Dunvegan, moutons et vaches poilues

JUILLET ÉCOSSAIS

les moutons de Skye

Premier jour : exploration des environs  sans aucun plan précis. Nous roulons au hasard, sur les petites routes à une seule voie, se dirigeant vers le rivage. Premier essai non concluant,  demi tour dans un vallon boisé .

La dame aux moutons

Deuxième essai, des panneaux annoncent qu’une maison est à vendre. Nous pourrons toujours prétendre être des acheteurs. D’autres écriteaux demandent d’être prudent « vieux animaux ». Nous imaginions des vieux chiens hargneux gardant la dernière maison où nous devrons faire demi tour. Une femme en bleu de travail, un seau à la main nous interpelle. Je me justifie :

« Nous cherchons un coin pique-nique ! »

La dame est très aimable. Elle nous montre une petite plateforme au sommet de la colline.

-« On dirait que c’est mou, mais c’est dur, vous pourrez garer la voiture. Avez-vous une couverture de pique-nique ? » (C’est une spécialité écossaise : un plaid, écossais bien sûr, doublé d’une feuille métallique et cela se vend moins de 4£ en supermarché)

-« Voulez vous une carte ? »

La dame entre chez elle pour chercher une clé et me fait entrer dans un cottage ancien meublé de vieux meubles, plein de livres et de tableaux. Le plan  qu’elle me propose est un prospectus des galeries et d’artisans de l’île. C’est un prétexte pour faire un brin de conversation. Elle est ravie de me raconter qu’elle vit ici depuis 25 ans. Elle achète les terres autour de sa ferme pour empêcher qu’on ne les construise. Elle a également acheté très cher le petit cottage qui appartenait à des américains. Depuis la mort d son compagnon elle vit avec ses moutons qui sont des « pets » ; ils ont 17 ans. Elle avise lmon sweat-shirt de Matane. –

–          « vous êtes canadienne ? »

Comme je lui raconte les orignaux des réserves du Québec elle rentre chez elle pour nous offrir des revues sur les loutres. Elle nous conseille d’aller faire des photos des vaches de son voisin.

 

Au bout d’une route carrossable, un vague chemin mène à un portillon dans une pâture de moutons. Nous l’ouvrons sans scrupules.Toutes les publications, destinées aux touristes répètent les 3 commandements du randonneur :

 

Les 3 commandements du Randonneur

1)      rapporter avec soi sa poubelle – on le fait toujours

2)      tenir son chien en laisse ou au pied – on n’a plus de chien

3)      bien refermer les portillons derrière soi – ceci implique qu’on a le droit de les ouvrir !

Les moutons de Skye ont l’habitude des promeneurs. Nous ne les affolons pas. Le terrain est herbu avec de petites collines. Nous sommes sur une pointe. Il y a de l’eau de tous les côtés.,  la vue est magnifique. Je continue jusqu’à la plage où je dérange un couple d’huîtriers pie. Je ne savais pas pourquoi ils étaient « pie ». Leurs cris affreux m’expliquent ce mystère ! Tout près, une île toute noire avec une plage toute blanche. En retournant vers la route principale un panneau nous permet de nous repérer : Harlosh à 5 miles au sud de Dunvegan.

 

Les nuages du matin ne nous avaient pas incité à prendre notre pique-nique. Nous nous dépêchons de cuire le beefsteak, pressées de repartir. Étonnant le prix du bœuf anglais! Beaucoup moins cher que chez nous et délicieux. J’espère que l’histoire de la vache folle est bien terminée.

Le château de Dunvegan

  Le château de Dunvegan

Le château de Dunvegan se trouve à la sortie du village vers le NW. Sur une petite plate-forme en dessous de la route,  très belle vue sur le donjon carré et les hauts bâtiments. Il est habité depuis le 13ème siècle par la même famille. Le seigneur du lieu Mac Leod est le 30ème

Des barques à moteur emmènent les touristes voir les phoques installés sur un rocher à une encablure de notre perchoir. Ils sont 4 à se chauffer au soleil. S’ils ne bougent pas beaucoup ils sont très bruyants. Je dessine avec beaucoup de plaisir le château, les rochers, les algues et au fond, les Tables de MacLeod, montagnes aux sommets aplatis.

 

Vache écossaise

Vedettes poilues

Les vaches poilues aux longues cornes effilées et recourbées se prêtent de bonne grâce à la photo. C’est à se demander si elles ne stationnent pas exprès au beau milieu du chemin. Peut-être ont-elles reçu quelques douceurs des touristes ?La route monte et descend, dans les creux il y a des petits lacs avec des roseaux et des plantes aquatiques. Des canards pataugent.

 

Coral Beach

  Coral Beach

Au bout de la route : un parking bondé – le départ de la promenade à la Plage de Corail distante d’un bon mile. Au sommet de la dernière colline qui surplombe la plage toute blanche . Arrivée à la plage, je me déchausse. Le sable éblouissant n’est pas fait de corail mais de maërl, débris calcaires d’algues et de coquillages. Sous les pieds ce n’est pas confortable c’est même piquant. Je ne regrette pas mon initiative l’eau transparente est presque tiède. Ce sera peut être mon seul bain (de pieds) des vacances en Écosse. Remontant sur la pelouse je reste pieds nus pour me débarrasser des coquilles. L’herbe est beaucoup plus douce ! Se souvenir quand même que l’emblème de l’Ecosse est le chardon !

D me fait des signes. J’essaie d’accélérer dans la montée. Trop tard ! La mer montante a submergé l’îlet. Les phoques l’ont quittée. Pendant que je pataugeais à Coral Beach une dizaine de phoques plongeaient, jouaient, s’appelaient, faisaient des cabrioles. Maintenant on ne voit plus que trois têtes luisantes qui sortent périodiquement de l’eau. On dirait que l’animal se tient debout à la verticale et qu’il pointe son museau vers l’extérieur. Je les regarde s’éloigner. Ils semblent suivre un courant qui fait une traînée plus lisse et plus claire à la surface de l’eau bleu marine profond et ridée. On repère les têtes lisses et noires. Quand ils s’éloignent on pourrait les confondre avec les cormorans qui pêchent aussi dans le coin.

Nous rentrons par étapes au gîte d’Hillside. Le ciel est débarrassé  des nuages. La pelouse devant la maison est en plein soleil nous nous installons sur le salon de jardin jusqu’à ce que le vent se lève, très frais. On dînera à l’intérieur.

voyage de Beauly à Skye

JUILLET ÉCOSSAIS

 

Paysage des Highlands


Sous la pluie battante,  par Muir of Ord en direction de Dingwall, une petite route coupe pour rejoindre la route d’Ullapool. A832 puis A890 suivant la ligne de chemin de fer dans des vallées presque désertes. Très peu de villages, de rares maisons. Des bruyères, des fougères, des lacs, des cascades, des rivières. L’abondance de l’eau qui ruisselle est en parfaite contradiction avec le concept de désert. Comment qualifier autrement ces étendues inhabitées, désolées ?

tourbière et ruisseaux

La pluie, les nuages et la brume seyent à l’Ecosse. Le plafond des nuages s’est élevé et nous profitons du paysage. Sur un parking, un vélo est attaché. Un petit pont enjambe la rivière grossie par la pluie. Un chemin de planches  au dessus de la tourbière invite à la promenade. La pluie vient de cesser. Les nuages se séparent. Les couleurs s’avivent. L’eau reflète le bleu du ciel.

rivière…

 

A Attadale, nous visitons un jardin merveilleux. Des rhododendrons géants, certainement très vieux ont des troncs lisses rose saumon.

Hémérocalles d’Attadale

Nous découvrons des plantes curieuses aux feuilles de rhubarbe géante, un jardin d’eau, une collection de fougères. Certaines fougères  arborescentes sont abritées sous une sorte de dôme géodésique. « Comment supportent-elles l’hiver?« – « Il gèle très peu » me répond la jeune fille de l’accueil. La neige est aussi très rare, il n’y en a pas tous les ans. La côte Ouest est moins froide que la côte Est. Sur un banc dans le jardin japonais,  des explications sur une feuille plastifiée : le gravier ratissé figure l’eau, un galet lisse  un poisson qui remonte le courant ce qui veut dire que l’on est maître de son destin. 8 rochers sur une mer de gravier sont les 8 îles de l’immortalité. Une petite auge basse avec une louche de bambou, symbolisent la cérémonie du thé. L’Empereur, comme le paysan, doivent se baisser pour puiser l’eau de la purification.

Le sonneur du château de Eilan Donan

Sous un beau soleil, nous arrivons à proximité du pont de Kyle of Loshaloh qui relie Skye à l’Ecosse.  Le château d’Eilan Donan se trouve sur un petit îlot relié à la terre par un pont de pierre aux arches élégantes ?

Notre propriétaire nous a prévenues : tout sera fermé le dimanche sur l’île. Il vaut mieux s’arrêter  au supermarché juste avant le pont. Le temps s’est gâté  brusquement. Nous arrivons sur l’île sous une belle averse. Je suis un peu surprise par la densité des cottages. La route qui passe par Broadford est très construite avec une abondance de B&B, bien souvent complet. Skye nous apparaît bien touristique après les étendues inhabitées que nous venons de traverser.

A Sligachan, malgré la pluie tout le monde est dehors avec  des jumelles. Je demande ce qui se passe à une dame. « C’est une course ! » Les spectateurs suivent les grimpeurs sur le Cuillin.

Nous arrivons à 16H30 à Dunvegan. Les indications au téléphone étaient suffisantes. Le propriétaire taille la haie de troëne, sa femme fait les honneurs de la maison. On entre par derrière dans la cuisine très bien équipée. Tout est neuf. Dans la salle à manger sur la grande table ovale de pin verni elle a posé un bouquet de fleurs. Le grand salon orange avec une double orientation est équipé d’une télé toute neuve à écran plat et de canapés très confortables. L’objet le plus original c’est la « cheminée avec un feu électrique » qui fait illusion et chauffe très bien. En face de la petite entrée : une belle salle de bains. Les trois chambres sont à l’étage. La bleue est double, la mauve twin.

