Rando à la Pointe d’Agon

BALADE NORMANDE – COTENTIN

Le sémaphore de la Pointe d’Agon

Certains termes géographiques  me fascinent ; les pointes à la mer, et les cols en montagne…malgré les 50 km qui séparent Surtainville de la Pointe d’Agon, nous choisissons ce circuit n°30 dans le Guide Chamina, empruntant la route directe D. 650 qui évite bourgs et plages.

L’église d’Agon

Arrivée à 10 heures à Agon- Coutainville. La promenade commence devant l‘église d’Agon. Agon est le vieux village. Son église Saint Evroult, XIIème siècle, possède un clocher carré, tour massive, dont le sommet est peint en blanc pour donner un amer aux marins. De l’église, je devrais rejoindre la mer par le Chemin de la Haule qui conduit au Club de Voile. Je traverse un quartier de résidences secondaires plutôt modestes et sans grâce ni style construites serrées où les allées de cailloutis l’emportent sur les plates-bandes et les massifs, déprimants. le sentier côtier s’est écroulé et a été dévié un peu plus haut dans la dune à la limite des mielles (nom donné dans la Manche aux plaines de sable voisines de la mer, et dont une partie est cultivée). Prairies de prés-salés, champs de carottes, poireaux. Marche facile, la déviation est bien balisée mais le trajet monotone sans grand intérêt. 

je retrouve Dominique au premier parking proche de l’eau, puis continue le chemin piétonnier qui traverse une pinède avant d’arriver au Sémaphore. Sur le bord de la route se trouve un curieux alignement de mégalithes, pierres de granite taillées et dressées qui ne doivent rien à la Préhistoire mais qui ont été installées par un sculpteur normand en 1976. Monument à la mémoire d’un poète normand Fernand Lechanteur. «  enterré à Agon-Coutainville. Un monument à sa mémoire, de 32 pierres levées en granit, agencé en forme d’esnèque, gravées notamment en Fuþark et simili-runes, est inauguré le , à la Mielle de la pointe d’Agon. » (Wikipédia) Ces dalles de granite gris taillées grossièrement et gravées rappellent la carène d’un bateau. Les motifs des bateaux vikings dessinés me font penser au Voyageur du Soleil de Reikjavik.

le phare est bas, trapu. il illumine la passe du havre de Regneville dont le trafic atteignit jusqu’à 30 navires par an, comprenant des navires anglais et même norvégiens. 

Après le second parking, la flèche sableuse avance encore dans la mer, couverte d’oyats et de buissons.

Le GR 223 passe au pied du phare et traverse des étendues sèches aujourd’hui mais inondables couvertes de salicornes et d’immortelles violettes. le sentier contourne le marais à la limite des pâtures (refermer le portillon) et des bois. D’après la carte j’avais imaginé marcher a bord de l’eau. Nenni! le marais est couvert de hautes herbes, l’espace compris entre le sentier et le bord de l’eau est très étendu.

Mais c’est un joli endroit pour un pique-nique.

Le GR s’enfonce ensuite en sous-bois pour rejoindre le Mont Morel et un hameau de belles maisons de pierre.

 

Pique-nique à Port Bail

BALADE NORMANDE – COTENTIN

Port Bail

Circuit N°27 du Guide Chamina

Mardi, jour de marché à Port Bail. Un joli marché alimentaire occupe le centre du village. J’y trouve une grosse poignée de tomates-cerises et une baguette craquante et chaude pour accompagner le pâté.

L’emplacement pique-nique idéal se trouve de l’autre côté du pont sur le bord du havre. Grand vent : on reste dans la voiture. Marée haute : les mielles  ou prés salés verts sont parcourues de chenaux remplis par la mer. Deux épaves sont couchées, la coque de bois laisse paraître des jours. Au lion, on voit les treize arches du pont et la silhouette massive du clocher de l’Eglise Notre-Dame avec sa tour à section carrée coiffée d’une petite pyramide pointue.

