Le soleil est revenu au dessert. Nous partons pour Mdina, et arrivons en un quart d’heure de route.
Mdina et Rabat sont deux villes jumelles au centre de l’île, cités du silence. Mdina, une ville close, perchée sur sa colline, ancienne capitale de l’île, domine le paysage.
Mdina baroque
On doit laisser la voiture à la porte monumentale baroque (1724) dans les remparts arabes du 9ème siècle. Le Palazzo Vilhena (1726) héberge le Musée d’Histoire Naturelle. C’est un palais baroque aux dimensions imposantes et aux sculptures monumentales.
Je le contourne par la Triq-San-Pawl et parviens à la Cathédrale Saint Paul gardée par des canons, Église et chose militaire sont bien associées sur l’île de Malte ! Aujourd’hui dimanche, le musée et la visite de l’église sont fermées, mais on peut entrer dans la cathédrale.
coupole de la cathédrale de Mdina
Reconstruite en 1703 après le séisme de 1693, c’est l’œuvre de Lorenzo Gafa, l’architecte de nombreuses églises maltaises et du retable du chœur de la Co-Cathédrale, de l’église saint Paul –le naufragé à La Valette que j’ai vue ainsi que Saint Nicolas de Siggiewi. Un même maître d’œuvre à une même période, ceci explique la grande homogénéité de style des églises de l’île. Le séisme de 1693 eut son épicentre en Sicile et détruisit la ville de Noto, mais causa nombreuses destructions dans l’archipel maltais. Cette Cathédrale aurait été érigée sur le lieu-même où saint Paul aurait converti le gouverneur romain Publius devenu ensuite le 1er évêque de Malte. Comme à La Valette, le pavement est revêtu de pierres tombales de marbres multicolores et le plafond de la nef est peint à fresque.
Mattias Preti : naufrage de Saint Paul
On trouve aussi de remarquables œuvres de Mattia Preti, le naufrage qui porté Paul sur l’île de Malte, peint dans la coquille autour du chœur. La Conversion de Paul et Saint paul conquérant les maures sont des tableaux mal éclairés aujourd’hui, difficule à apprécier dans la pénombre. Un autre jour pendant la visite payante, ils sont probablement mis en valeur.
La place baroque de la cathédrale entourée d’autre palazzi me fait penser aux places de certaines villes des Pouilles ou à Noto en Sicile.
Mdina cité du silence
Cependant toutes les rues ne sont pas baroques. Certaines sont au contraire très sobres, étroites, et semblent médiévales, presque arabes. Parfois une arcade, parfois un balcon, Mdina fait dans la discrétion. J’entre par hasard par le porche ouvert d’un couvent : « clôture » ! on ne va pas plus loin. Je ne verrai pas l’église des Carmélites ou des Bénédictins.
Le Palazzo Falcon se trouve Triq-Villagagnon, la rue principale de la ville. C’est une jolie demeure siculo-normande dont certaines parties datent du 13ème siècle, en 1530 le Grand Maître Philippe Villiers de L’lsle-Adam y logea. Cependant la visite se fait dans le logis d’un artiste-peintre du 20ème siècle , Gollcher Obé qui était un collectionneur éclectique. Nous visitons ses collections : meubles, bijoux en filigrane, pipes, tabatières, vaisselle. Aux murs, ses tableaux. Beaux tapis d’Azerbaïdjan. C’est joli mais un peu décalé.
Vers 16h, retour à la voiture, je ne verrai ni les fossiles ni lez squelettes des éléphants nains. Nous avons envie de campagne. Les Jardins San Anton, à Attard nous attirent. San Anton Palace est aujourd’hui la résidence présidentielle et ses jardins seraient les plus beaux de l’île. Je ne trouve pas l’adresse précise pour régler le GPS, j’entre donc Attard Centre-ville. Et bien sûr, nous sommes perdues !Je découvre un quartier chic avec de belles maisons victoriennes – ou maltaises – de très hauts murs protègent des regards des jardins. Promenade très tranquille. Je passe devant la Villa Bologna qui a aussi de beaux jardins, mais je ne trouve pas l’entrée, ni celle des jardins San Anton. En revanche une foule se presse avec poussette, landaus et bambins à la porte de Kitchen garden qui ouvren à 17h. Ce potager du San Anton palace est maintenant un jardin dédié aux enfants avec jeux e, bois coloré, une ferme d’animaux domestiques dans des enclos propres cimentés, mutons bien peignés, mini-chèvres….il y a aussi un grand jardin aromatique et des rangées de tomates, poivrons. C’est un peu décevant d’avoir fait tout ce chemin pour cela !
C’est une des plus belles invitations à la lecture. Lire dans une ville assiégée, bombardée pendant des mois, résister à la propagande de Bachar comme à celle de Daech. Lire pour rester humain. Lire pour échanger.
Ce livre, un témoignage presque direct : Delphine Minoui, n’a pas obtenu de visa de presse pour rencontrer les jeunes de Daraya qui ont sauvé les livres dans les maisons bombardées, les ont réparés, classés, rassemblés dans une bibliothèque. Par Skype, Whatsapp et les réseaux sociaux, elle a gardé le contact avec Ustez, le professeur, le mentor des plus jeunes, avec Omar, le combattant qui se voulait pacifiste, Ahmad, un des bibliothécaires, ou Shadi, le vidéaste…elle leur a servi de plume alors qu’ils étaient enfermés, assiégés pendant 4 ans.