Je mets à profit la soirée pour étudier les cartes, les prospectus et parcourir le livre de randonnées. Skye est vraiment très différente des régions que nous venons de traverser. J’ai peine à croire que nous sommes encore en Ecosse.

 

la Route des Pictes

JUILLET ÉCOSSAIS

Stèle Picte

L’ itinéraire trouvé au musée Groam  commence au musée d’Inverness. Nous prenons le parcours en route  à Beauly pour aller à Dingwall pour aller voir les pierres gravées par les Pictes sur place (souvent ce ne sont que des répliques, les originales étant conservées à l’abri dans des musées). C’est un grand jeu de piste. Nous disposons d’indices plus ou moins précis, parfois le parcours est fléché, pas toujours. Il faut demander aux passants.

Station Thermale à Dingwall

  Eagle stone

La première pierre a pour nom Eagle Stone et se trouve à 5 km de Dingwall à Strathpeffer. Nous suivons le camion des poubelles sur une route étroite,  un chemin creux, caché sous une tonnelle de très beaux arbres dont les ramures se touchent. On a l’impression d’être à la montagne. Nous arrivons à une station thermale charmante et désuète. De grands hôtels sont cachés dans des parcs immenses. Les maisons de pierre grise ont des pignons pointus ornés de feston de bois laqué de vert, de brun ou de rouge. Bow-windows, chiens assis, véranda donnent un peu de fantaisie sur la pierre grise austère. Le style victorien rappelle les constructions de Biarritz ou de Deauville.

Stèle avec pétroglyphes du cimetière de Dingwall

La pierre est bien cachée derrière une propriété. On y accède par une allée bordée par une palissade de bois gardée par une énorme chatte tricolore qui fait une démonstration d’équilibre, marchant sur l’étroit champ. Les pétroglyphes sont bien visibles : on reconnaît l’aigle, bien sûr, et le croissant avec les doubles disques. Les signes en Z sont plus difficiles à observer. Pleine de bonne volonté, je dessine sur mon carnet moleskine les motifs et recopie les légendes de l’Eagle Stone.

            «  Eagle Stone – 7ème siècle

A été enlevé pour marquer les tombes du clan Munro tués dans une bataille au 15ème siècle-

Brahan Seer a prophétisé au 17ème siècle que si l’Eagle stone tombe trois fois, les navires seraient capables de remonter pour être attachés à la pierre. L’Eagle stone est  déjà tombé une fois. »

 Tourisme thermal

Tourisme thermal

Nous nous promenons ensuite dans la station thermale à la recherche de la Source d’eau sulfureuse qui se trouve dans le « square » près du pavillon des soins. Une dame nous accueille en français dans le petit établissement tout carrelé appelé « The Pump ». C’est ici qu’on aurait pu goûter l’eau si, pour une raison mystérieuse, la source ne s’était tarie. Le pavillon est converti en petit musée avec des personnages en cirre grandeur nature, certains sont parlants comme à Cromarty, le médecin délivre sa consultation en public !Une vidéo raconte « La Cure de Délia et Prudence en 1912 », film plein d’humour. Sur des panneaux, dans des vitrines sont exposés toutes sortes d’objets rappelant l’Age d’Or de la cure. Les plus drôles : les manuels de savoir vivre un pour les hommes, un pour la femme. Des ordonnances…

Sur la place de l’autre côté de la route, une petite gloriette sert d’échoppe au loueur de vélos des vélos noirs très classe sont proposés ainsi qu’un grand Bi.

  Dingwall

Nous abandonnons l’époque victorienne pour aller retrouver les Pictes à Dingwall. La pierre gravée se trouve dans le cimetière d’une église. Laquelle ? Trois clochers au moins se détachent au dessus des toits. Comme le centre-ville est piétonnier nous abandonnons la Vauxhall sur un grand parking gratuit et je vais me renseigner au musée. La pierre est bien là où on nous l’a indiqué mais les gravures sont moins intéressantes : un double disque, deux croissants, des cupules… L’important c’est de l’avoir trouvée !

Ardross

Le jeu de piste continue sur la route A9 puis sur une petite route qui mène à Ardross. Ardross est un tout petit village. New Ardross Hall est un gymnase qui ne paie pas de mine. Nous sommes un peu déçues d’avoir tant tourné dans la campagne pour ne découvrir que des répliques. Un loup et un cerf  gravés sont d’une élégance inouïe ! Une troisième pierre présente des motifs stylisés..

Rosskeen : The Thief’s stone

Th thief’s Stone

Encore une fois, nous croyons être perdues et demandons notre chemin à des jeunes qui ont une sorte de kermesse. Personne ne connaît la pierre ! Nous aurions dû faire plus confiance dans le plan qui est très bien fait. Évidemment, il nous faut revenir en arrière : j’ai vu le parking trop tard. Pour étudier les gravures, c’est raté. La pierre se trouve dans un champ enclos, on ne peut la voir que de loin.

La croix de Nigg

La croix de Nigg

Le clou de notre périple ! Nigg est le village qui fait face à Cromarty de l’autre côté du Firth of Cromarty, sur une sorte de pointe. La vieille église est construite en hauteur cachée par de grands arbres. Comme à Cromarty, le plan de l’édifice est en T : un bâtiment rectangulaire long orienté E/O, très simple, surmonté d’un clocher. Elle est entourée de tombes moussues sur un terre-plein herbu. Certaines pierres tombales sont toutes effacées ou mangées de mousse. On reconnaît un crâne,e et deux tibias sur la tombe d’une femme riche ce qui rappelle que riche ou pauvre seront pareils dans la mort.

Croix de Nigg(détail)

Quand on pousse la porte de l’église, une bonne odeur de bois ciré nous accueille. On est frappé par l’austérité la sobriété du lieu de prière. A part deux lustres de cuivre il n’y a aucun décor. Des murs crépis de crème, des bancs de bois, une chaire très simple entre deux grandes fenêtres. La croix que nous cherchons est cachée dans une petite pièce sombre fermée par une porte. Sa présence aurait distrait les fidèles de la prière ? Deux interrupteurs commandent l’éclairage. On nous prévient qu’une caméra nous surveille. Les deux faces de la Pierre sont finement ornées. D’un côté, une croix surmontée d’un fronton triangulaire racontant la légende de Paul l’ermite. Un corbeau tient en son bec un pain rond (cela ressemble à un  fromage !) Paul et Antoine sont à genoux. Au dessous la croix est entourée de curieuses boules figurant des serpents enroulés ? A l’envers, David tue un lion et protège son troupeau. Il est représenté avec sa harpe. On voit également un aigle et des scènes de chasse.

Pierre de Shandwick

La pierre de Shandwick est, elle aussi, érigée au milieu d’un champ. Un abri de verre la protège des intempéries. Décoration de toute beauté, encore des bosses et des scènes de chasse. Malheureusement séparés par une vitre on ne sent pas l’intimité avec l’œuvre. On la voyait beaucoup mieux sur la vidéo de Rosemarkie !

Pique nique

Le cadre est idéal, un parking donnant sur une plage de sable clair, de belles pelouses, des tables et des bancs. Nous sommes très bien installées pour la salade de pommes de terre thon et olives. Au dessert un gâteau sponge avec de la crème au citron.

Sous un soleil voilé – mais soleil tout de même – j’arpente la plage le long de la mer du nord. C’est la première fois que l’horizon n’est pas limité par des terres. Nous sommes sur une pointe entre le firth of Cromarty et le firth of Dornoch. Le Firth of Moray est ici très ouvert. Ciel d’ardoise, crêtes bleuies et mer très brillante, miroir reflétant le soleil lumineux. Une famille a relevé aux genoux les pantalons des survêtements. Ils portent des seaux et des épuisettes. La mère et la fille sautent à pieds joints dans les vaguelettes. Trois jeunes gens plus téméraires sont en maillot de bain, ils ont gonflé un canot pneumatique. Seuls se baignent les labradors.

Stèle Hilton of Cadboll

Nous traversons Balintore : quelques maisons au bord de mer et un  petit port.  La stèle se trouve au milieu d’un vallon, quatre jardiniers tondent l’herbe. Derrière la pierre, les vestiges d’une ancienne chapelle sont cachés par la végétation. La véritable pierre a beaucoup voyagé : en 1676 elle a servi de dalle funéraire à Alexander Duff et à ses trois femmes, puis elle a été transportée au château d’Invergordon, enfin elle a été exposée au British Museum. Maintenant elle se trouve à Edimbourg. Sur place la réplique n’a que 7 ans et n’a pas encore reçu la patine du temps. Même si la copie est fidèle, elle est trop neuve pour être émouvante. C’est pourtant une  sculpture très intéressante représentant une princesse à cheval et des cavaliers partant à la chasse.

L’église de Portmahomack

Dans les champs les céréales sont presque mûres : orge ou seigle ? Difficile de le dire de la voiture. Le Pictish Trail est ici balisé avec un pictogramme aux entrelacs pictes. La piste nous mène à l’église de Portmahomack, long bâtiment blanc coiffé d’un court clocher qui se détache sur le ciel gris du haut de sa butte verte. A ses pieds, des fouilles archéologiques : un rectangle découpé dans la terre très noire. Trois archéologues travaillent. Une jeune fille dégage doucement un trou avec une sorte de truelle pendant qu’un garçon prend des notes. L’église de Tabat a été transformée en musée. Les sépultures pictes contenant encore des ossements sont recouverts d’une plaque de verre. On voit de très belles sculptures : deux vaches et un veau, la mère lèche son petit, c’est précis et touchant. De nombreux panneaux, des photos, des écrans racontent les fouilles ou la vie du village. Nous avons été des touristes studieuses jusqu’à présent mais notre attention arrive à saturation. Nous regardons tout cela distraitement. Il est temps de s’aérer. La balade au phare est la bienvenue. Une allée abritée par des ajoncs très hauts nous mène à la pointe fleurie de bruyères. Il en existe au moins trois sortes dont une à grosses clochettes roses pâle que je n’ai jamais vu ailleurs. Les rochers de grès rose ont été sculptés par la mer. La stratification est bien visible. D’ici aussi on guette les dauphins à la jumelle. Des arlésiennes !