épave

Quand nous avons fini de déjeuner, un vent puissant a chassé les nuages et le soleil éclaire tout le village.

Eglise Notre-Dame et exposition

L‘église Notre-Dame (XIème siècle) possède de très beaux chapiteaux romans XIIIème siècle et un plafond de bois en berceau XIVème. La tour est qualifiée par Wikipédia de tour fortifiée : elle a servi de tour de guet ainsi que d’amer pour les marins. Désacralisée, c’est maintenant un hall d’exposition. En ce moment, on y présente des oeuvres métallique en étain plié (genre grosses cocottes en papier), ou découpé en gros crabes ou des panneaux ornés de poissons. Décoratifs, sans plus, je ne suis pas convaincue.

Port Bail possède une autre église Saint Martin au bout de la place où se tenait le marché. 

Baptistère de Port-Bail (6ème siècle)

Le baptistère (VIème siècle) est à l’écart du village, derrière la Mairie. Il est protégé par un curieux auvent couvert d’ardoises. C’est un grand bassin rond en briques, presque une piscine. on baptisait alors les adultes par immersion, de préférence dans l’eau courante.

Le circuit Chamina devait nous conduire à la plage puis dans le marais; la plage ne nous inspire pas. Nous préférons rentrer plus tôt pour profiter de la belle plage de Surtainville.

Moulin de Fierville-les-Mines

Le Moulin à vent de Fierville-les-Mines est à 6km de la route 650. nous nous enfonçons dans les terres dans une belle région de bocage vallonnée. Ce moulin de 1744 est en parfait état de marche. Son toit en forme de poivrière est mobile. Lorsque nous arrivons, un groupe de visiteurs le fait tourner. C’et surprenant de le voir pivoter. Malgré le vent très fort, les ailes ne sont pas déployées. Il est fonctionnel et moud blé, épeautre ou sarrasin. Des animations sont proposées aux visiteurs, on peut même faire son pain. On peut aussi déjeuner aux Cuisines du Moulin. 

Sur la plage de Surtainville, impossible de faire face au vent qui soulève le sable sec et nous cingle. Nous tentons notre chance à la plage du Rozel un peu plus abritée où je fais une courte promenade pieds dans l’eau. 

Rachel et les siens – Metin Arditi

Depuis longtemps j’ai envie de lire Metin Arditi  et découvrir cet écrivain. La sortie de Rachel et les Siens est aussi l’occasion d’un voyage littéraire dans ce Proche Orient. Ce livre est dédié A la mémoire de Martin Buber ce qui a piqué ma curiosité. 

Saga familiale qui s’ouvre à Jaffa en 1917 et qui se déroule à Tel Aviv, jusqu’en 1938, puis à Istanbul pendant la Guerre, et enfin à Paris, Genève  pour s’achever à Jaffa en 1982.

Quelle personnalité singulière que celle de Rachel : 

Elle était née en Palestine ottomane. Elle avait vécu son adolescence et une partie importante de sa vie d’adulte
sous mandat britannique… Lorsque l’État d’Israel s’était constitué, elle avait déjà émigré de Turquie pour la
France

Juive de langue arabe, ayant passé son enfance dans une maison où cohabitaient deux familles pour une même cuisine, les parents de Rachel et ceux de Mounir, des Arabes chrétiens. Mounir et Rachel, frères et soeur de lait et inséparables. La première crise correspond à l’arrivée d’Ida, la petite orpheline de colons ashkenazes, suivie de l’avancée des Anglais. L’harmonie et la coexistence entre Juifs et Arabes de Jaffa est menacée. Les parents de Rachel doivent quitter le quartier. Ils se réfugient dans un kibboutz où ils apprennent l’hébreu, découvrent le sionisme et le théâtre. La vision égalitariste, le travail manuel ne les séduisent pas spécialement, le théâtre, en revanche sera la vocation des deux sœurs ; Rachel qui aimait raconter des histoires sera dramaturge, et Ida, actrice! Au kibboutz, théâtre et agitprop se confondent souvent. Les pièces de Rachel seront politiques et dérangeantes! Rachel ne sera pas un auteur à succès en Palestine. 