Et que lisaient ils? presque tout, aussi bien les écrits anciens d’Ibn Kaldoun, que des livres américains de développement personnels comme les Sept Habitudes , livres de psychologie qui étaient des manuels de survie. De la poésie aussi Mahmoud Darwich est le plus souvent évoqué.
On pense à la bibliothèque de Bagdad détruite par les Mongols, aux autodafés de Berlin, à Fahrenheit 451…
Le début du livre est enthousiasmant, la suite est à pleurer. Daraya, après la Révolution de 2011, se voulait démocrate et modérée, elle a été la cible de Bachar et des Russes peut être plus que les milices islamistes et Daech. La missive que les femmes de Daraya au Président Hollande fut écrite un certain 14 Juillet alors qu’à Nice il y avait un carnage….Rien n’a été épargné à Daraya, ni les armes chimiques, ni le napalm, pour finalement être évacuée en Aout 2016.
On m’a prêté ce livre avec la consigne de le faire circuler et lire, je m’exécute bien volontiers.
Au lever du jour des nuages menaçants encombrent le ciel, des éclairs sont au loin. Au petit déjeuner, la pluie tombe , de plus en plus insistante. Nous ne changeons pas nos plans : le marché de Marsaxlokk n’a lieu que le dimanche.
Nous traversons l’île en 40 minutes (28km). Comme il est encore tôt, nous trouvons une place pour la voiture au bout du marché. La pluie a cessé.
barques multicolores de Marsaxlokk
Le village de Marsaxlokk s’étale derrière les quais de son port de pêche. Les maisons sont variées ; certaines en pierre avec balcons et balustres, patriciennes, les plus petites sont peintes de couleurs pastel : rose, vert, crème. L’église avec deux clochers pointus est parée de guirlandes d’ampoules électriques comme à Noël comme souvent à Malte. Les barques et bateaux de pêches sont très colorés. Marsaxlokk est le plus gros port de pêche de Malte. Le dimanche des poissons sortis des barques sont vendus.
Pâtisseries colorées au marché de Marsaxlokk
C’est aussi un marché de légumes. Il y a deux étals de petits gâteaux, deux camions de produits maltais cuisinés : poulpes à l’ail, salade maltaise, olives. Des dames déballent des ports de confiture remplis de câpres. Quelques touristes déambulent dans le marché. Les touristes venus en car n’achètent pas de produits frais. Nous, si ! Il y a une grosse tête de mérou, mérou géant ? Nous découvrons des poissons bleus avec des rayures bleu foncé, ce sont des poissons- pilotes (8€kg) .La vendeuse nous explique comment les cuisiner : au four avec des oignons, de l’ail, des herbes et de la menthe. « Surtout ne les cuisez pas avec des pommes de terre. Elles mettent trop de temps à cuire. Le poisson serait desséché ». Pour qu’il se conserve, elle nous donne de la glace. La menthe sera plus difficile à trouver. Nous achetons un assortiment de gâteaux à la pâte sablée, assez dure avec de la pâte de dattes, de la pâte d’amande ou du coco (2€/100g).
poissons pilotes
Au programme initial, il y avait une promenade vers Marsaskala, une baignade à Peter’s pool et déjeuner sur le port au restaurant. Juste au moment où nous retrouvons la voiture une pluie diluvienne s’abat sur nous. Adieu promenade, baignade et déjeuner en terrasse ! Nous rentrons au gîte !
la chaussée inondée
La chaussée est inondée par un torrent d’eau. Les petites voitures roulent au ralentis tandis que les 4×4 nous éclaboussent.
poisson pilote accommodé à la façon de la poissonnière
Le poisson pilote a été très réussi. Nous ne regrettons pas le restaurant. Il n’aurait sûrement pas été à la hauteur de Carmen’s de Ghar Lipsi et nous aurions été déçues !
La belle photo des perles d’Othoniel dans le blog d’Aifelle m’a donné envie d’aller me promener dans les jardins du Château de Versailles.
Météo tristounette, ciel couvert, automnal, presque hivernal. C’est l’or des feuilles qui éclaire le paysage – et j’espère – les photos.
Parcours d’artistes contemporains. Pour l’art contemporain, je fais de gros efforts. parfois, je suis récompensée. Parcours ludique, jeu de piste pour adultes. Les installations sont numérotées. Munie d’un plan, je cherche les bosquets. Au début j’ai du mal à m’orienter. Parcours labyrinthique.
bosquet de l’arc de triomphe
Le Bosquet de l’Arc de triomphe n’a pas d’arc mais un groupe de métal doré soutenant un dieu, ou le Roi sur un trône. La plasticienne Marguerite Humeau a installé un sphinx en hauteur derrière des plantations de graminées et d’arbustes aux troncs colorés. C’est joli mais je préfère les statues anciennes
Sphinx Otto protecting from Humanskind
L’installation suivante se trouve dans le Bosquet des Trois Fontaines. J’aime beaucoup ce bosquet installé sur une pente où deux grandes vasques en haut et en bas et deux petites au milieu sont entourées de rocailles, vrais coquillages, ormeaux nacrés et conques, des reliefs contournés me font penser aux châteaux de sables , rocailles arrondies….Les sculptures de David Altmejd, ne m’ont pas convaincue, surtout l’homme à tête de chien aux ventre-géode et aux boutons dans le dos.
