Dada Africa à L’Orangerie

DADA AFRICA – Sources et influences extra-occidentales

Exposition temporaire 18/10/2017 au 19/02/2018

L’exposition est résolument plus Dada que Africa!

J’aime quand les visites se répondent ou font ricochet, Dada Africa a éveillé des souvenirs de l’exposition Apollinaire – Le regard du poète  au printemps 2016 ici même, Picasso primitif au Quai Branly l’hiver dernier. Plus loin, j’ai aussi trouvé des parentés avec l’Expo Bauhaus

Cette exposition commémore le centenaire du Mouvement Dada  et de l’ouverture à Zürich du cabaret Voltaire  en 1916, a déjà tourné à Zürich et à Berlin . Elle offre plusieurs facettes, plutôt francophones avec Tristan Tsara mais aussi allemandes avec les Mouvement Blau Reiter et Brücke. Ce double éclairage est d’autant plus intéressant que Dada est né pendant la Grande Guerre, en réaction aux atrocités. 

Tristan Tsara par Jean Arp

Jean Arp :  » nous cherchions un art élémentaire qui devait, pensions-nous, sauver les hommes de la folie des temps »

Je crois que ma prochaine visite de maison d’artiste sera à Clamart celle de la Fondation Arp

Rottluff : Adorant

D’entrée, on  admire des « masques » qui ne sont pas africains mais l’oeuvre de Rottluff (die Brücke) s’inspirant aussi de la sculpture océanienne.

casque à pointe tête de cochon

Un couloir sombre traite de la Grande Guerre avec des images filmées de masques- à gaz et gueules cassées, mais aussi l’affiche de la mobilisation des tirailleurs sénégalais qui avec l’arrivée en 1917 des afro-américains généralise le contact avec l’art africain. Dans les tranchées, les soldats africains sculptent des cannes ou autre chose. Une vitrine expose ces productions.

Affiche du Cabaret Voltaire
Affiche du Cabaret Voltaire

Nous arrivons ensuite dans le Cabaret Voltaire : au mur, encadrés des invitations, des affiches, des programmes, des photos (deux portraits de Tsara, l’un de Man Ray), des dessins satiriques, plus loin on retournera au Cabaret Voltaire avec les masques de Janco pour des « soirées nègres »

Affiche de Janco
tabu

Au cours des soirées on jouait du piano, déclamait des poèmes, il y avait également des danses. Deux vidéos sont projetées une danse de sorcières : Hexentanz de Mary Wigman

(copier et coller le lien parce que le bolg Le Monde n’accepte plus les vidéos????)

L’autre spectacle est récent (1957) et produit à Bruxelles mais donne une idée de ces soirées dadaïstes.

Dans un coin on voit deux grands pantins exposés à la Dada Messe, Foire de Berlin

L’archange prussien est une féroce caricature du militarisme prussien

L’archange prussien

En face, on voit une photo de l’urinoir de Duchamp contemporain des oeuvres dadaïstes.

Une salle est consacrée à la collection de masques de Paul Guillaume avec des photographies de l’intérieur de la maison de Paul Guillaume, rue de Messine. Un tableau de Picasso les accompagne. Ces masques sont présentés comme des œuvres d’art à part entière. Je n’ai pas fait de photo parce qu’ils sont présentés sous des vitrines plexiglas qui  font des reflets des passants indésirables.

statue assise Benia Kanicka Rep. d Congo

Ensuite je découvre des œuvres textiles : tapisseries de Arp, des marionnettes de Sophie Taeuber-Arp, pour la pièce de Carlo Gozzi  « Le Roi Cerf », des costumes, bijoux et ceintures colorés et géométriques s’inspirant des poupées kachina (indiens Hopis)

Les ^poupées kachina qui ont inspiré Sophie Taeuber- Arp

Aux œuvres colorées de Taeuber-Arp, répondent les poupées et les montages, collages de Hannah Höch

Hannah Höch : poupées dada
Hannah Höch : photomontage

J’ai raté les photos des masques de Janco, présentés en regard de masques traditionnels, masque déstructurés, cubistes, démesurés pour être portés.