« Elle n’était pas faite pour le succès. Son monde était celui des naïfs, de ceux qui s’accrochent à des principes
plutôt qu’au goût du jour. À ce qui dérange plutôt qu’à ce qui plaît. Il fallait qu’elle pense à faire autre
chose, au lieu de gratouiller en vain des piles de cahiers dans l’espoir de voir un jour l’une de ses pièces montée. »

Le sujet qui lui tient à cœur est la coexistence des Juifs et des Arabes et elle adapte le sujet des Perses d’Eschyle

Pour raconter le retour de Xerxès en Perse après sa défaite à Salamine, Eschyle crée le théâtre contemporain : il
se met dans la peau du vaincu. Il veut comprendre ses émotions, son humanité. Il m’a semblé intéressant de
décrire les réactions d’un groupe de Juifs qui s’apprêtent à monter la pièce d’Eschyle, de comparer la situation
des Grecs après la bataille de Salamine à celle qui pourrait un jour être celle des Juifs en Palestine.
…….
Et si ce sont les Palestiniens qui perdent la guerre, comment les traiterons-nous ? Avec l’humanité de ceux qui
ont connu l’exil ? Ou avec l’arrogance des vainqueurs, dont parle Eschyle ? »

Avec son mari Karl, elle suit la mouvance intellectuelle de Martin Buber et Brit Shalom :

« Ce n’était pas une question. Brit Shalom, le mouvement de Martin Buber, qui prônait la constitution d’un État
binational, avait été un échec.

Karl, ils étaient des dinosaures de la cohabitation entre Juifs et Arabes, elle le savait. Le mouvement avait tenu
quelques années. Puis, avec l’afflux d’immigrants et le succès d’une Tel-Aviv toujours plus grande, plus forte,

les velléités de coexistence avaient été balayées. Elle n’arrivait pas à écrire autre chose que des pièces à contre-
courant. « 

Cet aspect du livre m’a beaucoup intéressée. Il m’importe de ne pas occulter cette histoire des idées, le sionisme n’a pas toujours été monolithique, ses mises en cause ne sont pas vraiment mises en évidence.

Vient le drame (non! je ne vous raconterai pas tout!) et Rachel suit Maurice Saltiel à Istanbul. C’est là qu’elle découvre l’antisémitisme et la persécution qu’elle n’imaginait pas . L’Empire Ottoman avait été accueillant pour les Juifs des siècles durant…Mais il s’agit de nationalisme turc, et de persécution des minorités.

De la déportation de son mari, elle tirera encore une pièce difficilement représentable.

Elle se marie à Paris avec un ancien collabo, un homme délicieux, mais…antisémite.

Elle écrira l’histoire d’un homosexuel qui a aimé un allemand. Encore un sujet difficile! …

Décidément Rachel se trouve souvent en porte-à-faux. Sa vie et son théâtre seront  toujours à contre-courant.

Et l’amour? je ne vous en dirai rien, il faut lire le livre.

 

Promenade de Carteret à Hattainville

BALADE NORMANDE – COTENTIN

Cap Carteret et le GR dans l’entaille

La pluie du matin ne me décourage pas. Nous avons appris en Irlande, Ecosse ou Islande de ne pas nous en préoccuper. Revêtir un Kway et sortir!

La randonnée n°26 du guide Chamina a pour départ l’église de Carteret.

Dominique me dépose à la marina où j’ai repéré les marques rouge et blanches du GR 223 le long du quai planté de massifs fleuris, puis sur la Corniche. Sous la Corniche, tout contre le Cap je découvre une plage tranquille accessible par des marches. Des cabines de bois se blottissent contre la falaise. Le circuit monte parmi de belles maisons. Sans parvenir au Sémaphore où nos étions montées hier, à mi pente, le sentier des Douaniers est suspendu en balcon, rocailleux mais facile : assez large et plat pour ne pas être effrayant.

