Arrivée à Tunis – notre gîte : Dar Kenza dans la médina

CARNET TUNISIEN, DU NORD AU SUD

arrivée dans la nuit à tunis

L’arrivée à l’aéroport

Les nuages ne se déchirent qu’au-dessus de la Sicile, les îles éoliennes sont éclairées dans la nuit, l’Etna est invisible. L’avion perd de l’altitude dans le noir complet. La côte tunisienne scintille. L’arrivée sur Tunis  est un feu d’artifice.

L’assistance de Dominique nous fait généralement gagner du temps en court-circuitant les queues et les formalités. Ce n’est pas le cas ce soir. Le camion élévateur tarde tellement qu’on fait embarquer les passagers pour Paris tandis que nous sommes encore à l’avant de l’avion. Nos valises ne sont plus sur le tapis roulant,  jetées dans un coin. Samiha s’est lassée de nous attendre à la sortie. Nous la retrouvons au bureau de Camelcar. Elle a pour nous un sac de cadeaux : un petit téléphone tout neuf, un GPS et deux road books reliés, magnifiques.

La voiture est une Renault Symbol (modèle monté en Turquie, hybride de Clio et de Dacia), vaste coffre mais sans essuie-glace arrière. Le GPS est très récalcitrant. Impossible de programmer, l’adresse de Dar Kenza ce qui n’est pas étonnant puisque la rue Tourbet el Bey se trouve dans la médina, mais plus étrange quand il s’agit de la Place du Gouvernement où se trouve un grand parking et de nombreux ministères. Personne n’y arrive, même pas le loueur de voitures. Tout le monde nous assure que nous ne retrouverons jamais dans Tunis. La solution est de faire venir notre hôte en taxi, il nous guidera ensuite.

21 heures passées nous sommes toujours sur le parking de l’aéroport, le ticket du parking buggue en sortie : temps dépassé !

la médina

les arches pour entrer dans la médina
les azrches de la médina la nuit

Sous la direction du propriétaire, le chemin semble simple, tout droit. La place du Gouvernement est monumentale, éclairée. Nous suivons les murs de la médina pour entrer sous un porche avec de belles arcades de pierres. Nous garons la voiture « Place du Château ». Le « château » Dar Hussein est le siège de l’Institut du Patrimoine, un palais 18ème siècle qui fut investit par le commandement militaire français du temps du Protectorat. Au détour du palais nous passons encore sous d’autres arcades, puis dans des rues blanches aux portes bleues, grilles bleues aux fenêtres à entrelacs et petits auvents bleus « Cette partie a été restaurée par des Espagnols » –  dit le propriétaire, un peu plus loin, c’est moins restauré mais des vignes font des tonnelles gracieuses et leurs ombres des arabesques dans la nuit. La rue Tourbet el Bey est une grande rue avec de nombreuses épiceries et gargotes, plus loin elle conduit au souk des femmes. A 21h30, tout est fermé, seuls les chats occupent la rue.

Dar Kenza

Dar Kenza

Notre appartement à Dar Kenza s’ouvre sur un patio blanc et bleu. La grande pièce à vivre  est entre  les deux chambres. Les murs crème sont ornés de tableaux orientalistes avec chevaux, burnous, turbans. Un tapis rouge, des banquettes rouges, un coffre peint. Des arcades se détachent peintes avec une végétation luxuriante de fleurs et fruits. Une bordure de majolique borde une étagère.   Les lits sont dans des alcôves.  L’une d’elle est voûtée séparée de la salle par des majestueux rideaux bordés de glands dorés.  Ses murs, jaune d’or intense. Le lit est posé sur une estrade aux marches carrelées, il est recouvert de rouge vif. En face, l’autre chambre est séparée par une cloison à fenêtres à ferronneries éclairées par des lampes aux abat-jours délicats et une lanterne. Le plafond vert est bas sous une mezzanine communiquant avec la pièce principale par une boiserie ajourée faisant penser à un castelet peint avec les mêmes feuillages que sur le coffre. Ceci confère un bel éclairage au salon.

Dar Kenza alcôve

Une cuisine et une salle d’eau complètent l’appartement dans lequel on pourrait vivre à 6 ou 7.

Notre dîner tardif se compose d’un bol de soupe de lentilles passées, d’escalopes de poulet panées, d’une salade chou et fromage et d’une coupe de grains de grenade.

Nous avons beau être fatiguées du voyage, je ressors faire des photos de nuit dans les rues de la médina.

