La journée particulière d’EMILE GUIMET – expo LE VOYAGE ILLUSTRE D’ÉMILE GUIMET

EXPOSITION TEMPORAIRE : ENQUÊTES VAGABONDES : LE VOYAGE ILLUSTRE D’EMILE GUIMET 

exposition au Musée Guimet jusqu’au 12 mars 2018

Quelques années après le Tour du Monde en 80 jours (1872) de Jules Verne, en 1876 Emile Guimet s’embarque pour New York accompagné de Felix Regamey.   Ils traversent les Etats Unis, de San Francisco, pour Yokohama….le Japon, puis la Chine, Singapour, l’Inde, Ceylan, la Mer Rouge, le Canal de Suez.

Guimet interroge les bonzes japonais

 Ce Tour du Monde a duré 10 mois, et avait pour but une enquête sur les Religions de l’Orient. Régamey illustra ce périple et l’exposition présente les toiles de Régamey qui ont été restaurées récemment. A côté des peintures sont exposées des dessins et illustrations, des photographies d’époque de toute beauté, quelques objets et les statues de la Réplique du Mandala de Toji. 

Cette exposition nous fait voyager du Japon, en Chine, en Inde et en Egypte.

Elle nous livre aussi de précieux renseignements sur le Bouddhisme, Shintoisme.

Mais c’est aussi la  rencontre avec une personnalité hors du commun : Emile Guimet à qui le Musée a consacré une « journée particulière » de conférences, films et rencontres dans l’auditorium. Nous avons assisté à la première conférence qui présentait l’homme.

Voyageur, comme on l’a vu dans l’exposition, voyageur en Asie bien que sa passion était l’Egypte qu’il a parcourue tout d’abord comme touriste, en 1865-1866 et qui a écrit un Journal de voyage. sa visite du Musée de Boulaq – musée de Mariette – lui a inspiré ses futurs musées Guimet de Lyon puis de Paris.

Collectionneur de diverses civilisations, ses collections égyptiennes sont maintenant au Louvre.

Musicien : il a composé des romances et même un opéra d’inspiration chinoise Tai- Tsoung, opéra en 5 actes qui fut représenté à Marseille.

Pédagogue : avide de partager la culture avec le plus grand nombre et tout d’abord avec les ouvriers de l’usine voisine pour lesquels il fit construire un orphéon alors qui’l avait 24 ans. Ses deux musées – à Lyon puis à Paris – participent de la même démarche. Il les a appelés des « usines à idées » .

Emile Guimet était le fils de Jean-Baptiste Guimet,  polytechnicien, lyonnais.  Chimiste, inventeur du Bleu Guimet colorant bleu outremer remplaçant le broyat de lapis-lazuli pour obtenir la couleur bleue. Cette invention lui permit de construire un empire industriel qui devient Pechiney. Emile Guimet ne suit pas la voie industrielle tracée par son père. Ayant des préoccupations sociales il cherche à faire partager avec les ouvriers la culture. Ce sont aussi les préoccupations sociales qui  guident son enquête sur les religions. Les polytechniciens étaient proche des Saint-Simoniens à l’époque. On peut relier le Saint-Simonisme à cet aspect social, et également à sa passion pour l’Egypte.

Ce personnage complexe fut parfois snobbé par les spécialistes parisiens : autodidacte, riche et provincial, il ne correspondait pas à l’élite académique. Cependant il a fréquenté les plus grands et a pu se faire recommander de Renan (« excusez du peu » a dit la conférencière).

IL Y A DES SAVANTS QUI SE TIENNENT A L’ECART. ILS SE CHOISISSENT, SE COMPTENT, ILS SE RETIRENT DANS LE SAINT DES SAINTS ET FERMENT LE RIDEAU DERRIERE EUX. 

ET BIEN MOI, JE FAIS DES TROUS AUX RIDEAUX. JE VEUX QUE TOUT LE MONDE VOIE; 

André Derain – 1904-1914 la décennie radicale

EXPOSITION TEMPORAIRE  – POMPIDOU – jusqu’au 29 janvier 2018

J’avais connu ce peintre à Collioure, puis rencontré à plusieurs reprises….Une grande exposition fait une synthèse de sa peinture, synthèse partielle puisqu’elle ne couvre que 10 années mais quelles années! Années de recherches, d’inventivité, de rencontres.