Après avoir contourné le gros rocher du Cap Carteret , je découvre les dunes d’Hattainville 

la dune et la plage d’Hattainville

. Ces dunes sont couvertes de mousses, lichens ou d’oyats. Il convient de ne pas piétiner ce milieu fragile. Il faut rester sur les sentiers. Passée une église en ruine le sentier bifurque : le GR monte à l’assaut de la pente tandis qu’un sentier balisé en jaune indique « Hattainville 8 minutes, sentier des 150 pas » Je me laisse tenter par ce dernier, délaissant l’itinéraire de Chamina.

Dune et vieille église14

Tout d’abord, le sentier est bien tracé entre deux fils de fer. Malheureusement, les barrières protégeant la dune disparaissent, le sentier se ramifie. Les petites traces deviennent de plus en plus floues, l’itinéraire, illisible. Au début, je ne m’inquiète pas : la mer à main gauche, le sémaphore dans mon dos, je marche cap sur le nord, au jugé. Je comprends bien vite que je marcherai bien plus de 1500 pas et que les huit minutes sont déjà écoulées. Quand le sentier est sableux, je m’enfonce et peine dans les montées entre les grosses touffes d’oyats. Il disparaît complètement. Du haut d’une butte, je crois le retrouver plus bas, pour s’évanouir à nouveau. De temps en temps il y a des poteaux carrés de bois gris. Les dunes défient le sens de l’orientation. Je monte sur les crêtes espérant voir la suite du parcours. Je zigzague, évitant les terriers de lapins ou les touffes serrées et les buissons de ronces. Impossible de maintenir le cap. Je divague. Avec toujours la mauvaise conscience de marcher sur ce couvert végétal fragile. Personne à la ronde ; un lapin gambade ; les escargots profitent de la pluie. Je crois voir un promeneur : c’est un sac de plastique blanc! Je commence à paniquer. Peut être ai-je dépassé Hattainville où Dominique m’attend? J’interroge le GPS qui me géolocalise à Surtainville. Je monte de temps en temps au sommet d’une crête pour vérifier que la mer est proche. Finalement j’entrevois la route goudronnée : sauvée! Sur la flèche inscrit Carteret 3.3 km, à marcher en zigzag, j’ai sûrement doublé la mise.

Surtainville : La plage

BALADE NORMANDE – COTENTIN

la plage de Carteret vue du Sémaphore

Au village de Surtainville, la boulangerie est aussi agence postale, épicerie, fruits légume. Une des spécialités locale est le « pain au beurre » : une boule qui ressemble un peu à une brioche. Excellente pour le petit déjeuner. 

La mer est à 600 m de notre gîte, elle est cachée par une dune infranchissable par Dominique. Il y a une entrée aménagée à côté du poste de Secours et de l’Ecole de surf. A mer descendante, la plage est immense. Elle est si grande que je n’arrive pas jusqu’au bout en marchant pieds nus les pieds dans l’eau.

Plage dune oyats

Vers 17 h nous partons explorer la côte par la Route des Caps qui n’est pas une route définie mais un itinéraire sur les petites routes proche du littoral de village en village. Carteret se trouve 12 km plus au sud. Un port et une station balnéaire pour changer. Nous montons au Cap Carteret où se trouve le sémaphore. La vue plongeante sur la plage est saisissante. A marée basse, des dunes sous marines séparées par des bâches se déploient en éventail. Du Cap on voit la « côte des havres« plus basse et sableuse qui s’étend jusqu’à Granville. 

