Lyon (5) gastronomie et musée des tissus

ESCAPADE A LYON

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Un marché sympathique se tient devant la Villa Lumière. Nous y trouvons les saucissons qu’on a commandés.

Tellement enthousiastes du restaurant Le Gourmand de Saint Jean, nous y entraînons les filles qui goûteront aux délices des quenelles ; pour changer,  je commande une nouvelle spécialité lyonnaise : le saucisson brioché,  délectable, mais les quenelles étaient incomparables.

Spécialités lyonnaises
Spécialités lyonnaises

Sous un ciel sans nuage et un soleil qui chauffe bien, nous ne sommes pas pressées d’aller nous enfermer au Musée des Tissus  où nous entrons ¾ d’heures avant la fermeture. C’est bien court pour admirer toutes les merveilles qu’il recèle. Crée à la suite de l’Exposition Universelle de Londres en 1851 il possède des trésors dans ses collections. Pressées par le temps, nous nous intéressons surtout aux modèles d’échantillons anciens commandés par Marie Antoinette, ou par Napoléon. J’ai adoré les motifs de fleurs ou de papillons et hirondelles, moins les riches brocards officiels. A l’étage une collection de soieries modernes témoignent du savoir-faire actuel des soieries Lyonnaises.

metier à tisser la soie
metier à tisser la soie

Dernière promenade au bord du Rhône avant le coucher du soleil. Puis Métro jusqu’à Monplaisir Lumière. Sur la place où se tenait le marché il y a des tentes et un petit orchestre fait de la musique ; Sous un kiosque métallique on a même mis des chaises-longues très confortables. Cela nous permet de profiter de la soirée avant d’aller prendre le train à la Part-Dieu.

 

 

 

 

 

Lyon (4) Sur les collines de Fourvière et de la Croix Rousse

ESCAPADE A LYON

Théâtres romains
Théâtres romains

On monte aux théâtres gallo-romains. Le petit Odéon et le grand théâtre sont très bien restaurés. On  y donne des spectacles mais les restaurations ne dénaturent pas les ruines.La vue est merveilleuse. Des colonnes précieuses subsistent; on a reconstitué le pavage de marbres colorés variés.

lyon-clems-15Curieusement des vitrines de béton surplombent les antiquités : le musée gallo-romain à l’intérieur de la colline s’ouvre directement sur les théâtres. Expérience d’acoustique classique. La petite fille en rose,  assise en haut des gradins, fait signe à Clémence   bas à l’orchestre qu’elle l’entend.

Théâtres expérience de'acoustique
Théâtres expérience de’acoustique

La Basilique de Fourvière me fait penser au Sacré Cœur de Montmartre, pour le style néo-byzantin et pour cette architecture 19ème siècle qui n’a pas encore pris la patine du temps. Trop décoré, trop de mosaïques.

Basilique de Fourvière
Basilique de Fourvière

Surchargé, boiseries, dorures, colonnes, lustre. Tout est magnifique. Trop. Si j’étais croyante je n’arriverais pas à prier tant je serais distraite par ce décor. Comme je ne le suis pas, j’essaie de deviner ce que racontent les mosaïques : ces galères figurent la Bataille de Lépante, là, c’est le Concile de Nicée (je n’aurais jamais trouvé).

bataille de Lépante
bataille de Lépante

Au dessous de cette église haute l’église basse n’est pas une crypte comme dans les églises anciennes où la crypte est antérieure et où on a construit la nouvelle par- dessus. C’est une église moins clinquante que celle d’en-haut.

20161021_170300Elle est dédiée à la Vierge (comme le sanctuaire qui préexistait avant la construction de la basilique). Chaque chapelle contient une statue venant du monde entier. La Vierge philippine ressemble à celle de Saragosse en Espagne, une Vierge noire est italienne, la Libanaise est toute blanche, il y a une polonaise, une mosaïque représente le chemin de saint Jacques. C’est l’œuvre d’une ukrainienne, elle est très récente et amusante à regarder : on peut y reconnaître les différentes étapes du pèlerinage, les églises de Poitiers, de Lyon et bien sûr de Compostelle. Un énorme pèlerin surgit du chemin où cheminent des petits personnages. On peut aussi rencontrer l’histoire de Saint Jacques remontant ses filets, guérissant un malade, pendu…..

Pélerinage de Compstelle
Pélerinage de Compstelle

On descend à travers le jardin du rosaire : des roses en métal gravé, jalonnent le chemin. Le sentier aboutit à Saint Paul. On m’avait dit que Fourvière était la colline qui prie. Je comprends pourquoi !