C’est donc une exposition chronologique ; Curieusement, chaque année est caractérisée par une rencontre et associée à un lieu différent, et à des couleurs dominantes.

Arrivée à Chatou

Vers 1903 – 1904, RÉALISME LIBERTAIRE 

Bal à Suresnes

Derain rencontre Vlaminck. Les premières œuvres préssentées sont proches de la caricature, 3 gouaches bleu blanc rouge accompagnent un grand tableau Le Bal à Suresnes où un couple un peu ridicule, et guindé danse sous le regard ironique de trois soldats. Ce tableau a été exécuté d’après une photographie présentée avec les travaux photographiques de Derain. Cette verve est aussi présente sur d’autres petits tableaux : dans les champs, le maquignon.

Le maquignon

1904-1905 CHATOU – NOTRE JUNGLE 

Derain et Vlaminck s’établissent au restaurant Levanneur proche de la Maison Fournaise, où se rencontrent les impressionnistes . De nombreuses œuvres très coloriées représentent les quais de Seine au Pecq ou à Chatou.

1905 COLLIOURE – L’ÉPREUVE DU FEU

Bateaux dans le port de Collioure

Derain retrouve Matisse, avec la lumière du midi, sa palette déjà colorée s’éclaire encore; souvent ils peint par petites touches laissant de grandes portions de toile non couverte comme dans Le Port de Collioureou Bateaux dans le Port de Collioure ou le sècha

sèchage des voiles

ge des voiles. Derain réalise aussi deux portraits de Matisse

 

1906 – L’ESTAQUE 

Dans les pas de Cezanne . Sa peinture se modifie, il utilise moins la technique des taches proche du pointillisme pour des à-plats plus colorés;

1905-1906 – LA DANSE

la danse

Le grand tableau est entouré d’aquarelles délicate. On note des inspirations exotiques, hindoues, khmères ou polynésiennes à la suite de l’Exposition coloniale de Marseille en 1906.

1906 -1907 LONDRES

La lumière londonienne lui inspire d’autres couleurs, le violet, le rose et le vert se font plus présents. Et bien sûr les bords de Tamise remplacent la Seine!

PRIMITIVISME 

Comme Picasso, la visite du Musée du Trocadéro, le marque, il collectionne également masques africains ou polynésiens. La salle consacrée à cette influence présente surtout des dessins, études préalables pour des lourdes sculptures.

1908 – BAIGNEUSES

Le thème des Baigneuses, à la suite des Baigneuses de Cézanne . Ce thème se décline sur des variations selon des styles très différents, certaines dialoguent avec les Demoiselles d’Avignon. 

1910 – 1911 CAGNES – CADAQUES

Le dialogue avec les cubistes, avec Picasso est tout à fait perceptible dans ces paysages « à facettes » que Derain expérimente ces années là

1907-1909 – CASSIS  MARTIGUES

Derain utilise la technique des couleurs cloisonnées en entourant les à-plat de couleur d’un trait le plus souvent bleu foncé, parfois d’une autre couleur

 

1912 – 1914    RÉALISME MAGIQUE

Changement radical! Aux paysages gais et colorés succèdent une série de tableaux beaucoup plus tristes et ternes aux figures hiératiques qu’on compare aux personnages du Greco ou de Chirico

La décennie se termine par la guerre de 1914 et l’exposition illustrant le poèmes d’Apollinaire L’Enchanteur pourrissant  : gravures pour le livre des poèmes et un très grand tableau  d’une forêt tropicale un peu à la manière du Douanier Rousseau

Cette exposition m’a étonnée par sa variété : Derain est vraiment un expérimentateur : il a employé toutes les techniques de l’époque, du pointillisme à la caricature au début du siècle, puis il a rencontré tous les artistes majeurs de l’époque : de Matisse à Picasso. Il fut présent partout où la peinture s’épanouissait …

mais j’ai préféré les séries de Collioure et de l’Estaque  que je connaissais déjà!