Bosquet des trois fontaines Le souffle
J’ai adoré le Bosquet des bains d’Apollon WE GAVE A PARTY FOR THE GODS AND THE GODS ALL CAME de John Giorno.
les Bains d’Apollon WE GAVE A PARTY FOR THE GODS AND THE GODS ALL CAME LET IT COME LET IT GO
Le plasticien s’est il contenté de rajouter un rocher avec ce texte en lettres capitales? L’intention d’Hubert Robert (1778-1781) est séduisante. Dans la grotte de Théthys, un groupe de dieux ou nymphe festoie. Les chevaux du soleil ne sont pas visibles. La première grotte de Thétys détruite en 1684 inspira Jean de La Fontaine :
Quand le Soleil est las et a fait sa tâche
Il descend chez Thétys et prend quelque relâche
C’est ainsi que Louis va se délasser.
D’un soin de chaque jour il faut recommencer
Dans le Bosquet du Dauphin, L’installation de Dominique Petitgand TOUT EST BOULEVERSE est sonore, comme le souffleur de feuille sévit dans le coin, ce n’est pas du tout convainquant!
Bosquet de l’Obélisque Jean Marie Appriou a installé 4 statues représentant les 4 saisons. De loin, j’avais pris le gros animal balourd pour un dinosaure, en m’approchant, pour le Dodo, finalement c’est un signe balourd. En face, une taupe surgit du sol, idée amusante:
taupe
Le Bosquet de l’Encelade est un de mes préférés, Titan qui s’est mesuré à Jupiter est à moitié enseveli sous des rochers, ou la lave de l’Etna. L’ajout moderne de totem de céramique colorée ne se remarque même pas. En revanche tout autour, les topiaires, la galerie en treillage est très élégante.
Titan enseveli dans les laves de l’Etna
Le Soleil, d‘Ugo Rondinone , cercle doré qui termine la perspective et s’ouvre sur le grand canal, est très réussi.
J’aurais aimé aller à la place des deux touristes pour prendre en photo le Char d’Apollonet, au fond, le château, il est déjà midi, je n’ai vu qu’un côté de l’exposition. Je ne fais pas le détour
Char d’Apollon
Au retour j’ai un coup de cœur pour le Bosquet de la colonnade,
bosquet de la colonnade : PROSERPINE ‘S CHRYSALIDE
Je me perds dans le chemin du Labyrinthe, je n’ai pas vu les perles d’Othonniel que j’attendais (elles ne sont pas sur mon plan. Autre exposition?
Je me promets de revenir ‘été quand les jets d’eaux, les cascades et les grandes eaux magnifient les bosquets. Cette promenade hivernale a bien du charme, ma foi!
Nous cherchons à visiter des carrières modernes. Un centre d’Interprétation Heritage Limestone est signalé sur nos guides. Nous errons entre Zurrieq et Qrendi passant et repassant sur les mêmes routes entre des murs de pierres bordant des carrières encore en exploitation. Des personnes interrogées affirment : « heritage Limestone se trouve à Siggiewi ». Retur en arrière, nous arrivons enfin à destination, mais trop tard, il ferme à 12h. Puisqu’on se trouve à Siggiewi autant visiter le village qui aurait de belles maisons anciennes autour de l’église Saint Nicolas. Evidemment on se perd ? Demi-tours, renseignements auprès des passants…Saint Nicolas est une grande église qui ressemble aux autres églises de Malte. Les maisons anciennes sont bien là mais pour les photos il y a toujours un artefact moderne qui dérange : un panneau de circulation, un climatiseur, une parabole….
Il est temps de retourner à la mer : nous avions prévu de déjeuner et de nous baigner à Ghar Lapsi.
Le GPS ne connaît pas Ghar Lapsi, la signalisation routière non plus. Ghar Lapsi est un groupe de maison, même pas un hameau. Nous recommençons le tour Zurrieq, Qrendi, les temples….Aux temples c’est facile, la carte est lisible.
Baignade à Ghar Lapsi
Nous ne sommes pas déçues, au bout d’une rampe très pentue de 120 petites marches nous découvrons une véritable piscine naturelle ronde entre les rochers. L’eau est limpide, les rochers affleurent. Par transparence on voit les poissons. Il y a des grottes réservées aux plongeurs avec bouteilles nombreux tout essoufflés à remonter la rampe avec leur matériel. Une autre rampe en pente douce arrive à un minuscule port, petit havre étroit entre les rochers. Les barques sont hissées et les tables du restaurant Carmen’s qui semble très fréquenté, la plupart des tables sont réservées.
Le patron très sympathique est très arrangeant ; je commande le poisson du jour : Lampuki (dorade coryphène)et les raviolis au poisson recommandés aujourd’hui. Les raviolis sont servis avec une sauce méditerranéenne avec câpres et olives. Dominique se récrie, elle ne mange ni les uns ni les autres. Gilbert propose de changer et de les accompagner d’une sauce crevettes. Nous aurions aussi pu commander, des poulpes à l’ail des calamars, des moules au de la langouste.
lampuki
Le lampuki est frit découpé en tronçons. C’est un énorme poisson, je n’en viendrai pas à bout. Les raviolis sont une pure merveille, farcis avec différents poissons. J’ai regretté ne pas les avoir choisis. L’addition est très raisonnable : 32€ avec vin blanc et café. On nous offre de la halwa avec le café.
Entre poisson et café je suis allée me changer. La baignade est merveilleuse mais courte. Il y a du vent et cel bouge vers le large. Dans la piscine, il faut éviter les roches qui affleurent : 5 ou6 baigneurs remplissent la « piscine ».
