Porticcio, l’Isolella, Coti-Chiavari, Capo di Muro

CARNET CORSE

punta di sette nave

excursion  du sud du Golfe d’Ajaccio.

Il faut traverser la ville sur le bord de la mer puis se diriger vers l’aéroport et longer les pistes, on arrive ensuite à Porticcio. La plage d’Agosta nous a tenté pour une longue baignade face à l’hôtel Radisson. Eau tiède pour ce premier jour d’automne, j’ai le plaisir de nager avec deux ou trois gros poissons que j’observe sans masque ni tuba.

Nous faisons le tour de la presqu’île de l’Isolella à la recherche du sentier qui mène à la Tour génoise. Cette presqu’île est pittoresque mais beaucoup construite. Il faut guetter les échappées entre murs et haies qui cachent la mer. Par hasard, nous arrivons à la Punta di Sette Nave où des rochers granitiques sont – d’après une légende – sept navires envahisseurs pétrifiés. Des canoës et kayaks se faufilent entre les rochers d’un véritable chaos qui ferait penser à la Bretagne ou à la Sardaigne. Un gros zodiac libère des plongeurs en combinaison. Je découvre des criques minuscules puis monte à la tour en très (trop) bon état.

Tour génoise de l’Isolella

En quête de pique-nique, nous allons au « marché corse » de Pietrosella où le charcutier nous découpe un assortiment de charcuteries, jambon, coppa, saucisson avec du fromage de brebis vraiment très, très fait, même très fort.

Où pique-niquer ?

La plage d’Argent est vraiment très belle avec son sable blanc. Des panneaux préviennent que des « vaches sauvages » peuvent y divaguer et qu’il ne faut pas les approcher.

Eucalyptus

Nous préférons nous enfoncer dans la forêt de Coti-Chiaravani sur les flancs de la montagne. Sur les bords de la route, les eucalyptus ont des troncs d’un diamètre impressionnant, qui s’épluchent en rubans qui pendouillent comme des serpentins d’une saint sylvestre passée…Leurs branches ont une envergure extraordinaire. Ils parfument l’air.

Pénitencier de Coti-Chiavari

Nous nous installons en face du pénitencier de Coti Chiavari , pénitencier agricole construit sous Napoléon III à la place de l’établissement construit du temps de Gènes. Les bâtiments rénovés (hangars à foin) sont impressionnants, les constructions annexes sont plus énigmatiques comme ce haut campanile ou une construction ovale (une citerne ? un magasin ?) Le Guide Evasion fait état d’une mortalité inouïe parmi les prisonniers (110 en un an sur une population carcérale de 500), en raison du paludisme et du travail très dur.

Penitencier bâtiment énigmatique

La route qui monte en lacets serres passe dans une forêt dense de chênes lièges (exploités pour le liège). Les 5 km indiqués sur la care paraissent interminables.

Le petit village de Coti-Chiavari (581m altitude) a construit une belle terrasse face au Golfe d’Ajaccio. Un peu plus loin, perchée sur la colline, la petite église a un clocher de granite.

église de Coti-Chiavari

Nous poursuivons la route jusqu’au Capo di Moru qui ferme le Golfe d’Ajaccio et qui porte encore une tour génoise. Le vent s’est levé, les vagues battent les rochers. J’aurais aimé me baigner à la Plage des sables d’Argent . Impossible de nager, seuls les surfeurs sont à la fête. Je m’amuse un moment debout contre les vagues puis renonce.

Iles Sanguinaires

CARNET CORSE

Les îles Sanguinaires

17€ –  L’excursion dure une heure sur un confortable bateau hybride vert-blanc et bleu qui utilise son moteur thermique au départ (discret, aucune odeur).  En face de la grande île Mezzu Mare, il semble s’immobiliser et vogue dans le silence total d’un véhicule électrique. Maintenant il n’y a plus aucune activité en dehors du phare qui est un des plus puissants de Méditerranée mais automatisé et fonctionnant à l’énergie solaire. Autrefois, il y avait également un sémaphore d’où la Marine Nationale contrôlait le trafic des bateaux dans le golfe d’Ajaccio. Ce contrôle a été transféré à terre. La Marine compte aménager le bâtiment de l’île pour accueillir des classes vertes et des animations pédagogiques sur la flore et la faune de l’île. Les pêcheurs de corail revenant d’Afrique étaient mis en quarantaine dans un lazaret dont il reste des morceaux de murs.

Mezu mare

Certains malades du lazaret étaient saignés. Le sang rejeté en mer coagulait formant des plaques noirs les« sangui neri » qui ont donné le nom aux îles. Contrairement à ce qu’on pense à priori, elles n’ont causé aucun naufrage terrible, elles ne prennent pas la couleur du sang (rouge) au coucher du soleil comme le prétendent certains guides touristiques, elles sont noires. Autre étymologie possible : elles sont notées sur une carte ancienne comme Sagonaires (de Sagone qui était le siège de l’évêché, donc ville importante).

murs du lazaret

Une petite tour carrée : castelluccio était une tour défensive pour protéger l’ile des attaque d’artillerie tandis que les tours à signaux génoises rondes étaient vulnérables aux boulets de canon.

Trois autres îles beaucoup plus petites dans l’archipel servent de refuge aux cormorans. L’isoletta di Porri (îlot des poireaux) rappelle que des pêcheurs contrains d’y attendre les secours pendant une tempête y subsistèrent une semaine en suçant les tiges des poireaux sauvages (qui ressemblent à de l’ail).