Sophie Calle et son Invitée Serena Carone au Musée de la Chasse

PARIS EN EXPOS


Je ne serais jamais  allée au Musée de la Chasse (rue des Archives dans le Marais) devant lequel je suis passée maintes fois si Anne ne me l’avais pas proposé. Je n’aime pas la chasse, ni les armes. Les animaux empaillés me mettent mal à l’aise et les trophées de chasse encore plus. Je n’aurais pas été à une exposition de Sophie Calle, cela devient un refrain dans mon blog, j’ai du mal avec les installations surtout quand il s’agit de chasse au mec que je ne pratique pas du tout!





Réflexion sur la
 mort, la mort de son père, de sa mère et paradoxalement de son chat souris. A la mort de son père, Sophie Calle se trouve en panne d’idée. Son père était un amateur d’Art, créait-elle pour le séduire? Plus loin dans l’expo, encadrée par Serena Carone : une anecdote Sophie atterrit chez le psychanalyste : « vous faites tout ce que votre père demande? »

La mort de ses amis? »que faites vous de vos amis morts? » demande-t-elle? Etrangement cette question est illustrée par des animaux empaillés, chacun de ses animaux naturalisés porte le nom d’un de ses amis….


Sa propre mort et son tombeau : Serena Carone a sculpté la gisante qui doit être le tombeau de Sophie Calle, entourée de ses animaux empaillés. 


Sophie Calle a mis en scène sa vie à travers les salles d’exposition permanente du musée. Cela rend la promenade très ludique et plaisante. Il s’agit d’une sorte de chasse au trésor parmi les tableaux, les collections d’armes, les trophées, pour trouver ce que Sophie Calle ou sa complice Serena Carone ont ajouté. Sculptures pour Séréna Carone parfois discrètes parfois monumentales, une très belle fontaine, femme qui pleure.

 . Textes encadrés racontant des épisodes pour le moins étranges dans la vie de Sophie Calle, parfois accompagnés d’objets lui appartenant comme sa literie qu’elle a fait parvenir à un américain souhaitant dormir dans son lit (elle y a invité des inconnus pour une oeuvre antérieure). On comprend que la chasse de Sophie Calle c’est la chasse à l’homme (dans le sens sexuel). Etrange série d’assiette le porc avec une résonance très actuelle; Sophie Calle est chasseuse et non pas gibier!



Au dernier étage trois  expositions de Chasse à l’Homme celle vénitienne de sa poursuite photographique d’un homme à travers les rues de Venise.  Une autre, très écrite avec la transcription de petites annonces matrimoniales du Chasseur Français (on est au Musée de la Chasse) puis beaucoup plus moderne drague géolocalisée sur téléphone mobile.  Enfin une série de photographie : Chasse à l’espère, chasse à l’affût, ou ele a photographié différents bancs, sièges, qui servent d’affût légendés avec des recherches de personnes rencontrées dans les trains, ou métros comme on les lisait (lit?) dans Libé. 

Je ne regrette pas cette visite. S’il y a une chasse que j’essaie de pratiquer c’est bien celle des préjugés. Et si l’art a un but (je n’en suis pas si sûre que cela) c’est bien de nous ouvrir l’esprit et de nous éclairer. Je suis sortie un peu moins bête du musée que quand j’y suis entrée. Et j’ai passé un bon moment en très bonne compagnie.

La Grande Arche – Laurence Cossé

TOURISTE DANS MA VILLE

Merci à Aifelle dont le billet m’a donné une furieuse envie de lire ce livre!

Il tombe à pic : depuis quelques temps je participe aux randonnées du Voyage Métropolitain en compagnie d’architectes, d’urbanistes et paysagistes qui m’entraînent sur des terrains tout à fait inconnus de moi, m’ouvrent de nouveaux horizons, horizons très proches puisque c’est dans la Métropole du Grand Paris mais très exotiques puisque je ne m’intéresse que depuis peu à l’architecture contemporaine.

L’érection de la Grande Arche de la Défense comme un thriller.

« en Inde, en Chine, dans toute l’Europe Centrale et dans les Balkans […] on ne peut pas construire un monument si un être humain n’est pas sacrifié. Sinon le monument s’écroule, et s’écroule toutes les fois qu’il faut le remonter. Pour conjurer cette malédiction, il faut emmurer quelqu’un de vivant dans les fondations… »

Qui sera donc le sacrifié?