Nous rentrons par Tain, encore une pierre gravée au cimetière, inscriptions peu lisibles. Sur l’A9 le trafic en direction du nord est très chargé, départs en week end ou en vacances. J’ai oublié de parler des panneaux bilingues depuis Cromarty, lettres noires en Anglais, vert en Gaélique. Les noms sont imprononçables. Arrêt au Tesco de Dingwall. La soirée se termine devant la télé : concert Beethoven.

Retour à Cromarty et fête à Beauly

JUILLET ÉCOSSAIS

Une audience au Tribunal de Cromarty

Les courses à Beauly sont amusantes : un brin de causette chez le boucher, la caissière de la Co-op me demande si je veux une carte de fidélité…Les légumes qui se vendent chez le fleuriste, la Poste à la papeterie..

 Dauphins ?

A 10 heures,  sur parking de North Kessock juste après le pont suspendu qui enjambe le Firth of Beauly. Dans un cabanon, les naturalistes surveillant les dauphins ont établi leur base. Des microphones installés dans l’eau permettent d’entendre arriver les dauphins.

L’animatrice nous conseille d’aller plutôt à la Pointe de Chanonry qui est un meilleur point d’observation, le Firth  est très étroit. Si les dauphins passent ils seront plus près. C’est marée haute la mer commence à descendre, une heure très favorable, selon elle.

Malgré des prévisions météo exécrables, il fait très bon. Le pâle soleil finit par percer. Pas un souffle de vent. La surface de l’eau est plate comme un miroir. Le moindre aileron, la queue, le museau devraient être repérables. A peine sommes nous arrivées, que quelque chose de noir sort de l’eau et replonge. Mon premier dauphin ? Un instinct de chasseur enfoui quelque part dans mon code barre fait monter l’excitation, comme la proximité des fauves. Je sors les jumelles et scrute dans la direction du triangle noir disparu. Un peu plus loin sort la tête fine et le long cou d’un cormoran. C’est lui que j’avais pris pour un dauphin ! Très conscient du nombre de jumelles braquées sur lui, le cormoran joue les stars. Il a même l’air de me narguer. Il ressort plus loin avec un gros poisson frétillant dans son bec. C’est tout un spectacle que de le voir faire pivoter sa proie pour pouvoir l’engloutir. Je vois le cou de l’oiseau se dilater. Puis il s’enfuit en rase motte, bientôt rejoint par deux autres.

Guettant cormorans et dauphins derrière le phare

Que faire en attendant les dauphins ? Je sors le carnet moleskine et  dessine. Des touristes ont repéré quelque chose. J’ai tout juste le temps d’empoigner les jumelles et d’observer la gueule moustachue d’un phoque qui fait surface et disparaît. Au bout d’une heure, nous nous décourageons.

  Rosemarkie

Je rejoins Rosemarkie par la plage sur la fine bande laissée par la mer descendante. Le sable est clair, par endroits il y a des accumulations de graviers rose foncé et des galets variés plutôt gris. Vers Rosemarkie, les galets sont plus gros et situés sur le haut de l’estran. Je n’ai aucune interprétation sédimentologique pour expliquer cette répartition. Peut être tout simplement a-t-on voulu dégager la plage pour les estivants ?

 

Rosemarkie est une station balnéaire plutôt coquette avec de jolies villas en grès rose sur le front de mer. Le sable de sa plage est rosé également. Rosemarkie se déclare « free of alcohol ». La consommation à l’extérieur entraîne une amende faramineuse. La prohibition américaine vient elle des puritains écossais ou les Écossais imitent ils les Américains ?

 

  Musée Picte

Le minuscule Musée Groam est gratuit. Une vieille dame arborant le badge « volunteer » nous questionne longuement. Un DVD présente les Pictes, premiers habitants du Nord de l’Ecosse, peuplade plutôt mystérieuse qui a laissé des pierres gravées de toute beauté de l’Age de Bronze au 9ème siècle de notre ère. Les pierres gravées portaient de gracieux symboles en croissant, double disque, fer à cheval ou miroir. Des animaux étaient également gravés ainsi que des scènes de chasse. Enfin des entrelacs compliqués et savants complétaient la décoration de certaines de ces pierres levées qui font penser à des menhirs.

Une autre partie du musée est purement décorative. Des artistes contemporains ont réinterprété les motifs pictes qui rappellent les graphismes celtiques bretons ou irlandais. Des tampons encreurs sont même proposés pour l’amusement des enfants. Je tamponne plusieurs feuilles en prévision de la décoration de l’album photo. Dans un coin, sur une harpe. D joue Scarborough Fair que j’immortalise dans un petit film.

Déjeuner

Au menu : le saumon des fumeries de Grantown On Spey que nous voulons déguster dans un bel endroit. La table que nous convoitions en bord de plage est occupée. La quête de l’endroit sera longue : détour par Eathie, galère dans Cromarty. Nous échouons sur le bord du Firth de Cromarty sur un parking pas très propre.

 

 Musée du Tribunal de Cromarty

On nous a même fourni le déguisement!

Le Musée installé dans le Court House a reçu de nombreuses distinctions. L’attraction principale est la reconstitution d’une audience  au 18ème siècle. Dans la salle historique des mannequins parlent et même se meuvent à notre entrée. Le shérif a l’air vivant. La présentation du tribunal n’est pas une attraction gratuite. Elle veut démontrer les différences entre juridiction anglaise (Commonlaw) et la juridiction écossaise avec l’individualisation de la peine (comme dans le Droit Français). C’est cette différence dans le Droit Ecossais qui permettait aux jeunes couples de se marier sans le consentement des parents. Autrefois, en 1969 Eti et Tchouka avaient fait le voyage d’Ecosse pour se marier.  Ce n’est qu’un élément de visite parmi d’autres.

 

On a aussi reconstitué la prison Des objets donnent une foule de détails.. Une autre figure animée fait revivre Sir Thomas Urquhart, châtelain de Cromarty au 17ème siècle, traducteur de Rabelais, gentilhomme excentrique.

 

  Histoire de Cromarty

La prospérité de Cromarty, au 18ème siècle, est due à sa situation géographique exceptionnelle : un port naturel permettant d’abriter nombreux navires. Le châtelain entreprenant : George Ross (1760) favorisa l’implantation de trois usines : une fabrique de clous, une brasserie et une filature de toile de chanvre, importé de Saint Petersbourg. Ces usines, en plus de la conserverie de harengs et l’abattoir de porcs, faisaient de Cromarty une ville très prospère. En plus du château de George Ross on construisit de belles demeures en grès rose. Cette industrialisation draina les paysans des Highlands. Certains d’entre eux ne parlaient pas Anglais. George Ross construisit pour eux la chapelle Gaëlique. Des épidémies en 1830 puis l’arrivée du chemin de fer en Écosse scellèrent le destin de la petite ville. Les voies d’eau avaient perdu  leur importance. La petite ville s’assoupit vers la fin du 19ème. Actuellement Cromarty ne vit pas que du tourisme. Une nouvelle industrie s’est développée : la construction des plateformes pétrolières dans son Firth très profond. Un énorme tanker passe sous nos yeux, escorté par deux remorqueurs.

Eglise écossaise très dépouillée

Nous avons aussi appris, dans la reconstitution de la prison, ce qu’était la Disruption (1843), scission de l’Eglise écossaise. L’Eglise Libre réclamait que les prêtres soient choisis par les fidèles et non par les autorités. Ces querelles religieuses semèrent de véritables révoltes. Une femme fut emprisonnée puis libérée sous la pression populaire. Ces schismes expliquent peut être le grand nombre d’églises dans le pays. Ce qui est le plus étonnant c’est l’utilisation actuelle des lieux de culte. On ne les laisse pas fermées comme en France. On les transforme, souvent en galerie d’art, parfois en restaurants ou en salle des fêtes qu’on peut louer pour faire des parties. L’installation d’une cafétéria dans la cathédrale saint Gilles où l’office se déroule régulièrement ne choque personne. La délicieuse odeur de bacon m’a paru inédite dans ce  lieu du culte !

Cromarty et ses Stutors

 

Légendes

L’histoire du village ne serait pas complète sans les légendes de géants, de sorcières et de lutins. Deux géants, les Stutors, deux collines symétriques, gardaient  l’entrée du Firth. J’en ai gravi un dimanche.

Nous étions passées devant deux belles maisons sans nous douter non plus qu’elles fussent hantées.

Quant à la Femme Verte, celle qui fait mourir les bébés, les enlève pour les remplacer par les Changelings, j’aurais dû suspecter son rôle quand j’avais déchiffré les pierres tombales et vu que tant d’enfants étaient morts en bas âge

 

  Visite de la Ville

On visite la ville avec un audio-guide.  Hugh Miller – une autre célébrité de Cromarty, –  maçon devenu géologue puis journaliste – est notre guide. Ce stratagème donne de la vivacité au commentaire.

Nous reprenons la promenade de dimanche dernier « accompagnées » par Hugh Miller qui nous raconte la vie au début du 19ème siècle à l’époque de la prospérité quand les rues étaient très animées.

