Cette grande exposition dévoile des facettes que je ne connaissais pas du peintre- affichiste de Montmartre qui se révèle être aussi un merveilleux dessinateur (je m’en doutais un peu) et un portraitiste.
J’ai beaucoup aimé les portraits où l’on ressent la parenté avec Van Gogh ou Emile Bernard.
Portrait d' »Elles », les femmes des maisons closes jamais graveleuses, toujours attentives aux détails : femmes à la toilette….Portraits d’hommes aussi. Et puis j’ai aimé deviner la silhouette d’Oscar Wilde et le profil de Fénéon
Pour moi, le Greco avait peint des hommes au visage allongé, un peu mystérieux, très espagnols….avait peint Tolède…
Domenikos Theotokopoulos est né en Crète en 1541 et nous avons vu sa maison et la petite église byzantine à Fodele.
J’ai toujours eu du mal à faire le lien entre Tolède et Fodele. Cette exposition me fait découvrir l’oeuvre et le parcours du peintre
Domenikos Theotokopoulos a commencé à peindre des icônes et ce n’est pas un hasard s’il se réfère à Saint Luc, le peintre de la Vierge (en Grèce, on a retrouvé tant d’images miraculeuses de la Panaghia peintes par Saint Luc).
Candie, au 16ème siècle, était vénitienne. Venise, 1567, à l’arrivée du Greco était la ville de Titien, du Tintoret, Veronèse…il devait être difficile de rivaliser avec tant de célébrités. Greco, alors peint des petits formats, de la taille de petites icônes. Sa palette comporte surtout des bruns, quelques taches rouges..>Le triptyque de Modène est un chef d’oeuvre de cet art miniature « penser grand, peindre petit » aurait-il déclaré.
triptyque de Modène
La peinture illumine bientôt ses tableaux. Greco se met à l’Ecole vénitienne…
Annonciation
Le songe de Philippe II (1577) se réfère à la Bataille de Lepante (1571) bataille très espagnole mais aussi très grecque!
Grec? Vénitien? Espagnol? Il est aussi passé par Rome où il a vu les œuvres de Michel Ange…
J’avoue, les grandes toiles religieuses m’ont un peu ennuyée. En revanche les portraits sont saisissants de modernité.
Portrait du Cardinal Nino de Guevarra
Je pense au Titien, quelle audace ces lunettes!
Le Saint Martin est très espagnol, on l’utiliserait pour illustrer Don Quichotte! (et oui Cervantes était lui aussi à Lepante!)
Un Saint Martin très espagnol!
Beaucoup de sujets religieux mais pas que….j’ai aimé ces variations sur le souffleur de braises
la fable
Greco travaille à des variation, m’explique-t-on dans l’exposition. Il revient sur des thèmes pendant de longues années comme pour Jesus chassant les marchands du temples qu’il a peint successivement en 1570- 1575 – 1600 et 1614. La version de 1575 me plait beaucoup avec les 4 marchands dans le coin droit en bas
Jésus chassant les marchands du temple (1575)
La dernière version annonce la Vision de Saint Jean
jésus chassant les marchands du temple
Cette vision de Saint Jean : apocalypse est (pour moi ) une peinture extrêmement moderne, presque contemporaine qui pourrait figurer à côté d’un Picasso ou d’une peinture expressionniste
Vision de Saint Jean 1614
J’ai vraiment découvert Greco que je croyais connaître!
Le Musée Zadkine est au 100 de la Rue d’Assas juste en face de la Faculté de Pharmacie, en haut du Luxembourg. Il est bien caché sur une placette ombragée dans une maison basse et un atelier au fond du jardin arboré orné de sculptures en bronze.
Zadkine
L’exposition Le Rêveur de la Forêt est mêlée aux collections permanentes et s’y intègrent parfaitement. Les œuvres dialoguent. On entre d’abord en lisière de la forêt avec les très beaux vendangeurs de Zadkine qui sont en compagnie d’un beau tableau d’une forêt automnale
Natalia Gontcharova
De Natalia Gontcharova et d’un curieux tableau de Dubuffet où des couches de terre encroûtent la toile.
