Merci à Babélio pour cette belle revue illustrée, colorée, amusante pour les petits et les grands.
A la suite de la lecture de Gabriële de Claire et Anne Berest j’ai fait la connaissance de Picabia rencontré en compagnie de Arp, Breton et de nombreux artistes à l‘Exposition Apollinaire- le Regard du poète et celle Dada Africa avec Tsara, Taueber…. (toujours à l’Orangerie) . J’avais envie de mieux le connaître.
Feuilleter la revue DADAconsacré à Picabia c’est découvrir en raccourci toutes les tendances de l’histoire de la peinture au XXème siècle et même au XIXème. Picabia dès l’âge tendre fut un surdoué capable de maîtriser presque tous les styles, impressionniste il peint les Bords du Loing comme Sisley, la façade de Notre Dame de Paris comme Monet. Adam et Eve comme les Nabis, Les Bords de la Sédelle avec le style des fauvistes. Il s’essaie au cubisme,Apollinaire le qualifie même d’orphique et quand il part à New York, sont cubisme est plutôt futuriste. Bien sûr, c’est comme dadaïste et surréaliste que je l’ai connu. Transparences ou laque brillante, il métamorphose des œuvres connues Le Dresseur d’animaux détourne le Serment des Horaces, La Feuille de vigne s’inspire d’Oediped‘Ingres. Et comme la peinture ne suffit pas, il réalise avec Satie et d’autres une pièce de théâtre Relâche.
Comme chaque fois, la Revue DADApropose des ateliers créatifs pour les enfants et les grands, avec papier calque, encre de Chine à la manière de Picabia. La revue donne aussi l’actualité des expositions de l’année.
la Vénus de Lespuguefut découverte le 9 Aout 1922 dans la Grotte des Rideaux de manière fortuite et fractionnée en 11 morceaux. Sculptée en ivoire de mammouth, elle date du Gravettien.
Une vidéo présente les recherches scientifique correspondant à la restauration et à la structure de la statue. Coppens raconte dans une autre vidéo comment, intrigué par la forme des fesses, qu’il trouvait illogiquement à l’envers, eut l’idée de la retourner et découvrit un autre personnage à l’envers, cheveux ou pagne? Cette structure double ajoute à son mystère et son charme
Sa silhouette en losange a inspiré de nombreux artistes dont Brassaï, Arp ou Zadkine
ou plus récemment Gabriel Sorbin qui a sculpté une belle pièce en albâtre (2019)
Alexandra Sanddessina une série d’études au charbon sur papier qui aboutirent à de grands panneaux à la suite d’un dialogue avec Coppens autour de la Vénus de Lespugue
Alexandra Sand
les Mountaincutters ont réalisé des répliques de la Vénus de Lespugue en verre soufflé (Bruxelles 1990)
Mountaincutters verre soufflé
tandis que Muriel Decaillet a décliné le thème en textile
sans oublier Louise Bourgeois qui l’imagine enceinte
louise Bourgeois
Une centenaire (si on se réfère l’année de sa découverte) ou une ancêtre… qui offre un modèle à une féminité moderne dans la vidéo d‘Ana Guinzburg : What is beauty
Et si les Hommes préhistoriques, Gravettiens(-34000- 26000) , Solutréens (-27000-22000) Magdaléniens (21000-14000) savaient faire mieux que des bifaces, haches, aiguilles bien utiles mais monotones.
Venus de Tursac 26000
Et si les petites Vénus aux formes généreuses, symboles de fécondité étaient chacune une œuvre d’art à part entière
Vénus brune de Grimaldi
D’autres Vénusmagdaléniennes voient leur silhouette s’étirer sur des supports et des matières variées, lignite ou bois de cerf. Certaines sont gravées sur la roche difficilement repérable comme cette Vénus de Pataud, pour d’autres les organes sexuels sont très marqués comme chez la Vénus impudiquedécouverte en 1863. La plupart d’entre elles sont de petite taille, la Vénus de Laussel mesure plus de 50 cm, elle brandit une corne
Vénus de Laussel
D’autres objets sont à caractère sexuel portent des phallus et parfois fente vulvaire et phallus coexistent sur le même objet.
petit cheval de Lourdes
Les animaux sont aussi source d’inspiration. Ils sont parfois gravés sur des objets usuels comme lissoirs ou propulseurs. parfois on a retrouvé des plaques avec une silhouette animale, ours ou bison…J’ai beaucoup aimé le petit ourson assis.