 

 

 

 

 

la Fête à Beauly

La fête à Beauly

Un nuage bas envahit la vallée juste à notre retour à 18heures. La fête du village sera-t-elle annulée pour cause de pluie ? Non ! bien sûr ! On a installé une  plateforme bâchée avec une toile cirée verte qui sert d’estrade sur la grand place du village juste en face du Fish and chips « the Friary » (allusion au Prieuré) qui ne désemplit pas. Les familles se sont abritées dans les voitures garées sur la place dînant de frites, de poisson ou de glaces en attendant le spectacle. Un accordéoniste, Frankie, essaie de mettre de l’ambiance. Il joue des airs écossais  très connus, des marches, des polkas. Les gens se trémoussent sur place mais personne n’ose se lancer. Nous piétinons une bonne demie heure avant que les petites danseuses n’arrivent sous des capes en nylon rouge ou violettes, chaussées de sabots en plastique rose ou bleus. Toutes ont les cheveux tirés en un chignon rond très haut sur le crâne, elles portent des kilts ou des jupes plissées sur des jupons blancs avec un justaucorps de velours assorti sur un chemisier blancs à manches bouffantes. Les plus vieilles ont peut être douze ou treize ans mais les plus jeunes ont à peine 5 ans. Le musicien est un piper de 13 ou 14 ans en grande tenue. Les danses ont des chorégraphies compliquées mais paraissent terriblement monotones aux non-initiées que nous sommes. Les petites filles se penchent très bas pour une sorte de révérence avant de commencer. Elles lèvent les bras et font des entrechats. Deux plus grandes dansent sur des sabres croisés. Nous attendons les cornemuses. Pour nous faire patienter Frankie a repris l’accordéon avec plus de succès, des toutes petites filles dansent pour imiter leurs aînées, même des petits garçons se laissent entraîner. Les cornemuses ne jouent pas un morceau pour nous, elles défilent avec les tambours descendent la rue principale, exécutent un demi tour de revue militaire au bout de la place de façon à repasser une deuxième fois, demi tour ! Et nouveau passage. En regardant bien on voit que de nombreuses femmes portent le kilt, différence au niveau des chaussettes, les hommes ont glissé un gros couteau, presque un poignard

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Loch Ness

JUILLET ÉCOSSAIS

 

Château d’Urquart


 

De Beauly à Drumnadochit (comment cela se prononce – t il ?) – 17 miles – par une jolie petite route dans la lande. D’après les cartes postales, le château d’Urquhart semblait posé sur une île dans le Loch Ness. Pas de bac, ni de pont : on l’atteint à pied sec !

 

 Histoire d’Urquhart

Les visiteurs sont accueillis par une vidéo très bien faite sous titrée en espagnol et en français.

En 580 AD s’arrêta à Urquhart et convertit le vieux chef Picte Emchath.

Le château fut construit au 13ème siècle par la famille Durward

En 1276 il fut conquit par Edward 1er d’Angleterre

En 1308 Robert le Bruce chassa les anglais du nord de l’Ecosse

Au 15ème et au 16ème siècle la menace venait de l’Ouest, des MacDonald, seigneurs des îles

En 1500 le château passe aux mains des Grant

Au 17ème, pendant les guerres jacobites, les Grant firent sauter le château et l’incendièrent pour qu’il ne puisse pas servir de base aux Jacobites.

   Ruines médiévales

Les ruines du château

On visite un château en ruines dont les vieilles pierres sont mises en valeur par l’écrin vert d’une pelouse fine qu’une escouade de jardiniers tondent aujourd’hui.

Poterne, salle des gardes, prison, donjon… Même si nous avons visité cent fois leurs analogues, nous avons plaisir à les découvrir dans ce site grandiose et à regarder le Loch Ness à travers les meurtrières. Un dispositif frappe mon imagination : pour consommer le grain, il fallait le sécher dans une sorte de cuve de pierre à proximité d’un feu, un peu comme un four. Cela en dit long sur l’humidité du climat !

  Souvenirs

Souvenirs!

La boutique de souvenirs propose un échantillonnage complet de tartans, écharpes, bijoux mais aussi des cartes anciennes, des livres, des CD. Pour Maman, j’achète une carte ancienne, pour Valou deux livres de recettes de cuisine, pour nous  des toffee et pour moi, une Histoire de l’Ecosse illustrée 3.99 £.

   Sentier CraigMonie

A l’Office de tourisme,  les employées sont très agréables et prodigues en cartes et plans. Je pars  sur le sentier de CraigMonie munie d’un topo détaillée et d’une carte. Monie était un chef Viking norvégien, les balises sont décorées d’un viking casqué. Le sentier fait une boucle sur une colline boisée. Les explications naturalistes sont présentées sur des panneaux de bois qui se range en coulissant à l’intérieur des poteaux. Il suffit de faire basculer la flèche pour avoir une leçon très complète concernant toutes les essences : frênes, sorbiers, pin sylvestre, pin douglas, « spruce » ? Le sentier monte et descend la dénivelée cumulée compensera la courte distance (3miles). Je dérange trois gros rapaces – des buses probablement- et un pinson. Je grappille les framboises.

Le tour du Loch Ness

La route A82 qui emprunte « The Great Glen » d’Inverness à Fort William est très fréquentée. On s’y croise sans difficulté  mais la présence de nombreux camions rend la conduite désagréable. On ne peut pas s’arrêter pour jouir de la vue sur le lac.

 

C’est en miles!

Fort Augustus

A Fort Augustus, au bout du Loch, c’est la cohue. Le parking payant est complet. Un écossais joue de la cornemuse. On y vend des fraises. L’attraction, ce sont les écluses en série dans lesquelles une demi douzaine de petits bateaux blancs à moteur attendent attachés à des crochets. Quand la porte s’ouvre les plaisanciers détachent leur embarcation et marchent en tenant le bateau en laisse. La manœuvre est facile des enfants la réalisent – très fiers- .

 

Les écluses de Fort Augustus

La route qui nous ramène à Inverness par la rive opposée  monte dans une lande de bruyères très sauvage. Sous le ciel gris, elle paraît encore plus rude. Des petits lacs se sont formés dans les creux. Un ruisseau serpente en décrivant de larges boucles. On est très loin de Fort Augustus et ses écluses soignées.

 

Lande et bruyères

Au col (400m) Suiche Chuimein View Point la vue est très étendue. A côté des panneaux, une sorte d’échelle permet aux piétons d’enjamber la clôture et de suivre le chemin qui monte vers les sommets. Il traverse des tourbières gonflées d’eau comme une éponge. Il faut rester sur le sentir empierré ou sauter de touffe en touffe pour ne pas se tremper les pieds. L’air est très vif, le vent souffle. Je me croirais en haute montagne et pars à l‘assaut d’une petite colline comme si c’était un sommet des Alpes. Derrière, il y a une autre crête, encore derrière, un petit pic, chicot rocheux que je grimpe avec un grand plaisir. Je reviens, dévalant les pentes, ravie de mon expédition.

 

Cascade de Foyers

La promenade est très aménagée avec des rampes et des marches de bois dans une pinède. Des écriteaux préviennent qu’il y a des caméras de surveillance en action …pour les écureuils roux (les écureuils gris américains sont en train de supplanter les écureuils autochtones). Quand aux caméras ! C’est un débat qui revient en ce moment tous les moments à la télé sur BBC1 Scotland. Récemment les caméras ont permis de confondre les terroristes de Londres et de Glasgow. Leur efficacité a d’abord rassuré les britanniques mais maintenant elle les inquiète. Big Brother est une invention britannique !

La balade à la Cascade a été courte, je la poursuis en descendant à Lower Foyers sur le Loch Ness, découvrant une autre cascade et des marmites de géant. La petite route de foyers à Inverness suit le lac. C’est une route à une seule voie et passing places beaucoup plus agréable que l’A82. Des parkings permettent d’admirer le château d’Urquhart. Les cartes postales qui le font croire dans l’eau ont dû être prise en bateau, de cette rive, il est beaucoup trop petit !

Nous arrivons à Inverness par les quartiers résidentiels sur les bords du canal Calédonien. Les berges du canal ont été aménagées pour la promenade. Nous avons une vision ensoleillée d’Inverness avec les flèches de ses églises.

Chateau de Cawdor, Nairn

JUILLET ECOSSAIS

 

le château de Cawdor

 

   Itinéraire

Le château de Cawdor est  à une quinzaine de miles à l’est d’Inverness et une dizaine au sud de Nairn. Une petite route passe par le champ de bataille de Culloden Bonnie Prince Charles fut défait en 1746,  et à côté d’un Cairn préhistorique. A Inverness, impossible de trouver cette  route. Par l’axe Inverness-Aberdeen, nous parvenons directement à Cawdor. Le parking est ombragé par des chênes séculaires magnifiques (l’ombre est assez inutile, le ciel est gris). Les pelouses sont d’une finesse incomparable, les mêmes que celles du golf qui appartient au château. Curieusement, les tarifs du golf sont très raisonnables (10 £ la partie ou 14£ la journée). Dommage que nous ne golfions pas!

Jardins

les roses de Cawdor

Nous profitons d’une éclaircie pour visiter les jardins : le Jardin des Fleurs, le Jardin Sauvage, et Le jardin enclos de Murs. Le Jardin des Fleurs est un enchantement : mélange savamment désordonné de fleurs des champs comme les campanules ou les géraniums bleus et roses, avec des plantes plus sophistiquées comme les delphiniums ou les lupins. Harmonie de bleus et de blanc. Camaïeu de bleu à rose en passant par violine et mauve. Pas de jaune, peu de rouge. Enfin, si ! Un énorme coquelicot –un pavot ? – fait une unique tache rouge ans un massif. Les feuilles carmin d’un arbuste inconnu se détachent. Des seringats blancs ont des fleurs très simples. Simplicité trompeuse avec des variétés infinies de géraniums.

jardin de fleurs

Des jardiniers travaillent avec des outils minuscules qu’on utiliserait pour des balconnières. Leurs genoux sont protégés par des coques plastiques comme les surfeurs. Pas une mauvaise herbe, le gravier est finement ratissé. En revanche, on ne touche pas au lichen qui colonise poiriers vénérables ou ifs déplumés. Nous nous livrons à une débauche photographique

Château

En dehors de la saison touristique, le château de Cawdor est habité. On a balisé des parcours pour les visiteurs et déroulé des bandes écossaises du tartan familial des Campbell et placé des feuilles explicatives. Tout est fait pour suggérer l’intimité de la famille des propriétaires : photos encadrées, objets modernes usuels, téléphone, romans actuels.