Dubuffet
On reconnaît facilement la forêt de Giacometti
Giacometti
La seconde salle est appelée Genèse – création ou matrice du vivant – colorée par le tableau fleuri de Séraphine de Senlis
Séraphine de Senlis
Forêt naïve du Douanier Rousseau ? Non, c’est l’étrange Conglomeros créature étrange de Victor Brauner dans le décor qui rappelle que Victor Brauner a succédé au Douanier Rousseau dans le même atelier, hommage au maître.
Victor Brauner : Conglomeros – la rencontre du 2 rue Perret
Un autre être hybride lui répond : l’Hermaphrodite de Zadkine
Zadkine : Hermaphrodite
Les nuages blancs de Jean Arp ont pour titre chapeau-forêt . Mais Arp précise « nous ne voulons pas copier la nature…ces sculptures devfraient rester anonymes comme les arbres de la forêt ».
Jean Arp
En compagnie de deux sculptures sur pierre, une Tête héroïque en granite qu’un glacier a laissé près de Vitebsk, et de Sisyphe gravé je découvre les créations d’Hichem Berrada, créatures aléatoires nées dans des aquariums à la cire perdue ou de cristallisations. je les ai rencontrées au Louvre-Lens, à Pontoise et dans le Parc du Château de Versailles et jamais elles n’ont été si bien à leur place!
Hichem Berrada : Keromancie
je suis fascinée par les étranges photographies de Pascale Gadon-Gonzalez, superpositions de microphotographies et jeu d’échelles, je me crois dans une forêt de pin un peu fantastique.
Germaine Richier : chauve-souris
J’aurais aussi pu citer Pennone et ses lentilles -miroirs, l’arbre foudroyé d’André Masson. Sans oublier les sons captés par Ariane Michel….
Pour arriver au Bois sacré/Bois dormant, dans l’atelier il faut traverser le jardin. Dans ce Bois sacré, j’ai surtout retenu les grandes figures mythologiques de Zadkine : Prométhée, Daphnée. Mais d’autres grands de la sculptures les accompagnent.
Zadkine : Daphnée
Je pourrais ajouter toutes les photos des bronzes que j’ai prises dans le jardin….
L’exposition s’ouvre avec les deux maîtres Reynolds(1723 – 1792) et Gainsborough (1727-1788), grands portraitistes « peintres du roi », leur rivalité se donne en spectacle. De très grands portraits en pied, des dames se tiennent devant un paysage. Ma préférée est Lady Bates Dudkey,peinte par Gainsborough peinte avec beaucoup de soin, de fluidité et de brillance avec un rendu soyeux plus flatteur que les coups de pinceaux plus mats de Reynolds.
Gainsborough : lady Bates-Dudley
De ce dernier j’ai plus aimé son jeune Frederick Howards dans la posture d’Apollon (selon le cartel) dans un décor d’architecture classique (antique) au costume argenté plein de plis et rubans très flatteur.
Reynolds : Frederick Howards
Le duel Reynolds/ Gainsborough ne se poursuit pas dans la salle suivante au titre : portraits, Images d’une société prospère : où la bonne société commande aux peintres en vogue des conversation pieces, scènes familiales ou scènes d’enfants
Francis Wheatly : famille dans un paysage
ou
Reynolds : Master Crewe en Henry VIII
D’autres portraitistes émergent, Zoffany, Francis Cotes, Thomas Lawrence, que je découvre ici
Romney : Mrs Robert Trotter of Bush
Aux solennels portraits en pieds on préfère ici les scènes familiales, les animaux.
la 3ème section : Aux frontières de l’Empire nous fait découvrir les colonies aux Antilles et en Indes
Zoffany : Le Colonel Blair avec sa famille et une servante indienne ; Calcutta 1783
Peindre à l’aquarelle et Le spectacle de la Nature
mettent en valeur de nouveaux artistes que j’aime beaucoup comme Turner, et Constable que j’aime beaucoup mais aussi Cotmann que je découvre dans un tableau rès romantique de Carnavon.
