Le Château de Chaumont, ses expositions d’art contemporain, son Festival de jardins

le château de Chaumont

Perché sur le coteau, dominant le village, le château a fière allure. Pour y parvenir il faut faire une longue promenade sur une allée de marches sablées.

Construction plus simple que Chambord, harmonieux il nous séduit plus. Chambord était une résidence royale de prestige destinée à éblouir sujets ou ambassadeurs étrangers, Chaumont est le château des dames : Catherine de Médicis et Diane de Poitiers, épouse et favorite d’Henri II.

porc-épic emblème de Louis XII –Cominus et eminus – qui s’y frotte s’y pique

Historique :

Avant d’être une élégante résidence, le château, fondé autour de l’an mil, fut une forteresse appartenant à la famille d’Amboise,rasée et brûlée par Louis XI.Reconstruit de 1468- 1481 par Pierre 1er  d’Amboise, puis 1498-1515 par Charles II , marquant l’apparition de motifs italianisants Renaissance. Catherine de Médicis acheta le château en 1550. A la mort d’Henri II (1559) , elle échangea Chaumont contre Chenonceau que Henri II avait offert à Diane de Poitiers qui poursuivi la construction en édifiant le chemin de ronde à mâchicoulis. Madame de Staël corrigea à Chaumont les épreuves de « De l’Allemagne. Enfin à la Belle Epoque la Princesse de Broglie et son époux transforment le château pour y donner des réceptions.

Une triple visite :

Chambre de Ruggieri

C’est une visite  historique même si certaines reconstitutions datent des De Broglie. Nous visiterons donc la Chambre de Ruggieri le célèbre astrologue de Catherine de Médicis avec sa cheminée portant un signe astrologique. On passera dans la Chambre de Catherine de Médicis ornée de tapisseries  merveilleuses. Occasion de se souvenir qu’autrefois les murs en étaient couverts. On découvre l‘histoire de Pégase et Persée où chaque scène est dominée par un char s’élevant dans les airs. Nous cherchons Hermès et son pétase (ce mot de pétase nous met en joie comme deux gamines)

Histoire de Pégase et Persée (détail)

La Salle du Conseil est couverte de magnifiques tapisseries mais je remarque surtout le pavement de majolique du 16ème s provenant de Palerme. 

Dans la salle des gardes, se trouve encore une belle tapisserie. 

L’examen en détail des tapisseries, coffres et autres mobiliers pourrait justifier à lui seul le voyage!

Le château est aussi le siège d’une exposition d’Art Contemporain qui vaudrait aussi une visite pour elle-seule. C’est d’ailleurs la découverte qui m’a le plus intéressée. 

Philippe Cognée

Les Paysages révélés de Philippe Cognée occupent plusieurs salles. Je suis bluffée par la technique à la cire chauffée puis écrasée donne un aspect à la fois flou, lisse et brillant. Paysages vus d’un train ou sous-bois touffu sont magnifiés par ces contours fuyants. 

Coignée : paysage du Val de Loire

j’ai fait beaucoup de photos  et je suis bien décidée de suivre cet artiste que je découvre ici.

Giuseppe Penone est loin d’être un inconnu! Dans mon imagination il est associé aux arbres et son oeuvre se retrouve à Chaumont aussi bien en intérieur que dans le parc. 

Penone

Quelle plus belle représentation de la respiration que nous offrent les arbres de la forêt!  Organisme construit de feuilles (photosynthèse) et arbre bronchique de feuilles dorées pour souligner la richesse….Si j’&tais encore professeur de collège j’aurais commenté cette oeuvre avec ma collègue d’Arts plastiques dans le cadre d’Histoire des Arts (mais c’est bien fini!)

Penone dessin

 

L’oeuvre de Penone est diverse, aussi bien un arbre géant qui barre le chemin que ce dessin délicat.

Une bibliothèque de livres de verre est offerte par Pascal Convert. La lectrice amoureuse des livres est moins convaincue. Ces fantômes de livres qui ont servi de moulage à des formes de verre évanescentes me dépriment plutôt. En revanche j’ai aimé ses flammes de verre brut, presque grises qui décoraient une cheminée. 

Simone Pheulpin

la délicate boule de tissus plissés de Simone Pheulpin posée sur un miroir m’a séduite.

Etrange installation dans la Chapelle de Gerda Steiner et Jörg  Lenzlinger sonorisée par des chants d’oiseaux. 

Les pierres et le Printzmps Steiner et Lenzlinger

Dans les écuries magnifiques d’autres œuvres sont surprenantes. j’ai aimé les sculptures de troncs présentées sur des copeaux de Marc Nucera on aurait dit que le sculpteur venait de quitter l’écurie. 

Maec Nucera

j’aurais pu citer d’autres artistes qui m’ont plu : les tapisseries dorées mouvantes en bouchons et pièces métalliques couvrant toute une pièce de Gabriel Orozco . Ou les grandes pièces de bois faisant penser à des pions de jeu d’échec (selon Catherine) ou à des sculptures africaines (selon moi) d‘Axel Cassel

Axel Cassel

Si nous avions disposé de plus de temps nous aurions pu découvrir encore de nombreuse oeuvres que nous avons ratées.

En revanche le Festival International des Jardins nous a un peu déçues. C’es LA visite que je ne voulais pas louper. J’en attendais sans doute trop. J’avais choisi Chaumont justement pour ses jardins. Et puis, la pluie nous a un peu gâché la promenade.