Lyon vu de Fourvière
Lyon vu de Fourvière

Clémence nous entraîne dans la montée de la Croix Rousse.  Au pied d’un immeuble peint,Bernard Pivot nous accueille. Changement d’ambiance, la Croix-rousse, la colline qui travaille, celle des Canuts, se boboïse. Cafés sympas, boutiques bio, ou d’artisanat. Graffitis contestataire sur les marches du jardin : « Travaille-consomme-travaille-consomme » a-t-on écrit sur chaque marche. Beaucoup de jeunes couples avec enfants.

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En haut sur la place s’est installée la Fête foraine avec ses manèges pour les grands. Encore un changement d’ambiance et de population : des ados nouvellement en vacances sont venus de banlieue. Ils ressemblent étrangement à nos cristoliens. Bagarre très violente de filles qui s’insultent et se tirent les cheveux, un jeune et une fille se tapent au milieu de la circulation sans aucun égard pour les voitures qui pourraient les renverser. Cela nous dissuade de nous arrêter pour des arrêts-photos.

Retour dans le quartier de l’Opéra, très différent de jour que de nuit. Le demi-cylindre noir moderne écrase l’opéra de pierre. Nous cherchons un café pour y retrouver Marine et sa Emilie et nous asseyons à la terrasse du Baryton- le bien nommé.

Retour par le métro jusqu’à Monplaisir-Lumière qui est en face de l’Appart-hôtel. Pour moi, encore de la marche ! C’est très facile : tout droit rue Antoine Lumière puis rue Cazeneuve. 2.3km quand même  dans les rues désertes. Quand j’arrive à 21h30, je suis juste bonne à me doucher (très belle douche) pour délasser mes muscles courbatus et à me coucher.

 

Quoi de neuf au Moyen Age à la Cité des Sciences à la Villette

PARIS/BANLIEUE  EN EXPOS

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J’étais très impatiente de me rendre à la Villette à cette exposition. L’archéologie m’intéresse beaucoup ainsi que le Moyen Age. 

L’exposition s’articule sur deux niveaux.

En bas, dans une galerie sombre : la chronologie de 11 siècles :à partir de 325 -christianisation de l’Empire Romain sous Constantin et au concile de Nicée, jusqu’à 1492, découverte du Nouveau Monde et fin de la Reconquista.

Quelques personnages (ou évènements) sont emblématiques de chaque siècle.

  • 4ème, Constantin
  • 5ème Attila
  • 6ème Clovis et Justinien
  • 7ème Dagobert et Mahomet
  • 8ème Pépin le Bref et Charles Martel
  •  9ème Charlemagne et le débarquement des Vikings,
  • 10ème , Cluny, installation de Rollon en Normandie
  • 11ème, Schisme entre la chrétienté d’Orient et d’Occident, conquête de l’Angleterre, 1ère Croisade
  • 12ème Aliénor d’Aquitaine, construction de Notre Dame, assassinat de Thomas Beckett,
  • 13ème pillage de Constantinople,
  • 14ème : la papauté s’installe en Avignon, Peste Noire,
  • 15ème commence avec Azincourt, Jeanne d’Arc, puis Gutenberg et la Prise de Constantinople.

Ce rappel chronologique s’accompagne de quelques photos projetées sur un mur, panorama d’un paysage et de quelques images sur des panneaux plus détaillés.

Au niveau supérieur , des boites en contre-plaqué illustrent des thèmes variés. Invasions, ou migrations?  techniques  de métallurgie ou du travail des os de bovins, moulins divers à grain ou à foulons, vie dans les campagnes, jeux.…..

Chaque thème est illustré de vidéogrammes: enquête des archéologues sur un point précis. Un cimetière dans une église, un hameau retrouvé, un four….Ces vidéos courtes sont remarquables, amusantes, très rigoureuses du point de vue scientifiques.

Dans des vitrines, ou sur des tables, quelques objets sont présentés. Présentation  décevante : il y a très peu d’objets, plutôt des maquettes (destinées aux enfants).  Les objets quand il sont présents, ne sont pas mis en valeur. Le matériau choisi : contreplaqué brut ne les met pas en valeur ni les bijoux en émail cloisonné, ni les boucles damasquinées , ni les dés, boutons ou peignes en os.