L’exposition se termine sur des œuvres postérieures, surréalistes

Max Ernst : La nature à l’aurore

A l’extérieur de l’exposition, mais tout proche, une salle est consacrée à la plasticienne nigériane Otobong Nkanga  qui dénonce l’exploitation sauvage des ressources minières de son pays par une monumentale tapisserie

Otobong Nkanga

Otobong Nkanga

Collection ORDRUPGAARD – le jardin secret des Hansen à Jacquemart André

Exposition temporaire du 15.09.17 au 22.01.18

 

Gauguin : arbres bleus

Est-il bien nécessaire de faire le détour par Jacquemart André alors qu’il y a tant de belles expositions à Paris en ce moment, Gauguin, Derain, Degas, Corot…..?

Sisley : le garage des bateaux mouches

 

Hansen (1868-1951) est un collectionneur danois qui a réuni les meilleurs peintres français : Monet, Corot, Sisley, Pissaro, Degas, Courbet , Renoir, Berthe Morisot, Cezanne et Gauguin. 

Degas à la Nouvelle Orléans

Le musée est tout à fait charmant, les collections permanentes toujours un plaisir (un Mantegna, Della Robbia, Canaletto… et la belle fresque de Tiepolo. Le restaurant est très agréable, service parfait et des salades merveilleuses (j’ai pris une Mantegna avec pamplemousse, mangue, sésame poulet et épinards tout frais). Nous avons passé un joli dimanche.

Berthe Morisot

La légende de Carthage – Azedine Beschaouch – DECOUVERTES GALLIMARD

LIRE POUR LA TUNISIE

Quelle merveilleuse collection que celle de DÉCOUVERTES GALLIMARD !

Je n’ai jamais été déçue, ni par le texte ni par l’iconographie qui est extraordinaire.

Azedine Beschaouch – directeur de l’Institut national d’art et d’archéologie (1973-1982) et maire- adjoint de Carthage (1975-1990) est le spécialiste de Carthage. De plus, il a construit une ‘légende » passionnante :

le premier chapitre retrace la chronologie de la fondation mythique,  à la civilisation phéniciennes, en passant par les guerres puniques, puis la Carthage romaine, chrétienne avec Saint Augustin, enfin l’épisode des Vandales. les Arabes lui préférèrent Tunis…

Dans le second : « Une mémoire perpétuée….des vestiges disséminés »  on assiste à la redécouverte de Carthage, d’abord par les géographes arabes, au 11ème siècle El Bekri et Idrisi, plus récemment par Chateaubriand et enfin par les archéologues modernes à la fin su 19ème. Cette redécouverte ne fut pas une évidence, un archéologue très sérieux avait même situé Carthage en Algérie!

A la découverte de la métropole punique, énigmes à Carthage est une véritable enquête à énigmes. Les textes racontant Carthage sont ceux des vainqueurs : les Romains. Certes, Polybe était grec mais il était lié à  Scipion et son récit est partial. Sacrifiait-on des enfants au Tophet? Flaubert a raconté le moloch. légende ou vérité historique? Les archéologues proposent d’autres hypothèses. Une autre énigme fut celle de la localisation des ports de Carthage. La puissance des Phéniciens était maritime. Retrouver les ports et reconstituer la marine phénicienne était donc essentiel!

 

Carthage, ville romaine, disputait à Byzance la deuxième place dans l’Empire romain. Un chapitre s’attache à décrire la ville romaine.

La fin de Carthage, fut-elle Vandale (leur nom a mauvaise réputation) ou byzantine, ou arabe?

Comme toujours, dans cette collection, une large place est donnée aux documents littéraires. Michelet, Chateaubriand, Flaubert mais aussi Senghor!

La lecture est passionnante, mais je l’ai souvent interrompue pour aller à l’index des illustrations me renseigner sur tel tableau, telle photographie. On  peut aussi le feuilleter comme un livre d’images!

 

François 1er et l’Art des Pays Bas au Louvre

François 1er par Clouet

Exposition temporaire du 18 Octbre 2017 au 15 janvier 2018

Première question à l’entrée de l’exposition, pourquoi cette association entre François 1er et l’art néerlandais?