Les tapisseries qui camouflent entièrement les murs de certaines pièces  doivent réchauffer l’atmosphère. Une série a pour thème Don Quichotte une autre illustre des épisodes bibliques. Le mobilier est de provenance variée, toujours de belle facture. Comme dans le jardin, un désordre précieux est cultivé, suggère la vie, le confort, plutôt que des reconstitutions historiques ou les collection solennelles d’un musée. Chaque tableau  mériterait qu’on s’y arrête un moment. Les châtelains sont aussi des amateurs d’art moderne . On reconnaît des vues du château. Un tableau contemporain particulièrement réussi représente des troncs gris entrelacés. Le titre : « L’entrée de l’allée ».

  Jardin enclos de murs

L’allée du tableau dans le Jardin enclos de Murs

Nous avons la surprise de reconnaître le tableau dans la double rangée de cytises formant une allée couverte, encadrant le labyrinthe de houx taillés, comme ailleurs on taille le  buis ou des ifs. Une autre partie du jardin dans les murs est un verger de vieux poiriers, néfliers, pruniers.

 Jardin sauvage

Le jardin sauvage fait la transition avec le parc. Sur une pente on a planté des rhododendrons et des azalées. La floraison est terminée.

De là partent des circuits -Nature Trails – Je choisis celui de 2 miles qui passe sous d’imposants séquoias puis dans une hêtraie d’arbres magnifiques séculaires. Une rivière, presque un torrent coule dans un creux. Pourquoi l’eau est elle si brune ? Est-ce la rouille ou la matière organique d’un terreau de feuilles ? Il semble que malgré la latitude nordique les végétaux soient florissants. Chênes et hêtres – arbres nobles – ont peut être l’âge du château ?

 La légende du château

Selon Shakespeare, Macbeth était le thane de Cawdor. Le château actuel est plus récent du milieu du 14ème siècle. On raconte que le châtelain bâtisseur aurait chargé un âne d’un coffre d’or et aurait attendu que l’animal se repose pour désigner le lieu où il construirait son donjon. L’âne aurait choisi un houx toujours visible au centre du donjon. On aurait mesuré avec le C14 l’âge du bois et la date de 1372 est tout à fait cohérente avec  la légende !

 Fumerie de saumon

La  fumerie de saumon est  à Granton dans la Vallée de la Spey à une vingtaine de kilomètre de Cawdor. D a gardé un souvenir extraordinaire des fumeries nordiques, de l’odeur du bois, de la fumée. C’est aussi l’occasion d’acheter de l’excellent saumon.

 

Encore une fois, nous faisons le double de chemin en passant par Nairn. Au nord du Parc  Naturel de Cairngorn nous traversons une lande couverte de bruyère. C’est vraiment l’Ecosse des cartes postales ! Le sol gorgé d’eau passe à des tourbières. Pour moi, c’est un enchantement.  La conduite exige une attention redoublée : toujours pas de bas côtés et à peine la place pour que deux voiture se croisent – on ne parle pas des camions de bois !

La fumerie appartient à une Rockstar : Jethro que je ne connais pas. La visite est une déception:  un bâtiment moderne situé dans une zone artisanale tout à fait banale. A la Réception on ne paie guère d’attention à nous et on ne se donne même pas le mal de brancher l’audiovisuel. La seule activité qui se déroule en ce moment est le découpage du saumon en tranches fines qu’on va emballer. Rien de spectaculaire ! Nous nous contentons de lire les commentaires écrits décrivant les étapes de la fabrication :

–          salage avec un mélange de sel et de mélasse

–          rinçage puis séchage suspendu sur des portoirs

–          fumage

–          découpe et emballage.

 

Les plages de Nairn

Nairn a deux plages de sable blanc. Je retrouve le plaisir de marcher sur la plage. Pas question de se déchausser, il fait bien trop froid. Le vent d’Ouest me cingle si bien que je referme la capuche de la parka. L’air sent bon les algues et l’iode. Cette odeur marine me surprend un peu.Le Firth of Moray est étroit. Je distingue tous les détails de Black Island. Je reconnais ma promenade au dessus de Cromarty. Partout l’horizon est barré de crêtes. Et c’est justement un  point d’observation pour les dauphins. L’un d’eux, Sundance reconnaissable à une tache orange est bien connu des habitants de Nairn. Sur le bord je vois des villas imposantes, tourelles bow windows, un castelet en pierre de taille grisâtre  entouré de pelouses impeccables : c’est le club house d’un golf. Encore un ! L’autre plage est bordée d’une forêt de pins plantée en 1920 pour fixer les dunes mouvantes qui ont enseveli un village entier par le passé.

La route Aberdeen Inverness est saturée à 17heures, on se croirait dans la banlieue d’une grande ville tandis qu’on traverse Nairn qui n’est qu’une bourgade sans importance. Nous quittons l’axe fréquenté pour la petite route de la côte qui va à Andresier et à Fort George.

 

courses

Courses à Andresier dans une épicerie Mac Call. En Ecosse on peut se ravitailler dans les campagnes, les prix sont tout à fait comparables à ceux des grandes surfaces. Il y a moins de choix, bien sûr, mais il est inutile de perdre son temps dans un grand centre commercial. En revanche le prix de l’essence varie de 94p à 103p. Avec notre gros véhicule il faudra bien choisir la pompe ! Attention aussi à la panne sèche, les stations service sont rares dans le centre de l’Ecosse.

 

  Fort George

Fort George est fermé. Belles fortifications à la Vauban. De toutes les façons les reconstitutions de la vie militaire ne nous auraient pas tentées. J’avais pensé que la promenade à la pointe serait belle. Terrain militaire, manœuvres en cours.

 

Non loin du fort, une promenade nature est aménagée sur le cordon de galets. Un panneau signale un curieux phénomène datant de la Période Glaciaire. Le glacier a repoussé les roches sédimentaires, comme l’aurait fait un bulldozer. Les couches se sont retrouvées repliées sous l’effet de cette pression. On observe aussi une terrasse : plage témoin des variations du niveau de la mer ou de la surrection du continent, l’Ecosse libérée de sa calotte glaciaire remonte. Le long de la grève de galets on a tracé un sentier d’observation. Des ornithologues ont installé des bornes de bois sur lesquelles on a sculpté des oiseaux (courlis, canards, huîtrier pie) puis on les a peints. Un dispositif sonore permettait aussi de les entendre (en panne aujourd’hui). A l’arrière de la plage, un petit bois est sculpté par le vent d’ouest (étrange, la mer du nord est plutôt à l’est !) j’y cueille des framboises mûres. Des mêmes géraniums bleus que j’avais remarqués au château y poussent sauvages.

D était persuadée que j’avais les clés du gîte, et moi que c’était elle. En rentrant, la voisine nous guettait. Elle avait ramassé le trousseau pendu à la serrure.

Glen Affric Glen Cannich

JUILLET ÉCOSSAIS

 

glen Affric


 

 La boucherie de Beauly

La météo nous a promis du beau temps. Au village, les boutiques ouvrent. Le boucher boit son thé debout adossé à la porte derrière boutique. La bouchère est une dame plutôt âgée au teint rose coiffée d’un curieux chapeau. Comme nous lui annonçons que nous restons à Beauly une semaine, elle nous questionne :

–          « qu’avez-vous fait hier ? ».

Elle nous conseille  Glen Affric. Je me laisse tenter par du haggis – maison. Il faut le réchauffer doucement dans une casserole, ou mieux au bain marie, se méfier du micro-onde. Au chapitre des spécialités, il y a aussi des pies à la viande et des tranches de boudin.

De Beauly à Cannich

17 miles par une route très étroite dans une campagne boisée. De très jolies maisons fleuries, souvent des B&B sont dispersées. Au détour de la route, on  aperçoit une sorte de manoir avec des tourelles et des toits compliqués sur une prairie très verte : un golf. Nous avions déjà remarqué que les golfs sont toujours installés dans les plus jolis coins !

 Cannich pour le ravitaillement. L’épicière est charmante et nous dit qu’il y a 3 parkings à Glen Affric. Sur chaque parking nous trouverons les indications concernant les sentiers de randonnée.

 Glen Affric

La petite route de Glen Affric suit l’eau d’abord une rivière, puis un torrent des lacs se succèdent. La vallée est très boisée : bouleaux de grande taille souvent couverts de lichens, quelques chênes surtout des pins. Le Pin Calédonien est une variété magnifique de Pin Sylvestre avec un port arrondi et des branches tarabiscotées. Peut être est ce le climat rude et les tempêtes qui expliquent cette allure bizarre ?

Promenade de Dog falls

un petit lac!

