Pour commencer ce mois d’Avril du printemps des Artistes :
Exposition temporaire jusqu’au 29 mai 2023
matisse : Odalisque au coffret rouge 1927
L’Orangerie présente les œuvres de Matisse « au tournant des années 30 » avec pour fil conducteur la revue LES CAHIERS DE L’ARTfondée en 1926 à laquelle Matisse et Picasso vont contribuer. C’est une période de doute pour Matisse qui va se consacrer au dessin, à la grande peinture décorative et va explorer de nouvelles techniques comme les papiers découpés de ses grandes compostions de La Danse.
Femme à la voilette (1926-1927)
C’est aussi en 1927 que les Cahiers d’Art publient L’Art Nègre avec la collection de Paul Guillaume – coïncidence, je viens de terminer l’étude de Diagne sur Senghor : l’Art Africain comme philosophie qui fait longuement référence aux écrits de Paul Guillaume –
Fenêtre à Tahiti – c’est un carton de tapisserie
Autour de 1930, Matisse fait un tour du monde, en Océanie sur les pas de Gauguin puis aux Etats Unis, Martinique et Guadeloupe. Sur un mur, présentation d’un film muet Tabou réalisé par Murnau et Flaherty – splendides images de cocotiers et de jeunes gens couronnés de tiaré.
la salle suivante est consacrée à la DANSE un film montre Matisse ajustant les papiers découpés avec une longue baguette et un escalier roulant.
Dans une grande salle grise les dessins de Matisseet ceux de Picasso sont encore présentés. une certains analogie dans l’inspiration : Picasso illustre les Métamorphoses d’Ovide, Matisse, l‘Ulysse de James Joyce. Les deux dessinent des nymphes et des satyres. Matisse illustre aussi les Poésies de Mallarmé.
Eole
Les sculptures des deux artistes se répondent : baigneuse de Picasso et deux Vénus à la Coquille de Matisse.
le Chant
Retour à Nice pour Matisse. La période de doute en peinture cède la place à une explosion de couleur dans Les Jardins d’hiver
odalisque à la robe persane jaune anémone
Après toutes ces études, la dernière salle est un feu d’artifice de couleurs vives, de motifs fleuris, fleurs, fruits, oranges citrons, anémones. Matisse peint son modèle au milieu de l’atelier et joue avec les motifs de sa robe rayée ou de la blouse roumaine.
Portrait de Senghor , Hostie Noires 2021 Roméo Mivekannin
Dans cette exposition Senghor et les Arts on apprend peu sur l’homme que fut Senghor, ses apprentissages, ses études ou sa famille. Senghor est présenté ici, comme président qui donna une importance capitale à la culture, l’inscrivant dans son gouvernement. Il était combattant de la négritude, concept inventé par AiméCésaire, courant vivant de métissage paritaire, civilisation de l’universel.
Modou Niang – Oiseau mystique – tapisserie de Thiès
L’exposition du Quai Branly fait m’inventaire des réalisations comme la Manufacture des tapisseries de Thiès, le théâtre national Daniel Sorano (1965), L’école de Dakar proposant des enseignements de théâtre et de danse, Ecole de danse Mudra-Afriqueen collaboration avec Béjart….
Hosties Noires – installation rendant hommage aux tirailleurs sénégalais à Châlons en Champagne
le Festival mondial des Arts Nègres de Dakar (1966) est un aboutissement « rendre visible l’homme noir dans sa diversité«
Diverses expositions d’artistes occidentaux se tinrent à au Musée dynamique de Dakar : Picasso, Soulage, Hundertwasser, Chagall.
Parallèlement une exposition au Grand Palais à Paris a mis à l’honneur les artistes sénégalais.
Cherif Thiam1973
Toutefois, Senghor fut contesté surtout dans la mouvance de 1968 en dénonçant les connivences avec la France et exigeant plus de visibilités pour les mouvements anticolonialistes.