J’ai plutôt tendance à imaginer un François 1er Renaissance italienne. Le portrait équestre  de François 1er par  Clouet donne un élément de réponse, Clouet de Valenciennes est considéré comme un peintre des Pays Bas. La carte du nord de la France montre la frontière proche d’Amiens  en ce temps là. Clouet n’est pas seul, toute une cohorte d’artistes flamands, néerlandais ou tout simplement d’Arras formaient une école non négligeable.

L’exposition fait un inventaire, parfois hétéroclite d’ailleurs de ces artistes que je ne connaissais pas. Peinture, tapisserie souvent de Bruxelles, vitraux et sculptures. Les oeuvres sont très variées.

martyr des deux saint Jean

Deux peintres maniéristes flamands Gauthier de Campes et Arnoult de Nimègues. j’ai beaucoup aimé l’extraordinaire précision des  ornements, bijoux, broderies, la foule de personnage. Le Triptyque de l’adoration des mages de Jan de Beer est de la même veine, j’ai adoré les petits anges d’une telle finesse qu’ils ne sont pas ressortis à la photo, aériens envolés dans le haut du tableau ou survolant la crèche.; le rendu des cheveux des Rois Mages.

le Maître d’Amiens : « au juste poids véritable… »

Les tableaux du Maître d’Amiens sont fascinants : foule de personnages d’un soin étonnant; On pourrait contempler chacun des visages, observer les détails du décor, chercher l’allégorie : Marie porte la véritable balance je « juste poids » est Jésus » . il s’agit de l’illustration d’un palinod – un poème peint pour la cathédrale d’Amiens

la salle suivante montre des sculptures de bois délicatement peintes de Scipion Hardouin

Scipion Hardoin : sculptures

Dans des vitrines, des manuscrits sont merveilleusement bien illustrés ou enluminés et au mur on voit des gravures correspondant à ces illustrations de la Guerre des Gaules ou du Maître du Carcer d’amour, roman espagnol publié à Séville en 1492. Une réserve cependant, les formats sont très petits et l’éclairage est très faible, j’ai bien du mal à en profiter et je me félicite du manque d’affluence, par jour de foule on ne verrait rien.

La salle suivante propose de grandes pièces, tapisseries et vitraux: Tenture de l’Histoire des Gaules et Jugement de Salomon (1531)en tapisserie de Bruxelles.

Après la déambulation dans ces trois salles je me suis demandée quel rapport avec François 1er? La réponse est encore Clouet! Toute une série de portraits du Roi mais aussi de ses proches. François 1er est représenté en Saint Jean Baptiste. L’agneau est traditionnelleemnt associé au baptiste, la croix de roseau va bien, mais le perroquet?

Clouet : Saint Jean Baptiste sous les traits de François 1er

la section suivante s’intitule François 1er collectionneur. On voit encore toute une série de portraits dont celui d’Henry VIII de Joos van Cleve, portraitiste invité à la cour.

henry VIII Joos van Cleve

Un autre portraitiste de La Haye est Corneille dont on voit une série de 19 portraits de petit format presque tous sur fond vert dans la même attitude, mains jointes et souvent en habit noir., un soin particulier est accordé aux mains.

 

J’ai beaucoup aimé les sybilles en pierre de Tonnerre du Retable de Formentière.

l’exposition se termine avec l’Ecole de Fontainebleau : sur le chantier du château une multitude d’artistes se sont rencontrés, italiens, français, flamands….

musiciennes ou courtisanes? on reconnait Notre 10Dame de Paris dans le paysage au fnd

 

 

Carthage – Daniel Rondeau

LIRE POUR LA TUNISIE

Dans trois jours nous atterrirons à Tunis, aéroport Tunis-Carthage

J’ai voulu prendre une petite avance sur le voyage avec le livre de Daniel Rondeau dont j’ai adoré Malta Hanina lu au retour d’une quinzaine à Malte. Même démarche : un portrait impressionniste d’une ville, réminiscence de son histoire grâce à de nombreuses lectures érudites que l’auteur fait partager au lecteur.