Au marché et au Château de Bricquebec

BALADE NORMANDE – COTENTIN

Lundi jour de marché à Bricquebec!  La rue principale est occupée par le plus joli marché de campagne : Surprenante, la présence d’animaux vivants : canards dans des cages, lapins et même des moutons. Les maraîchers ont apporté leurs productions locales : les carottes de Créances sont renommées, les pommes de terre de Surtainville…et partout on voit des champs avec des poireaux ou des oignons du Cotentin. Les étals sont aussi fleuris. Une dame assise sur son pliant propose trois salades et de petits tas de légumes vairés ainsi que quelques bouquets. Plus loin il y a de véritables carrés de petits plants de salades à repiquer. Bien sûr, il y a aussi des food-trucks ou des « spécialités-régionales-attrapent-touristes » mais finalement très peu. 

production maison!

 

On entre dans la cour du château en passant sous un porche. L’enceinte est complète, elle enferme une vaste cour circulaire autour d’une motte portant le donjon (11ème siècle).  Le corps du logis avec la vaste salle d’apparat est maintenant un hôtel.

Château de Bricquebec

Histoire du château

Ses origines remontent à l’époque viking avec le chevalier Anslech. Un baron de Bricquebec, Robert Brertan accompagnât Guillaume le conquérant en Angleterre. En 1207, quand la Normandie fut annexée à la couronne de France, Bricquebec perdit ses terres anglaises. 

1325, pendant la Guerre de Cent ans, des rivalités avec Geoffroy d’Harcourt entraînèrent  une allégeance à l’Angleterre.

1346 : débarquement des Anglais à Saint Vaast-la-Hougue

1417 nouveau débarquement anglais, le château fut occupé et resta sous domination anglaise jusqu’en 1450.

Au château de Caen, l’histoire de la Guerre de Cent ans est racontée en détail.

château de Bricquebec 2

A Bricquebec aussi, le topo-guide Chamina propose le circuit N°26 (12 km – 3h45) empruntant l’Allée Verte jusqu’à la Cage (un hameau de Rocheville) distant de 6 km.  L’allée Verte est un tronçon de l’itinéraire cycliste qui relie Cherbourg au Mont Saint Michel. C’est une large piste bien lisse, bien droite passant sous une voûte de très beaux arbres qui me protégeront complètement de l’averse. Mieux pour les cyclistes que pour les piéton (le parcours est assez monotone). En se rapprochant de Rocheville, elle est bordée de noisetiers, cerisiers et charmes. En contrebas, il y a de beaux jardins potagers. je retrouve Dominique au pied de la grande église de Rocheville. L’ennui c’est que dès qu’on quitte un circuit du topo-guide ce n’est pas aisé de retrouver la suite. Nous ne verrons pas l’Allée couverte – prétexte de la randonnée. Ce n’est pas un monument très connu. Le jeune qui descend de son tracteur pour expliquer le chemin n(en a jamais entendu parler, pourtant le dolmen se situe dans un rayon de moins d’un kilomètre. Les témoignages de la Préhistoire savent se montrer discrets.

Pendant que je marchais sur l’Allée Verte, Dominique a acheté un festin : une araignée, des bulots pour un déjeuner au jardin du gîte. C’est très amusant et très long de  décortiquer l’araignée, on mange tout sauf les branchies trop coriaces. Pour terminer figues violettes et chasselas.

Les Illusions perdues – H de Balzac

« Voilà là-bas, à côté de Coralie, un jeune homme… comment se nomme-t-il ? Lucien ! il est beau, il est poète, et,
ce qui vaut mieux pour lui, homme d’esprit ; eh ! bien, il entrera dans quelques-uns de ces mauvais lieux de la
pensée appelés journaux, il y jettera ses plus belles idées, il y desséchera son cerveau, il y corrompra son âme, il y commettra ces lâchetés anonymes qui, dans la guerre des idées, remplacent les stratagèmes, les pillages, les incendies, les revirements de bord dans la guerre des condottieri »

 

Les Illusions perdues racontent l’histoire de Lucien, Lucien Chardon ou Lucien de Rubempré comme il aimerait s’appeler. Lucien, fils d’apothicaire d’Angoulême qui monte à Paris avec un recueil de poèmes et un roman à la manière de Walter Scott, chercher la gloire.