Ourson assis
le propulseur gravé atteint une forme de perfection dans l’attitude et la complexité.
Propulseur gravé faon et oiseau
L’exposition du Musée de l’Homme présente ces objets d’art mobilier ainsi que les diaporamas très variés et réussi d’Art pariétal non seulement les chefs d’œuvres de Lascaux mais aussi de la grotte de Niaux pour ce qui est du territoire français. L’art pariétal est répandu sur tous les continents, en Afrique, Tchad, Namibie, Egypte, Brésil, Australie, Vietnam…. Des écrans permettent d’identifier des techniques et des styles. A la Préhistoire les artistes disposaient déjà de techniques diverses : pochoirs, pigments soufflés, lignes droites et nettes gravées ou au contraire estompées, hachures, cupules ou points, rayures….
L’interprétation des fresques est parfois étonnante : la Scène du puits de Lascaux a donné lieu à diverses hypothèses et même à un livre de Marc Bruet
L’exposition livre quelques pistes pour observer un homme portant un harpon ou un oiseau sur une tige, un bison blessé, et plus loin un rhinocéros. L’homme a-t-il blessé le bison? Ou est-ce l’inverse ?(l’homme est raide, de travers) le responsable serait-il plutôt le rhino? Le commentaire de la vidéo invite le spectateur à mobiliser non seulement son imagination mais aussi son esprit critique
Voir du Street-Art à l’intérieur d’une galerie? A priori, cela ne va pas de soi, le Street Art c’est l’art de la rue, comme le cinéma a sa place d’abord en salle. Ce n’est pas ma première fois, j’avais été à Malakoff pour une exposition Banksy et j’avais découvert Jeff Aerosolà la MAC de Créteil. J’aime les découvertes au hasard (ou non) des promenades dans le 13ème ou à Vitryoù Christian Guémyalias C215 a beaucoup travaillé. Encore mieux, la découverte par hasard, à Sarcelles ou ailleurs du style et de la signature de C215 !
Clochard
Bonneuil est notre voisine, je ne pouvais pas passer l’occasion de mieux connaître l’artiste, graffeur et pochoiriste. Son Soulage est un hommage au peintre, autre hommage à Ernest Pignon Ernest
Soulage
C215 fait apparaître des visages sur les murs des cités, visages connus ou anonymes comme le clochard ou les amoureux de Catane
c215 les amoureux de Catane
portraits de hasards ou de circonstances parfois très politiques ou de mémoire, comme Joséphien Baker avec son calot militaire ou Cabu et une victime des attentats de Charlie Hebdo
Cabu
La plupart des œuvres présentées sont des œuvres présentées sont des photographies prises sur place dans la rue où même en prison
Dans la prison de Versailles
C215 peint aussi le mobilier urbain, j’aime bien les boîtes à lettres décorées ici ce sont des pompes à essences très politiques l’une d’elle porte d’un côté le portrait de Khomeini de l’autre le président Carter, aussi sur une autre Bush
« j’ai toujours aimé davantage peindre sur des objets que sur des toiles ou des feuilles blanches. Comme dans la rue les objets me fournissent un contexte avec lequel je peux interagir, qu’il s’agisse de la patine, de la matière de la forme de son époque ou de sa fonction… »
c215pompe à essence Khomeini
l’avantage dans une exposition en galerie est de lire les cartels où l’artiste s’exprime
En 2001, j’ai pleuré au Louvre devant un portrait de cheval poignant peint par Géricault. C’est ainsi que j’ai compris la puissance du portrait animalier »
Chat saint Petersbourg
« Dans la tradition du pochoir nombreux sont les artistes qui se sont identifiés à un animal urbain. chacun songe au rat de Blek ou de Banksy. J’ai pour ma part opté pour le chat, animal mutique et mystérieux »
J’ai bien aimé m’approcher des œuvres, lire les textes mais il me semble que la place du street-art est la rue et les cimaises des galeries sont trop tranquille pour cet art vivant.