Ce jardin embaume

Le thème ;  LES JARDINS DE LA TERRE -RETOUR A LA TERRE MÈRE aurait dû pourtant nous transporter. Nous avons été déçue de la monotonie des installations. La Terre étant ronde, la majorité des jardins avaient donc un plan circulaire. Bonne idée, mais dont la répétition génère à la fin l’ennui. On a privilégié le vert, les plantes aromatiques et potagères, bonne intention, mais dont la répétition génére….Herbes folles, pourquoi pas, mais trop….On finit par regretter les jardins anglais, les roseraies, même trop classique. 

De Cour-Cheverny à Chaumont

La Loire à Chaumont

Cour Cheverny (2845 ha) est un village tranquille. La rue Nationale est déserte, pourtant les rares personnes qui sortent sont masquées. Le tabac-Presse vend cartes postales et timbres, la Poste est un peu plus loin. En face l’église est ouverte.

Cheverny (1011 ha) est à 1.5 km plus loin. Nombreux parkings avant l’entrée au Château de Cheverny. La queue aux billets nous dissuade. D’ailleurs, l’animation Tintin 3D ne m’attire pas. Hergé s’est inspiré de Cheverny pour dessiner Moulinsart. Je n’ai jamais baigné dans la tintinophilie. Enfant, je n’ai jamais eu d’album de Tintin , plus tard, j’ai éprouvé une méfiance pas forcément justifiée, adulte j’ai feuilleté des albums par curiosité. Rien qui justifie une queue et du retard sur le programme.

Eglise de Cheverny

L’église de Cheverny  (XI ème s. restaurée au XVIème)est toute simple. Un auvent abrite un angle, on l’avait prise pour une halle. l’intérieur est sobre, encore cloisonné, les bancs sont enfermés dans des casiers de bois.

Comme à Chambord, la route arrive en face du château selon une belle perspective. Impossible d’apercevoir plus que la silhouette de la façade : un portail opaque interdit la photo et les hautes haies bloquent le regard? Dommage de passer si près pour ne rien voir.

Château de Troussay

Le parcours est très agréable sur une petite route(D52) très tranquille qui passe dans des hameaux, des cultures et des vignes jusqu’à Favras. En route nous passons tout près du Château de Troussay, « le plus  petit château de Touraine », une demeure qui offre aussi des chambres d’hôtes. La visite est obligatoirement guidée, le matin à 11 h et une autre l’après midi. Il nous faudrait attendre une demi heure et notre route est longue (55 km).  Encore une fois, le château est bien caché dans la végétation et nous ne faisons que l’entrapercevoir.  L’itinéraire cycliste est bien fléché.  Il quitte le goudron pour un chemin caillouteux un peu moins roulant mais très pittoresque.

Château de Fougères-sur-Bièvres

Un détour nous fait parvenir à Fougères-sur-Bièvres où nous arrivons vers midi. Le château est au centre du village, bien visible (pour une fois) avec des tourelles rappelant  celles d’un château-fort. : plusieurs poivrières couvertes d’ardoises dépassent d’un bâtiment XVème assez sobre. Du portail on devine la cour avec des arcades.

Pour gagner un peu de temps nous coupons dans le circuit par la route jusqu’à Ouchamps nous traversons, la Bièvre et reprenons le circuit cycliste touristique et nous en félicitons. Suivant la courbe de la rivière, le paysage est charmant, nous faisons un petit détour à Monthou-sur-Bièvres, village très pittoresque. 

L’Herbe rouge à Valaire

A l’entrée de Valaire, au creux d’un vallon, un restaurant a installé ses tables en terrasse sous un auvent et sous la ramure d’un grand arbre. Je mets pied à terre, Catherine aussi, sans nous être concertées il nous vient la même idée : c’est ici que nous allons déjeuner! Une famille cycliste est déjà installée. La petite fille blonde sortie de la carriole tractée par son père a étalé ses Play-mobiles. Une ardoise indique les plats du jour. Nous choisirons une salade de lentille au chorizo avec un œuf poché décoré de fleurettes bleues de bourrache.  A l’intérieur on vend aussi des produits locaux et bio. Excellent accueil à L’Herbe Rouge!

On descendra directement sur Candé-sur -Beuvron. Le Beuvron est bien à l’étiage. Tout près du confluent nous trouvons la Loire qui paresse entre ses bancs de sable. La piste suit le fleuve jusqu’à Chaumont sur Loire, piste plate, tranquille en sous-bois.

1Parcours facile, après cette deuxième journée de vélo, il me semble avoir maîtrisé aussi bien l’assistance électrique que j’ai poussée au maximum dans les côtes que les vitesses qui se passent bien au guidon. Je suis fière de moi :à 69 ans j’ai réussi ma vélorution!

De Chambord à Cour-Cheverny à travers forêt et campagne

les fenêtres ouvragées de Chambord

Il pleut quand nous trouvons la D112 qu’il aurait fallu emprunter vers le sud vers  Bracieux. Sous la pluie on a moins tendance à consulter la carte! Ce n’est pas grave avec la carte et l’aide du GPX ,  on improvisera un itinéraire dans les petites routes de campagne. A la Chaussée-sur-Cosson, on trouve le GR qui nous conduit dans une forêt de résineux odorants sur une petite route forestière très très tranquille où nous ne rencontrons personne. Sauf un essaim de taons bien désagréables.