Notre programme n’est pas terminé ? Il reste deux ou trois chapelles à découvrir et les falaises de Dingli. Après avoir passé une usine de désalinisation (osmose inverse) nous suivons les flèches Ir-Rabat. La route quitte la côte traverse une campagne entre des murs qui cachent des carrières impressionnantes en exploitation et qui isolent des champs et des jardins. Des panneaux indiquent Girgenti (je pense à la Sicile). On domine une verte vallée. Comme à Gozo, champs et jardins se trouvent dans les creux. On voit aussi des arbres : eucalyptus, mimosas ou caroubiers. Plus en hauteur des rangs de vigne. Laferla Cross, une énorme croix de béton sur une éminence domine une petite chapelle en ruine toute simple. Je me régale dans ces chemins entre murettes et figuiers de barbarie, terrasses et jardins. Dominique moins, elle redoute l’arrivée intempestive d’un véhicule en face. Pour arriver à la chapelle St Lawrence il y a un sentier piétonnier dallé qui descend ensuite revêtu de gros galets. La chapelle est interdite à la visite ; elle s’écroule. En dessous il y a une grotte est-ce une « underground chapel » ? citée par le Petit Futé ?
Falaise de Dingli
Les Falaises de Dingli sont très différentes de celles de ce matin. Elles ne plongent pas directement dans la mer mais se termine sur une sorte de plateau très fertile (argiles bleues) où l’eau est stockée dans des citernes au milieu de cultures maraîchères très soignées. Sur une citerne se trouve une statue de Saint André à taille humaine. Différence avec Gozo : la série stratigraphique est inversée et nous marchons sur le lower Coralline qui est un calcaire assez grossier présentant des cavités à la manière de la dolomie ou de la meulière. On ne voit pas les greensands (je finirai par en trouver un petit affleurement à la fin de la promenade.
Malgré des conditions météo exécrables une cinquantaine de courageux voyageurs sont sortis du terminus du RER Bà la station Mitry-Claye. Courageux et décidés, le Voyage Métropolitainest toujours une expédition passionnante, intellectuellement très enrichissante grâce au regard aiguisé des spécialistes, architectes, urbanistes, paysagistes, photographes, journalistes…. et aussi pour les promeneurs lambda qui ne sont ni diplômés ni spécialistes, une journée de partage et de convivialité chaleureuse. Parce que de la chaleur humaine il en faudra pour nous réchauffer sous le crachin! Les randonneurs ont sorti les capes de pluie, pas seyantes mais efficaces, d’autres ont fait confiance aux parapluies.
voyage métropolitain n°32 merci au VM15
Mitry-Mory c’est la fin du RER et l’arrivée en rase campagne, la vraie campagne avec des champs sur des hectares, des espaces boisés. L’assurance d’une randonnée-nature? Cela commence très bien en lisère d’un bois aux couleurs rousses automnales, une allée pavée est couverte de feuilles. Un spécialiste des espaces verts nous signale une zone humide, un étang, un puits artésien, d’anciennes cressonnières…
L’ambiance bucolique est rompue par la ligne de TGVqui traverse le paysage et une rangée de pylônes de la ligne à haute tension. Les lignes de TGV seront des éléments récurrents dans ce voyage en Seine et Marne. Autre axe majeur : le canal de L’Ourqqu’on suivra à plusieurs reprises autour de Claye- Souilly. J’ai rêvé d’une promenade tranquille sur le chemin de halage. Le Voyage métropolitain ne musard pas dans la campagne, il explore les circulations structurant le Grand Paris : chemin de fer et hydrographie.
Jens a renoncé à nous faire suivre le canal qui serpente autour de Claye Souilly et qui aurait rallongé la randonnée de plusieurs kilomètres. Nous coupons par le village de Souilly d’abord puis par Claye, plus urbain. Si les pesticides de l’agriculture intensive font disparaître les insectes, les édiles des petites cités que nous traversons sont aux petits soins pour eux, construisant à chaque rond-point des hôtels à insectes aussi ravissants que spectaculaires. »Puisque les insectes désertent les campagnes, accueillons les dans les villes » ai-je entendu ce midi, à propos des abeilles de l’aéroport de Blagnac. La petite église de Claye se trouve près du canal, le monument aux morts aussi, Hymne à la Joie et Marseillaise puisque nous sommes le 11 Novembre. Je suis surprise par l’affluence sous les parapluies. On doit drôlement s’embêter ici pour venir en foule sous la pluie à la commémoration, ou on est anormalement patriote?
Nous avons retrouvé le chemin bordant le canal, pas pour longtemps puisqu’on préfère aux eaux courantes entraînant les feuilles mortes à grande vitesse, les grandes piles de béton des lignes ferroviaires qui forment un triangle traversé par une quatrième ligne. Où vont tous ces trains? A Lille ou à Strasbourg, à moins que ce soit à Marne La Vallée? Es gros ronds rouges donnent un caractère japonisant.
Les Monts Gardés
Les Monts Gardés
Le but de la randonnée, et le lieu du pique-nique n’est plus loin. Jens nous a annoncé qu’on déjeunerait au sec « dans une sorte de grange ou dans une yourte« . Après avoir enjambé la Nationale 3 à chaussées séparées comme une autoroute, et longeant une route à circulation importante (D404) nous arrivons dans un endroit un peu étrange en face du site d’enfouissement des déchets de Véolia un cadenas garde un portail. Nous découvrons un site très étrange. Des poutres noires verticales balisent le terrain. Sous la brume, aujourd’hui 11 novembre, cela donne un aspect funéraire, stèles d’un bizarre cimetière? ici un carré de petits chênes, là des herbes hautes, plus loin des arbres alignés plantés régulièrement, on grimpe sur une verte colline, des animaux nous accueillent deux énormes cochons, très amicaux, des poules en liberté, un cheval et un âne dans une écurie. La grange est basse, la voûte consolidée par des palettes. Un peu plus loin il y a une ravissante roulotte de bois (made in Roumanie). Nous nous installons sur des bottes de paille, des caisses de plastique, une porte sert de table. Au dessus de nos tête sèchent des bouquets d’herbes, au fond sont stockés des légumes. Agnès notre hôtesse veut savoir qui nous sommes, présentation rapide du Voyage Métropolitain.