« Elles sont des millions de femmes, à transporter des millions de kilos, sur des millions de kilomètres. Chacune, à sa manière, porte une part du monde. «
Indiennes, Africaines, Asiatiques, dans tous les pays où la motorisation n’est pas encore courante, ce sont les femmes, parfois de très petites filles qui portent des charges nécessaire à la survie de tous : l’eau dans des bidons ou des bassines, le bois nécessaire à la cuisson des repas, les récoltes, la lessive….
Sur la tête ou à l’épaule,
Ou les récoltes
coton
Quand les voitures, tracteurs prennent le relais les femmes font du sport
je n’ai pas retenu la photo de la femme enceinte qui porte le monde à venir…
Une belle exposition féministe qui montre des femmes fortes.
Lekha Singh
Lekha Singh est une artiste visuelle américaine. Jouissant d’une notoriété internationale, elle a eu l’occasion de voyager dans le monde entier, et de puiser dans ses voyages son inspiration artistique. Elle a exposé son travail photographique, depuis 2004, dans de nombreux musées américains
Une Histoire de la Nature Mortede la Préhistoire à nos jours : Vaste programme !
Ce qui reste : De objets témoignent par eux-mêmes
Dès la première salle, je suis perplexe : de nombreuses œuvres contemporaines voisinent avec un estampage des haches de Gavrinis, un rêmeavissant flacon chypriote en forme de grenade et un bas-relief d’Abydos .
Une courte séquence de Stalker de Tarkovskyoccupe un mur. sur un autre, des photographies de Boltanski: les habits de François C 1971-1972.
Boltanski les habits de François C
L’installation la plus étrange est ce Repas Hongrois, avec assiettes (et restes de nourriture) couverts, verres, « tableau-piège » de Spoerri.
Le dialogue entre les œuvres est amorcé et cette démarche me parle. Deux pistes s’entremêlent : la Chronologie et cette confrontation.
l’Art des choses ordinairesa été représenté depuis l’Antiquité, des fresques d’Herculanum, mosaïques de Pompéi.
Ces représentations de gibiers, crustacés avec des ustensiles du repas sont très proches des natures mortes qu’on a l’habitude de voir.
-Pierre Buraglio : Dessin d’après Six Kakis 1979-82
Les objets de Croyance correspondent aux représentations médiévales, les objets forment le décor d’une image pieuse, symboles qu’on savait lire alors comme le fruit qui évoque la tentation, ou le lys blanc la pureté de la Vierge lors de l’Annonciation. Le contour de la sandale du Prophète dans les représentations islamiques. Face à ces objets de croyance on a placé les kakis qui invitent à la méditation.
Jan Davidz de Heem (1606-1684) la Fermière Hollandaise
A partir du XVIème siècle la peinture s’émancipe de la représentation religieuse. De beaux trompe-l’œil, des marqueteries de Padoue Cette représentation profane est principalement flamande ou hollandaise.
Joachim Beuckelaer : Marché au Poisson
étaJoachim Beuckelaer : Marché au Poisson Joachim Breuckelaerbrosse des tableaux truculents du marché au Poisson ou de l’Etal du Boucher. Ces victuailles sont étalées, avec à l’arrière-plan un Christ dans le Lac de Tibériade, si loin, si petit. En face de ces tableaux truculents, et non moins truculents les collecteurs d’impôt et tous ces trésors dorés étalés suggèrent l’arrivée (déjà!) du capitalisme culminant en 2019 avec la Chambre des Trésorsde Gilles Barlier
Chambre des Trésors-2019 Gilles Barlier
La confrontation de deux œuvres m’a beaucoup intéressée : Matisse s’est inspiré de Jan Davidz de HeemdansLa Desserteil a peint les mêmes choses tout en composant un Matisse original.
Matisse : La Dessertejan davidz de Heem : La Desserte
On peut jouer au jeu des erreurs mais on n’en trouvera pas beaucoup.