 

La villa Jasmin – Serge Moati

LIRE POUR LA TUNISIE

Commencé à Tunis.

Serge Moati est une figure familière de la télévision française depuis des décennies.

J’étais curieuse de lire la Villa  Jasmin ,  nom de la villa de ses parents à Tunis.

« Papa, tu n’as pas démérité de cette France-là. Tu as refusé les médaille. moi je t’en fabrique une. C’est ce livre.  Tes ancêtres, Samuel et ses frères, ces juifs de Tunis, fous de France t’entourent ce jour-là, Place de l’Hôtel de Ville. Tes aïeux et tes descendants sont près de toi . je les prends en photo »

C’est une évocation émouvante de ses parents qu’il a perdu très jeune, à peine onze ans.

Serge Moati, le père, était une figure du Tunis de l’avant-guerre, auteur de théâtre, journaliste, socialiste, franc-maçon, puis déporté à Sachshausen, résistant à Paris, héros de la Libération de Paris, le camarade Jasmin, il rencontre De Gaulle (ci-dessus).

Évocation tendre de sa mère. De la vie à Tunis avant-guerre, puis pétainiste et occupée, allemande.

En contraste, un personnage détestable ce collabo Guilbaud, qui a persécuté Moati l’a envoyé en déportation en Allemagne et l’a traqué quand il se cachait, résistant à Paris.

Plus que la douceur de vie à Tunis, c’est une leçon d’histoire, de la Tunisie sous le Protectorat et de la Libération de Paris.

Je n’ai pas eu le temps pendant le court séjour à Tunis de chercher la Villa  Jasmin, existe-t-elle encore?

 

 

La Disparue d’Angel Court – Anne Perry

ROMAN POLICIER VICTORIEN

Après  une série de lectures assez dures :  le bombardement de Deraya (Syrie) les bombardements de la seconde guerre mondiale à Malte et le Grand siège de Malte, j’avais envie d’une lecture facile pour me détendre, un polar avec des personnages récurrents… Généralement j’aime bien flâner dans le Londres victorien d’Anne Perry en bonne compagnie.

La Disparue d’Angel court est le 30ème opus des enquêtes de Charlotte et Pitt. L’action se déroule en 1898.
Je me suis copieusement ennuyée au cours de cette très longue enquête (presque 400 pages). Je ne suis pas arrivée à m’attacher à cette disparue, une sainte ou un gourou d’une secte dont je n’ai pas compris les croyances, et encore moins le scandale qu’elles pouvaient provoquer. Les gens trop parfaits (ou trop méchants) m’ennuient.

J’ai trouvé le détour par l’Espagne décevants. L’hypothèse de la vengeance d’anciens collégiens rivaux  tout à fait tirés par les cheveux. Commentune tricherie à un examen  peut elle entraîner des meurtres horribles? Je n’ai pas cru aux implications géopolitiques de l’enlèvement, guerre entre l’Espagne et les USA à Cuba, courses aux armements. C’est une bonne piqûre de rappel pour ceux qui auraient oublié (et j’en suis) la géopolitique de la fin du 19ème siècle. Ann Perry est très forte là-dessus et je lui en sais gré, mais quand même c’est bien éloigné du propos de l’enquête.

Ce n’est donc pas un des meilleurs de la série, loin s’en faut, mais je retournerai me promener dans le Londres Victorien avec Pitt et famille comme je paresse devant la télé après une journée bien remplie!

La Grande Arche – Laurence Cossé

TOURISTE DANS MA VILLE

Merci à Aifelle dont le billet m’a donné une furieuse envie de lire ce livre!

Il tombe à pic : depuis quelques temps je participe aux randonnées du Voyage Métropolitain en compagnie d’architectes, d’urbanistes et paysagistes qui m’entraînent sur des terrains tout à fait inconnus de moi, m’ouvrent de nouveaux horizons, horizons très proches puisque c’est dans la Métropole du Grand Paris mais très exotiques puisque je ne m’intéresse que depuis peu à l’architecture contemporaine.

L’érection de la Grande Arche de la Défense comme un thriller.

« en Inde, en Chine, dans toute l’Europe Centrale et dans les Balkans […] on ne peut pas construire un monument si un être humain n’est pas sacrifié. Sinon le monument s’écroule, et s’écroule toutes les fois qu’il faut le remonter. Pour conjurer cette malédiction, il faut emmurer quelqu’un de vivant dans les fondations… »

Qui sera donc le sacrifié?