Au Château de Villesavin, nous retrouvons l’itinéraire officiel. On pourra se laisser guider par le GPX! hésitation : visiter ou pas Villesavin?On aimerait au moins voir la façade et prendre une photo. Impossible pour s’approcher il faut un ticket et la visite dure une bonne heure. Nous ne sommes déjà pas en avance. nous renonçons à regrets. Selon les images d’Internet il est superbe.

Nous longeons de nombreux étangs : on avait oublié que nous sommes en Sologne!

Nous arrivons assez tôt à Cour-Cheverny, village qui s’aligne le long de la Rue Nationale qui conduit à Cheverny.

L’Hôtel Saint Hubert *** est très confortable, pas de tape-à-l’oeil, un confort de bon aloi. Le dîner est gastronomique. En amuse-bouche, on nous apporte une verrine d’une mousse de ratatouille rose. Puis en entrée espuma d’avocat avec des crevettes piquantes, c’est joli et délicieux. Nous commandons toutes les deux un onglet au roquefort fondu servi avec une garniture si abondante que je suis forcée d’en laisser la moitié. Dessert crème brûlée et pour moi corolle de sorbets (3) petite meringue.

 

De Blois à Chambord, le long du fleuve et dans la forêt

De l’autre côté de la Loire un château que nous n’avons pas identifié

Train Rémi : TER de Paris-Austerlitz

départ : 7h37  – arrivée Blois 9hh04, train direct presque vide, par Etampes, Orléans-les Aubrais.

La Beauce ressemble  à une steppe desséchée sous un ciel gris, champs immenses, éoliennes en mouvement, et le ruban de ciment de la ligne de l’aérotrain maintenant abandonné et tagué.

A peine 5 minutes entre la gare et l’hôtel Anne de Bretagne où nous attend le réceptif de VéloRando qui nous confie les vélos, les cartes et le dossier avec les tickets et les vouchers.

Nous passons sous le château de Blois

 

La piste cyclable passe sous le château de Blois, juste une pause pour la photo, seuls les vélos ont le droit de passer dans les rues commerçantes piétonnières.Nous passons la Loire pour trouver un ruban cimenté bien large et lisse, le rêve pour la cycliste grande-débutante. Je fais mes premiers essais d’assistance électrique. Ne connaissant pas le boîtier,  je ne regarde plus la route, le vélo fait un écart, l’assistance m’embarque et je me retrouve par terre, les genoux égratignés comme une môme de la Communale, j’aurai les genoux couronné.Je ne m’en formalise pas.

Piste plate, lisse, bien fréquentée mais large. Balade facile. On longe des cultures un peu étranges :  des lianes grimpantes,  est-ce du houblon? Des chinoises sous des chapeaux chinois, ramassent des melons (ou de courgettes) , graminées exotiques petit-mil ou sorgho? De l’autre côté du fleuve, un beau château blanc que nous avons du mal à situer sur la carte. ( Saint Denis -sur -Loire ou  Cour-sur-Loire?).

La piste est bornée, à chaque croisement, de poteaux de bois. Mal habituée à l’envergure de la bicyclette électrique, je fais un nouvel écart et me retrouve par terre. Beaucoup plus vexée que blessée. Je remonte sans attendre. je prends de bonnes résolutions : couper l’assistance aux tournants et bien me concentrer sur la route.

La piste traverse le charmant village de Saint-Dyé-sur-Loire. Nous passons sans nous  arrêter dans la cour d’un centre culturel avec une exposition illustrant les Fables de La Fontaine. On entre dans la forêt, écrin giboyeux du Château de Chambord au fond d’une belle perspective : arrivée royale!

La bicyclette creuse l’appétit. Nous déjeunerons à une terrasse bien touristique qui propose bien cher, et sans grâce, la nourriture standardisée pour touristes peu exigeants mais affamés. Un croque-monsieur pour moi, une tartine gratinée pour Catherine.

les toits de Chambord

La dentelle de tuffeau blanc  incrusté de noir, ciselé de salamandres, chimères, coquilles…nous fascine. Impossible de compter les cheminées, tourelles, fenêtres spectaculaires qui hérissent les toits vers les nuages menaçants. Chambord, c’est d’abord cette féerie de pierre et d’ardoises.

le Camp du Drap d’or

Rêve d’un roi, François 1er qui a marqué tout l’édifice de salamandres et de son F royal. Château royal construit pour éblouir la cour et les invités du rois venus se divertir à la chasse. Faste pour impressionner. Ses successeurs, Henri II, Louis XIV, ont suivi sa trace. De Louis XIV datent les jardins à la française, les pelouses armoriées, le grand canal rappelant Versailles du Cosson canalisé. Plus tard Stanislas Leszczynski, roi de Pologne exilé y séjourna de 1725 à 1733. Le Maréchal de Saxe reçu  Chambord de Louis XIV en récompense. Enfin Henri, Comte de Chambord (1820-1883) dernier représentant des Bourbons, reçu le château à sa naissance l’administra avec passion depuis ses résidences autrichiennes et conduisit des campagnes des restauration.

Domaine des Chasses royales, on ne coupera pas à l’exposition de tableaux, tapisseries représentations de scènes de  vénerie, et aux nombreux trophées ornant les murs. Certains sont récents, datant du XXème siècle, provenant de Hongrie, ou d’Europe de l’Est. Qui les a chassés?