Paysage de Gainsborough
Chiens, et chevaux inspirent aussi beaucoup les artistes (moi moins)
L’exposition se termine de façon fantastique avec William Blake (un de mes coups de coeur)
Blake : Homère et les poètes antiques
et de façon spectaculaires avec la destruction de Sodomepar Turner et la Destruction de Pompéi et Herculanum par John Martin
Le parvis est en travaux, il vaut mieux avoir fait sa réservation, on m’a refoulée à la première tentative. Même munie d’un ticket avec un horaire précis, je suis arrivée 40 minutes avant l’heure dite et je suis entrée pile à l’heure après des queues.
Autoportrait 1976
Suite des infos pratiques :
A la place de l’audioguide, il y a des podcasts, ne faites pas comme moi des photos avec le smartphone parce que c’est galère de passer d’une fonction à l’autre sur le téléphone qui n’est pas si intelligent que cela!
Magistral, tragique, théâtral Bacon!
In the memory of George Dyer 1971
Bacon en toutes lettres s’affiche comme une exposition littéraire, mise en scène autour de six œuvres, ou plutôt de six pages, lues dans la pénombre de cellules nues en deux langues, anglais et français, les tableaux sont mis en scène vis à vis selon une disposition qui se répète : un triptyque en face duquel on a aimablement installé un banc pour qu’on puisse écouter commodément le podcast et de grands tableaux sur les murs perpendiculaires. Bacon se défend d’illustrer le texte, ce dernier lui suggère des images. Le peintre se laisse porter par son inspiration. Aucune anecdote précise n’est dessinée.
Eschyle, Nietzsche, Eliot, Conrad, Leiris et Bataille!
Avec l’Orestie d’Eschyle, les Erynies peut être?
Les six textes sont tragiques, violents, évoquant le sang et l’horreur!
Permanence d’une grand théâtralité, d’abord l‘Orestie est lue, mais aussi évoquée dans le texte d’Eliot »La Terre vaine » comme dans celui de Nietzsche qui traite des deux Dieux, Apollon et Dionysos, et de la transe dionysiaque qui semble si bien surgir de ces tableaux.
Même quand le cadre est moins tragique, moins sanglant comme ces couples de part et d’autre d’un cadre bleu, plus serein(???) la mise en scène au cordeau est visible. Mise en scène toujours!
Que dire du traitement que l’artiste impose aux corps distordus, aux visages écrasés qui semblent crier, aux muscles hypertrophiés
Faire d’une situation banale une scène de théâtre comme cet homme assis sur les WC ou au contraire introduire la mythologie comme cette rencontre d’un athlète avec le sphinx:
Rencontre avec le sphinx
Leiris (et Picasso) lui suggèrent la corrida. Quoi de plus spectaculaire que cette arène et le taureau?
Pour en finir avec Bataille et l’Abattoir
Très intéressants interviews filmés, Bacon raconte ses inspirations, et curieusement il n’est pas question de théâtre, peu de peinture (sauf Picasso) mais surtout de cinéma, de Bunuel et Eisenstein. Et ces références cinématographique éclaire d’un jour nouveau ces visages déformés, les personnages terriblement expressif crient!
Exposition temporaire prolongée jusqu’au 5 janvier 2020
Luiz Zerbini
Les expositions de la Fondation Cartier sont chaque fois un enchantement, un dépaysement et une découverte de l‘art contemporain. Nous les arbres s’intègre tout à fait naturellement dans le jardin derrière la verrière du magnifique bâtiment de Jean Nouvel. On peut même poursuivre le parcours dehors.
Zerbini : table-herbier (détail)
Dans chaque salle, une installation, une thématique. J’ai préféré la salle du rez de chaussée investie par Luiz Zerbini, un artiste brésilien que j’avais déjà remarqué à la Fondation Cartier dans l’exposition Géométrie du Sud du Mexiqueà la Terre de Feu.… L’élément central est un vrai ficus entouré d’étagères colorées formant une « table herbier » présentant aussi bien des fruits secs que des coquillages ou des racines séchées. entourant l’arbre, des tableaux de très grand format, très colorés sont à la gloire des végétaux.
Luiz Zerbini
Suspendues le long des vitres, des feuilles monotypes avec impressions directes , et surimpressions de feuilles, tiges, branches, graines… d’une extrême finesse.