Senghor poète
Balafons et koraillustré par Masson
Un autre aspect de l’exposition est l’édition des poèmes de Senghor illustrés par les artistes les plus renommés de l’époque , Chagall, Masson, Hartung, Soulage, Vieira da Silva, …
Poème illustré par Zao Wou Ki
j’ai beaucoup aimé cette reine de Saba de Etienne Hadju. je regrette que la photo ne soit entachée d’un reflet parasite
Reine de Saba – Etienne Hadju
j’ai aussi bien apprécié l’exemplaire de l’hebdomadaire le UN avec la participation de Mamadou Diouf, de Mohamed Mbougar Sarr entre autres.
Découverte d’une artiste afro-américaine puissante !
Parcourir l’exposition rétrospective Faith Ringgoldc’est découvrir une plasticienne marquante utilisant diverses techniques . C’est aussi parcourir 60 ans de l’histoire américaine, de 1963 où fut proclamée la fin des discriminations raciales et où Martin Luther King a prononcé son fameux discours « I Have a Dream«
Série Black light : invisible woman 1968
Black is beautiful : En 1968, Faith Ringgold peint sa série Black Light
Dans cette série, elle peint 6 portraits presque identiques sur une sorte de nuancier où le fond passe du brun foncé au beige
American peopleSerie US Postal Stamp commemorating the Advent of Black Power (1967)
les créations de Faith Ringgold illustrent les luttes de Black Power (1967)
En novembre 1970 : The People ‘s Flag show , expositionà Judson Memorial Church où le drapeau américain et la carte des Etats Unis furent détournées, les organisateurs, dont Faith Ringgold furent arrêtés pour profanation du drapeau national.
1971 AMERICA FREE ANGELA (papier découpé)
Angela Davis fut emprisonnée en 1970. Un autre collage est ouvertement féministe. les couleurs Rouge/Vert/Noir sont les couleurs panafricanistes.
WOMAN FREEDOM NOW (1971)
Faith Ringgold découvre à Amsterdam les peintures sur tissu tibétaines et népalaises qui l’inspirent pour une série textile où elle peint Martin Luther King et abord la question de l’esclavage dans la série de TankasSlave Rape
1974 tanka Slave Rape
Elle utilise la tradition des Quilts (patchwork) que les femmes américaines réalisent en famille et coud des bordures autour des peintures sur tissu, autour des bordures un texte très dense raconte l’histoire de la peinture dans Bitter nest .
Quilt : french collection les demoiselles d’avignon
la French collection est aussi une série de Quilts dont celui des Demoiselles d’Avignon
Quilt french collection Café des artistes
Dans le café des artistes on peut reconnaître Toulouse Lautrec, Utrillo, Gauguin, Van Gogh en compagnie d’artistes américains et Faith Ringgold elle-même.
Gospel performance raconte la mort d’un couple d’Afro-américain, couple de mannequins et des endeuillés .
Gospel Performance : the flag is bleeding (1997)
Certaines œuvres sont très colorées comme les tournesols
Faith Ringgold est aussi impliquée dans le mouvement plus récent Black Lives Matter. Le combat pour les Droits Civiques n’a toujours pas abouti!
Exposition temporaire à l’Institut du Monde Arabe jusqu’au 26 mars 2023
Grande frise 1949
Baya jeune paysanne kabyle qui travaillait dans une ferme horticole, a rencontré en 1942 un couple arrivé en Algérie, fuyant l’occupation allemande. Marguerite Caminat qui a reconnu ses dons lui donne ses chances en lui permettant de peindre, d’apprendre à lire.
illustration des contes
Elle illustre des contes qu’elle a entendu auprès des femmes kabyles. Si ses premiers dessins sont enfantins (elle a 14 ans) rapidement elle développe son style personnel qui séduira les personnalités reconnues comme André Breton, Dubuffet ou Picasso.
Baya 16ans
En novembre 1947 la Galerie Maeght lui offre une exposition, Baya a 16 ans.