Cheminée, coquemar, tournebroche et lèchefrite

Les salles des Bourbons, des Illustres, ne m’ont pas passionnée. Evidemment la cuisine m’a intéressée avec des ustensiles pittoresques aux noms étonnants. Savez-vous ce qu’est un coquemar? Avez-vous vu un tourne-broche d’époque accompagné de sa lèche-frite. Sauriez-vous choisir le plat convenant à la morphologie d’une plie ou d’un turbot?

virtuosité de l’escalier

Virtuosité d’architecture que ces escaliers en double-hélice (facilitant les déplacement en temps de Covid, les montants ne croiseront pas les descendants) . A l’étage les voûtes en anse de panier sont décorées de caissons contenant alternativement une salamandre ou un F entouré de cordage marins. Je croyais que la Salamandre crachait du feu, j’ai appris ici  qu’elle avalait le bon feu et qu’elle était capable d’éteindre un mauvais feu. 

voûtes et salamandres

Promenade éblouissante sur la terrasse d’où on peut contempler de très près les décors sculptés dans le tuffeau.

Petite pause pour se désaltérer à l’ombre de vieux arbres bordant la grande pelouse. Un vent d’orage se lève pendant que nous regagnons nos montures. Je sors le KWay.

 

 

 

 

 

La Loire à Vélo de Blois à Amboise

la Loire à Chaumont

Merci à RandoVélo qui a organisé ce circuit!

RandoVélo a mis  disposition deux magnifiques bicyclettes électriques équipées de belles sacoches et de tout le matériel nécessaire, mise à notre taille de manière que nous n’avons eu qu’à les enfourcher sans règlages. 

RandoVélo a établi un circuit avec un itinéraire parfait sur pistes cyclables, routes de campagne peu fréquentées et même chemins de cailloux en forêt à travers des paysages variés. L’agence nous a fait parvenir à l’avance les traces GPX à intégrer à nos smartphones et nous a confié les cartes-papiers (que je préfère) . Ces circuits sont lisibles sur deux applications  GPX Viewer et RoadBooK , ce dernier n’a pas l’air tout à fait au point et utilise la GPS de Maps avec certaines confusions avec les itinéraires- voiture. Pour ma part, j’ai préféré suivre sur la carte en papier traditionnelle et je regrette un peu de ne pas avoir acheté la carte IGN pour mieux suivre. J’ai eu la chance d’avoir une coéquipière plus moderne qui a dirigé les opérations de son smartphone (prévoir une batterie de rechange, les applications sont gourmandes et la panne de courant serait catastrophique. 

Les tickets d’entrée aux châteaux de Chambord, de Chaumont et de Chenonceau fournis à l’avance évitent les attentes et les queues, gain de temps appréciable. 

Hôtels confortables  (avec garages à vélos)et restaurants gastronomiques ont été très judicieusement choisis pour un circuit parfait et même prestigieux. 

Un sans faute ! Certes, ce n’est pas donné mais par les temps de Covid qui réduisent le rayon de nos aventures on ne va pas mégoter. Encore eût-il fallu que la cycliste soit entraînée….

La Canne de Monsieur de Balzac – Delphine de Girardin

la Canne de Balzac est exposée au musée de la Maison de Balzac Rue Raynouard à la limite des anciens villages de Passy et d’Auteuil. C’est un bel objet, luxueux, plutôt ostentatoire de belle taille, incrusté de turquoises et d’une chaîne d’or ayant appartenu à Madame Hanszka. A la Maison de Balzac, elle est présentée accompagnée d’un texte un peu énigmatique : 

Cette canne, pense-t-il. Si cette canne était comme l’anneau de Gigès, comme Robert le Diable ! Si cette canne avait le don de rendre invisible !..Gigès avait un anneau qui le rendait invisible… Robert le Diable a aussi un rameau qui le rend invisible. Ah ! si
j’avais ce rameau !..

En effet, on peut imaginer que le don de Balzac de décrire avec précision tant de personnages dans leur milieu de vie ou professionnel ne pouvait s’expliquer que par une observation méticuleuse que seul un spectateur invisible pourrait obtenir. Le don d’invisibilité proviendrait-il de cette canne miraculeuse?

Comment se fait-il que M. de Balzac, qui n’est point avare, connaisse si bien tous les sentiments, toutes les
tortures, les jouissances de l’avare ? Comment M. de Balzac, qui n’a jamais été couturière, sait-il si bien toutes
les pensées, les petites ambitions, les chimères intimes d’une jeune ouvrière de la rue Mouffetard ? Comment
peut-il si fidèlement représenter ses héros, non seulement dans leurs rapports avec les autres, mais dans les
détails les plus intimes de la solitude ?

M. de Balzac, comme les princes populaires qui se déguisent pour visiter la cabane du pauvre et les palais du
riche qu’ils veulent éprouver, M. de Balzac se cache pour observer ;

j’ai cherché le texte d’où est tirée la citation : La Canne de Balzac de Delphine de Girardin , roman publié en 1836. 

Delphine de Girardin (1804-1855) était une écrivaine, une journaliste et tenait un salon fréquenté par  Théophile Gautier, Honoré de Balzac, Alfred de Musset, Victor Hugo, Marceline Desbordes-Valmore, Alphonse de Lamartine, Franz Liszt, Alexandre Dumas père, George Sand (source Wikipédia) , elle a écrit plusieurs romans en prose, des pièce de théâtre et des poème. C’est étonnant qu’une telle écrivaine ait laissé si peu de traces à l’heure actuelle. Moi qui imaginais George Sand comme femme originale la seule femme dans le monde littéraire! 