On a privilégié les activités « interactives » sorte de jeux, sans doute destinées aux enfants , peu convaincantes pour les adultes. Les enfants, s’ils ne sont pas guidés font n’importe quoi, les adultes cherchent sans doute autre chose.

Dans trois caissons de bois, des personnages « animés » racontent leur histoire en regardant le spectateur dans les yeux  Hildegarde de Bingen et Thomas Beckett on retenu mon attention mais ne m’ont pas séduites. Pourtant ces personnages me fascinent. Mais pas sous forme de figures 3D animées. J’ai même trouvé cela de fort mauvais goût.

Je suis ressortie plutôt déçue de ma visite. Visite instructive, certes, mais peu satisfaisante esthétiquement. J’ai cherché (et trouvé) sur Internet quelques unes de ces vidéos que je regarderai à nouveau avec beaucoup d’intérêt. J’ai mis au propre ci-dessus la chronologie pour mémoire.

En revanche, je me pose encore la question « Quoi de neuf au Moyen Age? ». L’idée était de détruire les idées préconçues sur une période sombre, sans intérêt. Il me semble que je n’ai pas ces préjugés. Remplacer le concept de « Grandes Invasions » par celui de migrations progressives est une très bonne chose, surtout par les temps qui courent (envoyer un certain Nicolas réviser ses notions sur les Gaulois). Le travail de l’archéologie actuelle aurait pu sans doute être mieux mis en valeur.

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J’ai terminé l’après midi par une traversée du Parc de la Villette à la tombée de la nuit, quand les pavillons et fabriques s’illuminent, quand les dernières lueurs du couchants se reflètent sur les Grands Moulins de Pantin et le Canal de l’Ourq, quand la grande halle et la Cité de la Musique s’éclairent et j’ai préféré cette promenade au parcours dans l’exposition.

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Lyon (3) – Vieux Lyon

ESCAPADE A LYON

Quais de Saone
Quais de Saône

Munie d’un  billet de transport valable toute la journée (5.5€) le Tram T2 m’emmène à Perrache . Je sors vite de la gare moderne pour découvrir la Place Carnot. Décidément, la presqu’île entre Saône et Rhône  est aérée de nombreuses places monumentales avec statues et fontaines !

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Je rejoins les quais de Saône.  Un faible soleil  éclaire les façades colorées à l’avant des pentes de Fourvière. Le quai, côté presqu’île, est construit d’immeubles bourgeois cossus, presque des palais. Entre autres la synagogue présente des arcatures romaines et des décorations italiénisantes.

Vieux Lyon
Vieux Lyon

Une passerelle rouge traverse la Saône et  conduit au Vieux Lyon. Surprise et dépaysement. Rues étroites, façades Renaissance, crépis jaune, orange ou rose à l’italienne. Il faut regarder les statues dans les niches au coin des rues, les vitrines des magasins, les nombreux bouchons – restaurants typiques, et surtout oser entrer dans les cours pour trouver les fameuses traboules ces passages secrets, ici un puits, ici une tour cylindrique qui dévoile aussi un escalier en colimaçon, là un escalier monte à l’assaut de la colline….

par les cours et les traboules
par les cours et les traboules

Au Musée Gadagne, je choisis le Musée historique de la ville et néglige les marionnettes (encore une spécialité lyonnaise). Le Musée est installé dans une vieille demeure Renaissance, certaines pièces ont gardé leur cheminée (une avec des colonnes torses est très originale). C’est une visite expresse. Je regrette de ne pas lire tous les panneaux et de faire un voyage si rapide dans le temps.

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. Lugdunum romaine doit être au Musée Gallo-Romain en haut de Fourvière. Ici, on commence au Moyen-âge avec des chapiteaux, des statues romanes,  j’ai beaucoup aimé le groupe formé par un pèlerin de Saint Jacques qui se fait soigner les pieds par une femme. Lyon, ville de foire, ville de banque, les échanges avec l’Italie explique-t-il cette architecture Renaissance et les crépis roses et orange ? Lyon, ville d’imprimerie, deux vipères sur un une pierre, enseigne d’un imprimeur lyonnais. Lyon, ville de la soie, avec un métier. Lyon, ville royale qui accueille le mariage d’Henri IV et de Marie de Médicis, dont la grande statue orne l’Hôtel de ville, Louis XIV sur la place Bellecour,….traces de la révolution, et des révoltes des Canuts. Le temps me manque.

Au Musée Gadagne, Louise Labbé pour le plaisir!
Au Musée Gadagne, Louise Labbé pour le plaisir!