Baya refuse de se laisser classer peintre surréaliste ou de l’Art Brut. Elle reste elle-même. En 1948, séjour à Vallauris, elle sculpte la terre
La fraîcheur des couleurs séduit
Elle peint le plus souvent des femmes, des animaux et des végétaux.
en 1953, elle se marie à un musicien, lui donne 6 enfants et cesse de peindre. mais après l’indépendance de l’Algérie, le Musée d’Alger expose ses tableaux ce qui la motive à recommencer .
Elle peint des paysages, des natures mortes avec des instruments de musique et toujours des oiseaux, des poissons et des femmes …
« Du moment où j’ai découvert la campagne à la périphérie d’Aulnay-sous-Bois, même sous l’aspect peu engageant d’un champ de maïs desséché et d’un chemin sans issue, l’idée m’est venue de suivre tout autour de Paris sa limite, ou du moins la ligne incertaine, émiettée, soumise à de continuelles variations, de part et d’autre de laquelle la ville et la campagne, ou les succédanés de l’une et de l’autre, se confrontent. »
A la suite de la lecture du Pont de Bezons, j‘ai suivi avec beaucoup de plaisir le parcours à pied autour du Grand Paris à la recherche des confins entre la métropole urbanisée et la campagne. Rolin a bouclé ce tour complet en commençant à Aulnay-Sous-Bois le 2 Août 2020 pour y revenir le 24 avril 2021, parachevant son périple par une seconde Traversée de Bondoufle.
Rolin a noté avec une précision confinant à la maniaquerie parfois, toutes ses observations avec le noms des rues et routes. A l’occasion j’ai appris un mot odonymie.Sa démarche ne manque pas d’humour :
» Que le chemin des Glaises soit justement boueux, c’est le genre de petites satisfactions que ménage de temps à autre une entreprise aussi vaine que la recherche de la limite entre ville et campagne. »
Cette entreprise coïncide avec la tentative d’occuper une ZAD à Gonesse :
« dimanche 7 février 2021, « par un froid glacial », comme la presse ne manquera pas de le souligner, quelques dizaines de militants ont établi à Gonesse une nouvelle ZAD, ou « zone à défendre », en plantant leurs tentes sur un terrain vague enclavé entre la D 317, la carcasse évidée d’un hôtel de bas de gamme en cours de démolition, la ferme de la Patte d’Oie et le chemin dit « de la Justice ». De l’autre côté de celui-ci s’étendent sur quelques centaines d’hectares des terres agricoles, au milieu desquelles doit être implantée une gare du Grand Paris Express dont les occupants de la ZAD ne doutent pas qu’elle entraînera l’urbanisation accélérée »
Le promeneur recherche l’emplacement de la ZAD sans être investi d’une mission militante, d’ailleurs, la ZAD a été évacuée par la police à sa seconde visite. Cependant l’établissement de ces « zones à défendre » marquent une tentative d’arrêter l’urbanisation galopante et la bétonisation de la campagne. Plus loin dans le livre, à Brou- Chelles, il note un autre emplacement menacé par l’entreprise Placoplâtre .
Sans entrer dans le détail de son grand tour, il note toutes les installations caractéristique de la limite entre ville et campagne
« Parmi les commodités qui fleurissent sur la limite entre ville et campagne, à côté des établissements d’enseignement et des équipements sportifs, des Ehpad et des centres équestres, des plateformes logistiques et des terrains de golf, des lieux à l’abandon et des installations militaires à demi enterrées mais trahies par leurs longues oreilles, à côté des fortifications déclassées ou des campements roms, il faut compter aussi, comme je devais le vérifier à maintes reprises au cours de ce périple, avec les petits aérodromes voués principalement aux activités de loisir. »
Je remarque la permanence de ces installations aussi bien dans le Val d’Oise, qu’en Essonne ou en Seine-et-Marne. Récurrence aussi des décharges de gravats ou de déchets qui enlaidissent la campagne quand ce ne sont pas des labourages sciemment organisés pour empêcher des squatteurs de s’y installer.
