Déjeuner de gala : crevettes roses et avocat sur la terrasse.
Nous descendons les stores pour faire de l’ombre sur la terrasse. Sieste avant la baignade.
Les épis brise-lame de la plage de Bénicassim, sont en forme d’équerre perpendiculairement à la plage. Ils dessinent des piscines très calmes et très sûres pour se baigner. Je compte mes allers-retours. Cela m’amuserait d’aller jusqu’à la bouée jaune plus loin vers le large et je me méfie un peu.
Le vieux monastère
Vers 17h30 nous gagnons le Désert de las Palmas. Nous voulons voir le monastère au coucher du soleil. De Désert il faut comprendre le sens religieux plutôt que géographique, la montagne est couverte d’un maquis florissant pas du tout désertique. Le nombre de couvents, ermitages, églises est impressionnant. Las palmas est encore plus étonnant. Le littoral est bordé de nombreux haut palmiers, je n’en vois pas l’ombre d’un dans la montagne.
De Benicassim, on remarque un pic pointu aux chicots d’un beau rose. Après avoir traversé l’autoroute et la N-340 on arrive dans une montagne couverte d’une végétation méditerranéenne avec des Pins maritimes, des Lentisques pistachiers (Pistacia lentiscus) que j’affectionne particulièrement, quelques caroubiers (Cératonia siliqua) avec leurs gousses qui pendent, des arbustes desséchés, des Cistes et des Genets. Dans un creux se trouve le monastère précédé de toutes sortes de ruines avec même une colonnade énigmatique.
La route tournicote, monte en lacets, court sur une arête, s’élève encore puis surplombe le vieux monastère. D’un parking, une piste y descend, bordée de petites chapelles minuscules que je prends pour un chemin de croix. Au pied du monastère : un verger d’amandiers.
Un peu plus loin, sur un épaulement, le monastère des Carmélites dont on peut visiter l’église et un petit musée ou acheter la liqueur qui y est confectionné. Il est trop tard pour faire la promenade jusqu’à une belle tour. Le chemin est bien fléché (1km). Au sommet on voit une grande croix, encore une église, un ermitage ; Pas très désert ce désert !
Bénicassim, en octobre, pendant la semaine est peuplée de retraités ;pour le week-end sont arrivées de Castellon, de Valence,ou de plus loin, des familles avec enfants, des groupes de jeunes gens, des motards. Ce n’est pas la cohue de l’été mais la corniche et les restaurants sont bien animés. Ce mélange de générations me plait. Demain, 9 octobre, la Communauté de Valence fête l’entrée de Jacques 1er dans Valence. Ce soir quelques feux d’artifices éclatent. Curieusement on n’a pas choisi de les tirer sur la mer.
Exposition de photos : très belles photos animalières du japonais Manabu Miyazaki » un ours noir joue avec un appareil photo », « Geai et Mésange variée »
Vidéogrammes : Les Oiseaux artistes. Sur des écrans plats, des parades nuptiales de Paradisiers, d’un ménure tout à fait spectaculaire, de jardiniers qui décorent leur nid et offrent des cadeaux à leurs belles….
Les bruits de la nature – JP Mika
Peintures : principalement africaines.
Je reconnais les motifs d’Abomey par le béninois Cyprien Tokoudagba. Un amusant Concert de la Sape, de Pierre Bodo me rappelle une exposition de peinture africaine Beauté Congo présentée ici même, grands acryliques très colorés
Dans une autre salle une fresque spectaculaire du chinois Cai Guo-Quang rappelle étrangement l’art pariétal préhistorique. Une vidéo montre la réalisation de cette oeuvre « à la poudre à canon » dans un hangar un premier modèle posé au sol permet de réaliser des pochoirs, puis on saupoudre de poudres diverses le support qui est caché par du carton. Le feu se propage, le résultat est étonnant et ressemble plus aux techniques préhistoriques qu’aux fresques actuelles. Autour d’une mare blanche les animaux, grandeur nature, girafe, rhinocéros, tigres etc…viennent se désaltérer, on voit en bleu le reflet de leurs silhouettes.
Le plus étonnant, et aussi très intéressant, écolo-militant, dans une salle noire, photos et graphiques montrent le déclin de la biodiversité. Les courbes sont éloquentes, toutes les familles déclinent. Une illustration sonore réalisée par Bernie Krause montre le déclin des bruits de la forêt enregistrés à quelques années d’écart.
Le spectacle le plus original est dans une salle noire où l’on peut entendre une symphonie planctonique : Chroniques du Plancton. Des microphotographies de diatomées, radiolaires, larves d’oursins, méduses sont projetées sur des écrans au sol, ces micro-organismes déformés ou simplement agrandis, nageant, disparaissant, forment un spectacle zen.