 Il se vit, dans Angoulême, comme une grenouille sous sa pierre au fond d’un marécage. Paris et ses splendeurs,
Paris, qui se produit dans toutes les imaginations de province comme un Eldorado, lui apparut avec sa robe d’or,
la tête ceinte de pierreries royales, les bras ouverts aux talents. Les gens illustres allaient lui donner l’accolade
fraternelle. Là tout souriait au génie.

Il est aimé de Louise, Madame de Bargeton, qui règne de son salon sur toute la noblesse d’Angoulême. Lucien imagine que Madame de Bargeton lui ouvrira les portes des salons de Paris.Le personnage de Louise (Naïs) est intéressant : jeune fille lettrée, curieuse, ambitieuse, mariée à un homme plus âgé, plutôt balourd qui s’étiole dans sa province?

Elle adorait lord Byron, Jean-Jacques Rousseau, toutes les existences poétiques et dramatiques. Elle avait des
larmes pour tous les malheurs et des fanfares pour toutes les victoires. Elle sympathisait avec Napoléon vaincu,
elle sympathisait avec Méhémet-Ali massacrant les tyrans de l’Égypte. Enfin…

Et elle croit avoir découvert un génie, un jeune poète, beau et doué : Lucien.

C’est aussi l’histoire de David Séchard, imprimeur, l’ami de Lucien qui se ruine pour soutenir les ambitions parisiennes de Lucien.

Lucien perdra vite ses illusions de succès comme poète et écrivain, mais il réussit une belle carrière comme journaliste, séduit Coralie, une actrice en vogue… tout semble lui réussir. Balzac en profite pour décrire le milieu du journalisme, comment se font et se défont les réputations, comment politique et journalisme s’entremêlent. C’est ce qui m’a le plus intéressée dans ce gros roman.

Une voix lui cria bien : « L’intelligence est le levier avec lequel on remue le monde. » Mais une autre voix lui
cria que le point d’appui de l’intelligence était l’argent.

Lucien a pour capital sa beauté,  de l’esprit et la capacité d’écrire poèmes ou articles de journaux spirituels, mais il est pauvre et roturier, même si sa mère a pour nom de jeune fille de Rubempré. Plus dure sera la chute….

A Angoulême, David Séchard vivote dans son imprimerie convoitée par des concurrents terrible. Mais il a une idée, une invention : il va révolutionner la fabrication du papier….

Journalisme, imprimerie, papeterie, sont liés et Balzac nous fait découvrir les mécanismes de l’époque. C’est passionnant!

En revanche, je me suis bien ennuyée quand il s’appesantit  sur l’élégance, les costumes, les couturiers et tailleurs. La description des tenues à la mode tient une place démesurée dans le récit.J’avais surtout lu des romans courts (ou de longues nouvelles), ce gros roman de plus de 500 pages m’a parfois découragée.

Et puis, ce Lucien est vraiment tête à claques!

 

 

La maison natale de Jean François Millet à Gréville-Hague

BALADE NORMANDE – COTENTIN

Buste de JF Millet à Greville

Topo-guide Chamina N°21 – circuit 2h45 – 10.5 km au départ du village de Gruchy

maison natale de Jean François Millet à Gréville

 

 

Jean-François Millet  naquit en 1814 dans cette maison. Sa famille possédait une dizaine d’hectares, une certaine fortune à l’époque ; dans sa famille,certains membres étaient lettrés, il y avait même un ecclésiastique sachant le Grec et le Latin. 

Cette maison du XVIIIème siècle était celles de cultivateurs aisés.

 

Si l’extérieur a finalement peu changé, à l’intérieur, on  retrouve peu de choses de l’époque. La maison de Barbizon était plus chargée de souvenirs. En revanche, j’ai beaucoup appris sur le personnage d’après un vidéogramme où étaient lues des lettres du peintre. 