Le sentier suit le torrent passe sur un petit pont de bois lancé sur une gorge étroite d’où on devine le bouillonnement d’une cascade puissante. Puis il s’élève dans la colline boisée. Des panneaux soulèvent des questions à multiples réponses : « Le cerf, ami ou ennemi ? ». Le sur-pâturage et la multiplication des cerfs ont conduit à la désertification de la montagne. Les forestiers sont obligés de faire des enclos pour permettre à la forêt de se régénérer. Devant des troncs de bouleaux décapités, malades de gros champignons parasites, sont commentés : « La mort des bouleaux, un bien ou un mal ? ». Ce bois mort contribue à la diversité écologique : les pics se nourrissent des xylophages. Je grimpe raide, espérant arriver au sommet. Les dénivelées sont faibles même si la pente paraît escarpée. Du haut, je découvre le plus joli petit lac de montagne qui soit avec des nénuphars, des anémones et leurs graines plumeuses (comme dans les Alpes en altitude). Des libellules m’accompagnent. Je me dépêche de rentrer. Si j’avais lu plus attentivement le panneau j’aurais vu que la promenade jaune que je suivais était un circuit d’1.5 mile, j’ai parcouru le double du chemin au lieu de fermer la boucle !

Le parking suivant est situé sur le bord d’un  lac. Les tables à pique nique sont les pieds dans l’eau ainsi que les promenades.   Barrage hydro électrique, très haut: ne cascade puissante sort en écumant. Les électriciens ont eu soin de construire un bâtiment discret qui ne choque pas du tout dans le paysage.

Dernier parking : un joli petit circuit très accidenté permet de découvrir les rapides de la rivière Affric qui relie le Loch Affric au Loch Beinn Mheadain (nom celtique très long illisible qui se lit Benevan).On  rentre à la voiture : impossible de rester immobile : les midges attaquent ! Sous le soleil, avec le vent frais, elles nous avaient laissées tranquilles. Maintenant le ciel est couvert et le vent est tombé.

Passing places

Moutons et Passing Place! typiquement écossais!

La vallée s’étend encore sur une douzaine de kilomètres mais la piste est interdite aux voitures. Sur la route, impossible de se croiser en dehors des Passing Places la plupart du temps rapprochés. Les automobilistes prévoyants s’arrêtent. Deux fois on a dû reculer jusqu’au refuge quand on a rencontré des  petits cars d’excursion qui ont refusé de céder le passage et qui sont passés d’extrême limite. Le secret est de rouler doucement. Les touristes, par définition, prennent leur temps mais de temps en temps une voiture fonce Il vaut mieux alors se garer.

  Glen Cannich

Le début de la vallée est décevant la route tournicote dans les bouleaux. Heureusement que nous ne croisons personne, la visibilité est nulle. Les bouleaux n’ont pas le charme de la forêt de Glen Affric. Sorties de la forêt le paysage est grandiose : des montagnes couvertes de landes, de bruyères et de fougères, forment un cirque. Le sol détrempé rappelle les tourbières. Des moutons en libertés sont installés sur la route. Certains ont la tête noire et les cornes retroussées en guidon de vélo de course, d’autres ont la tête blanche sans cornes. Les petits sont très blancs. Les brebis ont un pelage très long..

Depuis longtemps j’ai envie,de photographier le panneau « Passing Place ». Je marche sur la route pour réaliser le cliché. J’ai de la chance : le panneau est au milieu des moutons !

Glen Cannich

La promenade sur la route est très plaisante. Personne ne passe. Je jouis d’une vue dégagée dans ce paysage sauvage. Quelques arbres : ici deux pins splendides aux silhouettes arrondies. Le long de la rivière, les arbres sont morts et nous rappellent les barrages à castors du Canada. Les squelettes et les troncs blanchis se détachent.

Cinq cerfs sont couchés parmi les moutons, de vieux mâles avec des andouillers magnifiques recouverts de velours. Seuls leurs bois dépassent. Ils ne paraissent pas farouches. Sont ils domestiqués ? Au retour, j’essaierai de les approcher pour les photographier et ils s’enfuiront gracieusement.

La route arrive à un barrage. Curieusement le niveau de l’eau est très bas alors qu’à Glen Affric le lac débordait presque. La bordure de cailloutis autour du loch n’est pas du meilleur effet. Plus bas, deux cerfs broutent sans se soucier de la voiture.

Il y a plusieurs manière d’éviter l’attaque des midges. L’épicerie de Cannich vend des moustiquaires cylindriques attachée à la visière d’un chapeau. On pourrait imaginer une voilette. Je choisis la solution voile avec mon carré de mousseline turque. Une burquah ferait encore mieux l’affaire !

 

Avoch, Fortrose, Cromarty

JUILLET ÉCOSSAIS

 


  Au réveil, le ciel  voilé, 14°5 .

 

Beauly

La rue de notre gîte, Ferry street, va jusqu’à la rivière. Elle est bordée de cottages mitoyens avec de jolis pignons, des façades de grès rose et des jardins soignés. Au coin ils ont même installé un cerf en ciment grandeur nature. Le Prieuré de Beauly, fermé, belles ogives gothiques dans du grès rouge, la nef a perdu son toit ce qui donne des ruines romantiques.

L’Office de tourisme   vend  des flacons bleus de citronnelle :

– « y a-t-il des moustiques ? »

– « non, des midges », la dame prend un air très ennuyé.

– « quand sortent ils ? »

« après la pluie, j’espère que vous ne les rencontrerez pas. Fermez les fenêtres de la voiture ! »

La dame de l’Office de tourisme nous recommande le circuit de Black Island, de Muir Or à Cromarty. Black Island n’est pas noire, elle serait plutôt verte si le qualificatif n’était pas déjà pris par l’Irlande. Ce n’est pas une île non plus, plutôt une presqu’île entre deux firths.

Nous suivons le rivage sud qui regarde vers Inverness avec de belles vues sur la ville et son pont routier. Nous ferons la boucle en retournant par le nord avec un décor de lignes de crêtes grandioses à l’horizon.

Nous sommes d’abord déçues par la banalité de la campagne très verdoyante, vallonnée coupée de forêt de sapins, pins ou bouleaux.

  Les jardins d’Avoch

pavot dans les jardins d’Avoch

Petit port le long d’une plage de galets. Les jardins croulent sous les fleurs: des roses qui embaument, des pavots doubles violets.La végétation a plusieurs semaines d’écart avec celle de la région parisienne que nous venons de quitter. Le printemps tardif a fait exploser les seringats, roses lavaters, campanules, fuchsias et chèvrefeuilles qui présentent un floraison surabondante. Tout le monde est très poli et nous dit bonjour.

-« Nice day », hasarde un vieux monsieur.

Beau temps écossais ! C’est vite dit. J’ai mis un pull en shetland (pour faire couleur locale), j’ai remonté la fermeture-éclair de mon coupe-vent jusqu’au menton. L’absence de pluie mérite sans doute qu’on la salue. Le ciel est toujours laiteux et le faible soleil n’arrive pas à percer.

 

Avoch

   Fortrose

Jolies villas, une église en grès rose sur une terrasse herbue dominent l’escarpement. Un massif de lupins bleus fait une tache colorée. Les propriétés cossues avec leurs grands jardins enclos de murs et leurs magnifiques pins.

  Chanonry point

Le phare de Chanonry point

Rosemarkie est séparé de Fortrose par un petit cap. La route traverse un golf très fréquenté ce dimanche matin. Un écriteau prévient que le club de golf ne sera pas responsable des dégâts éventuels des balles sur les voitures. Attention aux balles perdues ! Nous expérimentons ici, pour la première fois, une spécialité écossaise : la route à voie unique avec « bypass » des petits refuges élargissant la chaussée  où il se convient de se ranger pour laisser passer le véhicule qui arrive en sens inverse. Bel exemple de courtoisie britannique  à grands renforts de sourires et de gestes amicaux. A Chanonry point, chacun  a sorti ses jumelles pour observer dauphins, phoques et oiseaux marins. Pour les dauphins, ce sera difficile, la marée est basse.

Je peux me livrer à mon sport favori : la marche le long du rivage. Par vent d’Ouest  très fort,  je ferme soigneusement la capuche du coupe-vent, regardant avec envie les personnes prévoyantes qui sont équipées de casquettes, écharpes et bonnets (je rappelle qu’on est en juillet). Je rejoins par la plage le village suivant

 Rosemarkie

Rosemarkie : pub

Rosemarkie est un village ravissant avec un pub photogénique, une belle plage aménagée, des promenades balisées, et un petit musée des Pictes – peuplade ancienne, premiers habitants de l’Ecosse. Je brûle de connaître les Pictes. Fermeture hebdomadaire, il faudra revenir un autre jour !

 

  Cromarty

Cromarty

  Cromarty,  est un nom qui m’a longtemps fait rêver quand une voix féminine récitait les avis de la météo marine comme un poème : « Cromarty, Forth, Humber, Dogger… » , zones de la Mer du Nord que je n’ai jamais su localiser « Mer belle à agitée, avis de coup de vent, tempête… »Cette litanie chaque matin, éveillait en moi des envies de voyage, une nostalgie de navigations lointaines.

Il fallait donc visiter Cromarty !

Un prospectus très bien illustré avec des gravures anciennes vante les charmes de petit port de commerce très actif au 18ème siècle qui avait connu alors la prospérité  lui permettant de construire un tribunal surmonté d’une tour avec un dôme, une demi douzaine de belles maisons bourgeoises à étage sur de grands jardins. Le long de la côte se serrent les petites maisons des pêcheurs formant des venelles pittoresques. A la pointe : un  phare transformé en laboratoire marin de l’Université d’Aberdeen.

Des gloires locales sont célébrées ici, entre autres, le Géologue autodidacte Hugh Miller qui découvrit des fossiles de poisson et étudia les grès roses au milieu du 19ème   siècle.