Un spectacle étrange, contemplatif, écolo, militant!
Hier nous avons eu vraiment très chaud, la terrasse était une fournaise. Nous partons au lever du soleil entre les pins tordus près de la Tour Saint Vincent. La route court entre la côte et la montagne aux roches rouges, très escarpée, aux sommets pointus tantôt roses tantôt gris, piquetés de buissons. A Oropesa nous montons sur l’autoroute dont les chaussées sont séparées par des lauriers roses. Les vergers d’agrumes sont florissants, avec leurs feuilles sombres vernissées. Il y a aussi des champs d’artichauts et des choux. Plus on remonte vers le nord plus les agrumes cèdent leur place aux oliveraies et pêchers. Qui cueille les fruits ? Un château se profile sur un éperon rocheux, en contre-jour dans le soleil éblouissant, puis un autre, un peu plus loin. En face il y a un village avec une belle église.
Peniscola est composée de deux parties : le village blanc aux maisons blotties sur un cap coiffé de son château d’une part, de l’autre une station balnéaire coquette avec une corniche soignée, une plage ratissée de frais. A la jonction des deux, un parking souterrain.
Le village ancien est interdit aux voitures – sauf exceptions –Les handicapés sont-ils une exception ? C’est un affreux gymkhana dans le village aux ruelles pentues, étroites et tortueuses. La conduite est éprouvante : Dominique ne profite pas de cette visite éclair.
Papa Luna
Je monte seule au château par la rampe Felipe 2 qui passe sous un porche où un panneau signale que Peniscola a servi de décor à des films : Le Cid d’Anthony Mann (1961), Games of Throne (2015) et une série télévisée espagnole Chiringuito del Pepe. Les rues sont pavées de petits galets disposés verticalement. Après avoir passé la Porta Fosc, je découvre l’Eglise de la Mer (18ème siècle)qui a une façade baroque mais une nef très simple.
Le château est impressionnant. Il semble en parfait état. A-t-il traversé les siècles sans dommages ? ou a-t-il été parfaitement restauré ? Une statue du Papa Luna (2007) accueille le visiteur. Ce personnage, Benoit XIII fut élu en Avignon en 1394 avec le soutien de Charles VI à condition de mettre fin à la division entre Pape d’Avignon et Pape de Rome, en démissionnant. Il causa donc la colère du roi qui fit assiéger son palais avignonnais le contraignant à l’exil. Son successeur Clément VIII fut élu, en 1411, il y avait trois papes.
Malheureusement, le château ne contient pas de souvenir du Papa Luna sauf la « salle du Conclave ».
Les Templiers construisirent cette forteresse en 1294 sur les fondations d’un fort arabe, et ils furent expulsés par Jacques II en 1307 (contemporain de Philippe le Bel). Elle résista aussi bien aux guerres civiles du XVIIIème siècle, aux Français et à la Guerre Civile du XXème siècle.
On entre par le Corps de Garde où l’on pouvait stocker les vivres. Les Templiers étaient riches, la région, irriguée depuis le temps des Arabes fournissait des récoltes abondantes. La pièce attenante – la salle d’armes – pouvait servir de citerne. Les chevaliers possédaient des arbalètes, des épées et construisaient aussi des machines de guerre comme des catapultes.
De l’autre côté de la cour, les Caballerizas, les écuries étaient installées dans une très belle et très vaste salle voûtée. Dans une salle attenante on projette un vidéogramme racontant la vie au château et les symboles des Templiers qui étaient la Croix pattée et la cape blanche.
Au niveau supérieur, ouverts sur une belle terrasse, l’église et la grande salle gothique. L’église est de belles dimensions, nef rectangulaire et voûte en berceau. La grande salle est meublée, ornée de blasons brodés sur du velours grenat. Une tenture de velours fait le tour de la pièce.
Quand je sors du château, le village s’est réveillé. Restaurants, chambres d’hôtes et magasins de souvenirs occupent les jolies maisons blanches. Tant d’enseignes, tant de marchandises accrochées gâtent le charme. Maisons blanches, volets bleus, sempiternelles poteries, dentelles ou écharpes de soie. Nous pourrions être n’importe où en Méditerranée, Grèce, Sicile ou Tunisie. Originalité de Peniscola : les épées de bois et les écus en carton, ou l’un et l’autre en plastique.
Les deux plages sont fort belles : une petite se niche à l’arrière du port, une grande bordée de palmiers et d’immeubles luxueux.