A l’étage, une exposition très intéressante montre comment Jean François Millet a su décrire avec précision le travail des champs. Une véritable épopée paysanne se déroule . En regard des reproductions des tableaux les outils des paysans sont présentés : botteleurs de foin, le semeur, le vanneur, les planteurs de pommes de terre, une faneuse, la laitière normande, les batteurs de sarrasin. Tous ces travaux des champs sont peints avec précision et réalisme. Millet peint la terre et les paysans avec une palette brun sombre.

Emile-Louis Foubert : Hommage à Millet (1899)

Une salle Hommage à Millet présente des portraits, autoportraits et photographies..

Une salle entière est consacrée à l’Angélus, le tableau et une quantité d’objets dérivés du tableau : assiettes, services à café, coussins utilisant le procédé d’époque la chromolithographie. Cette utilisation de l’Angélus s’est poursuivie jusqu’aujourd’hui. Je me suis amusée au dessin de Wolinski légendé « Dépêchez-vous y’a Dallas qui commence »

Une exposition temporaire  : Millet inspirateur de Van Gogh rapproche les tableaux sur les mêmes sujets  : le Semeur, la Sieste… ce qui change ce sont les tons de la palette de Van Gogh bien plus colorée. 

Une belle visite!

 

Le nez de Jobourg à la Pointe de la Hague

BALADES NORMANDES : COTENTIN

Nez de Jobourg prunelles

A la Pointe du Cotentin : le Nez de Jobourg est le site le plus réputé (après de Mont Saint Michel, bien sûr). Ce sera donc notre première excursion sous un beau soleil. 

Le GPS nous promène dans des petites routes tournicotantes puis on monte sur une sorte d’autoroute qui nous conduit à la Hague face à la route ; le cauchemar : le Centre de retraitement des déchets nucléaires

Le Centrer de Retraitement ds déchets nucléaires de la Hague

Arrêt photo, puis on tente de faire abstraction de ce complexe menaçant.

L’église de Jobourg : 

L’église de Jobourg

Au milieu du cimetière, une petite église trapue d’aspect rude. De toutes parts la vue est splendide sur la mer. Elle est ouverte. Construite au XII ème siècle, Jean François Millet aurait dit « On dirait que le temps s’est assis dessus ». 

Ce modeste village a pourtant eu un personnage illustre : son curé Dom Fleury qui encouragea  ses paroissiens à s’engager contre les Anglais dans la Guerre d’Indépendance Américaine (1773-1780), il obtint une pension du roi pour avoir apaisé les villageois dans l’Emeute ds blés. 

Cette visite m’a enchantée avant de rejoindre le site touristique du Nez de Jobourg. les Falaises sont hautes de 128 m. La vue sur les Iles Anglo-Normandes est très nette par temps clair. Nous remarquons un curieux alignement d’antennes mises en place pour une Campagne de Mesures océanographiques de la hauteur des vagues et des courants marins à l’aide de deux sortes d’antennes mesurant l’effet Doppler

Antennes pour la mesure de la hauteur des vagues

J’aurais aimé en savoir plus mais ma recherche sur Internet n’a abouti à rien.

Le topo-guide Chamina propose la balade n°23 : un circuit de 11.5 km , 4 h, dont la mlitié le long du sentier côtier à partir de la Pointe de Voidries à proximité du parking et du restaurant. Je pars d’abord vers le nord en direction de la plage d’Ecalgrain. le sentier est pratiqué dans une entaille à travers les prunelliers, les ajoncs et d’autres épineux. Il s’éloigne un peu du bord de la falaise et descend. J’essaie d’appeler Dominique pour qu’elle me rejoigne en voiture à Ecalgrain. Il n’y a pas de réseau. Avec la proximité des Iles anglaises(Guernesey 44 km, Serq 39 km, Aurigny 19 km) la téléphonie mobile est souvent prise en charge par l’Angleterre, j’ai la surprise de voir l’heure anglaise s’afficher sur l’écran. Retour au parking et je prends le sentier vers le Nez de Jobourg : le sentier en balcon est proche de la falaise et plutôt glissant. Je regrette d’avoir gardé mes sandales et laissé le bâton de marche dans la voiture. Les autres randonneurs sont très bien équipés. Dès que le sentier se met à monter très raide près du Cap, je rebrousse chemin. la montée ne me fait pas peur, c’est plutôt la descente en sandales que je redoute. Je n’ai pas vu la harde de chèvres sauvages.