Clémence et Rosa me rejoignent pour le déjeuner. Nous choisissons Le Gourmand de Saint Jean sur la Place Neuve Saint Jean. Dans le  menu à 17€, nous choisissons des hors d’œuvres différents œufs meurettes, terrine de foie et salade lyonnaise aux lardons croûtons, et des quenelles pour plat principal. Les quenelles sont gonflées, légères, délicieuses dans leur sauce de bisque de homard. Au dessert nous varions les plaisirs : cervelle de Canut (fromage blanc avec des échalotes, du citron) une mousse au chocolat et des îles flottantes.

Pour digérer cet excellent repas, une grande randonnée à pied nous attend par la basilique de Fourvière et jusqu’en  haut de la Croix rousse (21km au podomètre).

devant la primatiale Saint Jean
devant la primatiale Saint Jean

Il a plu pendant le repas, nous sortons sous le soleil. Chacune fait partager ses découvertes :es cours et traboules. Nous visitons la Primatiale Saint Jean. L’archevêque de Lyon, devient primat des Gaules en 1079 , la construction de la cathédrale (1175 à 1480)  passe du roman au gothique. Les deux tours carrées encadrent la nef. Le porche gothique est finement orné et 4 série de  médaillons sont très finement sculptés avec des cycles variés du zodiaque, de la vie de Saint Jean, de Saint Benoit … La nef est très haute, il y a de beaux vitraux. On n’a pas le temps de s’arrêter à tous les tableaux mais l’horloge astronomique nous retient un moment. Dans la Manécanterie,  le trésor se visite gratuitement. J’ai surtout aimé les tapisseries et un petit coffret byzantin en ivoire sculpté.

Le centre de la place est occupé par une belle fontaine.

Lyon (2) quartier Etats Unis Musée Urbain Tony Garnier

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Quartier des Etats Unis - un quartier musée!
Quartier des Etats Unis – un quartier musée!

Petit déjeuner basique : café deux tranches de pain beurré pris sur un haut tabouret à un comptoir dans la cuisine de mon hôtesse. Déco avec des pochettes de CD, rock, tendance bière, bouteilles et capsules, ascendant BD, sympa !

Le Musée Urbain Tony Garnier est à deux pas. Ce n’est pas un musée classique. Tout le quartier forme le musée de cet architecte lyonnais. Prix de Rome, il conçoit dès son séjour à la villa Médicis (1899-1904) son œuvre théorique « Une Cité Industrielle » qui paraîtra en 1917.

La Cité du Travail comptant 35000 habitants serait répartie selon un  zonage séparant une zone d’habitation, de la zone industrielle et de la zone hospitalière.

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Les murs peints dans le quartier Etats Unis formant le Musée Urbains portent des fresques présentant les réalisations de Tony Garnier : Les Abattoirs de la Mouche, L’Hôpital de la Grange Blanche, le Stade Gerland et le Quartier des Etats Unis. L’UNESCO a consacré ce musée urbain. Six peintes venant de six pays différents (Egypte, Côte d’Ivoire, Inde, Mexique, Russie/USA) ont présenté des maquettes sélectionnés par les habitants. Je me promène donc dans le quartier à la recherche de ces fresques sur les murs aveugles des immeubles. La construction est homogène, les immeubles de 5 étages tous identiques, par blocs séparés par une courette et des placettes plantées d’arbres et de haies de charmilles. Bien que construit en 1934, ce quartier n’a pas vieilli et il a beaucoup d’allure entouré par des immeubles contemporains il ne détonne pas, au contraire : sobriété et classicisme !

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Lyon promenade à pied en soirée

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Louis XIV place Belcourt
Louis XIV place Belle cour

Nous arrivons avec une facilité déconcertante à l’Appart-hôtel cours Albert Thomas.

4*, sombre et contemporain, chambre sur un jardin planté de platanes, murs blancs sérigraphiés  de violet : Louis XIV en majesté (symbolisant la Place Bellecour) l’opéra, quai de Saône…meubles gris anthracite, tabourets hauts de bar, coin cuisine dissimulé. Parfait !

A la réception, j’ai pris des plans pour localiser ma chambre AirBnB, rue de Nice. La rue de Nice n’est pas sur le plan, mais Googlemaps trouve.

Shanghai
Fresque de Shanghaï

Steet Art  dans le voisinage, en déposant ma valise, nous commencerons le tourisme. Justement, nous passerons devant  la Fresque de Shanghaï . Boulevard des Etas Unis  il y a d’autres fresques. Bonne façon d’aborder la ville par le Street Art !

