première serviraient de nourriture à ses enfants. La première donna naissance à des serpents tandis que la seconde accoucha du Garuda.

La suite est assez confuse dans mes notes.

Garuda part à la recherche de l’élixir d’immoralité, rencontre Vishnou, livre bataille contre le dieu pendant 1000ans célestes et obtient quelques gouttes de l’élixir contre la promesse de devenir sa monture.  

Une exposition de photos et de panneaux sur la restauration du Preah Khan propose d’adopter un Garuda, c’est-à-dire de faire une donation. On peut aussi acheter des souvenirs coûteux pour financer la bonne cause.

Je traverse seule le temple : la voiture attendra juste à l’opposé. Je traverse des cours, des corridors, j’admire apsaras, ermites en méditation assez distraitement. C’est déjà le 5ème temple de la matinée et Prun n’est pas là pour me stimuler. Il me faudrait beaucoup de temps pour trouver les merveilles photographiées sur le Guide de Jacques et Freeman.

Un bâtiment à étage est original.

Neak Pôan

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Ce n’est pas un temple. Datant de Jayavarman VII, ce monument joue plutôt le rôle d’hôpital. Non pas un lieu où l’on hébergerait les malades, plutôt un sanctuaire thérapeutique. Le monument principal se trouve dans une île au centre d’un bassin carré flanqué de quatre petits bassin donnant un plan cruciforme à l’ensemble.

Au pied de cette tour se trouvent deux serpents enroulés que Prun analyse comme étant le serpent impair de l’Hindouisme et le serpent monture du Bouddha, toujours la volonté unificatrice de Jayavarman VII qui voulu concilier Bouddhisme et hindouisme et en même temps qui s’est lancé dans la construction d’une centaine d’ »hôpitaux ».

Les soins étaient à base de plantes médicinales (peut être) mais plutôt de pouvoirs surnaturels ;

Quatre cabinets médicaux correspondaient aux quatre éléments

          La Terre figurée par la tête d’un éléphant

          l’Eau par la Tète de Dragon

          Le Vent par la Tête de Cheval

          le Feu par la Tête d’homme

4 kiosques sont donc construit sur chaque côté (4 points cardinaux)

Le malade allait d’abord consulter le guérisseur correspondant à son signe astrologique. Le guérisseur préparait des plantes (remède terrestre) mais surtout l’eau coulant de la tête sculptée du kiosque avait des vertus magiques.

36. Angkor Ta Prohm, le temple mangé par la forêt

 

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La surface de la piscine est bouleversée par une averse. Saison sèche ne veut pas dire absence totale de pluie. Ciel couvert  bas même après que la pluie eût cessé. L’humidité est palpable.

La visite de Ta Prohm, mangé par les arbres, est tout à fait indiquée par jour de pluie. Les archéologues de l’EFEO ont souhaité garder ce temple à l’état sauvage, mais les arbres détruisent les bâtiments. Un compromis a été  fait entre la jungle et la conservation du monument. On a laissé les très gros arbres centenaires avec leurs racines spectaculaires, les mousses et les lichens. Les restaurations nécessaires sont plus discrètes que dans les autres temples que nous avons visités. Ces ruines romantiques se suffiraient à elles-mêmes.

Cde temple de Jayavarman VII est un temple bouddhiste. Nous retrouvons les scènes de la vie de Bouddha.

Sur l’une d’elles apparait le trône revendiqué par les démons qui viennent armés avec des éléphants. Boumi, déesse de la Terre essore ses cheveux et fait pleuvoir un déluge qi noie les démons.

Sur un autre fronton on identifie le Grand Départ de Bouddha qui quitte le Palais avec l’aide des dieux. Nous avons déjà vu ces scènes mais, le lichen leur confère beaucoup de charme.

Les effigies du Bouddha ont été soigneusement martelées pendant la 1ère guerre religieuse. Seul bouddha a disparu, entre les niches des arbres ont été ciselés finement. Un bouddha a même été transformé en linga.

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Prun nous décrit les scènes du film Tomb Raider avec Angelina  Jolie sur le pillage d’Angkor qui a été filmé ici (je ne le connais pas).

Jayavarman VII en plus de nombreux temples a aussi fait édifier des hôpitaux et des maisons d’hôtes pour les pèlerins. Nous découvrons une de ces dernières à la sortie du temple parfaitement conservée et une tour-visage comme celles du Bayon.