De tous les Grands Travaux du Président Mitterrand, la Grande Arche survivra-t-elle à la co-habitation après 1986? Sera-t-elle prête pour les Célébrations du bi-centenaire de 1989?

« ce bâtiment est maudit. on a engendré un  monstre. C’est un monument d’une sérénité absolue mais il reste marqué par un enfantement terrible. il a été laissé en déshérence »

Le rêve d’un architecte danois, esthète étranger aux jeux politiques français. architecte mais non bâtisseur, étranger aux contingences du chantier. Le rêve d’un Président qui veut marquer Paris de son empreinte et qui s’est entiché de cette arche de triomphe du XXème siècle. Mais aussi, les magouilles d’un promoteur prêt à tout pour régner sur la Défense, les chausse-trappe des opposants politiques qui cherchent leur revanche en dynamitant un monument du Président qui ne gouverne plus. Edgar Faure dans le rôle du négociateur et du diplomate. Un vrai plaisir que ce récit d’une histoire pas si ancienne….

Et on apprend les aspects techniques, les faiblesses du marbre de Carrare, des ascenseurs merveilleux, on admire les prouesses des maçons qui coulent de maxi-poutres au dessus du vide….

Ma prochaine promenade urbaine sera :

« Faire à pied ces huit kilomètres entre le Louvre et la Défense, un jour de grand beau temps, et tôt le matin avant que n’enfle la circulation, est l’approche de l’Arche à la fois la plus simple, et celle qui, loin de la dévoiler un peu à chaque mètre, conformément à la progression linéaire, en fait entrevoir par a-coups ce qui l’apparente à un mirage, la légèreté, le mystère, la grâce, la vie.« 

Dada Africa à L’Orangerie

DADA AFRICA – Sources et influences extra-occidentales

Exposition temporaire 18/10/2017 au 19/02/2018

L’exposition est résolument plus Dada que Africa!

J’aime quand les visites se répondent ou font ricochet, Dada Africa a éveillé des souvenirs de l’exposition Apollinaire – Le regard du poète  au printemps 2016 ici même, Picasso primitif au Quai Branly l’hiver dernier. Plus loin, j’ai aussi trouvé des parentés avec l’Expo Bauhaus

Cette exposition commémore le centenaire du Mouvement Dada  et de l’ouverture à Zürich du cabaret Voltaire  en 1916, a déjà tourné à Zürich et à Berlin . Elle offre plusieurs facettes, plutôt francophones avec Tristan Tsara mais aussi allemandes avec les Mouvement Blau Reiter et Brücke. Ce double éclairage est d’autant plus intéressant que Dada est né pendant la Grande Guerre, en réaction aux atrocités. 

Tristan Tsara par Jean Arp

Jean Arp :  » nous cherchions un art élémentaire qui devait, pensions-nous, sauver les hommes de la folie des temps »

Je crois que ma prochaine visite de maison d’artiste sera à Clamart celle de la Fondation Arp

Rottluff : Adorant

D’entrée, on  admire des « masques » qui ne sont pas africains mais l’oeuvre de Rottluff (die Brücke) s’inspirant aussi de la sculpture océanienne.

casque à pointe tête de cochon

Un couloir sombre traite de la Grande Guerre avec des images filmées de masques- à gaz et gueules cassées, mais aussi l’affiche de la mobilisation des tirailleurs sénégalais qui avec l’arrivée en 1917 des afro-américains généralise le contact avec l’art africain. Dans les tranchées, les soldats africains sculptent des cannes ou autre chose. Une vitrine expose ces productions.

Affiche du Cabaret Voltaire
Affiche du Cabaret Voltaire

Nous arrivons ensuite dans le Cabaret Voltaire : au mur, encadrés des invitations, des affiches, des programmes, des photos (deux portraits de Tsara, l’un de Man Ray), des dessins satiriques, plus loin on retournera au Cabaret Voltaire avec les masques de Janco pour des « soirées nègres »

Affiche de Janco
tabu

Au cours des soirées on jouait du piano, déclamait des poèmes, il y avait également des danses. Deux vidéos sont projetées une danse de sorcières : Hexentanz de Mary Wigman

(copier et coller le lien parce que le bolg Le Monde n’accepte plus les vidéos????)

L’autre spectacle est récent (1957) et produit à Bruxelles mais donne une idée de ces soirées dadaïstes.