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Ma chambre se trouve dans une petite maison dans une impasse , dans une zone peu construite, derrière d’anciennes usines. Calme garanti. Bon accueil, j’aurai le temps plus tard de mieux connaître ma logeuse, l’urgent est de faire la connaissance du chien qui devra me renifler pur me laisser entrer ce soir à mon retour. Le décor est très Rock’n Roll, un graph surtout un mur : rouge, noir et blanc, un chat, masque la porte qui mène à mon domaine : une petite chambre, genre chambre d’étudiant, avec une jolie douche au carrelage multicolore, un bureau, un rangement avec l’Union Jack maladroitement peint. La fenêtre donne sur un jardin.  Chambre basique, tout à fait suffisante pour deux nuits. J’ai l’intention de rester avec les copines et de ne pas m’y attarder.

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Nous avons donné rendez-vous à Marine qui loge à Villeurbanne à l’arrêt du tram boulevard des Etats Unis. Le temps de rejoindre l’arrêt, elle est arrivée. Soit les transports de Lyon sont très rapides, soit les distances ne sont pas très grandes. Nous continuons à pied, la grande avenue Berthelot jusqu’au Rhône, à grandes enjambées. L’avenue Berthelot est large, peu intéressante, en face c’est la gare de Perrache.

A la tombée de la nuit,les quais du Rhône sont animés, promeneurs, joggers, cyclistes. Un bateau-restaurant  appareille pour un dîner-croisière. Le long du quai Claude Bernard, l’Université de Lyon occupe des bâtiments officiels. La largeur du Rhône nous impressionne.Trois  grues sont soulignées de rouge, on les croirait plantées pour le décor. Après la piscine et ses « soucoupes volantes »nous traversons le fleuve sur le pont de la Guillotière. J’aime prendre contact d’une ville avec mes pieds. En marchant j’ai le temps de prendre des repères, d’apprendre le nom des artères, de m’étonner du paysage, d’éprouver les distances.

Il fait complètement nuit quand nous arpentons les rues commerçantes qui mènent à la place Bellecour où nous devons retrouver Nadia. On regarde les belles boutiques chics, et les maisons bourgeoises. Au milieu de la place : La statue équestre de Louis XIV par Lemot, et à ses pieds allongés, la Saône et le Rhône. Cette place est immense ! Ses dimensions empêchent d’avoir une impression d’ensemble d’autant plus qu’un marché est installé sous des tentes blanches qui gâchent un peu la vue.

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Par une rue étroite aux belles façades nous arrivons sur la Place des Jacobins ornée d’une belle fontaine. Les restaurants sont nombreux dans le quartier, et les terrasses des cafés aussi. Nous allons tester la gastronomie lyonnaise si réputée. Ma bourse n’est pas vraiment à la hauteur des  prix sur les ardoises dans les restaurants de cuisine lyonnaise. En revanche, au Salmon shop, pour 13 ou 14€, nous avons choisi saumon en papillote, au curry, en escalope mi-cuit ou gravlax mariné à la scandinave. Les desserts sont très bien servis, un avec deux cuillers, c’est parfait.

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Lyon by night : l’Opéra, l’Hôtel de Ville et son architecture compliquée et surchargée, le Musée des Beaux arts…L’Opéra est étrange, composé de deux parties : un socle de pierre très orné, ressemblant aux Opéras que je connais, Garnier, ou Budapest, ou Vienne et un demi-cylindre vitré. Par les grandes baies de l’opéra ancien on voit des fresques par les vitres de la structure supérieure, on devine les cintres où sont pendus les décors. L’éclairage rouge est très réussi.

Comme nous admirons les illuminations, Nadia précise que Lyon, ville Lumière, y est particulièrement attentive, les éclairagistes lyonnais sont internationalement réputés….

Sur la rue de la République les policiers manifestent avec un brassard. Comprenant leur fatigue et leur exaspération, je suis quand même dubitative, et je scrute les visages pour repérer ceux qui – de toute évidence – ne sont pas policiers. Nous terminons notre tour by night sur les quais du Rhône, puis place Bellecour, non sans avoir photographié Fourvière, sa basilique illuminée, sa tour Eiffel étincelante, et ses couvents massifs soulignés d’un liseré brillant.