Dans cette jungle il est difficile d’imaginer que 12.000 personnes gravitaient autour du temple-monastère. Une stèle énumère les différentes professions et entre autres 615 danseuses en plus des apsaras et des gardiennes de pierre.

Avant de quitter le temple Prun nous montre les ruches sauvages installées sur les hautes branches d’un immense fromager. Nous admirons encore fromagers et figuiers. Certains luttent, le figuier étrangle l’arbre qui lui a servi de support. Ces arbres ont plus de 400ans ; ils ont poussé après la seconde guerre religieuse au 16ème siècle.

35. Sucre de Palmier

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le palmier à sucre

Sur le bord de la route, on cuit quelque chose dans des chaudrons en forme de bassine sur des foyers de terre formant de petits monticules.

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dangereuse escalade

Au début de la saison sèche, on grimpe au palmier à sucre à l’aide d’une échelle de bambou (un seul bambou est fixé au tronc). Le palmier porte des fleurs mâles de forme cylindrique et des fleurs femelles arrondies. Avec une sorte de pince on incise les fruits avec une lame très coupante. Le jus de palme s’écoule toute la nuit et remplit des récipients de bambous. Le lendemain on récupère les tiges de bambous pleines et on cuit le sucre sur des foyers jusqu’à obtenir du caramel qu’il faudra bien touiller avec un bout de bois ; On peut remplir des bocaux de caramel pâteux ou faire des « morceaux de sucre » qui sont très joliment emballés dans des étuis à section carrée faites en feuilles de palmier.

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il faut touiller!

35. la rivière aux 1000 lingas et la création de la Terre

La rivière des 1000 Lingas

Une promenade dans les Monts Kulen conduit à la Rivière des 1000 lingas. Le sentier est très bien balisé. Des bornes indiquent même les distances (1.500m) des poubelles en caoutchoucs sont disposées et même des femmes balaient les feuilles. Cette promenade dans la jungle n’est donc pas des plus aventureuses ! Elle est cependant très agréable. On se faufile entre de gros blocs de grès rose ; je remarque la stratification entrecroisée et même des grano-classements. Comme partout dans le parc d’Angkor les arbres sont identifiés et étiquetés en latin. Des lianes s’enroulent en long cordage ou en échelles de macaques. Elles sont bien utiles pour s’accrocher lorsque le sentier devient raide et glissant. Comme on marche à couvert, il fait frais et la montée est facile.

 On arrive à un pont sur la rivière des 1000 lingas. Les lingas sont taillés dans le grès et le lit de la rivière ressemble un peu à un pavage. Il n’y a pas que des lingas ! De nombreuses sculptures ont été réalisées dans les rochers. Malheureusement la colline a été occupée par les Khmers Roues et le site a été fermé jusqu’en 2002 pour déminer. Pendant la période de fermeture certaines sculptures ont été vandalisées.

Vishnou est sous son serpent à plusieurs têtes. Brama est un peu plus loin ? Dans une piscine naturelle un très grand linga aplati émerge.

Prun me conte la rivalité entre Vishnou et Brama à la création de la Terre.

« Shiva, par sa danse a détruit la Terre et l’a rétrécie. La Terre est devenue une petite boule dans le ventre de Vishnou. Du nombril de Vishnou pousse un lotus. Brama se cache dans le bouton de lotus, prend la terre purifiée et se prétend le créateur de la Terre. C’est un créateur malhonnête. Un grand linga apparait entre Brama et Vishnou qui se disputent. Ce Moukralinga s’agrandit et celui qui en aura touché l’extrémité sera le véritable créateur. Mais encor Brama triche et ment… »

La promenade continue le long du lit de la rivière jusqu’à une cascade. De nouveaux lingas ont été sculpté et un yoni d’où coule l’eau bénite. On y a jeté des fleurs de lotus. Cette rivière est considérée comme le 2ème Gange. Les Hindous se purifient avec l’au du Gange mais le Gange est vraiment trop loin d’ici !

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On s’arrête à la cascade qui est un joli filet d’eau, endroit rafraîchissant et plein de papillons multicolores ; assis sur un rocher nous mangeons le gâteau à la banane cuit dans une peau de banane : la banane est recouverte de riz gluant un peu caramélisé : c’est délicieux.