La Parata : Tour génoise

Deux itinéraires permettent de faire le tour de la Pointe de Parata : la première par un cheminement facile (piste cyclable et piétonne) va jusqu’à la brasserie/magasin de souvenirs  puis passe à la base de la Tour Génoise de Parata très bien restaurée qui possède encore son dispositif de télégraphe. La presqu’ile ressemble à s’y méprendre à l’île de Mezzu Mare, elle est reliée à la corse par une fine bande de terre.

plantes du maquis

Le sentier est balisé avec des panneaux botaniques présentant les plantes du maquis. Je mets un nom sur cet épineux sec en été énigmatique : le Calicotome velu, Lentisque pistachier, salsepareille ont aussi leur présentation. Un petit sentier escarpé lait le tour de péninsule du côté de la mer. C’est une promenade tranquille. Derrière la brasserie ce chemin continue taillé dans les lentisques pistachiers qui poussent serrés. Une heure plus tard je suis de retour à la Maison du Site.

Déjeuner sur la plage

A midi nous trouvons une charmante plage au pied de la paillote « le Goéland », restaurant nous prenons place à l’écart à l’ombre d’un mûrier. J’en profite pour aller me baigner avant le déjeuner.

Sable blanc, eau turquoise très tranquille ; Je nage de bouées en bouées m’étonnant de la douceur à la fin septembre. Service très attentif et prix raisonnable 13.90€ pour le plat du jour : dos de cabillaud servi avec une purée de carottes, une sauce fine citron et du riz. Dominique prend des moules farcies délicieuses.

Après le repas je retourne me baigner. Des jeunes jouent au foot tennis pieds nus.

Je termine par un café gourmand après de longues baignades.

De Porto à Ajaccio : Cargèse et Sagone

CARNET CORSE

La plage au nord de Cargèse

Plaisir de repasser par les calanche de Piana, de revoir les rochers bizarres, les échappées sur le Golfe de Porto. La route d’Ajaccio D81 quitte le littoral, nous ne retrouverons la mer qu’à l’approche de Cargèse. La route traverse une très belle forêt de chênes ; Le long de la route on a planté des eucalyptus aux troncs géants qui s’épluchent en lambeaux verticaux retombant comme des serpentins après une fête.

Le maquis est formé de buissons plus bas, plus sec. On ne voit plus les arbousiers bien verts.

Eucalyptus sur la route

Cargèse est une petite ville dont l’histoire est singulière. En 1676, 600 Grecs, venus de Vitylo,  fuyant l’occupation turque, s’installèrent  à Paomia, un village de l’intérieur. A la suite de conflits avec les bergers corses, Marbeuf fit construite en 1773 120 maisons et deux églises. Dans Colomba de Mérimée que j’ai lu récemment, Miss Nevil, la jeune Anglaise snob, notait que les villages corses étaient bâties sans plan et qu’il fallait aller à Cargèse pour voir une rue que Marbeuf avait construite.

Cargèse : église catholique

Autour de la table d’orientation, en haut du village plusieurs panneaux racontent l’histoire de Cargèse depuis la Préhistoire (plusieurs dolmens et une statue-menhir figurant un visage se trouvent dans les environs). Je descends dans le village qui est bien tel que l’avait décrit Mérimée : des rues parallèles des raidillons qui les recoupent à angle droit. Les maisons ont généralement deux étages et des balcons de fer. Peut être sont celles que Marbeuf a fait construire ? La plupart sont plus récentes. Une petite maison jaune porte une plaque  bilingue corse/grec rappelant qu’ici vivait un prêtre grec. Sur la mairie, une autre plaque célèbre le jumelage Itylo/Cargèse.

rgèse église orthodoxe
Carghèse : églises

Deux églises se font face, chacune sur une petite place perchée séparée par un vallon fleuri de plumbagos, Yuccas, hypomées, lauriers-roses. Elles sont symétriques. L’église catholique est très décorée à l’intérieur avec de nombreuses statues. L’église Grecque fait l’exact pendant, seule l’iconostase et les fresques (modernes) diffèrent.

 

Le port est une petite marina avec de jolis restaurants et des départs pour les excursions à Scandola.

Le soleil a dispersé les nuages, il est bien chaud. Temps de trouver une plage. Juste avant Cargèse, il y avait une grande plage de sable. Nous n’avons pas envie de revenir en arrière. Nous ne trouvons pas l’accès (à pied) à la plage de Menasina, repérée de la marina, celle de Stagnoli ne nous attire pas trop : il y a des rochers, des vagues et des écriteaux signalant que la plage est dangereuse.

Près de Sagone

Nous ne trouvons qu’à Sagone une grande plage de sable blanc proche de la route, des restaurants. Nous nous installons sur le parking du Restaurant Torraccia : beau mobilier blanc, une voile triangulaire qui fait de l’ombre, un filet comme ceux qui camouflent les tanks mais blanc, . Dominique s’installe à une table. On se régalerait bien d’une pizza. Aujourd’hui, mercredi, c’est fermeture hebdomadaire. Après une très longue baignade nous pique-niquons sans vergogne sur les tables blanches.

Une vieille sorcière vient à ma rencontre pendant que je longe le bord en nageant, poussant une frite rose recourbée dans l’eau. Elle mâche du chewing-gum en grimaçant. Elle s’amuse à me faire peur « il y a une méduse » . Comme je ne semble pas effrayée par la prétendue méduse, elle m’avertit qu’il y a un étron flottant à côté de moi. Cela me dégoûte et je sors.

plage

Après Sagone, la route 81 est en travaux. Les nuages envahissent le ciel La route est moins agréable. En regardant vers la mer, nous voyons la merveilleuse plage blanche de Liamone, Ancone et le Golfe de Lava. Nous nous promettons de revenir.

la vue du balcon sur les îles Sanguinaires

Le GPS nous fait tourner dans les zones commerciales d’Ajaccio, l’arrivée paraît interminable. Nous aboutissons dans le parking de la Résidence « Les Crêtes »  au-dessus de la route des Sanguinaires. Mauvaise surprise, nous sommes au second étage sans ascenseur. La vue du balcon est merveilleuse.