Nous poussons vers le nord jusqu’à Benicarlo qui n’a rien de mieux à nous offrir.
Si nous rentrions maintenant nous pourrions nous baigner à Benicassim qui est sans conteste la plage la plus belle de la région. Nous pourrions griller les sardines pour déjeuner.
Alcala de Xivert : façade baroque
Nous rentrons donc par la N-340 qui traverse au plus près les vergers d’agrume et d’amandiers. Nous la quittons pour jeter un œil à l’église de Alcala de Xivert, très baroque, très décorée. Même la base des colonnes est sculptée et au sommet, un homme à terre gesticule et grimace. Le village se prépare à la fête du 9 octobre et suspend des écussons en toile de jute en travers de la rue principale de la Purissima. Les autres rues sont tranquilles. On achète des fruits et légumes dans un Frutas y verduras où ils sont beaucoup plus beaux et surtout beaucoup moins chers qu’au supermarché. Je me sers moi-même sans façon. Le patron interrompt une conversation en arabe pour me servir en espagnol. De nombreuses femmes voilées bavardent sur le pas de leur porte. Sont-ce les anciens Sarrazins d’avant 1232 et 1492 ou les cueilleurs de fruits ?
Il y a si longtemps, fascinée par le Quatuor d’Alexandrie de Lawrence Durell, j’ai rencontré Cavafy, le poète d’Alexandrie. Et quand j’ai visité la ville, j’ai cherché à marcher sur les traces de Justine, visité de Cecil hôtel, traîné devant les cafés, cherché les terrasses de cafés, cherché des traces grecques sur les vieux murs délavés…
un café d’Alexandrie
Plus tard, au cours de nos voyages dans les Iles grecques, souvent avec Durrell pour guide, j’ai retrouvé Cavafy. Éblouissement que son Ithaque que j’aime entendre en Grec, que j’ai écouté en boucle. Puis découverte En attendant les Barbares….
Cavafy me fascine.
Et voici que, par les hasards de Facebook, je trouve sur le blog de L’ivresse Litteraire le titre Ce qui reste de la nuit, sur les pas de Cavafy à Paris. Je l’ai téléchargé en négligeant l’avis très mitigé de Sandrine qui ne l’a pas beaucoup apprécié.
Certains livres, même si ce ne sont pas des chef d’oeuvres littéraires, tombent à pic dans l’humeur du moment. Constantin Cavafy et son frère John passent quelques temps dans le Paris de l’Affaire Dreyfus, en 1897. Autre sujet qui m’intéresse. Encore une coïncidence, je suis en train de suivre le MOOC Oscar Wilde. Ce dernier sorti de prison est justement venu en France, est ce que Cavafy le rencontrera dans le roman? Il aurait pu. En tout cas, les considérations esthétiques du jeune poète rencontrent celles de l’auteur du Portrait de Dorian Gray.
« Wilde avait été le précurseur de l’anti-mimesis[…]l’archiprêtre de l’anti-mimésis »
Dans ce Paris de la Belle époque, la vie artistique est brillante et les deux Alexandrins, pilotés par un compatriote, Mardaras, secrétaire du poète symboliste Jean Moreas, vont traîner du Boulevard des Italiens, à Montmartre, des Tuileries à la Place Clichy, à la recherche des endroits où il faut être où dînent ou soupent les célébrités.
« C’est ici-même, au rat mort que Rimbaud avait poignardé Verlaine en présence du poète Charles Cros… »
« Et la merveilleuse métaphore de Baudelaire allant de l’oiseau marin au Poète » [….] « Tout homme, et pas seulement le Poète, ne se voyait-il pas condamné à vivre cloué au sol. » inspire le jeune Constantin qui a hâte de rentrer dans a chambre d’hôtel pour écrire des vers qu’il déchire, le matin venu.
Promenades dans Paris, allusions à Alexandrie, bien présent. Recherches poétiques. Mais aussi déchirures dans la société causées par l’Affaire Dreyfus, curieusement comparées aux querelles byzantines :
« Iconomachie. Iconolâtres et iconoclaste. Une fumée épaisse montait de l’atrium de SAinte-Sophie« […] « vois-là une preuve supplémentaire de ce fanatisme qui animait l’Empire byzantin »
L’amour des garçons sous-tend le récit, amour coupable, inavoué et inassouvi. Tension insoutenable après la rencontre avec un jeune danseur russe. Scène très pénible (pour la lectrice dans une pissotière). Un aspect interlope comme cette visite dans une Arche, lieu de perdition mondain où les hommes de la bonne société s’encanaillent après avoir traversé la zone.