La  bibliographie savante sera  à exploiter au retour, il n’est plus temps de courir bibliothèques et libraires. J’emporterai néanmoins l‘Âne d’or d’Apulée, l’Enéide de Virgile, Salambô et le Voyage à Carthage de Flaubert, tous libérés de copyright, donc gratuits sur la liseuse. Téléchargé aussi La Villa Jasmin de Serge Moati. 

Je note un Klee en Tunisie de Duvignaud qui se trouve à la bibliothèque, La lumière de la nuit  de Pietro Citati qui est un auteur que je ne connais pas mais qui a aussi écrit à propos de L’Odyssée et d’Ulysse, La Pensée chatoyante qui me tente. Je ne sais pas si je lirai Saint Augustin ou Ibn’Arabi. Je suis intriguée par l’écrivaine   Beji Hêlé. 

J’aime quand un livre donne des envies de lectures, rien que pour cela, je suis reconnaissante à Daniel Rondeau!

J’aime aussi croiser les ombres des personnages du passé, Rondeau évoque tout d’abord la fondatrice, Alyssa ou Didon? puis Hannibal bien sûr avec l‘incendie de Carthage qui renvoie à l’incendie de Troie, toujours l’Enéide! Il a éveillé ma curiosité avec  Augustin, l’ami invisible qui m’est plus étranger et  Saint Louis « San Luwis ibn Luwis » au tombeau de Sidi Bou Saïd. 

Je crois que je relirai ce court opus(164p) à notre retour. Je ne sais jamais quand lire un livre en relation avec un voyage. Avant ou après?

 

 

Etranger résident collection de Marin Karmitz à la Maison Rouge

PHOTOGRAPHIE NOIR ET BLANC

Exposition temporaire jusqu’au 21 janvier 2018

le mineur de Gotthard Schuh

Exposition temporaire jusqu’au 21 janvier 2018

Marin Karmitz (des cinémas MK2 et producteur de cinéma) a présenté ses collections en les scénarisant comme le film d’une vie. On découvre ainsi en regardant les collections de photographies et d’autres œuvres plastiques, la personnalité du collectionneur.

J’ai beaucoup aimé ces photographies argentiques en noir et blanc, plutôt noires que blancs où le grain, le flou, la lumière qui jaillit a le charme de l’ancien. On entre dans l’univers du photographe Michael Ackermann  installé à New York depuis 1974 reportage d’une banlieue populaire Cabbagetown.

Toute une salle évoque les communautés juives d’Europe de l’Est – Karmitz est originaire de Roumanie – série de clichés de Roman Vischniac missionné par le Joint, étonnant ensemble intitulé Kibboutz en Europe de l’Est de Moï Ver (Lituanie) . Non seulement le témoignage est capitale mais les photos sont d’une grande beauté. Dans les photos plus récente je note aussi les prises de vue d’Auschwitz d‘Antoine Agata son  Huis-clos raconte toutes les ambiguïtés et les violences d’une journée à Jérusalem,

Si la collection est essentiellement photographique, elle comporte aussi des dessins et des sculptures ainsi que de très belles sculptures mexicaines, des tableaux de Dubuffet, des installations d’Annette Messager et Boltanski…..

Impossible de faire le tour de toute cette exposition sans faire une énumération fastidieuse, incomplète…Chacun fera la visite en mettant l’accent sur une facette différente de l’ensemble.

Impossible pour moi d’illustrer ce billet : rien n’interdisait de faire des photos, mais photographier des photos de grands photographes, c’est leur faire injure, les piquer sur Internet frôle l’illégalité, je ne veux pas me préoccuper de copyright, cherchez les donc sur Google, et cliquez sur les liens intertextes.

 

Dernier jour à Malte, dernières baignades près de Marsaxlokk

CARNET MALTAIS

 

baignade sous le phare

Le  secret de Malte est l’Hypogée de Hal Saflieni.