barrière sur le sentier des douaniers

Des panneaux près du parking racontent les légendes et les histoires du cap : dans les grottes au pied de la falaise on a trouvé des traces de l’occupation préhistorique. Un écrivain régionaliste J. Fleury raconte l’histoire d’un gros chien noir gardant un trésor caché. Le long du sentier se trouvent des abris pour les douanier, appel&s aussi caches à tabac par les contrebandiers.

Le GPS , nous conduit à la plage d’Ecalgrain pour un pique-nique de luxe : grosses crevettes roses et salade de la mer.

 

Vers le Cotentin : voyage et arrivée à Surtainville

BALADE NORMANDE : COTENTIN

La Hague : Nez de Jobourg

fuir la canicule….

Nous avons choisi cette destination en pleine canicule : sur la carte météo  la Manche était le département le plus frais, caressé par le perturbations venant d’Angleterre, tandis que nous avions si chaud!

Peut-être moins fréquenté que la Bretagne ou les plages normandes plus proches de Paris comme Deauville ou Dieppe….

Et nous avons trouvé une location à Surtainville, encore disponible pour la dernière semaine d’Août.

itinéraire

383 km; 4 heures  15 de Créteil par l’A13 jusqu’à  Caen, puis la N13 jusqu’à Valogne et D902 jusqu’à Bricquebec.

Etape sur la plage de Houlgate

Nous avons fait étape à Houlgate chez des amis pour couper la route, nous dégourdir les jambes sur la plage et manger un morceau.La plage d‘Houlgate en Août ne ressemble pas à ce que nous avons connu en Juin. Elle est occupée par des familles auprès des parasols campés au ras du sable où l’on se tasse, non pour se protéger du soleil mais plutôt à l’abri du vent. Grandes marées, à marée montante, les belles vagues à l’écume blanche déferlent en rangs serrés. Les pêcheurs à pieds se dépêchent de rentrer. Au micro, on avertit les imprudents qui stationnent sur les bancs de sable qu’ils doivent quitter les lieux.

En face des belles cabines de bois à rayures orange, on a installé des panneaux avec une belle exposition-photo : Les Femmes d’exposent

Saint-Mère église

Un détour par Sainte-Mère-l’Eglise, village célèbre pour le Débarquement où l’on peut encore voir un parachute suspendu au clocher et où les jeeps de 1944 attendent les touristes. Covid-19, ni Américains ni Anglais, le parking est bien vide. La route évite Valognes . Elle traverse Briquebec passant sous le château féodal. De petites routes bien  tortueuses nous conduisent directement au gîte. 

Arrivée à Surtainville

Nous sommes agréablement surprises. La maison est grande, claire,  bien équipée. Rien ne manque. Un petit jardin clos avec un salon de jardin.

Pour les courses de base, nous allons au bourg voisin : Les Pieux. Le centre-ville est animé avec un boucher-charcutier, une belle poissonnerie (achat de moules), banques, Office de Tourisme. Et, bien sûr, les inévitables Grandes surfaces en périphérie. A Super-U, nous trouvons des produits locaux : des pommes de terre de Surtainville, des yaourts au lait entier 6 et de la crème fraîche normande exceptionnelle. Nous achetons le topoguide  des sentiers Chamina qui propose 30 plus belles balades à pied. 

Première sortie à la plage  cachée derrière la dune.