Dans un coin on voit deux grands pantins exposés à la Dada Messe, Foire de Berlin

L’archange prussien est une féroce caricature du militarisme prussien

L’archange prussien

En face, on voit une photo de l’urinoir de Duchamp contemporain des oeuvres dadaïstes.

Une salle est consacrée à la collection de masques de Paul Guillaume avec des photographies de l’intérieur de la maison de Paul Guillaume, rue de Messine. Un tableau de Picasso les accompagne. Ces masques sont présentés comme des œuvres d’art à part entière. Je n’ai pas fait de photo parce qu’ils sont présentés sous des vitrines plexiglas qui  font des reflets des passants indésirables.

statue assise Benia Kanicka Rep. d Congo

Ensuite je découvre des œuvres textiles : tapisseries de Arp, des marionnettes de Sophie Taeuber-Arp, pour la pièce de Carlo Gozzi  « Le Roi Cerf », des costumes, bijoux et ceintures colorés et géométriques s’inspirant des poupées kachina (indiens Hopis)

Les ^poupées kachina qui ont inspiré Sophie Taeuber- Arp

Aux œuvres colorées de Taeuber-Arp, répondent les poupées et les montages, collages de Hannah Höch

Hannah Höch : poupées dada
Hannah Höch : photomontage

J’ai raté les photos des masques de Janco, présentés en regard de masques traditionnels, masque déstructurés, cubistes, démesurés pour être portés.

L’exposition se termine sur des œuvres postérieures, surréalistes

Max Ernst : La nature à l’aurore

A l’extérieur de l’exposition, mais tout proche, une salle est consacrée à la plasticienne nigériane Otobong Nkanga  qui dénonce l’exploitation sauvage des ressources minières de son pays par une monumentale tapisserie

Otobong Nkanga

Otobong Nkanga

Collection ORDRUPGAARD – le jardin secret des Hansen à Jacquemart André

Exposition temporaire du 15.09.17 au 22.01.18

 

Gauguin : arbres bleus

Est-il bien nécessaire de faire le détour par Jacquemart André alors qu’il y a tant de belles expositions à Paris en ce moment, Gauguin, Derain, Degas, Corot…..?

Sisley : le garage des bateaux mouches

 

Hansen (1868-1951) est un collectionneur danois qui a réuni les meilleurs peintres français : Monet, Corot, Sisley, Pissaro, Degas, Courbet , Renoir, Berthe Morisot, Cezanne et Gauguin. 

Degas à la Nouvelle Orléans

Le musée est tout à fait charmant, les collections permanentes toujours un plaisir (un Mantegna, Della Robbia, Canaletto… et la belle fresque de Tiepolo. Le restaurant est très agréable, service parfait et des salades merveilleuses (j’ai pris une Mantegna avec pamplemousse, mangue, sésame poulet et épinards tout frais). Nous avons passé un joli dimanche.

Berthe Morisot

La légende de Carthage – Azedine Beschaouch – DECOUVERTES GALLIMARD

LIRE POUR LA TUNISIE

Quelle merveilleuse collection que celle de DÉCOUVERTES GALLIMARD !

Je n’ai jamais été déçue, ni par le texte ni par l’iconographie qui est extraordinaire.

Azedine Beschaouch – directeur de l’Institut national d’art et d’archéologie (1973-1982) et maire- adjoint de Carthage (1975-1990) est le spécialiste de Carthage. De plus, il a construit une ‘légende » passionnante :

le premier chapitre retrace la chronologie de la fondation mythique,  à la civilisation phéniciennes, en passant par les guerres puniques, puis la Carthage romaine, chrétienne avec Saint Augustin, enfin l’épisode des Vandales. les Arabes lui préférèrent Tunis…

Dans le second : « Une mémoire perpétuée….des vestiges disséminés »  on assiste à la redécouverte de Carthage, d’abord par les géographes arabes, au 11ème siècle El Bekri et Idrisi, plus récemment par Chateaubriand et enfin par les archéologues modernes à la fin su 19ème. Cette redécouverte ne fut pas une évidence, un archéologue très sérieux avait même situé Carthage en Algérie!

A la découverte de la métropole punique, énigmes à Carthage est une véritable enquête à énigmes. Les textes racontant Carthage sont ceux des vainqueurs : les Romains. Certes, Polybe était grec mais il était lié à  Scipion et son récit est partial. Sacrifiait-on des enfants au Tophet? Flaubert a raconté le moloch. légende ou vérité historique? Les archéologues proposent d’autres hypothèses. Une autre énigme fut celle de la localisation des ports de Carthage. La puissance des Phéniciens était maritime. Retrouver les ports et reconstituer la marine phénicienne était donc essentiel!