« Il y avait dans ce roman… – Mais ce n’est pas un roman. — Dans cet ouvrage… — Mais ce n’est pas un ouvrage.
— Dans ce livre… — C’est encore moins un livre. — Dans ces pages enfin… il y avait un chapitre assez
piquant intitulé : Le conseil des ministres On a dit à l’auteur : — Prenez garde, on fera des applications, on
reconnaîtra des personnages ; ne publiez pas ce chapitre. Et l’Auteur docile a retranché le chapitre.

L’Auteur les a sacrifiées… mais il est resté avec cette conviction : qu’une femme qui vit dans le monde ne doit
pas écrire, puisqu’on ne lui permet de publier un livre »

La Canne de Balzac fait assez peu intervenir l’auteur de la Comédie Humaine  qui se contente de prêter sa canne à Tancrède, le héros du roman, un très beau jeune homme provincial venu tenter sa chance à Paris. Éconduit par les protecteurs éventuels, il va à l’opéra, et découvre la canne

« Sur le devant d’une loge d’avant-scène se pavanait une canne. – Était-ce bien une canne ? Quelle énorme canne !
à quel géant appartient cette grosse canne ? Sans doute c’est la canne colossale d’une statue colossale de M. de
Voltaire. Quel audacieux s’est arrogé le droit de la porter ? Tancrède prit sa lorgnette et se mit à étudier cette
canne-monstre. – Cette expression est reçue : nous

Tancrède aperçut alors au front de cette sorte de massue, des turquoises, de l’or, des ciselures merveilleuses ; et
derrière tout cela, deux grands yeux noirs plus brillants que les pierreries. La toile se leva ; le second acte …. »

Tenue de la main gauche, cette canne confère à son porteur l’invisibilité. Tancrède à l’insu de tous se faufilera dans le cabinet du Roi, sera porteur d’un secret qui lui apportera la fortune. Le voilà riche! Il recherche ensuite l’amour. Toujours muni de la Canne de Balzac, il pourra s’introduire dans la chambre d’une femme mariée puis dans celle d’une très jeune fille naïve dont Tancrède tombera amoureux.

On a fabriqué des ruches en cristal, à travers lesquelles on voit les abeilles travailler : on devrait faire les
chambres des poètes transparentes pour les observer dans l’inspiration. Quel beau spectacle que celui d’une
riche pensée qui s’éveille ! Tancrède, grâce à son invisibilité, avait été à même d’observer la femme aux prises
avec la passion, en proie à ses souvenirs d’amour ; et maintenant il observe la jeune fille aux prises avec son
génie, en proie à ses involontaires désirs, à ses pures espérances d’amour. »

Fantaisie amoureuse?

Pas seulement  !

Delphine de Girardin est une fine observatrice qui nous fera découvrir la vie littéraire de son temps. On assiste à une lecture de vers de Lamartine par son auteur, on lit une lettre de Chateaubriand…. On va dans un  salon, au spectacle…

Surtout ce roman pétille d’esprit, de réparties, c’est léger amusant, drôle. Je pense à un Sacha Guitry sans la misogynie. j’ai souvent ri aux éclats et je n’ai pas regretté l’absence de Balzac alors que c’était lui que je cherchais.

 

 

Trois Maîtres : Balzac, Dickens, Dostoïevski – Stefan Zweig

BALZAC

Balzac par Rodin

Je ne suis jamais déçue par les biographies de Stefan Zweig! 

Court essai ( 80 pages, environ parce que je lis sur liseuse électronique) paru en 1908. Vous n’y lirez pas d’anecdotes croustillantes, peu de détails sur la vie de Balzac. Zweig ne s’appesantit ni sur la cafetière, ni la canne, ni sur les déboires avec les créanciers. Pour la petite histoire, chercher une autre biographie! En revanche, pour la littérature, Zweig est un maître!

Zweig aurait pu choisir Victor Hugo, auteur considérable, il a préféré  Balzac. En compagnie de Dickens et Dostoïevski, il  distingue Balzac dans

Un projet unitaire vise à montrer les trois grands et, à mon sens, les seuls romanciers du XIXe siècle comme des » types » qui, précisément à cause des contrastes entre les personnages se complètent et élèvent le concept de romancier, de créateur épique d’un monde ….

Chacun de ces artistes façonne une « loi de la vie », une conception de la vie à travers la multitude de ses
personnages, dans une perspective si unitaire qu’il est en fait à l’origine d’une nouvelle forme de monde. »

Balzac, démiurge en somme….

 » simplifie le monde pour pouvoir ensuite le dominer ; il comprime l’univers qu’il a ainsi dompté dans le
grandiose carcan de la Comédie humaine. »

Ce monde n’est pas imaginaire ni déconnecté de son époque, au contraire! Il s’inscrit dans les bouleversements de la Révolution et de l’Empire. Zweig souligne que :

« 1799, l’année de la naissance de Balzac, est le commencement de l’Empire…..

Pour quelqu’un prenant une part si intense à tout ce qui se passe autour de lui, pour un Balzac, il ne peut être indifférent que les seize premières années de l’éveil à la vie coïncident précisément avec les seize années de l’Empire « 

Napoléon inspire Balzac

qu’un homme sans appui, tout seul, un étranger, ait conquis de ses mains nues Paris, puis la France et puis l’univers, voilà un prodigieux caprice de l’histoire universelle que le jeune Balzac apprend à connaître…...