un cochon amical
Elle nous fait le récit de son travail de réhabilitation du site des Monts Gardés que lui a confié dans les années 2000, la SNCF. Dans le triangle défini par les trois lignes à Grande Vitesse, on a creusé, déposé des remblais,déposé du matériel, compacté et massacré le sol et le sous-sol avec des engins lourds. Il convient donc de donner à ce chantier un aspect acceptable. Agnès est paysagiste. On attendait d’elle qu’elle plante le maximum d’arbres pour masquer les dégâts. L’usage est de déposer des bâches plastiques et d’installer des petits arbres en espérant qu’ils pousseront. Ces plantations sur plastiques sont courantes sur les remblais d’autoroutes. Cette solution ne lui a pas semblé satisfaisante et elle a préféré une vrai réhabilitation des sols à un maquillage artificiel. Combler, fertiliser, refaire du sol. Ce que la nature fait toute seule depuis des millions d’années, elle se propose de le faire. Au lieu d’acheter des arbres tout poussés, elle préférerait laisser les oiseaux et les animaux semer des graines, et comme c’est une expérience sur 35 ha elle a travaillé en association avec l’INRA et le CEMAGREF pour une expérimentation d’agro-foresterie en vrai grandeur.
la roulotte
Sa description dantesque de l’endroit qu’elle a trouvé est impressionnante, non seulement le site est dégradé, mais il est environné par les 3 lignes de trains à grande vitesse qui roulent avec un vacarme assourdissant, la proximité de la Nationale 3 n’améliore pas les choses. Et comme cela ne suffisait pas, il faut aussi savoir que la région est une décharge énorme de tous les gravats et déchets industriels non recyclables, avec la noria des camions et les pollutions diverses. Nous ne l’aurions jamais deviné en gravissant la jolie colline herbue. Après quelques années elle « s’est associée » à un troupeau de mouton pour l’entretien et la tonte de l’herbe. Les poteaux noirs sont les traverses des rails, ils balisent les différentes parcelles expérimentales. Sans eau, sans électricité et depuis 2007, sans financement de la SNCF qui a considéré que le site était maintenant d’un aspect acceptable, Agnès et son associé continuent leur expérience cultivant des jardins et même du blé, déposant des couches et des couches diverses, graviers, mulch, feuilles, élevant en quasi liberté leurs animaux. Elle dit que l’instinct paysan revient facilement aux humains qui peuvent à partir de presque rien cultiver et construire. Des bouteilles et des résidus des brasseries de bière font un matériau de construction intéressant. On pourrait l’écouter pendant des heures. On aimerait en savoir plus….Curieusement la SNCF vient de re-découvrir son travail et lui propose à nouveau une collaboration. En attendant, elle bricole, invite des volontaires et laisse la nature faire… Elle nous fait part aussi de son nouveau projet d’ouvrir une boutique pour écouler ses légumes (étrangement, cultivés sans engrais ni pesticides ils ne seront jamais bio, le substrat n’étant pas aux normes) , elle imagine une boulangerie de pains aux farines anciennes, et même un magasin de café pour récupérer cette substance précieuse pour le sol qu’est le marc de café qu’on gaspille. L’acheminement se ferait par le Canal de l’Ourq tout proche….
Cette rencontre est extraordinaire. Elle justifie à elle toute seule notre cheminement le long de la D 404 très passante, sur un toute petite bande d’herbe détrempée et bien glissante (je me suis payé un gadin spectaculaire dans la boue) jusqu’à Annet-sur-Marne. Ici aussi, décharge industrielle, piétons interdits dans les environs! Cette campagne est-elle la poubelle d’un Paris Métropole déposant remblais, gravats ou pire?
On coupera à travers la base de loisir de Jablines-Annet, parc arboré et pièce d’eau délicieuse après l’enfer de la circulation. malheureusement il faudra rebrousser chemin à deux reprises : carrières souterraines, entrée interdite!
A la tombée de la nuit on suivra quelques centaines de mètres l’aqueduc de la Dhuys qui achemine en souterrain l’eau potable jusqu’aux réservoirs de Télégraphe à Paris. Ce serait encore une très belle randonnée pour un jour ensoleillé! Enfin la nuit tombe sur Thorigny et où nous trouverons un café accueillant et la gare de Thorigny Lagnyligne P – 25 minutes pour la Gare de l’Est avec seulement un arrêt à Vaires et à Chelles.
Les bateaux attendent les touristes pour la Grotte bleue
La route 16 passant par Mosta, et sous la citadelle de Mdina, éclairée dans la lumière du matin, est bien roulante. Nous nous trompons à un rond-point , traversons Haz-Zebbug puis L-Imqabba près de l’aéroport, Il-Qrendi et arrivons à proximité des temples de Hagar Qim pour trouver non loin la Grotte Bleue.