Une lecture très riche, qui tombe au bon moment!
Et encore une coïncidence, sur un blog ami je viens de trouver un très long article sur une exposition Cavafy à Athènes très bien illustrée.
La forteresse coiffant deux collines,rejointe par un mur crénelé, se voit de l’autoroute Sagunto est une grosse agglomération entouré de zones d’activités industrielles ou commerçantes.
Le nom de Sagunto m’est familier. Je pense confusément aux Romains sans bien savoir pourquoi. Hannibal fit le siège de Sagunto et la prise de la ville déclencha la seconde Guerre Punique. En 212 Scipion l’Africain reprit la ville.
La ville historique est pavoisée: un marché médiéval s’y installe ce week end à l’occasion du 9 octobre, la fête de la Communauté de Valence : le 9 octobre 1238, Jacques Ier d’Aragon entra dans Valence (c’est aussi la fête des amoureux).
Théâtre romain
Le Théâtre romain adossé à la colline, est ouvert à la visite. Dès que je franchis les arcades (d’époque), je découvre un théâtre « romain » complètement reconstruit. Les gradins en calcaire genre comblanchien sont prêts à accueillir les spectateurs. La scène st en planches, le mur de scène reconstruit en brique. Le plan antique a été respecté. On a mis des éléments du décor antique, une unique colonne est en place. Le résultat est surprenant, pas franchement réussi pour les puristes.
Hypogée : tombe juive
A proximité du Théâtre, se trouvait les quartier Juif ( au dessus de la route actuelle). Les tombes juives étaient des grottes à l’entrée des maisons. 50 de ces hypogées se trouvent le long d’un sentier creusé dans la roche. A partir de 1492, les tombes furent abandonnées et saccagées. Elles ont servi de refuge pendant la Guerre Civile (1936-1939). Dans la Juderia de Sagunto on produisait du vin cacher, de la cire, les juifs étaient des commerçants, négociant de textiles, soie et laine. Des témoignages écrits attestent que la présence juive remonte à l’Empire Romain. On a retrouvé des incantations écrites en latin sur un support de plomb. Jacques 1er aida les juifs à s’installer renforçant ainsi la colonisation chrétienne. En 1321 on construisit un mur enfermant la Juderia. Le premier bailli de Sagunto était juif.
Le site fortifié est actuellement en restauration – restauration durable est-il précisé – allusion aux restaurations antérieures à grand renfort de ciment et de briques. Le site est immense. D’un aménagement précédent, il reste quelques plaques avec des noms mais pas d’explications. Je grimpe au sommet de la colline, plus pour la vue et le sport que pour l’histoire ;
L’antiquarium est un long bâtiment bas adossé à la muraille. Le jeune homme qui se tient là me fait toute une conférence sur les guerres napoléoniennes : l’antiquarium est installé dans les écuries des armées françaises et sur les inscriptions hébraïques. Comme je suis bon public, il me montre comment les épigraphistes lisent le latin sur les stèles, une seule lettre souvent suffit pour un nom entier.
Nous n’avons plus le temps pour visiter le Musée Historique en bas, en ville, le marché médiéval qui a colonisé la rue, rend le stationnement impossible.
Le GPS nous mène directement à Benicassim. Il est un peu trop tôt, je vais me tremper les pieds sur la plage très bien aménagée. Il y a même une « Bibliothèque de la mer ». Quelle excellente idée ! Plage et lecture vont bien ensemble.
L’appartement de Rosa est encore plus beau que sur les photos. La terrasse est merveilleuse ; C’est là que nous passerons le plus de temps !
Deux expositions presque simultanément sur les lieux consacrés à Monet et à l’Impressionnisme: Sorolla à Giverny et Monet, Munch, Hodler à Marmottan. La mode cette année est-elle de faire dialoguer les peintres? Je goûte énormément ces rencontres qui offrent un point de vue nouveau sur des écoles qu’on imagine séparées.
Hodler (1858-1918), Monet(1840-1926) Munch (1863-1944) contemporains ne se sont jamais rencontrés, chacun a effectué des recherches originales dans des voies différentes, mais chacun dans la lumière et la couleur.
hodler
Peindre l’impossible est le sous-titre de l’exposition
« J’ai repris encore des choses impossibles à faire : de l’eau avec de l’herbe qui ondule dans le fond… c’est admirable à voir, mais c’est à rendre fou de vouloir faire ça» Monet
En introduction, une courte présentation des trois peintres : trois autoportraits. L’essentiel de l’exposition s’organise autour de ces thèmes impossibles à rendre : les montagnes, l’eau, la neige, le soleil et la lune, pour terminer par Couleurs.