De tous les Grands Travaux du Président Mitterrand, la Grande Arche survivra-t-elle à la co-habitation après 1986? Sera-t-elle prête pour les Célébrations du bi-centenaire de 1989?

« ce bâtiment est maudit. on a engendré un  monstre. C’est un monument d’une sérénité absolue mais il reste marqué par un enfantement terrible. il a été laissé en déshérence »

Le rêve d’un architecte danois, esthète étranger aux jeux politiques français. architecte mais non bâtisseur, étranger aux contingences du chantier. Le rêve d’un Président qui veut marquer Paris de son empreinte et qui s’est entiché de cette arche de triomphe du XXème siècle. Mais aussi, les magouilles d’un promoteur prêt à tout pour régner sur la Défense, les chausse-trappe des opposants politiques qui cherchent leur revanche en dynamitant un monument du Président qui ne gouverne plus. Edgar Faure dans le rôle du négociateur et du diplomate. Un vrai plaisir que ce récit d’une histoire pas si ancienne….

Et on apprend les aspects techniques, les faiblesses du marbre de Carrare, des ascenseurs merveilleux, on admire les prouesses des maçons qui coulent de maxi-poutres au dessus du vide….

Ma prochaine promenade urbaine sera :

« Faire à pied ces huit kilomètres entre le Louvre et la Défense, un jour de grand beau temps, et tôt le matin avant que n’enfle la circulation, est l’approche de l’Arche à la fois la plus simple, et celle qui, loin de la dévoiler un peu à chaque mètre, conformément à la progression linéaire, en fait entrevoir par a-coups ce qui l’apparente à un mirage, la légèreté, le mystère, la grâce, la vie.« 

Dada Africa à L’Orangerie

DADA AFRICA – Sources et influences extra-occidentales

Exposition temporaire 18/10/2017 au 19/02/2018

L’exposition est résolument plus Dada que Africa!

J’aime quand les visites se répondent ou font ricochet, Dada Africa a éveillé des souvenirs de l’exposition Apollinaire – Le regard du poète  au printemps 2016 ici même, Picasso primitif au Quai Branly l’hiver dernier. Plus loin, j’ai aussi trouvé des parentés avec l’Expo Bauhaus

Cette exposition commémore le centenaire du Mouvement Dada  et de l’ouverture à Zürich du cabaret Voltaire  en 1916, a déjà tourné à Zürich et à Berlin . Elle offre plusieurs facettes, plutôt francophones avec Tristan Tsara mais aussi allemandes avec les Mouvement Blau Reiter et Brücke. Ce double éclairage est d’autant plus intéressant que Dada est né pendant la Grande Guerre, en réaction aux atrocités. 

Tristan Tsara par Jean Arp

Jean Arp :  » nous cherchions un art élémentaire qui devait, pensions-nous, sauver les hommes de la folie des temps »

Je crois que ma prochaine visite de maison d’artiste sera à Clamart celle de la Fondation Arp

Rottluff : Adorant

D’entrée, on  admire des « masques » qui ne sont pas africains mais l’oeuvre de Rottluff (die Brücke) s’inspirant aussi de la sculpture océanienne.

casque à pointe tête de cochon

Un couloir sombre traite de la Grande Guerre avec des images filmées de masques- à gaz et gueules cassées, mais aussi l’affiche de la mobilisation des tirailleurs sénégalais qui avec l’arrivée en 1917 des afro-américains généralise le contact avec l’art africain. Dans les tranchées, les soldats africains sculptent des cannes ou autre chose. Une vitrine expose ces productions.

Affiche du Cabaret Voltaire
Affiche du Cabaret Voltaire

Nous arrivons ensuite dans le Cabaret Voltaire : au mur, encadrés des invitations, des affiches, des programmes, des photos (deux portraits de Tsara, l’un de Man Ray), des dessins satiriques, plus loin on retournera au Cabaret Voltaire avec les masques de Janco pour des « soirées nègres »

Affiche de Janco
tabu

Au cours des soirées on jouait du piano, déclamait des poèmes, il y avait également des danses. Deux vidéos sont projetées une danse de sorcières : Hexentanz de Mary Wigman

(copier et coller le lien parce que le bolg Le Monde n’accepte plus les vidéos????)