Filfla
Sur la route panoramique, nous découvrons la petite île Filfela – îlot désert de 600m de circonférence et 60m de haut, détaché de la falaise à la suite d’une faille. Park National pour protéger la faune endémique : le Lézard Podarcis filfalensis – le plus gros lézard de Malte décoré de taches bleues – et les Hydrobates melitensis – pétrels venant nicher dans l’île. Filfela a connu une occupation humaine à la Préhistoire. Une chapelle fut érigée en 1343 détruite dans des exercices de bombardements britanniques ou de l’OTAN alors que l’îlot a servi de cible.
La Grotte Bleue
La Grotte bleue
Il est à peine 9h quand nous arrivons au petit port où attendent de nombreuses barques multicolores. L’endroit est magnifique : un canyon inondé dans la falaise grise, l’eau a une merveilleuse couleur bleue. A Gozo nous étions montées les premières dans la « Mer Intérieure » et avions découvert les grottes pour nous seules. Ici, c’est beaucoup plus touristique et organisé. On me fait comprendre qu’il est trop tôt qu’il nous faudra attendre une bonne demi-heure que les autres touristes arrivent. Nous avons eu une si belle expérience à la Mer Intérieure que nous renonçons de peur d’être déçues. La boutique de souvenir vend des fripes d’été venant d’Asie, pantalons éléphants, sarouels, caleçons imprimés ; nous achetons un pantalon adapté au climat.
Temples Hagar Qim et Mnajdra
Le Centre d’Interprétation ouvre à 9h30.
Nous avons raté l’équinoxe de quelques heures seulement et l’alignement astronomique des temples permet de voir le soleil se lever dans la perforation ronde du temple e Mnajdra et le rayon se réfléchit en passant par les ouvertures comme à Newgrange ou à Abou Simbel. Il faut s’inscrire à l’avance pour observer ce phénomène et vérifier de visu, l’hypothèse astronomique.
Seules deux jeunes filles asiatiques nous ont précédées, elles ne gâchent pas les photos et donneront l’échelle. Je n’ai pas pris l’audio-guide et c’est une erreur car il n’y a que très peu d’explications sur le terrain. Les deux sites sont protégés de l’érosion, de la chaleur excessive du rayonnement solaire l’été et des pluies d’hiver, par un auvent de toile claire sobre qu’on oublie dès qu’on entre dans les temples.
Hagar Qim
Megalithes de Hagar Qim
Les mégalithes de l’enceinte sont impressionnants : 20 tonnes, 3mx6.5 pour la plus lourde. 5.2m de haut pour la plus haute. C’est là qu’on a retrouvé les Géantes dont on voit encore l’emplacement des pieds selon un conférencier. Je ne les ai pas trouvés, comme quoi un vrai guide est parfois indispensable ! C’est aussi là qu’on a trouvé la Vénus d’Hagar Qim du musée archéologique de La Valette.
Les pierres sont ornées de ponctuations de spirales. Certains mobiliers sont très élaborés. Le plan, en revanche, est moins lisible qu’à Ggantija.
Mnajdra
Une longue allée joint Hagar Qim des temples de Mnajdra dans un maquis très ras assez desséché mais, curieusement, fleuri. Les temples de Mnajdra sont plus re-construits. On entre dans le premier temple situé en bas par une entrée bien visible. Les chambres hémi-circulaires se répartissent de chaque côté du couloir. Les autels sont situés dans des niches. Le second temple est en hauteur sur une sorte d’estrade dallée. Les deux chambres en demi-cercle sont bien visibles.
Sur le chemin du retour, j’emprunte un sentier de découverte qui vva sur la falaise ?
Un panneau liste les plantes du maquis
Fenouil Foeniculum vulgarea
Chrysanthenum coronarum
Euphorbia melitensis (buissons ronds desséchés)
Chilallenum bocconi (petites fleurs jaunes)
Urginee maritime (belle hampe portant de petites fleurs blanches)
Un interprétation géologique montre que la série est inversée : le Lower Coralline surmontent le Upper Coralline témoignant d’une activité tectonique puissante.
A côté des données naturalistes, les explications ethnologiques m’ont intéressée. Une photo présente des restes de carrières préhistoriques. Les carrières modernes situées un peu plus loin, ont été fermées en 1990 pour préserver le site.
Blocs alignés sur Gozo
La Chasse est une occupation qui a modifié le paysage. Les chasseurs ont construit des affuts (murettes ou cabanes primitives) pour se cacher. Ils ont disposé des blocs de pierre en rectangle près de l’affut. Elles sont surmontées de piquets soutenant des dalles en équilibre ; Une corde passe par des anneaux fixés à chaque bloc. Le chasseur caché peut tirer la corde quand un oiseau se pose. J’avais remarqué à Gozo ces alignements de blocs sans comprendre. Les chasseurs maltais, en contrevenant aux directives européennes chassent les oiseaux au printemps.
La visite au Centre d’Interprétation ne m’apprend pas grand chose après celles à Ggantija et au Musée Archéologique de la Valette. Je m’étais interrogée sur la prééminence des figures féminines, des idoles de déesse-mère, de figures de fécondité. A Hagar Qim on propose une autre hypothèse ? Le corps d’un lutteur sumo présente des plis pectoraux et un ventre rond fait penser à un corps féminin. Les Géantes étaient-elles des Géants ?
Gazmend Kapllani, auteur albanais exilé en Grèce, écrivain de langue grecque, fait des variations sur son expérience d’exilé. J’avais beaucoup aimé la Dernière pageet le Petit journal des frontières. Expérience singulière, il puise dans son histoire personnelle.