 

Philakopi : site antique

CARNET DES CYCLADES – MILOS

 

La dame de Phylakopi

Après une baignade à Pachaina je rejoins à pied le site archéologique de Phylakopi dont j’ai admiré les céramiques au Musée de Plaka. Il ouvre à 8h. Les vestiges ne sont pas spectaculaires mais ils sont bien expliqués et font revivre cette cité.

Le site fut fouillé dès 1896-1899 par l’Ecole britannique d’Athènes.

Chronologie

Les murailles de Phylakopi

Phylakopi fut un port important pendant l’Âge de Bronze avec deux ancrages de chaque côté d’un promontoire.

Céramique géométrique de Phylakopi (au Musée archéologique de Plaka)
Céramique géométrique de Phylakopi (au Musée archéologique de Plaka)

Période I (2300-2000) : poteries géométriques

Période II (2000-1600) peintures d’animaux : influence crétoise

Période III (1600-1400) Phylakopi s’entoure de murs, forte influence minoenne, peintures murales

rhytons en forme de bovins (Musée de Plaka)

Période IV (1400 – 1100) domination mycénienne sur les Cyclades : construction d’un Megaron( palais mycénien) et d’un sanctuaire

1090 destruction du site par un séisme disparition de traces humaines

2ème Guerre mondiale : fortifications allemandes occasionnant des destructions

Cette chronologie me conforte dans l’impression que j’avais eue au Musée de Plaka de la parenté avec art crétois (thèmes marins, rhytons en forme de taureau) les fresques me font penser à Akrotiri (Santorin).

Un chemin entre deux cordes canalise les visiteurs. Au nord, je découvre une plage de galets et en face les vestiges du Megaron. Une tablette écrite en Linear A minoen y a été retrouvée. Le mégaron mycénien comportait un vaste hall au sol cimenté avec un foyer en son centre des corridors et des petites pièces. Les premières fouilles mirent en évidence des peintures tombées du plafond représentaient un personnage féminin avec une frise de poissons volants. Plus tard on retrouva également une frise de singes bleus bordée de spirales.

Milos – au sud Zephyria, Paleochori, Aghia Kyriaki

CARNET DES CYCLADES – MILOS

L’église de zephyria

Vers midi, nous arrivons à Zephyria, un petit village autour de sa grande et belle église de perlite gris clair. Cette grande construction étonne dans un si petit village. Zephyria – appelée alors Chora -fut la capitale de l’île avant l’arrivée des Vénitiens et cette église en était la cathédrale. Détrônée en 1207 avec la domination vénitienne, après la fortification de Plaka et la construction du kastro. La petite cité fut décimée par une maladie mystérieuse « la maladie de Milos » (probablement la malaria) . 1767 fut l’année de la « grande mort » et ne s’en remis jamais. En plus de sa grande église Zephyria possède aussi plusieurs tavernes. L’une d’elle, sympathique fait aussi épicerie-boulangerie. J’y achète une bouteille d’eau.

La plage de Paléochori

Paléochori est une belle et grande plage avec 3 restaurants et des installations de plage : lits et parasols. Le premier restaurant que nous visitons a l’air chichiteux et cher, le second est collé aux lits de plages, le dernier, le Sirocco plus simple mais très touristique, qui vante sa cuisine « volcanique » (peut être utilise-t-il les sources hydrothermales de la plage ?).

Un bon point : on apporte une bouteille cylindrique en verre d’eau filtrée, gratuite et écologique (pas de plastique) J’apprécie. Les sardines sont servies sur un lit de salade verte assaisonnée d’une bonne sauce citron, bien aussi. Par souci d’économie, j’ai commandé une moussaka. Erreur grossière, ne jamais prendre de moussaka dans un restaurant touristique, en place d’aubergine, des courgettes bouillies, une viande très médiocre et une béchamel infecte.

Je me rattrape de la déception gastronomique par une baignade dans un site grandiose. En nageant je regarde les couleurs changer sur la falaise bariolée, après les rochers il y a une seconde plage moins fréquentée, la falaise passe du gris au rouge teintée de vert et même du jaune du soufre. Un beach-bar diffuse de la variété internationale ; je préfère le clapotis de l’eau ou la musique grecque.

Je n’ai pas trouvé les sources chaudes.

Aghia Kyriaki

Nous aurions été mieux inspirées de choisir Aghia Kyriaki plutôt que Paleochori. Très peu de constructions aux abords, une seule taverne simple. Pour l’ombre, une rangée de tamaris.

 

 

 

 

 

 

Les plages du sud de Naxos

CARNET DES CYCLADES – NAXOS

Studios Kolonna sur la plage de Mikri Vigla
La plage de Mkri Vigla

 

Au sud de Mikri Vigla les plages de sables alternent avec les rochers qui abritent de jolies petites criques à l’écart de la route principale de Hora à Agiassos. Nous longeons la côte par des petites routes et des pistes.

Kastraki

Deux belles plages : Zahara et Glyfada. Les maisons de vacances sont dispersées sans logique apparente dans des jardins ; A l’arrière de Glyfada une lagune asséchée ouo des marais salants s’interposent entre la plage et la route.

Alyko bay

Alyko

La forêt de cèdres

Ce cap rocheux portant une « forêt de cèdres » de 88 ha . Ces cèdres (ceddar en anglais) ne sont pas des cèdres mais des genévriers. Ils ont un tronc épais (jusqu’à 1m de diamètre et 6 m de haut) et une silhouette d’arbre. Du genre Juniperus est-ce un Genévrier cade ou un Genévrier de Phénicie ? les deux sont cités dans la littérature. J’aurais plutôt qualifié de maquis cette « forêt ». Pendant le régime des Colonels dans le début des années 70, le terrain a été cédé illégalement -semble-t-il – à une compagnie étrangère qui a construit une résidence hôtelière ; Après maints procès, le projet touristique a été abandonné mais il reste les structures de béton.