Sélectionner, Classer, Collectionner, nous conduit au 17ème siècle du côté des Cabinets de curiosité, des monstres de la Nature au pillage colonial. Puis aux plus classiques coupes deCerises et melon (1633) de Louise Moillon .
Au milieu de ces natures mortes classique un étonnant Dali
Dali
Tout reclasser
commence avec une vidéo qui mélange les différents éléments, les regroupe, s’amuse à construire de nouveaux sujets comme autrefois Arcimboldo
Arcimboldo ; l’Automne
bizarrement, je préfère les fleurs de Séraphine de Senlis à un Delacroixbien terne
Vanitas : les vanités avec crânes ou putréfaction montrant la brièveté de notre vie terrestre
Franciscus Gijsbrecht(1670)
je traverse avec assez de répulsion une salle sinistre présentant des tableaux de gibier, tête d’animal sanguinolents, pieds humains coupés de Géricault, lapins morts, truites de Courbet, unBernard Buffet pour les modernes
la Vie simple me conduit vers de sages asperges peintes par Manet, la Chambre de Van Goghexposée en face d’un intérieur hollandais de Samuel van Hogestatenétrangement moderne.
Bonnard Le Coin de Table
le coin de table de Bonnard fait face à un Cezanne
Cézanne : la table de cuisine
Plus loin je repère Morandi que j’aime tant depuis notre voyage à Bologne.
Morandi
Braque est confronté au sculpteur italien Boccioni son contemporain et non loin de là Fernand Légeravec le Ballet mécanique
Umberto Boccini : Développement d’une bouteille dans l’espace.
nous sommes entrés dans le XXème siècle et la modernité, ready-made, compressions de déchets d’Arman, poupées de Schütte, coca-coladeWarhol et vidéos : film de Resnais et Queneau : Le Chant du Styrène. Une vidéo a retenu mon attention Semiotics of the kitchen vidéo féministe, parodie d’une émission de télévision culinaire où les choses de la cuisine se chargent de colère et de révolte. https://youtu.be/ZuZympOIGC0
L’exposition explose Les Choses en beauté avec Zabriskie Point (1970) d’Antonioni
Sam Szafranest né à Paris en 1934 dans une famille juive polonaise. Pendant la guerre, se cache à la campagne alors qu’une grande partie de sa famille est exterminée dans les camps. Autodidacte, il est initié à la littérature et la peinture dans les cafés et ateliers de Montparnasse.
Atelier – 1970 – fusain
Nous découvrons d’abord d’intéressantes études au fusain de son atelier. chaos très étudié de cadres, châssis, chevalets. En regardant plus attentivement on découvre le dessinateur à sa table, parfois seulement ses deux mains dans un coin. Allongé il se repose…Grande précision ans le dessin.
Atelier de la Rue Crussol
La salle suivante réunit des études de son Atelier de la rue Crussol, le titre est Le chaos apprivoisé. Avec les pastels, la couleur fait irruption dans ces études d’atelier où il décrit sa vie quotidienne, ses outils avec des gammes de couleurs dans ses boites bien rangées de pastels.
L’imprimerie Bellini
Ancienne fabrique de lithographie cette imprimerie fut un lieu important dans les années 1970. Szafran dessine les volumes de la verrières, les escaliers, les machines sous différentes perspectives. on peut voir les ouvriers au travail.
Funambule (1969)
Le Vertige de l’escalier
L’escalier est un thème qu’il a déployé de manière cinématographique : les différentes perspectives sont vertigineuses et suggèrent une déformation de la vision. C’est l’escalier du 54 rue de Seine, siège de la Revue poétique La Délirante . Il dessine aussi des personnages coincés et dans une illusion d’optique.
l’escalier du 54 rue de Seine
Dans l’escalier, des personnages découvrent le monde extérieur. le paysage fait irruption dans le tableau
Désormais, Szafran utilise l’aquarelle. Il peint aussi de grands tableaux de paysages urbains
Tableau paysage urbain
l’escalier structure encore le bas du tableau tandis qu’autour de la cour, les murs se déploient en un curieux entonnoir sous des toits plus conventionnels
L’invasion de l’intérieur
C’est l’invasion du feuillage : philodendrons et aralias se développent jusqu’à occuper tout l’atelier du graveur. Dans ce luxuriant jardin d’hiver les feuillages dessinés avec une précision extrême masquent les personnages. On devine encore un escalier dans l’un d’eux, un personnage se cache : Lilette (la femme du peintre). un tableau est un hommage à George Pérec qui a publié Espèces d’Espaces, un autre à Jean Clair.