L’autre spectacle est récent (1957) et produit à Bruxelles mais donne une idée de ces soirées dadaïstes.

Dans un coin on voit deux grands pantins exposés à la Dada Messe, Foire de Berlin

L’archange prussien est une féroce caricature du militarisme prussien

L’archange prussien

En face, on voit une photo de l’urinoir de Duchamp contemporain des oeuvres dadaïstes.

Une salle est consacrée à la collection de masques de Paul Guillaume avec des photographies de l’intérieur de la maison de Paul Guillaume, rue de Messine. Un tableau de Picasso les accompagne. Ces masques sont présentés comme des œuvres d’art à part entière. Je n’ai pas fait de photo parce qu’ils sont présentés sous des vitrines plexiglas qui  font des reflets des passants indésirables.

statue assise Benia Kanicka Rep. d Congo

Ensuite je découvre des œuvres textiles : tapisseries de Arp, des marionnettes de Sophie Taeuber-Arp, pour la pièce de Carlo Gozzi  « Le Roi Cerf », des costumes, bijoux et ceintures colorés et géométriques s’inspirant des poupées kachina (indiens Hopis)

Les ^poupées kachina qui ont inspiré Sophie Taeuber- Arp

Aux œuvres colorées de Taeuber-Arp, répondent les poupées et les montages, collages de Hannah Höch

Hannah Höch : poupées dada
Hannah Höch : photomontage

J’ai raté les photos des masques de Janco, présentés en regard de masques traditionnels, masque déstructurés, cubistes, démesurés pour être portés.

L’exposition se termine sur des œuvres postérieures, surréalistes

Max Ernst : La nature à l’aurore

A l’extérieur de l’exposition, mais tout proche, une salle est consacrée à la plasticienne nigériane Otobong Nkanga  qui dénonce l’exploitation sauvage des ressources minières de son pays par une monumentale tapisserie

Otobong Nkanga

Otobong Nkanga

Collection ORDRUPGAARD – le jardin secret des Hansen à Jacquemart André

Exposition temporaire du 15.09.17 au 22.01.18

 

Gauguin : arbres bleus

Est-il bien nécessaire de faire le détour par Jacquemart André alors qu’il y a tant de belles expositions à Paris en ce moment, Gauguin, Derain, Degas, Corot…..?

Sisley : le garage des bateaux mouches

 

Hansen (1868-1951) est un collectionneur danois qui a réuni les meilleurs peintres français : Monet, Corot, Sisley, Pissaro, Degas, Courbet , Renoir, Berthe Morisot, Cezanne et Gauguin. 

Degas à la Nouvelle Orléans

Le musée est tout à fait charmant, les collections permanentes toujours un plaisir (un Mantegna, Della Robbia, Canaletto… et la belle fresque de Tiepolo. Le restaurant est très agréable, service parfait et des salades merveilleuses (j’ai pris une Mantegna avec pamplemousse, mangue, sésame poulet et épinards tout frais). Nous avons passé un joli dimanche.

Berthe Morisot

François 1er et l’Art des Pays Bas au Louvre

François 1er par Clouet

Exposition temporaire du 18 Octbre 2017 au 15 janvier 2018

Première question à l’entrée de l’exposition, pourquoi cette association entre François 1er et l’art néerlandais?

J’ai plutôt tendance à imaginer un François 1er Renaissance italienne. Le portrait équestre  de François 1er par  Clouet donne un élément de réponse, Clouet de Valenciennes est considéré comme un peintre des Pays Bas. La carte du nord de la France montre la frontière proche d’Amiens  en ce temps là. Clouet n’est pas seul, toute une cohorte d’artistes flamands, néerlandais ou tout simplement d’Arras formaient une école non négligeable.