Expérience universelle, il confronte les histoires d’autres migrants. La Grèce fut autrefois un pays d’émigration, vers l’Australie, le Canada,ou des destinations plus exotiques. Les Grecs ont fui la pauvreté ou la dictature, et maintenant le Crise économique. La Grèce est aussi la porte d’entrée de l’Europe pour Syriens, Afghans chassés par la guerre, ou pour les Africains qui traversent la Méditerranée.
Les personnages qui interviennent sont donc de provenances diverses. Roza, l’Iranienne rêve de faire du vélo comme les garçons. Abas est né à Kaboul. Enke venu enfant d’Albanie, voudrait changer d’identité, Nguyen le vietnamien, a trouvé sa place en Grèce, et même la réussite. Giorgos Koinas, natif de Crète, a choisi la Russie et la Pologne, Ana, l’Arménienne est prisonnière d’une mafia de la prostitution, Ilias Poulos, Grec né à Tachkent, vit à Paris….
Ces courtes biographies,typographiées en italique, alternent avec un texte plus autobiographique puisque le narrateur est un écrivain dont les mésaventures sont aussi contées dans les deux romans précédents. Il raconte comment il a apprivoisé la langue grecque qu’il a adoptée comme langue de ses romans. Réflexions sur la langue, sur l’écriture.
« en écrivant dans une langue qui n’est pas la sienne, on recrée et on reconstruit son identité, une identité culturelle. A plus forte raison quad on choisit d’écrire des romans où on peut réinventer l’identité du narrateur…. »
Et plus loin :
« je suis convaincu qu’une langue n’a pas de frontière. A y regarder de près, dire « ma langue représente un abus de langage[…] mais on ne peut s’approprier une langue. On peut la cultiver, la transmettre... »
Et Europe? Il ne s’agit pas du tout de l’Union européenne ou du continent. Europe est la jeune femme qui enseignera au narrateur la langue grecque.
Cas trois romans ont-ils pour ambition de changer notre regard sur les exilés?
Après avoir passé près de deux heures dans la Cathédrale, je ne suis pas pressée de rejoindre le Musée Archéologique à mon programme et tout près sur la rue de la République ; je préfère continuer la rue jusqu’au bout et voir le fort Saint Elme et les fortifications des trois villes de l’autre côté de la baie. J’ai la surprise de découvrir que malgré le plan en damier et les rues droites, la topographie de La Valette est fort biscornue. On monte et on descend des pentes raides et parfois le trottoir est glissant.
Les façades des grands palais sont impressionnantes mais les petites rues transversales réservent leurs surprises avec des statues pieuses aux coins des maisons, les vieilles boutiques désuètes « since 1925 », les « balcons maltais » sur plusieurs étages. Les boutiques de souvenir, les fast food n’ont pas colonisé toute la ville. Seule la zone entre la prte et la cathédrale est concernée, ainsi que le début de la Rue des Marchands.
Musée Archéologique.
Géante? elle mesure quelques dm de haut!
Il est installé dans l’Auberge de la Langue de Provence qui est un très bel hôtel dessiné en 1574 par Cassar. Il reste de belles peintures murales qu’on découvre au hasard de la visite. C’est un musée très riche, divisé en trois sections Préhistoire et Néolithique, puis Âge de Bronze, et Phéniciens. Si les collections sont très fournies et les explications précises et abondantes, la présentation est un peu vieillotte. Après la visite du entre d’Interprétation tout neuf de Ggantija elle paraît moins attrayante. Il faudrait prendre le temps de lire tous les textes, de s’arrêter sur chaque objet.
La Venus d’Hagar Qim
Les explications font état du facteur limitant qu’est l’aridité des îles de l’archipel et des rapports étroits dès la Préhistoire avec la Sicile. Les populations néolithiques étaient déjà des agriculteurs. Je passe rapidement sur les panneaux détaillés pour m’arrêter aux « géantes » de Hagar Qim et aux statuettes trouvées ans les divers sites. La statuette féminine endormie m’a émerveillée, la « Venus » d’Hagar Qim aux seins pendants et aux chairs distendues est aussi étonnantes. A côté le guerrier de l‘âge de bronze à l’air fanfaron fait pâle figure. Les pierres décorée des sites mises à l’abri sont très bien mises en valeur ; on découvre la variété des motifs décoratifs. En revanche, les salles des Phéniciens m’ont déçue : les objets très vairés ont diverses provenances. Tout se passe comme si les Phéniciens, et les carthaginois, à la suite n’avaient fait que commercer importer des objets d’art de Grèce ou d’Egypte sans laisser des traces originales. Seul objet sortant de l’ordinaire : ce sarcophage en terre cuite ressemblant un peu aux sarcophages égyptiens.
Je suis sortie un peu éberluée de ces visites si riches. Il faut maintenant trouver un pique-nique et surtout de l’eau parce qu’il fait encore bien chaud. Paradoxalement, c’est trouver une grande bouteille d’eau qui pose le plus de problème. Je ne vois pas d’épicerie ordinaire, seulement des restaurants, cafés, échoppes de fast food. Il me faut prendre des chemins de traverse.
Occasion de découvrir l’église deSaint Paul le naufragé, elle aussi conçue par Cassardans la quelle on pénètre sur le côté par une entrée presque dérobée. L’autel est peint par Antoine de Favray, peintre que je connaîtrai mieux à Rabat au musée Alof de Wignacourt et les fresques sont de Palombi. Malheureusement l’éclairage est très faible pour qu’elles soient mises en valeur. De plus l’interdiction de faire des photos et la surveillance pour que l’interdiction soit observée est un peu désagréable. Finalement cette visite a pâti de la comparaison avec la visite de la Co-Cathédrale toute dorée et bien éclairée. Ne pas empiler les visites au risque d’être saturée !