Il faut réserver la visite longtemps à l’avance sur Internet et le prix est de 30€. Comme le site Internet ne semble pas actif, nous décidons de tenter la chance. Peut être un désistement de dernière minute ? Après tout, les vacances sont finies ! Nous règlons le GPS sur Paola, selon mes renseignements, le site serait à 5 minutes de l’église. Sur place aucun fléchage, les rues sont à sens unique, un vrai labyrinthe. Un monsieur très gentil propose : « suivez- moi ! » en guise de clignotant il sort son bras tantôt à droite, tantôt à gauche. Sur le comptoir de la billetterie cette indication « booked until 11.17 » ?

 

Les temples Tarxiens ne sont pas bien loin, sur la grand route j’ai remarqué un écriteau. Après, plus rien. Une dame très aimable encombrée d’un sac et d’un caddie bien rempli propose de nous guider ; Il faut faire de la place pour ses ballots « charity ! ». » A droite !», tape sur l’épaule de Dominique, « à gauche ! », nouvelle tape..petites rues, balcons maltais, camions de légumes. Le même que nous avons vu tout à l’heure et nous revoilà devant l’hypogée ! Nous ne trouverons jamais les Temples Tarxiens !

L’office de tourisme de Marsaxlokk m’a offert un plan détaillé avec des balades aux environs de Marsaxlokk et de Marsaskala. L’une d’elle passe par Tas-Slig où je devais aller dimanche et va au phare de Delimara . Sur la Pointe de Délimara se trouve une centrale électrique et de la route on domine le Port Franc. Un gros pétrolier est juste en dessous de nous, on voit les tuyaux brillants qui arrivent à la raffinerie  la très haute cheminée rouge et blanche domine le cap. Il s’agit de l’oublier sur la petite route pleine de nids de poule qui s’arrête devant le phare et une station de radars.

marsaxlokk vue de la route qui conduit au phare

La vue sur Marsaxlokk est  impressionnante. Ce que nous avions pris pour un simple village de pêcheurs est une ville très étendue sur une baie beaucoup plus grande que nous ne l’avions imaginée. Je comprends que les flottes soviétique et britannique aient pu s’y rencontrer. De l’autre côté du cap, vers la mer ouverte, de petites criques rocheuses très sauvages invitent à la baignade.

St Peter’s Pool

La plus connue est celle de Saint Peter’s Pool  qui est signalée par des écriteaux mais il y en a une autre au bout de la route goudronnée équipée d’un escalier de ciment et d’une échelle dans l’eau. La plage elle-même est une dalle d’un calcaire gris creusée de trous circulaires (saline ou érosion naturelle ?) dans les trous remplis d’eau un crabe, de minuscules poissons…L’eau est merveilleusement transparente. L’anse très étroite est protégée du vent. Y plonger serait un rêve. Une de mes règles de prudence est de ne pas nager seule si je n’ai pas vu quelqu’un d’autre le faire. Je ne nage pas assez bien pour déjouer un courant fort ou un piège quelconque. Je remonte à regrets. Comme il n’y a personne sur le parking je suis à l’aise pour me mettre en maillot pour St Peter’s Pool. Même configuration que la petite plage sauf qu’il y a deux parkings avec du monde, et beaucoup de gens qui plongent et s’amusent. Prudemment je me dirige vers l’échelle et me dégonfle, elle est très haute plus de 2 m au dessus de la surface de l’eau. Et si c’était glissant ? Une fois encore je renonce pas très fière d’être si peureuse.

Nous retournons au Kiosk Fajtata de la Baie de Saint Thomas. Là je nage en toute confiance à l’abri des flotteurs. Fish&chips.

les salines de Qwara

Près de notre maison, à Qawra,  il y a des salines. Pour y parvenir je longe le bord de l’eau, découvre de nouvelles échelles pour se baigner, des petites plages de ciment insoupçonnées. Entre la route et la plage, deux étages de garages à bateaux et des cahutes de ciments avec des terrasses et des tonnelles, souvent des barbecues. Résidences permanentes ou rendez vous du week-end ? Un vieux monsieur et une dame prennent le frais, les jambes étendues sur un tabouret, la dame égrène son chapelet. Trois hommes s’affairent sur un bateau à moteur. Vie simple à mille lieux des hôtels à karaoké et piscine. A la fin des maisons le sentier se rétrécit et entre dans les roseaux. Un long serpent me dissuade d’aller plus loin. Sur le côté je découvre un chemin de planches qui mène à Kennedy grove qui est un jardin avec un bosquet de pins, des jeux d’enfants, des tables à pique-nique et une sorte de monument circulaire, genre tholos, au président assassiné. Un grillage sépare Kennedy Grove de la saline. Je dois remonter sur la route jsqu’à une passerelle métallique rouge qui enjambe un canal nauséabond où s’ébattent des canards.