Le grand maître des montagnes est sans conteste le suisse Hodler. Dans le Lac de Thoune ou le Lac Léman les sommets se reflètent, ou émergent d’une mer de nuages ou de bancs de brume. Le contraste entre le tracé extrêmement précis, structuré, presque géologique, des sommets et le flou de la brume est surprenant.
Lac de thoune et chaîne du stockhorn
Le premier tableau : Le Lac de Thoune et la Chaîne du Stockhorn est construit en couches parallèles bleues ou jaunes , 7 lignes bleu-clair, de brume traversent le tableau et la montagne. Au premier plan, de très petites taches vertes donnent du relief. De nombreux tableaux de montagnes sont accrochés : Le Mont Mönch net et structuré, le bâti est souligné d’un trait bleu ou rouge, surmonté de jolis nuages blancs en forme de virgule. La Jungfrau, l’Eiger et le Mönch au dessus de la mer de brouillard .
Monet : Mount Kolsaas
Monet s’est aussi essayé avec bonheur à peindre le Mont Kolsaas(Norvège) là où je ne l’attendais pas du tout.
paysage de Thuringe
Pour la neige, c’est Munch qui excelle avec des personnages très colorés qui se détachent. En regardant avec plus d’attention, je découvre les flocons tombant sur cette Neige fraîche sur l’avenue que l’on a choisie comme affiche de l’exposition. Et j’ai eu un coup de cœur pour le Paysage de Thuringeoù les limites des champs enneigés sont soulignés de rouge, brun ou vert. Monet, bien sûr n’est pas de reste….
Monet
Le thème de l‘eau n’échappe pas à Monet avec une barque dansle courant de l’eau souligné par les ondulations des végétaux. Peinture de maître!
Autre thème : les astres , coup de cœur cette fois-ci pourMunch, et à plusieurs reprises! Sa nuit étoilée a une parenté avec celles de Van Gogh!
munch soleil
Pour terminer, Couleurs glorifie les teintes chaudes de rouge et d’orange!
Une très belle exposition, donc. Seul Bémol, les salles sont exiguës à Marmottan et si trois groupes suivent leurs conférencières, les visiteurs individuels ont du mal à accéder aux tableaux. J’ai donc fait la visite dans le désordre pour revenir aux salles moins embouteillées.
Ce n’est pas une lyre géante mais un pont suspendu!
Nous quittons vers 10h30 l’appartement Negrito de la Rue des Valencians avec des regrets. J’ai beaucoup aimé cette ville variée et tranquille où il me reste encore tant à voir.
Avec la voiture nous faisons un tour à la Cité des Arts et des Sciences puis pousser vers le port ? Circuler dans le Port en voiture est interdit. Nous empruntons des routes au hasard et tombons sur des zones encloses dans des grillages. Les grues bien visibles de l’Oceanographic semblent effacées du paysage. De guerre lasse, j’allume le GPS qui nous ramène en ville au Pont de l’Aragon. Nous suivons attentivement les indications de madame GPS sans nous préoccuper de tourisme dans la ville moderne.
On nous a recommandé de ne pas arriver avant 19h pour cause de sieste espagnole, une centaine de km séparent Valence de Benicassim, nous prenons le chemin des écoliers. L’autoroute gratuite pour Castellon longe le rivage. Au bord de l’eau, il nous vient des envies de plage.
Pour marcher au bord de l’eau nous prenons la première sortie vers Playa Pobla de Farnals, traversons cette station balnéaire modeste mais surtout déserte composé d’immeubles peu avenants. Nous cherchons un supermarché pour faire un pique-nique et surtout pour acheter une carte routière. La première boutique vend la presse locale et tout un assortiment d’hameçons, de fil de pêche et de leurres, la seconde est riche en boîtes de conserves de moules, sardines et calamars que nous dédaignons. La plage de sable est agréable, vierge de toute installation(la municipalité a enlevé et mis de côté les chemins de planches et même les poubelles). Au loin, on devine les grues du port de Valence. Quelques retraités ont apporté sièges de plage et parasols, on se baigne ici en Octobre. Ma jupe est plutôt longue, je la remonte pour marcher le long de l’eau. J’atteins la plage de Puig station plus chic avec une jolie promenade plantée, mais pas de restaurant en cette saison. Un petit kiosque en bois a installé quelques tables où l’on peut boire ou manger des glaces. Et déjeuner ? « je peux préparer des bocadillos. » propose la jeune femme. Déjeuner simple, impromptu : sandwich au saumon (bien rempli) et tortilla de patates.