 

Carthage, ville romaine, disputait à Byzance la deuxième place dans l’Empire romain. Un chapitre s’attache à décrire la ville romaine.

La fin de Carthage, fut-elle Vandale (leur nom a mauvaise réputation) ou byzantine, ou arabe?

Comme toujours, dans cette collection, une large place est donnée aux documents littéraires. Michelet, Chateaubriand, Flaubert mais aussi Senghor!

La lecture est passionnante, mais je l’ai souvent interrompue pour aller à l’index des illustrations me renseigner sur tel tableau, telle photographie. On  peut aussi le feuilleter comme un livre d’images!

 

François 1er et l’Art des Pays Bas au Louvre

François 1er par Clouet

Exposition temporaire du 18 Octbre 2017 au 15 janvier 2018

Première question à l’entrée de l’exposition, pourquoi cette association entre François 1er et l’art néerlandais?

J’ai plutôt tendance à imaginer un François 1er Renaissance italienne. Le portrait équestre  de François 1er par  Clouet donne un élément de réponse, Clouet de Valenciennes est considéré comme un peintre des Pays Bas. La carte du nord de la France montre la frontière proche d’Amiens  en ce temps là. Clouet n’est pas seul, toute une cohorte d’artistes flamands, néerlandais ou tout simplement d’Arras formaient une école non négligeable.

L’exposition fait un inventaire, parfois hétéroclite d’ailleurs de ces artistes que je ne connaissais pas. Peinture, tapisserie souvent de Bruxelles, vitraux et sculptures. Les oeuvres sont très variées.

martyr des deux saint Jean

Deux peintres maniéristes flamands Gauthier de Campes et Arnoult de Nimègues. j’ai beaucoup aimé l’extraordinaire précision des  ornements, bijoux, broderies, la foule de personnage. Le Triptyque de l’adoration des mages de Jan de Beer est de la même veine, j’ai adoré les petits anges d’une telle finesse qu’ils ne sont pas ressortis à la photo, aériens envolés dans le haut du tableau ou survolant la crèche.; le rendu des cheveux des Rois Mages.

le Maître d’Amiens : « au juste poids véritable… »

Les tableaux du Maître d’Amiens sont fascinants : foule de personnages d’un soin étonnant; On pourrait contempler chacun des visages, observer les détails du décor, chercher l’allégorie : Marie porte la véritable balance je « juste poids » est Jésus » . il s’agit de l’illustration d’un palinod – un poème peint pour la cathédrale d’Amiens

la salle suivante montre des sculptures de bois délicatement peintes de Scipion Hardouin

Scipion Hardoin : sculptures

Dans des vitrines, des manuscrits sont merveilleusement bien illustrés ou enluminés et au mur on voit des gravures correspondant à ces illustrations de la Guerre des Gaules ou du Maître du Carcer d’amour, roman espagnol publié à Séville en 1492. Une réserve cependant, les formats sont très petits et l’éclairage est très faible, j’ai bien du mal à en profiter et je me félicite du manque d’affluence, par jour de foule on ne verrait rien.

La salle suivante propose de grandes pièces, tapisseries et vitraux: Tenture de l’Histoire des Gaules et Jugement de Salomon (1531)en tapisserie de Bruxelles.

Après la déambulation dans ces trois salles je me suis demandée quel rapport avec François 1er? La réponse est encore Clouet! Toute une série de portraits du Roi mais aussi de ses proches. François 1er est représenté en Saint Jean Baptiste. L’agneau est traditionnelleemnt associé au baptiste, la croix de roseau va bien, mais le perroquet?

Clouet : Saint Jean Baptiste sous les traits de François 1er

la section suivante s’intitule François 1er collectionneur. On voit encore toute une série de portraits dont celui d’Henry VIII de Joos van Cleve, portraitiste invité à la cour.

henry VIII Joos van Cleve

Un autre portraitiste de La Haye est Corneille dont on voit une série de 19 portraits de petit format presque tous sur fond vert dans la même attitude, mains jointes et souvent en habit noir., un soin particulier est accordé aux mains.