Une promenade a été aménagée le long de la saline avec des panneaux explicatifs. Les bassins sont grands. Ceux de remplissages sont particulièrement vastes et communiquent avec la mer. Le sel cristallise sur des dalles de pierre, dans des bassins peu profonds de couleur crème ou rose. Je ne vois pas de sel mais hier il y avait des petits tas pointus caractéristiques. Une belle croix de pierre est érigée au milieu de la saline.

Le reste de la soirée est occupé aux préparatifs du retour, valises et ménage.

 

 

 

 

 

Carrières de Calcaire : Limestone Heritage et plage de Gnejna bay

CARNET MALTAIS

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Front de taille de l’ancienne carrière

10h30, trop tôt pour aller à la plage.

IS-Siggiewi : Limestone Heritage

C’est une visite chère 9€ (pas de Multipass, pas de réduction senior) dans un cadre luxueux, restaurant ou salon de thé privatisable pour des évènements dans une ancienne carrière réhabilitée. La visite commence par une projection vidéo. On m’équipe à la sortie d’un casque audio-guide pour la visite extérieure (texte un peu redondant). Dans l’ancienne carrière on a reconstitué l’explication traditionnelle du calcaire à globigérine, le plus tendre qui se taille facilement en pavés réguliers.

taille des blocs de calcaire (reconstitution)

Les carriers creusaient des rainures au pic puis inséraient des coins métalliques sous une plaque de tôle pour faire éclater la roche. Ensuite on découpait des pavés réguliers et on récupérait les  morceaux irréguliers pour les murettes et les abris de jardin. Rien n’était gaspillé. On chargeait une vingtaine de pavés sur de légères charrettes peintes en rouge. Dans les années 1950 la reconstruction après les destructions de la guerre et l’expansion démographique, la mécanisation est arrivée avec des machines diesel montées sur rails qui découpaient avec des scies rotatives des pavés réguliers de 26cm (ce qui est approximativement la longueur d’une main aux doigts écartés).

Les camions Dodge

Les fines charrettes furent remplacées par des camions Dodge qu’on a peint en rouge comme les charrettes. Les chauffeurs les ont décorées, ils ont donné des noms à leurs véhicules, prénoms féminins, ou stars … L’ancienne carrière est plantée de hauts palmiers et d’un verger d’orangers ; un ruisseau descend en cascade le long du front de taille où subsistent les rainures de l’exploitation manuelle(l’exposition mécanique laisse un mur lisse). Ensuite une exposition montre les différents aspects de la vie traditionnelle maltaise : canaux d’irrigations taillés dans la pierre, Girna abri de jardin rond conqiue ou en forme de dôme, cuisine avec réchauds de pierre , niches ou cachettes dans la pierre des murs…C’est une jolie visite mais j’espérais en apprendre plus et voir une exploitation plus authentique.

gneja bay et tour

Sur la côte Est de Malte, deux baies Gnejna bay ou Golden  Bay se trouvent à proximité de L-Imgar. Il faut retourner à Rabat . La plage de Gnejna Bay est bordée de sable orange. Il y a deux kiosques dans des containers avec quelques tables pour déjeuner. Les plagiste ont installé une caravane et louent des lits de plages et des parasols à rayures bleue et blanches, des parasols verts, canoës et Kayaks et même des bateaux à moteur pour le ski nautique ou la promenade. L’eau est moins limpide que sur les plages rocheuses, peut être à cause du sable ou des estivants pas très soigneux. La zone de baignade est bien délimitée. Je pars pour une « expédition lointaine »vers la crique rocheuse suivante et c’est magique : l’eau reflète la couleur dorée de la falaisesj’ai l’impression de nager dans des paillettes dorées ou dans la moire vertes aux reflets d’or. L’eau bouge plus qu’ihier. Cela m’amuse de chercher des différences entre les différentes baignades.