Deux murs sont occupés par des gravures et dessins d’artistes Yanomanis du Brésil décrivant une forêt-monde peuplée d’animaux .
arbre avec un toucan
En face des artistes du Paraguay Nivaclé et Guarani racontent un monde dont ils sont chassés par la déforestation, ils racontent la pêche et la chasse avec une précision et un talent remarquable
Dans l’autre salle du rez de chaussée, peu d’exotisme. Les arbres nous sont familiers. La première partie est investie par Fabrice Hyber avec de grands tableaux relatant ce qui me semble être des expériences botaniques ou agronomiques. Un film de Raymond Depardon et Claudine Nougaret sur un grand écran célèbre un platane, un noyer, un magnolia, un cèdre, un arbousier….racontés par des personnes très variées qui ont noué une relation toute personnelle avec ces arbres. Nous prenons notre temps à écouter, regarder. Documentaire très contemplatif!
Au sous-sol, on retrouve la forêt amazonienne et la déforestation
et l’on se promène aussi dans l’imaginaire très décoratif d’un plasticien iranien. Puis dans la réalité scientifique d’un savant italien.
Pour terminer par un film très zen de Paz Encinna (réalisatrice paraguayenne), filmé parfois au ras de l’écorce, parfois dans le flou des branches de la canopée qui se balancent. Une petite fille se confie, « approche-toi de l’arbre » comme un refrain dans ses confidences sur ses émerveillements, la tendresse de sa mère, ses découvertes…Il ne se passe rien mais on est envoûté.
Cette rétrospective est l’occasion d’une rencontre. Le Musée d’Art Moderne lui offre un bel espace pour déployer l’oeuvre de sa jeunesse de 1920 jusqu’à ses dernières productions en 1989 : tableaux mais aussi photographies accompagnées de plusieurs documents vidéo qui illustrent très bien le titre « La fabrique du geste« .
autoportrait 1922
Chacune de ces période se réfère au geste de l’artiste, à des techniques employée mais aussi à des période historiques, à des rencontres, des influences. De ses premières aquarelles où la couleur est jetée sur le papier, de ses premières compositions d’après les maîtres jusqu’aux énormes toiles à l’acrylique, il se dégage une parfaite homogénéité, une démarche logique. Ses œuvres de jeunesse, aquarelles ou calligraphies tracent une voie qu’on retrouve le long de toute l’oeuvre
1922 – 1939 – Vers l’abstraction
Les titres ne seront d’aucune aide pour interpréter l’oeuvre, ils sont simplement chronologiques. L’abstraction gagne vite le titre seules quelques rares oeuvres de 1922 1923 en portent comme ce 3 de mai interprétation du célèbre chef d’oeuvre de Goya
3 de mai
Hartungconnaît les expressionnistes allemands, dès 1932 il part à Minorque, interrogé par la Gestapo, chassé par les franquistes il s’installe en France. Je ne sais pas pourquoi ce tableau me rappelle Miro
les œuvres des années 30 sont accrochées autour d’une statue que je crois retrouver dans les peintures
1939, Hartung, allemand est interné. Il s’engage dans la Légion étrangère. Peindre dans ces circonstances n’est pas évident peut être est-ce la signification du titre de la section ; 1940 – 1956 – Peindre à tout prix qui présente des tableaux de plus petits formats : calligrammes et têtes qui me rappellent Picasso
ou les surréalistes
Dans les documents on rencontre Calder, Arthaud et Aimé Césaire que Hartung a illustré.
Un film d’Alain Resnaispermet de faire connaissance avec l’artiste et le voir peindre.
dans les années 1950, on voit sa technique évoluer, et ses travaux photographiques. j’ai beaucoup aimé ses photos de galets et ses galets peints (1954)
1957 -1970 Agir sur la toile
Hartung, toujours fidèle à ses tracés spontanés mais sophistiqués explore de nouvelles techniques dans des grattages, des pulvérisations
Ses oeuvres deviennent de plus en plus imposantes et plus colorées
1971 – 1989 Le geste libéré
Il utilise râteaux et balais en genêts pour obtenir de nouveaux effets, les formats sont toujours plus grands quand il projette la couleur avec le pistolet de carrossier ou des sprays.