Street-Art

Les graffeurs se font emparés de ce lieu pour y peindre des graffs, des tags et des œuvres de Street-Art. j’ai vu hier à la Tour Bazeos, une photographie d’une installation de WD à Alyko. J’étais loin d’imaginer qu’Alyko était un site naturel à une douzaine de km de la Tour. J’imaginais une banlieue glauque, des usines en déshérence.

Alyko bay

Le baiser des deux singes, à l’entrée du bâtiment est tout à fait saisissant. WD a consacré une de ses œuvres aux migrants. Sur les murs de l’hôtel abandonné, la bienvenue aux migrants est clairement énoncée. Une série montre un cœur sur le drapeau grec, puis un graffiti affirme :

« L’Europe fait naufrage, l’Afrique se noie » suit le dessin d’un bateau de papier plié et enfin une femme entourée de têtes de morts.

Tous les graffitis sont-ils de cette facture ? j’en doute. Cet endroit étrange donne envie d’écrire une dystopie raconter la fin de la civilisation du tourisme. Ou une histoire de migrants qui échouent et s’installent.  Après avoir filmé les murs, je m’engage sur une piste, découvre les falaises et surtout, nichées dans les falaises, les plus jolies petites criques qui soient. Vides parce qu’il est encore très tôt. Une procession de baigneurs arrive, charriant parasols, chaises pliantes et glacières…

Alyko

 

Plus loin, dans la Baie d’Alyko, il y a encore une grande plage de sable. L’urbanisation est en cours, anarchique, accumulation de cubes blancs ou gris.

La piste fait alors un grand détour autour d’une colline (228 m). On devrait voir une Tour. A l’aller comme au retour nous ne l’avons pas trouvée ;

Aghiassos

La plage d’Aghiassos

Fin de la route venant de Hora et fin de la piste côtière carrossable. Théoriquement elle continue jusqu’à Kalados. Elle doit être en bien mauvais état. Nous ne voulons pas infliger cette épreuve à la petite Fiat Panda.

La plage de sable d’Aghiassos est bordée par des roseaux. Le classement Natura 2000 limitera peut- être la construction. La plage est encore vierge d’installations ; Une buvette a installé deux tables, un petit restaurant, sa terrasse à l’écart. Je me baigne sans craint. L’eau est peu profonde, même loin du rivage.

Psilli Ammos

Sable doré, très fin, plage aménagée avec des lits et des parasols tenue par le restaurant élégants à l’arrière de la piste. Après un bain un peu agité par des bourrasques nous faisons une pause apéro. Café frappé que j’attendais depuis longtemps.

Tour Oskelos

Tour Oskelos

Tour carrée d’architecture vénitienne 17ème siècle, la petite sœur de la Tour Bazeos. Carrée puissante maison fortifiée en cours de restauration. On n’en saura rien de plus.

Déjeuner sur la terrasse ; Nous voulions acheter des feuilletés aux épinards du boulanger, Il n’en reste plus. Dolmas en boîte et salade d’aubergine (en barquette), grosse tomates et olives.

Après-midi balnéaire.  Le vent est tombé. Je peux reprendre mes aller-retours à la nage.

 

la côte nord de Naxos _ Appolonas

CARNET DES CYCLADES

Naxos : Chora vue du monastère Chrysostome, à l’horizon : Paros

A la sortie du port de Naxos, nous montons au Monastère Chrysostome. Une chapelle blanche accolée à la roche brune nous accueille et une route goudronnée grimpe raide jusqu’au grand monastère – grande bâtisse carrée au milieu de jardins et d’une terrasse arborée. C’est un monastère habité qui ne se visite pas. Du parking, le panorama sur Hora est extraordinaire : la citadelle se détache sur la mosaïque des maisons blanches. Justement, le Blue Star Paros quitte le port et passe devant l’ilot de la Portara quand nous filmons. Nous entendons les moines chanter : tout un concert !

Un peu plus loin, nous quittons la route suivant un panneau vers une église et les 3 éoliennes.

Selon le guide Vert nous devrions voire les ruines du Monastère Ypsilotera près de Galini. A Galini une route mène à la mer. Le monastère ne devrait pas être bien loin. La petite route passe dans une campagne verte avec de la vigne et des jardins. Des arroseuses tournent à pleins jets. On ne semble pas manquer d’eau à Naxos ! Nous renonçons à trouver le monastère qui, de toutes les façons ne se visite pas.

La route s’éloigne de la mer pour desservir Egares où Kazantzakis a séjourné. Nous passons sans nous arrêter devant le pressoir à huile trop propre, trop net, peut être un piège à touristes ? La route contourne une retenue d’eau artificielle. Le monastère Faneromanis (17eme siècle) se trouve juste après les barrage, le portail est ouvert, nous arrivons jusqu’à une placette ombragée. Le temps que je m’attife (paréo et foulard) la porte du jardin claque ainsi que celle de l’église. Nous ne verrons pas la belle iconostase dont parle le guide vert. La grande bâtisse carrée a un air sévère dans un beau paysage face à la mer.

Kabos komiakis : baignade

la côte nord de Naxos

Une piste descend vers une petite crique jusque au-dessus des rochers la petite église blanche Aghios Mamas monte la garde. En dehors d’un club de plongée fermée il n’y a rien sur la plage. Un ruisseau dans les roseaux, un vieux puits, quelques maisons à l’arrière. Comme il y a des posidonies je nage avec mon masque espérant que l’herbier attire des poissons. Pas vu un seul, cette année, chaque essai de snorkelling est une déception.

La pointe nord de Naxos

La route en corniche sur la côte découpée est spectaculaire. Alors que du ferry, je la croyais aride et rocheuse, elle est plutôt verte et cultivée. De nombreuse vignes luxuriantes poussent sur les terrasses. Près des maisons des cyprès se détachent avec des jacarandas bleus.