J’ai parcouru quelques uns de ces itinéraires avec le Voyage Métropolitain je retrouve ici les souvenirs de balades moins aventureuses puisqu’elles étaient en groupe et guidées. J’ai beaucoup souri aux passages de Boissy-Saint-Léger dans la forêt Notre Dame que je sillonne par tous les temps. mais où est donc cette Ferme de Beaurose que je n’ai jamais remarquée?
De Bondoufle, je n’apprendrai pas grand-chose, pourquoi a-t-il choisi cette commune pour la consonnance un peu originale qui rimerait avec pantoufle? Il ne la traverse que p. 140 sans y trouver rien d’extraordinaire si ce n’est une « extraordinaire monotonie » Et pourtant, il y est retourné avant de terminer son livre
« C’est alors que commence la traversée de Bondoufle à proprement parler, menée de bout en bout le long de la rue de Villeroy, que je tiens à tort ou à raison pour l’artère principale de cette ville. Je n’ai pas songé, pas plus lors de ma première visite que lors de la suivante, au mois de juin, à minuter la durée de cette traversée de Bondoufle par la rue de Villeroy, mais je ne pense pas qu’en marchant d’un pas normal elle m’ait pris beaucoup plus d’une demi-heure, y compris plus longue, que j’ai remarqué à quel point l’homogénéité de l’habitat pavillonnaire, récent pour la plupart, l’abondance et la qualité de la verdure, mais aussi l’extraordinaire monotonie qu’exhalait cet environnement, à quel point tout cela m’évoquait les quartiers résidentiels d’une petite ville australienne, »
j’ai préféré Le Pont de Bezons qui est un coup de cœur mais je relirai volontiersLa Traversée de Bondoufle comme un topoguide quand mes pas me mèneront dans ceux de Rolin.
Le kimono est un des symboles de la culture japonaise.
Pendant l’ère Edo (1603-1868) , le kimono est associé au « monde flottant » avec divertissement et érotisme ; le kimono est un moyen d’afficher son statut social.
« monde flottant » divertissement sur l’eau
Les kimonos atteignent un tel degré de sophistication que des des lois somptuaires ont été édictées pour freiner les surenchères. Broderies, fils d’or, paysages illustrant des poèmes connus comme le « Temple d’Ishiyima »
Au temple d’Ishiyama La lune éclairant Le petit lac de Grèbe est aussi merveilleuse Qu’aux baies de Suma et Akashi
Les broderies ou les teintures sont variées. il existe des kimonos masculins et féminins, des kimonos d’été légers et des sur-kimonos.
Le Japon est fermé-théoriquement – au commerce, les échanges uniquement par l’intermédiaire des Néerlandais, pourtant certains tissus ont parcouru une longue distance de Coromandel (Indes), par la Thaïlande et même parfois d’Angleterre. Les kimonos sont présentés avec un luxe d’accessoires en laque ou écaille ou métaux travaillés : peignes, boites pour maquillage, peignes, aiguilles à chignon. Des estampes illustrent la toilette
une élégante à sa toilette
1859 : ouverture du Japon au commerce extérieur avec l’ère Meiji les hommes adoptent le costume occidental et le kimono devient un apanage des femmes gardiennes de la tradition. En même temps, le kimono devient à la mode en Europe et aux Amériques. Victoria et Albert firent l’acquisition d’un kimono en 1891, représentation de Madame Butterfly (1904) et déclinaison du kimono en toutes sortes de modèles pour l’exportation : robe de chambre pour l’Ecosse (bien chaude) robe imitant un kimono
Robe ou kimono?
Ces kimonos sont présentés avec un luxe d’explications techniques : matières, teintures, broderies (teinture à la pâte de riz, par ligature…) .