J’ai également beaucoup aimé son travail de photographe avec des Noirs et blancs superbe de contrastes de lumières et de reflets.
Exposition temporaire au Petit Palais jusqu’au 26 janvier 2020
Le Joueur de Cartes
Quelle belle surprise!
Gemito (1852-1929) fut abandonné à sa naissance, adopté par une famille de maçon, il a grandi dans les rues de Naples et observé d’abord les artisans qui modelaient les personnages des crèches.
Figures de crèche napolitaine
Repéré très jeune, il commence à sculpter à 12 ans et son Joueur de cartes qu’il a modelé ) 16 ans est acheté par Victor Emmanuel pour être exposé à Capodimonte. A 18 ans il s’installe avec Antonio Mancini et exécute les têtes des scugnazzi, pêcheurs, enfants des rues qu’il connaît bien. pas d’innocence juvénile dans leur expression, plutôt des visages graves empreints d’inquiétude.
têtes enfantines
A 21 ans seulement, on lui commande des portraits d’artistes, bustes de plâtre ou de bronze de Verdi, Domenico Morelli, Giovani Boldini, Fortuny….
berger des Abruzzes
A Paris, il est pris sous la protection de Meissonnier. Dans l’exposition du Petit Palais, ses œuvres se trouvent en compagnie de tableaux de De Nittis et d’Antonio Mancini(le Petit Ecolier et le Petit Prêtre) Elles sont aussi avec la petite danseuse de Degaset un Gavroche de Menardo Rosso. Qui mieux que le sculpteur des gamins des rues, des porteurs d’eau ou des pêcheurs aurait pu comprendre Gavroche?
Le petit prêtre
Gemito, sculpteur de génie fut aussi un dessinateur hors pair.
Gemito et sa muse Mathilde rentrent à Naples en 1881, Mathilde meurt zr Gemito, désespéré part à Capri. A partir de 1885, son état mental se détériore. Il est hospitalisé mais continue à sculpter et dessiner avec succès.
la fin de l’exposition est plus académique avec le Retour à l »Antique, les bronzes de Dioniysos et d’Alexandre.
Exposition à l’Orangerie du 19/10/2019 au 27/01/2020
Fénéon par signac
J’ai rencontré Félix Fénéon au Quai Branly dans l’Exposition Les arts lointains et j’avais apprécié sa critique de la Colonisation et ses questionnaires « Entreront-ils au Louvre » en parlant des oeuvres d’art africains. Je m’étais promis de le retrouver à l’Exposition prévue à l’Orangerie.
L’exposition présente ses années anarchistes de 1892 à 1894 pendant lesquelles Fénéon est accusé d’avoir participé à un attentat. Son procès est même mis en scène. Les dessins de Luce le montrent en prison. Des coupures de journaux témoignent de cette épisode. L’anarchie est peinte dans un tableau idyllique de Signac : Au temps d’Anarchie rebaptisé plus tard Au temps d’harmonie, l’âge d’or n’est pas dans le passé, il est dans l’avenir.
Signac : Au temps d’anarchie
Critique d’art, collectionneur, journaliste, galeriste, Félix Fénéon a joué un rôle important en soutenant les néo-impressionnistes, Seurat, Signac, Cross, mais aussi en organisant une exposition pour les Futuristes italiens et plus tard d’autres artistes novateurs.
Secrétaire de la Revue Blanche, il a aussi joué le rôle d’éminence grise en publiant des oètes symbolistes : Stephane Mallarmé, Paul Verlaine, puis Proust, Gide Oscar Wilde, Charles Péguy….
La lecture Rysselberghe
L’exposition montre une grande variété d’oeuvres, de merveilleux tableaux pointillistes colorés de Seurat et Signac, mais aussi des dessins très sombres de Seurat avec des préoccupations sociales.
Usine à Courbevoie
Après les tableaux futuristes, il y a aussi des Bonnard, Vuillard, Matisse….l’occasion de voir de belles choses.