Retour à la grande route, qui traverse une mer de vergers d’agrumes, bien entretenus, jeunes touffus, oranges ou mandarines.
Pour l’après midi, j’ai fait une liste des sites que j’aimerais voir..
Je ne trouve pas le premier : la crypte saint Vincent à l’Almoina où j’ai visité le Musée Archéologique.
Almudin
Derrière, l’Almudin – la halle au grain – du temps de Balentsya. Le nom des rues rappelle cette fonction : rue de la Farine, Rue de la Pesée de la farine. L’Almudin est un bâtiment rectangulaire, très simple qui s’ouvre sur une placette Plaça de Sant LLuis Bertrand : le saint est une petite sculpture en bronze orant une fontaine au bassin octogonal. Le porche d’entrée d’un palais est très ouvragé.
Un peu plus loin, se trouve la massive église S. Esteban avec son mince clocher de brique. L’Almudin sert de hall d’exposition, lorsque l’une est en préparation, on ne visite pas. Je n’entrevois que de la porte les peintures murales représentation de la vie populaire.
Les Bains de l’Almirante qui ont rempli leur fonction de 1313 à 1959 pendant donc six siècles se trouvent à proximité. Malheureusement le créneau des visites est de 13h à 14h selon le panneau (et jamais pour les individuels selon un voisin). Troisième site de ma liste, troisième porte close .
Le Musée du Patriarca est recommandé dans mes deux guides. Peinture ancienne, Caravage, le Greco, Goya sont annoncés sur une énorme affiche suspendue sur les murs du palais ; Impossible de trouver l’entrée. Et sur la place personne ne connait les horaires d’ouverture. Encore raté !
Palais du Marquis dos Aguas
Enfin j’ai plus de chance au Musée des Céramiques qui se trouve dans le Palais du Marquis dos Aguas, construit au XVème rénové en 1740. La façade est ornée de bas- reliefs en albâtre, Atlantes soutenant le linteau du porche, Vierge dans une niche, mais aussi autour des fenêtres. Je n’ai jamais vu une façade aussi surchargée, l’albâtre semble un miel liquide qui dégouline.
Façade rococo ou rocaille?
Les murs des patios intérieurs sont également très décorés mais dans un style plus sage. A propos de style Baroque ? Roccoco ou rocaille ? Le Palais est meublé. Même impression de surcharge, trop meublé, trop riche, trop décoré. Les céramiques sont intéressantes. Après une présentation d’œuvres contemporaines au rez de chaussée, la scénographie est classique : vitrines dans l’ordre chronologique. Beaucoup de très belles choses.
Horchateria Santa Catalina
Après tout ce circuit, j’ai besoin d’une pause que je prends à l’Horchateria Santa Catalina dont je ne me lasse pas. Dominique m’attend à la terrasse du restaurant BonGust à deux pas du gîte sous la dame dans son plat à paella. J’y reste toute la fin de l’après midi et pour dîner (à l’heure touriste) : tartare de saumon avec sauce à la mangue présenté sur une ardoise, très bon !
Enfin! avec beaucoup de retard, je termine cette Promenade, promise, retardée et finalement réalisée.
J’avais pourtant commencé pleine d’enthousiasme : les Lectures communes sont toujours des occasions de partage, de confrontation de nos impression, d’enrichissement. Virginia Woolf est une auteure qui m’intéresse. j’ai gardé une très forte impression d‘Orlando, si bien que j’avais acheté dans la foulée Les Heures et La traversée des apparences que j’ai sans doute lus (les livres ne sont pas neufs) mais qui ne m’ont laissé aucun souvenir. Troisième raison, non la moindre, j’ai beaucoup aimé Skye où nous avions loué un cottage.
Skye terre et mer
Peut être ai-je été présomptueuse, j’ai téléchargé en anglais, To the Lighthouse. Depuis que j’ai la Kindle avec ses 4 dictionnaires, la lecture en VO s’impose.