Ludwig van à La Philharmonie de Paris

PARIS/BANLIEUE / EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 29 janvier 2017

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Beethoven est produit comme un héros complet doté d’un discours (fait rare chez un musicien) d’une légende(une bonne dizaine d’anecdotes) d’une iconographie, d’une race (celle des Titans de l’Art comme Michel-Ange et Balzac) et d’un mal fatal (la surdité)/

Roland Barthes

Comment mettre en scène un musicien dans une exposition? (je m’étais posé la même question à propos d’un écrivain, Oscar Wilde). Avec de la musique, omniprésente : audioguide avec un casque gratuit, mais aussi musique baignant chaque pièce. Avec des documents d’époque. Surtout avec des images, des textes et des sculptures inspirés par la légende. Si c’était uniquement le compositeur dans l’histoire de la musique, l’intitulé de l’exposition aurait sans doute été Beethoven . Celle-ci ne s’appelle pas Ludwig van par hasard. Il s’agit plutôt de mettre en scène l’icône que Beethoven est devenu.

Introduction : un Beethoven très contemporain détourné par les humoristes, utilisé à outrance par les publicitaires. Un mur d’image projette des vidéos rigolotes (Pierre Desproges, entre autres).

Comment devient-il une icone? en mourant!

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La salle suivante, « Du passage de la vie à l’état d’icône » raconte la mort de Beethoven(1827). Rotonde autour de son(ses) masques mortuaire(s). Salle noire où l’on voit des annonces funéraires, des lettres et les représentations des funérailles et l’éloge funéraire de Grillparzer: « Ainsi fut sa mort, ainsi vivra-t-il jusqu »à la fin des temps. » Romain Rolland remarque : « jamais Empereur d’Autriche n’eut de funérailles telles que Beethoven. »

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Funérailles de Beethoven

La musique de la Symphonie n°7 baigne la pièce suivant, rotonde en grisaille, autour d’un masque pris du vivant de Beethoven et autour les œuvres inspirées par ce masque.

Alois Kolb : le baiser au monde entier
Alois Kolb : le baiser au monde entier

Le plus étrange est la gravure de Aloïs Kolb (1909) le Baiser au Monde entier et trois étranges pastels symbolistes de Lucier Lévy-Duhumer.

Lévy-Dhurmer : Appassionata
Lévy-Dhurmer : Appassionata

Au casque j’écoute la transcription pour piano de Liszt et une variation de Jacques Loussier.

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Une grande salle bleu nuit a pour titre Le Musicien comme Prophète la légende dorée est illustrée par des gravures ressemblant parfois à des images pieuses. J’ai surtout remarqué Beethoven dans un paysage d’orage de Carl Schweninger. De nombreux textes illustrent cette légendes : Ernest Theodor Amadeus Hoffman, Schopenhauer, Kandinsky, Gide et Le Corbusier. Le  grand tableau de Benjamin Constant Beethoven, la sonate au Clair de lune est bien sombre. Celui de Balestrieri (1900) Sonate à Kreutzer est plus gai avec la jupe rouge de la femme au premier plan et le plancher jaune.

Balestrieri Sonate à Kreutzer.
Balestrieri Sonate à Kreutzer.

Au casque écoute de La Missa Solemnis de Beethoven ayant  inspiré Bruckner et Mahler.

Une salle Têtes tragiques au son de la sonate pour piano n°31 est décorée de nombreux bustes, de Rodin (masque de Hanako), de Bourdelle d’un chinois Zhongsian.

Une série de livres est consacrée à la surdité de Beethoven : Romain Rolland, Victor Hugo et même Dali et Gauguin.

Kundera et Léo Ferré ont utilisé la formule Muss es sein? Es muss sein. Léo Ferré interpelle Beethoven à travers les siècles: Ludwig, Ludwig, reponds. T’es sourdingue ma parole…. 

Seulement après, vient l’évocation chronologique de la vie du musicien, dans des petites vitrines qu’on allume soi-même avec des documents d’époque. Anecdote : la Lettre à Elise et elle vraiment de Beethoven?

Enfin, comme une apothéose  les Destinées politiques avec l‘Hymne à la joie et toutes les occasions héroïques : ) Varsovie en 2004, devenue européenne, avec le Mur de Berlin, ) Kiev sur Maidan, en Chine…. au casque Pete Seeger.

Fidelio aussi avec un poème Chant des douleurs de Fleischmann écrit à Therezin…

Il faudrait aussi parler de Beethoven inspirant les artistes Sécessionnistes de Vienne avec Klimt, et bien sûr du cinéma.

L’exposition se termine sur un énorme cornet acoustique qui sert d’affiche à l’exposition.