Surkimono rouge de la mariée brodé de grues
La dernière partie de l’exposition est résolument moderne. On y découvre l’usage actuel du kimono : essentiellement rituel : mariages, ou présentation d’enfants au temple shinto
kimonos d’enfant
A côté des kimonos dédiés à la tradition et aux cérémonies, toute une section de l’exposition montre l’inspiration très moderne dans le monde du spectacle et de la haute couture. Des stars comme David Bowie, Björk, Freddie Mercury ont porté des costumes de scène très japonisants. Sans parler de Starwars
le kimono au cinéma : Starwars et Kurosawa
Enfin nous assistons à un défilé Haute Couture avec Galliano (entre autres) et des créations modernisant le kimono pour en faire un article ultra-moderne comme un kimono « camouflage » ou l’obi est remplacé par une ceinture de cuir, ou une version costume et toutes sortes de variations
Comme chaque fin janvier le Collectif du Lac de Créteil organise une promenade guidée au Lac. Convivialité occasion de rencontrer des spécialistes : ornithologistes, entomologistes, urbanistes, jardiniers-paysagistes selon les années.
le site de Seine Amont et les gros yeux de JR sur les digesteurs
Cette année c’est le SIAAP(service public de l’Assainissement des eaux) qui ouvre la séance. La station d’épuration de Valenton(site Seine-Amont) traite les eaux usées (et pluviales) . Deux filières : eaux traitées et déversées dans la Seine, et valorisation des boues (agricole et énergétique avec production de biogaz dans les digesteurs décorés par JR) . Le service environnement est soucieux des nuisances olfactives éventuelles et recrute sur Créteil des Jurés de nez volontaires capables d’alerter de mauvaises odeurs éventuelles. Le site du SIAAP es très étendu (71 ha dont 12 ha d’espaces verts où vit une faune sauvage variée : hérissons, lapins, renards….
A l’occasion, le délégué du SIAAP nous signale le fléau des lingettes qui gêne l’épuration des eaux avec le slogan « pas de lingettes dans les toilettes ».
Ce dernier week-end de janvier est également le Week end de Comptage des oiseaux des jardins : comptage des oiseaux très communs que chacun peut faire sur son balcon ou son jardin en une heure. Avec ce comptage participatif, un grand nombre de données collectées par le Muséum d’Histoire Naturelle, sera un indicateur des tendances de la biodiversité.
Ces sorties organisées par le Collectif du Lac de Créteil sont des occasion de science participative. Au printemps 2022, avec I-naturalist , nous avions participé à l‘inventaire de la faune et de la flore. Participer à ce genre de programme est tout à fait enthousiasmant. Chacun à son niveau peut apporter sa brique à la construction de la banque de donnée. Maintenant la science sait utiliser ces observations en très grand nombre (big data).
Dans le même esprit, les entomologistes de l’OPIE (office pour les insectes et leur environnement)sont venus avec leurs brochures mais aussi avec leurs outils de travail : filet « trouble-eau », pinces, loupes pour pêcher les chironomes du lac.
Les chercheurs de LICHEN-GO! avec loupes, clés de détermination et grillages font un inventaire des lichens , indicateurs de la qualité de l’air. On peut ainsi apporter ses observations au projet PARTICITAE (observatoire de recherche et dispositif participatif de l’environnement urbain). Ils ont distribué le Protocole que chacun peut suivre pour participer au dispositif.
La grippe aviaire étant signalée sur le Lac de Créteil, nous avons évité le débarcadère où se rassemblent les bernaches qui quémandent du pain des habitués du nourrissage. Occasion de répéter que le nourrissage avec du pain est tout à fait nocif pour les oiseaux sauvages : très pauvre en nutriment, ce n’est pas un bon aliment pour eux, la mie a tendance à gonfler dans leur appareil digestif et à causer des gênes aux anatidés. C’est très difficile de faire passer le message. De nombreuses personnes sont heureuses d’attirer autour d’eux les oiseaux. Pour d’autres, l’impression de faire une « bonne action » en ne jetant pas le pain, a des origines presque religieuses.