Lecture toutefois ralentie par la consultation des dictionnaires, je ne me contente plus de comprendre le sens général, je vérifie chaque mot inconnu. Lecture laborieuse, non du fait de la richesse du vocabulaire, mais à cause du nombre de personnages, je me suis perdue pendant tout le début du livre entre les nombreux enfants et les nombreux invités. A cause du style parfois répétitif. Une phrase peut se retrouver à plusieurs reprises. Il ne se passe rien de notable. Mrs Ramsay tricote une chaussette, raconte une histoire au petit James, se préoccupe du bien être de ses invités, s’inquiète du retard que prendra le dîner si les jeunes amoureux en promenade tardent….Mr Ramsay passe, interrompt la lecture à James…Mrs Ramsay reprend le récit où elle l’avait laissé, reprend le tricot….et moi je reprends la lecture. J’avais pourtant l’impression que j’avais déjà lu cela avant!
un cottage à Skye
Je me lasse et prends Télérama, pour changer. Pourtant je suis incapable d’abandonner la Promenade. Je reprends ma lecture, pour l’interrompre avec le Monde…Et je reviens à Skye sans que rien de notable ne se soit passé. De fil en aiguille, la lecture a traîné. Est arrivée la Grande Guerre, de nombreux personnages ont disparu, Andrew mort à la guerre, Prue en couches, Mrs Ramsay, on ne sait comment. Je me suis familiarisée avec le livre, j’ai envie de poursuivre jusqu’au bout.
Que rajouter au billet très fouillé de Claudialucia?
J’aime beaucoup l’expression impressionniste qui décrit si bien le style de l’auteure, touche après touche, elle fait surgir l’impression générale, sans s’appesantir dans des analyses psychologiques. Impressionniste le roman, et peut être aussi la peinture de Lily Briscoe.
Je me suis d’ailleurs plus attachée au personnage de la vieille fille avec ses yeux bridés et son visage un peu chafouin moins séduisante, mais tellement plus existante. Lily peint et sa peinture occupe une bonne partie du roman. Se mariera-t-elle avec William Bankes? Mrs Ramsay favorise ces rencontres. Je l’ai trouvé plus intéressante que la belle, la solaire, la merveilleuse hôtesse, la mère attentionnée de famille nombreuse, l’épouse modèle, parfois rudoyée. En creux, la personnalité de Mr Ramsay, le chef de famille, le professeur émérite, le père autoritaire, assez odieux. Les autres sont esquissés sans que je m’y sois vraiment attachée.
Pour rejoindre les Jardins Turia je traverse à 8h30, la vieille ville par l’Almudin, la calle Almirante jusqu’à la petite place du Poeta LLorente occupée par un triangle de verdure où un chevalier se tient debout sur un socle. Ce n’est pas un chevalier (malgré l’épée) mais le peintre Ribera, un pinceau dans la main droite la palette dans la gauche.
Ceiba speciosa
Je descends la première rampe dans le lit du fleuve devant le Palacio Iglesia . j’avais prévu une promenade architecturale et c’est la botanique qui m’occupe. La coulée verte est plantée d’essences exotiques. D’abord de grands mûriers (Morus alba)aux belles feuilles vertes – pas de trace d’automne dans ce parc, les Yuccas fleuris sont hauts comme des arbres. Un arbre aux fleurs rose me surprend son tronc renflé est couvert d’épines comme les fromagers africains, ses feuilles composées de plusieurs folioles légèrement dentées, 5 pétales allongés et charnus veinés de rose vif avec un stigmate proéminent. (d’après Google il s’agit de Ceiba speciosa, arbre d’ Amérique du sud) d’autres arbres restent mystérieux. Des ficus, d’autres qui portent des fruits ressemblant à ceux du magnolia. Certains troncs sont tortueux et ressemble à des pattes d’éléphants.
On se croirait dans une oasis, un mirage
Plusieurs parcours sont aménagés. La promeneuse ne doit pas s’attarder sur la piste cyclable où circulent des vélos très rapides. La piste de jogging est rose, d’un sable souple sous les pieds des repères métalliques bornent les 5km du parcours (les jardins ont une longueur totale de 9km). Des panneaux commentent la promenade. On arrive à des bosquets de chênes verts. Des lauriers-roses forment des haies colorées et touffues sur les bords.
Après le vénérable Pont Real en pierre, une élégante passerelle enjambe le lit à sec pavé de granite : c’est le Pont de l’Exposition : à son niveau se trouve la station de métro Alameda. Curieuse, je descend. C’est une correspondance importante ; 4 lignes y passent. Les quais sont parallèles. Un tableau lumineux comme dans une gare de trains ou dans un aéroport. C’est neuf, fonctionnel. Ce métro ne sert à rien en centre-ville, il dessert plutôt la périphérie. La piste passe sous une « passerelle » fleurie où la masse des géraniums roses ou rouge isole les piétons de la circulation automobile complètement invisible; (au retour l’autobus passe dessus, ce n’est pas une passerelle mais un pont bien large). Un pont de pierre d’une dizaine d’arches se reflète dans l’eau d’un bassin à travers une palmeraie. Je crois à un mirage, à une oasis.