 

 

 

FANTIN LATOUR – A fleur de peau – au Musée du Luxembourg

EXPOSITION TEMPORAIRE du 14 .09.16 AU 12.02.17

Quentin Latour autoportrait
Quentin Latour autoportrait

De Fantin Latour, seul le nom m’était familier. J’étais incapable de le situer chronologiquement et encore moins de visualiser un seul de ses tableaux. C’est donc une totale découverte. 

Quentin Latour : soeurs de l'artiste
Quentin Latour : soeurs de l’artiste

Né à Grenoble en 1936, mort en 1904, il est contemporain de tous les peintres que j’ai eu l’occasion de voir à l’Exposition SPECTACULAIRE SECOND EMPIRE du Musée d’Orsay. Je retrouve donc quelques repères. Autre coïncidence, la lecture de Ce qui reste de la nuit d’Ersi Sotiropoulos qui raconte la visite de Cavafy à Paris en 1897 dans les lieux fréquentés par les poètes aurait pu être illustré par le tableau de Fantin Latour :  Le Coin de Table où sont représentés Verlaine et Rimbaud.

Coin de table : Verlaine et Rimbaud
Coin de table : Verlaine et Rimbaud

D’entrée, le visiteur prend connaissance de la figure du peintre par de nombreux autoportraits très réussis. Fantin Latour a aussi représenté ses proches qui ont posé pour lui : ses sœurs, sa femme et sa belle-soeur sont des modèles intimes. Souvent peintes un livre à la main (tiens, je connais quelqu’une qui pourra ajouter des liseuses à sa collections!

L'atelier des Batignolles
L’atelier des Batignolles

Remarquable portraitiste, il peint de grands tableaux de groupe avec Un atelier aux Batignolles, hommage à Manet, en présence de Zola, le Coin de Table, ainsi qu’un tableau de musiciens autour de Chabrier au piano, Vincent d’Indy et d’autres que je n’ai pas reconnus. Toutes  ces figures, célèbres ou intimes ne respirent pas franchement la joie de vivre. On était plutôt raide et compassé à la fin du 19ème siècle!

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Contrepoint de ces grands tableaux de personnalités en costume sombre,  suivent des petits formats de natures mortes et de fleurs. On est surpris, difficile de croire que c’est le même artiste qui les a peints. Les fleurs et les fruits assuraient les revenus du ménage, la femme de Fantin Latour Victoria Dubourg, peignait également des natures mortes.

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Vers la fin de sa vie une citation au mur étonne: « je me fais plaisir » ,  plus loin, il se réjouit de ne plus être forcé à peindre des fleurs.

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La musique était chère à Fantin Latour qui l’a célébrée dans un Hommage à Berlioz, de nombreuses œuvres autour de Schumann et de Wagner. Toute une série illustre Tannhauser.

Tannhauser
Tannhauser

L’exposition se termine par des tableaux très différents de ses grands formats réalistes : des nus ou des fantaisies presque symbolistes avec des coloris pastels, des figures féminines et féériques.

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Le Second Empire à Orsay

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affiche de l’Exposition : Ingres

C’est davantage une leçon d’Histoire illustrée qu’une exposition de peinture classique. D’ailleurs, les objets, les explications tiennent plus d’importance que les tableaux qui sont soit très connus, soit de moindre importance.

Meissonier : les ruines ddes Tuileries
Meissonier : les ruines ddes Tuileries

A l’entrée, paradoxalement , le tableau de Meissonier représente les Ruines des Tuileries, marquant la fin du règne de Napoléon III avec la Commune.

La Fête impériale doit éblouir l’Europe dans le luxe et l’éclectisme.

Winterhalter : Eugénie
Winterhalter : Eugénie

La première salle présente  les portraits officiels de l’Empereur et d’Eugénie, de Winterhalter, diffusés à multiples copies tandis que Gérôme a peint la réception officielle des ambassadeurs siamois qui rampent en présentant leurs présents. Commande officielle, pour laquelle l’artiste s’est aidé des photographies des protagonistes.

Gérôme : réception des ambassadeurs du Siam
Gérôme : réception des ambassadeurs du Siam

En face, autre tableau de commande  : L’Empereur visitant les inondés de Tarascon par Bouguereau, autre facette pouvoir, l’Empereur le détenant directement du peuple (par le suffrage universel). Les couronnes d’Eugénie et une pendule complètent des attributs de l’empire. Le Berceau offert par la Ville de Paris s’inspire du berceau du Roi de Rome. C’est une nacelle (rappelant Fluctuat nec Mergitur) décorée par les meilleurs artistes parisiens. Il est amusant de remarquer que le Préfet de Paris était Haussman et l’architecte Baltard.