Les formats des tableaux deviennent plus grands, et plus colorés, les végétaux de plus en plus étouffants. On imagine les tropiques, l’Asie du sud Est ce qui n’est pas fortuit , le peintre Zao Wou Ki lui a justement prêté son atelier!
Exposition temporaire au Petit palais jusqu’au 31 décembre 2022
Noce en Aérotaxis
L’exposition de Devambez est amusante!
Quand on découvre un peintre on est parfois impressionné par le génie, ou par une technique révolutionnaire, ou choqué, étonné, surpris….
Avec Devambezje me suis amusée (si j’exclue les grands portraits académiques que j’ai trouvé ennuyeux) . Amusée par l’humour qui irrigue si souvent son œuvre. Amusée par la variété des sujets. Je me suis promenée avec curiosité dans le Paris de la Belle Epoque vu du ciel, du dirigeable-autobus ou vu d’avion de cette nuée d’aérotaxis. Point de vue décalé. Devambez prend de la hauteur, montre d’infinis détails, caricature les personnages ….
Dirigeable au dessus de la Place de l’Opéra pour éviter les embouteillages du chantier du métropolitain
Il offre un regard émerveillé sur la modernité : la naissance de l’aviation, le métropolitain, l’arrivée du téléphone.
Avions fantaisistes
Une vidéo montre un projet de décoration de l’Ambassade à Vienne (1909) où 12 tableaux illustraient les inventions de la vie moderne, composition trop originale qui a déplu.
le métropolitain : le quai à l’heure de pointe
Debambez flâne dans le Paris Belle Epoque offre une chronique des spectacles ;théâtre Montparnasse, les concerts Colonne et les cafés. Il croque une série de personnages. On l’a même comparé à Daumier.
Les Incompris – scène de café
Face à l’évènement il illustre Paris sous la Commune, la répression policière après les grèves de 1902-1903, La charge . La Grande Guerre lui inspira des sujets : Verdun, des eaux fortes aussi sont des témoignages des atrocités de la guerre et des destructions.
La charge
A côté des portraits de famille ou de ses étudiants en grand format, Devambez a peint de très petits formats les « tout-petits » exposés dans la galerie Georges Petit (cela ne s’invente pas) pour les amateurs pas assez fortunés pour acquérir un grand tableau original.
Un autre volet de l’œuvre de Devambez est l’illustration– Zola, Kipling, ou l’Odyssée. J’ai beaucoup aimé le Gulliver devant lequel on pourrait rester longtemps à observer chaque petit personnage ou les coupoles de la cité féérique. De sa hauteur le géant a une vue plongeante, comme vu d’avion, ou d’un bâtiment élevé, un des points de vue caractéristique du peintre
Gulliver
Affiches, publicités, souvent humoristiques complètent cette oeuvre tout à fait éclectique
Affiche publicitaire pour un journal
Le « Conseiller » comme Gulliver est un géant surplombant la foule lilliputienne, et en plus il démonte le toit de l’Hôtel de Ville comme un jouet.
En fin quelle belle vue de Paris avec l’Exposition 1937
L’Exposition de Paris 1937 vue du second étage de la Tour Eiffel
Depuis notre visite au Château de By j’attendais avec impatience cette exposition. Un billet d’un blog que je suis avec beaucoup d’intérêt m’avait un peu irritée : avec condescendance le blogueur comparait les peintures de Rosa Bonheur aux illustrations des anciens calendriers des Postes. J’étais donc pressée de voir les tableaux de Rosa Bonheur dont je n’avais vu que des photos ou des copie.
labourage
j’ai aimé l’attention que Rosa Bonheuraccordait aux animaux et au monde rural : charbonniers, laboureurs, bergers, marchands de bestiaux. le monde rural est décrit avec minutie et exactitude. Même si parfois les couleurs font un peu « chromos » (surtout dans les barques d’Ecosse).