« ce n’est pour rien que sous un portrait de Napoléon : « Ce qu’il n’a pu achever par l’épée, je l’accomplirai par la plume. »

« Ses héros sont comme lui. Tous ont l’ambition de conquérir le monde… »

D’après Zweig, pour Balzac qui a travaillé dans l’étude d’un notaire, l‘argent est le moteur de la Comédie Humaine :

« Depuis que les privilèges de l’aristocratie sont abolis, depuis le nivellement des différences, l’argent est devenu
le sang, la force agissante de la vie sociale. »

 

« Tous ces héros calculent, comme nous le faisons malgré nous dans l’existence quotidienne. »

« .... de bonne heure il assista à cet extraordinaire bouleversement des valeurs, aussi bien intellectuelles que matérielles.
Il vit les assignats, qui, revêtus du sceau de la République, portaient engagement pour cent ou mille francs,
s’égailler au vent, comme des bouts de papier sans aucune valeur. Sur la pièce d’or brillant dans sa main, il voyait tantôt l’obèse profil du roi décapité, tantôt le bonnet jacobin de la liberté, tantôt la figure romaine du Premier Consul ou encore Napoléon en habit d’empereur. »

Sans donner tellement de détails Zweig décrit le processus de création comme de la chimie, il décrit un Balzac au travail :

« enfermé dans son hallucination comme dans une prison ; il était cloué comme un martyr à sa table de travail »

« On a rempli tout un livre d’anecdotes montrant combien, dans l’ivresse du travail, il croyait à l’existence de ses
personnages. »

Quelle riche et fine analyse! Maintenant il me reste Dickens à finir et Dostoïevski à découvrir.

Au Louvre – Peinture française : les Grands formats 1780-1850 –

TOURISTE DANS MA VILLE

Louvre, salle Daru et Sacre

Au contrôle des billets (électroniques) je demande où se trouve la Peinture Française. « Les salles du 2ème étage sont fermées, il faudra se contenter du 18ème et 19ème siècle » me répond le gardien.

Aile Denon, en haut de l’escalier de la Victoire de Samothrace, je trouve les Grands Formats. Deux  galeries, rouge sang, rouge impérial, séparées par le Salon Denon sont dévolues à la Peinture de 1780 à 1850.

La première met à l’honneur David et son monumental Sacre de Napoléon 1er. Toile immense (621 cm x 979 cm) battues de quelques décimètres par les Noces de Cana, elle attire le regard et occupe le centre du mur. On ne voit qu’elle. je ne m’attarde pas, si l’épopée de Bonaparte m’intéresse, les fastes de l’Empire m’agacent.

David autoportrait

Autour et en face, le tableaux historiques et romains de David : Les Sabines arrêtant le combat( 1799), Léonidas aux Thermopyles (1814), Le serment des Horaces (1784), Les licteurs rapportant à Brutus le corps de ses fils (1789). Ces tableaux néo-classiques donnent une ambiance héroïque et martiale qui s’accorde avec l’épopée napoléonienne glorifiée par le Sacre. En traînant dans les coins, en s’attachant aux plus petits tableaux, je découvre un Sommeil d’Endymion de Girodet, avec un éclairage presque caravagesque et une ambiance pré-romantique. David se révèle également un excellent portraitiste Avec le Portrait de Pierre Sérignat (1795) et d’Emilie Serignat. Un peu de fraîcheur dans cette solennité romaine virile. La plus grande tendresse est apportée par l’autoportrait d’Elizabeth Vigée-Lebrun en compagnie de sa fille. J’ai aussi aimé l’autoportrait de David.  Face au Sacre : la très célèbre Madame Récamier. Autant les scènes historiques, romaines et le Sacre me laissent froide, autant je suis touchée par David portraitiste.

Ingres Oedipe et le Sphinx

Plus avant dans la galerie, apparaissent d’autres artistes : Ingres et Gros. Ingres s’inscrit aussi dans la peinture antique avec Oedipe explique l’énigme au Sphinx (1808) et avec le très grand tableau d‘Homère déifié. Bien  sûr, sa grande odalisque est à l’honneur.

Je ne connaissais pas  Prud’hon , l’Enlèvement de Psyché et La Justice et la Vengeance divine poursuivent le Crime(1806) se déroulent dans une atmosphère fantastique avec des gris sombres et l’éclairage de la lune.

Le Salon Denon, carré est décoré d’un plafond spectaculaire : au centre un médaillon sculpté est sans doute une allégorie de la peinture entouré de quatre fresques au coloris pastels réalisés par Charles Louis Müller (1863-1866) chacune glorifiant le règne de quatre souverains mécènes : Saint Louis avec la Sainte Chapelle, François Louis XIV et Versailles, 1er à Chambord et Napoleon 1er devant l’arc de triomphe du Carrousel.

Une boutique de souvenirs occupe la moitié du Salon Denon et détourne l’attention des visiteurs des tableaux exposés qui ne sont pas mis en valeur. Il faut dire que la Salle des Etats débouche en face et que les visiteurs de la Joconde se précipitent sur les cartes postales après avoir fait leur selfie.

Gros Bonaparte visite les pestiférés de Jaffa (détail)

La Galerie Mollien est la réplique symétrique de la Galerie Daru qu’on vient de quitter : même rouge sang, même disposition. Si la première tournait autour de David, dans la Galerie Mollien, Géricault et Delacroix en sont les vedettes. Gros illustre les campagnes napoléoniennes, La visite de Bonaparte aux pestiférés de Jaffa, m’intéresse, j’aurais pu utiliser la photo pour illustrer Turbans et chapeaux de Sonnallah Ibrahim qui raconte cette anecdote ; cela me fait aussi penser à la visite à Beyrouth de notre Président(quelle coïncidence!). Son portrait de Murat chamarré aurait pu figurer dans mon billet relatant la visite à la forteresse aragonaise de Pizzo en Calabre où il a finit sa vie.