Résidences impériales

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Des dessins de projets et des photographies montrent les travaux aux Tuileries et au Louvre qui furent alors réunis. L’inauguration du Canal de Suez et nombreux décors éphémères de célébrations impériales sont illustrées par des photos et des aquarelles. De grands tableaux montrent les autres châteaux occupés par la famille impériale : une résidence par saison, les Tuileries en hiver, Saint Cloud au printemps, Fontainebleau l’été et Compiègne à l’automne.

Portraits

Cezannes : portrait d'Achille Empéraire
Cezannes : portrait d’Achille Empéraire

Une grande salle tendue de grenat montre les portraits d’une société narcissique (selon l’audioguide) de James Tissot qui flattait ses modèles, d‘Ingres (l’affiche de l’exposition) mais aussi moins officiel : Courbet représentant Proudhon, ou Cézanne qui a peint son ami, le peintre Empéraire, jouant avec l’homophonie Emperaire/Empereur parodie de portrait officiel, Empéraire en robe de chambre à la place du manteau d’apparat….Je reconnais aussi le Balcon de Manet, un Degas, bien à leur place à Orsay, un peu plus loin Lola de Valence de Manet

Les tendances de l’architecture de l’époque sont détaillées dans les salles suivantes :

Style Néogothique avec Viollet-le-Duc

Orientalisme avec des meubles éthiopiens dans le château néo-gothique

La villa pompéienne du prince Napoléon occupe toute une salle.

Villa pompéienne avenue Montaigne
Villa pompéienne avenue Montaigne

Le château de Ferrière des Rothschild…

Toute une section est dédiée aux spectacles :  théâtre et Opéra, aux grands Boulevards, aux Salons pour les peintres, et aux Expositions universelles.

Tandis que les nouveaux loisirs se déroulent hors Paris grâce au chemin de fer, courses, bains de mer avec l’architecture balnéaire à Trouville ou ailleurs.

On assiste à la naissance de l’Impressionisme dans  ces nouveaux lieux à la mode comme Bougival ou les plages (je pense à l’exposition Sorolla, vue il y a peu).

Avec cette exposition, on passe en revue, non seulement les lieux de pouvoir mais aussi la vie quotidienne des classes privilégiées enrichies par la  prospérité économique.

 

 

L’homme qui m’aimait tout bas – Eric Fottorino

l-homme-qui-m-aimait-tout-bas-de-eric-fottorinoC’est un livre fort tendre, le livre d’un fils à son père qui vient de mourir. Un livre de souvenirs d’enfance. Une recherche d’explications. Le père, juste septuagénaire, s’est suicidé. Refusait-il le vieillissement, la retraite, ou la honte d’une faillite.

« C’était là, simplement, une certitude, une obligation qui s’était imposée à moi dès l’instant où j’avais appris la nouvelle. je pensais : mon père est parti. si je ne fais pas quelque chose, vite, sa vie entière va disparaître avec lui »

C’est un livre d’hommes, de foot, de vélo mais jamais de cette virilité agressive et machiste qui m’insupporte. Seulement des hommes qui vivent avec joie les possibilités qu’un corps bien entretenu leur apporte, course ou natation, foot ou vélo. Bien entretenu puisque Michel, le père est kiné.

Fottorino est un « spécialiste » de l’amour filial : il révère ses deux père, son père adoptif qui l’a élevé et son père biologique qu’il n’a connu que sur le tard. J’avais lu Le marcheur de Fès, récit d’un voyage-pèlerinage avec ce dernier. J’étais alors au Maroc et j’avais beaucoup aimé ce livre, et téléchargé L’homme qui m’aimait tout  bas qui a attendu sagement dans ma liseuse. Natif de Nice, Fottorino raconte une Méditerranée qui est celle de ses racines, Michel, son père adoptif est originaire de Tunisie. Il raconte Gafsa, l’imagine nageant aux îles Kerkennah, les dattes de Tozeur, la sieste ou la choukchouka….

« Rarement effort d’intégration a été aussi constant dans le sens de la France vers l’Afrique du Nord » écrit-il en parlant de lui-même.

Une évocation sensible,  comme une balade de l’Afrique du nord au sud-ouest de la France, de Bordeaux à la Rochelle.