L’exposition fait un inventaire, parfois hétéroclite d’ailleurs de ces artistes que je ne connaissais pas. Peinture, tapisserie souvent de Bruxelles, vitraux et sculptures. Les oeuvres sont très variées.

martyr des deux saint Jean

Deux peintres maniéristes flamands Gauthier de Campes et Arnoult de Nimègues. j’ai beaucoup aimé l’extraordinaire précision des  ornements, bijoux, broderies, la foule de personnage. Le Triptyque de l’adoration des mages de Jan de Beer est de la même veine, j’ai adoré les petits anges d’une telle finesse qu’ils ne sont pas ressortis à la photo, aériens envolés dans le haut du tableau ou survolant la crèche.; le rendu des cheveux des Rois Mages.

le Maître d’Amiens : « au juste poids véritable… »

Les tableaux du Maître d’Amiens sont fascinants : foule de personnages d’un soin étonnant; On pourrait contempler chacun des visages, observer les détails du décor, chercher l’allégorie : Marie porte la véritable balance je « juste poids » est Jésus » . il s’agit de l’illustration d’un palinod – un poème peint pour la cathédrale d’Amiens

la salle suivante montre des sculptures de bois délicatement peintes de Scipion Hardouin

Scipion Hardoin : sculptures

Dans des vitrines, des manuscrits sont merveilleusement bien illustrés ou enluminés et au mur on voit des gravures correspondant à ces illustrations de la Guerre des Gaules ou du Maître du Carcer d’amour, roman espagnol publié à Séville en 1492. Une réserve cependant, les formats sont très petits et l’éclairage est très faible, j’ai bien du mal à en profiter et je me félicite du manque d’affluence, par jour de foule on ne verrait rien.

La salle suivante propose de grandes pièces, tapisseries et vitraux: Tenture de l’Histoire des Gaules et Jugement de Salomon (1531)en tapisserie de Bruxelles.

Après la déambulation dans ces trois salles je me suis demandée quel rapport avec François 1er? La réponse est encore Clouet! Toute une série de portraits du Roi mais aussi de ses proches. François 1er est représenté en Saint Jean Baptiste. L’agneau est traditionnelleemnt associé au baptiste, la croix de roseau va bien, mais le perroquet?

Clouet : Saint Jean Baptiste sous les traits de François 1er

la section suivante s’intitule François 1er collectionneur. On voit encore toute une série de portraits dont celui d’Henry VIII de Joos van Cleve, portraitiste invité à la cour.

henry VIII Joos van Cleve

Un autre portraitiste de La Haye est Corneille dont on voit une série de 19 portraits de petit format presque tous sur fond vert dans la même attitude, mains jointes et souvent en habit noir., un soin particulier est accordé aux mains.

 

J’ai beaucoup aimé les sybilles en pierre de Tonnerre du Retable de Formentière.

l’exposition se termine avec l’Ecole de Fontainebleau : sur le chantier du château une multitude d’artistes se sont rencontrés, italiens, français, flamands….

musiciennes ou courtisanes? on reconnait Notre 10Dame de Paris dans le paysage au fnd

 

 

Etranger résident collection de Marin Karmitz à la Maison Rouge

PHOTOGRAPHIE NOIR ET BLANC

Exposition temporaire jusqu’au 21 janvier 2018

le mineur de Gotthard Schuh

Exposition temporaire jusqu’au 21 janvier 2018

Marin Karmitz (des cinémas MK2 et producteur de cinéma) a présenté ses collections en les scénarisant comme le film d’une vie. On découvre ainsi en regardant les collections de photographies et d’autres œuvres plastiques, la personnalité du collectionneur.

J’ai beaucoup aimé ces photographies argentiques en noir et blanc, plutôt noires que blancs où le grain, le flou, la lumière qui jaillit a le charme de l’ancien. On entre dans l’univers du photographe Michael Ackermann  installé à New York depuis 1974 reportage d’une banlieue populaire Cabbagetown.

Toute une salle évoque les communautés juives d’Europe de l’Est – Karmitz est originaire de Roumanie – série de clichés de Roman Vischniac missionné par le Joint, étonnant ensemble intitulé Kibboutz en Europe de l’Est de Moï Ver (Lituanie) . Non seulement le témoignage est capitale mais les photos sont d’une grande beauté. Dans les photos plus récente je note aussi les prises de vue d’Auschwitz d‘Antoine Agata son  Huis-clos raconte toutes les ambiguïtés et les violences d’une journée à Jérusalem,

Si la collection est essentiellement photographique, elle comporte aussi des dessins et des sculptures ainsi que de très belles sculptures mexicaines, des tableaux de Dubuffet, des installations d’Annette Messager et Boltanski…..