Naxos : Tour Aghia
la tour Aghia

A gauche de la route la Tour Aghia est une tour carrée, vigie près de la pointe de l’île. UN peu plus bas on surplombe le monastère Aghia caché dans la verdure, la façade blanche se dresse alors que le bâtiment a perdu son toit.

Apollonas

le kouros d’Apollonas

Nous guettons le Kouros d’Apollonas, sculpture géante abandonnée sur place depuis le 6ème siècle. Sculpté dans du marbre, je guette les bancs de marbre qui alternent avec le schiste. Bien indiqué, il suffit de gravir quelques marches pour surplomber le géant allongé. Il est de facture si grossière que je suis déçue, à peine ébauché il ressemble plus à un play-mobile qu’à une statue grecque. Sans doute s’est-il brisé au début du travail du sculpteur ?

La petite station balnéaire d’Appolonas est la seule qui possède un hôtel de deux étages au fond d’une baie à l’arrière d’une plage bordée de tamaris, à l’écart du village plus pittoresque avec ses maisons cycladiques (qui sont aussi des hôtels). Plusieurs tavernes se partagent le bord de l’eau. Nous n’avons que l’embarras du choix, du bar le plus simple avec quelques parasols rouges Coca-Cola et des restaurants plus raffinés. Nous choisissons le plus beau avec des tables bleues sous un auvent de bois. Jolis menus et aucune raison de se priver : les sardines et la petite friture ne coûtent que 7.5€ et l’assiette est vraiment bien garnie.

Restaurant Apollon

Je me suis demandée si je viendrai à bout de la pyramide de petits poissons servis comme d’habitude avec des frites (patato naxou), friture très légère. Avec ½ de Retsina, un café grec parfumé l’addition (logariazmo) est la moins salée depuis notre arrivée en Grèce 23€ dans cet endroit chic et touristique.

Avant de manger, j’ai fait un tour sur la petite plage de sable fin, d’eau cristalline.

La route côtière ne va pas plus loin, nous bouclons le circuit par l’intérieur de Naxos. Nous contournons d’abord un petit massif rocheux nommé Kastro (bien qu’aucune citadelle ne le surmonte). La route sur le versant opposé lui fait face. Des terrasses sont aménagées, certaines abandonnées me font de la peine. Je suis toujours désolée de voir le travail de générations d’agriculteurs colonisé par les broussailles en quelques années. Dans les creux poussent spontanément platanes et lauriers roses. Dans la montagne, je fais l’inventaire des essences d’arbres qui poussent : chênes, parfois très grands, châtaigniers, deux ou trois peupliers de grande taille, des noyers portent des noix déjà grosses.

 

Une route  « touristique » (soulignée de vert sur la carte) dessert le village de Koronidhes perché à 700 m d’altitude, tout blanc, adossé à la montagne ; puis elle continue en tortillant vers Koronos où l’on retrouve la route principale jusqu’au carrefour de Stavros Keramotis : une église au milieu d’un carrefour, un peuplier et une vue à 360° sur tout Naxos et les îles environnantes. La route touristique continue avec ses lacets vers Moni puis Halki.

Nous rentrons vers 17h30 avec une centaine de kilomètres de plus au compteur de la Fiat

Journée aventure dans le sud de Naxos : Grotte de Zeus et Baie de Kalados

CARNET DES CYCLADES 

sentier du Mt Zas (Zeus)
Piton rocheux au dessus de Filoti

 

Dominique – sur les suggestions du Guide Vert – a prévu une journée aventureuse en dehors des attractions touristiques, jusqu’à l’extrémité sud de Naxos. Si on regarde la carte du Petit Futé, au sud de Filoti serait une sorte de désert sans villages ni routes. Nous avons acheté hier une carte SKAI où chaque église, chaque moulin, chaque station-service figurent. A l’envers de la carte, 7 promenades sont décrites en une sorte de Topo-Guide. Selon cette carte seul un court tronçon de notre itinéraire emprunte une piste non goudronnée.

Nous partons par Sagri, traversons Halki et Filoti sans nous arrêter. Nous reviendrons ! A la sortie de Filoti le sentier N°2 indique la Grotte de Zeus – première étape de notre circuit. La montagne Zas ou Mont Zeus (1001m) est le point culminant de Naxos. La légende y a fait naître Zeus dans une grotte. J’ai déjà visité une Grotte de Zeus où la Chèvre Amalthée aurait nourri Zeus sur le Mont Ida (Psiloritis 2456 m). Fils du titan Chronos et de la titanide Rhéa Zeus aurait été enlevé et apporté en Crète pour être soustrait à son père qui dévorait se enfants.

Trompées par la flèche, nous suivons une petite route qui serpente dans la montagne, passons sous un moulin qui a gardé son axe, mais perdu son toit, sous un haut piton rocheux complètement chauve (600 m) portant sur son sommet une chapelle blanche que j’ai appelée Prophète Elie parce qu’elle n’a pas de nom sur notre carte.  Une flèche marron signale un sanctuaire de Déméter (nos sommes dans une région agricole) . La route continue à grimper et nous dépassons les chapelles Aghia Panaghia, Aghia Anasthasia et Aghios Efstatios qui, d’après la carte SKAI ne sont pas du tout dans la direction du Mont Zas mais bien sur l’itinéraire du sud que nous prendrons plus tard. Nous faisons demi-tour après Aghios Efstatios au-dessus d’un pâturage de chèvres. Je marche sur un tapis de crottes quand je descends photographier l’église. Aghia Anastasia est jolie avec son toit imitant les lauzes blanchies à la chaux sous un bel arbre.