Sous un grand parasol, sur une table en plastique, nous déjeunons de calamars en anneaux frits et de fish&chips. Il faut faire le service soi-même. Simple et cool, rien à redire.

Vers 16h nous rentrons à Qawra pour visiter l’Aquarium (12.90€ mais gratuit avec  le Multipass) . Bel aquarium mais j’en ai vus de plus intéressants.

 

 

 

 

 

Anders Zorn (1860-1920)- un peintre suédois au Petit Palais

Exposition temporaire (15/09/2017 au 17/12/2017) 

J’aime découvrir des peintres dont je n’ai jamais entendu parler ;  Zorn fut mondialement très célèbre en son temps et le reste dans son pays, la Suède. C’est donc  une belle surprise.

La première section de l’exposition : Débuts entre Suède, Espagne et Londres présente surtout des portraits à l’aquarelle. C’est mon premier sujet d’étonnement et d’admiration! J’associe plutôt aquarelle à des paysages.

Zorn excelle dans les portraits et dans le rendu des drapés, des plis des vêtements. Ces aquarelles sont d’une précision et d’une densité remarquables.

Point de flou artistique, de coulures ou de couleurs fondues, de la maîtrise parfaite de la précision, dans tous les détails de la physionomie comme des feuilles des jardins.La densité des couleurs contraste avec la transparence habituelle dans cette technique.

Un saisissant portrait de Viktor Rydberg dans son bureau en grisaille et sépia est d’une précision photographique.

 

 

 

 

 

Deuxième collection : Les grandes aquarelles et les effets d’eau d’Istanbul à Saint Ives, est la partie de l’exposition qui m’a le plus bluffée. Le Port D’Alger, d’Istanbul, de Hambourg ainsi que des parties de canotage pout les Vacances d’été sont autant d’occasion de révéler la virtuosité dans les reflets, les clapotis, les vaguelettes à la surface de l’eau. Je photographie de tout près et en gros pan les différentes techniques qui varient à chaque tableau.

A Saint Ives et à Londres, Zorn peint à l’huile.

 

 

 

Dans une salle toute tendue de rouge avec moquette rouge est exposée La décennie Parisienne (1888-1895)  ou le peintre participa à paris à de nombreuses expositions. On voit ici de grands portraits. J’ai préféré les portraits d’enfants, des petites filles et encore à l’aquarelle. Les grands tableaux des femmes dans les cafés ou l’omnibus, portrait d’un Paris noctambule me plaisent moins.

Le sujet a été déjà traité avec plus d’ originalité. les Portraits de société, portraits de célébrités, hommes politiques, banquiers ou magnats de l’industrie m’ont paru ennuyeux sauf peut être ceux de Mrs Richard Lowe en belle robe rose ou Elisabeth Sherman Cameron dans un décor japonisant.

Zorn et sa femme

Une salle ronde dans la pénombre est dédiée à Zorn, Graveur à succès . les portraits sont croqués sur le vif, réalisés très rapidement : celui de Marcellin Berthelot fut réalisé en 20 minutes!  je retrouve des études pour les femmes de l’omnibus ou les grands portraits, plus vivants, que sur les grands tableaux…

Rodin

 

Une troisième section est consacré à la Suède traditionnelle .Dans la  salle tendue de bleu tirant vers le vert d’eau. On y voit des scènes villageoises avec de grands tableaux dans une autre aux teintes de bois de pin, des scènes intérieures, le grenier à foin, des jeunes filles de Dalicarlie tricotant, une petite brasserie.

la dernière salle : nus et baigneuses montre des scènes de sauna, et des baigneuses nues dans la nature.