Impossible de faire le tour de toute cette exposition sans faire une énumération fastidieuse, incomplète…Chacun fera la visite en mettant l’accent sur une facette différente de l’ensemble.

Impossible pour moi d’illustrer ce billet : rien n’interdisait de faire des photos, mais photographier des photos de grands photographes, c’est leur faire injure, les piquer sur Internet frôle l’illégalité, je ne veux pas me préoccuper de copyright, cherchez les donc sur Google, et cliquez sur les liens intertextes.

 

Anders Zorn (1860-1920)- un peintre suédois au Petit Palais

Exposition temporaire (15/09/2017 au 17/12/2017) 

J’aime découvrir des peintres dont je n’ai jamais entendu parler ;  Zorn fut mondialement très célèbre en son temps et le reste dans son pays, la Suède. C’est donc  une belle surprise.

La première section de l’exposition : Débuts entre Suède, Espagne et Londres présente surtout des portraits à l’aquarelle. C’est mon premier sujet d’étonnement et d’admiration! J’associe plutôt aquarelle à des paysages.

Zorn excelle dans les portraits et dans le rendu des drapés, des plis des vêtements. Ces aquarelles sont d’une précision et d’une densité remarquables.

Point de flou artistique, de coulures ou de couleurs fondues, de la maîtrise parfaite de la précision, dans tous les détails de la physionomie comme des feuilles des jardins.La densité des couleurs contraste avec la transparence habituelle dans cette technique.

Un saisissant portrait de Viktor Rydberg dans son bureau en grisaille et sépia est d’une précision photographique.

 

 

 

 

 

Deuxième collection : Les grandes aquarelles et les effets d’eau d’Istanbul à Saint Ives, est la partie de l’exposition qui m’a le plus bluffée. Le Port D’Alger, d’Istanbul, de Hambourg ainsi que des parties de canotage pout les Vacances d’été sont autant d’occasion de révéler la virtuosité dans les reflets, les clapotis, les vaguelettes à la surface de l’eau. Je photographie de tout près et en gros pan les différentes techniques qui varient à chaque tableau.

A Saint Ives et à Londres, Zorn peint à l’huile.

 

 

 

Dans une salle toute tendue de rouge avec moquette rouge est exposée La décennie Parisienne (1888-1895)  ou le peintre participa à paris à de nombreuses expositions. On voit ici de grands portraits. J’ai préféré les portraits d’enfants, des petites filles et encore à l’aquarelle. Les grands tableaux des femmes dans les cafés ou l’omnibus, portrait d’un Paris noctambule me plaisent moins.

Le sujet a été déjà traité avec plus d’ originalité. les Portraits de société, portraits de célébrités, hommes politiques, banquiers ou magnats de l’industrie m’ont paru ennuyeux sauf peut être ceux de Mrs Richard Lowe en belle robe rose ou Elisabeth Sherman Cameron dans un décor japonisant.

Zorn et sa femme

Une salle ronde dans la pénombre est dédiée à Zorn, Graveur à succès . les portraits sont croqués sur le vif, réalisés très rapidement : celui de Marcellin Berthelot fut réalisé en 20 minutes!  je retrouve des études pour les femmes de l’omnibus ou les grands portraits, plus vivants, que sur les grands tableaux…

Rodin

 

Une troisième section est consacré à la Suède traditionnelle .Dans la  salle tendue de bleu tirant vers le vert d’eau. On y voit des scènes villageoises avec de grands tableaux dans une autre aux teintes de bois de pin, des scènes intérieures, le grenier à foin, des jeunes filles de Dalicarlie tricotant, une petite brasserie.

la dernière salle : nus et baigneuses montre des scènes de sauna, et des baigneuses nues dans la nature.

Voyage d’hiver dans les bosquets de Versailles

TOURISTE DANS MA VILLE

Le voyage d’hiver me parle de Schubert!