Gros Portrait équestre de Joachim Murat

Face  à Murat par Gros, un autre cavalier, par Gericault : Cuirassier blessé (1814) personnifie les incertitude et la vulnérabilité après les revers de 1812.

Au centre, à la place d’honneur : Le Radeau de la Méduse symétrique du Sacre de la Galerie Daru. Célébrissime. je suis surprise par son aspect sombre (sale?). Ces couleurs sales dramatisent la tragédie, seul signe d’espoir, les chiffons blancs qui volent au vent. Signe d’espoir ou violence de la tempête? Sur le mur d’en face, très grand et nettement plus colorée la toile du Massacre de Scio (1824) . De l’Antiquité grecque et romaine on glisse vers l’Orientalisme avec la Mort de Sardanapale. (1827). Du néo-classicisme on a évolué vers le Romantisme. Les guerres napoléoniennes sont finies, l’héroïsme et les scènes de bravoures trouveront leur inspiration dans les guerres d’indépendance de la Grèce. Sardanapale vient d’ailleurs d’un poème de Byron.

Delacroix : massacre de Scio

Les Femmes souliotes de Scheffer (1827-1828) et la Prise de Constantinople par les Croisés de Delacroix(1840) sont de la même veine.

1830, La Liberté guidant le Peuple m’apparaît presque petite à côté des énormes tableaux napoléoniens.

Dante et Virgile aux enfers(1822) est exposée à côté de la Liberté. Pendant que j’essaie de cadrer avec mon smartphone la barque de Dante, passent deux personnages, père et fils habillés d’une harmonie parfaite de jaune rouge et noir, (belges ou allemands?) Papa porte en bandoulière un téléobjectif de photographe animalier. Et que vise-t-il? non pas la Liberté qui ne nécessite pas un tel équipement, mais son fils en plein devant le tableau, en  masquant un bon quart. Chercher le spectacle dans les œuvres exposées, dans leur décor et aussi parmi les visiteurs!

1834 Les Femmes d’Alger, marquent les conquêtes coloniales.

Elacroix mort de Sardanapale

Jeanne d’Arc d‘Ingres et Suzanne de Chasseriau gardent la porte de sortie de la Gallerie Mollien. Nous parvenons alors dans un autre salon carré : Le Salon Mollien occupé par une belle cafeteria : self service avec les fenêtres qui regardent les Tuileries et l’Arc de Triomphe du carrousel. Côté cour et pyramide, une belle terrasse est installée au dessus du bassin et un petit jet fait un bruit rafraîchissant . Surtout, être à l’extérieur à une terrasse de café permet d’ôter un moment le masque. Qui sont les personnages géants debout dont je ne vois que le dos?

Maison de Balzac – La Comédie Humaine par Arroyo

TOURISTE DANS MA VILLE 

Balzac par Arroyo

La Maison de Balzac a été rénovée récemment, je me suis dépêchée d’aller visiter  l’exposition Comédie Humaine par Arroyo qui se termine le 16 Août.

Maison de Balzac

La Maison de Balzac est situé rue 47 Raynouard, à mi-pente sur la colline de Chaillot, à la limite entre les villages d’Auteuil et de Passy. Construite sur une terrasse d’où il y a une belle vue. Un jardin y est installé et un café qui semble très accueillant. Promenade tranquille. Wikipédia raconte que Balzac s’y était installé sous le pseudonyme de Monsieur Breugnol pour fuir ses créanciers et qu’il avait chois cette demeure parce qu’elle disposait de deux entrées (l’autre au 24 de la Rue Berton). J’aime bien ces anecdotes. Balzac occupa cette maison de 1840 à 1847.

la cafetière de Balzac en porcelaine de Limoges

Le musée conserve peu de souvenirs personnels : la cafetière en porcelaine de Limoges,  la canne ornée d’or et de turquoises. Cette canne a inspiré un roman à Emilie de Girardin qui est  disponible gratuitement en lecture électronique et que j’ai téléchargé de retour à la maison. Cette canne aurait  été acquise à la suite du succès d’Eugénie Grandet, ce serait un objet magique conférant l’invisibilité à son porteur. Seul le cabinet de travail est meublé avec son bureau, son fauteuil, une bibliothèque et la  cheminée au manteau sculpté de noyer et tilleul.  

manteau de la cheminée de Balzac noyer et tilleul

En revanche, les images, bustes, têtes de Balzac me fourniront assez d’images pour les futures lectures communes de la Comédie Humaine et aussi de lectures personnelles.

Balzac par David d’Angers

Une salle est entièrement couverte de citations d’écrivains ou critiques : une lettre de Marie d’Agout (1857), des textes de Simenon, Marguerite Duras, Cendrars, Mauriac, Proust,  Henry Miller….

Plaque pour la gravure de Pierrette;

Une autre pièce contient une bien intéressante exposition : les manuscrits, épreuves corrigées et différentes éditions revues par l’auteur de Pierrette. On voit les rajouts dans les marges des épreuves qui augmentaient le texte de moitié. Cette recherche de la perfection exigea 13 épreuves.