 

J’ai beaucoup aimé les sybilles en pierre de Tonnerre du Retable de Formentière.

l’exposition se termine avec l’Ecole de Fontainebleau : sur le chantier du château une multitude d’artistes se sont rencontrés, italiens, français, flamands….

musiciennes ou courtisanes? on reconnait Notre 10Dame de Paris dans le paysage au fnd

 

 

Carthage – Daniel Rondeau

LIRE POUR LA TUNISIE

Dans trois jours nous atterrirons à Tunis, aéroport Tunis-Carthage

J’ai voulu prendre une petite avance sur le voyage avec le livre de Daniel Rondeau dont j’ai adoré Malta Hanina lu au retour d’une quinzaine à Malte. Même démarche : un portrait impressionniste d’une ville, réminiscence de son histoire grâce à de nombreuses lectures érudites que l’auteur fait partager au lecteur.

La  bibliographie savante sera  à exploiter au retour, il n’est plus temps de courir bibliothèques et libraires. J’emporterai néanmoins l‘Âne d’or d’Apulée, l’Enéide de Virgile, Salambô et le Voyage à Carthage de Flaubert, tous libérés de copyright, donc gratuits sur la liseuse. Téléchargé aussi La Villa Jasmin de Serge Moati. 

Je note un Klee en Tunisie de Duvignaud qui se trouve à la bibliothèque, La lumière de la nuit  de Pietro Citati qui est un auteur que je ne connais pas mais qui a aussi écrit à propos de L’Odyssée et d’Ulysse, La Pensée chatoyante qui me tente. Je ne sais pas si je lirai Saint Augustin ou Ibn’Arabi. Je suis intriguée par l’écrivaine   Beji Hêlé. 

J’aime quand un livre donne des envies de lectures, rien que pour cela, je suis reconnaissante à Daniel Rondeau!

J’aime aussi croiser les ombres des personnages du passé, Rondeau évoque tout d’abord la fondatrice, Alyssa ou Didon? puis Hannibal bien sûr avec l‘incendie de Carthage qui renvoie à l’incendie de Troie, toujours l’Enéide! Il a éveillé ma curiosité avec  Augustin, l’ami invisible qui m’est plus étranger et  Saint Louis « San Luwis ibn Luwis » au tombeau de Sidi Bou Saïd. 

Je crois que je relirai ce court opus(164p) à notre retour. Je ne sais jamais quand lire un livre en relation avec un voyage. Avant ou après?

 

 

Etranger résident collection de Marin Karmitz à la Maison Rouge

PHOTOGRAPHIE NOIR ET BLANC

Exposition temporaire jusqu’au 21 janvier 2018

le mineur de Gotthard Schuh

Exposition temporaire jusqu’au 21 janvier 2018

Marin Karmitz (des cinémas MK2 et producteur de cinéma) a présenté ses collections en les scénarisant comme le film d’une vie. On découvre ainsi en regardant les collections de photographies et d’autres œuvres plastiques, la personnalité du collectionneur.

J’ai beaucoup aimé ces photographies argentiques en noir et blanc, plutôt noires que blancs où le grain, le flou, la lumière qui jaillit a le charme de l’ancien. On entre dans l’univers du photographe Michael Ackermann  installé à New York depuis 1974 reportage d’une banlieue populaire Cabbagetown.

Toute une salle évoque les communautés juives d’Europe de l’Est – Karmitz est originaire de Roumanie – série de clichés de Roman Vischniac missionné par le Joint, étonnant ensemble intitulé Kibboutz en Europe de l’Est de Moï Ver (Lituanie) . Non seulement le témoignage est capitale mais les photos sont d’une grande beauté. Dans les photos plus récente je note aussi les prises de vue d’Auschwitz d‘Antoine Agata son  Huis-clos raconte toutes les ambiguïtés et les violences d’une journée à Jérusalem,

Si la collection est essentiellement photographique, elle comporte aussi des dessins et des sculptures ainsi que de très belles sculptures mexicaines, des tableaux de Dubuffet, des installations d’Annette Messager et Boltanski…..

Impossible de faire le tour de toute cette exposition sans faire une énumération fastidieuse, incomplète…Chacun fera la visite en mettant l’accent sur une facette différente de l’ensemble.

Impossible pour moi d’illustrer ce billet : rien n’interdisait de faire des photos, mais photographier des photos de grands photographes, c’est leur faire injure, les piquer sur Internet frôle l’illégalité, je ne veux pas me préoccuper de copyright, cherchez les donc sur Google, et cliquez sur les liens intertextes.