Mt Zas source de Rhéa

Retour à Filoti. La route pour les voitures est différente du chemin des randonneurs. Elle prend un peu plus loin dans une épingle à cheveux sur la route principale. C’est une route étroite qui grimpe sur 1.3km au flanc du Mont Zas et s’arrête à un minuscule parking. Il faut continuer à pied 20 minutes pour la Grotte, 1h pour le sommet. . Le sentier pavé avec un muret conduit à une place ombragée sous un vieux platane avec un bassin rectangulaire, des rigoles cimentées et une source qui jaillit dans une vasque en marbre. Un écriteau prévient que l’eau est potable et qu’il convient de ne s’en servir uniquement pour se désaltérer.

J’imagine ici, des fêtes champêtres, des réunions de famille, voire un culte ancien aux nymphes ou aux sylphides…Le sentier dallé de marbre continue encore dans la montagne, assez pentu.je marche dans l’odeur sucrée des genêts.  Cela se gâche sur la fin : d’abord, le sentier devient étroit et poussiéreux, puis on doit continuer dans les rochers et les marques rouges disparaissent.  Heureusement des randonneurs ont fait un cairn pour signaler le passage. Dans les derniers 50 m avant la grotte c’est presque de l’escalade. On passe une stèle en ciment avec la seule inscription compréhensible 1953 ( ?). L’entrée de la grotte est fermée par deux murs de pierre (abri pour les bergers ? )

A la descente je croise des randonneurs plus courageux que moi qui ont fait le trajet à partir de Filoti. Je bois à la source de Zeus avant de remonter en voiture.

vers les crêtes

La route du sud contourne le Mont Zas. Après Aghios Efstatios, serpente en lacets serrés jusqu’au col de Petalia à plus de 700 m. Avant d’arriver au col je remarque de nombreuses terrasses cultivées ; certaines sont jaunes, blé non moissonné ou graminées sauvages, ou plantées d’oliviers amandiers et aussi de chênes. Les bergeries sont dispersées dans la campagne.   De grosses touffes de genets fleuris jaunes et odorants font des pyramides qui s’étalent sur le goudron, décorant ainsi la route.

Au col, on voit la mer. La route a fait tant de virages que je ne sais plus quelle côte s’offre à nous : Mikri Vigla et Kastraki ou Kalados au sud. D’après l’urbanisation, je pense plutôt à la côte occidentale. Et ces îles : Paros, les Petites Cyclades ou Amorgos ? Il nous aurait fallu une boussole. Je suis surprise de voir partout des panneaux indiquant les noms de localités ou de ruisseaux. Cette région de Naxos n’set pas du tout déserte comme l’absence de village le suggérerait. Partout, dispersées dans la montagne, des fermes, des bergeries et le long de la route, des églises.

La végétation est variée : aux pyramides des genêts en altitude, succèdent des pentes rocheuses avec des buissons de genévriers et parfois des bosquets de chênes ou même de grands chênes, plus bas des oliviers, de ces vieux oliviers au tronc monumental avec une écorce torsadée qui s’enroule sur elle-même formant un cône d’où une touffe de branches feuillues se déploie. Des chèvres, impériales, marchent sur la route.

La Tour Cheimarros

Au niveau de la Tour Cheimarros, le goudron s’arrête pour reprendre quelques centaines de mètres plus loin. Cette tour est hellénistique 4ème siècle av JC. Est-ce pour surveiller la mer ? Qui l’a plantée là, si loin du rivage ? C’est une très grosse tour construite soigneusement de gros blocs taillés, 15 m en marbre de Naxos, beaucoup plus imposante que les moulins qui coiffent les collines. Le chantier de restauration est enfermé par des grilles, on ne peut pas approcher.

Plus bas la route est bordée de lauriers roses magnifiques ; Qui a planté cette haie ? Ils fleurissent blanc et roses et sont florissants malgré la chaleur. La région paraît dotée de nombreux ruisseaux. La carte signale une source qu’on ne verra pas. Plus on descend, plus la campagne est cultivée en oliveraies et en champs de blé.

Kavados lauriers roses

Enfin, on approche de la mer. On voit une digue. Il y a un port dans la baie de Kavados mais la route n’y arrive pas. Le goudron à nouveau fait place à une piste de terre qui se sépare. A la fourchette deux flèches : vers la gauche une enseigne naïve d’une taverne traditionnelle, vers la droite un écriteau plus moderne avec deux numéros de téléphone (un pour le grec, un autre pour l’anglais), café-restaurant et même des studios.

Nous nous engageons à gauche et arrivons au port fermé par une grille. Il y a des quais, des bornes, plusieurs bateaux à quai. Pas de taverne sur le port. Pas de capitainerie non plus. La taverne est perchée en haut d’un escalier de bois. La piste est carrossable. Accolé à une caravane, un auvent de cannisses, et dessous une demi-douzaine de tables carrées en bois et des chaises paillées. Quatre vieux messieurs, moustachus, bedonnants sont rassemblés pour bavarder. En même temps que nous arrive une femme à la robe et la chevelure noire portant des provisions dans des sacs : c’est la patronne ; Bien sûr qu’on peut manger, mais pas maintenant. Il faut d’abord ouvrir la cuisine (caravane) et allumer le barbecue.

Nous descendons à la plage, pas très convaincues. Peut être le restaurant sur la colline en face avec sa grande terrasse bleue serait mieux ? Nous reprenons la voiture jusqu’à la fourche, traversons une vraie forêt de lauriers roses. Au milieu coule un ruisseau. Passons à côté d’une belle plage de sable gris presque déserte. Un couple profite de l’occasion pour une baignade naturiste. La piste qui remonte vers le restaurant n’est pas carrossable pour la Panda, il aurait fallu un SUV !

Kavados, petit port et plage

Nous redescendons à la plage pour une merveilleuse baignade. Je nage en regardant les collines en pente douce cultivées de blé. En nageant, je compte les fermes dispersées. Il y en a bien une dizaine. La pointe sud de Naxos est loin d’être déserte, elle est seulement mal reliée par la route. En revanche, par bateau, c’est un paradis préservé ! 3 yachts sont dans le port, deux beaux deux-mâts et un gros à moteur. Calme. J’imagine que du temps d’Ulysse, le décor n’a pas changé. J’imagine le navire, ou le radeau échouer sur cette plage.