Pour la nourriture terrestre, je choisis des pâtés au thon et poivrons et aux épinards ; Ils ne sont pas feuilletés comme en Grèce ou en Albanie. La pâte est un peu bourrative. La farce en revanche est délicieuse mais pas pour ceux qui honnissent câpres et olives généreusement mélangés au thon. Pour les déguster, nous quittons la Valette, espérant nous installer sur la corniche du Port Marsamxett. Avec la carte, nous avons même choisi notre endroit entre l’île dufort Manoel et la pointe de Tas-Sliema où figurent des symboles de baignade. Hélas ! impossible de trouver un stationnement pour la voiture ! A la pointe la route s’engouffre dans un tunnel, il y a bien des parkings souterrains indiqués mais ils correspondent plutôt à un mall avec une centre commercial. Ensuite sur St Giljan Bay (symboles de baignades) c’est encore pire : très urbanisé avec un trafic impossible. Il y a bien des restaurants au bord de l’eau mais toujours pas de parking : où se garent-ils donc ?
Notre solution après avoir traversé Paceville toujours aussi embouteillée, se trouvera bien plus loin après le Marine Park : un parking tranquille, des rochers plats (mais piquants). Des gens pique-niquent ou bronzent. Le vent s’est levé, la mer bouge un peu. Il n’y a pas de descente facile à l’eau. Je me baignerai de retour à Qawra! Là, je retourne à la « plage » de mes copines. Elles sont bien assises mais me déconseillent de me baigner ici avec les vagues. Plus loin, vers l’Aquarium il y a une plage plus abritée. Je longe la baie sur les rochers ou sur la bande de ciment cachée de la route par des établissements de bars, restaurants et piscines des hôtels. C’est une promenade assez agréable. Des maîtres-nageurs surveillent la petite plage, on y loue des chaises longues. Cela me rassure et c’est encore une baignade bien agréable.
C’est avec soulagement que j’achève ce pavé de plus de 850 pages.
Laborieusement, j’ai tenu à le lire en VO et j’ai dû souvent avoir recours au dictionnaires ( j’en ai deux anglais-français, et deux, anglais -anglais et même américain-anglais, c’est le plus de la liseuse) sans savoir que l’auteur avait prévu un glossaire (c’est le moins de la liseuse, l’accès aux notes n’est pas évident). Comme je lis souvent en anglais, l’usage répété au dictionnaire indique un vocabulaire particulièrement vaste, riche et recherché, et donc un style qui n’est pas banal. Pas banal, voire, j’ai appris un nombre impressionnant de mots concernant le vomi, les crachats, les puanteurs de toutes origines, le sang, les glaires….et si c’est instructif ce n’est pas forcément plaisant. J’ai aussi appris les noms précis des différentes parties d’une armure, le tranchant des épées, dagues, cimeterres…pas très utile au 21ème siècle.
Jean Parisot de La Valette
Ce livre raconte le Grand siège de Malte ( 1565) . De retour de Malte, j’étais très impatiente de le lire et je me suis acharnée même si cette lecture était souvent pénible. Pénible à cause de la violence souvent insoutenable. J’ai souvent posé la liseuse en me demandant : ai-jevraiment envie de lire cela? les intestins sortant des ventres, les démembrements, les descriptions très précises et interminables des corps à corps avec luxe de détails. Au bout d’une demi-heure de ces combats traînant en longueur, j’étais attirée par mon téléphone, Télérama, le Monde…. n’importe quoi!
1540, Mattias Tannhauser, fils de forgeron saxon, dans la Hongrie d’alors, Transylvanie aujourd’hui, est enlevé pour devenir devshirme, esclave soldat de Soleiman. Ayant suivi les janissaires dans de nombreuses campagnes, il devient commerçant, marchand d’épices associé à un Juif de Venise, trafiquant d’opium et probablement d’armes. Le Grand Maître de l’Ordre de Malte, La Valette l’attire pour utiliser ses connaissances des armées du Sultan qui assiègent l’île. Mercenaire ou espion? Il ne vend pas ses services mais les offre à une Comtesse maltaise qui recherche son fils perdu. Tous les ingrédients pour un roman de cap et d’épée, des intrigues, des combats héroïques, un roman historique comme j’aime les lire comme ceux d’ Alexandre Dumas ou de Natoli. Cependant avec ce pseudonyme wagnérien on arrive dans Shakespeare ou le Grand-Guignol.
LaReligion, c’est ainsi que les Chevaliers de Saint Jean nomment l’Ordre de Malte, oppose le combat titanesque entre la foule de 40 000 soldats du Sultan qui se battent au nom d’Allah à quelques centaines de chevaliers et quelques milliers de Maltais et d’Espagnols au nom du Christ et du Baptiste. Fanatisme contre fanatisme. Mattias qui a combattu avec les deux camps est plutôt incroyant. Son maître à penser fut Petrus Grubenius, un érudit victime de l’Inquisition. Quand Tannhauser rencontre l’Inquisiteur Ludovico Ludovici, on comprend qu’une lutte sans merci opposera les deux hommes. Fanatisme, Pouvoir de l’Eglise contre tolérance et multiculturalisme (même si ce dernier mot est un anachronisme).
Ce livre violent et barbare est aussi une condamnation du fanatisme. Dire que les guerres de religions furent une boucherie sanglante et puante relève d’une démarche louable. Est-il nécessaire de se complaire pendant 850 pages dans le sang et la merde?