Le pont de la mer
C’est le Pont de la Mer (1592-1596) emporté au 18ème siècle. En 1936, les statues furent détruites et remplacées en 1943. Le pont suivant est en ciment : Puente de Aragon, ensuite le jardin est structuré de part et d’autre de colonnades successives : double péristyle ouvert, de colonnes doriques en béton beige clair entourée par des oliviers, deux pinèdes sont plantées parallèlement aux berge de l’ancien fleuve.
Palais de la musique
Aux colonnades succède un bassin rectangulaire dans lequel se reflète le Palais de la Musique (1987) illusion de la présence de l’ancien fleuve. Vu du jardin, le Palais ressemble à une immense serre coiffée d’un toit hémicylindrique reposant sur une colonnade et une mosaïque argentée qui brille sous le soleil du matin. En m’approchant, je vois des orangers dans des bacs : une orangeraie. Côté rue, l’entrée se fait dans un bâtiment cubique avec deux avancées pour alléger le volume et des baies vitré, très sobre.
En plus des joggers, des cyclistes sur les esplanades près des colonnes se déroulent des cours collectifs de gymnastique. Des jeunes femmes ont déroulé des tapis et font des exercices sous la direction d’un coach. Autour des placettes les hauts lauriers sont taillés en fin cônes.
Gulliver est allongé et bien isolé : les enfants sont à l’école. Ce doit être plus vivant quand les enfants escaladent les jambes et les bras, glissent sur les toboggans. Impossible de le photographier : il est trop grand, pas de recul. Et puis il est bien laid. Je monte sur le Pont du Règne, ce n’est pas mieux. Il est toujours trop grand.
Le palais des Arts dans la Cité des Arts et de la Science ressemble à un énorme coléoptère ailes et élytres à peine soulevées se reflétant dans un bassin turquoise. Une sorte de géode sphérique semble très aérienne. Une galerie borde tout le site. Au dessus une chaussée pavée de granite et l’Umbracle résille ou moucharabieh enjambant de hauts palmiers, jardin d’hiver ou d’été ? Une haute lyre relie la Palais des Sciences. Sur la chaussée les sculptures de Francisco Simoes sont exposées. Au fond la cité Océanographique ressemble à une immense cheminée de paquebot. Les grues du port se profilent à l’horizon. De l’autre côté de la route il y a un centre commercial à l’échelle de la cité et un Multiplexe de cinéma.
Francisco Simoes corps de femmes
Le Palais des Arts se profile au dessus de la verdure. Il est vraiment énorme. De dos il ressemble à un énorme coléoptère ailes et élytres à peine soulevées se reflétant dans un bassin turquoise. Quand je m’approche je découvre les ouvertures latérales qui bouleversent mes perceptions antérieures. Sur un « balcon »des végétaux donnent l’échelle : les palmiers poussent à mi-hauteur, à peine plus remarquable que des pots de fleur sur un balcon ordinaire. A la base du Palais des Arts l’eau est très présente sous forme de bassins et de ruisseaux.
Cité des sciences
L’Hémisphère – jumelle de la Géode de la Villette – enserrée dans une résille aérienne – est plantée au milieu d’un des bassins. Reflets, miroirs à l’infini. Je m’amuse à photographier l’objet, l’objet et son reflet, le reflet seul. Jeux d’optique et de géométries.
Résille ou moucharabieh l’Umbracle est un passage planté, une palmeraie à l’abri d’une voûte aérienne, légère, destinée au repos des visiteurs éblouis par des structures métalliques ou minérales. On peut s’asseoir dans des recoins fleuris. Le long de l’Umbracle, une chaussée surélevée longe les bassins et la Cité des Sciences. On y a exposé les sculptures de Francisco Simoes « corps de femmes ». Ces statues de pierre à taille humaine regardent la halle. Contraste entre le gigantisme de l’architecture et ces femmes.
Ici aussi, transparences, jeux des pleins et des vides, des vides surtout. Le squelette de baleine ou de vertébré géant a-t-il inspiré l’architecte ?
Plutôt qu’une visite expresse (très chère) je préfère renoncer. Il faudrait consacrer à ce Musée une journée entière.
Une sorte de lyre relie la Cité des sciences à l’Océanographic. C’est un pont routier haubanné qui enjambe le lit du Turia asséché. Fin de la piste cyclable. La verdure provient des jardins maraîchers.
Je rentre avec l’autobus 95 qui me porte aux tours Serranos.
A midi, je suis de retour à l’appartement. On boit un café en terrasse avant un rapide déjeuner des restes de la paella. Pour l’après midi, j’ai fait une liste des sites que j’aimerais voir..