Après le bel article de lisapascaretti, j’ai eu bien du mal à rédiger mon article!
Comment n’ai-je jamais visité la Maison de Chateaubriand alors que j’ai adoré son Itinéraire de Paris à Jérusalem ? et surtout si proche de Créteil!
Itinérairede Créteil à Châtenay
A peine 20 minutes pour rejoindre la Vallée aux loups par :l’A 86, sortie 28, Verrière-le-Buisson, Chatenay-Malabry. 3 parkings : un tout petit à l’entrée de la Maison de Chateaubriand, Rue de Chateaubriand, un grand parking 161 places, Rue Jean Jaurès en haut du Parc Boisé, et un troisième près de l’Arboretum. La Vallée aux loups est un ensemble composé du Parc Boisé très vallonné plutôt sauvage mais entouré d’un grillage de la Maison de Chateaubriand entourée elle aussi d’un parc, d’un Arboretum. Il convient donc de vérifier les horaires de chacun des accès.
Nous avons garé la voiture au parking Jean Jaurès qui correspond à l’entrée haute du parc boisé et il faut 30 minutes à pied pour rejoindre la Maison de Chateaubriand à travers le Parc Boisé (très bon fléchage vers la Maison, en revanche rien pour le retour au parking, prendre ses repères ou imiter le Petit Poucet). C’est une promenade très agréable avec quelques dénivelés.
Maison de Chateaubriand : salon de musique
La Maison de Chateaubriandest entièrement meublée. Le salon de Musique rappelle les goûts musicaux de l’auteur, le salon tendu de bleu à rayures verticales fait honneur à Madame Récamier (copie du tableau de David du Louvre ) . Si le tableau est une copie, la méridienne sur laquelle Madame Récamier est allongée est juste sous le tableau. Madame Récamier a habité la Vallée aux Loups, sa chambre à l’étage a été meublée à son goût (il s’agit d’une restauration) et il y a un joli buste en marbre.
madame de Récamier
Chateaubriand, ruiné a été forcé de vendre sa bibliothèque et sa maison en 1816. Il ne l’a occupée que de 1807 à 1817 mais c’est lui qui a fait planter les arbres du parc. On ne trouve donc pas les pièces dans l’état où l’écrivain les a laissées…mais les souvenirs sont très parlants : copie du portrait par Girodet, exemplaire d’époque de l’Itinéraire de Paris à Jérusalem, papier peint panoramique racontant ce voyage, avec les ruines grecques et des chameaux.
Chateaubriand (Girodet)
C’est une visite très agréable qu’il faut compléter par un tour dans le parc jusqu’à la Tour Velleda en prenant son temps pour admirer les arbres centenaire. Un très joli salon de thé donne sur le parc.
maison de chateaubriand (2)
De nombreuses expositions, conférences et animations sont organisées dans la Maison de Chateaubriand ou aux alentours. J’ai eu le plaisir de découvrir les paysages d’un artiste contemporain Boubounelle. Une invitation à la lecture , un brin de lecture est installée avec la plus belle boîte à livre qu’on puisse imaginer : le tronc d’un grand chêne a été creusé de niches contenant des livres à emporter ou échanger.
Boubounelle maison
L’Arboretum m’a enchantée avec ses collections de convolvulacées(plantes de la famille des liserons, ipomées et arbrisseaux que je ne connaissais pas )
convolvulacée
J’ai été surprise d’entrer dans un verger avec des meules de foin à l’ancienne. A l’origine l’arboretum était la pépinière Croux
exploitation horticole, à l’époque où l’arboriculture s’étendait au sud de Paris de Vitry à la vallée de Chevreuse(souvenir d’un voyage métropolitain dans la vallée de la Bièvre). Il réunit des arbres tout à fait remarquables et extraordinaires comme le chêne à feuille de myrsine ou un hêtre pleureur, un charme pyramidal…Des constructions pittoresques comme une cabane, une grande glacière, un pavillon mauresque, agrémentent la promenade.
arboretum de la vallée aux loups : cabane
Il aurait fallu rester toute la journée pour profiter plus de toutes ces merveilles et visiter la collection de bonsaïs. On reviendra!