Une autre salle est couverte de vitrines présentant les plaques des gravures qui ont servi à illustrer la Comédie Humaine. toutes utilisent la même technique de gravure sur bois et étaient imprimées en même temps que le texte.

la vendetta

2500 personnages apparaissent dans la Comédie Humaine; pas étonnant que je n’en connaisse qu’une toute petite fraction! Les érudits doivent se régaler.

Arroyo Elisabeth Baudoyer

Je découvre Eduardo Arroyo,  plasticien espagnol. Né en 1937 à Madrid, il quitte l’Espagne franquiste en 1958 pour Paris. A la suite d’une exposition à Madrid : les quatre dictateurs, il ne peut plus retourner en Espagne avant la mort de Franco et ne s’y réinstallera qu’en 1977. Les cartels parlent plutôt d’une rêverie-promenade  dans le monde de Balzac et d’Aragon où littérature et peinture se fondent.

 

Arroyo le père Goriot

j’ai surtout été étonnée par la technique des collages que le plasticien a employée. Mosaïque ou marqueterie? Les pièces collées sont des photographie découpées qui forment un puzzle. Le plus souvent du noir et blanc, parfois sépia, plus rarement en couleur. je m’approche, je cjerche l détails qui ne sont pas anodins. le résultat est bluffant.

Balzac et madame Hanska

Il a réuni Balzzac et Madame Hanska pour un collage original (noter que la dame n’est pas madame Hanska mais une élégante anonyme)

Et pour finir un peu d’humour : tout le monde connait Jean Mineur Balzac 0001 des publicités du cinéma

Balzac 0001

Au Louvre – Peinture Italienne dans la Grande Galerie et la Salle des Etats

TOURISTE DANS MA VILLE

Paolo Uccello – la Bataille de San Romano

La Grande Galerie fut construite entre 1595 et 1610. Décorée par Nicolas  Poussin, elle abrita les Plans-reliefs de 1697 à 1777. Le Musée fut ouvert en 1793.

Elle abrite la peinture italienne et les chefs d’oeuvre les plus connus. Grands tableaux accrochés chronologiquement  qui se répondent. Parfois deux maîtres ont traité le même thème et se retrouvent proches.

Je remarque d’abord la Bataille de San Romano d’Uccello (1440-1445), composition extraordinaire ds lances et des pattes des chevaux où seul au milieu Micheletto da Cognole coiffé d’un turban se détache sur des anonymes chevaliers en armure.

je découvre des peintres dont je n’avais jamais entendu parler : Bondone, Lo Zoppo (1455)

Lo Zoppo – la Vierge entourée de 8 anges

Le Saint Sébastien de Mantegna (1480) fait face à celui du Perugin (1450). Même sujet mais deux tableaux si différents. Le martyre est accroché à un pilastre antique à l’avant d’un paysage pittoresque chez Mantegna.

En face je retrouve Mantegna dans un sujet tout à fait profane : Minerve chassant les vices dans les jardins de la vertu qui fait partie d’un ensemble de cinq tableaux peints par des artistes différents (Mantegna, Perugin Costa) mais dans des formats et des cadres identiques pour la Duchesse de Mantoue. C’est un Mantegna inattendu, j’ai beaucoup aimé les amours à ailes d’insectes et aussi les citrons rafraîchissants.

Mantegna : Minerve chassant les vices dans les jardins de la Vertu (détail des amours avec des ailes de papillons ou de libellules)

Après Saint Sébastien, Saint Jean Baptiste, de Leonard da Vinci, de son atelier, transformé en Bacchus? Raphael l’a aussi représenté avec le geste de l’index.

Saint Jean Baptiste Leonardo da Vinci (1513-1516)Lumineuse Prédication de Saint Etienne à Jérusalem de Carpaccio (1514) qui s’est amusé à donner une tonalité orientale avec les barbes et turbans et constructions pittoresques

Carpaccio : Prédication de Saint Etienne

Un micro rappelle les prescriptions sanitaires pour la Covid19 : nous approchons de la Salle des Etats  transformée en salle d’embarquement d’aéroport pour canaliser les fans de Monalisa que je snobe. Ne pas se laisser intimider par le labyrinthe : les peintres vénitiens sont accroché là. On ne peut ignorer la toile géante de Véronèse : Les noces de Cana (1563 m ) de presque 10 m x 7 m. Une guide montre aux enfants le peintre qui s’est représenté, les 123 personnages et les laisse chercher les 6 chiens. Dans les Pèlerins d’Emmaüs, je note encore la présence des chiens ; aniamaux fidèles, ils symboliseraient les chrétiens.

Véronèse : noces de Cana (détail ds musiciens et des chiens)

Titien et Tintoret sont un peu dans l’ombre, dommage!

Une médiatrice fait remarquer qu’il y a deux tableaux presque identiques :La Vierge et Sainte Catherine d’Alexandrie et un lapin du Titien. Celui du haut est une copie de Manet ! 

Titien : Vierge au Lapin

Retour dans la Grande Galerie, dans la deuxième moitié du 16ème siècle : Correge et Andrea del Sarto autour de Raphael. 

Je ne veux pas quitter la Galerie sans un regard pour Caravage avec la Diseuse de Bonne aventure je préfère celle de Rome mais surtout le portrait impressionnant d’Alof de Wignancourt, le Grand Maître de l’Ordre de Malte. Nous sommes arrivés au 17ème siècle avec les frères Carrache et Cavalier d’Arpin. 

Cela fait plus de 2 heures que je transpire sous le masque…Je reviendrai bientôt pour la suite!