Berger des Highlands
Le tableau qui l’a rendu célèbre en France, à Londres et en Amérique : le Marché aux chevaux exposé à New York n’a pas fait le voyage mais la copie londonienne si, toute une salle montre les différentes gravures, études pour ce chef d’œuvre
le marché aux chevaux
je ne vois aucune « miévrerie » dans la course musclée des percherons ni dans les attitudes des maquignons
course des chevaux sauvages fuyant l’incendie
Le tableau américain des chevaux sauvages est le contrepoint du précédent : impression de liberté de ces animaux sauvages.
Cerfs dans la brume
les cerfs de la forêt de Fontainebleau sont aussi peints dans toute leur majesté comme ces bisons menacés par les « blancs usurpateurs »
Bisons
La personnalité de Rosa Bonheur transcende son talent de peintre. Même si la peinture animalière n’est pas à la mode, sa figure de femme libre, défenseure des animaux, des Indiens, qui a adopté le pantalon quand les femmes n’y avaient pas droit, qui a vécu au grand jour avec une femme toute sa vie, en font une icone très moderne. En passant lire le petit livre de la collection féministe la petite ixe.
De Munch, je ne connaissais que le Cri célébrissime sinon la neige fraîche sur l’avenue vu à Marmottan en compagnie de Hodler et Monet (2016).
la neige fraîche sur l’avenue
Munch n’est pas le peintre d’un seul tableau, son œuvre est abondante et diverse. Diverse par ses thèmes : portraits, paysages, décors de théâtres, affiches, projets décoratifs de grands formats pour l’université de Kristiania. Diverse aussi par les techniques : il maîtrise la peinture et toutes sortes de gravures. Diverse aussi par les styles : influencé par l’impressionnisme, symboliste à la fin du XIXème siècle, puis expressionniste … Cependant l’impression qui domine est une inquiétude qui culmine avec le Cri et qui se dissipe rarement. Inquiétude et parfois morbidité sont récurrents.
Désespoir Humeur malade au coucher du soleil
Trois versions de Près du Lit de mort sont accrochées : 1895, 1915 une version monumentale expressionniste
Près du lit de mort 1915
orphelin de mère très jeune, il perd sa sœur à 14 ans. mais c’est la version gravée que je trouve la plus réussie
Ses portraits de femmes sont aussi inquiétants, dépeintes parfois en vampires. Les titres Angoisse, Jalousie sont aussi dans cette veine.
Le Vampire
Cette femmes aux cheveux roux semble l’inspirer. Est-ce la Nouvelle Eve dépeinte par les peintres de la fin du XIXème siècle, une Eve tentatrice ou Mélisande de Pelléas et Mélisande?
Le Baiser est aussi un de ses thèmes de prédilection. Baiser-fusion aux visages blafards qui se confondent. C’est aussi le sujet de ses gravures
Baiser gravure
J’ai beaucoup aimé les gravures, une vidéo (3 minutes) explique les techniques développées par Munch, gravure sur cuivre, eaux fortes, lithogravure, gravure sur bois avec une utilisation de « puzzle »quand il découpe une partie de la plaque de bois ce qui permet l’impression avec différentes couleurs. Il utilise aussi les veines du bois pour des effets intéressants.
la Madone
Heureusement la morosité n’est pas toujours de mise et certains tableaux sont colorés comme les jeunes filles sur le pont
jeunes filles sur le pont
Un mécène lui commande un décor pour une chambre d’enfant : le résultat ne semble pas approprié :
Danse sur la plage
Pour ses autoportraits, au choix Autoportrait après la Grippe Espagnole ou
Nuit blanche Autoportrait au tourment intérieur.
Quand il se peint avec son modèle, il n’est pas plus gai!
Heureusement, dans ses projets de fresques décoratives pour l’Université de Kristiania il propose des projets colorés et plus sereins