Pique nique devant le fjord : carottes râpées et truite de mer, shortbread écossais.

les venelles fleuries de Cromarty

Nous parcourons avec plaisir les rues anciennes fleuries et soignées. Hélas, les musées coûtent cher (5£ chacun et il y en a deux) je n’aurai pas le temps de me promener si je leur consacre une visite sérieuse. Quel dommage de s’enfermer par un si beau temps ! Et bien ! le monsieur avait eu raison avec son « Nice day ! »

 

Cromarty : :’églsie presbytérienne

Rapide visite à l’Eglise Presbytérienne entourée d’un cimetière herbu. Les pierres tombales sont recouvertes de verdure, de mousse ou de pelouse. Les stèles de grès ou de granite penchent. Sur l’une d’elles, encore lisible, je découvre que sont inhumés une petite fille morte à deux mois, sa petite sœur de quatre semaines, un petit frère de quelques semaines, un autre enfant de deux ans…Combien d’enfants fallait il mettre au monde pour en garder un vivant ? L’église  est très sobre : entre deux grandes fenêtres, la chaire de bois cirée entourée de partout de bancs enfermés dans des sortes de cellules. Toute la nef  face au pasteur, en est pleine mais aussi les transepts.  500 paroissiens pouvaient s’asseoir en bas. Au dessus, des tribunes, « poor loft » sont aussi encombrées. Pas d’orgue, un harmonium modeste.

 

Randonnée au soleil par les sentiers de la presqu’île Black Island très bien indiqués avec les temps de marche sur un panneau,. Je choisis 4miles- 1H30,  La promenade qui monte au South  Sutor appellée aussi la balade des 100 marches. Les deux Sutors : North et south sont deux collines gardant l’entrée du Firth de Cromarty, personnalisées par deux géants bienveillants. Le sentier est très bien entretenu ; il monte en corniche le long de la mer.

Retour au gîte de Beauly à 18H. Pas question de s’enfermer par cette magnifique soirée estivale ! Notre gîte est très cosy mais il lui manque un jardin ou une terrasse. La Riverside Drive longe de loin  le Firth, pas de banc en face de l’eau. Nous en trouvons un dans l’enceinte du Prieuré de Beauly et je reste jusqu’à huit heures pour écrire.

 

 

en voiture, vers Inverness et Beauly

JUILLET ÉCOSSAIS

 

Edimbourg


 

 

 

 

 

 

 

 

Petit déjeuner au Starbuck coffee sur High street: un grand café et un gâteau à la cannelle (genre pain aux raisins sans les raisins) pour plus cher que le bon déjeuner écossais de Blackfriars avec le haggis !. Une petite close descend sur Cowgate, un mètre de large et très raide.

Le cab

le cab

La réception de Eurohotel (qui n’est pas un hôtel mais un hébergement d’été dans une cité universitaire)appelle un taxi pour Murray Field, le stade bien connu qui ressemble au stade de France. Le chauffeur du cab est un  petit pépère bien aimable. qui nous encourage à prendre tout notre temps avec les bagages et ne met le compteur qu’une fois installées. Son taxi est un cab traditionnel noir avec une vitre qui sépare le chauffeur des passagers et même deux strapontins dans le sens inverse de la marche.

Location de voiture

L’Agence Alamo n’a pas de véhicule pour nous. Ils invoquent une erreur informatique mais deux autres couples arrivés en même temps que nous reçoivent la même réponse. Nous avons le traitement de faveur : on nous conduit à l’aéroport tandis que les autres prennent l’autobus. On commence à s’énerver. Du parking des voitures de locations nous devons prendre une navette (sécurité oblige, les voitures ne s’approchent plus du terminal depuis l’attentat de Glasgow). Sur le comptoir, encore une allusion au terrorisme : tout véhicule mal garé sera explosé comme une voiture terroriste. Voilà qui résout les problèmes de contraventions impayées pour stationnement illicite ! À nous de bien observer la règle des doubles lignes jaunes aux carrefours qui n’existe pas chez nous ! Nous avions d’ailleurs remarqué sur Charlotte Sq. un policier photographiant sur toutes les coutures une MiniMorris garée sur un stationnement résidentiel.

Après avoir bien poireauté, on nous donne une enveloppe et une grosse clé. On reprend la navette. La dame me demande :

–          « Est-ce que cela vous ennuie d’avoir une grosse voiture ? »

–          « Non bien sûr ! »

 

C’est une voiture de direction « Estate », une Vauxhall Vectra gris métallisé, toute neuve, brillante, impressionnante.

On est très fières de notre « silver car » Estate

En route

11H30,  la route du Forth bridge, première erreur à l’entrée du pont, le moderne, suspendu, pas le mont métallique. Ensuite c’est facile : l’ autoroute traverse une campagne très verte, à l’arrière plan des montagnes violettes. Ma plus grande surprise est de voir du colza en fleur au mois de juillet. Il ne fait pas très chaud, au tableau de bord le thermomètre indique 16°C quand il pleut et 17 sous le  soleil.

Pique nique

Peu après Perth nous quittons la voie rapide pour Dunkeld, village ravissant de cottages fleuris, un peu tarabiscotés, un manoir transformé en hôtel, une jolie rivière qui passe sous un vieux pont de pierre. Je ne pense pas à prendre des photos. Nous le regretterons. La recherche d’un coin pique-nique est toujours laborieuse. Sur le bord de la route, un parking, un peu sale. On trouvera mieux. Pendant le demi tour, un faon traverse la route, gracieux, son dos tacheté. Nous aurions été bien inspirée de nous arrêter là.

pique-nique au bord de l’eau

La « Réserve de vie sauvage » nous  tente.  La route borde un  lac, nous déjeunons à quelques mètres de l’eau.

 

 Puncture !

A un virage, on se déporte sur la gauche pour éviter un gros 4×4 qui roule en plein milieu de la route étroite. Des pierres coupantes dépassaient du talus : deux pneus crevés. Une jeune fille très aimable s’arrête pour me conduire à la station service du village. Le mécano ne travaille pas le samedi. La jeune femme qui vend de l’essence me propose une bombe anti-crevaison. Avec l’état des pneus il ne faut pas y songer. Il reste l’assistance AA dont le numéro de téléphone est inscrit sur un macaron collé au pare-brise. Le pompiste me conduit à la voiture (sans lui je me demande bien comment je l’aurais retrouvée). Sur place il contacte l’assurance. J’aurais bien été incapable de localiser notre position et de l’indiquer au téléphone. La dépanneuse arrivera d’ici deux heures. Entre temps, rien à faire. Seulement attendre. VISA 1er  me confirme que nous sommes bien assurées. Nous avions refusé l’assurance Bris de verre et crevaison il y a moins de trois heures ! Ne pas paniquer. Seulement espérer que le garage ne sera pas fermé quand la dépanneuse arrivera. 16h15, sans un regard aux pneus, le chauffeur de la grosse dépanneuse nous embarque dans son camion.

on est arrivées à temps!

Il reste tout juste 45 minutes pour rejoindre le garage de Perth. Arriverons nous à temps ? 16h50,   la Vauxhall est  immédiatement montée sur le pont. Dix minutes plus tard, elle est chaussée de pneus neufs pour 300£. Nous pouvons repartir. On nous annonce 2H15 de route pour rejoindre Inverness.

 

 

Inquiétude: pour passer un col de montagne,  il faudrait arriver avant la nuit. Il nous faut aussi faire des courses.  Nous ne savons pas encore qu’il fait jour jusqu’à 11 heures du soir et que les magasins d’alimentation ne ferment presque jamais.

 

Nous avons traversé un  bon tiers de l’Ecosse du sud au nord sans trop nous occuper du paysage. Prairies et vaches. Des cultures jusqu’à Perth. Au nord de Perth, la forêt remplace les champs, les pentes s’accentuent. Il nous semble être en montagne, pourtant les altitudes sont très faibles.

8h30, nous sommes installée à Beauly et à 9h,  attablées devant une soupe chaude et des œufs à la coque.

Notre cottage à Beauly : la cheminée

 

Edimbourg sous la pluie

JUILLET ÉCOSSAIS

 

la cathédrale saint Gilles


Une pluie bien fine et bien persistante s’est installée. Nous visiterons donc des musées.

Le conférencier du bus vert avait plaisanté :

–          « Les musées d’Edimbourg ont trois avantages : ils ont un toit, ils sont chauffés et ils sont gratuits ! »

 

Cathédrale saint Gilles

Mais les musées ouvrent à 10 heures seulement.

La Cathédrale Saint Gilles, sur High Str.  à 9 heures. Nous y parvenons en montant un raidillon Old Fishmarket Close. Le Royal Mile, si tôt le matin, est désert. Les rideaux de fer des boutiques commencent simplement à se relever.

La Cathédrale est surmontée d’un clocher évidé gothique et très élégant. La nef, aussi, est gothique, les vitraux , 19ème. Je n’arrive pas à m’attacher à ces rénovations 19ème . Peut être est ce un  préjugé stupide ? Je préfère les ruines. John Knox en bronze, en pieds est la cible des touristes belges. J’attends qu’une femme ait fini son cliché mais je passe pendant qu’une autre appuie sur le déclencheur.

–          « je suis désolée ! », je m’excuse.

La dame en rose trépigne et tape du pied.

John Knox m’étonne dans ce cadre que rien ne distingue d’une cathédrale catholique. Lui le théoricien d’un protestantisme le plus austère. Une des curiosités de cette église est une chapelle ornée de boiseries : la chapelle du chardon. Les chevaliers de cet ordre s’y réunissent encore régulièrement. Des angelots chanteurs sculptés et des animaux tous différents sur chaque chaire donnent une note de fantaisie. Une odeur de bacon frit nous met en appétit. On peut déjeuner à la cafétéria de la Cathédrale !

 

Edimbourg : château

Eggs and Bacon

Dans une cafétéria plus modeste sur George IV bridge,  je commande « eggs and bacon » m’attable à un guéridon rond pour lire le journal : récit des exploits des sœurs Williams à Wimbledon, Docteurs terroristes à Glasgow, peu de nouvelles du monde.