A l’arrière du NOVOTEL j’ai découvert la plantation d’une douzaine (peut être plus) de jeunes arbres. Les forêts urbaines sont à la mode! Nos édiles se vantent du nombre d’arbres plantés dans la commune et en font un argument de leur action environnementale. Encore faut-il respecter les grands arbres et ne pas les abattre quand ils sont « gênants » « malades » voire morts. Un jeune arbre ne remplace en rien un jeune. Un arbre c’est une communauté végétale et animale, de champignons, bactéries, insectes, oiseaux spécifiques. Si on remplace un arbre par une autre espèce on risque de perdre l’oiseau qui lui est inféodé : si on supprime un aulne, on perdra également le tarin des aulnes, si on coupe les phragmites on perdra le bruant des roseaux…. le saule ci-dessus a l’air en mauvais état mais on constate qu’il héberge de nombreux hôtes qui ne viendraient pas dans les « hôtels à insectes » (image attrayante en greenwashing). D’ailleurs l’arbre creux ne vit pas du bois du centre du tronc mais de l’aubier en périphérie et l’on voit bien que les rameaux sont tout à fait vivants.
A ce propos un intervenant de Saint Maur vient plaider pour le vieux chêne de Saint Maur , arbre remarquable, ayant posé pour des cartes postales, menacé par un promoteur qui a obtenu un permis de construire posthume signé d’un architecte décédé voici trois ans! pétitions et manifestations en ce moment à Saint Maur!
Surprise pour moi qui n’ai pas fréquenté le lac depuis un certain temps : une nouvelle construction meuble la grande pelouse : un accrobranche géantqui va de platane en platane et qui a nécessité l’érection d’une grande cage en face de la piscine à vagues. Certains naturalistes soulignent que les dispositifs d’accrochages pourraient être vecteurs de maladie pour les platanes. Je n’ai pas d’idée.
Je remercie encore les organisateurs du Collectif du Lac de Créteil pour cette balade très intéressante!
exposition temporaire : Musée Cernuschi jusqu’au 19 février
J’avais été éblouie par l’exposition de peinture ancienne peindre hors du Monde. L’affiche dans les couloirs du métro me faisait de l’œil.
L’exposition se déroule dans 6 salles :
Ecriture ancienne et peinture moderne au début du XXème siècle: sans surprise des calligraphies, des paysages, des motifs végétaux ou animaux
.
pêcher
moderniser la peinture entre Chine et Japon
j’ai adoré le gibbon, dommage que ma photo soit ratée!
les artistes chinois sont allés apprendre de nouvelles techniques au Japon. Ils ont aussi utilisé la photographie pour des cadrages spectaculaire comme la falaise rouge
Détail de La falaise rouge Zhang Daqian
3. Un exil intérieur : à la découverte des peuples de l’Ouest
le Japon a occupé une bonne partie de la Chine, dans les années 30-40, certains artistes se sont repliés à l’ouest. La route du thé : sur un rouleau horizontal, en plusieurs tableau montre le thé chargé à dos d’homme, puis dans des caravanes de chameaux est m’oeuvre que j’ai préférée
la route du théla route du thé
4. peindre le nu à l’encre vers un art universel
Des Chinois allèrent à Montparnasse s’initier à La Grande Chaumière à la peinture occidentale et enrichirent la peinture chinoise de la peinture du nu qui n’était pas un thème traditionnel
nu
5. peinture rouge dessins et encres révolutionnaires
Sans trop de surprise, ces œuvres s’apparentent au peintures soviétiques, ici à la gloire du Grand Timonier
Pluie de printemps
6. entre deux mondes dialogue avec l’abstraction
Zao Wou ki
On retrouve Zao Wou Kisans surprise . Je découvre un autre plasticien qu’on voit peindre un seau à la main, faisant des grandes dégoulinades, étalant l’encre à pleines mains : Walasse Ting dont j’ai retenu ce corbeau
corbeau Walasse Ting
7. Couper le fil du cerf-volant?
la dernière section pose la question de la transmission de la tradition. Les Chinois peuvent créer de la peinture résolument contemporaine ou poursuivre la tradition;
Tout à fait à sa place au Musée Marmottan qui conserve Impression, soleil levant, le tableau fondateur de l’Impressionnisme, misà l’honneur au milieu de l’exposition sur un panneau doré.