Nous remontons à la « taverne typique » vers 13h30. Un couple nordique est attablé. Ils semblent être des habitués et parlent grec avec la patronne. Pas de voiture, ils ont peut-être un bateau. On vient d’allumer le barbecue : des ceps de vignes sont entassés à côté d’une table de pierre.

Bien qu’on soit à la mer, pas de poisson au menu. La dame proteste. Elle est agricultrice. Tous ses produits viennent de sa ferme. Elle élève des moutons et des chèvres. Menu viande uniquement. On peut aussi commander des légumes. « Voulez-vous des frites ? « – « Non ! », la dame est vexée « vous n’aimez pas les patato naxou ? ». Les pommes de terre de Naxos ont été distinguées et possèdent une appellation contrôlée ; Tous les naxiens en sont très fiers. Dominique commande des beignets de courgettes et d’aubergines, et moi des petites côtelettes avec les frites de patato naxou.

Pendant que la dame cuisine, Dominique trouve un prétexte pour lier connaissance avec les bergers qui ont des bâtons longs comme des houlettes. Elle emprunte mon canif qui ne coupe plus bien et demande aux messieurs s’ils ont de quoi l’affûter. Bien sûr ! ils n’ont pas besoin d’un fusil ou d’une pierre, un autre couteau suffit. Occasion de les filmer, ils sont très photogéniques.

les bergers de Kavados

L’assiette des côtelettes est remplie d’un haut tas. Quand je le découvre, je proteste qu’il y en a trop. Mais dès que j’ai commencé deux ou trois manchons je réclame le reste ; je n’ai jamais mangé des côtelettes pareilles ; pas grasses, gouteuses. La viande sent le thym que les bêtes paissent dans la montagne. Les courgettes et les aubergines sont aussi délicieuses avec une pâte très fine, craquante.

Retour par la même route, sauf qu’à Halki nous avons raté la route de Sagri et avons fait un long détour presque jusqu’à Hora.

A Mikri Vigla, une surprise nous attend : les ailes des Kite-surf  volent. Il y en a de toutes les couleurs. Les surfeurs glissent et s’envolent. C’est très joli mais cela inaugure la saison touristique. Avec eux est arrivé un énorme camion noir et un pick up qui nous bouchent la vue. Dans le camion, des planches de surf. Le propriétaire est chez lui, c’est un ami des propriétaires. Il revient tous les ans. Il est chez lui, et nous ne sommes plus chez nous.

 

L’Empreinte du faux – Patricia Highsmith

LECTURE TUNISIENNE?

L’auteure est américaine, mais l’histoire se déroule en Tunisie, à Hammamet dans un de ces hôtels de luxe sur le bord de la plage.

Ingham, un romancier américain, vient en Tunisie, s’imprégner de l’esprit du lieu pour adapter un de ses romans au cinéma. Le réalisateur, de ses amis, le rejoindra quelques jours plus tard….

Mais rien ne se passe comme prévu. Le cinéaste ne donne pas signe de vie.  Ingham met à profit sa disponibilité pour commencer un nouveau roman. Il se lie avec Adams, un autre américain et avec un peintre danois. Ils mènent la vie des vacanciers de bord de mer.

Un roman sur la Tunisie? ¨Pas vraiment, plutôt sur le peuple des vacanciers, déconnectés de leur habitudes, de leurs amis et famille, des relations que le hasard a rassemblé sur cette plage. Pas spécialement sympathiques. Même pas touristes. De la Tunisie, il jouissent du soleil, des baignades. Ils boivent. Leur monde clos leur suffit. Les Tunisiens, qu’ils nomment les « Arabes » sont soit des larbins soit des voleurs, peut être les deux. Le sens moral de ces estivants a aussi pris des vacances : Ingham trouve un homme assassiné dans une ruelle et n’a même pas l’idée d’avertir la police. Compliqué? Inutile? Quelle valeur attribue-t-il à la vie de cet homme. Ingham, lors d’une tentative d’effraction dans son bungalow, blesse? Tue? son voleur. Cet « incident » l’ennuie, mais cela ne va pas plus loin. Qui va le soupçonner? Quelles conséquences? Y-a-t-il eu une victime?

Peu ou pas de suspens dans ce « polar ». Pas d’enquête. Juste une atmosphère de mensonge, de faux. On pourrait s’ennuyer dans ce roman où il ne se passe presque rien.  C’est tout l’art de la romancière que de suggérer, de distiller, ce soupçon, cette empreinte du faux…

Elle raconte une époque révolue, celle de la guerre froide, de la guerre du Vietnam, de la guerre des 6 jours. Et puis ce voleur, cet arabe pouilleux qui a peut être été assassiné. Ce n’est pas le Président Kennedy! J’aime relever tous les détails de cette histoire contemporaine. Critique volontaire ou involontaire de cet insouciance américaine, de cette certitude d’être porteur des grandes valeurs de la démocratie et de la morale chrétienne, discours insupportables d’Adams surnommé OWL (Our Way of Life).

Amateurs de romans d’action, de polar haletant, s’abstenir.

Amateurs de folklore tunisien, vous serez déçus!

En revanche si vous goûtez l’humour, la finesse et une histoire désuète, je vous recommande cette lecture;

Nabeul et Hammamet

CARNET TUNISIEN DU NORD AU SUD

 

Au petit déjeuner, j’ai surtout apprécié la Âssida et mangé les deux portions ! Nous avons repris la route de Menzel Temime le long de la côte par Korba pour aller visiter Nabeul.la pluie a « lavé » l’air, la visibilité est excellente je devine Pantelleria en face de Menzel Temime.  Avant Korba, une lagune est retenue par un cordon dunaire mince. Les oiseaux sont nombreux : canards, aigrettes et flamands roses. Korba est précédée d’une grande mosquée à coupole jaune.