 

Bobby’s bar

Fidèle Bobby

A proximité du musée encore fermé, se trouve la fontaine du fidèle chien Bobby devant un pub rouge qui l’a pris pour enseigne. Juste derrière le pub, l’église Greyfriars entourée de son cimetière ou il est inhumé à la place d’honneur. Une stèle de granite rose loue sa fidélité. Même sous la pluie, l’endroit est charmant. Greyfriars est une église toute simple. Le cimetière herbu en pente est planté de beaux arbres. Les tombes sculptées noircies par le temps sont envahies de végétation. Le château se détache au loin sur son  rocher.

 

Greyfriars

Museum of Scotland

Le Museum of Scotland, consacré à l’histoire de l’Ecosse, est tout neuf (1998) . Le bâtiment de grès rose est très harmonieux. On prête un audio guide en français très documenté.

Le niveau O s’intitule « Beginnings »:

J’avais l’intention de le zapper. Souvent nous perdons un temps précieux devant d’ennuyeuses reliques préhistoriques et nous n’avons plus la patience pour le 19ème ou le 20ème.

Cela aurait été une grave erreur ! La section géologie est passionnante, l’approche scientifique tient compte des théories les plus récentes. L’Ecosse dérive de l’Equateur vers les pôles et rejoint l’Angleterre à l’ère primaire. Au Jurassique, l’ouverture de l’Océan Atlantique causa des épanchements volcaniques. Les reconstitutions paléo écologiques des vitrines sont justifiées par l’exposition de fossiles parfois spectaculaires. Je n’ai jamais vu de poissons aussi nombreux, aussi beaux – les poissons de Miguasha (Nouveau Brunswick) m’avaient laissé un souvenir très vif. Lizzi, défini d’abord comme reptile puis comme batracien me fait penser aux remises en cause actuelles de la classification linnéenne. Ce n’est pas seulement dans les cours que les reptiles n’existent plus ! J’ai aussi été impressionnée par les Graptolithes. La conclusion de la Section de Géologie montre les glaciations quaternaires, les variations écologiques et débouche sur l’influence de l’homme sur la faune et la flore.

Early people (8000 BC – 1100AD) :

Cernyx: tête de sanglier

Les premiers habitants de l’Ecosse ne sont pas présentés de manière chronologique. On a préféré une mise en scène par thèmes et fait appel à de véritables artistes qui ont réalisé de véritables sculptures. Les hommes préhistoriques de bronze très cubistes sont des présentoirs pour les bijoux, bracelets ou agrafes. Un enclos d’ardoise rappelle les tumulus ronds des anciennes sépultures. Un assemblage de vertèbres de globicéphale se trouve au milieu des vitrines consacrées aux armes, aiguilles et autres objets d’ivoire et d’os. Les Romains ont laissé de nombreuses traces. Ce qui nous a le plus étonné est la trompette à tête de sanglier la Cernyx, trompette de guerre des Barbares. Avec les peuples primitifs sont aussi rangés les stèles ciselées de motifs celtiques, croix irlandaise du début de la christianisation, les vikings également. Cette section se termine dans l’église médiévale reconstituée faisant la transition avec le niveau supérieur

 Au Niveau 1 :Kingdom of the Scots (900-1707)

jeu d’échecs

Deux objets ont retenu notre attention : une Harpe Celtique en bois clair très finement ornée et un Jeu d’Echecs nordique. Armes ou objets du culte nous sont moins étrangers et nous rappellent la visite d’hier au château.

Plus nous avançons dans la visite, moins nous sommes réceptives. Nous sautons les deux étages consacrés à la Révolution Industrielle pour aller sur la terrasse  au 7ème étage. A la descente je fais une rapide incursion dans

Scotland Transformed (1707-19ème siècle)

Le Museum of Scotland communique avec le Royal Museum consacré aux sciences. La visite rapide à Dolly, la brebis clonée empaillée s’imposée. L’Horloge du Millénium  m’a bien amusée.

 

l’horloge du Millenium

Britannia

Nous  allons à pied à Waverley Bridge prendre le bus bleu du Majestic tour qui nous emmène à Leith voir le Britannia, le yacht de la Reine. Je n’aurais jamais pris l’initiative de cette visite mais elle est comprise dans le forfait du Pass et remplacera celle du palais d’Holyrood. Le Majestic Tour passe devant le Jardin Botanique qui nous tenterait si le temps était plus clément.

Le Britannia est caché par un énorme centre commercial très moderne où nous achetons des salades de pâtes dans des bols en plastique. Pour accéder au yacht il faut monter au troisième niveau (cela donne une idée de la taille du bateau). Munies d’audio guides nous visitons d’abord le Poste de Commandement du navire avec boussoles et compas/ Nous découvrons les trois ponts de teck puis les appartements de la Reine et du duc d’Edimbourg. Luxe et raffinement du bois de sycomore dans un style sobre très anglais avec des cheminées où « brûle » un feu électrique (le règlement de la Marine exigeant la présence d’un homme avec un seau d’eau à côté du feu allumé n’aurait pas favorisé l’intimité des vacances de la famille royale !). Après une heure, nous nous lassons des explications très détaillées et ne jetons qu’un coup d’œil distrait à la salle des machines où d’énormes tuyaux conduisaient la vapeur tandis que des centaines de cuivres sont astiqués chaque jour. Le bus traverse Leith, moderne sans grand intérêt (je remarque les « délis » polonaises qui excitent ma curiosité : je ne connais pas la cuisine de l’Est).

 

Arthur’s Seat 2

            Malgré la pluie je ne renonce pas à mon expédition à Arthur‘s Seat. Les volcans exercent sur moi une véritable attraction. Les Chemin des Radicals passe à la base d’une épaisse coulée. Les Radicals étaient des ouvriers textiles réduits au chômage de l’Ouest de l’Ecosse venus protester et soulever ceux d’Edimbourg. Sir Walter Scott eut l’idée de les occuper à construire cette route. Philanthropie ou stratégie politique ?

La pluie n’arrête pas les Ecossais. Je pensais être seule à marcher. Pas du tout ! je croise un monsieur tout trempé avec son setter de même, un jogger avec son MP3, un couple d’amoureux qui se prennent mutuellement en photo et me demandent de les prendre ensemble. Avec ou sans parapluie, ils bravent les gouttes.

 

L’Athènes du Nord

Parlement écossais

Du haut de la colline, j’ai une vue plongeante sur Edimbourg. Comme Rome, Istanbul ou Athènes, elle est bâtie sur 7 collines. Au début du 19ème siècle on a voulu imiter l’Acropole et on a commencé la construction d’un Parthénon inachevé : demi péristyle noir, ruines modernes prétentieuses. A côté, le monument de Nelson, tour en forme de télescope est équipé d’un curieux dispositif, un signal visuel en même temps que le canon de 13 heures donnant l’heure aux habitants de la ville et aux marins. A la base de cette imitation d’Acropole deux collèges sont installés dans des bâtiments antiques à fronton triangulaire et colonnade ionique. Moqueries de Wendy, conférencière de l’autobus marron :

–          « on y fait du latin et du grec à longueur de journée dans des classes sans fenêtres ! »

 

Parlement Ecossais

Il est 4heures et demie quand je retrouve Dominique qui s’est abritée sous le nouveau Parlement Ecossais, bâtiment très controversé. L’architecte barcelonais Miralles qui l’a conçu est mort avant la fin de la construction. Le budget a été multiplié par dix…Le béton choque dans cette ville de pierre et surtout la décoration extérieure apparaît incompréhensible. Que représentent ces polygones plaqués à l’extérieur : des sèche-cheveux ? Des pistolets mitrailleurs ? La sobriété (l’avarice légendaire) des Ecossais s’offusque des fenêtres loggias compliquées qui ressortent dans une rue étroite.

–          « Quelle vue ? Nos impôts ? » ironise encore Wendy.

 

Au-delà de l’architecture contemporaine, le Parlement Ecossais a aussi un rôle politique qui prête à discussion. On assiste aujourd’hui à une montée du nationalisme écossais. Récemment Tony Blair a accordé une autonomie plus grande au pays de Galles et à l’Ecosse. Les dernières élections, il y a quelques semaines, ont amené un grand nombre de députés indépendantistes. Sur les murs, j’ai vu des graffitis : « not british, scottish », (à la craie, on reste poli !). Le Parlement a donc une valeur plus symbolique qu’architecturale. Paradoxe, puisque le nouveau locataire du 10 Downing street est de Glasgow.

 

Our Dynamic Earth

Sorte de tente ovale protégeant une verrière elle abrite un musée de Sciences Naturelles High Tech avec simulations et multimédias. Dommage qu’il ferme à 17heures ! (La journée de visite d’un touriste est très courte entre 10 heures et 17heures). Au centre du rond point routier on nous offre un perçu de la visite ; une sorte de grotte fumante est le départ d’une « visite au Centre de la Terre ». Autour de la place, une immense coupe géologique de l’Ecosse a été réalisée avec de hautes plaques de grès inclinées. D’Ouest en Est, on découvre les très vieux Gneiss des Hébrides, la faille orientée NE/SW découpant tout le pays puis les intrusions volcaniques : dykes recoupant le socle, les sédiments carbonifères, les grès…. J’aurais  dû prendre des notes. De retour à l’hôtel, je m’embrouille déjà. Pourtant j’ai eu ce matin, une leçon fort pédagogique au Musée. Voilà les limites du bourrage de crâne ! Heureusement que je me force à tenir ce journal de bord pour fixer quelques unes de nos trouvailles en voyage.

Granite avec Arthur Seat en arrière plan

Le soleil a enfin fait apparition. Nous reprenons nos croisières sur l’impériale du bus marron qui circule dans le sens inverse du vert ou du rouge, remontant Cannongate vers High street tournant à saint Mary’s pour prendre Cowgate, passer devant l’hôtel et déboucher à Grassmarket, marché à bestiaux : c’est logique !