Le Soleil a été vénéré par les Egyptiens, dans l’entrée des scarabées solaires encadrent une jolie peinture ancienne. Le soleil perd sa position dominante ave le christianisme, créé le 4ème jour de la Genèse, il devient accessoire et périphérique. La lumière caravagesque de l‘Adoration des Bergers de Van Honthorst ou tombant sur l’Astronomede Giordano ne provient qu’indirectement. Le soleil a quand même été représenté dans la Vision de Saint Benoit de Del Biondo et sur les cartes du tarot d’Antonio Cigognara
Del Biondo : vision de Saint Benoit
Du Géocentrisme à l’héliocentrisme le soleil retrouve sa position centrale vers la Renaissance et Galilée. La mythologie fournit les mythes d’Icare et de Phaeton
Saraceni (1579-1620) Chute d’Icare
De merveilleux tableaux ensoleillés de Rubens, Le Lorrain et Vernet
Rubens : Paysage à l’oiseleurLe Lorrain : l’embarquement de Sainte Paule à Ostie
le Soleil, c’est aussi le Roi-Soleil, Louis XIV représenté en tenue d’Apollon en costume de ballet, ou sur le plafond de Versailles : Lever de soleil dit aussi Char d’Apollon
Turner est vraiment le maître de la lumière avec le Soleil couchant à travers la vapeur, illustrant la diffraction de la lumière étudiée en ce temps-là. J’ai bien aimé le tableau doré
Turner : Terrasse à Mortlake
Soleil romantique, soleil mystique de Caspar David Friedrich dans deux petits tableaux : La Croix dans le Bois ou Le Matin de Pâques
Caspar David Friedrich : Croix dans le bois
Impression au soleil levant, est accompagné d’un joli Boudin, de Signac, Pissaro plus attendus dans le Musée de Monet.
Signac : le port de Saint Tropez
j’ai beaucoup aimé les deux Vallotton : un Coucher de soleil orange sur Honfleur très spectaculaire et presque abstrait Le coucher de soleil à marée haute, gris bleu
Vallotton, Coucher de soleil marée haute gris-bleu
Moins apprécié le Maurice Denis : Saint François d’Assise et la Crucifixion de Van Sauck.
Otto Dix : Soleil levant (1913)
le Soleil levant de Dix , clin d’œil à Van Gogh ,semble prémonitoire : peint en 1913, il semble annoncer le carnage de 14-18 . Pour mémoire, Delaunay. Inconnus de moi : Trachsel(1909) et Morgner.
Après 1915 et la théorie de la Relativité, le soleil perd un peu de sa place centrale pour devenir une étoile parmi d’autres comme on l’imagine avec les constellations de Baranov-Rossiné peintre ukrainien que je découvre ici.
Baranopv-Rossiné : nymphes , centaures
A l’occasion Fromanger a peint un énorme soleil jaune qui dégouline, à l’entrée de l’exposition et un grand tableau très impressionnant
Fromanger
la procession qui va vers le soleil fait perdre l’équilibre des spectateurs, on est étourdi. Belle conclusion!
Deux expositions Ouzbékistan à Paris simultanément : il ne s’agit pas de doublon. Au Louvre, 1900 ans d’histoire de la conquête d’Alexandre (329 av JC) jusqu’au Shaybanides (1500-1598). A l’Institut du Monde Arabesoieries et or au XIX ème siècle, splendeur et pouvoir des émirs de Boukhara, essentiellement des parures, tapis et broderies. Et si l’Asie Centrale vous fait rêver il y a aussi l’Afghanistan à Guimet. Ces expositions se complètent.