Nabeul est traditionnellement la ville des potiers. On devine les carrières de kaolin et les cheminées d’usines dans sa proche banlieue. Barbecue, colonnette, fontaines, balustres, dauphins, lions attendent les clients qui aménagent les jardins de leurs villas, sur le bord de la route. Nous nous perdons quand nous cherchons le site de Néapolis et le Musée. J’entre dans une pharmacie : « demandez la Jarre ! » La Jarre est le symbole de Nabeul, elle orne le carrefour principal. Nous trouvons après avoir bien tourné, mais Musée comme site sont fermés le lundi. De Nabeul nous n’aurons donc rien vu que des rues commerçantes et beaucoup de voitures !

Hammamet vu de Dar Sebastian
Hammamet

Nous continuons vers Hammamet : tout d’abord un café qui aura la Wifi. Au Cap bon il n’y a pas de 3G tout juste H+, il n’est donc pas possible de partager la connexion Internet. Je m’offre un magnifique jus d’oranges pressées avec deux pailles enroulées ensemble  que je sirote pour profiter d’Internet.

Ensuite : promenade pieds nus sur la plage de sable fin dans la frange écumeuse de la vague et pique-nique assises sur un pédalo aux couleurs de l’Algérie.

La Villa George Sébastien peut se visiter le lundi. George Sébastien, milliardaire roumain, fit construire dans les années 1920 une villa « à l’antique » où il reçut André Gide, Roger Martin du Gard, Bernanos, Paul Klee, Cocteau …. Pendant la seconde guerre mondiale elle fut réquisitionnée par Rommel. Cette villa est maintenant transformée en un Centre d’Art, ouverte ainsi que le jardin à la visite. Après les sites antiques, un peu d’architecture du 20ème siècle nous changera ! Et puis, visiter les ombres de tous ces personnages célèbres….

Dar Sebastian patio et piscine vide

Mais il faut d’abord trouver la villa. Hammamet est une station balnéaire immense, les habitants distinguent Hammamet Nord de Hammamet Sud. Reliant les deux, des rues commerçantes sans charme. Nous errons de rond-point en rond-point, de blocs de bétons-usines à touristes en zones résidentielles. Personne ne connaît la villa. Un jeune tunisien très charmant ne la connaît pas non plus, mais armé de son smartphone il trouve le numéro de téléphone et appelle pour nous « C’est à côté de l’hôtel Sindbad, tout le monde connaît » affirme-t-il.

Nous trouvons un grand mur, des eucalyptus très hauts  , je me promène dans les jardins ornés de statues. Découverte de Gabriella Mistral prix Nobel 1946, diplomate, écrivaine chilienne.

Dar Sébastian est une maison basse très sobre, organisée autour d’u patio couvert. La piscine est elle aussi dans un autre patio. L’architecture est d’une grande simplicité. Il y a une exposition de peintures contemporaine mais rien d’exceptionnel.

Le jardin descend vers la plage, figuiers de barbarie, mimosas, pin verveine, grands agaves. A Travers une rangée d’agaves desséchés, je découvre comme un trésor la vieille Hammamet avec son fort le long du rivage. Cela me fait penser à Budva (Monténégro) jolie ville close asphyxiée par le béton d’une station balnéaire tentaculaire. Les gens viennent ici pour la plage et oublient qu’il y a une vieille médina, un fort espagnol…on connait mieux le nom des hôtels que le centre des arts !

un jardin redevenu sauvage, un pavillon à coupole comme un mausolée….

Un petit pavillon à coupole blanche est entourée de gradins, comme un minuscule amphithéâtre. Ds poteaux métalliques suggèrent qu’on pouvait couvrir pour avoir de l’ombre. J’imagine des réceptions, peut être des lectures ou jeux littéraires….la nature sauvage reprend ses droits les feuillages graphiques des yuccas, agaves et raquette des figuiers dominent cette partie du jardin.

Il y a un petit arboretum avec des plantes étiquetées, un verger d’agrumes irrigué et une citerne rectangulaire. Dans un pavillon on explique la culture des agrumes, l’irrigation.

Avant de quitter Hammamet, nous passons sous ses murs. Nous avons perdu trop de temps à chercher, il faut rentrer avant la nuit ; je ne pourrai pas me promener dans la Médina.

La lagune prend une teinte rose reflétant le ciel… Les gros nuages gris contrastent avec ce ros/ les flamands sont regroupés ; j’avise des pontons avec un chemin de planche mais il est ruiné, les planches pourries, dangereuse. Des vols d’aigrette en formation en V nous survolent. Elles sont très blanches. Les flamands brillent dans la lumière rasante.

La nuit est tombée quand nous arrivons à Menzel Temime. C’est notre 3ème passage, mais vais-je retrouver la route de Skalba ? Et bien oui ! pour vérification je demande la route « qu’allez vous chercher à Skalba ? Chez qui allez-vous ?» Les gens sont méfiants. Ils ne comprennent pas que des touristes sortent de leurs hôtels réservés et s’aventurent dans la nuit noire. Une fois qu’on est sur la bonne route, impossible de se perdre, c’est tout droit ! mais je remarque dans les phares un nombre incroyable de piétons, des véritables congrès de chiens. Dans la nuit, on saute sur les ralentisseurs qui ne sont pas visibles, sans parler des nids de poule !

 

Hamed nous annonce un « diner tunisien » en notre honneur. Ce sera de la soupe de poulet aux légumes épaissie par de la semoule, une salade de poivrons grillés bien épicés, il faut manger du pain. Justement Zhora apporte une galette bien chaude. Brick à l’œuf plein de persil. Le plat : cuisses de poulet au four avec oignons, tomates et deux poivrons/piments allongés/