Rabat : Catacombes et Grotte de Saint Paul

CARNET MALTAIS

Rabat, est la jumelle, presque siamoise, de Mdina. Elles ne forment qu’une seule agglomération. Mdina est la ville close aux ruelles interdites à la circulation et aux palais baroques où j’ai croisé beaucoup plus de touristes que de Maltais. Rabat est une ville tranquille, commerçante avec des couvents, des collèges, des cafés, un peu hors du temps préservée du béton. Si le temps s’est arrêté à Mdina au 18ème siècle à Rabat ce serait plutôt en 1950 avec les petites boutiques, le poissonnier qui a arrêté son camion  la pâtisserie (la même dame qu’au marché de  Marsaxlokk dimanche qui m’a reconnue). A Rabat, Saint Paul s’est arrêté trois mois prisonnier des Romains après son naufrage en 60 de notre ère et a fondé la première communauté chrétienne de Malte. Il a vécu dans une grotte qui est l’épicentre du culte de saint Paul qui s’est développé au 17ème siècle. Un palais où logeaient les administrateurs – des chevaliers de l’Ordre de saint Jean – a été érigé au dessus de la grotte par Alof de Wignacourt (1601-1622).

On visite donc les Catacombes, celles du Musée Alof de wignacourt sont payantes tandis que celles de Sainte Agathe entrent dans le Multipass Heritage ; j’ai choisi celles du Musée Wignacourt à cause du joli dépliant et aussi parce trois visites sont proposées : la grotte de saint Paul, les catacombes des Premiers chrétiens et des abris anti-aériens de la 2ème Guerre Mondiale en plus de celle du Musée d’art Religieux dans le Palais Alof de Wignacourt.

Le musée est situé sur la place en face de l’église Saint Paul. Il y a une cathédrale saint Paul mais à Mdina. La place  triangulaire est très sympathique avec ses cafés où sont assis de vieux Maltais, on n’est pas gêné par les automobiles. A côté de l’église il y a une sorte d’enclos paroissial avec une allée de pierre et une statue géante de saint Paul est perchée sur une éminence. Les lauriers roses sont taillés comme de petits arbres avec un tronc. J’ai flâné sur la place en attendant l’ouverture du musée.

catacombes romaines

La visite se fait avec l’audio-guide qu’il faut impérativement prendre parce qu’il n’y a aucune indication dans les catacombes ou dans la grotte. Je me suis un peu perdue dans le dédale des souterrains. Cette impression de labyrinthe donne du piment à la visite qui est un peu monotone. Au cours de la 2ème guerre mondiale, les habitants de Rabat creusèrent avec des pics des loges comme abri anti-aérien, généralement de petite dimension, 3mx2m ou 1.5m. Certaines ont été aménagées confortablement avec une porte, du carrelage et parfois l’électricité. J’ai déambulé dans les deux couloirs où s’ouvrent ces cellules. Puis par des marches qui montent et qui descendent (j’ai perdu la notion de l’orientation et même du niveau) je suis arrivée aux catacombes romaines, nécropole ayant servi pendant plusieurs siècles. Les tombeaux diffèrent selon les moyens financiers des familles. Tantôt sont creusées de petites niches, tantôt de longs sarcophages. On visite aussi la salle des agapes où se réunissaient les familles. Une curieuse table ronde taillée dans la pierre est un peu étrange. .

La grotte de Saint Paul est une crypte transformée en chapelle baroque où rien ne rappelle les premiers chrétiens. Des papes sont venus s’y recueillir, certes…

Le musée est un palais austère et magnifique. Dans le vestibule à l’étage sont suspendus de nombreux tableaux sombres de chevaliers de Malte, pèlerins en Palestine, deux femmes aussi ce qui est assez rare pour être souligné ? On visite la chambre de l’Intendant qui dormait au pied de l’escalier menant au Trésor. Il était le seul à bénéficier d’une « suite » (baignoire et toilette) pour surveiller le magot sans quitter la chambre.

La Salle du chapitre ressemble à une salle à manger avec de lourds meubles maltais une urne pour els décisions à vote secret trône sur la table ; Les tableaux sont de qualité variable. Je reconnais immédiatement ceux de Mattia Preti et un intéressant peintre français Antoine de Favray (Saint Paul le Naufragé à La Valette). J’ai bien aimé les cartes et gravures anciennes