Deux serpents formant un anse/ 3ème millénaire avant JC
Chronologie : quelques dates pour se repérer
329 av JC Alexandre le Grand conquête de la Bactriane
250 av JC introduction du Bouddhisme
230 après JC introduction du christianisme
III-Vème siècle : Huns
VI ème siècle : Turcs
709 islamisation de Boukhara
980-1037 Avicenne
1220 invasion des Mongols
1271 Marco Polo
1370 Tamerlan à Samarcande
1500-1598 Shaybanides
L’exposition Splendeur des Oasis d’Ouzbékistan s’organise selon cette chronologie
prince kouchan en armure
j’ai déjà croisé les Kouchans dans l’exposition Tadjikistan à Guimet l’an dernier. Ce guerrier avec son ruban retenant les cheveux, a un sourire ironique, presque un rictus, à côté de l’armure kataphractaire, symbole de la victoire sur les cavaliers des steppes, contraste avec la douceur des statues bouddhiques et du prince coiffé d’un chapeau pointu. Sculptures d’argiles recouvertes de plâtre d’une grande finesse.
prince Kouchan et divinité bouddhique Devata (1-2ème siècle ap. JC)Tête de Bouddha et Bodhisattva (2ème – 3ème siècle ap. JC)
Ces Kouchans se trouvaient au carrefour de l’hellénisme, de la civilisation indienne, et des steppes.
III-VIIIème siècle après JC / Huns -Turcs
On imagine les Huns, nomades primitifs, au contraire ils ont laissé des sculptures et des objets d’une grande sophistication, bijoux en or somptueux.
Huns : le banquet, fresque
Marchands sur la Route de la Soie
marchand et chameau
Les influences chinoises sont aussi perceptibles comme ce dieu de la Soie chinois
Dieu de la soie
Dans des vitrines, des manuscrits, encre sur papier, en divers écritures, en sogdien (cycle de Rostam), persan, judéo-persan(lettres hébraïques). la porte Samarcande a pour décor la Déesse Nana héritière d’Ishtar avec sa suite d’orants et de processions.
Porte de Samarcande : déesse Nana
On imagine un creuset de diverses religions, langues, styles.
Tête de démon Mara (7ème siècle)
VIII ème siècle : Islamisation de la Transoxiane
Fresque de la salle rouge de Varakhsha
Les premiers raids de Qutayba Ibn Muslim marquent la conquête musulmane (709 Boukhara, 712 Khorezm et Samarcande). La conversion se fit progressivement comme l’atteste le palais de Varakhsha. Tokespadhe,(709-739)le roi, était officiellement musulman mais dans son palais de Varakhsha se déroulaient des rituels zoroastriens. Une reconstitution vidéo du Palais de brique montre la cérémonie du feu dans la grande salle rouge décorée de fresques où figurent des tigres et des dragons, le prince de style indien chevauche un éléphant.
FResque des Ambassadeurs Afrasiab
La fresque bleue d’Afrasiab (Samarcande) se trouve dans le le département des Arts de L’Islam (aile Denon) mais elle vaut le détour.
Travail du métal islamique lampe à deux bec, petit récipient ouvragé
De la période islamique on peut admirer la finesse des céramiques calligraphiées, ainsi que le travail des métaux : plats, bassines, plateaux…
La céramique et le verre sont produits industriellement. Des panneaux décorés de médaillons fleuris d’Afrasiab
XI-XIII – D’Avicenne à Gengis Khan(1166-1227)
La dynastie Samanide (874-1004) : émirat souverains iraniens de langue persane. magnifique robe de soie à motifs d’oiseaux et d’entrelacs,
Occasion de croiser deux scientifiques Avicenne(980-1037) et Al Buruni (973-1050)
Les manuscrits de Marco Polo : Le Devisement du Monde (1270) et de magnifiques manuscrits décorés de miniature
Miniatures
Sur un mur, un vidéogramme nous offre une promenade dans Samarcande : Régistan, mausolée de Tamerlan, Bibi Khanim, nécropole Shah-I Zinda. Spectacle hypnotique entre coupoles cannelées intérieurs dorés ou marbres précieux. Je suis restée à suivre le spectacle trois fois.