La belle photo des perles d’Othoniel dans le blog d’Aifelle m’a donné envie d’aller me promener dans les jardins du Château de Versailles.

Météo tristounette, ciel couvert, automnal, presque hivernal. C’est l’or des feuilles qui éclaire le paysage – et j’espère – les photos.

Parcours d’artistes contemporains. Pour l’art contemporain, je fais de gros efforts. parfois, je suis récompensée. Parcours ludique, jeu de piste pour adultes. Les installations sont numérotées. Munie d’un plan, je cherche les bosquets. Au début j’ai du mal à m’orienter. Parcours labyrinthique.

bosquet de l’arc de triomphe

Le Bosquet de l’Arc de triomphe n’a pas d’arc mais un groupe de métal doré soutenant un dieu, ou le Roi sur un trône. La plasticienne Marguerite Humeau a installé un sphinx en hauteur derrière des plantations de graminées et d’arbustes aux troncs colorés. C’est joli mais je préfère les statues anciennes

Sphinx Otto protecting from Humanskind

L’installation suivante se trouve dans le Bosquet des Trois Fontaines. J’aime beaucoup ce bosquet installé sur une pente où deux grandes vasques en haut et en bas et deux petites au milieu sont entourées de rocailles, vrais coquillages, ormeaux nacrés et conques, des reliefs contournés me font penser aux châteaux de sables , rocailles arrondies….Les sculptures de David Altmejd, ne m’ont pas convaincue, surtout l’homme à tête de chien aux ventre-géode et aux boutons dans le dos.

Bosquet des trois fontaines Le souffle

J’ai adoré le Bosquet des bains d’Apollon WE GAVE A PARTY FOR THE GODS AND THE GODS ALL CAME de John Giorno.

les Bains d’Apollon WE GAVE A PARTY FOR THE GODS AND THE GODS ALL CAME LET IT COME LET IT GO

Le plasticien s’est il contenté de rajouter un rocher avec ce texte en lettres capitales? L’intention d’Hubert Robert (1778-1781) est séduisante. Dans la grotte de Théthys, un groupe de dieux ou nymphe festoie. Les chevaux du soleil  ne sont pas visibles. La première grotte de Thétys détruite en 1684 inspira Jean de La Fontaine :

Quand le Soleil est las et a fait sa tâche

Il descend chez Thétys et prend quelque relâche

C’est ainsi que Louis va se délasser.

D’un soin de chaque jour il faut recommencer

Dans le Bosquet du Dauphin, L’installation de Dominique Petitgand TOUT EST BOULEVERSE est sonore, comme le souffleur de feuille sévit dans le coin, ce n’est pas du tout convainquant!

 

Bosquet de l’Obélisque Jean Marie Appriou a installé 4 statues représentant les 4 saisons. De loin, j’avais pris le gros animal balourd pour un dinosaure, en m’approchant, pour le Dodo, finalement c’est un signe balourd. En face, une taupe surgit du sol, idée amusante:

taupe

Le Bosquet de l’Encelade est un de mes préférés, Titan qui s’est mesuré à Jupiter est à moitié enseveli sous des rochers, ou la lave de l’Etna. L’ajout moderne de totem de céramique colorée ne se remarque même pas. En revanche tout autour, les topiaires, la galerie en treillage est très élégante.

Titan enseveli dans les laves de l’Etna

Le Soleil, d‘Ugo Rondinone , cercle doré qui termine la perspective et s’ouvre sur le grand canal, est très réussi.

J’aurais aimé aller à la place des deux touristes pour prendre en photo le Char d’Apollon  et, au fond, le château, il est déjà midi, je n’ai vu qu’un côté de l’exposition. Je ne fais pas le détour

Char d’Apollon

Au retour j’ai un coup de cœur pour le Bosquet de la colonnade,

bosquet de la colonnade : PROSERPINE ‘S CHRYSALIDE

Je me perds dans le chemin du Labyrinthe, je n’ai pas  vu les perles d’Othonniel que j’attendais (elles ne sont pas sur mon plan. Autre exposition?

Je me promets de revenir ‘été quand les jets d’eaux, les cascades et les grandes eaux magnifient les bosquets. Cette promenade hivernale a bien du charme, ma foi!